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[Quête d'artefact Part.1] A la recherche des 40 voleurs (avec Wendë)

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Nous étions tout deux en marche vers l'ouest, vous avec votre pas lent que vous ne changeriez pour rien au monde et nous en train de virevolter autour de vous, toujours invisible. Malgré la menace imminente de la guerre, ce n'était pas pour autant que vous vous pressiez, vous ne vous sentiez pas en danger malgré cependant votre péripétie d'il n'y a peu. Vous vous complaisiez totalement dans votre paresse, mais nous ne sommes plus étonnés, nous aurions même été choqués du contraire. Vous vous sentiez seul à chaque pas, mais ce n'était pas pour autant que nous allions venir vous tenir compagnie. Oui, cela aurait pu être admirable, une jeune fille comme nous l'étions accompagnant un grand homme loin d'être viril comme vous. On aurait pu croire que nous faisions preuve de charité à votre encontre. Ce n'était pas le cas, évidemment, vous étiez notre objectif, notre but de vie, enfin.. de mort. Qu'importe une nuance si vague.

De fil en aiguille, puisque le chemin fut droit, vous êtes arrivé à la Forteresse Maudite, recueil de votre race. Vous y êtes entrés par le marché noir, marchant entre les statures qui vous menaçaient du regard. Vous n'étiez pas le bienvenu, tout le monde avait l'œil maudissant votre être au plus haut point. Oui, vous n'étiez pas un sang-pur, mais aurait-ce changé quoi que ce soit de l'être de toute façon ? Nous avons jugé bon de ne pas nous montrer afin de ne pas plus se faire observer. Un Ulfurbe nouveau-né attirait suffisamment l'attention pour ne pas en rajouter. Il y avait du monde, beaucoup trop, et le méli-mélo de paroles qu'ils engendraient commençaient à vous insupporter au plus haut point. Vous aviez besoin de calme afin de vous reposer sagement. Comme un changement et une révélation, vous avez regardé à gauche et à droite pour trouver une place à votre convenance. Entre les boutiques et marchands ambulants, voilà qu'un bar se dressait avec sa toiture qui s'illuminait en rouge clair dans une atmosphère bordeaux. Tout en ce lieu rappelait le sang et la chair jusqu'aux couleurs ambiantes. Oui, c'était ici votre patrie, mais vous n'aviez pas envie d'y attarder ou bien alors, si ? Vous vous disiez que ceci n'avait pas son importance, vous vous contentiez de vagabonder, comme toujours. Mais peut-être aussi que tout ce remue-ménage allait vous apporter quelques connaissances, et vous ne crachiez pas dessus. Dans cet établissement, vous êtes rentrés alors que nous étions à la recherche d'informations pouvant nous aider tout deux. De toute façon, il fallait que notre voyage nous amène chez les Noctis, mais après avoir parcouru l'ouest, ce dernier ne nous est pas apparu. Était-il plus loin, l'avions-nous raté ? Nous n'étions pas au bout du chemin, et il était maintenant difficile de vous bouger. Pendant que vous alliez vous soumettre à votre pêché, nous irons récolter ce qui nous était nécessaire pour continuer notre voyage. Que se passa-t-il dans l'antre d'alcool pour vous soyez ainsi assis dans une ruelle à notre retour ?

► Nous nous doutions des événements.. La vérité est que pendant que nous sommes partis, vous avez dû affronter l'épreuve de tout jeune Ulfurbe, la honte d'en être un. Vos congénères vous ont brisé, vous crachant dessus, vous insultant, vous versant de l'alcool sur les cheveux, des œufs sur la tête, du lait sur vos poils. Comme si c'était tout.. Ils vous ont aussi frappé le dos à l'aide d'artifices, le sang coulant à travers vos vêtements pour les teinter.

Vous sembliez misérable ainsi jeté en dehors sans avoir pu mettre du liquide assommant à l'orée de vos lèvres. Contre la bâtisse, vous reteniez vos larmes, ne sachant que penser alors que certains passants ajoutaient au mélange leur propre salive. Quand vous vous êtes enfin remis de cet affrontement, ayant réfléchi longuement à ce qu'ils punissaient en frappant ainsi, vous êtes devenue Scanda sans le savoir. Vous n'éprouviez plus les mêmes sentiments et votre cœur s'est durci face à ce qu'ils vous avaient fait. Enfin, nous voyions une lueur dans vos yeux. Nous sommes apparus et nous vous avons fait une accolade, vous enserrant le cou à la manière de vos tatouages, nous étions cette rose charnelle qui vous protégeait.

703 mots
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Mer 28 Juin - 14:07
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Deux perles ambrées se perdent dans l’ombre d’une coiffe de laine, elles guettent ici, et là, que rien ne s’approche trop de leur teinte contrastant avec l’univers ambiant. Entre les effluves de pourriture, ces couleurs ternes si elles ne sont carmins, la tâche verdâtre flâne non sans crainte. Elle ressent ces nombreux yeux la transperçant. Que devrait attendre d’autre une Lië’ja, en plein cœur du territoire Ulfurbe ? Ici, les larcins sont d’autant nombreux que la violence est de mise, mais n’ayez crainte : notre Wendë, car il en est bien d’elle sous son capuchon, n’en est pas à sa première visite. Elle sait que tout diable tourmentera d’abord ses pairs faiblards plutôt que l’étranger, de peur que celui-ci ne se dévoile une force inconnue. Comprenez malgré cela qu’une angoisse se doive toujours de persister en ces rues nauséabondes, bien qu’il faille la dissimuler pour ne pas finir la gorge tranchée…

L’intruse pousse un soupir de soulagement une fois le marché noir atteint, car bondé comme il est en ce jour, se faufiler dans la masse n’en sera que plus aisé. C’est le front baissé que la jeune femme s’insère entre ces rangs chaotiques, devant supporter la puanteur des passants de pair au chahut des vendeurs criards. Ah, que le Fë’eth s’emballe ! En chaque bousculade peut se tenir un chapardage, le moindre faux pas provoque le tumulte ! N’est-ce pas là un risque enivrant ? Ne vous emballez pas cependant, car la petite Lië’ja n’apprécie que peu cet instant, elle ne fait qu’en tirer l’exaltation comme motivation. Voyez, elle eut passé sa journée à débusquer deux jeunes simedias dont les corps sans vie pendent maintenant à son ceinturon, ainsi ne vient-elle en ces lieux que pour en obtenir quelques piécettes. D’une main déposée contre leur fourrure, elle s’assure par ailleurs que ses petites proies ne lui soient subtilisées.

Bientôt, ses pas assurés la mènent vers l’homme qu’elle sait le plus offrant, ou du moins, le plus fiable pour elle. Son établi ne se révèle qu’en l’une de ces échoppes roulantes qui jamais ne mouvait, car à peine le marchand se fut-il installé dans le marché des mois de cela qu’il en eut vendu les roues pour quelque bénéfice. Sans gêne, Wendë dépose devant lui les dépouilles qu’elle eut pris quelques secondes à détacher. « Combien ? ». Son crâne est à peine redressé, suffisamment pour que l’individu surélevé puisse croiser son regard. Il est à savoir qu’en cet instant le visage de notre petite Lië’ja dégage un air des plus sérieux, car tous savent que marchander en un tel lieu ne se fait ni à force de sourires chérubins, ni de belles paroles. L'escroc à la peau terne juge l'une après l’autre les bestioles entre ses doigts terreux. Sa voix rauque se fait ensuite entendre, parfaitement audible malgré le flot d’âmes bruyantes qui continue de s’écouler derrière sa cliente. « Tu lui as démonté l’crâne à c’ui là, j’te le prends pour la moitié. L’autre plein tarif comme toujours. », « Ça me va. ». L’instant suivant ces paroles dénuées d’hésitation, viande, os et fourrure sont remplacés par le métal aux teintes multiples. « R’viens quand tu veux ! ». Et sans ajouter mot la chasseuse s’éloigne, se perdant dans la foule par habitude.

