Les Portes Closes [ Quête multi ~ Kaëlyra, Akantha et l'Hirondelle ]

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Astre - Stella - I
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Quête du Confinement:
 





Il existe en la terre d'Elyshyë, au creux de ses murs et à trois pas de sa grande porte, une auberge où chaque voyageur passe. Chacun la connaît, chacun la fréquente, c'est l'auberge de Méluzine. Pourtant ce soir-là, point de client, point de rire ni de fête, rien de rien, rien si ce n'est une pèlerine bleue suspendue à un crochet non loin de la cheminée. Et sous cette pèlerine, une paire de bottes.

Ces bottes, ce sont celles de l'Hirondelle. En cet instant il dort, quelques pas plus loin, un carnet ouvert dans la main, un fusain dans l'autre, toujours posé droit sur le papier. Pourtant il dort, celui qu'on appelle l'Hirondelle. Il dort la tête sur le coté, la bouche entrouverte sous sa barbe hirsute. La veille il a longuement marché pour se rendre à la capitale, où il était arrivé trempé par une violente averse. Il en avait d'ailleurs tiré une excellente idée pour la veillée du soir, et c'est vêtu d'un manteau mouillé qu'il s'était placé devant la cheminée pour distraire les voyageurs trop éreintés pour dormir, et tandis qu'il parlait, sa défroque fumait à gros panaches de vapeur, ajoutant au récit un effet saisissant. Dame Méluzine évoquait justement ce souvenir dans sa mémoire tandis qu'elle le regardait dormir. Il avait raconté le mariage de l'Eau et du Feu, la forge des Anciens Temps, le creuset où toutes choses furent assemblées et fondues, une origine du monde, parmi tant d'autres. Il avait raconté, la voix vibrante d'émotion, le drame des amours célestes, condamnés au manichéisme, pièces à une seule face, le destin tragique des Êtres-dans-les-Astres. Quand il raconte, l'Hirondelle n'est pas immobile, son torse démesuré se soulève, s'enfle, ses bras immenses se déploient, dans ses mains qu'il déplace avec une étonnante douceur on voit souvent un objet, dont il joue avec adresse, qu'il serre parfois avec tendresse, ou présente à l'assemblée comme un talisman au pouvoir de vérité absolue. Un curieux volatile, ce Jeremiah, mais peu de gens, et surtout pas les aubergistes, avaient à se plaindre de sa présence chez eux.

D'un geste sûr, l'accorte maîtresse de maison s'empara du carnet et du fusain, prévenant ainsi toute maladresse, et réveilla son hôte d'une aimable pression sur le bras. Tandis que ce dernier s'ébrouait, elle reposait près de lui ce qu'il avait dans les mains, puis elle s'éloigna en annonçant la venue prochaine du souper.
Quelques instants plus tard elle réapparaissait des cuisines, une planche sur laquelle reposait un bol fumant et une miche de pain dans les bras. Tout en déposant cela sur une table proche, elle lança :


« Je ne te remercie pas pour hier soir, l'Hirondelle. Les enfants ont eu un mal fou à s'endormir, ils ont bavardé toute la nuit. »


Ladite Hirondelle leva vers elle un regard pétillant de malice et il lui répondit d'une voix enjouée : « Allons ma chère, tous les enfants vivent de telles nuits, leurs merveilleux esprits purs en ébullition, faisant et refaisant le monde à l'infini. N'avez-vous pas vous-même passé de nombreuses nuits blanches dans votre jeunesse ? »

La question sembla évoquer de brûlants souvenirs à la dame qui rosit légèrement, et c'est alors qu'elle paraissait perdue dans de tendres souvenirs que Jeremiah sembla remarquer le vide et le silence de la salle, dont il s'enquit auprès de sa logeuse. Cette dernière eut aussitôt un regard plus sombre et lui répondit, soupçonneuse :

« Comment peux-tu l'ignorer ? On meurt en ce moment dans nos belles rues, quelqu'un assassine en toute impunité. Ce soir, ça a recommencé, ils viennent de fermer les portes, j'espère que tu te plais ici l'Hirondelle, car tu pourrais bien rester un moment. »


