[EVENT PARTIE I] L'art de dissimuler est l'art de la vengeance

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Naga - Fulmine - II
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Alors qu'elle marchait au milieu d'autres personnes qui lui étaient totalement inconnues, la jeune Naga nommée Ara Ocee s'apprêtait à entamer une des parties les plus importante et bouleversante de sa vie. La peur était si ancrée dans son âme qu'elle suait de grosses gouttes sans même s'en apercevoir. Mais le froid provoqué par celle-ci ne manqua pas de la faire trembler encore plus fort. La jeune femme aux cheveux noirs savait pourquoi elle se trouvait là à ce moment. Elle avait juré devant la tombe d'un bébé innocent qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher que d'autre innocents aient à subir le même sort. A savoir la mort pure et définitive. Afin donc de lutter contre cela, elle avait décidé de rejoindre les troupes Edseres pour les aider contre leurs ennemis. En temps normal elle évitait de se battre le plus possible, mais après avoir assisté aux pleurs d'une mère ayant perdu son unique enfant, elle ne pouvait pas rester sans rien faire devant la guerre qui s'annonçait. Car oui, même si certains disaient le contraire, pour elle il s'agissait d'une guerre.

Heureusement pour la jeune femme, contrairement à d'autre elle n'était pas seule dans ce grand combat qui s'annonçait. Perché sur son épaule, son plus fidèle ami et petit frère de coeur, Umi, veillait sur elle de son œil vif d'homme renard. Aujourd'hui sous la peau de son animal, il murmurait des paroles rassurantes à son ami qui en avait grand besoin. De temps en temps également il passait sa tête dans les cheveux de la jeune femme, comme une caresse pour lui donner du courage. Il était perché sur elle depuis qu'ils avaient pris place après des autres défendeurs de la cause Edseres et était arrivé aux abords d'un bien sombre village. A présent les deux amis marchaient sans but, attendant que quelqu'un leur donne des ordres ou la suite des événements. Mais en passant à cotés des autres personnes, dont beaucoup étaient en train d’affûter leurs lourdes armes, Ara se sentit de plus en plus mal. Elle ne voyait pas ce qu'elle pouvait faire avec sa dague semblable à un cure-dents en face des grosses épées. Umi sentit son amie trembler plus fort et se pencha à son oreille. « Ne t'inquiète pas, je suis certain que tout va bien se passer. Et puis je ne laisserais jamais personne te faire du mal, tu peux me faire confiance. » Ces paroles rassurèrent la jeune femme autant qu'elle la firent rire. Elle était plus âgée que son ami renard, n'était-ce pas elle qui devait le réconforter ? « Merci. » Même si le jeune homme se trouvait sous sa forme animale, Ara pouvait à présent l'entendre grâce à un bracelet très spécial qu'elle avait obtenu récemment.

Puis, essayant de penser à autre chose, les deux amis s'éloignèrent un peu des troupes. Ils marchèrent un moment jusqu'à ce que deux silhouettes attirent l'attention de la jeune femme. Deux personnes dont un corbeau étaient tranquillement assis sur le toit d'une maison brûlée. Si l'homme ne disait rien à Ara, il en était tout autre pour la femme à ses côtés. Ces beaux cheveux blonds et son visage angélique ne pouvaient appartenir qu'à une seule personne. « Scylla ? Scylla Fentkräes ? » Elle s'approcha des deux personnes jusqu'à être sous leurs pieds. « Bonjour, je suis Ara Ocee. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi ?  Quel hasard de se retrouver ici. » Et pour la première fois depuis son arrivée en ce lieu, une autre personne que son meilleur ami la fit sourire.

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Absence complète du 10 au 24 Juillet


I love you <3:
 
Lun 19 Juin - 19:35
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Nanthun - Domum - II
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Alors que nous voguions depuis un peu plus d’une semaine, le Capitaine Dreyan décida qu’il était temps d’accoster afin de marchander un peu et de racheter des provisions. Et cette fois-ci notre destination était le Continent Sybillin. En fait cela m’arrangeait plutôt bien car j’avais quelque chose à y faire : je devais aller chercher l’Anneau de la Destinée. Bien entendu, nous ne débarquâmes pas à la Forteresse Maudite mais plutôt dans un petit hameau sur la côte opposée et à proximité du Village des Cendres. C’était là que nous comptions faire du commerce et que moi je comptais m’éclipser quelques temps pour aller chercher l’objet que je convoitais.