A sa bourse frétillant dans son sac elle ajoute hâtivement le gain, fermant le tout l’ajout fait. Elle rehausse son regard apaisé par cette transaction sans malentendu, mais soudain, un être de magie fait vibrer ses pupilles. L’air s’enveloppe d’un doux sortilège que nul Ulfubre ne saurait libérer ; l’on perçoit là, non loin, une apparition. Telle fantaisie, la Lië’ja n’en eut jamais profité. Qui donc peut être cet homme ainsi sali, qu’eu-t-il fait pour qu’un esprit vienne l’enlacer de telle sorte ? Intriguée, Wendë s’approche de cet étrange couple sans laisser place au tâtonnement. Elle se retrouve dos à la foule, ses semelles dans les mollards de ceux qui ne surent cracher assez loin. Ses iris frétillent comme ceux d’une enfant que la Nature eut gâtée d’une merveille inédite. « Vous êtes une avatar ? » prononce-t-elle de sa voix enjouée. Son cœur bat la chamade d’autant que son Fë’eth se calme. De cela lui vint le moment d’inattention qu’elle aurait dû se refuser, car l’un des passants, mécontent de ne pouvoir aggraver le cas du Scanda, décida de pousser avec violence la Lië’ja dans sa direction. Incapable de se rattraper dans la surprise, la voilà donc à s’écraser contre eux de sa petite taille. Au moins peut-elle maintenant admirer l’avatar de plus près...

Mots : 762
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Mer 28 Juin - 18:14
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L'avatar de la beauté

------ Alors que nos frêles bras frôlaient la peau de votre nuque couverte par vos mèches blanchâtres - bien qu'elles soient d'un aspect jaunâtre à ce moment -, vous sembliez surpris qu'un geste de bonté émane de quelqu'un, quel qu'il soit. Que vous avaient-ils donc fait ? Vous versiez une larme, une seule, qui s'écrasait sur notre épaule nue. Bon sang. Toujours en lévitation par rapport au sol, nous faisions en sorte que notre étreinte se fasse plus proche afin qu'aucun de ces affreux manants parcourant les rues ne voient votre faiblesse. Ce ne l'était pas, bien sûr que non, vous conteniez en ce moment des larmes de rage, mais ils auraient été trop heureux de voir ceci, et vous n'auriez rien pu faire. Nous comprenions, lorsque vous nous avez repoussés, que quelque chose avait changé. Vous aviez en quelques instants mûris, mais il était trop tôt pour en obtenir les effets. Nous nous reposions au sol quand une voix nous interpella, nous tournions donc le visage vers l'individu. Une jeune femme qui semblait connaître notre origine. Exaltant. Nous n'avions pour l'instant jamais rencontré d'hommes ou de femmes en tant qu'Avatar. Nous étions en train d'ouvrir nos lèvres pour fournir une réponse lorsque elle bondissait sur nous. De façon maladroite puisque nous tombions à la renverse tous trois, nous nous relevions en tirant le bras de notre protégé alors que les crachats des passants atteignaient à nouveau leur cible en ne manquant pas de nous prendre comme victimes également puisque nous étions à vos côtés. Zaaco T'Såe, vous, essuyiez notre enveloppe corporelle de tout châtiment que nous ne méritions pas alors que vous invoquiez un clone vous ressemblant en tout point - il semblait cependant inapte à quelque vengeance bien méritée -, repreniez un regard droit qui vous définissait et nous entraîniez dans des chemins discrets. Quant à notre personne, nous prenions la main de la jeune Lië'ja pour l'entraîner avec vous. Pourquoi l'avions-nous fait ? Puisqu'elle semblait utile, nous aurions été bêtes de ne pas le faire. Notre trio ne s'éloignait pas trop et nous nous cachions entre deux poubelles puantes d'une auberge qui faisait face à la porte de sortie du bar où vous vous êtes fait maltraiter. Afin d'obtenir l'aide que nous espérions pour affronter les dangers de la ville où nous étions, nous avons jugé nécessaire de poursuivre la conversation interrompue tantôt. "Notre nom est Illiopa'i Uïô et nous sommes l'avatar de la beauté." Voici la phrase qui a servi de réponse, nous étions bien incapables de produire plus, effectivement, jusqu'ici, notre préoccupation n'avait pas été les connaissances sur l’interaction humaine. Nous disions ceci avec un maigre rictus, nous avions tout de même songé à nous inculquer sur la façon de sourire de façon à induire une confiance. Et ceci était accompagné d'un replacement de mèches derrière notre oreille. Pour enfin se rendre compte que notre créole d'or avait disparu. Mince ! Nous courrions à l'endroit où votre clone était, pour voir se projeter du sang sur notre faciès. Ce que nous avions manqué, en parlementant avec la fille capuchonnée, c'était vous en peine dans la ruelle, les mains sur votre tête comme si une migraine vous vrillait les neurones. Nous avons disparu pour réapparaître à vos côtés, affolés. En prenant vos mains et en tenant fermement vos poignées, nous vous supplions de cesser l'enchantement, le sang commençait à couler sur vos lèvres à partir de vos narines. Malgré cette complainte, vous étiez assaillie par une transe indescriptible alors que le clone se faisait fouetter toujours plus fort. Nous relevant, nous avons sorti la lame noble autour de notre ceinture pour marcher d'un pas déterminé vers cette fausse existence qui s'entichait à vous faire du mal. D'un coup bref, nous lui tranchions le cou sous le regard effaré des passants. Oui, ils voulaient faire souffrir votre être, mais pas vous tuez. Ils semblaient en colère alors que nous remarquions notre boucle d'oreille sous la chaussure d'un de ces Ulfurbes. Nous restions immobiles, réfléchissant à la meilleure stratégie qui venait à nous, bien que rien ne se proposât dans l'immédiat. Lorsqu'un coup voulait nous atteindre, nous l'avons survolé et nous sommes posés, en toute légèreté, sur l'épaule du monsieur, toujours en pleine réflexion. Tels des enfants, les compagnons de cet individu commençaient à se moquer de son inutilité. La vérité était que nous étions dans le même cas puisque nous aurions pu, au mieux, qu'esquiver les attaques qui venaient vers nous.
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Mer 28 Juin - 19:26
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Nos trois énergumènes tombent à terre sous la cruauté écrasante de ces rues, la pluie visqueuse reprenant de plus belle. Les bras de la Lië’ja tâtonnent, maintenant salis du sol poisseux, ils quêtent l’équilibre lui permettant de se relever. Celui-ci retrouvé, la voilà de nouveau droite, bien que déstabilisée, sonnée. Que l’importun qui l’eut poussée courre au plus loin, car si de lui elle retient le faciès, sa vie de misère est toute tracée ! Le temps ne lui fut cependant donné de reconnaître les visages parmi les badauds : ses esprits sont à peine retrouvés qu’une main l’empoigne et la traîne loin de la scène. L’on les regarde fuir, mais nul ne les poursuit. Ce dernier fait intrigue la chasseuse dans sa course. Si les ulfurbes n’ont pour habitude d’achever leurs jouets de souffrance, au moins s’offrent-ils le plaisir d’en faire jaillir le sang et de huer toute fuite s’ils ne purent satisfaire leur désir. Est-il une nouvelle distraction qui les tient en laisse ? Entre les rangs de ce cercle de malotrus, elle perçoit sa réponse en l’homme qui l’intriguait plus tôt. Etrange vision… car celui-ci se trouve aussi devant elle.

