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Correspondance d'un tigre et d'un dragonnet

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-How to be a mercenary –

Métier niveau 0, 1ère correspondance Latah-Amok, deux mois après le départ



Latah déboula dans sa chambre avant de sauter sur son lit, extatique, sa précieuse lettre pressée contre sa poitrine. Elle l’observa sous toutes les coutures, admira un instant l’écriture brouillonne sur le dos de l’enveloppe (celle de son frère, très clairement), avant de revenir à l’étrange forme qu’elle pouvait sentir à travers le papier. Elle aurait pu tenter de savoir de quoi il s’agissait, mais l’impatience la tenait. Son frère avait quitté la maison depuis deux mois à peine, mais pour elle il aurait autant pu ne pas avoir donné de nouvelles pendant deux ans.

La jeune fille déchira l’enveloppe avant d’en vider le contenu sur son lit. La lettre à laquelle elle s’attendait fut rejointe par un fin anneau d’argent qu’elle prit entre ces mains. Il s’agissait d’une torsade relativement légère, qui semblait d’une facture correcte et qui scintilla doucement lorsqu’un rayon de soleil venu de la fenêtre le toucha. Presque immédiatement elle songea à cette discussion qu’elle avait eue avec son frère, où elle lui avait dit adorer les bijoux argentés. Mais cet anneau-là était bien trop grand pour son poignet… Déçu, elle reposa l’objet et se saisit de la lettre.

   Chère pupuce,

Je t’écris d'une petite ville vers Sovalia. J’espère que pour toi tout va bien, et que personne n’est venu te chercher des ennuis en mon absence. De mon côté, j’ai eu un peu de mal à trouver du travail. Les gens d’ici n’ont pas l’habitude des Nanthuns je crois, tout le monde me regarde bizarrement. Je m’en fiche un peu, mais parfois ce n’est pas évident de prétendre que je ne les entends pas murmurer entre eux. En tout cas, j’ai finis par décrocher un boulot grâce à un aubergiste. Je crois qu’il commençait à en avoir assez que je passe tous les jours parce que ça n’était pas grand-chose, il m’a juste demandé de garder la salle calme pendant les soirées.

La plupart du temps, c’était facile. Un peu ennuyeux même. Mais parfois certains clients s’énervaient, et l’alcool aidant ils se sautaient à la gorge. J’ai donné quelques avertissements, j’en ai viré un ou deux manu militari, ça a un peu calmé le jeu. Le patron était content, il disait que cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu d’accrochage durant une soirée. J’avoue que ça ne m’a pas demandé beaucoup d’effort, apparemment les gens se tiennent à carreaux quand ils ont un gros tigre baraqué à côté d’eux. J’avoue que j’espérais avoir un peu plus de résistance.

Mais hier, il s’est passé quelque chose de beaucoup plus intéressant. Il y a ce type qui est entré, un ami du patron, il avait l’air agité. Il n’arrêtait pas de jeter des coups d’œil derrière lui, comme s’il s’attendait à ce que quelqu’un déboule juste derrière lui. Je me suis placé à côté de la porte par précaution. Le type est allé voir le patron et ils se sont mis à parler avec agitation. Je n’ai pas tout entendu, une histoire de suceurs de sang. La salle était presque vide, on devait être quatre ou cinq. Et les autres avaient déjà descendu quelques verres.

Et d’un coup un Norphis a déboulé. Il s’est arrêté, il a fixé le patron et son ami avec des yeux immenses. Je te jure soeurette, il y avait quelque chose dans son comportement qui m’a fait penser à un loup avant la curée. Le visage du patron est devenu blême. Le Norphis a souri et s’est jeté en avant. Enfin il a voulu. Je crois. Je n’sais pas, je venais de l’attraper par derrière et de le balancer dans un coin.

Je lui ai demandé de se rendre, il n’a pas voulu. Et après… Un vrai combat tu te rends compte ? J’ai même pu utiliser le sabre que m’a offert maman. Il était rapide, et il se battait avec des dagues courbes tranchantes comme des rasoirs. J’ai eu du mal à l’avoir. Mais je l’avais coincé, il ne pouvait pas s’échapper, et la plus longue portée du sabre me donnait l’avantage. Aaah quel plaisir, ça n’avait rien à voir avec les combats contre les autres Nanthuns.


