[Quête d'Artefact Neutre : Le Croc Du Clan][+18] Le Grand Méchant Loup

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Norphis - Abund - II
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Il ne me restait plus beaucoup de temps avant la fin du cycle lunaire et j'avais fait presque l'entièreté du chemin, je pouvais déjà apercevoir la fumée de ce qui devait être un immense feu de joie. Dans quelques heures, la lune disparaîtra pour laisser place à l'astre solaire et je n'étais pas franchement rassuré de ce qu'il allait se passer la-bas. Comme Alyna me l'avait dit, les Frères du Croc n'était pas franchement très accueillant et j'avais quelques doutes sur la manière avec laquelle j'allais devoir les aborder. Je pouvais la jouer franc-jeu et leur dire que je voulais défier leur chef en duel, au risque de me faire empaler au moment même où je me ferais repérer. Je pouvais être discrète aussi, mais cela dépendrait grandement d'où le Croc du Clan est gardé et vu que la lune est pleine ce soir, ils seront probablement en plein milieu de leur rituel tribaux et autres sauvageries sans queue ni tête rendant cette possibilité impossible à mettre en place. Maintenant, il y avait toujours une troisième manière de les aborder et celle-ci était ma préférée. Le tout était de ne pas se faire remarquer par les possibles gardes du villages et de pouvoir confronter directement le dieu-chef de ce groupuscule, mettant en jeu son honneur directement rendant mon assassinat par des dizaines de Nanthuns fanatique impossible. Mais ce n'était pas si simple.

Après avoir gravis une colline je vis enfin l'origine de la fumée et cela affirma ma théorie sur le fait que ce soit un feu de joie dressé par les Frères du Croc à l'occasion de leur petite fête. Je n'étais pas si loin, à peine quelques dizaines de mètres me séparaient du campement, et je fus soulagée de voir que j'étais arrivé à temps. De ce que je pouvais voir de cette distance, ils semblaient tous regrouper au même endroit. Pas un seul d'entre eux ne semblait garder les entrées du village et ils formaient tous un cercle autour du feu de joie. A l'extérieur du cercle et faisant face à la lune, se trouvait un trône fait de crânes et de peaux d'animaux ensanglantés. Je dévalais les quelques mètres me séparant de l'entrée du campement des Frères du Croc pour éviter que l'un d'eux me repère et que je me retrouve avec une horde de Nanthuns fanatiques me poursuivant.

Entrant enfin dans le village, je vis qu'effectivement il n'y avait aucun gardes ni même une vigie pour surveiller le campement. Ils doivent vraiment tenir à leurs rituels de sauvageons. Je m'approchais lentement de l'endroit où se trouvait le feu de joie et, quand j'eus enfin une ligne de mire sur les événements qui s'y passaient, je fus témoin d'une scène particulièrement affreuse. J'essayais de faire abstraction des cris effroyables que poussaient deux Esdere alors qu'au moins cinq Nanthuns étaient entrain d'assouvir leurs pulsions sur leurs pauvres corps, son consentement n'étant pas vraiment une de leurs préoccupations. J'essayais aussi de ne pas me fixer sur les nombreux cadavres d'Esdere ornant le sol. L'endroit était une boucherie sans pareille, voir pire qu'une boucherie. Entre les nombreuses femmes n'étant visiblement là que pour servir d'objets multifonctions aux hommes du Clan et les cadavres parsemant le sol ça et là, recouvrant celui du si délicieux fluide vital, c'était littéralement un charnier de chair et de sang qui se trouvait devant moi et au milieu de tous ce charnier se trouvaient six personnes.

Cinq d'entre elles étaient attachés, les pieds et les mains liés, et avaient été placés devant le trône d'os. La sixième personne était plus remarquable que les autres, il était actuellement assis sur ce même trône. Il portait des vêtements fait de plusieurs peaux de différents animaux, allant de l'ours jusqu'au loup et avait le Croc du Clan bien en évidence attaché à son cou. Mais alors que je voulu me montrer et faire face à ce qui semblait être le chef du groupuscule, celui-ci commença à parler.

