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MINI EVENT | Il est temps de montrer ton jeu l'ami

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Scylla Fentkräes
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Scylla Fentkräes
Ashryn - Sylvar - IV
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Jouer cartes sur table



Contexte


L'orbe rougeâtre qu'était le soleil allait bientôt totalement disparaître derrière l'horizon, et le jour allait donc laisser sa place à la nuit. Une nuit qui s'annonçait bien remplie pour celui qu'on surnommait le Joker, ou bien le Croupier avec un grand C. Jamais appelé par son prénom ou son nom, c'était à se demander si quelqu'un connaissait sa véritable identité. Mais qu'importe ! Il était le visage du casino de Basinshear, celui qui le représentait, celui dont tout le monde avait entendu parler, que ce soit pour sa sympathie, ou son espièglerie. Si c'était un beau-parleur né, bon nombre des joueurs de la maison de jeux avait remarqué que cet homme était plutôt énigmatique. C'était sûrement un Démon selon les dires de certains, capable de créer des illusions, de modifier son apparence et de manipuler les esprits. Mais l'homme se fichait bien des ragots qu'on colportait sur sa personne. Tant que son précieux casino ne manquait jamais de clients et que le client ne manquait jamais de rien, son bonheur était fait. Et ce soir-là, il espérait bien voir son établissement rempli à craquer de monde jusqu'à des heures bien matinales.

Il souriait déjà en imaginant le son des jetons qui bruissent délicatement en petit tas sur les nappes de soie disposées sur les tables. Ce soir, c'était le grand soir. Le casino de Basinshear ouvrait ses portes pour une occasion spéciale, et celui qu'on nommait le Joker avait tout préparé avec une minutie étudiée au millimètre et à la seconde : il s'était occupé de truquer les jeux de cartes comme de rembourrer les chaises des tables de jeux, en passant par le ravitaillement des ingrédients nécessaires aux boissons qui allait être servies ce soir au bar, sans oublier le remplacement des bougies des lustres et chandeliers, des costumes du personnel...

Il était partout à la fois et excellait dans son domaine. Ce n'était pas pour rien qu'il était le maître des lieux. Tout du moins, celui qui était connu du grand public, car beaucoup soupçonnait que derrière cet unique personnage se cachaient un petit groupuscule de personnes louches qui dirigeaient tout autant que lui.

Ce soir, en plus d'être l'homme sympathique aux multiples talents, il s'était efforcé de faire également preuve de générosité. En effet, comme le casino fêtait une occasion spéciale, il souhaitait attirer le maximum de personnes avec une petite promotion sur les prix des jeux : tous avaient baissé de moitié. Il espérait bien, avec ce geste fort généreux, faire évidemment bien plus de bénéfices. Il tournoyait dans son beau costume, entre les tables et les gens qui affluaient déjà. Il se délectait visuellement des tenues remarquables qu'arboraient ses invités, les saluaient d'un petit mouvement de tête poli après leur avoir discrètement dérobé leur bourse puis leur indiquaient des endroits où s'asseoir.

Il en était sûr. Cette soirée serait une excellente soirée : les bourses étaient de cuir véritable et les pièces qui se trouvaient dedans n'étaient pas cuivrées ou d'argent, mais dorées.


Explications

Je vous souhaite donc officiellement la bienvenue au casino de Basinshear ! Ceci est le premier mini-event. Il sert à inaugurer le sous-lieu, qui est un peu spécial. Alors comment ça marche ? Pour participer, vous ne devez faire qu'un seul post. Pas d'interactions donc comme dans un RP multi, c'est plutôt comme un RP solo. Vous pouvez faire 1000, 1500 ou 2500 mots au choix, et ainsi choisir un des gains juste en-dessous. Ça, ce sont les règles basiques des minis-events (que vous pouvez retrouver plus en détails dans ce sujet), où vous ne gagnez normalement qu'un gain. Mais le sujet se déroulant au casino et le but étant de vous offrir un aperçu de son fonctionnement, vous aurez ici DEUX GAINS.

Nous sommes donc au casino de Basinshear, et vous avez une possibilité supplémentaire. Celle de miser pour gagner ! Veuillez vous en référer à ce sujet pour plus d'informations. Donc comment participer. Vous faites votre post, à la fin duquel vous écrivez votre nombre de mots et quel gain vous choisissez dans la liste de gains en-dessous selon votre nombre de mots. Et avant de cliquer sur envoyer, vous allez chercher le coche "Lancers de dés" et choisir un des 3 suivants : "Mise Bronze" "Mise Argent" ou "Mise Or". Bien sûr, choisissez bien, car vous payerez ! Cependant, comme c'est une occasion spéciale, les prix indiqués sur le sujet sont baissés de moitié, cela revient donc à : 25 bronze, 25 argent ou 3 or.

Vous pouvez donc poster votre message et juste derrière, comme pour les lancers de dés que vous avez fait avant votre présentation, vous allez avoir un message automatique qui va vous dire quelle est votre récompense ! Une liste des récompenses possibles selon chaque mise est également disponible sur ce sujet.

Rien ne vous oblige à miser si vous n'avez pas envie ou pas l'argent pour (vous ne choisissez juste pas lancers de dés dans ce cas et postez simplement), cependant comme c'est pour signifier l'ouverture et que les prix sont réduits de moitié exceptionnellement, je vous conseille simplement de ne pas laisser passer votre chance, surtout qu'ici on gagne à tous les coups !


Extrait du sujet explicatif sur les Mini-Events a écrit:
Votre race n’est pas censée influer sur le Mini Event. Pour reprendre l’exemple précédent, un démon peut très bien aller sauver la jeune fille des mains d’un autre démon, ces derniers n’étant pas solidaires entre eux. Pour autant, vous devriez éviter de trop vous faire remarquer si vous êtes en territoire ennemi. Un vampire venu aider un Humain est possible, tant que vous ne clamez pas votre appartenance à votre race sur tous les toits. Prenez en compte lors de vos écrits.


Gains


1000 mots : 1 point de caractéristique au choix (à préciser après votre nombre de mots à la fin de votre post)

1500 mots : 2 points de caractéristiques au choix (à préciser après votre nombre de mots à la fin de votre post)

2500 mots : 3 points de caractéristiques au choix (à préciser après votre nombre de mots à la fin de votre post)



Récapitulatif


(Exemple) Machin : [16000 mots] 800 points d'aventure + [mise or] 45 niveaux

Solyane Gilsaïane : [7000] 3 PC (1Dv 1Dh 1Pa) & [mise or] 2 PC (2Ia) _ +2Fe Dragomira OK

Scylla Fentkräes : [2900] 3 PC (1Ffp 1Fe 1Ia) & [mise or] un sort (Emprise de la terre) OK

Akwa Dala : [2700] 3PC (1Ffp 1Pa 1Er) & [mise or] 2PC (1Dv + 1Ifp) _ +1Ffp OK

Celaena Syrkos : [3700] 3PC (1Pcs 1Pa 1Ep) & [mise or] 10PA OK

Elih Marendir : [2500] 3PC (1Ia + [Eal'ric] 2Ffp&2Pcs) + [mise bronze] 1Dv _ +1Dh OK

Nahria : [2500] 3PC (1Ffp 1Fe 1Pcs) + [mise or] 2PC (1Dv + 1Dh) _ +1Dv OK

Amriel Faylen : [2200] 2PC (1Ep 1Eam) + [mise or] Robe élégante (80Par) OK

Naya : [2800] 3PC (1Fe 1Ifp 1Ia) + [mise bronze] 1Ep _ 1E?

Akantha Aisos : [3100] 3PC (1Dv 1Dh 1Fe) + [mise argent] 1Dv _ +1Ffp OK

Ylith Isz : [2800] 3PC (1Ffp 1Ia 1Pcs) + [mise or] Bouclier lourd OK

Pseudo : [nb mots] gain choisi + [type mise] gain


Code par Sphénix pour Epicode.


SUP' BITCHES

Scylla Fentkräes
Mer 8 Mar - 15:18
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Le petit jour se levait sur la ville. Les artisans, déjà debout depuis l'aube, étaient en train de s'activer pour préparer leur commerce. Les ivrognes quittaient leurs lieux de débauches favoris pour tenter, tant bien que mal, de regagner leurs pénates tout en priant que leurs moitiés soient conciliantes, ce matin-là ! Les voleurs qui n'avaient pas encore regagné leurs cachettes ou leurs protecteurs, filaient comme des ombres indistinctes sur les toits ou dans les ruelles. En somme, c'était l'heure ou les oiseaux de nuit et les noctambules laissaient place aux « honnêtes travailleurs ».

Pour Solyane Gilsaïane, les choses étaient différentes. Car si elle appartenait sans nul doute au milieu des activités nocturnes, elle s'adonnait aussi souvent à des rondes diurnes. Le crime et les injustices ne dormaient jamais et elle trouvait souvent quelque chose pour s'occuper, de nuit comme de jour.
Mais depuis quelques mois, son quotidien avait changé. Elle ne se limitait plus aux murs de sa ville. Depuis qu'elle avait redécouvert le monde extérieur et qu'elle avait appris l'existence d'autres races, elle portait un intérêt de plus en plus marqué pour les explorations. Même si elle passait encore le plus clair de son temps dans la sécurité de la Terre des Rescapés, elle se permettait des sorties de plus en plus fréquentes.

Locke, celui qu'on pouvait décemment considérer comme son « meilleur ami », l'avait accompagné de temps à autres. Lui aussi s'était découvert un côté aventureux. Contrairement à la pauvre Alicia qui demeurait une pure citadine. Pour elle et pour les autres gamins dont il se sentait responsable, les sorties de Locke étaient bien moins nombreuses que celles de Solyane. Il fallait dire que, contrairement à elle, il n'avait aucun contact en dehors des murs de la cité. Il n'avait vu Scylla Fentkraës que très peu de temps et il n'en gardait pas les meilleurs souvenirs du monde. Quand bien même Solyane l'avait par la suite rassurée sur la véritable personnalité de cette impétueuse et impressionnante guerrière.

* * *

-  Tu as l'intention de repartir en exploration ? Questionna Alicia alors que Solyane et elle étaient attablés à une petite auberge de la ville.
-  Je n'en sais rien, pourquoi ?

Le plus souvent, Solyane ne réfléchissait pas avant de savoir si elle comptait partir. Elle avait toujours fait selon ses pulsions du moment. Ce qui faisait d'elle un élément des plus imprévisible. Voilà peut-être la raison qui expliquait qu'elle ne faisait pas vraiment partie du groupe que menait Locke.

-  Oh, pour rien. Simplement je me demandais si on allait encore devoir se passer de toi dans les parages pendant dieux sait combien de temps.... Tu sais que je n'aime pas quand tu t'aventures loin de la cité !
-  Alicia, tu es adorable de t'inquiéter pour moi, mais je t'assure que je prends toutes les précautions possibles quand je pars en promenade.

Mais la brune jeune fille était loin d'être convaincue. Elles avaient déjà discuté de ça plusieurs fois et jamais Solyane n'arrivait à la convaincre de sa prudence. Locke vint se joindre à elle à ce moment-là.

-  Bien le bonjour, gentes dames ! Les salua-t-il en se laissant tomber sur l'une des chaises libres.

Solyane eut un rictus amusé.

-  Qu'est-ce qui te met de si bonne humeur ?
-  Pourquoi faudrait-il que je sois forcément de bonne humeur ?
-  Parce que nous ne sommes ni « gentes », du moins en ce qui me concerne, ni « dames ». Et parce que si tu étais un paon, tu serais en train de te dandiner en faisant la roue ! Alors, quel coup génial as-tu réussi ?

Le sourire que s'efforçait de dissimuler Locke jusque là s'épanouit sur ses lèvres. Son regard chaud pétilla de malice.

-  D'accord, d'accord ! Disons juste qu'hier après midi, j'ai repéré l'arrivée d'un personnage visiblement très riche en ville. Et cette nuit je suis allé faire un petit tour dans la chambre où il est descendu ! Et j'y ai trouvé suffisamment de rubis et de saphirs pour en faire pleurer d'envie n'importe quel orfèvre.

Il avait parlé à voix basse, uniquement pour les oreilles d'Alicia et Solyane. Il aurait été particulièrement imprudent de se vanter à trop haute voix d'un tel exploit dans un lieu fréquenté. Surtout que « Le rubis sur l'ongle » n'était pas l'un de leurs lieux de prédilection. S'il s'agissait d'un établissement modeste, l'aubergiste était quelqu'un qui ne voulait pas avoir à faire aux « voyous des rues ». De plus il n'était pas rare de voire des gardes de la ville venir y prendre une chope ou deux car les prix de l'auberge étaient très attractifs. Par chance, ce matin-là, il n'y avait quasiment personne en dehors des trois compères.

-  Et qu'est-ce que tu comptes faire de ces pierres qui vont sûrement manquer à leur propriétaire ? Demanda Solyane.

Elle n'avait strictement aucune pitié pour la victime de ce larcin. Tout au plus une parfaite indifférence. Nul doute que si ce mystérieux homme avait eu les moyens de rassembler une fois une telle somme, il trouverait bien le moyen de renouveler cet exploit.

-  Premièrement, je vais les garder cachées un petit moment, le temps que ma victime s'en aille ou que cette histoire se tasse si jamais il vient se plaindre du vol. Ensuite je vais aller voir un orfèvre avec qui j'ai déjà eu l'occasion de travailler. Et pour finir, j'offrirai un véritable festin à tout le groupe ! Tu seras la bienvenue, Sol', évidemment !

La jeune femme eut un sourire en coin. Depuis que Scylla lui avait appris à mieux se servir des armes, elle avait déjà eu l'occasion de rendre deux ou trois menus services sur les routes. Un gagne-pain un tout petit peu plus dangereux que le chapardage en ville mais plus légal et plus excitant. Cela dit, elle devait bien admettre que parfois le larcin pouvait rapporter bien plus gros. Si, toutefois, on se montrait assez prudent pour jouir tranquillement de son butin.