Les pas du groupe, si l’on peut encore parler de pas pour un avatar, se concluent entre deux monticules de puanteur. Notre Lië’ja reprend sa respiration. Ah, Wendë, quelle sotte ! Elle eut toujours su que de s’arrêter ainsi dos à tant d’ulfurbe n’était en rien une bonne idée, encore plus lorsqu’il en est de se tenir face à leurs souffre-douleurs… Si la créature de magie ne l’avait pas ainsi ébahie, la bave visqueuse de ces crapules ne recouvrirait pas son habit. Encore heureux qu’aucune plaie ne la parcoure, car de ces malpropres elle ne veut contracter la moindre gangrène… Mais voilà que toutes ces pensées s’éteignent à l’entente de la splendide créature. Il n’en est ni plus ni moins que l’avatar de la beauté, Illiopa'i Uïô, certainement pas celui de la modestie. Qui donc parle de lui-même à telle personne s’il n’est souverain ? Puis avant que cette médisance n’envahisse outre mesure son esprit, Wendë se souvient de ce qu’elle put entendre à propos de telles incarnations : celles-ci ne sont autres qu’un agrégat d’âmes et de magie, ce qui pourrait expliquer l’usage d’une telle dénomination.

Une réponse aux présentations n’est cependant pas au programme, car dans un sourire et un mouvement de mèche, voilà l’apparition disparue, de nouveau partie sur le champ de bataille. Loin à l’esprit de l’encapuchonnée de la suivre, et de toute manière, la beauté revient déjà pour secouer son comparses immobile, lui crier de cesser son ensorcellement, puis elle repart de plus belle, tranche une gorge, virevolte. En tout cela la Lië’ja espiègle l’admire non sans amusement, tantôt droite auprès de celui qui se fait hurler dessus, tantôt le visage dépassant des poubelles pour voir le sang couler avec ardeur. Elle ne se soucie aucunement de celui qui saigne par tous les orifices, car seule cette petite merveille d’avatar l’impressionne. Regardez, voilà qu’elle se balance dans les airs comme si de rien n’était, évitant le coup avec grâce et menant le pauvre homme à se faire railler ! Wendë ne peut retenir un rire léger. Pourquoi n’est-elle accompagnée d’une distraction mouvante comme celle-ci ? Enfin, puisse-t-elle se plaindre de ne pas avoir d’avatar à ses côtés, elle sait qu’elle s’en lasserait sans tarder… Le spectacle offert aujourd’hui est amplement suffisant, d’autant qu’un amas d’âme, aussi majestueux et envoûtant soit-il, finira avec son poing dans la figure à force de « Nous ». Aussi, plus chipie qu’elle l’accompagnant sans cesse, cela ne pourrait lui convenir.

Ses iris d’ambres disparaissent soudain à la vue de tous. Elle s’est retranchée auprès de l’inconnu à peine libéré de son étrange transe, déjà bien torturé par ses pairs ; c’est à se demander s’il tiendra debout encore longtemps… Elle le juge de la tête aux pieds, lui remarque un charme marqué bien qu’il soit aussi blafard que crade comme un pou. Bientôt elle se tient derrière lui, a repéré sa bourse, puis son dos suintant d’assez de sang pour colorer jusqu’à sa cape noire de jais. Décidément, la pitié des ulfurbes envers les leurs n’a d’égale que leurs vertus… Et voilà que Wendë soupire. Est-ce la passivité de ce pauvre soumis qui l’insupporte, ou cette race impitoyable à son complet ? « Enlève ton haut et assied-toi. » ordonne-t-elle soudain de sa petite voix assurée. Elle s’accroupit derrière lui et dépose son arc à terre, qu’il ne lui encombre le dos dans ses mouvements. Ses doigts gantés sont plongés dans son sac, en quête du matériel requis. L’odeur nauséabonde des poubelles ne cesse d’agresser ses narines. « Allez, t'inquiètes pas, ce n'est pas une invitation ! » ricane-t-elle en le voyant toujours immobile, certainement perdu dans les dernières brides de son moment d'absence. « Est-ce que tu as seulement vu ton dos ? Tu pisses le sang, si on ne s’en occupe pas rapidement tu vas finir aussi charmant que ce dépotoir… ». Du sac elle soutire son matériel de premiers secours qu’elle dépose ensuite à terre. Vous vous douterez que l’acte qu’elle entreprend n’est pas sans arrière-pensée… Du temps que l’avatar soit occupée, notre chapardeuse compte s’en attirer les faveurs en prenant soin de cette charmante loque à laquelle elle paraît entichée. Après tout, venir en aide à l’être de magie ne provoquerait qu’un fiasco d'Ulfurbes enragés, et la Lië’ja n’a nulle envie d’être retenue comme perturbatrice au sein de ce marché déjà peu hospitalier.


Mots : 925
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Jeu 29 Juin - 14:14
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L'avatar de la beauté

------ Du haut de notre estrade, nous vous voyions en train d'enlever votre haut face à cette imprudente. Elle compte, à son attirail, vous soigner, ce qui est loin de nous déranger puisqu'elle accomplissait en ce temps une tâche nous incombant plus tard. Enfin.. Nous aurions très bien pu ne pas le faire, mais maintenant que nous faisions partie de votre vie, nous nous sentions obligés. Vous nous regardiez avec vos yeux perçants alors que la capuchonnée était derrière vous. Nous ne voyions que vous avec votre peau blanchâtre. Le sang avait arrêté de couler depuis que nous avions tué votre clone. Enlever votre haut avait été une tâche ardue puisque vous avez formé une grimace douloureuse. Que votre dos avait-il comme plaie pour vous arracher cette face inhabituelle ? Fouets, bouteille de verre brisée, coupe à boisson ou bien cigares fumants. Ils avaient fait avec ce qu'ils avaient trouvé sous la main, et vous en garderiez les cicatrices toute votre vie.. Malheureusement, oui, mais l'opposé était lui aussi vrai. Ces cicatrices vous rappelleront à jamais à quel point ce peuple est ignoble avec les nouveaux venus. Peut-être allait-ce vous influencer quant à votre tour, vous feriez subir ce châtiment ingrat à quelqu'un d'autre ? Oui, vous le ferrez, pour ne pas être la cible de raillerie comme l'homme que je surmontais en ce moment-même, mais moins fort, sûrement. Quoi que la Lië'ja vous fît, cela fut mieux que si c'était pire, votre faciès reprenant des couleurs, bien qu'assez difficile à déterminer au vu de la pâleur habituelle de celui-ci. Vous avez vu, puisque vos yeux ne décrochaient pas de leurs visions, la foule se dispersait autour de nous. Pourquoi donc ? Devant notre manque de réaction, ils s'étaient dits que nous n'en valions pas la peine. Oui, c'était vrai. Et puis, ils ne pouvaient pas nous atteindre. Nous l'avions prouvé lorsque en tentant de nous déséquilibrer, l'homme s'était heurté au vide. Effectivement, nous avions disparu. Nous avons cependant repris notre opacité lorsqu'il redevint calme. Tout comme les autres, il se lassa de se voir donner des coups dans le vent et nous supplia de descendre. C'est ce que nous fûmes lorsqu'après encore quelques insultes, il se retrouva seul en face de la ruelle.
Nous virevoltions jusqu'à vous, vous sembliez soulagé de nous retrouver et nous avons caressé votre peau avec le dos de notre main. En souriant à la demoiselle qui prodiguait les soins d'une façon experte, nous nous sentions nous aussi rassurés. Vous étiez entre de bonnes-mains et nous avons jugé bon de vous laisser tout deux afin que vous amassiez des connaissances par vous-même. Était-ce trop tôt ? Peut-être bien, mais nous étions sûrs de votre capacité à faire avec, à ne faire rien transparaître sur vos traits. Nous savions que vous étiez fort, malgré tout. Avant cependant que nous nous dispersions, nous vous avons donné à tout deux une information que nous avions recueilli tantôt. Même si nous n'aurions jamais dû partir et vous laisser subir ses châtiments, nous étions certains que la connaissance que nous allions vous apporter allait vous intéresser au plus haut point, pour peu que votre pêché vous domine encore.