Latah fit une pause pour rouler exagérément des yeux.  Son frère ne changerait décidemment jamais. Elle jeta un œil à la suite, sous-pesant le pour et le contre de sauter le combat. Elle connaissait suffisamment son frère pour savoir ce qu’il avait ressenti, et elle se doutait qu’il avait gagné haut la main. Amok était imbattable après tout, non ? Mais il s’agissait là des seules nouvelles de son frère depuis deux mois, alors elle pouvait bien tout lire (et ensuite tout relire et rerelire, au cas où).

Mais je ne suis pas idiot. On m’a dit que les Norphis ne sont jamais seul, alors j’ai gardé une oreille du côté de la porte, pour voir si j’entendais quelqu’un arriver. Heureusement, personne n’ait venu et j’ai fini par avoir une opportunité. Il s’est faufilé sous une table pour s’enfuir, et… d’accord, je sais que ce n’est pas très correct comme méthode, mais je lui ai lancé une chaise. Il fuyait un combat, il le méritait. Ça a touché, j’en suis le premier étonné. Il est tombé raide, assommé.

Le patron et son ami n’en revenaient pas. Apparemment, ce Norphis était un Sitiens, le plus bas niveau de la hiérarchie des Norphis, et il avait attaqué à vue dans l’espoir de se nourrir. Ces gars ne valent rien aux yeux de leur supérieur, c’est pour ça qu’il était seul. J’avoue que j’ai du mal à comprendre. Le but d’un supérieur est de veiller sur ses hommes non ?

En tout cas, ils m’ont donné une belle récompense. Le patron a dit qu’il allait me faire un peu de pub, vu que mon contrat avec lui touchait à sa fin. Son ami avait l’air de vouloir m’engager comme garde du corps. Peut-être que je vais prendre l’offre, je ne sais pas. En tout cas, j’en ai profité pour t’acheter un p’tit quelque chose avec mon premier salaire. Tu m’avais dit que tu voulais un bijou, et j’ai bien vu, quand on est allé voir cette danseuse l’été dernier, que tu regardais ses anneaux de chevilles. Alors voilà, maintenant tu en as un à toi.


Latah poussa un cri de joie avant de se jeter sur l’anneau et de le placer près de sa cheville. Oui, il était de la bonne taille là. Elle sourit : elle aurait dû s’en douter. Son frère lisait en elle comme dans un livre ouvert. La jeune fille s’empressa de passer l’anneau sur sa cheville avant de marcher un peu avec, vérifiant qu’il ne la dérangeait pas, virevoltant même sur un pied pour imiter la fameuse danseuse. C’était parfait. Heureuse, elle termina sa lecture.

J’espère que c’est la bonne taille, j’ai pris la plus petite en stock. Le marchand m’a regardé bizarrement d’ailleurs. Donne-moi des nouvelles de la famille petite sœur, et n’oublie pas de leur dire que j’ai écrit.

   Bisous,

Ta boule de poil.


(1166 mots)
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Dim 25 Juin - 20:36
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-How to be a mercenary part 2–

Correspondance Latah-Amok, deux ans après le départ. Latah a quatorze ans. Métier niveau 1



C’était une journée morne. Au dehors, la pluie venait tout juste de s’arrêter et quelques rayons de soleil parvenaient enfin à percer les nuages. Trop tard hélas, songea Latah. L’après-midi était déjà bien avancé, la température ne ferait que descendre maintenant, bientôt les gens rentreront dans leurs maisons et les rues seront désertes. La jeune fille soupira : il n’y aura probablement plus de client, et donc plus personne pour lui raconter des histoires. Elle se repositionna sur la caisse qu’elle utilisait comme siège, caché dans l’arrière-boutique du magasin familiale, et fit la moue, boudeuse.
La Nanthun avait passé une journée pour le moins mauvaise. Cela avait commencé lorsqu’une bande de filles avaient aperçu son anneau de cheville. Elles lui avaient dit le trouver très joli pour du toc, et elles avaient ensuite refusé de la croire lorsqu’elle leur avait maintenu qu’il était bien en argent et que son frère pouvait en attester. Elles s’étaient moqué d’elle pour avoir cru qu’Amok avait les moyens de s’acheter ce genre de chose, et lorsqu’elle leur avait rappelé qu’il était tout de même capable de les envoyer une par une dans le lac sans suer, elles avaient prétendu qu’un mort ne pouvait rien leur faire. Puis ces pestes l’avaient abandonnée là, au milieu de la route, rouge de colère et les larmes aux yeux.

La dragonnette savait qu’Amok était vivant, même si cela faisait longtemps qu’il n’était pas rentré. Elle savait… mais elle ne pouvait pas s’empêcher de douter. Sa dernière lettre remontait à trois mois maintenant. Et toujours personne ne l’avait vu sur les routes. Elle ne pouvait pas s’empêcher d’avoir peur pour lui.