* * *

Solyane revenait d'une nouvelle sortie hors de la ville. Elle ne s'en était jamais préoccupée jusqu'à présent, mais revoir ce paysage fermier qu'elle avait connu dans les premières années de sa vie lui faisait du bien. Plus qu'elle ne voulait bien l'admettre, en tous cas.

Alors qu'elle s'était arrêtée chez un boulanger pour y savourer une tourte fumante, elle vit l'une des plus jeunes membres du groupe de Locke accourir vers elle. La pauvre petite avait l'air totalement paniquée. Les sourcils froncés, Solyane la regarda approchée en finissant sa bouchée de tourte. Lorsque la gamine s'arrêta, elle se plia en deux, à bout de souffle. Solyane attrapa son outre d'eau, fit passée sa bouchée de tourte avec une gorgée d'eau puis elle la tendit à l'enfant. Elle l'accepta avec reconnaissance.

-  Quand tu seras en état de le faire, rappelle-moi ton nom et dis-moi donc pourquoi tu as l'air d'avoir un démon aux trousses ?

La fillette but encore une gorgée avant d'acquiescer.

-  Je m'appelle Louison. Et on te cherches tous un peu partout dans la ville depuis ce matin ! Déclara-t-elle finalement.
-  Comment ça « vous me cherchez tous » ?
-  Bah, nous... Le groupe... Tu sais bien...
-  Oui, oui, mais dis-moi pourquoi est-ce que vous me cherchez ?
-  A cause de Locke ! Il est malade !

Solyane haussa un sourcil perplexe. Locke était d'une constitution extraordinaire. Cela faisait des années qu'elle le connaissait et elle ne l'avait presque jamais vu malade. Et même lorsqu'il avait souffert d'une fièvre qui aurait cloué au lit n'importe quel autre, lui avait continuer à s'occuper des siens et de ses activités. Jamais il ne laissait qui que ce soit se rendre compte qu'il allait mal.

-  C'est Alicia qui nous a demandé de te trouver. Poursuivit Louison.
-  Elle aurait dû vous demander de chercher un médecin ! Si Locke est malade...
-  Alicia nous a dit qu'il fallait que ce soit toi !

L'incrédulité de Solyane ne faisait qu'augmenter. Il fallait qu'elle aille voir ça de plus près. Elle tendit le reste de sa tourte à l'enfant. Elle réalisa seulement alors à quel point elle était maigre.

-  Tiens, prends. Tu peux tout garder pour toi ou aller la partager avec tes amis, si tu veux ! Moi je n'ai plus faim.

Ce n'était pas tout à fait vrai mais l'émerveillement qui alluma le regard marron de l'enfant valait bien ce petit sacrifice.

Il lui fallut quelques minutes pour se souvenir de l'endroit où avait l'habitude de se réfugier Locke. En chemin, elle avait croisé d'autres gamins qui s'étaient empressés de lui raconter la même histoire que Louison. Ils l'avaient ensuite accompagnée. Sur place elle retrouva Alicia au chevet de Locke allongé sur un semblant de matelas. Il avait les traits tendus et ses vêtements étaient collés à son corps à cause de la sueur. Nul doute qu'il devait aller vraiment mal pour qu'il en soit resté alité.

- Alicia ! S'exclama Solyane, maintenant inquiète. Que se passe-t-il ?

La blonde jeune femme avait perdu toute trace de bonne humeur. L'angoisse se reflétait sur son visage rond.

-  Solyane ! Enfin, tu es là !
-  La petite Louison est venue me dire que vous me cherchez depuis ce matin ! Pourquoi n'as-tu pas demandé un médecin à la place ?
-  C'est ce que j'ai voulu faire mais c'est Lockie qui a insisté pour te voir. Il ne fait que ça lorsqu'il reprend connaissance.

Solyane s'agenouilla près de Locke. Son front était luisant de la même sueur qui trempait ses vêtements. Des mèches brunes étaient collées, humides. Alicia les repoussa d'un geste doux, maternel.

-  Au bout d'une heure comme personne n'arrivait à te trouver, j'ai quand même appeler un médecin. Hier encore Lockie était en pleine forme ! C'est incompréhensible. D'ailleurs, le médecin lui-même a eu du mal à comprendre ce qui a pu déclencher cette fièvre.

Un gémissement s'éleva. Locke s'agita, marmonnant des choses inaudibles. Cela dura quelques secondes avant qu'il ne s'immobilise une nouvelle fois.

-  C'est comme ça depuis tout à l'heure. Il a réussi à me parler de cauchemars affreux, mais c'est tout. Continua encore Alicia.

Solyane posa une main sur l'épaule du jeune homme et le secoua doucement.

- Locke ? Locke, c'est moi, Solyane ! Je suis là, maintenant.

Il remua une nouvelle fois et ses yeux papillonnèrent. Une lutte semblait opposer son esprit et son corps entre inconscience et réveil.

-  Sol ? Appela-t-il d'une voix enrouée. Sol ?
-  Je suis là !

Elle pressa doucement son épaule. Il ouvrit alors les yeux pour de bon. Ses yeux étaient voilés par la fièvre et il mit quelques instants pour faire le point sur son visage.

-  Sol... Les pierres...
-  Les pierres ?

Elle était tellement focalisée sur l'état de santé de son ami qu'elle ne comprit pas tout de suite de ce dont il parlait. Qu'est-ce que des pierres venaient faire là-dedans ?

-  L'oeil de chat...
-  Pardon ?!

D'abord des pierres et maintenant l’œil d'un chat ? Locke devait vraiment avoir une sacrée fièvre pour délirer comme ça. Elle eut un regard interrogateur pour Alicia mais celle-i semblait être aussi perdue qu'elle.

-  Le vol ! Insista alors Locke.

Soudain Solyane se souvint. Il était vrai que deux jours plus tôt, Locke avait dérobée des pierres précieuses à un homme visiblement riche. Une enquête était toujours en cours pour retrouver le mystérieux voleur.

-  Et c'est quoi cet « œil de chat » ? s'enquit-elle alors.

Maintenant qu'elle comprenait l'implication des pierres, il lui restait encore ce détail à régler. Elle fouilla alors dans ses souvenirs mais elle ne connaissait aucun établissement de ce nom. Locke sembla faire un effort surhumain pour se ressaisir et formuler une phrase complète :

-  Entre les rubis et les saphirs... Il y a une pierre rouge, très sombre, presque noire... Avec un trait plus clair au milieu... C'est l’œil de chat !

Il tendit le doigt vers un coffre. Comprenant que c'était là qu'il avait dû cacher son fameux butin, Solyane alla l'ouvrir. Elle y trouva des affaires, un sac qui tinta quand elle le déplaça – sûrement des bouteilles d'un alcool quelconque – des vêtements, des bottes et enfin, une bourses rebondie. Elle l'ouvrit et remarqua d'abord le rouge profond des rubis. Elle farfouilla à l'intérieur et vit ensuite quelques saphir. Il y en avait pour une véritable fortune. Soudain, elle la vit. Une pierre ronde et lisse, avec ce trait vertical en son centre. La bourse était si remplie qu'elle fut finalement se résoudre à tout faire sortir pour pouvoir la prendre. Les rubis et les saphirs se répandirent dans une série de cliquètement sur les lattes du parquet brut de la petite pièce. La pierre étrange – celle que Locke avait baptisée « œil de chat »  – roula sur le sol en même temps que le reste. Alicia poussa une exclamation de surprise en voyant un tel trésor. C'était bien plus de richesse qu'elle n'aurait jamais pu l'imaginer. Comment quelqu'un de censé pouvait-il se promener avec une telle masse de joyaux ?

Lorsqu'elle voulut se saisir de la pierre zébrée, Solyane poussa un cri de douleur et de surprise mêlée. Le joyau venait de lui brûler la main. C'était en tous cas l'impression qu'elle avait eu en la prenant. Des picotements désagréables lui restaient sur la peau, dans la paume de la main et le long du bras. Elle regarda la pierre d'un œil sévère, comme si elle voulait la punir de ce contact douloureux. Mais comme si ce n'était pas tout, la pierre s'illumina un bref instant. Sa surprise fut surpassée par un vertige soudain et passager. Un goût de cendre lui emplit la bouche et pendant une fraction de second, elle eut la sensation d'être observée.

-  Solyane ! L'interpella Alicia.

Elle revint péniblement à la réalité et chassa les sensations incompréhensibles qu'elle venait de ressentir.

-  Qu'est-ce qui se passe ?
-  Je... Je n'en sais rien. Bafouilla la belle brune.
-  Tu ne vas quand même pas tomber malade, toi aussi !

Solyane secoua la tête. Elle revint ensuite vers Locke. L’œil de chat traînait toujours par-terre. Elle n'osait pas le toucher à nouveau.

-  Cette pierre... Qu'est-ce qu'elle a de particulier ? Est-ce que c'est à cause d'elle que tu es malade ? Demanda-t-elle au jeune homme.

Luttant de nouveau contre la fièvre et l'inconscience, il acquiesça.

-  Des cauchemars... J'ai chaud... C'est comme un poison... Dans mes rêves... L'homme, le voyageur à qui j'ai volé la pierre... Il me dit des choses. Il dit que... Que je suis maudit et que... Je vais mourir...
-  C'est ridicule ! Tu es malade, pas mourant !
-  Sol, c'est la vérité. Je le sais, je le sens !

Elle se demanda alors jusqu'à quel point la fièvre était capable de nous faire délirer. Pourtant elle se souvenait encore de la sensation de brûlure ressentie lorsqu'elle avait trouvé la pierre. Et ce malaise qui l'avait subitement prise ? Est-ce qu'il pouvait s'agir de magie ? Une magie néfaste qui affecterait son ami ? Mais dans ce cas-là, est-ce qu'il était véritablement maudit ? Elle n'y connaissait rien dans ce domaine. Elle songea alors que s'il s'agissait d'une malédiction, c'était sûrement pour punir quiconque aurait cherché à voler le propriétaire de ces bijoux. Il n'y avait donc qu'une seule chose raisonnable à faire.

-  Locke, repose-toi, je vais essayer d'arranger les choses ! En tous cas, je vais essayer. (Elle se tourna ensuite vers Alicia.) Je te le confie.
- Mais qu'est-ce que tu vas faire ?
-  Rendre cet objet de malheur à son propriétaire. En espérant que ça soit suffisant pour lever la malédiction.
-  Tu crois vraiment à ça ?
-  J'ai vu de la magie œuvrer sous mes yeux, j'ai appris que d'autres créatures que les démons étaient capable d'en utiliser et j'ai appris beaucoup de choses auxquelles je ne croyais pas avant. Alors pourquoi pas ?

Elle se leva pour venir s'agenouiller près des pierres précieuses. Elle commença par ranger les saphirs et les rubis dans la bourses, gardant la pierre maudite en dernier. Ainsi elle serait la première chose que pourrait voir le propriétaire et il pourrait ensuite lever la malédiction. Mais lorsqu'elle voulu la prendre, le même phénomène de brûlure survint. Après avoir poussé un nouveau cri, elle demanda finalement à Alicia de ranger la pierre à l'intérieur de la bourse pour elle. Sans contact direct, elle ne ressentit pas cet étrange réaction.

* * *

Solyane avait réussi à extorquer le nom de l'auberge où Locke était allé dérober la bourse avant de laisser celui-ci se reposer. Le luxe de l'auberge était impressionnant mais elle ne perdit pas de temps à admirer ce qui l'entourait. Plus vite elle aurait réglé cette histoire mieux cela vaudrait pour son ami. La femme à l'accueil la regarda entrer et s'approcher du comptoir d'un œil désapprobateur. Il ne fallait pas être physionomiste pour s'apercevoir que la jeune femme ne correspondait en rien aux standards de la clientèle habituelle de cet établissement.

-  Qu'est-ce que tu veux ? Lança-t-elle d'un ton sec.

Solyane jugea préférable de ne pas relever la condescendance de son interlocutrice.

-  Vous avez hébergé un homme qui a été délesté d'un bien précieux, il y a quelques jours ! Déclara-t-elle. Je crois que j'ai retrouvé ce qui lui appartient.

La femme la fusilla du regard. Peut-être était-elle en train de se dire que la jeune femme était en train de la prendre pour une idiote.

-  Tu as l'air particulièrement bien renseignée, toi !
-  Est-ce que cet homme est encore là ?
-  Comment tu sais qu'il a été volé ? Et comme tu sais ce qui lui a été pris ?
-  Est-ce qu'il est encore là, oui ou non ?

Solyane n'avait aucune intention de dénoncer son ami et encore moins de risquer elle-même la prison. Elle voulait simplement rendre cette satanée bourse et son cadeau empoisonné. Finalement un homme apparut.

-  C'est quoi, le problème ? Lança-t-il.
-  Cette drôlesse prétend avoir trouvé ce dont notre client s'est plaint d'avoir été délesté, il y a deux jours de ça !
-  Est-ce qu'il est toujours ici ? Insista Solyane. Je suis là pour lui rendre ce qu'il a perdu !

Une nouvelle voix intervint, empêchant le tenancier sceptique de poser de nouvelles questions.

-  Oui, je suis toujours là !

Solyane se tourna vers le nouvel arrivant. Sa voix était profonde, posée. Tout en lui inspirait le respect de l'autorité. Malgré ses cheveux courts et grisonnants, et sa moustache et sa barbe taillées en collier de la même teinte, il ne semblait pas vraiment âgé. La coupe de ses vêtements de velours noir était absolument impeccable. Les broderies semblaient être faites d'argent. Son regard gris acier scrutait le monde en donnant l'impression d'être jugé dans les moindres détails. Il était grand, ce qui renforçait encore cette impression de dominance. Le gris de ses iris se vrillèrent au violet de celles de la jeune femme. Un léger pli, à peine distinct, entre ses sourcils fit son apparition. D'abord déstabilisée par la prestance de l'inconnu, Solyane se reprit et lui tendit la bourse.

