L'Équipage Maudit [Solo]

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Naga - Fulmine - II
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Incapable de dormir, Khyn observait les flots agités de l'écarlate Mer d'Orichalque. Fort heureusement, l'on était bien loin de la tempête essuyée la veille, et des trombes d'eau qui s'étaient inlassablement abattu sur le bateau, toute la journée durant. Les vagues venaient tout de même se briser avec fracas contre la coque de l'Espadon, comme pour lui rappeler qu'elles étaient prêtes à se remettre en colère à tout instant. L'Espadon... Drôle de nom pour un navire aussi lent... ce qui en disait long sur l'humour et le sens de l'ironie dont était doté son capitaine. Ou peut-être était-ce révélateur de sa stupidité sans borne et de sa criante absence de lucidité. Alors que l'Ulfurbe de la Luxure riait doucement à cette idée, il ressentit un bien étrange changement dans l'atmosphère. Un calme surnaturel s'installait peu à peu... L'astre lunaire, en croissant, se reflétait malicieusement sur la surface vermeille d'une eau troublée par la brise. Le reflet, sans cesse vacillant, avec quelque chose de profondément inquiétant. Un paysage paradoxalement délicieux pour le jeune Ulfurbe qui, il y a quelques mois de cela, ne connaissait du monde que les flèches noires et les monuments tordus de la Forteresse Maudite. Si quelques marins s'affairés ici et là, personne ne vint déranger Khyn, nonchalamment accoudé au bastingage, les yeux dans le vague. Kal'Mah était enfin enfin endormi, dans la cabine qu'ils partageaient. Sans doute les multiples tentatives de meurtre des derniers jours l'avaient épuisées... Le lubrique Ulfurbe poussa un léger soupir. Il avait trouvé en Ylith une véritable amie, mais son fils adoptif était une véritable saloperie. Jaloux et possessif à l'extrême, il avait la désagréable manie de tenter de tuer tout autre être vivant s'approchant un peu trop de sa déesse-mère... Fort heureusement l'intellect bien supérieur de Khyn lui avait permis de déjouer sans mal les multiples tentatives d'assassinat du Muruhagin, qui s'étaient révélées être fort prévisibles. Alors que le jeune homme se demandait où pouvait bien être son amie à écailles, une brume épaisse se leva sur son monde. Les vagues moururent soudainement et le vent lui-même sembla disparaître. Comme si la Mer tout entière retenait son souffle, terrifiée... Une peur instinctive gagna le cœur du jeune homme, et un incontrôlable frisson s'empara de son échine.
C'est alors qu'un autre navire vint crever le rideau de volutes, dans un silence surnaturel. Pétrifié, Khyn regarda le bâtiment dévasté s'approcher doucement, sans vent ni rames. Les voiles étaient en lambeaux et la coque elle-même était trouée en plusieurs endroits. L'on aurait dit qu'il avait déjà connu mille et un naufrages... Pire que tout, des silhouettes difformes se déplaçaient sur le pont, traînant leur carcasses décharnées d'une bien hideuse façon. Soudain, un harpon rouillé vint se planter à quelques pas de l'Ulfurbe avec un bruit mat. Soudainement tiré de sa torpeur, il se précipita en direction du marin le plus proche, qui avait cessé de travailler. Les yeux écarquillés, il fixait le bateau fantôme en balbutiant des paroles incohérentes. Sans ménagement, Khyn lui adressa une gifle monumentale.
- C'est quoi ce navire ?
- L... L'équi-l'équipage mau...dit... Bégaya-t-il en tombant à genoux.
Il avait déjà abandonné tout espoir. C'était à Khyn de sonner l'alarme visiblement. Sans hésiter plus longtemps, il commença à hurler en courant en direction des cabines. Tambourinant sur chacune des lourdes portes de bois, l'Ulfurbe tacha de réveiller tous les occupants de l'Espadon, tout en prenant soin de les avertir du danger qui approchait... Lorsqu'il aperçut la porte de sa propre chambre il hésita un court instant. C'était l'occasion rêvée d'enfermer Kal'Mah et de l'abandonner à un funeste sort. Mais Ylith ne lui pardonnerait jamais s'il lui revenait seul.
- Bordel... Soupira-t-il en ouvrant le battant à la volée.