Le pire, c’est que plus cela allait, moins elle parvenait à répondre à tous ces enfants qui l’agressaient verbalement. Elle ne comprenait pas pourquoi ils devenaient si méchants envers elle. Sa mère lui avait dit que c’était l’âge. Mais elle-même avait le même âge qu’eux et elle n’était pas méchante.

Des voix la tirèrent de ses pensées. Quelqu’un venait d’entrer dans le magasin. La jeune fille jeta un œil par l’embrasure de la porte, espérant apercevoir la personne. Du magasin, la porte de l’arrière-boutique était situé derrière le comptoir, la jeune fille pouvait donc de là où elle était voir les clients et (surtout) les écouter parler. Il s’agissait d’un homme avec un long manteau, et une sorte de besace à ses côtés. Les yeux de la jeune fille s’écarquillèrent en voyant cette dernière. Presque en même temps,  sa mère qui n’était ni plus ni moins que la vendeuse l’appela. Latah se rua dans la boutique et leva un regard plein d’espoir vers l’homme, qui lui tendit avec un sourire une lettre.

Elle lui arracha presque des mains, avant de se reprendre, de rougir et de le remercier du bout des lèvres. Puis elle retourna se réfugier dans l’arrière-boutique avant de déchiqueter en partie le haut de l’enveloppe et dans sortir ce qu’elle attendait depuis déjà trois mois.
La dragonnette ouvrit la lettre de son frère sans préambule.

Salut puce,

 Ça fait un moment que je ne t’ai pas écrit, excuse-moi d’accord ? Une partie des pages de cette missive vont aux parents, j’y réponds à toutes les questions que vous avez posées et aussi aux restes. Je me suis dit qu’il valait mieux séparer, parce que je ne pouvais sincèrement pas ne pas te raconter ce qu’il s’est passé, et ça va prendre un moment. Donc installes toi bien.

Ah, par où commencer… Comme tu le sais, j’étais il y a peu à Mytsbel. J’y étais en tant que garde d’un marchand, qui m’avait engagé aux alentours d’Eleshyë pour la durée d’un voyage sensé faire le tour des villages de la steppe du Phoenix. Nous sommes partis avec une caravane qui comptait environs une dizaine de marchand, leur chariot, leurs aides et quelques autres mercenaires. Parmi ceux-là, certains étaient affiliés à la caravane entière, et d’autres à des marchands spécifiques comme moi. Retient bien ça, ça va servir.

Le voyage s’est déroulé en bonne partie sans encombre, en tout cas pour nous autres mercenaires. Nous n’avons pas subi d’attaques massives, si ce n’est quelques prédateurs qui ont vite goûté le fil de nos lames. J’ai sympathisé avec Shiron, un autre épéiste lui aussi mercenaire. On s’est pas mal entrainé ensemble quand on avait rien d’autres à faire et que les marchands vendaient leurs objets. Il a plus d’expérience que moi, alors j’avoue qu’il m’a flanqué une ou deux raclées. Mais j’ai quelques tours dans mon sac : depuis qu’il a gouté à mon feu, il évite de faire le malin au corps à corps. Le problème, c’est que pendant que nous, on échangeait deux trois trucs et astuces, les marchands, eux, se retrouvaient à ne pas vendre autant qu’ils escomptaient.

Tu sais comment c’est. Pour qu’une expédition soit rentable, il faut liquider tous le stock et ne pas avoir beaucoup de dépenses. Sauf qu’entre ce qu’ils devaient nous payer, le fait de devoir nourrir leurs bêtes (et nous, au passage), et surtout le fait qu’une autre caravane nous avait devancé deux mois plus tôt en partant d’Eyhsari et que donc les villages étaient approvisionnés, et bien la rentabilité n’était pas vraiment là. Ça pesait beaucoup sur le moral des marchands. Nous, ça ne nous a pas dérangé jusqu’au moment où ils ont parlé de revoir à la baisse notre paiement.

Là, ça a commencé à partir un peu de travers. J’ai proposé à mon marchand de chasser une partie de la nourriture qu’il lui faudrait s’il ne baissait pas la prime : il a semblé sceptique jusqu’à ce que je lui ramène un lapin, et il a fini par accepter. Les autres mercenaires ayant des accords avec des marchands se sont débrouillés plus ou moins de la même manière, même si la majorité a préféré mettre un terme au contrat au prochain village avec le même ratio prix/temps passé qu’à l’origine plutôt que d’être payé moins chère à la journée sur tout le voyage. Je peux les comprendre, ça devenait un peu trop risquée par rapport à la prime. Ceux qui ont été engagé par la caravane, dont Shiron, ont discuté longuement avec les représentants. Il en est ressorti qu’on ne pouvait pas se passer d’eux, ce qui tombait sous le sens, hors ils refusaient qu’on baisse leur salaire. Au final, les marchands ont quand même baissé leur cachet.