Malgré le fait que j’adorais naviguer, ressentir le roulis de la mer, sentir l’odeur du l’air marin ou encore la complicité entre tous les membres d’équipage, j’étais bien contant de pouvoir enfin mettre pied à terre. Le petit hameau où notre bateau mouillait n’était composé que d’une vingtaine de maison au maximum et le « port » se composais d’une dizaine de planches de bois attachée les unes aux autres. Bien sûr, nous ne pouvions pas laisser le bateau sans surveillance et donc quelques-uns d’entre nous allaient rester pour garder le navire. Les habitants eurent d’abord un peu peur mais rapidement, grâce aux belles paroles du Capitaine et à un peu d’or, ils acceptèrent que nous restions quelques temps. Ainsi, nous ne tardions pas à nous rendre au Village des Cendres.

Heureusement pour moi, je fis partie de l’équipe qui se rendrait dans les terres, tout comme Adaïr. Cependant, nous n’avions pas de monture et il nous fallut un peu plus d’une journée de marche pour atteindre notre destination. Quand nous arrivâmes enfin, nous étions tous exténués et la première chose que nous fîmes fut de chercher une auberge. Une fois que j’eus déposé mais affaires, je décidai de faire un petit tour dans le village, accompagné de mon ami Satyre. La petite ville était exactement comme on me l’avait décrit, sombre et lugubre, les maisons étaient pour la plupart à moitiés calcinées, d'où son nom. Tout cela ne nous donnait pas très envie de rester mais il le fallait car le Capitaine ne voulait pas marchander au Marché Noir de la Forteresse Maudite. En tout cas pas pour l’instant car il n’y avait que des arnaqueurs et en plus il sentait que quelque chose se préparait et nous ne tardâmes pas à comprendre ce qu'il se passait. Des dizaines de soldats Edsères se promenaient dans les rue du villages et curieux de savoir ce qu'il se passait, j'arrêtai l'un d'entre eux.

La guerre, mon ami.

Une guerre mais quelle guerre ?

Celle contre les Norphis et les Ulfurbes, bien entendu.


Choqué par cette révélation, je laissai le soldat et le remerciai d’un hochement de tête avant de partir à la recherche de mon Capitaine. Retrouver ce dernier fut assez aisé et je pus tout lui expliquer. Quand j’eu fini de parler, il ne dit rien et retourna à l’auberge.

Le soir venu, il nous convoqua tous et prit la parole :

Comme vous avez sans doute tous dû le remarquer, notre peuple est en guerre. Je sais que certains auront envie de se battre pour cette cause alors voilà ce que je vous propose. Ceux qui veulent aller à la guerre, qu’ils y aillent et je les attendrai aussi longtemps que possible dans le hameau où nous avons accosté.


Quelques-uns d’entre nous n’hésitèrent pas une seule seconde et se rangèrent du côté de ce qui se battraient. Quant à moi, j’étais beaucoup plus réticent. Risquer ma vie pour de gens que je ne connaissais pas. Puis je repensai à ma famille, à mes proches… à Anya. J’aurais voulu qu’ils soient sécurité et pour ça il n’y avait qu’une solution : nous devions battre les Ulfurbes et les Norphis. Finalement, je décidai de mettre du côté de ceux qui se battraient et je fus rapidement suivi par Adaïr qui avait jurer de me suivre partout jusqu’à avoir remboursé sa dette. Dreyan reprit alors la parole.

À très bientôt mes amis. J’espère vous revoir, ajouta-t-il en me fixant.

Moi, ce que j’espérais surtout, c’était de rentrer vivant. Et ce sont des doutes plein la tête que je me dirigeai vers le campement.

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Lun 19 Juin - 23:14
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Ulfurbe - Celus - III
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Forteresse Maudite, à l'intérieur d'une certaine demeure...