« Mes Frères et mes Soeurs ! Il est enfin l'heure d'accomplir le rituel qui permettra aux Anciens Dieux de trouver le repos ! Que l'on m'amène le Purificateur d'Hérétique ! Moi, Malazar ! Dieu Vivant des Frères Du Croc, mettra fin à la vie de ces pauvres ères et les guidera vers un monde où  ils seront punis pour leurs péchés ! »

Les Frères du Croc arrêtèrent leurs activités, tuant sur le coup toutes les femmes encore en vie. Deux Nanthuns amenèrent alors quelque chose qui était roulé dans un tissu tâché de sang, cela semblait assez lourd et ma théorie vu juste en voyant Malazar sortir une énorme hallebarde du tissu. Ce fut à cet instant que je réalisais à quel point la force de mon adversaire était énorme. Là où deux Nanthuns avaient eu du mal à la porter, il venait tout juste de la prendre et ceux qu'avec une seule de ses mains. Il était certes fort, mais j’espérais qu'il manquerait de vitesse. Il s'approcha des cinq prisonniers avant de s'exclamer, s'adressant aux autres Frères du Crocs.

« Moi, Malazar, dernier Dieu détenteur du Croc, déclare la cérémonie de la Purge, ouverte ! »

Il s'approcha alors de l'un d'eux et le fixa longuement dans les yeux tandis que celui-ci lui cracha soudainement au visage. C'était un Ulfurbe, et il semblait particulièrement hargneux. Malazar lui sourit avant de lui dire, mettant la lame de la hallebarde sous le cou de l'individu.

« J'aime ton caractère, Ulfurbe, souhaites-tu te battre pour obtenir ta libération ? »

Pas même un instant d'hésitation, alors que l'Ulfurbe se mit à rire aux éclats.

« Quand tu veux, gros tas ! Mais si tu as un minimum d’honneur et de courage tu te battras avec tes poings ! »

Malazar hocha de la tête avant de laisser tomber sa lourde hallebarde sur le sol, laquelle frôla la tête du second prisonnier qui vida sa vessie sous le coup de la peur, avant de faire détacher l'Ulfurbe. Celui-ci se mit alors face à Malazar et le combat commença. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le géant qu'était le Nanthun était assez rapide. Ce n'était pas une vitesse exceptionnelle mais il n'était pas non plus une statue. Malheureusement pour lui, l'Ulfurbe trouva une ouverture avant de lui asséner deux coups qui le firent tomber à la renverse. Étais-ce si facile ? Personne d'autres n'avait réussi l'exploit de le mettre à terre alors qu'il lui fallait si peu ? L'Ulfurbe s'approcha et voulu saisir le Croc du Clan mais au moment où il se baissa, la main du géant vint lui saisir la tête avant de violemment la plaqué au sol. Le corps de l'Ulfurbe devint inerte et Malazar se releva. Un rire rauque éclata, alors qu'il s'exclama.

« Comme d'habitude, il faut laisser un peu d'espoir aux hérétiques avant de briser leurs rêves ! Ha ha ! »

Il saisît alors le corps de l'Ulfurbe et vint fracasser le dos de l'être violemment sur son genou, dans un horrible bruit de craquement et de cassure. Il le lâcha au sol et, tandis que l'Ulfurbe était entrain de prendre le dernier souffle que ses poumons pouvaient prendre, il prit sa hallebarde avant de prononcer une phrase d'un air solennel.

« J'offre ton esprit aux Anciens Dieux. Puisses-tu devenir une proie éternelle sur leur terrain de chasse et ainsi faire partie de la Chasse Sauvage ! »


Il abattît la lourde lame sur la nuque de l'Ulfurbe qui se retrouva dépourvu de sa tête tandis que son sang se répandait sur le sol. Un cri de panique émana des prisonniers tandis que des réjouissement toujours plus grands venaient de la foule. Malazar parla une nouvelle fois.

« Alors ! Quelqu'un d'autre veut affronter Malazar, Dieu du Croc ?! »


« Moi. »

Plus soignée comme entrée, j'avais rarement fait. J'étais sortie de ma cachette et me dressais actuellement face à la foule et surtout face à Malazar. Il y eut un murmure de protestation dans la foule de Frères du Croc, et certains d'entre eux étaient à deux doigts de vouloir m'égorger.