À partir de là, l’ambiance n’était plus vraiment la même, je dois bien l’admettre. Il y avait une tension permanente entre nous et les marchands, et même entre mercenaires on ne parvenait pas à se relaxer. Les commerçants n’arrêtaient pas de nous jeter des regards mauvais lorsqu’on faisait mine de se détendre, ou de faire autre chose que garder leur stock en fait. Shiron en particulier se tendait plus que d’habitude, et je peux le comprendre. Parce que, petite sœur, je ne l’ai pas précisé, mais Shiron est un Ulfurbe.


Latah s’arrêta brusquement dans sa lecture. Un Ulfurbe ? Amok ne voulait quand même pas parler de cette race si violente et que tous disaient indignes de confiance ? Sa mère l’avait mainte fois mise en garde contre les anges noirs qui tenteraient de passer un pacte pour lui prendre son âme. Et pourtant voilà son frère qui se liait d’amitié avec l’un d’eux… Elle fronça les sourcils, incertaine de ce qu’elle devait penser, et reprit sa lecture.

Autant te dire qu’il recevait plus d’un mauvais regard à ce moment. Surtout qu’il est plutôt avare de mot et qu’il a cet espèce de tic, qui lui fait sortir sans cesse une pièce pour jouer avec. Certains ont trouvé ça horripilant, moi ça ne me gênait pas. Il essayait de ne pas se mettre en colère. Je connais ça.

Un jour, en plein milieu des steppes et à deux jours de marche du plus proche village, l’essieu d’une des charrettes à lâchés. Le marchand concerné s’est mis en colère comme jamais, prétendant que c’était un mercenaire qui avait fait le coup. Les autres ont essayé de lui faire entendre raison. Moi, j’étais avec Shiron et j’essayais de le calmer tout en me calmant aussi. Je crois que j’ai dut lui sortir tout ce que je connaissais de blagues vaseuses et que j’ai dut lui promettre quelque chose qui devait ressembler à la meilleure bière de tous les temps supplément vodka une fois qu’on aura fini notre contrat. Je ne sais pas si c’est grâce à ça qu’il a réussi à ne pas exploser, mais il a fini par arrêter de trembler et par me demander si je savais vraiment où trouver ce genre de boisson.

Plus tard, j’ai appris que la caravane était repartie en laissant le marchand et son chariot cassé derrière, et que lorsqu’il avait voulu nous suivre les mercenaires l’avaient menacé. J’aurais fait pareil, on était vraiment tous sur les nerfs.

Il faut que tu saches, petite sœur, que cet homme est probablement mort.

Nous avons continué à avancer. Parmi les marchands, certains avaient un peu trop bien absorbé ce qu’avait dit celui laissé derrière. La suspicion montait en flèche. Et vraiment, tout a dérapé pour un truc stupide. Je ne m’en souviens même plus. Une histoire de nourriture je crois. De toute manière, je n’ai pas assisté au début. J’étais partie à l’écart avec Shiron, pour pouvoir laisser parler un peu l’acier et lâché du lest. On a à peine eut le temps de commencer lorsque les éclats de voix ont retentit. Il s’est précipité vers les voix, moi vers mon marchand. C’était lui que je devais protéger après tout. Son chariot était en queue du convoi : malgré la distance il avait entendu l’escarmouche et était paniqué. Je lui ai dit de se planquer parmi ses articles et de ne pas faire de bruit.  Quand j’ai été certains que personne ne pouvait le voir et qu’on ne viendrait pas l’embêter, je suis parti moi aussi en direction des cris.

Parce que oui, entre temps, ça s’était mis à crier.
Tu n’es plus petite, puce, alors je ne vais pas censurer ce qui a suivi.


Latah sentit un frisson lui parcourir l’échine. Elle tourna la tête de droite et de gauche, constata que personne n’était dans les parages, et se mordilla une lèvre. Quelque chose lui disait que la suite ne serait pas rose.