Deux corps emmêlés s'anime tout doucement. Un drap immaculé vagabonde sur leurs courbes, dévoilant parfois quelques bouts de chairs nues. Naya se dépêtra de son sommeil difficilement, ils avaient dus dormir pendant longtemps. Pas tant que cela au final, comme la nuit avait été courte pour eux...Sur la table de verre, en face du lit, la femme put apercevoir quelques bouteilles et verres abandonnés. Elle se remémora alors la veille et reprit totalement ses esprits lorsque l'être à côté d'elle s'éveilla à son tour. Elle se tenait assise sur le bord du matelas et sa tête de tourna vers lui. Lui...Un corps fin et élancé, sans pour autant manqué d'être athlétique, recouvert d'une peau d'un beige grisâtre, juste un peu plus claire que celle de la Reine de la Désinvolture. Son regard longea le buste de l'homme jusqu'à remonter à son visage, visage aux traits dessinés harmonieusement. Des lèvres fines mais succulentes se courbaient. Un sourire était destiné à l'amante, dévoilant deux crocs timides. Elle lui répondit de la même façon, puis contempla ses cheveux. Courts et libres, quelques mèches de jais retombaient sur son front durs et encadraient un regard des plus perçant. L'iris sanguinaire bordait une pupille profonde et pénétrante. Mais alors que l'ulfurbe restait figée dans ses prunelles, une voix douce et grave s'anima.

- Bien dormi, la désinvolte ? Comme il lui posa la question d'un air narquois, elle ne lui répondit seulement d'un sourire puis se leva en direction de la table pour retrouver ses affaires disposées à côté. Tu repars déjà ? Nous venons à peine de nous retrouver...fit-il en se redressant alors qu'elle commençait à s'habiller.
- Ne le prends pas comme ça, cela ne veut pas dire que tu es un mauvais coup...dit-elle d'un sourire en coin. Néanmoins, cet endroit n'a jamais été mon préféré...
- Voyons, tu n'es tout de même pas venue depuis le Continent des Abîmes juste pour un soir...Restes un peu. Comme elle ne répondit pas, il reprit. Tu sais, tu ne pourras pas éternellement ignorer ta nouvelle race...A ces mots, elle releva la tête vers lui abruptement et le fusilla du regard.
- Pff...A part toi, on ne peut pas dire que ma "nouvelle race" fut des plus accueillante...
- Ne t'en fais pas...ils te testent. Au début c'est toujours comme ça...Mais tu verras, tu vas apprécier d'appartenir aux Ulfurbes...Laisse couler, le temps qu'ils se rendent compte que les lië'jas ne veulent plus rien dire pour toi. Elle s'arrêta à cette dernière phrase.
- Tu peux en être sûr. Après quelques instants, il se leva à son tour puis s'approcha d'elle.
- J'ai une affaire à régler aux Souterrains Interdits, que dirais-tu de venir avec moi ?
- Non.
- Hein ? Pourquoi un tel refus ?
- Et pourquoi j'irais dans ce trou de mordus ?
- Eh bien...car tu y seras avec moi...? Il sourit, elle aussi, mais d'un air ironique.
- Ne sois stupide, Eben. Dit-elle en lui baisant les lèvres, comme pour adoucir ce rejet implacable.
- M-mais ça te feras connaître du monde ! Elle soupira alors il surenchérit. Sincèrement, qui connaît-tu d'autre sur ce continent ? Une grimace apparut sur le visage de la femme, rebutante réponse. D'accord, alors viens au moins pour goûter aux meilleurs alcools de tout Langzyliah, tu sais que c'est leur spécialité, au Norphis. Fit-il, fier, persuadé que cet argument allait la convaincre.
- Très bien...je t'accompagne, sortit-elle dans un soupir. Seulement pour te faire plaisir, mon désespéré.

...

Plus tard, Entrée des Souterrains Interdits


Les deux amants arrivèrent sur le territoire des Norphis. Descendant enfin du seul destrier dont ils disposaient, Naya commençait à regretter d'être venue. Puis elle songea à lui. C'était vrai qu'ils ne s'étaient pas retrouvés depuis pas mal de temps. Pour ainsi dire, Naya ne l'avait connu qu'avant sa transformation. Et malgré la complicité présente entre ces "simples amis" et le fait qu'ils se connaissaient depuis longtemps, elle ne savait pas grand chose à propos de lui. Il n'avait pas trop précisé dans quoi il travaillait. La femme savait qu'il était dans un certain commerce mais pas dans quelle branche. Il était fort probable que ses transactions soient douteuses au vu de la petite mallette qu'il transportait avec lui mais peu importe. Les deux luxurieux s'engouffrèrent dans le passage. Une fois à l'intérieur, ils découvrirent qu'ils étaient loin d'être les seuls Ulfurbes dans cet endroit. Naya se rappela avoir lu sur un numéro du Notitia Populus, le carnage qui avait eu lieu à la Terre des Rescapés. Ce massacre...à vrai dire elle ne savait pas trop quoi en penser...Mais la découverte de nouvelles liqueurs chez les Norphis l'intriguaient bien plus que cet événement. Alors qu'ils s’enfonçaient de plus en plus dans les souterrains, Eben s'arrêta devant un bar.