« Et qui es-tu donc ? »

« Je suis Ak... Akari Ilias, une Norphis. »


« Parfait ! Une Norphis ! Vient donc, devant le trône. Je veux te voir de plus près. »


Je passais à travers le cercle de Frères du Croc avant de m'arrêter à quelques mètres de Malazar.

« Drôle d'accoutrement pour une Norphis, je vous croyais un peu plus pompeux que cela. »


« Je suis ici pour le Croc, mais je ne souhaite pas d’effusion de sang ! »

Un autre rire rauque et gras émana du Nanthuns suivit par tous les autres Frères du Croc. Il dit alors, se retenant de rire.

« Tu es au mauvais endroit ma petite, si tu veux jouer à la poupée ce n'est pas ici. La seule chose que tu risque de recevoir ici... »

Il prit alors un ton beaucoup plus sérieux.

« ...Ce sera ta récompense. Ton éternelle récompense. Mais pas avant de t'avoir fait souffrir pour avoir interrompu le Rituel de la Pleine Lune. »

Si ça n'aurait pas été trop tard pour m'enfuir je l'aurais sans doute fait dans l'instant. Le Nanthun faisait au moins deux mètres et devant ma frêle carrure, il devait trouver en moi un adversaire risible. Je fis un pas en avant, me préparant à lâchement assassiner le Nanthun mais avant que je puisse faire quoi que ce soit, il reprit la parole.

« Néanmoins ta présence est une bénédiction pour mon peuple. Vois-tu les Frères du Croc ont des rituels très strict, qu'il est important d'accomplir pour empêcher les Anciens Dieux de ravager notre monde. Le Rituel de la Pleine Lune est le plus important. »

Il fit quelques pas avant de s'avancer vers un des prisonniers, qui s'avérait être un Lie'Jä. Il se tourna vers moi et continua son explication.

« Nous réunissons des membres de six races différentes, et les sacrifions en l'honneur de nos Anciens Dieux pour calmer leur colère tout en remplissant leur terrain de chasse éternel. Mais comme tu peux le voir, nous n'avions que cinq sacrifices aujourd'hui, après l'échec cuisant d'un de nos guerriers. Fais attention d'ailleurs, tu as le pied dans sa cage thoracique. »

J'agitais la jambe pour me débarrasser des os tandis que Malazar continuait son histoire.

« Et tu es arrivée à point nommé ! Tu feras un magnifique sixième sacrifice, petite Akari. »

Il prit sa hallebarde et posa une question au Lie'Jä à ses pieds.

« N'es-tu pas content ? Toi, un être inférieur, va rejoindre la grande chasse des Anciens Dieux, prend le comme un honneur ! »

« Arrêtez ! Combattons maintenant ! Évitons des effusions de sang inutile ! »

« Demande rejeté. Il est clairement précisé dans nos anciens écrits que les fils de la lune doivent être sacrifié lorsque celle-ci a disparu ! Il serait dommage que tu meurs avant... »

J'aurais voulu protester, mais je doute que bafouer les rituels sacré de sauvageons ne m'apporte la moindre chance de survie. Il se retourna vers le le Lie'Jä et prépara sa hallebarde devant son silence, celui-ci semblant résigné à mourir. Un coup simple, net et précis fendît le crâne de l'être en deux tandis que Malazar retira avec force la hallebarde de la chair et c'est une flaque de sang qui vint imbiber le sol déjà rouge. Il prononça la même phrase qu'il avait prononcé lors de la mort de l'Ulfurbe.

« J'offre ton esprit aux Anciens Dieux. Puisses-tu devenir une proie éternelle sur leur terrain de chasse et ainsi faire partie de la Chasse Sauvage ! »

Il s'approcha ensuite d'une Aetrayel, qui semblait en bien mauvais état.