- Il me semble que ceci vous appartient !

Il resta immobile quelques secondes, se contentant de l'observer en détails. Puis il tendit une main gantée et s'empara de la bourse. Il l'ouvrit et en détailla le contenu. Solyane s'abstint de commenter que tout y était. Cela aurait été un peu trop en faire. Elle n'était pas censée connaître le contenu exact de la bourse. Il était déjà suffisamment étrange qu'elle ait su faire le lien entre cette bourse et l'homme.

-  Puis-je vous demander comment vous avez fait pour retrouver ma bourse ?
-  J'ai volé votre voleur ! Prétendit-elle.

Ce n'était pas si éloigné de la vérité que cela, d'ailleurs. Basiquement, elle n'avait pas demandé l'autorisation à Locke de reprendre son butin.

-  Justice devait être rendue. Affirma-t-elle ensuite.
-  La justice... Oui, voilà un bien joli concept. Fit l'homme d'une voix basse et légèrement amusée. Avez-vous vu dans quel état était ce... voleur ?

Il savait ! Enfin, bien sûr qu'il savait. C'était sûrement lui qui avait jeté ce sort sur la pierre. Solyane s'approcha de lui de manière à ce qu'il soit seul à entendre ses mots.

-  Votre bourse vous a été rendue, avec tout ce qu'elle possédait. Levez le sort dont souffre mon a... Le voleur.

Elle s'était repris très rapidement mais elle sut instantanément qu'il avait compris ce qu'elle avait failli révéler.

-  N'est-ce pas vous qui souhaitiez que « justice soit rendue », jeune fille ? Eh bien c'est exactement ce qu'il est en train de se passer.
-  Le prix d'une vie est trop chère payé pour un simple vol !

Elle ne savait pas si c'était une bonne idée de laisser la colère monter en elle et transparaître autant dans sa voix. Mais elle n'avait pu s'en empêcher. Locke avait été le premier ami qu'elle n'ait jamais eu de sa vie. Il était même le seul à qui elle acceptait de faire sincèrement confiance. Néanmoins l'homme ne se départit pas de son amusement. Au contraire, il semblait même être de plus en plus ravi de la situation.

-  As-tu essayé de toucher la pierre ? La rouge, celle que tu as si bien mise en évidence dans la bourse alors que j'ai, moi, mis un point d'honneur à la laisser dissimulée sous les rubis et les saphirs ?

Solyane se mordit la lèvre. Comment pouvait-il savoir que c'était elle qui avait remis les pierres dans la bourse ? Enfin, presque toute puisqu'elle avait été incapable de tenir l’œil de chat. Mais inutile d'impliquer Alicia en prime.

-  Dans ce cas, tu rejoindras bientôt ton ami !
-  Je n'ai pas pu !

Elle ne savait pas très bien pourquoi elle venait de faire cet aveu. Peut-être parce que les yeux si pâles de cet homme donnaient l'impression d'être capable de lire jusqu'au plus profond de son esprit.

-  Elle m'a brûlée à chaque fois que j'ai voulu la prendre ! Poursuivit-elle en frottant sa main droite sur son bras.

Elle avait encore l'impression de ressentir les picotements désagréables. Cette fois, l'amusement de l'homme sembla s'évanouir, remplacé par un intérêt perplexe. Il passa une nouvelle fois Solyane sous le feu inquisiteur de son regard.

-  Tiens, tiens. Voilà qui est très intéressant. Dis-moi, jeune fille, quel est ton âge ?

Solyane le regarda sans comprendre. Elle bafouilla quelque chose qu'elle aurait voulu être un « Qu'est-ce que ça peut vous faire ? » mais qui au final se révéla simplement être un amalgame raté de mots incomplets. Son regard s'étrécit et ce fut comme s'il avait eu le pouvoir de presser l'esprit de Solyane jusqu'à obtenir la réponse attendue.

-  Dix-neuf ans !
-  Tant que ça !

Il sembla réfléchir un moment. Puis, comme s'il avait pris une décision, il tendit la bourse à Solyane.

-  Après tout, ça pourrait être très amusant. Tu veux libérer ton ami du sort qui est en train de le tuer à petit feu ? Il n'y a qu'une seule personne capable d'y arriver. Mais ce ne sera pas facile de l'atteindre. A toi de voir si la vie de ton ami vaut la peine d'aller jusque là-bas !
-  Jusqu'où ? Demanda Solyane, anxieuse.
-  La forteresse maudite, sur le Continent Sibyllin. Le foyer des démons et des vampires. Celui que tu cherches y résides.

Solyane sentit son sang se glacer dans ses veines. Les démons, ces êtres qu'elle haïssait par-dessus tout ! Et pour sauver Locke, il lui fallait purement et simplement se rendre directement sur leurs terres ? Rien que ça ! Elle comprenait seulement la pertinence de la remarque de l'homme : Est-ce que cela valait la peine ? Est-ce qu'il ne valait mieux pas accepter d'endurer le chagrin de la perte de son ami ? Son seul véritable ami. Le meilleur qu'elle n'ait jamais eu et qu'elle n'aurait sûrement jamais !

-  Qui dois-je chercher ? Soupira-t-elle finalement.
-  Amusant, vraiment très amusant ! La pierre ensorcelée sera ton meilleur guide. Lorsque tu seras près de celui qui est à l'origine de ce sort, tu ressentiras un vertige te prendre. Du moins si tu as toujours la pierre avec toi !

Il sortit un médaillon de sa veste.

-  Cependant je suis beau joueur. Je vais te montrer à quoi il ressemble.

Il ouvrit le médaillon et révéla la miniature d'un homme au long cheveux noirs. Le visage fin et pâle, anguleux, des yeux légèrement enfoncés, un nez droit surmontant une bouche fines. Il était vêtu d'une veste sombre laissant dépassé un jabot d'une blancheur éclatante. Il était d'une beauté indéniable, mais d'une beauté glaçante.



-  Qui est-ce ? Demanda Solyane.
-  Lui ? Eh bien, je pense qu'on peut dire qu'il s'agit de ton père !

* * *

« Il s'agit de ton père ».
Ces mots raisonnaient encore à l'esprit de Solyane. Ils n'avaient cessés de la torturer tout au long du voyage qu'elle avait engagé jusqu'au continent maudit. Elle ne voulait pas, ne pouvait pas, croire que son père était un démon. Cela n'aurait strictement aucun sens. Pourtant, d'après Kephret – l'homme aux yeux gris qui lui avait lâché cette information qui l'avait profondément ébranlée – c'était parce qu'elle était la fille du démon Baltrigon, le démon de la miniature, qu'elle ne pouvait toucher la pierre. L'ascendance démoniaque qui marquait ses gênes rejetait son sang humain.

Drapée sous la cape noire et épaisse qu'elle s'était achetée grâce aux rubis et aux saphir que Kephret lui avait permis de garder en même temps que la pierre ensorcelée – Solyane leva les yeux Basinshear, le casino où Baltrigon aimait passer son temps entre jeux, femelles et alcool. S'il n'y était pas, elle n'aurait plus qu'à chercher la demeure de Baltrigon. Ce qui risquait de lui poser de gros problèmes. Lorsqu'elle avait demandé à Kephret pourquoi il ne lui révélait pas directement l'adresse de Baltrigon, il lui avait fait savoir qu'il l'avait déjà beaucoup trop aidée et que s'il lui donnait cette information, toute cette aventure serait bien moins amusante à ses yeux.

Solyane serra les mâchoires, maudissant pour la millième fois Kephret, Baltrigon et les démons en général. Elle rassembla tout le courage qui lui restait encore et poussa la porte du casino. Jusqu'à présent, elle avait réussi à rester en vie et loin des ennuis. Pourtant il s'en était fallu de peu à plusieurs reprises. Seulement, elle sentait que dans cet endroit où le danger devait être aussi rapide à venir que la malchance, il lui faudrait redoubler de prudence. Elle commença par glisser la bourse dans son corsage de cuir. La voleuse qu'elle était ne connaissait que trop bien la facilité de subtiliser une bourse à la ceinture lorsqu'on était doué. D'autant plus dans un endroit qui accueillait autant de monde.

S'avançant entre les tables, elle fouilla l'endroit du regard. Elle n'avait aucune envie de s'attarder ici et plus vite elle pourrait avoir une petite discussion avec Baltrigon – qu'elle refusait encore de considérer comme son père – pour essayer de le convaincre de lever la malédiction jetée sur Locke. Comment allait-elle y parvenir ? Excellente question ! Qu'était la vie d'un humain aux yeux d'un démon ? Et qu'était la compassion sinon un concept aussi éloigner de leur vision du monde que pouvait l'être le soleil du sol ? Pourtant elle ne pouvait plus faire demi-tour. Ce serait ridicule d'avoir fait toute cette traversée pour partir sans même avoir essayé.

Sa vie illégale dans les rues de la ville lui avaient longtemps servi à repérer les dangers possibles. Peu nombreux sur sa terre natale mais omniprésents ici. C'est grâce à cela qu'elle était parvenu à faire profil bas jusque là et c'est ce qui lui permit de remarquer qu'elle était suivie. Oh, l'homme était discret et donnait facilement l'impression de simplement papillonner d'une table à l'autre en distribuant mots agréables et questions polies. Mais Solyane l'avait surpris à la regarder à plus d'une reprise. Elle ignorait s'il lui voulait du mal ou non, mais elle se promit de le garder à l’œil. Les différentes personnes autour d'elle s'adressaient à lui avec un certain respect. Elle en conclut donc qu'il devait s'agir du gérant du casino.

Tout en faisant régulièrement attention à ce que faisait le gérant et en déclinant les invitations de ceux qui géraient les tables, Solyane continuait à chercher le démon qui avait motivé sa venue ici. Ce serait bien le diable – façon de parler – si elle avait choisi justement le jour où il n'avait pas été d'humeur à aller se divertir pour faire tout ce chemin. Cependant, il n'était pas complètement exclu que, d'une manière ou d'une autre, Kephret ait prévenu son « ami » qu'une jeune humaine était à sa recherche. Qui savait ce que leurs pouvoirs leur permettait de faire ?

Elle commençait à sérieusement douter lorsqu'elle le vit enfin. Il lui sembla immense. La masse ondulée de ses cheveux noirs drapait son dos et ses épaules, renvoyant ses reflets aile de corbeau. Ce soir-là, il portait une veste d'un rouge si sombre qu'il en semblait presque noir. Son pantalon noir à la coupe près du corps, plongeait dans ses bottes de cuir, couleur acajou, au talon marqué. Un liseré argenté marquait le rabat de cuir en haut des bottes ainsi que la couture latérale. Comme il lui tournait le dos, elle ne voyait pas encore son visage, mais comme elle l'entendait rire, nul doute que l'expression qu'elle aurait pu y voir aurait été foncièrement différente de celle de la miniature. Ce rire... Si la condescendance, la certitude que tout devait lui appartenir et celle d'être le plus bel être de la création avaient pu être transformées en un son, Solyane était certaine que ça aurait ressemblé à ce rire-là. Qu'est-ce que ça serait lorsqu'elle l'entendrait parler ? Pourtant, elle peinait à trouver ce rire désagréable.
Finalement, il s'assit à la table où des femmes – sûrement des démones – en pâmoison l'avaient invité. Solyane eut alors tout loisir d'observer son visage. Si elle l'avait déjà trouvé beau sur la miniature, ce n'était rien comparé à la grâce naturelle qui émanait de lui. Comme elle s'y était attendu, loin de l'indifférence de son portrait, il exprimait joie et plaisir. Et cette expression lui allait si bien qu'elle se demanda pourquoi il n'avait pas daigné l'arborer pour faire immortaliser son visage.

Figée sur place par le spectacle de cet homme, elle fut ramenée à la réalité par le même vertige qu'elle avait déjà ressentit la première fois qu'elle avait saisit la pierre. Instinctivement, elle leva une main qu'elle plaqua sur sa poitrine, là un léger renflement indiquait la cachette de la bourse et de son contenu.
Des exclamations de surprise et légèrement apeurées l'aidèrent à focaliser son attention sur la table qui se trouvait à quelques mètres d'elle. Baltrigon – son démon de géniteur – n'affichait plus du tout le moindre plaisir. En fait, il semblait être sur le point de vomir. Il se mit alors à regarder tout autour de lui. Lorsque son regard et celui de Solyane se croisèrent ce fut comme si la foudre venait de s'abattre sur la jeune femme. Lui-même eut alors l'air d'avoir avalé quelque chose de travers. Il se leva et vacilla un instant. Solyane, elle, était à présent totalement incapable de bouger. Ce fut pire encore lorsque Baltrigon vint se planter devant elle, la dominant de toute sa hauteur. Il l'empoigna à l'endroit où elle avait caché la bourse, comme s'il savait où elle se trouvait et ce qui s'y trouvait. De fait, il devait le savoir car, sans la moindre gêne et toujours sans un mot, il tira la bourse du corsage de cuir et l'ouvrit sans plus de manière. Il sortit l’œil de chat qui luisait doucement. La jeune femme se souvint alors de ce que Kephret lui avait dit : « Cette pierre sera ton meilleur guide ». Baltrigon dévisagea alors Solyane. Son regard d'obsidienne était inquiétant.

-  Qui es-tu ? Gronda-t-il.

Sa voix était grave, profonde. Et, pour le coup, porteuse de menaces implicites. La jeune femme sentait que le moindre mensonge, le moindre refus de se soumettre à l'autorité de ce démon, serait sévèrement châtié. De toutes manières, elle sentait les mots sortirent malgré elle de sa bouche sans qu'elle ait pris le temps d'y réfléchir.