- Tiens, attends-moi à l'intérieur, je vais voir mon client puis je te rejoindrai.

- A toute à l'heure...
- Ne te finis pas sans moi...Il eut un sourire à cette mise en garde puis partit, laissant la femme, seule, chez les Norphis.

Mais en entrant dans le bâtiment, elle réalisa, en découvrant les divers alcools, qu'elle n'était pas si mal tombée après tout. Oui, elle aurait de quoi déjouer Ennui...

887 mots

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Mar 20 Juin - 10:45
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Astre - Stella - I
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Les gens étaient révoltés, ils chantaient une chanson aussi vieille que le monde. La chanson de la vengeance. Le sang allait couler ce soir... Et j'en serais sans doute témoin malgré moi... Frêle enfant qui était mêlée malgré elle à tout cela. Les pertes qu'avaient essuyés les Edseres étaient immense. Lourd était le tribut. Pourtant... j'ignorais tout de ces guerres et de ces rivalités entre être vivant. Pourquoi ne pouvaient-ils pas juste se contenter de vivre ensemble ? En paix ? Plus j'en apprenais sur ces terres, plus je comprenais qu'une paix était impossible. Que le fait de vivre ensemble, main dans la main ne se verrait jamais... j'étais trop naïve... Trop idéaliste pour ce monde, et sa dureté me frappais un peu plus chaque jour, m'enfonçant nuit après nuit dans les abîmes de l'amertume. Juchée sur un destrier prêté par la famille Nibelun, en compagnie de l'homme que je ne pouvais désormais plus quitter. Je me sentais prisonnière volontaire... C'était tellement rageant... mais en même temps tellement plaisant. Ma tignasse mauve volant fièrement au vent... J'entendais rage, haine, désir de vengeance. L'homme était ainsi... Arrachez lui quelque chose, et il vous prendra bien pire une fois qu'il aura un peu cogité. Je regardais tout ça d'un regard absent... Me tenant bien droite comme je l'avais appris dans mes leçons de bienséance. Je tenais les rennes de cette stupide bestiole qui n'en faisait qu'à sa tête, n'appréciant guère de se retrouver sur un bateau ET entourée d'autant de foule... Je poussais un soupir. Autant... j'avais appris beaucoup de chose au contact de Vasà, autant, le voyage me manquait. Cette guerre... C'était une occasion de sortir un peu, sans risquer de se faire attaquer par cette harpie qui en avait voulu à ma vie il y a quelques temps... Elle était venue vers moi, tel une furie qu'on dépeignait dans les livres, la main brandie pour me frapper. Je poussais un énième soupire à cette idée. Mon cœur battant la chamade. Me voilà sur un champ de bataille alors que je n'avais aucune notion de réel combat (hormis les mouvements et parades que j'avais appris en compagnie de mon père d'adoption) j'étais donc solidement accompagnée de mes hachettes de lancé, de mon arc et de mes flèches et aussi...

« Lucifer... Tu pourrais paraître un peu plus digne s'il te plaît ! Tu viens de casser mon monologue interne ! »


le chat levait la tête de sa besogne, occupé à léchouiller certains atouts, octroyant au reste des passagés une vue qui n'était pas vraiment des plus plaisantes sur son fondement, finissant par se redresser et grimper d'un bond, pour s'accrocher à ma jambe pourvue d'un rembourrage matelassé pour se hisser jusqu'à l'encolure du cheval, se dressant, les oreilles à l'écoute du moindre bruit


*tu trouves ça plus héroïque ?*


OUI c'était pour le coup bien mieux. C'est ainsi que nous débarquions tous... il y avait un monde incroyable... l'animal sur lequel j'étais juchée ne voulait pas m'obéir... En grande maniaque du contrôle je devais trop tirer... QUOI ?! J'avais déjà pas le contrôle de ma propre vie, liée comme je l'étais à ce grand gaillard qui devait faire le double de ma taille et qui m'accompagnait partout (vous savez ce que ça fait d'avoir envie de toucher une personne non stop ? Que le fait de ne pas le toucher s’apparente, quand la distance est trop forte, à une brûlure ?! Non ? Alors me jugez pas !) toujours était-il que le cheval s'emballant, me propulsa dans les airs !