« Vois-tu, cette Aetrayel, cet être de lumière était venu faire la même chose que toi. Nous sommant d'arrêter nos sacrifices pour la paix et le bien de tous. Vois ce qui advient à ceux qui défit les Frères du Croc ! »


Chacune des plumes des ailes de l'Aetrayel avait été arraché tout comme ses vêtements l'avait été.  Le corps de l'être lumineux était profondément marqué par de sévère coup. Des blessures ouvertes et purulentes, des marques de strangulation intense. Rien qu'à voir sa posture recroquevillés et tremblante on pouvait deviner que les derniers jours avait été particulièrement intense sur sa santé mentale. Je pouvais facilement imaginer toutes les atrocités qu'elle avait subit. Un détail me marqua assez rapidement : elle n'était pas attaché. C'était comme si elle n'avait même plus la force de vouloir en sortir vivante, même plus la force pour maintenir une certaine fierté avant la mort. Malazar la regarda quelques secondes et cracha de dégoût avant de faire la même chose qu'il avait fait au Lie'jä et à l'Ulfurbe. Comme tout à l'heure il prononça la même phrase du même air solennel. Il fit quelque pas, tout en prenant un bout de tissu pour nettoyer la hallebarde du sang et des résidus corporelles qui tachaient le métal. Il s'arrêta devant une Esdere, visiblement en pleurs, et s'adressa à elle.

« Et toi ? Peut-être as-tu quelques chose à dire pour te purger de tes pêchés avant que l'honneur de rejoindre les Anciens Dieux ne te soit accordé ? »

« Je vous en supplie ! Je ferais tous ce que vous voulez mais épargnez moi ! S'il vous plaît ! »


« Tous ce que je veux hmm ? Eh bien, Esdere, offre moi donc la domination totale sur Langzyliah et des pouvoirs infinis sur son peuple ! »

« Mais... Je ne... Non ! »


« Non ?! Tu ne peux donc pas ? Dommage pour toi... »


La hallebarde balaya l'espace sur un grand périmètre avant de trancher vif la gorge de la femme. Je détournais le regard pour éviter d'observer la scène mais j'entendis clairement le bruit sanglant de la tête de l'Esdere se fracassant contre une paroie rocheuse non loin de là. Il récita une nouvelle fois sa phrase rituelle avant de se déplacer vers un Naga se trouvant ici. Si il était plutôt séduisant, son visage montrait plutôt un taux de panique élevé et j'avais remarqué qu'ils avaient réussi à se libérer les mains. Je ne sais pas ce qu'il attendait mais je sentais que son plan était trop improbable pour marcher. Je doute que le Nanthun se fasse avoir par une attaque surprise et je craignais que le Naga passe un mauvais quart d'heure si il ne réussissait pas son attaque. Malazar s'approcha enfin de l'individu tandis que je restais planté là. Les regards de tous les frères du croc étaient fixés sur moi et je n'osais bouger d'un pouce sans craindre de me faire trucider dans la seconde qui suit. Alors que Malazar leva sa hallebarde très haut et commença à réciter ses paroles rituels, le Naga saisît un os cassé se trouvant sur le sol et planta violemment celui-ci dans la hanche du géant, le déstabilisant. Malazar , alors que le Naga commençait sa fuite, agrippa alors la queue serpentine du Naga et le souleva de terre, le visage hargneux. Je ne savais pas pourquoi mais étrangement chaque théorie que j’émettais se transformait en réalité. Espérons que la prochaine théorie soit sur la mort de Malazar. Alors que le Naga poussait des cris de douleur par rapport à la force employé par Malazar, celui-ci, la haine se lisant sur son visage, poussa un juron avant d'hurler.

« Personne ! Personne sur ces terres n'a le droit de verser le sang pur et parfait d'un Dieu Vivant ! As-tu bien compris Naga ?! Ton âme n'aura pas l'honneur de rejoindre le terrain de chasse de la Chasse Sauvage, non ! Tu pourriras dans les geôles infernales du Grand Froid ! Et tu vivras une éternité de souffrance pour avoir oser lever la main sur un Dieu ! »


Il jeta violemment le Naga à terre et, alors que celui-ci commença à pousser un cri effroyable, leva sa hallebarde avant de le trancher net au niveau de la séparation entre la partie serpentine et la partie plus humanoïdes. Je détournais une nouvelle fois le regard pour ne pas voir les détails de la scène. Malazar se tourna vers moi et enleva le bout d'os de sa hanche avant de m'adresser la parole.