-  Solyane. Je... Je suis votre fille...

Elle se serait donné des baffes, si elle avait pu ! Qu'avait-elle besoin de lui avouer une chose pareille ? Il n'était visiblement pas le genre d'homme qui avait besoin de savoir qu'il avait une enfant illégitime et encore moins prêt à se découvrir une quelconque fibre paternelle. Le regard glacial qu'il lui renvoya en fut la meilleure des confirmations.

-  Ma... fille ?

Tellement de mépris dans deux simples mots ! On ne pouvait pas se montrer plus clair et Solyane put utiliser cette condescendance pour attiser sa colère et sa haine des démons pour reprendre un peu d'aplomb. Un peu, guère plus. Il faudrait en tous cas qu'elle s'en contente pour réussir à aller jusqu'au bout.

-  Votre pierre... Elle a ensorcelé l'un de mes amis qui n'a eu que le seul tord de la voler à votre comparse, Kephret ! Je suis venue vous demander de lever la malédiction.

Un instant, aussi long que l'éternité, le silence s'installa entre eux. Le démon et l'humaine, le père et la fille. Le noir sondant le violet, l’obsidienne face à l'améthyste. Puis l'expression du démon changea et il éclata alors d'un profond rire où l'incrédulité et la moquerie s'unissaient en échos retentissants. Plusieurs regards se tournèrent vers eux. Baltrigon mit quelques minutes à se calmer.

-  Bien joué ! On ne m'avait pas fait d'aussi bonne blague depuis des lustres ! Mais, sincèrement ? Tu  n'as rien trouvé de mieux que de te faire passer pour ma fille ?

Cette fois, la colère monta suffisamment en Solyane pour balayer toutes ses peurs. Evidemment, ce n'était pas la meilleure idée qu'elle pouvait avoir de s'énerver contre un démon, mais la vie de son amie était en jeu.

-  Ce n'est pas une blague ! Je me fiche que vous me croyiez ou non, je vous demande seulement de lever la malédiction que mon ami subi parce qu'il a mis la main sur cette pierre ! Kephret m'a dit que vous seul en étiez capable !

Comprenant qu'elle était sérieuse, le démon cessa de rire.

-  Kephret, hein ? Ce vieil imbécile ! Je ne sais pas ce qu'il t'as raconté, mais...
-  Cette pierre m'a menée jusqu'à vous, comme il l'avait dit. Et mon ami est en train de mourir à cause d'elle !

Baltrigon sembla soudain prendre conscience qu'ils étaient le centre d'attention du reste de la maison de jeu. L'homme que Solyane avait vu un peu plus tôt, le gérant, s'approcha d'eux.

-  Il y a un problème, Monsieur ? Cette demoiselle vous importune ?

Baltrigon sembla réfléchir un instant puis hocha négativement la tête.

-  Rien dont je ne puisse m'occuper seul, Croupier ! Mais je vais avoir besoin d'avoir une discussion seule à seule avec elle ! Loin des curieux malintentionnés.

L'homme s'inclina et bientôt des employés dévoués firent en sorte que tout le confort soit apporté à Baltrigon. Solyane se vit donc contrainte de suivre le démon jusqu'à une pièce isolée et fermée. Une perspective peu enthousiasmante.

-  Maintenant, tu as intérêt à me raconter tout ce que tu sais de moi ! Et qui tu es vraiment !

Avec cet air menaçant, il ressemblait d'avantage à la miniature que lui avait présenté Kephret.

-  Je ne sais rien de vous. Je ne connaissais même pas ce Kephret avant de le rencontrer sur la Terre des Rescapés. Mon ami est... Enfin, il a trouvé amusant de l'alléger de sa bourse. Il ignorait qui il était. Raconta alors Solyane d'une voix prudente. Et à cause de cette pierre... Cet œil-de-chat, il est tombé très malade et se sent mourant. J'ai été rendre la bourse à la victime, Kephret. Il a commencé par me dire qu'il se moquait du sort de mon ami. Puis il a changé d'avis, s'est intéressé à moi et c'est à ce moment-là qu'il m'a parlé de vous. Il a affirmé que si je voulais sauver mon avis, je devais suivre votre piste. Selon lui, la pierre allait m'indiquer lorsque je vous aurais trouver. Il m'a montré une miniature de votre portrait et m'a parlé de vos habitudes ici, dans ce casino. Je ne sais rien de plus !
-  Tu as prétentieusement indiqué que tu étais ma fille ! Et je n'apprécie pas ce genre de mensonges !
-  C'est encore quelque chose que je tiens de Kephret. Il a commencé à me poser des questions sur moi lorsque je lui ai dit qu'il m'était impossible de toucher l’œil-de-chat. Parce que son pouvoir trouverait un écho dans mon ascendance démoniaque tout en rejetant mon sang humain. C'est en tous cas ce qu'il a prétendu.

Le peu de couleur qui avait pu exister sur le visage de Baltrigon disparut.

-  Tu es humaine ?!

Solyane hocha fièrement la tête. Si son père était véritablement ce démon, au moins avait-elle hérité de l'humanité de sa mère. Elle n'aurait jamais pu se regarder en face si elle avait eu ne serait-ce qu'une part de démon en elle ! Se savoir déjà « marquée » était déjà suffisamment écœurant. Si l'idée d'avoir une descendante humaine dégoûtait Baltrigon, alors ce n'était qu'un juste retour des choses. Il n'avait qu'à laisser sa mère, bien humaine, tranquille. Mais très vite le regard choqué du démon se fit calculateur.

-  Tu es une humaine, à peine sortie des langes, et tu es venu jusqu'ici dans le seul but de... Comment as-tu dit, déjà ? De « me demander de lever la malédiction ».

Solyane acquiesça. Formuler ainsi, elle avait conscience que c'était une demande ridiculement optimiste. Elle n'avait toujours aucune idée de la façon dont elle pourrait convaincre le démon d'accepter.

-  Qu'es-tu prête à payer pour cela ? Demanda Baltrigon.

Solyane le regarda sans comprendre. Elle n'était pas idiote et se doutait bien que cette question sous entendait tout un tas de propositions déplaisantes.

-  Tout a un prix ! Sauver la vie de ton ami pourrait effectivement être dans mes cordes mais en ce bas monde on a rien sans rien ! Et je n'ai pas pour habitude de faire quoi que ce soit sans que ça me rapporte quelque chose.
-  Je... Combien ?

Solyane était certaine qu'elle n'aurait jamais assez de toute une vie de dur labeur pour payer la somme qu'il allait lui demander pour ce service. Mais si Locke pouvait faire partie de cette vie aussi longtemps que possible.... Baltrigon se redressa.

-  Pour sauver une vie qui t'es chère... Rien de moins que ton âme !

C'était pire que tout ce que Solyane aurait pu craindre. La démon, avec l'air du chat qui s'apprête à croquer la souris acculée, poursuivit :

-  Accepte et ton ami aura la vie sauve. Je serais même prêt à te renvoyer chez toi en sécurité. Refuse et non seulement tu perdras cet être si précieux pour toi, mais il se pourrait que tu ne réussisses même pas à quitter ce continent en vie. Que dis-je ? Ce casino, même !

Il eut un geste vers la porte fermée. Accepter de se départir de ce qui faisait d'elle une humaine et sauver une vie innocente ou refuser et avoir la mort de Locke sur la conscience. Enfin, pendant le peu de temps qu'elle aurait encore à vivre. Elle songea alors à Alicia, Louison et tous ces gamins qui dépendaient entièrement de la protection de Locke. Qu'allaient-ils devenir sans lui ? Le cœur lourd, songeant qu'elle aurait d'innombrables occasions de regretter sa décision, elle tendit la main vers Baltrigon.

-  Sauvez-le. Soupira-t-elle à mi-voix.
-  Appelle-moi « Père », pour voir l'effet que ça fait ! Et supplie-moi, aussi, pour faire bonne mesure !

Pendant un bref instant elle songea à lui planter un dague en travers de la gorge. Cela les condamnerait, Locke et elle, mais elle aurait au moins eu le réconfort de supprimer l'un des démons. Mais là encore : Que deviendraient ceux qui seraient alors privés de la présence de Locke ? Le regard brûlant de haine, la voix grinçante elle prononça donc les mots suivants :

- Je vous en supplie... Père... Sauvez mon ami !

Le sourire de délectation qui étira les lèvres du démon et son regard suffisant aurait presque pu suffire pour souffler la moindre retenue de la jeune femme. Finalement il s'empara de sa main.

-  Ton âme est donc à moi ! Et comme je n'ai qu'une parole, ton ami survivra. Et toi tu vas tranquillement rentrer chez toi ! Ce fut un plaisir de faire ta connaissance, ma chère fille !

Le monde se troubla et se mit à tourner bien plus vite. Puis son champ de vision s'assombrit, comme si son esprit se déconnectait de la réalité. Elle ne sentait plus son corps, ne sentait plus rien. Sans s'en rendre compte, elle sombra dans le néant de l'inconscience.

* * *

- ane... 'lyane...

Une voix semblait l'appeler, mais elle n'était pas encore prête à se réveiller. Comme après ces nuits où le sommeil nous a longtemps fui avant que notre corps cède finalement et qu'on vient nous tirer de notre repos beaucoup trop tôt.

-  Solyane !!

A nouveau, la voix retentit. Plus claire, cette fois, et plus familière. Elle ouvrit péniblement les yeux. Elle discerna d'abord les couleurs et des formes floues. Une silhouette était penchée sur elle, auréolée de la masse brune de ses cheveux. Un nom flotta à la lisière de sa conscience. Elle s'y accrocha.

-  Alicia ?

Sa gorge était sèche, rapeuse. Elle sentit alors qu'on lui pressait quelque chose contre les lèvres. Elle but immédiatement.

-  Tu nous as fait une de ces peurs. Avoua alors la voix d'Alicia. Tu es apparue de nulle part, inconsciente et pâle comme une morte ! D'ailleurs j'ai bien cru que tu l'étais pendant un instant. Tu ne respirais quasiment plus et c'est à peine si j'ai senti ton cœur battre !

Solyane cilla plusieurs fois pour s'éclaircir la vue et regarda alors son amie. Elle avait l'air d'avoir pleuré. Et elle semblait être encore effrayée. Solyane se redressa lentement en position assise. Elle se sentait bizarre. Pas tout à fait elle-même. Mais elle n'arrivait pas tout à fait remettre ses souvenirs en place. Involontairement, ce fut Alicia qui l'aida à faire le tri dans ses pensées embrouillées.

-  Tu as réussi ? Le propriétaire de la bourse, il a accepté de lever la malédiction ?
-  La malédiction ?

Des bribes des derniers événements vécus lui revinrent.

-  Locke ! Comment va-t-il ?
-  Il est toujours malade mais sa fièvre est un peu tombée. Et il a arrêté de s'agiter à tout bout de champs. Il dort plus sereinement.

Solyane retomba sur sa paillasse. Locke allait mieux. Mais qu'allait-il lui arriver, à elle, maintenant ? Malgré elle, des larmes lui montèrent aux yeux. Pendant des années elle avait essayé d'imaginer son père. La vérité pouvait se montrer tellement cruelle parfois ! Elle ferma les yeux et les larmes coulèrent. Amertume, colère, déception... Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle pleurait, mais il lui fut impossible de les endiguer ou de calmer les sanglots qui la prirent à cet instant !

Solyane: [7145 mots] 3 points de caractéristique + Mise Or: 2 points de carac

2 points de Résistance à la magie
1 point de Charisme
1 point de Dextérité
1 point d'Intellect
Invité
Jeu 9 Mar - 20:00
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Elih Marendir
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Elih Marendir
Ashryn - Sylvar - IV
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So, what if I'm addicted ?:
 
Raptor Jéselih:
 
Elih Marendir
Jeu 9 Mar - 20:00
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Scylla Fentkräes
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Scylla Fentkräes
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« Hâtons-nous, il va faire nuit dans très peu de temps. Et je préfère ne pas traîner en-dehors de la forteresse quand on n'y voit plus rien à une dizaine de mètres. » Le cheval sur lequel était Sora renâcla pour montrer son ressentiment. Puis répondit à la jeune femme. Elle ne se laissa par surprendre cependant : elle avait pris l'habitude. « Rappelle-moi rapidement ce que nous allons faire chez les Démons ? À part prendre des risques inutiles pour nos deux vies ? » La monture tourna la tête et releva le museau vers la blonde, qui lui lança un regard assassin. Elle savait ce que ce genre de regard signifiait. C'est pourquoi elle s'empressa de regarder à nouveau droit devant elle et d'accélérer le pas.

Du fond d'elle-même, Falka espérait que Sora ne croyait pas qu'elle n'avait aucune confiance en elle. Qu'elle lui reprochait ses choix de par le fait qu'elle n'avait aucune foi en la possibilité de réussite de sa quête, aussi folle et désespérée soit-elle. Ce n'était pas ce que l'ombre pensait. Elle était sûrement plus terre à terre qu'elle certes, du fait qu'elle n'avait pas de lien émotif ou de souvenirs capable de mettre à mal sa logique et sa réflexion. Mais elle croyait en Sora, elle lui vouait une confiance aveugle. Au plus profond d'elle-même à vrai dire, elle ne croyait pas totalement au fait que ce soit possible. Mais elle l'espérait. Parce qu'elle se refusait totalement à l'idée que la blonde puisse retourner à l'état dans lequel elle était quand elles s'étaient rencontrées. Là où elle n'était qu'une loque qui avait abandonné l'idée de vivre, laissée pour compte comme un vieux chien galeux nageant dans son propre sang au milieu d'un bâtiment en ruines.