- "Il y ici-bas des brigands qui ont volé un artefact magique à celui qui l'eut créé. On dit qu'il permet de se téléporter vers les espaces environnants. De quoi avoir plus de temps pour vous reposer, Zaaco T'Såe.. Quoi qu'il en soit, pourquoi ne vous vengeriez-vous pas de votre aversion pour ce peuple sur ces individus ? Nous sommes sûrs que vous ferez bien. Quant à toi, Lië'ja, je suis intrigué tout comme tu l'es. Protèges cet Ulfurbe, je suis sûr que chacun de vous peut apporter quelque chose à l'autre." Et nous disparaissions en vous faisant cadeau d'un dernier geste maternel. Le problème était le suivant : où se cachait-il ? Et avec celui-ci, un autre se profilait à l'horizon, même si vous vous faisiez toucher par cette femme depuis tout à l'heure, rien ne vous assurait de pouvoir lui tenir compagnie par la suite, vous n'étiez pas vraiment le meilleur en ce qui concernait les relations sociales, surtout maintenant que votre esprit était embrumé de haine. C'était maintenant à votre duo de jouer.
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Jeu 29 Juin - 21:01
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Voilà l’homme  installé, le dos dénudé. Ses muscles finement taillés transpirent le fluide rougeâtre, parcourus de balafres toutes aussi diverses dans leur position que leur profondeur. Ces diables sont d’une violence égalant l’horreur… Quoi qu’à force, cela n’a plus rien de surprenant. C’est alors en des manières trahissant une certaine habitude que la Lië’ja palpe cette peau meurtrie. Ses doigts s’y baladent avec précaution pour estimer les plaies, car il serait idiot de se désintéresser d’une qui, finalement, se dévoilerait mortelle... Son parcours se conclue autour des articulations ailées. Celles-ci n’ont que des entailles superficielles, et bien heureusement, car notre infirmière de pacotille n’aurait su qu’en faire autrement. « Tes ailes n’ont rien, estime-toi heureux. » débute-t-elle en cessant de parcourir ce dos charcuté. « Si j’en avais, j’en prendrais le plus grand soin… Elles doivent vous paraîtres innées à vous autres, mais moi, ah, que je les chérirais ! La première Lië’ja ailée, ça ferait pâlir pas mal de bestioles ! ». Elle tergiverse pour distraire, car soudain, elle verse l’intégralité d’une petite fiole sur l’échine mutilée. Un alcool fort qui saura désinfecter les plaies une fois mêlé à quelque onguent d’Eleshyë, quoi de mieux pour arracher un nouveau grognement de douleur au blessé ? Elle pouffe. « Parfait ! ».

Ses genoux s’écrasent contre le pavé boueux dans un bruit pâteux. L’ulfurbe peut sentir deux bras l’entourer, deux petites mains lui passer devant le torse. Elle commence à le bander en orchestrant plusieurs tours autour de son tronc ; à chaque plaie cependant est ajouté un petit morceau de tissu pour qu’il s’imbibe du sang. Elle s’exprime péniblement tant elle tend les bras pour ne pas se coller contre ce dos ensanglanté, que ses habits n’en deviennent pas tout de rouge colorés. « Je n’ai plus de fil pour rafistoler tout ça, mais tu devrais tenir pour le moment. Je t’aurais plus amoché qu’autre chose de toute manière… Tu vas devoir trouver plus compétent si tu veux que ça cicatrice correctement. ». A vrai dire, le dernier homme dont elle dut coudre la blessure se vit presque affublé d’un nouveau muscle tant la cicatrice eut gonflé… Mais ne vous inquiétez pas de cela, ce n’est que de l’histoire ancienne ! L’homme décéda il fut un an déjà, réduit en poussière par un banc d’ignorls farouches, donc se plaindre d’une vilaine balafre n’est plus dans ses priorités.

Mais Soudain, elle cesse. Le ruban coincé entre ses jambes pour qu’il ne se détende, elle force l’aile droite de l’Ulfube à se rabaisser ; une nouvelle plaie a attiré son attention en dessous de l’omoplate, esseulée et plus béante que toute autre. Un « Puterelle… » lui échappe contre son habitude. Elle retire ses gants, s’emballe dans ses mouvements. De ses ongles elle tente d’extirper le fil d’une des fabriques de tissu trouvée dans sa trousse de secours. « Finalement je vais devoir t’amocher. Sans rancune. ». Une fois le fil extrait et enroulé autour de son index, elle verse les dernières gouttes de la solution désinfectante sur la déchirure plus tôt dissimulée. La petite fiole s’écrase contre le sol tandis que la Lië’ja s’empare d’une aiguille. A ce stade, se salir n’est plus dans ses préoccupations : elle s’appuie à peine du long de son avant-bras gauche contre cette nuque et ces cheveux recouverts de multiples mixtures gluantes, l’autre coude passant au-dessus de l’aile noire de jais. Les doigts de sa main gauche pincent fermement la plaie et s’en recouvrent de sang, ceux de sa main droite tremblotent en tenant l’aiguille à laquelle le fil fut noué.

A peine la pointe est-elle enfoncée dans la chair mutilée que l’avatar revient. Si la créature avait surpris la Lië’ja en parlant avant de s’approcher lentement du pauvre Ulfurbe pour le caresser, ce dernier aurait perdu un lambeau de peau… Bien heureusement, il n’en est pas le cas. La piètre couturière se contente alors de faire sortir l’aiguille de la chair en un premier trou, ne redressant le regard que pour croiser le sourire de l’avatar. Les paroles prononcées ne manquent en rien de frapper son intérêt tandis qu’elle continue son chef-d’œuvre, s’il n’en est d’une catastrophe. Voilà qu’elle doit maintenant protéger ce haillon de chair en plus de le soigner… Mais si le prix est tel qu’il fut affirmé, le jeu peut en valoir la chandelle. Le nœud de l'horrible suture fait, Wendë reprend le bandage d’entre ses cuisses tandis que l’être de magie disparait à son grand malheur, la laissant seule avec ce… « Zaaco, c’est ça ? Moi c’est Wendë. ». Elle passe le pansage par-dessus l’épaule livide de l’interpellé, s’arrangeant pour recouvrir la blessure à peine soignée. Ses phalanges le tâchent d'un rouge encore frais de l'opération précédente. « Je me sentirais idiote d’avoir utilisé tout ça pour un cadavre alors… Si tu comptes te venger sur ces escrocs avec ces plaies, je vais devoir te garder à l’œil.  ». Le bandage est coupé par son coutelas. « Ah, et l’avatar semble vouloir que leur artefact te revienne, je ne risque pas de la contredire ; un tel pouvoir m’ennuierait plus qu’autre chose ! Cependant, tu te doutes que je ne t’aiderais pas sans rien en retour. ». Elle fignole le pansement, ne tarde à ranger son équipement -dont ses gants- et se redresse l’arc en main. La voilà de nouveau face à son patient ; sa voix et son sourire se font comme si elle parlait à un ami de longue date, et pourtant, la fripouille qu'elle est marchande. « Tout le reste sera pour moi, et s’ils n’ont rien, tu me devras ton âme ! ». Elle pouffe, ravie de sa blague idiote. « Enfin, une petite faveur me suffira. La valeur de quelques repas, tu me devras bien ça. ».