Accompagné d'une vingtaines de marins (et d'autres passagers) armés d'épées, de haches et de dagues, les deux acolytes d'Ylith Isz attendaient l'arrivée du navire dévasté. Un silence plus épais que de la poix régnait sur la Mer d'Orichalque, tandis que les brumes blanchâtres se tortillaient affreusement devant leurs yeux... Khyn inspira profondément, dans l'espoir de ralentir les battements frénétiques de son cœur. En vain. La peur de la mort l'avait gagné, et ne le lâcherait plus jusqu'à ce qu'il se tire de ce mauvais pas... ou jusqu'à la toute fin. L'Ulfurbe de la Luxure déglutit bruyamment en réalisant qu'il n'avait toujours pas goûté à l'intimité d'une femme-oiseau. Il ne pouvait pas partir avant ça... Il devait survivre, coûte que coûte. Masquant sa terreur avec un sourire faussement assuré, il tira sa fine épée de son fourreau. Un froid magique vint peu à peu envahir son bras gauche, couvrant sa peau d'une fine pellicule de givre, transformant ses ongles en griffes gelées.
- Juste au cas-où... Je préférerais encore ne pas m'en servir. Marmonna-t-il pour lui même.
A ces côtés, Kal'Mah avait dégainé ses deux cimeterres, et les faisaient s'entrechoquer toutes en effectuant un genre de danse bizarre. Ses pieds griffus claquaient contre le sol, en rythme avec le chant de l'acier et le grincement de ses crocs tranchants. Troublés, plusieurs marins s'éloignèrent du petit monstre qui ne leur avaient pourtant causé pas le moindre tort jusque là. C'était tout simplement trop bizarre pour eux. Les deux bâtiments étaient désormais côte à côte, et l'on pouvait désormais aisément deviner la nature des pirates... Dévorés par les poissons, le sel et le temps, l'équipage maudit avait cessé de vivre depuis longtemps. Émanant de ces êtres contre-natures, une puanteur iodée viciait l'air. Le bois gémit lorsqu'une lourde planche, couverte de bernacles et rongée par les embruns, s'abattit lourdement sur le pont. Puis une seconde. L'instant suivant, les morts-vivants déferlaient sur l'Espadon. Leurs mâchoires désarticulées ne produisirent pas le moindre son, alors même que leurs coutelas déchiquetaient la chair et les os.
Prudents, l'Ulfurbe et le Muruhagin se contentèrent d'observer les marins combattre les abominations pélagiques dans un premier temps. Mais ils n'étaient pas assez forts, et surtout pas assez nombreux. Le premier homme tomba quelques instants après l'abordage, une lame crantée profondément fichée dans la poitrine... A peine s'était-il écroulé que deux créatures putréfiées s'emparaient de son cadavre pour l'emmener en direction de leur funeste navire. Alors même que Khyn s'interrogeait sur la raison d'un tel comportement, sa réflexion fut troublée par l'attaque d'un pirate littéralement squelettique. Sa peau et sa chair n'étaient plus qu'un lointain souvenir, ses os étant désormais recouverts par des couches putrides d'algues et de coraux morts. Au moins avait-il conservé un semblant de visage. L'une des orbites étaient occupées par un tentacule de seiche, tandis que de l'autre pendait un globe oculaire noirâtre. La créature s'autorisa une parodie de sourire, qui étira ses chairs putréfiées pour dévoiler des dents plus pourries encore, parmi lesquelles se cachaient le reste du céphalopode qui avait élu domicile dans son crâne. Sans avertissement, la lourde hache d'arme du mort-vivant s'abattit brutalement en direction du pauvre Ulfurbe. Désemparé, il effectua un bond en arrière pour voir l'acier cogner brutalement le bois, y laissant un gros impact. La lame était bien trop émoussé pour s'y planter... Mais bien assez lourde pour lui briser l'échine. Profitant de la lenteur de son adversaire, Khyn effectua une fente vers l'avant et ficha son épée dans la bouche de l'être difforme. Les tentacules de la petite sèche s'agitèrent frénétiquement alors qu'elle agonisait avant de s'immobiliser à jamais. Dans le même mouvement, le jeune homme plaqua sa main gauche contre ce qui restait du ventre de son adversaire - des vertèbres sur lesquelles s'enroulaient varech, intestins pourris et lambeaux de peau. Trempé, le grotesque amas organique se recouvrit aussitôt d'une épaisse couche de glace, qui pénétra jusqu'à la moelle même du maudit pirate. Comprenant le danger qu'il encourait, le mort-vivant effectua un pas de côtés en balançant le bras qui tenait sa hache. Souplement, Khyn s'abaissa pour éviter la décapitation tout en s'emparant du fourreau qui battait son flanc. Faisant appel à toute sa force, il asséna un coup puissant avec la canne de bois et d'acier, qui d'ordinaire dissimulait son épée. Le choc se propagea rapidement au travers de l'os froid, le faisant finalement voler en éclat. Brutalement, la partie supérieur du mort-vivant s'effondra en avant, lâchant malencontreusement la poignée de son arme. La soulevant avec difficulté, l'Ulfurbe la laissa violemment retomber sur la nuque de la créature, qui céda instantanément. Décidément, les cruelles leçons d'Ylith avaient porté leurs fruits.