Falka chassa d'un coup de tête cette image de son esprit. Cela la mettait incroyablement mal. Et elle s'était juré de faire en sorte que cela n'arrive plus jamais. Il fallait donc mieux pour cela qu'elle se concentre pleinement sur le présent plutôt que de se laisser aller dans des souvenirs douloureux du passé. Et la situation présente nécessitait d'ailleurs bien toute son attention : elles venaient d'arriver face à l'entrée des lieux. Sora sauta du dos de l'ombre, qui reprit une forme humanoïde, non sans râler. « Bon, qu'est-ce que tu veux ce soir ? Un chat ? Un serpent ? Un corbeau ? » La blonde lui répondit d'abord d'un sourire triste. Sa voix se fit incroyablement douce : « Je suis désolée... Je sais que ça t'emmerde de devoir te cacher et de ne pas pouvoir faire comme moi... » Falka haussa les épaules. Elle affichait une mine aussi résignée que mélancolique. « Je m'y suis habituée Sora. »

''Certes Falka, mais tu n'en es pas moins meurtrie, je le sais. Et je trouverais une solution à ce problème.'' Elle lui tendit la main d'un geste simple et chaleureux. L'ombre, bien qu'affichant toujours un triste sourire, accepta cette perche qu'on lui tendait, et se mit à rétrécir jusqu'à être capable de s'enrouler autour de la main de Sora, de son bras et de glisser jusqu'à son cou, avant de se caler autour. La blonde réajusta sa robe noire, demanda au serpent à la robe de cendres s'il était bien calé là où il se trouvait, et entra enfin quand elle eut obtenu une réponse positive à sa question.

L'endroit était pour le moins animé, c'était le moins qu'on puisse dire. Il y avait là tout une palette de gens, de toutes races, parés de costumes de toutes les couleurs. Si Sora n'aimait pas fréquenter le monde, elle adorait cependant le scruter avec attention. Et c'était clairement l'occasion de le faire dans des événements comme celui-ci. Mais elle avait aussi l'intention de s'amuser un peu. Si ce genre de soirée n'était clairement pas une occasion pour elle – contrairement à un bon nombre – de faire connaissance avec des gens, elle n'allait pas pour autant moins s'amuser que le reste. Au contraire.

Elle avait déjà fréquenté des lieux comme celui-ci et se souvenait d'y avoir passé des moments très agréables, et en avait gardé de bons souvenirs. Mais c'est en se concentrant sur les détails de ces dits souvenirs tout en marchant dans la foule qu'elle se rendit compte que sa mémoire, par moments, ne lui donnait que l'image positive qu'elle voulait bien recevoir. Elle n'avait fréquenté ce genre de lieux qu'avec une seule personne, une personne dont elle aurait préféré ne pas se rappeler. Et elle fit immédiatement la comparaison avec l'autre personne, avec qui elle n'avait pas été dans ce type d'endroits. Instinctivement, elle cligna des paupières et se concentra à nouveau sur la réalité pour chasser ses pensées.

« Tout va bien Sora ? » demanda gentiment le serpent. « Ça va, ne t'en fais pas. Quelques souvenirs qui sont remontés à la surface. Quelques regrets aussi du même coup. Mais je ne suis pas venue pour m'apitoyer sur mon sort. »

La blonde fendait la foule en prenant garde de ne pas se faire marcher sur les pieds. Elle atteignit sans soucis le bar, et prit une chaise haute. Le barman l'accosta sans tarder : « Bien le bonsoir mademoiselle, que puis-je vous servir en cette belle nuit ? » « Moins de mièvreries pour commencer je vous prie, je ne suis pas de ce genre-là. Après, je serais ravie de vous prendre quelque chose à boire. Si vous aviez quelque chose avec de la pêche, de la menthe et de la framboise, vous feriez de moi une femme comblée. » « La dame sait donc ce qu'elle veut, autant pour sa consommation que dans la vie à ce que je vois. » lança d'un air aussi taquin que sympathique l'homme au nœud papillon avant de leur tourner le dos pour attraper un verre et des bouteilles multicolores. « Je vais voir ce que je peux faire pour notre femme de caractère. La couleuvre ne boit rien ?»

« Le reptile parle vous savez. Et elle n'est ni courtoise, ni aimable, ni patiente. Elle n'est pas fan des soirées mondaines à vrai dire. » « Le serpent peut aussi s'exprimer lui-même, et n'a pas besoin d'un porte-paroles. Et il n'a pas particulièrement soif, merci quand même d'avoir posé la question.» Le barman étouffa un petit rire. Sora soupira en appuyant sa joue sur sa main, elle-même maintenant ainsi par son coude posé sur le comptoir. Elle regardait d'un air pensif la salle bondée de monde. Le son cristallin d'un verre plein que l'on pose sur une surface plane la tira de sa rêverie. L'homme au nœud papillon avait posé devant elle une coupe en verre – assez stylisée d'ailleurs – remplie d'un breuvage brun marron un peu suspect.

« Navrée ma demoiselle, le mélange de pêche, de framboise et de menthe, ne crée pas une couleur très attirante, je vous l'accorde. Mais c'est précisément ce que vous avez demandé, arrangé bien sûr avec mes talents et mon expérience. » Elle hocha la tête et après avoir lâché un petit merci, porta à ses lèvres le bord de la coupe. Ça avait beau ressembler à une compote de boue, c'était terriblement bon. Elle le fit savoir d'un petit sourire radieux à l'homme qui venait de la servir. Celui-ci s'empressa d'ailleurs de relancer la conversation. « Vous formez un duo bien étrange tous les deux. Il est rare de croiser des profils de clients du même genre que vous, sans vous offenser. Qu'est-ce qui vous amène en ces lieux ? »

Sora releva vers son interlocuteur un regard aussi énigmatique que malicieux. « Si c'est la question que vous posez à tous les gens qui viennent à votre bar, les réponses ne doivent pas être variées entre boire un coup, jouer au jeu, miser tout mon argent ou faire la fête... » « C'est précisément parce que je pense que la raison de votre venue est toute autre que je vous pose la question. Pour ne reprendre que vos précédents propos, vous n'avez pas l'air d'être une habituée de ce genre de festivités. » Cette fois, la blonde lui lança un regard presque menaçant dans le fond. Oh, elle se doutait bien en venant ici que tout le monde ne serait pas net et clair. Qu'il y aurait des démons manipulateurs, des beaux-parleurs avec de mauvaises intentions et tout un autre tas de personnages peu fréquentables qu'attirait inévitablement ce genre de soirée. Mais Sora n'était jamais la proie, quelque soit la situation. Elle avait beaucoup trop vécu pour arriver quelque part sans savoir les dangers qu'elle courrait.

« Et bien, si vous voulez tout savoir, nous cherchons quelqu'un. Cette personne étant de la race des gens qui résident en ces lieux, il me semble plus judicieux de commencer les recherches à l'endroit où cela fait le plus de sens. » « Ah oui ? Et comment se nomme-t-elle cette personne ? À quoi ressemble-t-elle ? Je peux peut-être vous aiguiller, je connais pas mal de monde par ici. » Sora but une nouvelle gorgée de son verre avant de lui répondre aussi calmement qu'avec un soupçon de froideur au fond de la voix. « Si je cherche cette personne, c'est parce qu'elle a disparu. Si elle a disparu, c'est pour une bonne raison. Et je ne vais pas certainement pas orchestrer mes recherches en parlant à tout le monde. C'est une idée bien trop stupide. Navrée donc, je ne vous dévoilerais rien. » L'homme au nœud papillon haussa les épaules, tout en continuant d'essuyer le verre qu'il venait d'attraper avec un bout de tissu.

« C'est dommage, mais je comprends. Et puis-je au moins savoir qui est cette personne à vos yeux ? Quel lien vous lie à elle ? » Si Sora demeura fidèle à elle-même sur le moment et n'afficha rien de ses sentiments en extérieur, elle se glaça totalement à l'intérieur. ''Qui est-ce pour moi ?'' Des images lui revinrent en tête, rapidement, se succédant à une vitesse folle. Il y avait un ruisseau, un bâtiment en cendres, une chambre d'enfant, un toit, une arène, des souterrains, les grottes d'un volcan, un village en pleine bataille... Falka avait remarqué son soudain silence, l'homme au nœud papillon aussi. Mais aucun des deux, par pur respect en voyant les yeux de Sora s'écarquiller légèrement et la veine de sa tempe se mettre à battre furieusement, ne fit de commentaire.

''Car finalement, il a toujours tout fait tout seul.'' Seul ? Et alors ? Qu'est-ce qui l'avait empêché de faire demi-tour et de s'imposer ? ''J'ai jamais pu le dire, j'ai jamais eu le courage...'' Mais il était trop tard de toutes façons. Le temps avait passé et fait son office. Il avait recouvert d'une épaisse couche de poussières certains souvenirs ou certaines personnes. Il les avait enfoui assez profondément dans la mémoire pour qu'elles ne resurgissent plus jamais. ''Autant t'oublier tout de suite non ?'' Oublier ? Vraiment ? Si elle avait voulu oublier, il serait sorti de son esprit. Si elle l'avait vraiment voulu, elle aurait brûlé cette lettre en même temps que le bâtiment. Si elle l'avait vraiment souhaité... ''Une flamme consume, mais une fois éloignée des autres, elle devient inoffensive. Elle continuera néanmoins, je l'espère à brûler dans vos cœurs. A lube melfa's wolgnig in eth skraneds. A lube melfa's langdei ymtaph...''

Sora finit ce qu'il restait dans son verre. Et elle instaura un nouveau silence. Elle était pourtant parfaitement revenue à la réalité, malgré le long silence qu'elle avait laissé planer. Elle sauta de la chaise, et après avoir lancé une piécette sur le comptoir, elle fixa l'homme au nœud papillon dans les yeux.

« Ma fierté vous dirait que c'est une personne comme une autre, qui n'a eu que ce qu'elle mérite. Ma culpabilité vous répondrait que c'est le plus gros regret de toute mon existence. Ma logique vous donnerait son nom, son prénom, son espèce... Quant à ma rancune, elle l'insulterait sans doute pour vous le décrire. Mais mon cœur vous dirait quelque chose d'autre. Quelque chose sur lequel il n'y a pas moyen de poser un mot précis. Parce que le plus approprié d'entre tous pour être la plus précise possible, blesse mon orgueil, fout en l'air toute ma logique, détruit ma rancune et double ma culpabilité. » La blonde allait tourner les talons, avant de se rappeler qu'elle en avait oublié les bases les plus simples de la politesse. « J'ai été ravie de discuter avec vous. Daignez accepter les salutations de Scylla Fentkräes. » « Et daignez donc recevoir mes remerciements pour vos efforts en matière de mièvreries, et mes plus grands vœux de réussite pour ce qui concerne votre recherche. » Et sur ces mots, Sora disparut dans la foule.

« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » questionna innocemment le serpent noir autour du cou de la jeune femme. « On va jouer un peu toutes les deux. » lui répondit presque mécaniquement Sora tant son attention avait l'air ailleurs.

Elle scrutait d'un œil attentif les alentours, comme à la recherche de quelque chose. Elle arrêta de tourner sur elle-même lorsque son regard se bloqua enfin sur sa cible. L'air de rien, elle s'approcha doucement de la table, et sans que personne ne remarque rien, elle emporta son butin. Elle s'empressa ensuite de se trouver un petit salon personnel : des pièces réservées aux personnes qui voulaient un peu de tranquillité et d'intimité. Elle souleva le lourd rideau rouge qui barrait l'entrée d'une des pièces, et invita Falka à retrouver une forme plus humanoïde. Elle s'exécuta, curieuse de savoir ce que la jeune femme avait en tête. Et sourit bêtement en voyant la blonde sortir un jeu de cartes et commencer à l'étaler sur la table. « Tu as volé un jeu pour moi ? C'est gentil mais pas très correct. » « Tu veux jouer oui ou non ? Arrête de râler. Qu'as-tu à miser ? » L'ombre fit rapidement un tour d'elle-même. Le constat était bref à faire : c'était un spectre sans vêtements donc sans poches, elle n'avait absolument rien à mettre en jeu sinon que son âme pour peu que Sora soit le diable.

« Qu'est-ce que tu préfères ? Le poker ? Le bridge ? Le paysan ? La bataille ? Le black jack ? » « Vu tes capacités en matière de bluff et de mensonge, je préfère un bon vingt-et-un. Ça repose sur le hasard et on va pouvoir s'amuser à lancer les paris. » Sora releva un sourcil, intriguée. Elle craignait que dans la tête de Falka ne se fasse des idées qui pourraient lui nuire à elle. Mais si elle s'amusait, elle était contente. C'était le but de la manœuvre après tout. « Qu'est-ce que tu entends par pari ? J'avoue que tu me fais un peu peur... » « Je te dirais tout ça lorsque j'aurais un jeu devant moi. Est-ce qu'on parie au poker sans savoir ce qu'on a en mains ? »

La blonde soupira, et après avoir bien mélangé le paquet qu'elle avait en mains, donna à Falka ce qu'elle voulait. L'ombre prit une posture songeuse si sérieuse qu'elle en était presque ridicule et sûrement exagérée d'ailleurs. « C'est bien parti. Je parie donc tes aveux si je tombe pile sur vingt-et-un. » « Mes aveux ? » Falka planta ses yeux dans les siens. Oh, Sora n'aimait pas ce regard. « Ce qui t'a fait méditer tout à l'heure, au point de faire totalement abstraction de la réalité pendant plusieurs minutes. Moi je sais ce que tu penses. Et je veux que la personne en question le sache. » « Je n'en suis pas sûre à cent pour cent Falka. Pour cela, il faut d'abord le retrouver et- »

« Et avoir des regrets ? Sora, nom de dieu, ça fait des mois voire des années que c'est ton seul objectif, la seule quête qui donne un tant soi peu de sens à ton existence, celle à laquelle tu voulais mettre fin quand on s'est rencontrées. » Le visage de Sora se rembrunit, mais l'ombre ne comptait pas lâcher l'affaire. « Je serais là pour lui péter la gueule si la réponse ne te convient pas, je serais aussi là demain comme je l'ai été hier à tes côtés dans la recherche. Quoi qu'il advienne je serais là. » « Falka, tu ne sais pas ce que lui m'a dit... » « Si, tu me l'as dit. Mais la donne a changé maintenant, tu es seule. Seule, en train de le chercher à travers les quatre coins du monde. Si ça n'a rien de significatif, alors je veux bien me crever maintenant ce qui me sert à voir, et qui t'a bien remarqué crispée et toute pâle face à la question du barman. »

La jeune femme aux cheveux blonds haussa les épaules. « Tu n'auras pas vingt-et-un de toutes façons. » « C'est toi qui le dit. Carte. Mais tu l'espères secrètement Sora. » Un peu inquiète, la blonde posa à sa demande une carte sur la table. Le compte n'était pas encore bon, mais la somme n'était pas pour autant dépassée. « Pour ton bien, une autre carte s'il te plaît. » La suivante ne vint pas tout de suite. Sora fixait intensément son dos entre ses doigts, comme perdue dans ses pensées. Mais elle finit tout de même par la poser. Elle crispa ses paupières tant elle n'arrivait pas à croire la carte qui venait de sortir. Falka leva son regard vers elle avant d'exploser de rire. La blonde se dérida rapidement, tentant de relativiser. Sa vie avait toujours reposée sur des choix hasardeux qu'elle aurait tout aussi bien pu décider au jeu tant ils étaient loufoques et incohérents. Qu'importe, elle avait joué et avait perdu. Enfin, seulement contre Falka.