Comme je te l’ai dit, je n’ai aucune de ce qu’il s’est passé, et je ne sais pas non plus qui a dégainé en premier. Mais plusieurs personnes gisaient dans leur sang, mercenaires comme marchand. Quelques marchands s’étaient cachés derrière une charrette, et devant eux Shiron se battait comme un fauve contre plusieurs autres mercenaires. Je n’ai pas réfléchit : Shiron est mon ami. Je l’ai rejoint, et on a fait parler l’acier. J’ai assez peu de souvenirs du combat, ça a été, je crois, très bref. Je me souviens par contre que Shiron était insaisissable. Il ne cessait de s’envoler, de piquer, de revenir avec une fureur que je ne connaissais pas. Je ne sais pas si c’est de le voir comme ça, se battre avec tout ce qu’il avait, ou si sa colère m’a en quelques sortes affectées, mais j’ai finis par me déchainer. Plus rien n’avait d’importance à mes yeux que le combat, que le sabre dans mes mains, que le feu qui semblait couler dans mes veines. C’était comme une sorte de transe. Tout ce qui me passait sous la main devait être battue, peu importe la douleur et les blessures.

Lorsqu’il n’y a eu plus personne devant nous, Shiron s’est retourné d’un bloc vers moi. Il a levé son épée, j’ai baissé mon sabre en l’appelant. Je ne sais pas pourquoi, je lui ai à nouveau promis sa bière. Il m’a regardé, vraiment regardé, et une partie du voile qui s’était abattue sur ses yeux s’est retiré. Il s’est détendu,  on a rengainé nos armes, et on a rassemblé silencieusement les survivants. J’ai utilisé mon contrôle du sang pour que mes plaies se referment plus vite. J’ai bandé le reste.

Sur les dix marchands du début, il ne restait que trois survivants, dont mon marchand. La moitié des aides de camp avait été abattu. Quant aux mercenaires, il ne restait que Shiron et moi. Tous les autres avaient soit quitté la caravane, soit s’était entretué. J’ai demandé à savoir ce qui s’était réellement passé, personne n’a su me dire plus que ce que je t’ai déjà dit. On m’a juste fait savoir qu’une partie des mercenaires en avait eu assez et que l’autre était resté fidèle à leur contrat.

Sur un commun accord, les marchands nous ont payé au prochain village et sont resté à attendre une autre caravane. Nous sommes partis presque immédiatement et nous avons voyagé en silence jusqu’à Mystbel, qui n’était pas loin de notre position. J’ai payé deux bières à Shiron. On a but. On s’est un peu laissé porter par l’ambiance  de ce village, assez apaisante. On s’est mis des pains dans la gueule aussi. Ça a duré trois jours. Les gens qu’on a tué là-bas, petite sœur, c’était des gens avec qui on avait ris, avec qui on avait râlé. Il fallait qu’on digère. Après ça, il s’est excusé. Au début je n’ai pas compris, puis il m’a expliqué. Les plumes d’Ulfurbes peuvent être utilisés comme des projectiles empoisonné, et leur poison, c’est un pêché. Le pêché de Shiron c’était la colère, bien sûr. Il m’a dit que lorsqu’il m’avait vu attaquer à ses côtés, il avait eu peur que je finisse par me retourner contre lui, alors il m’avait touché avec une plume. Pour que je ne puisse pas penser à le trahir.

Je suppose qu’il ne s’attendait pas à ce que j’ai l’habitude de cet état et à ce que je sois même plus lucide que lui. Je lui en veux d’avoir essayé de me manipuler, mais très franchement ça n’a rien changé. Disons que je lui ai mis une ou deux droites bien sentit et que l’ardoise est réglée.
À l’heure où je t’écris, il est reparti de son côté. Je comprends pourquoi maman veut que l’on se méfie des Ulfurbes, leurs pouvoirs ont un côté terrifiant. Mais j’ai le sentiment qu’ils subissent aussi beaucoup en échange. En tout cas c’est ce que j’ai vu en Shiron, peut-être que ce n’est pas toujours le cas.

    Fais attention à toi d’accord ?

Ton grand frère.


Les yeux de Latah restèrent figés sur la dernière ligne pendant un moment. Son frère avait tué sous l’impulsion d’un Ulfurbe. Elle secoua la tête : non, il avait dit que cela n’avait rien changé. Ce n’était pas le démon qui lui avait dicté quoi faire. Son frère était encore le même, il n’était pas entaché par la noirceur du monde. Il ne pouvait pas l’être. La jeune fille pressa la lettre contre sa poitrine. Elle espérait qu’il allait bientôt passer à la maison, qu’elle puisse vraiment se convaincre qu’il n’avait pas changé.

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Jeu 29 Juin - 18:24
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