« Je vole Lucifer ! T'as vu ça ? Je crois que je vole c'est... »

en réalité non... Je mordis la poussière, fort heureusement je fus trop sonnée pour me dire « Oh mon dieu... Tout le monde me regarde, que vont-il penser de moi ? »... Et puis de toute façon, la foule était trop dense pour qu'un gradé remarque vraiment ma bourde. C'est alors que je pus voir une paire de pieds... ronchonnant dans ma barbe que je n'avais pas.

« Hé... Mon espace vital... »


ce qui dut s'apparenter à un grommellement d'ours incertain. Je sentis alors une paire de patte s'écraser sur on dos, me faisant un peu plus grogner.

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Merci Vasanounet <3
Mar 20 Juin - 19:27
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Nanthun - Domum - II
Parchemins : 56
Fyn déchira violemment les limbes du sommeil qui l’entouraient de toute part. Sa cuisse gauche envoyait par saccade des signaux douloureux dans tout son organisme. La sensation était étrangement diffuse toutefois, comme enveloppée dans du linge. Comme ses yeux refusèrent de s’ouvrir au monde, l’obscurité la réclama à nouveau juste avant une deuxième décharge, dans le bas-ventre cette fois. Le choc lui fit lâcher un râle grumeleux. Elle capta un son agressif juste au-dessus d’elle sans en comprendre le sens. Quand ses paupières se soulevèrent enfin, ce ne fut que pour lui faire voir une semi-obscurité qui la désorienta encore davantage. Une odeur de moisi lui assaillit aussitôt les narines, mais à vouloir remuer pour se cacher le visage, elle ne reçut qu’un troisième choc sur l’épaule. Elle cria. Quelqu’un rit à côté d’elle.

A peine accueillie dans la réalité consciente et déjà trempée de sueur, elle tourna prudemment la tête sur le côté. Au-dessus, une grande silhouette décharnée avec un bâton crayonné de glyphes brillants comme le soleil. Elle ouvrit la bouche sans être capable de produire le moindre son. Sa gorge était totalement desséchée. Son cerveau se remit en marche mais au lieu de souvenirs censés contextualiser sa situation, elle ne trouva qu’un vide alarmant.

-Réveillée ?

Un mot qui cingla avec une telle force qu’elle se redressa en ignorant les crampes qui lui cisaillaient le côté. Son corps était lourd, perclus de courbature et pourtant elle avait été capable de se relever comme si de rien était. La forme en face se courba en avant, dévoilant plus précisément son visage. Un masque de plâtre éternellement figé dans le temps, percé de deux braises pourpres. Un sourire dévoila deux canines anormalement effilées.

-Il semblerait, oui.

Fyn sentit son sang se figer en elle. Son esprit se rua sur le moindre souvenir à portée, en vain. Elle ne savait ni où elle était ni comment elle avait atterri ici. Deux coups d’œil rapides lui apprirent qu’elle se trouvait certainement dans une sorte de cave humide poisseuse et malodorante. De petits couinements juste derrière elle aussi. Des rongeurs, surement.

-Que…

Il lui imposa le silence d’un simple chuintement de la bouche. Une sorte d’étau invisible lui compressa l’esprit, la réduisant à l’état de machinerie prête à recevoir n’importe quel ordre. La forme ouvrit sa main. Une petite boulette verdâtre luisant dans sa paume. Sans comprendre pourquoi, Fyn saliva instantanément.

-Oui, tes yeux brillent de vie comme ça… Tu veux ?

La forme s’amusa à jeter la boulette par terre et à la ramasser avant que Fyn ait pu s’en saisir. Il la feinta une fois, deux fois, puis l’empoigna par le col avant de lui fourrer dans la bouche avec violence. Fyn ne résista ni ne couina. Quand sa langue effleura la boulette, elle sentit son esprit se dissoudre lentement et disparaître derrière des barreaux qu’elle dressait ordinairement pour éviter à son côté bestial de ressurgir. Dans un concert de craquements horribles, elle se métamorphosa en une espèce de copie infecte de ce qu’elle était sous forme animale, une sorte d’hybridation ratée, une expérience sordide qui dévoilait ce qu’il y avait de plus hideux dans la nature. Au lieu d’une fourrure cuivrée, ce n’était qu’une peau luisante couleur boue, avec parfois quelques touffes de poils sombres sur les oreilles ou le dos. Son corps était grand, ses membres décharnés, sa queue tordue dans un angle impossible, ses dents bien trop grandes et son museau bien trop empli d’une bave acide. Un renard qui n’avait renard que de nom.