« A toi Norphis ! Met-toi au milieu du cercle des Frères, que ce combat soit plus honorable. Je suis étonné que tu n'es pas fuit ! Une seule arme est autorisé, la magie est utilisable. Ce sont mes seuls conditions. En garde Croc Lunaire. »


Je me mis en position avant de sortir ma double lame de mon sac. Je ne l'avais utilisé que très rarement et j'avais encore du mal avec le maniement de la lame lorsqu'elle n'était pas séparé. Peut-être qu'utiliser une simple rapière aurait été plus efficace mais j'avais toujours le moyen de séparé mes lames pour retrouver une posture plus agréable. Ce fut Malazar qui commença le combat, la haine de s'être fait blessé par le Naga toujours présente dans ses actions et sur son visage. Il me chargea, frôlant le feu de joie se trouvant au centre du cercle dans lequel le combat se déroulait. J'esquivais facilement l'assaut mais, m'approchant trop près du bords du cercle, je fus surprise de voir que l'un des Frères du Croc agrippa ma cheville et tenta de me faire tomber. Alors que j'essayais de me libérer de l'emprise, Malazar lança une nouvelle charge dans ma direction. J'arrivais enfin à faire lâcher le Frère du Croc et j'esquivais de peu la hallebarde du prétendu Dieu Vivant. Malheureusement pour celui qui m'avait agrippé, la charge de Malazar se termina maladroitement et son visage se trouva dans la trajectoire de l'arme du géant.

« Vous pourriez au moins dire à votre groupe de ne pas intervenir ! »


Il délogea le malheureux tricheur de sa hallebarde avant de répliquer.

« Vous l'avez entendu mes Frères, laissez ce combat dans l'honneur qu'il mérite ! »


C'était à mon tour de mener l'assaut. Plusieurs petits assauts pour être exact et chacun d'entre eux vinrent entailler le Nanthun, le faisant enrager de plus belle. Je ne savais pas si c'était une bonne idée mais je n'avais pas vraiment le choix, il ne fallait pas que je le laisse utiliser le Croc du Clan ou je pourrais avoir d'encore plus sérieux ennuis. Dans un dernier assaut, je le fis tomber à la renverse mais manqua le coup final tandis que je faisais un bond en arrière. Son corps était inerte mais je pris ceci comme la même ruse qu'il avait utilisé contre l'Ulfurbe. Je m'approchais doucement du corps du géant, et, lorsqu'il voulu mettre sa ruse à exécution, fit un autre bond en arrière en esquivant la poigne de Malazar. Il se releva lentement et pendant cette interstice, je détachais mes lames pour gagner en vitesse d’exécution avant de tracer une croix sanglante sur le torse du géant qui tomba en arrière de plus belle. Je re-attachais mes lames avant d'observer le corps du Nanthun qui mettait du temps à se relever.

Il était essoufflé mais il était encore en pleine possession de ses moyens malgré la blessure infligée. Il me regarda quelques secondes dans l’œil avant de me dire, le ton hargneux.

« Tu te bats bien pour une Norphis ! Félicitation, tu sera l'une des première à me voir utiliser le pouvoir ultime que possède le Croc du Clan ! »

Je voulu mener un ultime assaut pour l'achever avant qu'il n'active ce fameux pouvoir mais je n'eus le temps de faire ce que je voulais. Il enserra le Croc dans sa main gauche et un hurlement bestiale émana de lui. De la fourrure commença à pousser d'un peu partout et ses bras s'allongèrent avant de devenir deux énormes pattes de canidé disproportionnés par rapport au reste de son corps. Sa tête s'allongea elle aussi pour former la gueule d'un loup et ses jambes finirent elle aussi par changer d'apparence pour se transformer à ce qui ressemblait à des pattes de canidés encore une fois. La transformation n'était néanmoins pas totale puisqu'il avait gardé son torse plus ou moins intact et que sa colonne vertébrale n'était pas touché. Il avait la stabilité d'un humanoïde et la puissance d'un animal, une sorte de guerrier amélioré. La était donc le vrai pouvoir du Croc. Il serait efficace d'appendre à m'en servir si jamais j'arrivais à soutirer le Croc à Malazar.