Cette défaite lui permettrait peut-être de gagner la prochaine bataille, et de ce fait, la partie avec.


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Scylla Fentkräes
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La nuit venait à peine de commencer et je pouvais apercevoir les lumières de Basinshear au fur et à mesure que je m’approchais, torche à la main. Cette forteresse savait se faire parler d’elle. En effet, gambleur et parieur comme j’étais, je n’avais pas vraiment réfléchi au bon comme au mauvais côté, autre que l’amusement, en entendant la fameuse offre exclusive du casino. Serte, l’endroit, à l’intérieur même du territoire des démons, ne semblait pas le plus sécuriser et le plus politiquement correct, mais l’appât du gain et la promotion me fessait presque bavé. Je me doutais bien que l’endroit serait un minimum présentable, mais à force de m’approcher, je pouvais distinguer les détails impressionnant et les murs extérieurs s’élançant en hauteur, finissant leur course en se fondant dans l’obscurité inquiétante du ciel. En bref, les démons savaient y faire, quand il s’agissait d’aborder certains de leur péché capital. La gourmandise et la luxure n’était pas nécessairement lié avec l’argent, mais l’argent menait souvent, et inévitablement, à la gourmandise et à la luxure. Je doute fortement que vous ayez déjà rencontrer un riche mourir de faim ou ne pas avoir un harem de femme tel un troupeau de mouche autour d’un tas de merde. Je ne put m’empêcher de sourire légèrement avec cette drôle d’image à l’esprit. Malgré tout, de peur de me faire juger et d’être déjà dans l’œil des gardiens de l’endroit, que je pouvais apercevoir, protégeant les portes s’agrandissant au fur et à mesure que j’avançais, à l’affut du moindre danger.

Je jetai une regard autours de moi. L’obscurité devenait de moins en moins oppressante pour se faire remplacer peu à peu pas les lumières de Basinshear. D’une certaine façon, j’avais un léger doute, une pointe d’inquiétude. J’étais une fois de plus seule dans cet endroit. Et pour une fois, je n’étais pas accompagnée de mes armes ou de mon armure. J’étais là, simplement nu comme un ver. Heureusement dans ce contexte qu’est le casino, ma bourse était remplie de pièces de bronze, d’argent et d’or. Et ce petit détail, mine de rien, était probablement l’une des meilleures armes que je pouvais avoir dans cet endroit. Je ne crois pas avoir à vous faire part de la valeur de l’argent dans un casino. Enfaite, un casino sans argent n’existerait tout simplement pas. Comparativement à d’autres, j’avais l’avantage de posséder une certaine somme de monnaie colossal. Mais, suite aux conseils de mon ami Kiza, il m’avait apparu plus sage de conserver la moitié de mon trésor en sécurité, proche de mon domicile, alors que l’autre se trouvait dans ma bourse à l’intérieur de mes poches. De plus, je n’avais pas hésité à renforcer mes bourses pour ne pas me les faire volées lors de mes séances de jeux ou pendant un moment inopportun. Certes, l’endroit pouvait paraitre sécuriser, mais le fait qu’il soit si remplit en cette première occasion si spéciale, garantissais presque assurément certains voleurs de si faufiler. C’était sans compter le fait que certaines rumeurs couraient déjà sur les lieux. Ses rumeurs racontaient l’histoire de certaines personnes s’ayant fait dérober leur bourse à leur insu. Mais bon, de toute façon, une fois de plus ce n’était peut-être parfois que des rumeurs, mais les rumeurs avaient souvent tendance à avoir une parcelle de vérité équivalente, de proche ou de loin, à leur parcelle de mensonge. Je finis par arriver aux portes d’entrés et je donna ma torche, presque éteinte désormais, aux gardes de l’entré avant de m’assurer une fois de plus que mon argent était solidement attaché. Ça, c’était aussi un conseil de Kiza, de vérifier régulièrement comment se portait mes ‘’finances’’. Il m’avait fait la morale sur plusieurs choses avant de me laisser partir avec sa bénédiction. Il ne pouvait malheureusement pas venir, ses pattes de triton étaient trop faibles pour marcher jusqu’à cet endroit et il ne désirait pas personnellement jouer à ce genre de jeu. De tout mon être, j’avais espéré qu’il soit présent mais malheureusement ce ne serait pas pour ce soir. J’étais seul, mais je comptais bien m’en sortir, et probablement m’en sortir cette fois-ci avec une belle petite somme que je pourrais garder. Dans le pire des cas, j’aurais perdu un certain montant et je me serais tout de même amusé.

Après avoir passé la sécurité, qui s’assurait que je n’avais pas d’arme sur moi, je franchis les lourdes portes et mes yeux s’ouvrèrent face à l’ampleur et à la grandeur du casino. Il y avait, par ci et là, des tonnes et des tonnes de tables au nombre incalculable. Les lumières étaient presque aveuglantes et il y avait tout autant un nombre incalculable de personne. En effet, chaque race était mélangée dans un mélange homogène. Il y avait ici et là des démons, des démones, des cadavres (je veux dire par là vampire ), des sirènes avec leur air enchanteur ainsi que d'elfes. Bien évidemment, mon regard se porta plusieurs secondes sur certaines de ses femmes. Elles étaient clairement de vraie beauté. Un délice exquis pour mes prunelles. Je marcha tranquillement et me promena à travers des tables. Disons que malgré toute l’attention que je m’efforçais d’avoir à l’égard des tables de jeu et de leur fonctionnement (car je ne connaissais tout simplement pas la variété complète des jeux de tables s’offrant aux joueurs), mon regard se perdait ici et là sur la poitrine luxuriante d’une démone, des cheveux éblouissants de ce qui me semblait une humaine ainsi qu’un regard par ci et par là d’elfe. À chaque fois, je ne pouvais m’empêcher d’aborder un petit sourire en coin et de retenir un petit rictus. Pour l’instant, l’endroit était tout simplement merveilleux. Après un certain temps à me promener ainsi à travers les nombreuses rangées de table, je finis par m’asseoir à une table de pirate des caraïbes. Le jeu à cette table était tout bonnement simple. Le but étant de vaincre simplement la maison avec un jeu à chaque carte dans la main de chaque joueur. La maison nécessitait d’avoir un As et un roi pour se qualifier et regarder impérativement votre jeu pour finalement se confronter. Or, ce jeu ne m’amusait guère et je ne gagna aucune pièce d’argent ou de bronze. Je salua poliment le croupier, qui semblait être un démon via son air, et je lui laissa quelques pièces de bronze en signe de pourboire.

S’ensuivis une longue marche à l’intérieur du casino pour trouver une table de jeu qui correspondait à mes critères ainsi qu’à mes désirs. J’arrêta à l’occasion au bar afin de me prendre de quoi boire lors de mes expéditions. À mon grand étonnement, je rencontra une elfe, tout simplement merveilleuse, alors que j’attendis ma bière, accoudé au comptoir. Son regard était pétillant et elle me fit un léger sourire en s’assoyant au tabouret qui était de mon côté gauche. Je lui souris légèrement à mon tour et j’aborda la conversation.

- Bien le bonsoir, je vois que je ne suis pas le seul à avoir soif. Il parait que les grands esprits s’y rencontres.

Complètement stupide, voilà ce que j’étais. J’aurais pu m’efforcer de trouver mille fois mieux pour aborder une réelle conversation. D’un certain côté, le fait que je sois si malhabile pour débuter une conversation ou une relation me fit en quelque sorte rire malgré l’échec imminent que j’allais probablement avoir comme conséquence. Malgré cela, la charmante elfe se contenta de sourire timidement sans me répondre. Je réagis normalement, la timidité était quelque chose de commun pour les Elfes. Voyant qu’elle n’avancerait guère plus la conversation, je commença à lui poser quelques questions sur ses origines et sur ce qu’elle fessait dans la vie. En passant par ses occupations, son travail, ses buts dans la vie. Rapidement, une conversation ainsi qu’un échange d’informations s’effectua des deux côtés. Malheureusement, je compris que cette elfe avait déjà quelqu’un dans sa vie. D’un certain coté, tout comme moi, elle était probablement venue dans le casino dans le but de faire de nouvelles connaissances loin de sa terre d’origine ou de son cercle de connaissance. Les casinos étaient un endroit public côtoyant l’argent et la festivité. Évidemment, ses deux principes mêmes, augmentant d’une façon linéaire avec l’argent, causaient de nouvelles rencontres et donnaient l’envie addictif de revenir, tôt ou tard, dans le but éventuellement de s’amuser et de passer du bon temps.  En bref, les casinos étaient un endroit destiné à faire la fête à différente échelle dans le but de se détendre, à différent coup.

Dans mon cas, je me contenta de clore la charmante discussion que j’avais avec la jeune femme en prenant mon ver, déjà à moitié terminer, de payer ma note et celle de ma nouvelle amie avant de me diriger de nouveaux vers les tables de jeux. Cette fois ci, en passant pendant quelques minutes aux cotés de diverses tables, je finis par m’arrêter au coin d’une table de Freebet Blackjack qui était plus mise à l’écart comparativement aux autres tables. Le croupier, visiblement hâtif, commençais à faire le décompte de la table avec ce qui semblais être un superviseur à ses côtés. Celui-ci accueillait poliment les invités, m’incluant, à la table comme si celle-ci l’appartenait. Visiblement, à la vue des gestes s’exécutant rapidement du croupier, je compris que l’homme qui se tenait à ses côtés avait un certain prestige dans l’échelle de la gestion des tables ou du casino. Celui-ci commença à nous parler de la promotion actuelle, qui devait probablement être la venue de tous les joueurs ici présents, ainsi que divers fait intéressant destiné probablement à impressionner le commun de joueurs face à l’image du casino. Voyant que ses paroles ne fonctionnaient guère sur moi, car je n’aimais pas vraiment avalé toutes les informations sans preuves, il posa son regard bleu sur moi. J’hocha la tête en sa direction pour le saluer et je me contenta de sortir ma bourse remplie, toujours aussi bien fermés, sur la table en signe de réponse. Évidement, il ne fallait pas être un deux de pique pour comprendre la signification du geste ou la raison de ma venue. Le message, que je destinais envoyer, était probablement quelques choses ressemblant à ceci :

‘’ Ferme ton clapet, balance moi les cartes et laisse-moi tenter de jouer avec le hasard ‘’

L’homme mystérieux redoubla son sourire ainsi que son influence auprès du croupier qui était visiblement encore plus hâtif de faire le décompte des valeurs de sa table. Dans mon cas, je regarda le croupier faire son travail et tandis qu’il commençait à faire le brassage légale de chacun des approximatives 416 cartes, dont environ 8 paquets ou 7 dépendant des casinos. Après quelques minutes, le croupier commença à faire diverse change en commençant par la première position. Dans mon cas, j’étais à la position 5. Je regarda chacune des personnes devant moi faire leur changement d’argent en jeton pour avoir une idée de quel type de joueur j’allais avoir à mes côtés. Naturellement, lorsque mon tour arriva, je me changea une somme légèrement plus que les autres joueurs me devançant dans le but de paraitre plus prestigieux. Cette somme s’avéra être autours d’un totale de 5 pièces d’or en jeton, 200 d’argent et 200 de bronze.  De plus, pour m’assurer d’avoir une certaine subsistance en cas de besoin, je garda quelques pièces d’or aux cotés de mes jetons. Je serra par la suite fermement ma bourse avant de l’insérer dans la poche droite de mon pantalon. Après avoir fait sa première tournée de changement d’argent en jeton, le croupier prit sa voix habituelle pour annoncer les mises en distribuant les cartes :

- Assurance ouverte. * L’homme passa quelques joueurs avant de me regarder* As, que faites vous ?




(...)