Mais elle n’était plus là pour le voir. Elle suivit la forme, prête à suivre ses ordres.

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Mar 20 Juin - 19:34
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Naga - Fulmine - II
Parchemins : 137
La découverte du Continent Diapré avait été une petite déception pour Ylith. Tout y était si pur, si beau. Parfaitement naturel. Pourtant la Nature y était beaucoup trop clémente à son goût : cela n'était pas vraiment un endroit où le fort était appelé à gouverner, mais plutôt un lieu de paix où tous cohabitaient tranquillement. Tout cela était d'un ennui mortel... Pire déception encore avait été le peuple des Ashrynes. Des guerriers-nés qui se terraient dans leurs galeries souterraines, en prônant la neutralité ? Une excuse ridicule. Si Kal'Mah semblait avoir apprécié tous ces paysages et nouvelles rencontres, Khyn lui avait trouvé quelque chose d'inestimable. Sur les pentes escarpées du Mont des Souvenirs, l'Ulfurbe de la Luxure avait pu explorer les abysses de sa mémoire, pour en extirper un indice sur ses parents. Un étrange souvenir, nébuleux et incertain, tapi jusque là dans les limbes de son inconscient. Plus secret que jamais, il avait refusé d'en dévoiler la teneur exact, même à sa compagne à écailles, et n'avait plus jamais abordé le sujet... du moins jusqu'à la fin du tournoi des Ashrynes. A ce moment, il avait expliqué à la jeune Naga qu'il avait besoin de retourner sur le Sibyllin, et plus précisé dans la labyrinthique contrée des Norphis, les Souterrains Interdits... Énigmatique au possible, Khyn avait aussi semblé véritablement troublé et indécis à ce moment. Comme s'il était sur le point de faire un choix qui devait changer le reste de sa vie à tout jamais. Ylith avait alors acquiescé en silence. Elle même ne connaissait que trop bien les difficultés que pouvaient représenter un unique choix. C'était tout simplement effrayant de réaliser à quel point une simple décision pouvait s'avérer lourde de conséquences...
________________________

- Tu es sûr que tu ne veux pas me décrire précisément ce que tu cherches ? Demanda finalement Ylith en engloutissant une gorgée d'un breuvage à la couleur plus que suspecte et au léger goût métallique.
Khyn secoua la tête en repoussant sa chope. Se frottant le front de la main droite, il semblait en proie à une intense réflexion.
- Tout ce dont je suis sur c'est que mes parents sont venus ici après avoir quitté la Forteresse Maudite. Je ne sais pas pourquoi, mais j'imagine que cela a peut-être un lien avec leur fortune. Ou avec moi. Les deux sans doute enf ait. J'ai l'impression que tout cela n'est qu'une sorte de test, afin de savoir si je suis digne de leur or...
- C'est donc par cupidité que...
- Non. Coupa l'Ulfurbe, catégorique. Je n'ai jamais souhaité accumuler les richesses. Ces dernières n'ont toujours été qu'un moyen pour moi d'assouvir mes pulsions. Un moyen, pas une fin. Mais depuis que j'ai trouvé ce souvenir, je suis incapable de m'en défaire. Ce putain de souvenir empoisonne mes rêves et mes pensées ! J'ai besoin de savoir, j'ai besoin de comprendre !
Marquant une pause dans sa tirade, Khyn réalisa qu'il s'était brusquement levé et avait parlé à voix haute. Plusieurs têtes s'étaient tournées dans sa direction, à la fois curieuses et exaspérées. Le jeune homme tira sur sa chemise pour se redonner une contenance et reprit place sur son siège. Il continua, à voix basse cette fois :
- Il y a autre chose. Ce que j'ai vécu au sommet de la montagne est tout bonnement indescriptible. Mais durant cette avalanche de sensations et d'informations éparses, j'ai découvert une bien curieuse certitude, étrangère et familière à la fois. Celle de ne jamais avoir été si seul, toutes ces années durant.
- Comment ça ? Demanda Ylith, un peu perdu.
- J'ai une sœur. Je... Ah maintenant je doute de ce que j'ai vu, de ce que j'ai ressenti. Tout est si bizarre, tu n'imagines pas. Et pourtant, en dépit de ce que ma raison me hurle, je sais qu'elle existe. Ma mémoire a été violée. Disloquée. Ma vie entière repose sur un mensonge et...
Incapable de terminer sa phrase, le jeune Ulfurbe s'adonna à la contemplation du contenu de sa chope. Un alcool vermeil hautement addictif, dont raffolaient les Norphis. Touchée par le mal-être de son ami, Ylith posa une main sur son bras et se pencha dans sa direction pour lui murmurer à l'oreille :
- Ne t'en fais pas, je t'aiderais à... Attends une minute, je pense à quelque chose. Cette sœur partage ton sang : imagine un peu à quel point elle doit être exquise à regarder. Mais puisque tu ne te souviens pas d'avoir vécu avec elle, peux-tu vraiment la considérer comme ta soeur ? Non, elle n'est qu'une proie spéciale. Un glorieux trophée qu'il te faut absolument remporter...
Comme pour illustrer sa remarque, la femme-serpent passa une langue vulgaire sur ses lèvres tout en le fixant d'un air langoureux. Si Khyn garda le silence, il se dérida enfin et leva son verre avant de le vider d'un trait. Un nouvel éclat lubrique illuminait son regard.