- En voilà un qui ne pourra plus marcher avant un peu de rafistolage, souffla le jeune homme en s'épongeant le front machinalement.

1413 mots.



Lun 19 Juin - 22:29
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Naga - Fulmine - II
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Tout autour de lui, la bataille faisait rage. L'on pouvait entendre le cri du métal et les gémissements du bois, parfois couverts par les hurlements des vivants. Mais les morts, eux, continuaient leur oeuvre macabre sans émettre le moindre son. Du coin de l'oeil, Khyn aperçut Kal'Mah qui peinait à affronter deux pirates putréfiées à la fois... Le lubrique Ulfurbe fit un premier pas dans sa direction, avant de s'immobiliser en proie au doute. Ylith pourrait-elle lui reprocher la mort de son fils adoptif ? Après tout ce n'était pas de sa faute s'ils s'étaient fait attaquer par un équipages entier de créatures macabres...
- Et puis merde.
Khyn fonça en direction du Muruhagin, déviant de justesse le coutelas qui allait lui trancher la tête. Le petit monstre amphibie jeta un drôle de regard à son sauveur, où se mêlaient surprise, incompréhension et reconnaissance. Il gargouilla quelques paroles incompréhensibles puis se concentra sur son adversaire à nouveau. Le pirate qui faisait désormais face au jeune pervers était mort bien plus récemment que le dernier. Si des moules, bernacles et autres mollusques s'étaient collés à sa peau flasque, cette dernière recouvrait encore la totalité de son squelette. Il effectua quelques moulinets avec sa lame, puis fondit vers lui avec une surprenante rapidité. Sauvé par un instinct qu'il ne soupçonnait pas jusque là, Khyn recula précipitamment et vit le fer entailler son bras d'épée. La plaie n'était pas trop grave, mais de grosses gouttes écarlates commençaient à pleuvoir sur le pont. Il tenta bien de riposter d'un coup d'estoc, mais manqua sa cible de deux bons pieds.
- Putain, les ennemis rapides... Pas pour moi.
Le coutelas menaça dangereusement sa gorge, mais l'Ulfurbe parvint à le dévier in extremis en brandissant le fourreau de son arme, qu'il avait conservé dans sa main gauche. Cette fois-ci il parvint à faire mouche, sa lame transperçant profondément le ventre du pirate. Une blessure absolument négligeable pour un mort-vivant. Khyn jura à nouveau puis s'éloigna vivement de son opposant pour réfléchir rapidement à une solution. Rapidement ? Angoissé par l'imminence de sa mort, son cerveau fonctionnait au ralenti... C'est alors que, après un interminable et grotesque ballet d'esquives et de ripostes qui lui valu plusieurs nouvelles coupures, il eut enfin une idée. D'une succession de bonds rapides, il créa de la distance entre lui et son mort(el) ennemi. Le marin putréfié se mit à courir dans sa direction, la lame brandit au-dessus de sa tête. L'Ulfurbe de la Luxure lâcha son fourreau pour plaquer la main contre le pont du navire, gorgé d'eau grâce aux récentes averses. Aussitôt la glace recouvrit un large pan du plancher, le transformant en une véritable patinoire... Le mort-vivant se retrouva déséquilibré à l'instant même où il posa un premier pied sur la couche de givre, s'effondrant en arrière et glissant sur plusieurs pas. Il essaya maladroitement de se remettre sur pieds, mais Khyn était là pour l'accueillir. Écartant sans mal l'arme de son adversaire d'un revers de la canne, il taillada la gorge de ce dernier jusqu'à ce que la tête et le corps se séparent. Incapable de dire si la créature avait été détruite définitivement, Khyn commença à sen 'éloigner avant de ressentir une douleur fulgurante sous la cuisse.