Étonnamment, j’eu la chance de passer plusieurs heures à cette table en côtoyant diverses personnes, parfois plus aimable que les précédentes je dois bien l’avoué, en riant de bon cœur. Serte, l’alcool croulait à profusion, mais le respect et l’humeur chaleureuse restait omniprésente à notre table. La table n’était ni perdante, ni gagnante, car au final, les cartes avaient été favorables pour tous les joueurs présents. Après tout, ceux qui n’avaient pas la chance sur leur épaule ne restèrent pas plus qu’une vingtaine de minutes en moyenne, dépendant de leur finance et de leur mise. Dans mon cas, malgré ma voix qui se fessait de plus en plus entendre dû à la soif toujours plus persistante, je gagna une somme cocasse qui fût dépenser de moitié dans l’alcool. D’un certain coté, je n’avais pas été un client qui avait été très payant pour le casino mais, grâce à l’amusement commun, j’avais probablement m’y plus que mon grain de sel nécessaire dans les profits liés aux boissons et dans l’inventaire. Peu à peu, probablement dû à la fermeture imminente ou à l’heure extrêmement tardive, la clientèle commençait à se faire plus tranquille et plus silencieuse, en se dirigeant vers les portes extérieurs. Je ne tarda pas à suivre leur mouvement en me dirigeant au vestiaire dans le but de retrouver mon manteau. À mon plus grand bonheur et à mon plus grand étonnement, alors que je m’apprêtais à franchir les portes secondaires de sécurité près de la sortie, un homme, tout petit et sortie de nulle part, s’approcha de moi avec un visage illuminer. Il me posa quelques rapides questions en lien avec ma satisfaction, mon appréciation de la promotion ainsi que sur l’opinion que j’allais faire circuler en lien avec ma première visite. Malgré mon état avancé dans le vice, je compris rapidement que quelqu’un, de proche ou de loin, avait peut-être regarder quelques moments hâtifs de ma soirée dans le but peut-être de m’appâter à revenir prochainement. Ainsi, plusieurs théories et idées me vinrent à l’esprit, mais mon état et mon haleine d’alcool se contenta de répondre une réponse vague et peu insistance sur ma satisfaction, et mon retour éventuelle, un de ses jours, dans le but de m’amuser autant que possible. L’homme, ou le demi-humain et demain-nain, se contenta de hoché la tête, pensif, avant de me sourire et de me dire de patienter. Quelques minutes passèrent et l’homme revit accompagné d’une jolie femme que j’aurais moi-même qualifié de déesse. Ses cheveux d’argent et sa peau de neige reflétait la douce clarté de la lumière du casino se perdant peu à peu dans l’obscurité. La dame se contenta de me sourire en me fessant un clin d’œil et l’homme nain prit la parole.

- Nous espérons vous revoir bientôt ! J’espère que le casino de Basinshear sera pour vous l’endroit de vos désirs. Comme nous espérons vous revoir, Axiana vous conduira et vous accueillera jusqu’à une habitation non loin annexée par notre compagnie. Elle fera en sorte de vous faire sentir à votre aise et de vous protéger, il ne faudrait pas qu’il vous arrive de malheur sur la route.

Le sourire de l’homme s’agrandit alors qu’il me prenait le bras avec une force étonnante avant de le placer dans une position destinée à accueillir le bras de cette fameuse Axiana. Celle-ci ne le fit sans aucune hésitation et commença à me tirer en direction de la sortie. Nous marchâmes pendant un bref moment, en s’échangeant quelques regards jusqu’à temps qu’elle me chuchote à l’oreille, d’une voix douce et mélodieuse s’apparentant au chant d’une sirène :

- Je vois que vous êtes bien fatigué, espérons que le lit sera le plus confortable des lits disponibles. Mais avant, il serait sage, pour votre sécurité, de nous faire couler un bain. Vous devez garder un souvenir mémorable de votre nuit tout autant que votre soirée.

À la fois confus, et hypnotiser par sa voix qui se fessait de plus en plus douce, je me sentis pousser à accélérer davantage le pas. Je me sentais bien, étrangement bien, tandis que nous marchions, sans même m’en rendre compte, en direction de ce fameux logis. Par moment, mon bras se ressaisis autour de la poigne de la jeune femme et la confusion me revint accompagné d’un doute de me faire charmer par un mystérieux sort. Mais la femme, habile et vipère malgré sa beauté hypnotisant, se contentait de me glisser des mots, toujours plus érotique et réconfortant à l’oreille, à quoi, à ma simple condition d’homme ivre, je ne pouvais naturellement pas résister.


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Deux femmes s'activaient à dépouiller un corps dans l'une des sombres ruelles de la forteresse quand Celaena et Aeronelle passèrent tout près et qu'elles les entendirent. ‘' Tu as entendu parler de cet évènement ? ‘' Demanda une femme à son amie. ‘' Beaucoup de choses se passent dans le coin, de quoi parles-tu Marguerite. '' Déclarait cette dernière les mains qui fouillaient dans les poches d’un des cadavres. ‘' Ah, mais Laura, arrête de faire ton ignorante, tout monde ne parle que de ceci dernièrement, Basinshear ouvre ses portes à tout monde ! ‘' S'exclama, exaspérer Marguerite. ‘' Bah ! Ce n'est pas comme si j'écoutais les rumeurs ou même que j'allais dans des maisons de jeu ! ‘' Répliquait cette dernière en tirant quelques pièces de bronze. ‘' Rahhhh, tu sais que tu m'exaspères parfois. Tout le monde ne parle que de ceci, il fait un énorme spécial ou tous ces prix sont coupés de moitié, il veut faire un max de publicité et j'ai entendu dire qu'il avait même des prix spéciaux. Tu imagines la foule de nouvelles personnes qui vont venir ? ‘' S'exclama enthousiasme Marguerite qui avait maintenant complètement arrêté ce qu'elles faisaient. Laura levait ses magnifiques yeux verts au ciel, posant les mains sur ses généreuses hanches. La brunette rapportait son attention sur la petite blonde qui s'extasia de la nouvelle. ‘' Il a mis sa boutique entre ici et l'antre des brumes, j'aimerais bien qu'on y aille toi et moi. ‘'

Puis lentement, le regard d'Aeronelle semblait attirer l'attention des deux femmes. La généreuse brunette glissait l'une de ses mains vers l'épée courte qui pendait à sa ceinture tandis que la petite blonde offrit un sourire carnassier à la gamine qui avait pris un peu d'avance sur Celaena. Aeronelle observait incertaine les deux femmes en resserrant son emprise sur son coutelas et son sac de cuir. Elle avalait de travers sa saline devant le pas que faisait Marguerite vers elle. ‘' Je peux savoir ce que tu fais ici ma mignonne. ‘' Demandait Laura en continuant d'avancer lentement vers Taralis. ‘' Rien qui n'a un rapport avec vous deux ‘' Déclara la voix menaçante de Celaena. L'Astre immergeait des ténèbres au même moment, enveloppant de son ombre le corps encore frêle de la gamine qui s'était un peu trop éloignée d'elle. La dame aux yeux aussi froids que la glace sembla surprendre quelque peu les deux autres femmes, mais sa présence rassura immédiatement la rouquine. Laura arrêtait son avancement et observa un peu mieux la nouvelle venue. Même si Celaena n'avait pas l'habileté de combattre avec la force, elle connaissait sa vitesse, elle pouvait toujours prendre de court l'une des jeunes femmes et peut-être effrayer la deuxième. Cependant, elle était lourdement équipée et tous ces équipements pouvaient lui offrir un avantage. À moins que les femmes soient un peu trop avares…

‘' La petite t'appartient ? ‘' Demanda Marguerite visiblement intéressée par la gamine. ‘' Question stupide, réponse stupide… ‘' Grogna l'Astre en posant une main possessive sur l'épaule de Taralis et de la tirer vers l'arrière comme une vulgaire poupée de chiffon. Il était vrai que Celaena n'était peut-être pas forte physiquement, mais elle était rapide et la petite n'avait aucun équilibre, il lui était donc facile de la déstabiliser. La petite chasseuse, vient s'agripper aux vêtements foncés de sa mère adoptive, venant trouver refuge dans la cape. Elle n'avait jamais été à l'aise en ville et encore moins avec la populace. ‘' Tu es une nouvelle démone dans le coin. ? On ne t'a jamais vu dans le coin… ‘' Déclarait nerveusement Marguerite devant la confiance mensongère de Celaena. Ce n'était pas la première fois qu'on la confondait avec une autre race et il était assez dur de savoir si elle n'avait pas de attributs démoniques cachés ... ‘' Qui sait, vous voulez peut-être le tester ? ‘' Grognait-elle encore une fois en commençant à lever la main vers l'épée à double tranchant qui dormait dans son dos. Il y eut un moment de flottaison où Marguerite les dévisagea l'Astre. Puis comme si ce qu'elle avait essayé de faire, une quelconque magie qui se rapprochait de la divination, elle fronçait les sourcils d'incompréhension et finalement elle s'exclama. ‘' Ça va ! On ne veut pas de problème, nous allons passer notre chemin… ‘' Déclarait Marguerite en attrapant Laura par le bras et en la tirant vers l'arrière en quittant.

Celaena n'aurait jamais cru que son tour de ‘'passe-passe" fonctionnerait aussi bien. Elle devait avouer, qu'elle se surprenait elle-même et cette situation était l'un des évènements où elle se posait encore plus de questions sur son origine. Depuis son réveillé, il y avait eu bien des rencontres (il fallait dire que Celaena était une âme vagabonde et avait réalisé très rapidement (malgré son amnésie) qu'elle ne pouvait pas rester longtemps au même endroit. La cabane dans les bois d'Aeronelle avait été un vrai refuge le temps qu'il avait fallu, mais quand elle s'était rétablie elle avait ressenti le besoin de quitter et de reprendre la route et au fil des routes, l'Astre avait entendu des rumeurs qui avaient attiré son attention. L'une de ses rumeurs avait un lien avec la maison de jeu Basinshear. Quand elle avait entendu le nom, porté par les lèvres d'un ‘'marchand" un peu ivre. Celaena s'était immédiatement doutée qu'il disait mentait sur son identité. En fait, Celaena ne lui aurait jamais porté attention s'il n'avait pas crié haut et fort sa dernière acquisition de marchandises, sans oublier sa prochaine destination. Mais au nom de la forteresse maudite, elle eut l'impression que le nom lui était familier, sans oublier le nom de la maison de jeu. Elle avait ensuite senti le besoin de se rendre elle-même sur les lieux. Le lendemain matin, Celaena avait fait comprendre son besoin d'aller voir et maintenant qu'elles y étaient, elle était un peu déçue.

Une fois toutes les deux seules, la grande blonde se tourna vers la rouquine. Elle l'observait un instant comme pour s'assurer qu'elle allait bien et qu'aucune des deux femmes l’avaient touchées. La petite détournait son regard d'elle, évitant comme la peste de croiser ses yeux inquisiteurs. ‘' Je peux savoir à quoi tu as pensée ? T'éloigner aussi loin de moi, après que je t'ai interdit de le faire… ‘' La voix de l'Astre était dure et aussi tranchante que l'acier, pourtant ceci n'empêcha pas la petite de rapidement répliquer. ‘' Je… Je voulais simplement faire… ‘' Elle ne termina pas sa phrase qu'elle était coupée par la blonde. ‘' Tu voulais faire l'éclaireuse. Je sais que tu adores le faire, mais nous ne sommes plus sur les terres des rescapés, mais dans une forteresse… ‘' Celaena soupira bruyamment. Elle venait chercher le menton d'Aeronelle pour plonger les yeux dans les siens. ‘' C'est la dernière fois que je me répète, reste près de moi, les lieux ne sont pas sécurisés… ‘' La petite hocha la tête en avalant de travers. Aeronelle trouvait fascinant à savoir qu'elle avait autant d'adoration que de la peur envers cette femme qui l'avait pris sous son aile.

En silence, Celaena tournait les talons pour reprendre le chemin de la maison de jeu. L'humaine prenait rapidement le long pas de sa compagne, marchant un peu plus rapidement en s'accrochant presque à son arc qui lui tapait dans le dos. La petite était nerveuse dans cette grande ville de béton, ou une étrange fumée flottait dans les airs et où elle avait l'impression de voir des yeux brillants dans chaque recoin sombre qu'elles croisaient. D'un pas rapide, les deux femmes parcouraient le dédale de rues pour retrouver la sortie. Étrangement, depuis qu'elles étaient arrivées Aeronelle n'avait jamais vu Celaena demander son chemin, elle semblait suivre simplement son instinct. Il était vrai que la femme avait des impressions, des déjà-vu cette ville où même le chemin qu'elle suivait, elle n'aurait pas su dire pourquoi ni comment, mais elle le savait tout simplement. Elle supposait qu'elle était une ancienne joueuse. Elle retient le rire sarcastique, elle joueuse. Elle en doutait fortement, mais peut-être qu'une ancienne relation à elle était un accro. Elle espérait un peu là-dessus.