Vous ne le saviez pas ? Ici, nul acte de bonté n'est gratuit. Bienvenu au marché noir, mon ami.

Mots : 988
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Ven 30 Juin - 16:42
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ft. Wendë
- Après avoir été soigné, Zaaco revêt une autre apparence afin de cacher ses blessures et son statut dans la société des Ulfurbes qu'il considère comme une faiblesse. -
Nombre de mots : 4004

Zaaco l'insolent


Vous sentiez les effets bénéfiques des mains grouillantes le long de votre colonne vertébrale. Vos longues mèches broussailleuses devaient la gêner, surtout que vous penchiez la tête en arrière. Faisiez-vous exprès ? Non, le moins du monde. Dans un mélange flou de soulagement et de douleur, vous vous complaisiez dans l'idée qu'enfin quelqu'un faisait attention à votre être. Votre peau blanchâtre et fragile, vous aimiez qu'on la caresse doucement, qu'on la chatouille énergiquement ou qu'on en prenne soin, tout simplement. Une aiguille vous transperçait ? Une broutille face à ce quoi vous aviez dû vous battre il n'y avait de ça que quelques moments. Pouvait-on même appeler ça un combat quand le seul adversaire est un pauvre Malum soumis ? Bien, à la place de cette Lië'ja, il y avait nous. Nous nous occupions de vous comme une mère de son enfant. Qui le croirait ? Pauvre Avatar que nous sommes, nous n'avons même pas pu vous secourir lorsque vous en aviez besoin. Nous étions à la recherche, une quête improbable de ce qui vous motiverait et au final, c'est notre absence qui a défini celle-ci. De ce fait, vous le saviez, nous n'étions là que pour notre dessein. Vous l'aviez bien compris, mais vous n'avez pas refusé notre accolade lorsque nous sommes revenus. Oui, vous êtes un être bon malgré votre apparence néfaste, manquant de douceur, d'attention, de fines caresses que seul un esprit vous prodigue. C'est pour ceci que vous appréciez tant les caresses douloureuses d'une inconnu. Et votre bonté s'entichait à accepter la situation, comme toutes les autres qui se présentaient à vous. Ces gens-là vous ont peut-être amochés pour cette raison, comme si, par un don particulier, ils avaient senti vos fautes futures. Oui, vous alliez en commettre, des pêchés. Celui de la paresse ? Aucunement, vous étiez en plein dedans. La gentillesse, l'amour, la véritable passion, fléau des Ulfurbes, les poussant à désespérément vouloir conquérir un cœur. Vous aviez déjà commis celui-ci, de la mauvaise façon... Vous ne le saviez pas, vous ne saviez rien, plus rien, seulement votre constante perdition à travers votre marche inconstante emplis de pauses et de repos, de songes ne signifiant que l'annihilation de vos souvenirs. Car tel est un rêve, une épopée retraçant des souvenirs. Comment se matérialise-t-il lorsqu'il n'a plus rien pour être alimenté ? Vous étiez vide comme un rêve sans souvenir, sans esprit alimentant sa créativité. Pire encore, vous incarniez cette imagination désuète, n'étant qu'une ombre parmi la lumière. Tout à chacun augmentait votre peine, nous en premier. Hier et aujourd'hui, c'était le même jour. Mais au lieu de vous morfondre, voilà que vous vous laissiez aller pour un instant de plaisir inouï. Une pause dans la marche qui durait sans cesse, qui vous avait emmené ici, là, pour vous faire charcuter et vous faire soigner. À quoi tout ceci rimait ? Le destin devait être en manque de cet humour noir qui s'entiche des âmes perdues, des individus injustement frappés et piétinés, pour avoir fait se déplacer quelqu'un de si feignant jusqu'à sa patrie tout ça pour ramasser à la pelle des injures, pour que ses cheveux longs et constamment emmêlés soit l'objet qui lave le sol, la serpillière qui nettoie les crachats jaunâtres des chiens. Les chiens qui accusent l'un des leurs d'être un chat. Un non-pur, et ils auraient traité le pur de la même façon. Qu'avait-il donc fait pour mériter un tel châtiment, cet Ulfurbe qui n'avait rien demandé, ni à mourir, ni à renaître ? Nous savions ce que vous ignoriez... Nous étions celle qui avait fait chavirer votre cœur, qui vous avait poussé à provoquer la mort de nos deux êtres pour notre seule complaisance, et encore, nous étions nous aussi dans le même cas que vous, la résurrection... Quel pire châtiment nous pouvions tout deux recevoir ? Que nous avait-il pris de renaître, nous qui avions le choix ? Le pire dans tout ça est que nous n'étions pas vraiment désolés de ce qui vous arrivait. Nous nous projetions dans le futur. Vous étiez martelé. Cette épreuve vous en rappelait d'autre, vous vous souveniez de votre corps conquis par les pierres, de vos plumes détachés de vos appendices noirs comme ceux d'un corbeau et de votre apparence d'oisillon. Ce n'était pas si loin, quelques cicatrices en plus ne pouvaient que vous forgez le caractère, voici ce que nous nous disions, nous qui vous observions être recousu par les mains expertes. Vous aviez depuis votre renaissance été un martyre, bien que, le sens du mot prendrait tout son sens une fois votre mort survenu. Était-ce ce que vous attendiez ? La mort ? Non, puisque vous la fuyiez comme la peste, et pourtant, la fatalité vous suivait de près. Ne vous est-il pas venu à l'idée de prendre en force ? Mangez ! Musclez-vous ! Pourquoi votre flemme prenait-elle le dessus sur l'excitation d'auparavant ? Celle de s'abreuver de connaissances en tant qu'Astre ? Vous n'étiez plus que l'enveloppe de l'ancien vous, marchant et pleurant pour un peu de repos et de tendresse. Vous vous seriez endormi si l'alcool ne vous avait pas rappelé vos plaies. Incapable. Vous n'aviez rien fait pour vous défendre, vous les aviez juste regardés, sans rien exprimer. Vous auriez pu pleurer, faire votre caprice, criez, faire ressentir aux autres de l’empathie, mais non ! Non, bon sang ! Rien. Vous n'étiez capable de rien et nous avions juste envie de nous évaporer, de disparaître. Non, non plus. Tout était confus, vous et moi, Uïô, la femme que vous aviez aimée, nous étions un tout. Vous étiez aussi séparé de la réalité que nous l'étions. Nous ne comprenions rien à la vie, qu'est-ce qu'était cette bluette fugace, cette étincelle qui s'éteignait aux premières larmes et se ravivait à la première confiserie qu'un passant vous offrait ? Pas besoin de la comprendre cela dit. Il suffisait d'une personne pour faire chavirer cette flamme sensible sur l'un des deux penchants auquel elle était destinée. Était-ce nous, était-ce vous, était-ce elle ? Peu importe qui aurait pu le faire puisque qu'une seule pensée ou une seule parole permettait de faire bouger des nations.Étiez-vous une nation ? Aviez besoin d'encouragements pour avancer dans la vie, si terrible soit-elle ? Est-ce que même avancer, en rapport avec le pêché dont vous étiez assaillis, était une plaie en soi ? La vérité est que nous jouions ce rôle de persécuteur, proférant nos paroles comme une doctrine en soufflant allègrement dans vos tympans. Nous voulions que vous avanciez et que vous affrontiez les douleurs de la vie. Et vous, le vouliez-vous ?