Il se retourna vivement pour voir un cadavre particulièrement massif brandir deux hachoirs à viandes. L'Ulfurbe s'immobilisa aussitôt, comme pétrifié. Particulièrement récent, le mort-vivant était incapable connu du jeune homme. C'était le cuisinier de l'Espadon, un gros Ashryne particulièrement jovial qui avait quitté les Tréfonds pour découvrir le monde et qui s'était retrouvé un peu par hasard à cuisiner des poissons et à servir du rhum à des marins. L'espace d'un instant, Khyn fut presque triste pour le pauvre gaillard. Ils avaient beaucoup plaisanté ensemble, s'échangeant leurs souvenirs les plus cocasses en matières de femmes. Et là, voilà que ce gros lard ressuscité s’apprêtait à le débiter en tranches comme un vulgaire thon... Soudain, une petite silhouette surgit de nulle part et se précipita vers le ventre mou et gras. Armé d'un cimeterre dans chaque main, Kal'Mah taillada la chair flasque, libérant une odeur pestilentielle accompagnée de gros bouillons écarlates. Son assaut avait stoppé l'attaque qui aurait sans nul doute mis fin aux jours de celui qui aimait se faire appeler "l'Insatiable".
- Maintenant on est quitte, déclara Khyn en se joignant au Muruhagin pour achever de terrasser l'énorme carcasse du cuistot Ashryne.
S'il s'était volontairement montré froid et peu reconnaissant, le jeune Ulfurbe savait pertinemment qu'un nouveau lien s'était créé entre eux. Jamais ils ne pourraient être amis, jamais ils ne pourraient véritablement s'apprécier. Mais désormais chacun estimait et respectait l'autre. Mais encore faudrait-il survivre. La situation tournait rapidement au carnage : au fur et à mesure que l'équipage de l'Espadon décroissait, celui du bateau fantôme gagnait en recrue. Une bataille impossible à gagner... Profitant d'une courte accalmie à cet endroit du navire, Khyn scruta le champ de bataille à la recherche du capitaine et navigateur en chef. Il était aux prises avec deux morts-vivants et perdaient de plus en plus de terrain...
- Viens Kal'Mah, il est temps de se barrer de ce rafiot de merde. Suis-moi, j'ai un plan.
S'approchant le plus discrètement possible du capitaine, Khyn lui asséna un violent coup de canne, le propulsant aussitôt dans les limbes de l'inconscience. Combinant ses forces (maigres) et sa magie à la sauvagerie et à la rapidité de Kal'Mah, ils parvinrent à défaire sans trop de difficultés les deux pirates qui étaient aux prises avec le navigateur. Profitant du chaos général, l'Ulfurbe et le Muruhagin traînèrent le corps inerte de ce dernier jusqu'à l'un des deux canots qui ornaient les flancs de l'Espadon, et qui servaient à rejoindre la terre lorsque le navire principal ne pouvait trop s'approcher des berges, mais aussi lors des situations d'urgence. Ce qui était précisément le cas actuellement. Sans ménagement, ils jetèrent le capitaine inconscient dans la petite embarcation, puis s'attaquèrent aux cordages qui la maintenaient contre la coque. Le choc avec l'eau fut particulièrement violent, et Khyn manqua de passer par-dessus bord. Fort heureusement, la barque résista au choc en totalité. Il aurait mieux fallu la faire descendre doucement, mais il s'agissait là d'un luxe qu'ils ne pouvait pas se payer... Au-dessus de leurs têtes, sur le pont de l'Espadon, ils pouvaient entendre les derniers cris d'agonie des marins qui, inexorablement, cédaient sous l'assaut des morts.

Le soleil commençait tout juste à se lever lorsque le capitaine de feu l'Espadon quitta enfin son sommeil. Visiblement, il avait profité de sa perte de conscience pour piquer un petit somme. Épuisé à force de ramer, Khyn marqua une pause pour saluer le marin rescapé avec un grand sourire.