C'est quelques heures plus tard qu'elles arrivèrent devant un grand bâtiment. Entourée de brume, elle avait presque passé inaperçu, mais la décoration mise en place la faisait immédiatement ressortir dans la nuit. Il y avait un portier, mais il ne semblait pas empêcher quiconque de pénétrer, il fallait simplement montrer une bourse remplit et il laissait le passage libre. Tout en s'avançant, elle tirait sa propre bourse et pour en faire résonner les pièces. L'homme hochait simplement la tête et libéra le passage aux deux femmes. Quand elles pénétrèrent le lieu, elles étaient immédiatement assaillies par l'odeur étouffante de fumée, de transpiration et d'une étrange agitation grandissante. Presque personne ne leur jeta un regard, tous semblaient bien occupés à ce qu'ils faisaient. Plusieurs tables étaient installées dans la grande pièce bondée où des jeux différents si trouvaient. Avant qu'elles  puissent aller plus loin dans la salle, on les guidait vers un comptoir où une jolie petite démone attendait les clients. La démone les accueillit avec un large sourire, les invitants à se rapprocher. ‘' Bonsoir, c'est ici que je vais prendre votre matériel superflu, vous expliquez les règles de la maison et nous allons faire l'échange de monnaie contre des jetons. ‘'

Elle offrit un magnifique sourire aux deux femmes et Celaena eut l'impression de sentir une faible magie de charme à l'œuvre. Pendant un instant, l'Astre eut presque envie de lui tendre son matériel sans même poser de questions, Aeronelle le faisait déjà. Elle avait déposé son sac et son arc sur le comptoir en offrant un sourire gêné. Celaena haussait un sourcil, dévisageant la jeune femme qui semblait comprendre que la magie n'avait pas été aussi facile qu'elle ne l'aurait pas cru. Elle gardait tout de même le silence, ne voulant pas offrir une situation dérangeante. ‘' Il est interdit d'avoir des armes ici et je pourrais facilement mettre en sécurité votre sac de voyage, ainsi vous ne serez aucunement dérangée dans votre navigation, l'endroit est assez bondé. ‘' Reprit-elle doucement pour amadouer Celaena. L'Astre soupirait une deuxième fois, déposant son sac, ses armes et sa lourde cape sur le comptoir et une nouvelle fois Celaena sent de la magie. La démone sourit doucement, tirant le matériel pour le mettre dans une boîte de bois et elle y glissait une pierre. Elle prononçait une formule et une pierre jumelle prenait forme dans sa paume tendue vers Celaena. ‘' Garder cette pierre avec vous, elle sera votre ticket de retour. ‘' Dit-elle toujours souriante en faisant disparaitre la boîte sous le comptoir. La blonde prenait la pierre en hochant la tête et déposait une bourse conséquente sur le comptoir. Le sourire de la démone s'étirait un peu plus pendant qu'elle l'attrapa d'un geste vif. D'une main elle comptait les pièces offertes et de l'autre elle tirait l'équivalent en jeton, qu'elle glissa dans une bourse de satin rouge. Elle finissait par tendre la bourse à Celaena et déclara. ‘' Je vous souhaite de bien vous amuser et si vous avez besoin de quoi que ce soit, ne vous gênez pas de le faire savoir. ‘'

Sur ces mots d'encouragements, les deux filles se détournèrent et s'avancèrent dans la salle. Celaena laissait son regard bleuté vagabonder sur la salle, observant les tables de jeux, le décor sombre, mais luxueux ou même la populace. Les gens étaient nombreux, de tous genres et les habillements variaient énormément. Elle qui avait cru qu'elle ferait tâche, elle réalisait qu'elle n'était pas la seule à être dans son cas. Elles se mirent à déambuler entre les clients, observant silencieusement les jeux. Cherchant un signe, un sentiment familier ou même un ‘'déjà-vu ", mais rien ne venait pour le moment. Elle commençait à se demander si elle ne perdait pas son temps quand une solide poigne l'agrippait et la tournait brusquement. ‘' Célestiel ? Par Malak le dieu de la chance ! Ça va faire un moment qu'on ne s'est pas vu ! ‘' La voix était grave et caverneuse, mais une certaine joie y était imprégnée, visiblement, l'homme tenait à elle. Un peu sur ses gardes, l'Astre posait un regard méfiant sur l'homme à la stature impressionnante. Une épaisse chevelure friser et courte dans des tons sombres trônait sur son crâne. Son corps musclé était enfermé dans un costume chic au ton de rouge et de noir. Pendant une fraction de seconde, son regard jaune félin l'envoûtait, l'envoyant dans un sentiment réconfortant, amusante et sensuelle. Elle n'était pas particulièrement sûre de ce qu'elle ressentait. De manière très familière, il vient la serre contre lui, la pressant sa poitrine contre son torse et elle sent un puissant cœur battre contre elle. ‘' Ce fait du bien de te revoir ! Tu passais plus souvent avant et c'est quoi cet habillement de vagabond. ‘' Sa poigne était tellement chaleureuse qu'elle en était déstabilisée.

C'est Aeronelle qui poussait un grognement d'inconfort et de colère. L'homme portait son regard sur elle avant de froncer les sourcils de surprise et d'incompréhension. Il se reculait de Celaena avant de prononcer quelques paroles. ‘' Tu ramasses les chats sauvages maintenant. Je ne te connaissais pas aussi charitable ! ‘' ‘' Je ne suis pas un chat sauvage ! Celaena dit-lui ! ‘' Déclara Taralis légèrement insultée. ‘' Celaena ? C'est ton nom. ‘' Demanda l'homme encore plus interrogatif. ‘' Silence, tous les deux… ‘' Soufflait Celaena l'esprit en ébullition. Il y avait trop d'informations et peu de réponses. ‘' Qui êtes-vous ? ‘' L'homme paru encore plus surprit. Pendant un instant, il dévisageait Celaena et ensuite Aeronelle avant de comprendre un peu la situation, du moins une partie. ‘' Il t'est arrivée quelque chose. ‘' Demanda-t-il inquiet. ‘' Vous n'avez pas répondu à ma question… ‘' Répliqua simplement l'Astre. ‘' Médérick de Mercie, humble serviteur et l'un des croupiers ici. Il y a un an, tu venais ici régulièrement pour jouer, mais surtout sortir ton amant. Il avait un faible pour les jeux d'argent. Mais lui-même n'est pas revenu depuis un moment. ‘' Termina-t-il en gardant le silence.

Elle avait été mariée ? Techniquement parlant, elle l'était toujours, non ? Ou était ce mari ? Était-il toujours en vie ? De nouvelles questions vinrent rapidement taquiner son esprit. Ainsi donc, elle venait parfois jouer ici. Devant le regard inquiet de Médérick, elle sent le besoin d'expliquer un peu la situation. ‘' Il y a un an, je me suis réveillée dans l'un des petits bois des terres rescapées. C'est Aeronelle qui m'a trouvée… J'étais blessée et sans mémoire, je ne me souviens de rien avant mon réveille, aucun souvenir d'enfance, de jeunesse ou même d'adulte. ‘' Termina-t-elle. L'homme l'observait un instant, comme s'il essaya de savoir si elle disait bien la vérité. ‘' Je vois… Ceci explique cela… ‘' Murmura-t-il lentement. Distraitement, il vient caresser la barbichette qui recouvrait son menton. Maintenant pensif, il lui faisait signe de le suivre. Il les guidait jusqu'à une table où il s'installa. Sur la table, trônait une roulette multicolore avec une bille en son centre. ‘' Le but du jeu serais simple, tu choisis un chiffre, tu mises et le hasard fait le reste du travail, chaque pièce que tu miseras et que tu gagneras, je répondrais à une question. ‘' Il lui offrait un sourire charmeur, elle avait l'impression qu'il avait toujours été ainsi, charmeur et taquin. Celaena soupirait pour la troisième fois aujourd'hui avant de s'avancer d'un pas déterminé. Le jeu en valait peut-être la chandelle ?

Taralis était quelque peu surprise et inquiète de la situation. Jamais elle n'avait vu l'Astre autant attiré par un homme ou même intéressé par une situation. Son passé semblait l'obsédé beaucoup plus qu'elle ne l'aurait pas cru et cet homme semblait être capable de lui offrir quelques souvenirs, pourtant, serait-elle satisfaite des réponses ? L'humaine observait autour d'eux, réalisant que certains regards c'étaient tourner vers eux, mais que rapidement semblait retourner à leur jeu. Celaena tirait en même temps un jeton, le déposant sur la table en déclarant son nombre, ‘' 16 ‘'. ‘' Faisons tourner la roue du destin. ‘' soufflait Médérick en attrapant un des côtés de la roue et la faisant tourner. La bille colorée se mit à rapidement tourner, sautant d'un emplacement à un autre, chacun démarqué par des chiffres.

Et finalement la roue s'arrêta et la bille s'immobilisa sur le 13…

Médérick eut un large sourire, attrapant la pièce qu'il venait de gagner. ‘' Encore ? ‘' Demanda-t-il doucement. ‘' 9 ‘'. Ce mot fut la seule réponse qu'il reçut. ‘' Tu es moins bavarde qu'avant, à moins que tu manques d'alcool ? Je peux t'en faire venir. ‘' ‘' Non merci, nous allons ne prendre que de l'eau. ‘' '' Soit. ‘' Sur ces simples mots, il faisait signe à une serveuse, attrapant la pièce que lui avait donnée Celaena. Ensuite, vient un long et pénible moment où ils n'échangèrent presque rien d'autre que des chiffres, gagnant et perdant. La bourse touchait à la fin quand enfin Médérick parlait davantage. ‘' Tu as droit à quatre questions où je ferais de mon mieux pour y répondre et par gentillesse je t'en donne une supplémentaire. ‘' ‘' Merci de ta gentillesse… ‘' Grommela-t-elle en lançant les deux derniers jetons sur la table. ‘' Le joker… ‘' Elle savait que cette fois-ci elle gagnerait, elle l'avait vu… Il lui arrivait parfois qu'elle aille de faibles visions sur un futur proche et elle l'avait eu au moment où elle était rentrée dans le bâtiment. ‘' Tu es sérieuse ? Il est peu probable que tu tombes sur celui-ci. ‘' ‘' Je n'ai plus rien à perdre, non ? ‘' ‘' Ah ! Elle est bonne. D'accord. ‘' ‘' Tu es sûre ? ‘' Demanda timidement Aeronelle. La petite humaine s'était rapprochée, presque hypnotisée sur la roue à l'idée de savoir si elle allait gagner ou non. ‘' Si je ne gagne pas, nous quitterons rapidement.''

Et la roue roulait, roulait, roulait, puis elle ralentissait pour finalement s'arrêter… Sur le Joker…

Médérick en restait bouche bée avant d'éclater d'un grand rire. Il redonnait les deux pièces qu'elle avait misé ainsi que deux supplémentaires avant de déclarer. ‘' Tu as toujours été chanceuse, surtout quand tu donnais le Joker. Je me suis toujours demandé d'où tu sortais cette chance. Mais tu as gagné encore, je répondrais à tes questions. ‘' Taralis était tout simplement bouche bée. Venait-elle réellement de gagnée ? Celaena attrapait les quelques pièces restantes et les donnaient à la rouquine. ‘' Va voir s'il n'y a pas quelque chose qui t'intéresse, tu as l'équivalent de trois pièces d'or. ‘' La petite eut immédiatement le regard brillant et un sourire aux lèvres. Elle attrapait l'offrande et tourna les talons rapidement. Elle avait bien vu quelque chose qui l'avait intéressée. Quand Celaena était sûre que la petite ne l'entendrait plus, elle s'exprima. ‘' Quand on s'est rencontré ? Pourquoi ? Notre relation ? Mon mari ? ET qui suis-je ? ‘' Médérick semblait revenir un peu sérieuse, attrapant quelque chose sous le comptoir qui lui servait de table. Il glissait une petite boîte sombre jusqu'à elle et une lettre.

‘' La dernière fois qu'on s'est vue, tu m'as donné ceci. Tu m'as dit que quand le temps serait venu, tu aurais besoin de ceci. ‘' ‘' J'ai dit ceci ? ‘' ‘' oui et tu as également précisé que tu devais regarder la lettre que quand tu eus ressenti le besoin et la boîte un petit cadeau de ma part. ‘' ‘' Je n'ai pas été très précise… ‘' ‘' Effectivement, mais ce ne sont pas mes affaires. Nous nous connaissions depuis cinq ans, ici-même dans la maison de jeu. J'étais un croupier comme un autre, mais tu as choisi ma table sur toutes les autres. Tu m'as ridiculisé toute la soirée en gagnant presque toutes les parties. Nous avons été ennemis, rivaux, amis et amants avant que tu ne te maries. Il n'y avait jamais eu de sérieux dans notre relation, une bonne entente et un peu de sexe. Pour ton mari, tu n'as jamais beaucoup parlé de lui, mais je connais son nom, je crois que tu l'as prononcé une seule fois et c'était la toute première fois que tu utilisais autant d'émotion et d'amour, Kenneth. Je dois avouer que j'étais un peu jaloux. ‘' Quand Médérick prononça le nom, un long frisson traversa le corps entier de l'astre. Un dérangeant mélange d'affection et de peur lui serra le cœur. Elle prenait une grande respiration, tout en se redressant sur son siège. ‘' Et pour la dernière question, mais non la moindre. Tu as toujours été un personnage mystérieux et énigmatique, tu n'as jamais vraiment donné d'information directe sur toi, mais j'ai fait quelque recherche et j'ai fini par découvrir que tu étais une mercenaire, un étrange mélange des deux… Tu avais plusieurs surnoms, mais il en a deux qui revenaient souvent était The white knight ou the iron wolf. ‘'

Celaena l'observa un instant, disait-il la vérité . Pas une fois, il semblait lui avoir menti, alors pourquoi le ferait-il maintenant ? Elle gardait le silence, méditant un instant sur ses réponses qui répondaient à ses interrogations, mais qui lui offraient encore plus de questions. Elle finit par se lever, observant la foule pour y trouver la tête rousse qu'elle aimait. Médérick faisait le tour de la table, venant s'installer devant elle. Ils se dévisagèrent, s'observant dans le blanc des yeux et Celaena comprends immédiatement pourquoi elle avait craqué pour lui… Il franchissait le pas qui les séparait, l'attrapait pour la plaquer contre lui et vient l'embrasser. Il était si possessif avec elle à ce moment précis, qu'elle comprends parfaitement pourquoi elle avait succombé à son charme. Dans un élan aussi possessif que lui, elle lui rendit son étreinte et ils se dégagèrent l'un de l'autre, ils savaient, sentaient qu'il serait dangereux de continuer ce jeu. Médérick souriait, murmurant suavement. ‘' Tu reviens quand tu veux et on discutera un peu plus sur le lit. ‘' ‘' Je garde l'invitation en tête. ‘' Murmurait l'Astre avant de tourner talon et de s'éloigner dans la direction de Taralis. Elle devait quitter rapidement ce lieu, de toute façon, elles avaient beaucoup de chemin.


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Mar 28 Mar - 2:43
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