Quoi que fut votre réponse, c'était déjà trop tard, vous aviez déjà subi, trop subi et la douleur continuait à vous arracher des grimaces aux fils des réparations à l'aiguille perçante de votre corps. Et à cela se mêlait l'odeur nauséabonde des déchets. Les poubelles de l'établissement dont vous n'étiez pas sortis indemne, vous étiez entre deux d'eux, croyant que la puanteur cacherait la vôtre. La puanteur de l'être souillé et convaincu qu'il le méritait. Vous étiez loin d'avoir le dos plat, vous courbiez l'échine, comme un servant, comme l'animal sur lequel on s'amuse et on expérimente. On peut dire que c'était pour le mieux en ce temps, comment la jeune Lië'ja aurait-elle pu prendre soin de vous sinon ?
Pendant qu'elle s'affaire, vous regardez, tout et rien en mêmes temps, rien que ces petits détails insignifiants que vous oublierez dans quelques instants. Un peu comme votre ancienne vie, ne signifiait-elle rien pour vous pour que vous n'ayez jamais tenté de vous en souvenir ? Des petites mains menues mais agiles passaient tantôt devant et derrière votre corps meurtri, l'alcool à la senteur sucrée remontait à vos narines pendant qu'il brûlait votre dos et enfin, l'avant-bras qui vous baisse à partir de l'arrière de votre cou. Vous êtes ainsi fait, à prier pour votre rédemption. Vous êtes ainsi mis, à souffrir pour le bien et les talents de guérison des autres. Tout comme elle, vous êtes un outil pour la populace alentour. En parlant de cette dernière, elle afflue à tout endroit en face de vous, mais se retient de passer dans cette ruelle, quelle en est la raison ? Est-ce l'odeur primitive des lieux sombres qui les repoussent ou bien le fait qu'un couple semble venir de ces poubelles et se caresser les plais avec passion ? Peut-être n'y a-t-il très certainement rien à voir ni à entendre. De toute façon, ils sont venus dans cet endroit pour une raison et ils ne comptent pas s'attarder plus que nécessaire. Oui, ils ont raison et vous auriez dû adopter le même comportement. Vous haïssiez la foule et après ce que le mouvement de masse vous avez fait endurer, c'était encore plus vrai. Plus jamais vous n'alliez décider de vous reposer, de faire halte seul, même si théoriquement, nous étions là. Vous ne saviez jamais lorsque nous allions partir, bien décidé de nous abreuver de quelconques connaissances. Vous ne regardiez plus que le sol et vos pieds, le soleil vous était interdit. De toute façon, du marché noir, il était impossible de l'entrevoir. Même si possibilité, il y avait eu, vous ne l'auriez pas admiré, trop honteux pour cette vision de l'astre. Oui, il devait lui aussi rire d'un homme si faible, si blanc qu'il ne l'avait lui-même voulut. Ceci résumait tout le reste en vérité, si telle apparence vous aviez, c'est que vous n'étiez pas l'emblème de quiconque, ni même du soleil, ni même du froid polaire puisque votre corps était chaud. Brûlant après le repos que vous vous imposiez, que la nature imposait. À quoi ce pêché rimait-il ? Avait-on l'idée folle d'imposer la sieste à un naufragé de la vie ? Tout ce que vous aviez fait dans votre ancienne et nouvelle vie, c'était vivre, mais vivre sans but, est-ce encore vivre ? 
S'il y avait bien des gens qui vivaient, c'était ceux-là, devant vous, dans la grande avenue du Marché. Sous les étalages, les marchands criaient leurs produits, suppliant qu'on leur achète tel ou tel chose. Ça se voyait, cette hargne de vie, de vouloir perdurer un jour encore. Et les acheteurs, et les vendeurs vagabonds... Ils couraient partout, cherchant quelque chose, des pièces d'or pour certains, des armes ou des ingrédients pour d'autre. Il y en avait pour qui en voulait sur ce marché grand, magnifique, aux couleurs chatoyantes et aux voleurs dissimulés. La vérité était que tout le monde était logé à la même enseigne, dépendants de l'un et de l'autre. Nous étions subjugués de cette utilité. Vous aussi, vous étiez utile, vous étiez le bouc émissaire et le soigné. Vous rigoliez, comme un dément, ne cachant pas ces dents blanches et intactes au contraire de votre âme, appuyé contre la façade, en face d'une poubelle dont dépassaient les contenants, rongés par les vers. Vous avez vivement pensé que vous vous ressembliez, elle et vous, puisque vous n'étiez que la défection humaine. 
Vous avez écouté nos paroles, vous avez également écouté ses paroles, mais vous ne preniez pas le temps de nous répondre, à toute deux. À quoi bon de toute façon ? Que cette fille termine son affaire aux mains douces en balançant ses plaisanteries diverses et sa conversation futile, et que nous disparaissons. Vous n'aviez pas envie de nous voir, nous et vous n'aviez pas envie de l'écouter, elle, avec son blabla inutile. Vous trouviez cette façon horripilante, pourquoi les gens avaient-ils besoin de se parler pour se comprendre ? Ça ne signifiait rien et c'était douloureux, vous appréciez en ce moment beaucoup plus le mouvement qu'elle faisait pour vous, pour votre bien même s'il n'était pas désintéressé. De toute façon, qui en ce monde peut se vanter d'être un saint, n'ayant besoin de rien ? Quant à votre envie concernant notre disparition, nous savions tout. Vous nous portiez en affection, et vous ne nous l'auriez jamais dit, mais nous l'avons deviné. Vous nous en vouliez, pourquoi à ce moment précis, nous avons décidé de cesser de vous encourager et d'avoir manqué à notre devoir ? Vous faire avancer et vous évitez cette péripétie. Vous ne la jugiez non-utile. Pourquoi depuis le début, nous vous menions d'étapes en étapes ? C'était pour cette expérimentation précise, oui, celle-ci, celle de la réflexion. Et désormais, il fallait bouger, vous venger, aimer, apprécier cette chose qu'est l'entraide. Peu importe où vous deviez aller, ce serait mieux que cet endroit sombre ombragé par les toits qui domine la petite rue. Vous étiez toujours assis, votre corps cabossé. Et tout en vous disparaissait en même temps que vous vous leviez pour faire face à la jeune fille à la capuche.