814 mots:
 


Mer 21 Juin - 0:11
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Aetrayel - Avium - II
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A la seule idée de te perdre, j'ai mal. Tu m'est si précieux. Dans mes rêves, quand j'envisage l'avenir, je vois un mariage et des enfants. Je sais qu'en tant qu'Aetrayel je ne pourrais pas. Mais j'aimerais être humaine comme toi et que ce soit possible. Toi, tu vois le jour où tu partiras et quittera ma vie pour continuer la tienne. Je n'aurais été qu'une étape pour toi, dans ton évolution. Comme un astre, tu auras continué ta course dans l'Univers. Alors que je t'aime. Je t'aime. Je suis amoureuse de toi, je crois. En tout cas mon cœur fond d'amour pour toi. J'aime les mots que tu prononce et que tu écrit. J'aime ton âme.

Tu es mon Edsere et je suis ton Aetrayel. J'aimerais que ce lien t'attache à moi pour toujours. Qu'adviendra t-il de nous si je faillis à ma mission ? Je l'ignore. Je sais seulement que je n'ai pas le droit à l'erreur, c'est trop dangereux pour toi. Quand tu emprunte un chemin, je suis toujours avec toi. Je sens quand le péril guette tes pas. Tu cries et tu te met en colère, mais je ne peux faire autrement que de te le dire quand tu as tort. Malgré toutes mes forces, y a t-il une chance infime que j'échoue ?

J'aurais tant à te dire, mais voilà qu'à présent tu es hors de portée de mes mots. J'ai été déchiré. Combien ont échoué ? Que suis-je à présent ? J'hésite encore à mettre des mots là dessus, à aborder ce sujet, à penser à toi, malgré le temps qui coule par dessus tout cela et érode un peu ma douleur. Mais le sel est douloureux dans ma blessure. Mes souvenirs restent des pierres acérées sur lesquelles je n'ose poser mes pieds, tout en traversant l'eau avec peine. Cependant, comment avancerais-je sans poser mes pieds ? Mes ailes ont cessé de me porter. Je suis restée brisée et malade.

J'aimerais que tu puisses me voir aujourd'hui. J'ai rencontré ton frère. Tu ignorais son existence comme lui ignorais la tienne. J'ai beau être brisée, sa présence me soigne. Même morte, mon souffle lui appartiens. Il est devenu mon souffle. Alors même que je renaît, je doute. Je n'aurais pas la force de te perdre une deuxième fois. Pourtant je le sens, quelque chose m'attache à ses pas. Pourtant je le sens, ma vie est la sienne désormais, car je n'hésiterais pas à me sacrifier pour lui.

Toi... Je t'ai découvert,et j'ai découvert que ma vie pouvait encore avoir un sens. J'ai découvert que ce n'était pas la fin de mon histoire. Qu'il y avait un au delà. Une nouvelle chance de bien faire.

Mon temps t'appartiens. Parce que je t'aime, parce que je dois te protéger, ma vie t'es dévolue. J'en ai pris conscience comme on se rend compte soudain que l'on respire.

Une guerre se profile. Je me battrais pour toi, pour celui que j'ai perdu, pour mon peuple et pour le tien. Même si je devais être seule contre tous, jamais je n'abandonnerais cette cause.