Il se rua vers moi à une vitesse impressionnante malgré sa taille et j'esquivais à peine son attaque qui me causa une longue entaille le long du bras gauche. Il lança un second assaut, puis un troisième que j'avais de plus en plus de mal à contrecarrer. Il lança alors son quatrième assaut qui me propulsa en arrière et me fit atterrir lourdement sur le sol. Il s'avança lentement vers moi tandis que j'essayais de récupérer mon souffle et se jeta soudainement sur moi. Je bloquais difficilement son attaque avec ma double lame mais il commença à mettre tout son poids sur la lame pour faire céder ma garde. La force fut telle qu'il fit lentement descendre ma garde jusqu'à ce que finalement le manche de ma double lame ne commence à m'étrangler. Je ne pouvais ni séparer les lames sans quoi je prendrais tout son poids directement sur ma gorge et je n'arrivais même pas à soulever la double lame ne serait-ce qu'un tout petit peu pour me libérer de l'attaque de l'homme-bête. Ma vision de brouilla rapidement et malgré tout mes essais pour me libérer, toute action était vaine. Dans un dernier sursaut de conscience, je donnais un coup de pied dans la hanche de Malazar. Ce fut sans doute le plus gros coup de chance de ma vie puisque le coup de pied toucha la blessure qu'avait causé le Naga avec l'os brisé.

Cela fit reculer le Nanthun et me permis de retrouver mon souffle. Je me relevais aussi vite que je le pouvais malgré mon état affaibli et pris une posture plus ou moins efficace, étant appuyé sur ma double lame pour pouvoir tenir debout, tandis que l'homme-bête voulu recommencer ses assauts. Il chargea tête la première vers moi et n'étant pas capable d'esquiver, je m'écroulais sur le sol en espérant éviter son coup. La première chose que j'entendis après son attaque furent des hurlements canins ressemblant plus à des cris de douleurs humanoïdes qu'autres chose. Sa charge avait finit directement en plein sur le feu de joie et les poils avaient commencés à prendre feu, lui causant d'intense brûlure. Me relevant avec mes dernières forces, je saisissais la double lame et détachais l'épée longue et de la dague qui la composait. Lâchant la dague au sol, je mis tous ce qui me restait dans un coup de l'épée longue alors que la lame entra difficilement dans la gorge de l'homme-bête, celui-ci se vidant de son fluide vital.

Je m'écroulais une nouvelle fois au sol, suivit peu après par le cadavre de Malazar. Des cris stupéfié émanèrent des Frères Du Croc. Je rampais jusqu'au corps sans vie du Nanthun et planta à répétition ma dague dans son corps inerte pour m'assurer de sa mort. Me relevant difficilement, je combinais de nouveau mes deux lames avant d'arracher le Croc d'autour du cou de Malazar. Celui retourna immédiatement à sa forme normale tandis que j'attachais le Croc autour de mon cou. Tous les Frères du Crocs me fixèrent longuement et en silence tandis que je m'essayais à dire quelque chose.

« Je... Je suis votre nouvelle déesse c'est ça ..? Eh bien... hum... Moi ! Akant... Akari, votre Déesse Vivante, vous ordonne de vivre une vie voué à faire le bien ! Je vous ordonne d'allez à Lières et de vous rendre auprès d'une certaine Alyna, elle sera votre nouveau guide dans l'obscurité et vous devrez lui obéir en toute circonstance ! Partez, maintenant ! Votre déesse à besoin de s'enfu...de se ressourcer ! »

Un à un ils se levèrent, s'inclinèrent devant moi et prirent le chemin de Lières. Je ne savais pas qu'il suffisait de se prétendre Déesse pour manipuler les foules, il faudra que j'essaye dans les Souterrains Interdits... Je m'approchais du corps sans vie des cinq prisonniers et passa la fin de la nuit à leur creuser une tombe avant de m'en aller de ce maudit endroit. J'espérais juste que les Frères du Croc ne seront pas trop un problème à gérer pour Alyna, dans le pire des cas elle les jettera en prison et ils ne poseront plus aucun soucis pour Langzyliah. Pour l'instant, tous ce dont je rêvais était un bol de sang et un bon lit douillet.

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Jeu 22 Juin - 7:25
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