En vérité, votre transformation s'est effectuée dans le même temps que vous quittiez cette position accroupie, le dos courbé après la mise en place de la femme semblable à une chasseuse. Pour commencer, c'est le corps qui changea alors que vous dépliez les genoux puis ce fut le tour du visage lorsque vous vous retourniez, tout sourire. Au final, la Lië'ja aurait une personne différente comme partenaire, mais vous n'en étiez pas encore là. Vous aviez déclenché le processus et vous avez laissé faire, comme la rivière qui laisse passer l'eau en son sein. Ce n'était plus vous qui contrôliez, comme pour le reste de votre existence dont vous n'étiez pas le commanditaire. Sauf que cette fois, ce ne fut pas nous, mais le flot de pensées qui dirigeait ce changement. Oui, vous pensiez désormais. Avant également, mais maintenant plus qu'autrefois, nous pouvions sentir cette imperceptible conscience qu'il n'y avait pas auparavant. Votre enveloppe corporelle changeait, les plaies étaient couvertes de chair à nouveau comme si elles n'avaient jamais existé. C'était faux, évidemment, comment cela se serait pu, auriez-vous été un guérisseur à un moment de votre vie ? Non jamais ! Et pourtant, les bandages se faisaient moins rougis, comme si le sang était réabsorbé. En même temps que le sang disparaissait, vos cheveux étaient rattrapés par votre crâne comme si vous rajeunissiez et réfutiez le cadeau de la nature et de votre paresse, mèches longues et blanchâtres qui définissaient votre être. Vous étiez toujours dos à celle qui se nommait Wendë même si vous aviez fini de vous relever, aussi pu t-elle admirer vos plaies guéries se rétracter, mais surtout voir vos bandages être moins boursouflés. Vos bleus reprenaient la couleur de votre épiderme, les hématomes n'étaient plus que fabulations d'antan et il semblait même que votre peau se fit plus pâle, plus lisse, au grain toujours constant et jamais irrégulier, aucun grain de beauté se profilait à l'horizon alors qu'un ou deux étaient apparu récemment. Cette peau était comme celle d'un nouveau-né. Vos ailes se fondaient en votre dos, se faisant à chaque instant plus petites. On aurait pu croire que la nature avait décidé d'enfin vous laisser vaquer à vos vaines occupations, se lassant de jouer avec vous en tant qu'Ulfurbe. Il n'en était rien, vous étiez juste en train de choisir ce à quoi vous vouliez ressembler, ne serait-ce qu'inconsciemment. Oui, vos compétences concernant les ensorcellements étaient certes au-dessus de la moyenne, mais elles n'étaient pas non plus excellentes. Comment auriez-vous pu vous fabriquer un corps si précis par votre propre volonté ? C'était la perception de vos sentiments, de vos envies. Oui, vous en aviez. Chaque ressentiment, chaque pensée ont façonné ce corps et la métamorphose n'était pas terminée : votre cou se fit moins long et redevint vierge de toute marque. Les tatouages, symboles de votre emprisonnement et de notre présence, disparaissaient, étiez-vous en train de montrer que nous ne vous méritions pas ? Nous étions attristés par cette façon que vous aviez de le faire savoir, sans le vouloir. Oui, vous étiez vraiment bon en soit, nous ne pouvions pas vous en vouloir. Nous nous sommes rapprochés, toujours invisibles, pour mieux observer ce qui se passait, nous étions parcourus par les frissons de la curiosité concernant les prochaines étapes de cette apparence digne des grands faussaires. En somme, vous sembliez être plus petit de quelques centimètres. En globalité, vous étiez moins fin mais non pas athlétique. Vous étiez à la limite même du muscle et de la graisse. Comment pouvions-nous l'expliquer ? C'était comme si on devinait ceux-ci, mais qu'ils étaient dissimulés sous une couche épaisse de peau sans que nous pussions la pincer avec des doigts, étrange phénomène et également emplis de mystères. Enfin, on aurait pu vous croire vivant, mangeant à sa faim et plus encore sans en abuser, équilibré en somme. Était-ce vraiment le reflet de vos sentiments ? Vous sentiez vous en parfait équilibre après avoir subi ces infâmes supplices ? Chaque cicatrice de votre vie s'effaçait pour laisser place à un être nouveau, empreint d'aucunes blessures, presque libre de n'en avoir aucune si tout ceci n'avait pas été qu'illusions. Oui, c'était ainsi, juste pour un instant, vous aviez envie d'être le refuge de la liberté, reniant votre race et ce que vous connaissiez. Nous étions sûrs que l'envie vous passerait, aussi nous avons apprécié, simplement, de votre nouvel aspect. Si vous aviez décidé ainsi, c'était parce que vous vous définissiez, vous n'étiez plus ce simple Malum, vous étiez plus. Avant que la jeune fille à qui vous vous étiez dévoilé en voit plus, vos vêtements aussi était en proie à un étrange sortilège.

Que ce soit votre haut enfermé entre vos doigts, votre bas en cuir serré sur vos cuisses et vos mollets plus larges ou vos bandages qui menaçaient de tomber en ayant trop d'espaces, tous n'étaient plus les mêmes. Les bandes devenaient des foulards et s'enroulaient autour de votre nuque, votre bassin, vos genoux ou vos biceps. Quant à votre haut, il se replaçait de lui-même sur vos pectoraux et abdominaux pour les couvrir. Il n'était plus uniforme, mais était le refuge de couleurs insoupçonnées, vous portiez un arc-en-ciel chaud sur les épaules. Vous retrouviez ainsi votre pudeur alors que le bas devenait ample, enserré aux dernières nuances de cuisses par les foulards tout aussi colorés que ceux précédemment métamorphosés. Les vêtements qui cachaient votre torse devenu finement velu se distinguait maintenant en deux entités en même temps que le bas de votre corps se dessinait. Une veste recueillait les couleurs bleutées de votre ancienne nature d'Astre et le vêtement du dessous était plus doré, gardant pour lui les couleurs chatoyantes. De ce point, nous n'étions pas sur, comment le haut que vous teniez dans votre main était-il arrivé jusqu'à dissimuler ces tétons aux teintes bordeaux puisque tout ceci n'était qu'illusion ? Nous pensions qu'entre deux battements de cils, vous l'aviez enfilé rapidement. Oui, c'était une des seules explications logiques puisque vous ne sembliez pas handicapé dans vos mouvements dû à la prise d'un vêtement dans l'une de vos mains, c'était seulement improbable de la part d'un être si lent et blessé. Peut-être n'aviez-vous pas envie que la Lië'ja observe votre corps reluisant un instant de plus. Pour parler de vos jambes et du reste, vous pouviez être vous-même choqué par vos pieds qui rétrécissaient. D'un coup en avant, vous avez enlevé vos sandales, vous resteriez pieds nus pour le moment avec les ongles rose pâle et la peau frêle, cornu en dessous pour ne pas sentir de douleur lorsque vous marcheriez sur un ou deux cailloux. Pour parler en profondeur du bas de votre corps, vos muscles jambiers suivaient les mêmes directives que le reste du corps, vos fesses se firent plus rebondis également, plus velus même si personne ne pouvait le voir.

Spoiler:
 