Il est possible que toi et moi perdions la vie. Je ne dis pas toi ou moi, mais toi et moi, car je sais que je mourrais si tu meurs. Cette fois je m'éteindrais et le froid s'emparera de moi.

J'arrive là où on se battra. J'ai mes armes, je suis prête. Je n'ai pas envie de prendre des vies, mais c'est ma nature et mon rôle de repousser ce qui menace l'Humanité.


587 Mots, Texte 1:
 


Mer 21 Juin - 13:44
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Ashryn - Laethlion - III
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Depuis sa transformation en Ashryn, cela faisait des semaines qu'Elisabeth n'avait pas pris la peine de se renseigner sur le conflit entre les Edseres et les Norphis. Bien qu'elle en fut témoin et tenta d'endiguer la chose tant bien que mal, elle éprouvait un profond désintérêt envers ce qui pouvait bien arriver à ce qu'elle voyait comme un vague ancien peuple ne lui ayant apporté que de la misère. Pour autant, elle ne pouvait pas non plus se placer du côté des crocs de la lune, ces derniers représentant la patrie de son frère qu'elle fuyait par tous les moyens. Hélène pouvait surgir n'importe quand et lui arracher tout espoir d'une vie paisible, aussi elle éprouvait une certaine appréhension lorsqu'elle apprit que la guerre se lançait finalement après toutes ces années. Couchée sur un lit dur et peu confortable, la jeune femme fixait le plafond, indécise. La facilité lui hurlait de croire que cette bataille ne la concernait pas, mais sa raison chuchotait qu'elle ne pouvait renier ses origines aussi aisément. Un véritable casse-tête, un paradoxe dans lequel elle se perdait sans cesse et qui hantait ses nuits. Mais s'il y avait bien quelqu'un à qui elle pouvait faire confiance, c'était Celaena.

Se penchant vers la belle à la chevelure de blé, elle hésita pendant quelques secondes. La lune ornait le ciel, les étoiles s'illuminaient une à une, pourtant elle ne parvenait point à trouver le sommeil. Elle lui secoua légèrement l'épaule pour lui faire part de ses inquiétudes. Elih savait que Celaena ne lui apporterait aucun miracle, aucune solution extraordinaire qui pourrait la sortir du pétrin, mais ressentait quand même l'envie de partager sa souffrance et son questionnement. Il fut plutôt aisément décidé qu'elles prendraient part au combat malgré elles, mais resteraient en retrait. Il était hors de question de se mettre en danger par simple curiosité. Quant au choix du camp, trancher s'avéra également des plus faciles, malgré l'anxiété de l'Ashryn. Se couchant à côté de l'Astre, elle s'endormit lentement, recouverte par les faibles draps alors que la chaleur ambiante envahissait ses membres. La complaisance de sa compagne l'apaisait, plus encore que la paix unissant les mondes. Elles ne voulaient pas se mêler aux autres, pourtant le Destin les conviait à cette sombre fatalité. Eviter l'inévitable ne ferait que retarder l'échéance, et si elle voulait arrêter de fuir son passé, elle devrait commencer par affronter son présent.

Le lendemain, elle ne put s'empêcher de soupirer, las. Alors que le combat s'éloignait progressivement de ses activités, voilà qu'elle se retrouvait embarquée sur un bateau ayant pour destination les Souterrains Interdits. Elle ne croyait plus en les siens, pourtant la présence de la Lignum la rassura. Elle sentait en elle une force, un désir de protection incommensurable. La vengeance ne l'intéressait pas. Elle cherchait le respect, l'honneur des Lië'jas. Et c'est avec une pensée amère envers Mircella qu'elle sortit enfin du navire, se dirigeant vers le village de cendres ou les autres combattants attendaient. Elih se mit en retrait, s'adossant à la carcasse de ce qui ressemblait à un arbre, manquant de céder sous son poids. Elle ignorait les plans mis à exécution, mais ne bougerait pas le moindre petit doigt sans qu'on lui demande. Et c'est en croisant le regard doux de Celaena qu'elle s'apaisa. « Tu penses qu'on va pouvoir partir vite ? ». Puis sa voix se teinta d'une légère angoisse. « Je n'ai pas envie d'être ici, encore moins de prendre le risque de te perdre dans la bataille. Nous pouvons toujours rebrousser chemin.. Non ? ».
591 mots
Résumé - Post I:
 



© Scylla
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Raptor Jéselih:
 
Mer 21 Juin - 18:17
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