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Le jour ou l'Audacieuse devint l'Apprentie - METIER NIVEAU I

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Elih Marendir
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Elih Marendir
Ashryn - Sylvar - IV
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L'air chaud de la Forge s'échappait dans l'ouverture de la cheminée, laissant une épaisse fumée grise recouvrir le toit de la maisonnée. A l'intérieur, le bruit du marteau contre l'épée berçait les travailleurs, leur rappelant également leurs obligations et le travail qui n'attendait point. Des gouttes de transpiration roulaient sur leurs visages, tombant dans un silence presque religieux sur le sol poussiéreux. C'était une rude tâche, un labeur qui nécessitait une grande patience autant qu'une rapidité d’exécution : ils prodiguaient un service, avaient une réputation à tenir et le moindre faux pas pourrait s'avérer fatal. Kyzala n'était pas dupe : ses armes étaient d'une qualité presque irréprochable, pourtant elle savait ne point pouvoir rivaliser un Edsere qui viendrait fréquenter sa forge. Leur art s'était perfectionné au fil des âges, et en tant qu'Ashryne démunie de magie, elle ne pouvait que comprendre cette idée de se focaliser sur ce qui les raccrochait à la vie, tel un maigre fil que la moindre masse aurait anéanti. Synkaalia était sa terre natale, et elle se devait de l'honorer. Elle se rappela, avec nostalgie, des jours passés à observer son grand-père qui refusait de lui apprendre le maniement des armes et de la forge. Peu friand de contact avec son peuple, il s'obstinait à répéter que ce n'était pas un métier pour une jolie jeune femme comme elle, et qu'elle apprendrait bien vite qu'une vie tendre et docile ne se trouvait jamais au bout de ce genre de chemins. Elle passerait son temps à arpenter des sentiers escarpés, à se vautrer la tête la première dans le sol, à respirer la terre qui la dominerait entièrement jusqu'à suffoquer et hurler au désespoir. Et elle se revoyait, jeune et innocente, née dans une famille de couturiers mis à part cette ultime anomalie que nul n'osait fréquenter. Un fou, un dément, un homme sénile ayant perdu sa femme en même temps que sa santé. Pour autant, elle n'avait jamais abandonné l'idée de lui ressembler, de le rendre fier de ce qu'elle pourrait produire. Et a sa mort, elle ne put que poursuivre ses efforts, seule contre le monde, contre les préjugés, contre sa propre fratrie qui la rejetait sans cesse. C'était sans doute pour cette raison qu'au fil des jours, elle commençait presque à éprouver de la compassion envers la jeune femme à la chevelure cendrée qui passait ses journées à observer ses moindres faits et gestes, à mimer ses actions avec perfectionnisme et minutie. Pour autant, le vieillard n'avait jamais cédé à son envie d'en savoir plus, et elle ne sut si cette attitude serait payante. Certes, elle mettait à rude épreuve la motivation de celle qu'ils appelaient tous l'Audacieuse, mais à trop la tester, la mettre sous pression, ne perdrait-elle pas l'unique apprenti venu se présenter à elle avec une telle fougue et une telle assurance ? Rien n'était moins sûr que l'avenir.

Alors que tous se taisaient, n'osant adresser la parole à Elisabeth qui les observait en croisant les bras, Kyzala finit par briser le silence. « Si tu comptes rester ici tous les jours, rends-toi au moins utile. ». A ces mots, elle lui tendit un lourd sac d'armes qu'elle saisit sans rechigner. « Nous n'avons plus personne pour effectuer les livraisons. Aussi, je te demanderais de te dépêcher de déposer chaque arme à la bonne adresse. Peut-être que si tu fais du bon travail, je remettrais en question ma décision. ». L'Ashryne se contenta d'acquiescer, prenant l'énorme livraison avec elle, relisant rapidement les adresses sur le parchemin chiffonné qu'avait tendu la forgeronne avant de l'expédier en dehors de ses murs. Synkaalia n'était pas aussi grande que la Terre des Rescapés, mais cela ne voulait pas dire qu'elle arriverait aisément à s'y retrouver. Elisabetj manquait clairement du sens de l'orientation, et il ne lui fallut pas beaucoup de temps avant de se rendre compte qu'elle tournait manifestement en rond et qu'elle ne parviendrait point à s'en sortir sans réclamer de l'aide aux habitants. Pourtant, elle poursuivit sa route, tentant de se repérer tant bien que mal dans les Tréfonds qui lui donnaient du fil à retordre. Pendant sa livraison, ses pensées vagabondaient librement. Pourquoi ne s'installait-elle pas à Synkaalia, après tout ? Elle plissa les yeux, fronça les sourcils. Cette cité attirait beaucoup trop l'attention dernièrement, bien qu'elle ne soit pas si loin de Mytsbel ou résidait son frère le temps que les ardeurs d'Hélène s'apaisent, si cela arriverait un jour. Elle grimaça. Tout ici respirait le combat, l'animosité. Bien qu'elle appréciait son nouveau peuple, elle qui ne connaissait que la violence d'une vie de mercenaire pendant quinze ans, ne souhaitait plus baigner dans le sang et la souffrance. Elle n'était pas en recherche de rédemption et encore moins d'un coin de paradis, seulement un endroit ou elle pourrait s'adosser contre un arbre pour ne penser à rien d'autre que sa pomme. Et pour l'heure, elle ne l'avait pas encore trouvé, doutait presque de son existence. C'est en laissant son imagination façonner cette illusion qui la réconfortait tant qu'elle s'aperçut qu'elle ne savait plus du tout où elle se trouvait. Ce n'était pas un quartier mal famé, mais aucune âme ne semblait y vivre. Un soupir s'échappa de l'entre ouverture de ses lèvres, las. Elle n'était pas venue à la forge pour devenir un sous-fifre, mais elle comprenait que tout commençait par la médiocrité. Elle ne serait pas une forgeuse d'arme en quelques jours, et devait prouver son attachement à Kyzala. L'Audacieuse fit machine arrière et s'arrêta près d'un marchand pour demander son chemin. Celui-ci lui indiqua chaque point où elle devait se rendre, et la livraison dura toute la journée. La forgeronne ne plaisantait pas, et lui avait donné des lieux aux quatre coins de Synkaalia, sans doute pour lui faire les pieds et se débarrasser d'elle pour quelques temps. Une fois son labeur terminé, elle se rendit de nouveau à la forge, cachant comme elle le pouvait la fatigue, qui se lisait malgré elle sur les traits de son visage.