Remarquons aussi que les veines et artères de votre corps se faisaient plus enflées qu'auparavant. Vos poils se faisaient plus denses sur vos membres inférieurs, si bien que nous aurions pu vous confondre avec un animal. Cependant, vos pieds étaient doux, imberbes, les veines n'étant que les collines offrant la diversité à la plaine. Pourtant, comme si vous n'aviez pas assez chaud avec tout cet attirail, vos vêtements étaient ceux parfaitement adaptés pour les tribus du désert des glaces, du moins nous le croyons. La vérité était que celle-ci était l'emblème même des peuples vivant dans les étendues de sables, là où le soleil est à son apogée. Pourquoi donc ? Pour transpirer et profiter des rares souffles nuageux. Et ce même si tout ceci n'était qu'une illusion, vous transpiriez également, tout comme eux. La sueur boisée et l'odeur masculine venant de votre bas-être remontait pour s'échapper à travers les écharpes aux senteurs d'agrumes et d'épices. Tout être autour profitait des effluves chargés d'hormones. Ce n'était pas un mélange désagréable en soit, il était léger mais constant.  Vous vous retourniez enfin, laissant le plaisir à la Lië'ja d'admirer votre visage. Sans pilosité aucune, encore plus lisse que le dessus de vos pieds et pâle. D'un épiderme blanchâtre encore plus prononcé qu'auparavant qui faisait ressortir vos yeux marron aux contours dessinés au maquillage noir. Pas sur vos cils, mais sur les bordures de vos yeux était ancré du noir à la place du rouge naturel, vous déguisant d'un aspect méchant et rebelle. Dans le même mouvement que le pivotement de votre cheville, vos cheveux drapés de quelques turbans se teintaient d'un noir de jais. Ceux-ci étaient aussi épais que les traits grossiers arpentant vos aisselles. L'équilibre de ces prunelles était grossièrement rompu par des lèvres de sang, plus pulpeuses qu'avant qui attirait n'importe qui s'attardant un peu trop. Leurs douceur et leurs nuances de chair pincée auraient fait rougir n'importe quelle dame de haute société, de même que votre peau qui semblait voilée d'un drap blanc en permanence. Plus de nervures bleutées, mais seulement la peau aux traits fins et au nez large, à la mâchoire courte et régulière, se terminant par un menton à pointe, aux sourcils tout aussi fin que les traits des pommettes, mais à la longueur indécente. Regard perçant et lèvres charmantes au nez imposant et dur, voilà ce qu'il fallait retenir. Le cou était figé dans les draps tout comme le front qu'on devinait grand. Vous vous êtes retournés tout sourire, dévoilant des dents plus aussi blanches qu'avant. Elles étaient plus marron, comme si elles étaient tachées par des plantes que vous auriez sucées et mastiquées durant un temps, il n'en était pourtant pas le cas, peut-être reflétaient-elles le côté sombre de votre âme. Votre haleine avait-elle aussi changé, mélangeant eucalyptus, poivre et jasmin en un seul tout. Refermant la bouche très vite, il fallait savoir que vos dents étaient également plus pointues, coupantes mais tout aussi bien rangées en ligne. Concernant les parties du corps dont nous n'avions pas fait mention, on pouvait remarquer que vos mains étaient un peu moins fines, un peu plus abruptes et la force de votre poigne témoignait de vos biceps aux bosses larges. Vos pectoraux semblaient un peu moins en retrait même s'il était impossible de le dire précisément avec cette épaisse couche. Votre dos était plus courbé faisant ressortir des fesses proéminentes mais non pas vulgaires. C'aurait pu être le corps d'un homme mélangé à celui d'un adolescent. Il était imparfait, inconstant alors même que ces parties, individuellement prises l'une de l'autre étaient chacune porteuse d'une beauté insoupçonnée, c'était l'ouvrage inconscient d'un Scanda pas si doué, de Zaaco T'Såe. Il ne fallait pas s'attendre à beaucoup mieux.

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Lun 3 Juil - 10:54
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Aux paroles et propositions n’est offert que le silence, pesant et insolent. N’est-il aucun remerciement qui puisse sortir de ces lèvres pâles, aucun signe de vie pulsant en cet esprit égaré ? De bandages le voilà recouvert, d’un fil guérisseur traversé, et pourtant il ne semble là qu’être une poupée de chair… Il est debout, sa gorge n’émettant le moindre bruit ; le calme paradoxal qui émane de cette âme fait soupirer la Lië’ja. Après tout, ce Zaaco n’est finalement autre qu’un Ulfurbe, et s’il ne partage leur avidité, leur notion des bonnes manières lui est des plus acquise. Ses lèvres pincées en coin, Wendë se décale pour se mettre l'échine face à l'une des poubelles, ce de manière à ne plus se retrouver dos à la foule mesquine. Vers celle-ci elle jette son regard un instant, en étudiant les passants dans l’attente d’une réponse qui, jamais, ne sera prononcée. Ils sont là autant de démons que de crocs sanglants… Rester plus longtemps en ces lieux risquera d’amener de nouveaux malheurs, et l’intruse s’y était déjà perdue depuis bien trop de temps. Une forme d’impatience se forme à la vue de cette masse qui ne cesse de se mouvoir, de ces dagues et ces doigts coupables de moult larcins. « Bon, nous devrions-- » entreprend l’empressée, avant de se taire.

A ses yeux se dévoilent un étrange spectacle. L’homme qui plus tôt se tenait là dans le silence n’est plus, ou plutôt, sa chair s’en trouve métamorphosée. Les brides finales d’une transformation spectaculaire s’opèrent en cet instant, offrant là des traits plus affirmés, plus masculins. Le corps entier de ce diable devient tout autre, si bien que la chose impressionne tout d’abord la spectatrice… Mais elle prend vite un air renfrogné en voyant ce visage souriant qui semble fier de son acte, comme si seul importait cette mutation miraculeuse qui l’eut guéri de tout maux. Les plaies se referment d’autant que les bandelettes se dispersent dans un vide nouveau, la secouriste voit son œuvre s’écrouler en quelques secondes seulement. Ses bras se croisent et son sourcil se rehausse, car cette vision ne lui plait guère ; certes l’homme est plus charmant, certes y-a-t-il dans l’air comme une aura, une senteur nouvelle, mais tout cela lui parait d’un irrespect monstrueux. Si Zaaco pouvait faire tout cela plus tôt, pourquoi n’eut-il pas dissimulé ses blessures avant que quelque soin ne lui soit fourni ? « Je me suis embêtée pour rien, je vois… » grommelle-t-elle. Son regard n’inspire plus la compassion, ni même la sympathie. A celui qui se moque de son travail par un étrange orgueil, à celui qui attise sa méfiance par une attitude insolite, elle n’offre qu’un dédain soudain, chose qui fait fracture avec son aspect enfantin. Lui tournant le dos pour dissimuler cette expression nouvelle, la voilà qui s’éloigne de lui en accompagnant sa marche de quelques mots. « Bien, nous devrions nous séparer pour récolter des informations. Je pars devant. ».

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Ses pas la mènent hors du marché noir, et lentement, elle s’éloigne de la forteresse maudite. Elle fausse compagnie à cet être qui pour elle n’est qu’une loque impertinente, autant par son silence que par ses actes. Certes, il reste toujours cet avatar, cette créature splendide… Mais en voyant l’être changer de chair malgré ses blessures, une pensée lui eut heurté l’esprit. Cette merveille ne fut peut-être qu’une illusion de l’Ulfurbe, une autre de ses œuvres enveloppée dans une magie à la pureté trompeuse. Un être démoniaque est-il seulement capable de réaliser une telle incarnation ? Se risquer à quelque supposition en un lieu si lugubre n’est pas dans les priorités de notre Lië’ja qui, la tête baissée, continue de se hâter loin de ces terres. Que ce pécheur ait souhaité profiter d’elle ou non, peu lui importe, car elle-même n’aurait pu lui soutirer grand-chose, si ce n’était une bourse.

Cependant, de tout cela Wendë dut retenir une chose, autre que de ne plus venir en aide à un Ulfurbe au sein du marché noir. Si la créature -ou l’illusion- n’eut menti, il se trouve non loin un artefact qu’une simple bande d’escrocs dissimule… Même si celui-ci n’intéresse que peu la chasseuse, s’il en est un, alors d’autres de ces artifices doivent exister, cachés à la vue de tous. L’idée de l’aventure que pouvaient offrir la quête de tels bijoux sut au moins raviver l’entrain de la Lië’ja… L’aventure, couplé au fait qu’ils devaient valoir un certain prix, bien sûr.


- RP CLOS -
Mots : 747
Invité
Mar 11 Juil - 16:55
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