- Bienvenue à bord de votre nouveau navire, capitaine !
Si Kal'Mah sembla rire, - du moins il produisit quelques borborygmes plutôt joviaux - le concerné écarquilla les yeux puis se mit à regarder autour de lui, tournant la tête avec frénésie. Aucun autre bateau n'était en vue. Seulement les pâles rayons de l'aube qui se reflétaient mollement sur les vaguelettes rougeâtres de la Mer d'Orichalque... Une quiétude particulièrement agréable après le tumulte sanglant et morbide de la nuit passée.
- Que... Où suis-je ? Où est mon navire ?
- L'Espadon ? Aucune idée. Par contre nous savons tous les deux ce qui est advenu du reste de l'équipage... Qu'ils reposent en paix. Quoique non, ils ne risquent pas de reposer en paix puisqu'ils sont condamnés à vagabonder sur tous les océans du monde, massacrant tous les équipages assez malchanceux pour croiser leur route. J'imagine qu'il s'agit d'une plutôt belle façon d'accéder à la vie éternelle.
A nouveau, la plaisanterie ne fit pas mouche. Une grande tristesse se peignait sur les traits du navigateur rescapé, qui devait autant pleurer la perte de ses compagnons que de celles de son noble bâtiment. Il avait beau appartenir à la race perverse des Ulfurbes lui aussi, il n'en était pas moins un homme qui avait appris à s'attacher à ses subalternes, avec lesquels il avait du vivre milles et une aventures. Fronçant les sourcils, il demanda alors :
- Mais pourquoi j'ai survécu ? Je me souviens avoir reçu un violent coup sur la tête par l'un de ces monstres. Ce salopard sournois m'a attaqué par derrière...
- Lorsque j'ai compris que la victoire était impossible j'ai fait tout mon possible pour sauver le plus de personnes possible. Comme vous pouvez le voir j'ai lamentablement échoué... Expliqua le jeune homme d'une voix faussement attristée. Néanmoins j'ai pu vous tirer des griffes de ces morts-vivants, par je ne sais quel miracle, juste avant que l'un ne vous porte le coup de grâce ! Nous avons bataillé dur et perdu beaucoup de sang, mais vous êtes désormais sain et sauf, et c'est cela qui compte.
Le capitaine acquiesça, digérant ces informations. Qu'il soit sensible aux prétendus actes héroïques de Khyn ou non, au moins devrait-il se sentir un minimum redevable envers lui. Avec un petit sourire en coin, le lubrique Ulfurbe se remit à ramer lentement. En sauvant le navigateur il s'était assuré de retrouver la terre un jour. Ou en tout cas il avait grandement augmenté ses... leurs chances de survie. Dans le pire des cas, Kal'Mah pourraient peut-être tenter d'aller chercher de l'aide à la nage, mais Khyn craignait qu'il n'en profite pour l'abandonner. Malgré l'entraide de la veille, et leur respect mutuel tout récent, il avait encore du mal à faire confiance au petit monstre difforme.
- Eh bien, je vous en suis reconnaissant, lâcha finalement le marin d'un ton résigné. Dans quelle direction nous rendons nous ?
- J'en ai absolument aucune putain d'idée. J'essayais simplement de nous éloigner de ce navire rempli de cadavres animés. J'espérais justement que vous puissiez nous aider à nous repérer...
A ces mots, le marin Ulfurbe enfonça ses paluches dans les larges poches de son manteau, pour en extirper une boussole ainsi qu'un autre instrument de navigation que Khyn ne connaissait pas.
- Et bien, je pourrais approximativement déterminer notre position grâce aux étoiles et aux éventuels îlots que nous pourrions rencontrer, à partir de là ça devrait aller. Cela fait des décennies que je sillonne le coin à bord de...
Sa voix se brisa et il enfouit son visage entre ses mains.
- Parfait. Nous avons vraiment beaucoup de chance de vous avoir avec nous... S'exclama Khyn, de bien bonne humeur.
Kal'Mah s'esclaffa à nouveau avant d'effectuer une nouvelle petite danse, toute aussi grotesque mais bien plus amusante cette-fois.

1746 mots.



Lun 19 Juin - 22:54
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