« Tu as été lente. ». « Mais je l'ai fait. ». « Mais tu as été lente. ». Kyzala n'offrait de compassion à personne. Elle lui avait attribué une tâche, aussi elle n'avait point le droit de s'en plaindre. Lâchant un petit « Tss », elle regarda l'arrière de la boutique, alors que ses collègues quittaient les lieux. La journée se terminait, une journée tranquille, ou elle n'eut plus l'impression d'être sans cesse épiée. Pourtant, l'Ashryne n'était pas sotte : elle savait pertinemment que l'Audacieuse reviendrait à la charge tant que son souhait ne serait pas exaucé. Et si elle ne voulait point lui accorder cet honneur par pur dépit, elle devrait la confronter à ses erreurs. L'attrapant par le bras, elle la mit en face d'une épée toute somme commune. « Je veux que tu refasses exactement la même, dans les moindres détails. Je reviendrais demain, je te laisse cet endroit pour la nuit. ». Elle la défia du regard. « Si tu ne réussis pas, je te demanderais de quitter les lieux et de ne revenir qu'en tant que cliente uniquement. Ce qui veut dire que tu devras payer pour rester ne serait-ce que quelques minutes, et que nous ne nous devrions plus rien. Suis-je bien claire ? ». Encore abasourdie par les activités lui ayant cramé le cerveau, Elisabeth se contenta d'acquiescer. Elle saisit ensuite les clefs dans la main de son mentor et, avalant sa salive, attendit qu'elle s'en aille pour se plonger dans les nombreux ouvrages se trouvant dans la forge. Ces derniers ne l'aideraient que très peu, le savoir de forgeron ne se transmettant qu'à travers les yeux et les mains, mais elle tenta de se souvenir des mouvements, des sons du marteau contre l'épée, du savoir faire qu'elle avait tant observé. Elle se frotta la tête. Ce n'était pas le moment d'oublier ou de divaguer. Une chance venait de lui être donnée, elle serait sans doute la seule, et elle ne pouvait échouer de la sorte. La nuit fut alors mouvementée, la demoiselle ne s'accordant aucune pause malgré son manque évident de sommeil. Ses premiers essais ne ressemblaient à rien, alors elle fondait à nouveau le métal pour s'en servir encore et ne perdre aucune matière première. Puis, au fil du temps, ses créations prenaient forme, commençaient presque à ressembler au résultat escompté. Pourtant, elle ne relâchait pas la pression. Kyzala avait demandé une réplique parfaite de l'arme se trouvant à sa gauche, accrochée au mur, aussi elle lui donnerait ce qu'elle désirait. Le soleil commença à traverser les épais vitraux de la forge quand celle qu'elle considérait comme son maître fit irruption. Il était l'heure de lâcher ses outils et d'entendre les critiques qui lui seraient faites. L'arme n'était pas parfaite, mais au final, on ne pouvait pas lui compter tant de défauts. Kyzala posa ses yeux experts sur l'arme, la tâtant rapidement, puis tourna la tête vers Elisabeth, la fusillant du regard. « Fais-en encore dix. ». Elle détestait perdre. « Mais d'abord, rentre chez toi. Tu as suffisamment travaillé. ».
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So, what if I'm addicted ?:
 
Raptor Jéselih:
 
Elih Marendir
Mer 28 Juin - 10:47
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