A ces mots, Jeremiah bondit de son siège, une lueur de panique brillant furtivement dans ses yeux. La chose ne l'arrangeait pas du tout. Il se devait d'être dans quatre jours à son poste pour une patrouille d'importance, qu'il ne voulait rater pour rien au monde. Il paraissait qu'il y aurait du danger, peut-être même des combats, et Jeremiah en frémissait d'impatience. Il allait enfin connaître ce sentiment d'exaltation, cette folie de l'affrontement que tant de gens supposés sensés recherchent partout où ils peuvent. Et voilà que tout s'effondre... On put lire dans ses prunelles charbonneuses une intense déception, comme un enfant à qui on annonce que les forains ne passeront pas au village cette année. Et de fait, il bouda.
Penchée sur son épaule, dame Méluzine tentait de le consoler, lui promettant que le tueur serait bientôt arrêté, un officier du guet lui avait confié que l'étau se resserrait autour du meurtrier, rien de plus qu'un fou sanguinaire tuant au hasard dans les ruelles sombres. D'ailleurs, le fait qu'ils aient fermé les portes prouvait que la Garde déployait les grands moyens pour lui mettre la main dessus non ? Mais rien à faire, l'Hirondelle n'y croyait pas vraiment, quand on sait qui est un assassin on vient le cueillir chez lui, on ne met pas une ville en état de siège. A moins que la capture n'ait échoué et que l'on ait serré la nasse sur une bête aux abois ? Elle pouvait se terrer n'importe où cette bête... Pour retrouver le tueur il faudrait une petite équipe entraînée, un habitué de la ville, sans parler d'un pisteur, l'idéal serait d'avoir un réseau d'informateurs discrets à son service... Mais où trouver tout ça ? Seul, il n'avait presque aucune chance d'agir, mais il essayerait quand même. Tout ce qui pouvait lui permettre de sortir de ces murs serait bienvenu. Peut-être devrait-il envisager la solution de facilité et chercher à franchir les murailles à la faveur de la nuit ? Hmm, après réflexion, périr criblé de flèches amies n'était pas sa conception d'une mort digne, il fallait être plus subtil. Ah, comment faire ?!

Il boudait toujours dans son coin, dame Méluzine à son chevet, quand la porte s'ouvrit sur la nuit, et qu'un air curieusement glacé soulevait la poussière du sol en terre battue.





1171 mots


« En lui vont pullulantes toutes les vilenies dont Nature l'emplit. Et Fortune, riant à sa cause damnée se fait la gouge d'un rebelle. Mais en vain, car ce brave Mac Beth, bien digne de ce nom, dédaignant la fortune et brandissant son fer, qui fumait d'un sanglant carnage, en vrai mignon de la valeur il se taille un chemin, et bientôt il affronte l'infâme. Et il ne lui prit congé, ni ne lui dit adieu. »


« Mêlez-vous à qui ne vous regarde, car lointaine est parfois la couleur qui fera votre blason. »
Lun 12 Juin - 1:26
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Norphis - Abund - II
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Cela se devait d'être l'une des pires nuits que j'ai jamais vécu dans l'entièreté de mes vingts printemps d'existence. Mais il serait plus correct et poli de dire que ce n'était qu'un concours de circonstance me plaçant au milieu de tous cela comme le bouc émissaire de toute les misères. Pourtant, cette petite visite au cœur du territoire des Lie'jäs avait plutôt bien commencé. Je n'aimais pas particulièrement les Lie'Jäs, trop pompeux sans doute et ils avaient un amour de la nature beaucoup trop intense à mon goût,  mais il fallait avouer qu'avoir une ville si confortable en plein milieu des contrées sauvages du Continent Diapré était une aubaine. Bien sûr les Norphis n'était pas franchement apprécié ici, surtout après les événements qui sont intervenu lors de la fête des récoltes des Esderes, mais j'avais habilement réussi à outrepasser la vigilance des gardes et était parvenu à pénétrer dans l'enceinte de la ville Lie'jäs.

Le début de la visite avait commencé sur les chapeaux de roues, les bâtiments avaient une architecture plus qu’intéressante et bien que je ne sois pas particulièrement une adoratrice du style "Tout en verdure" il était plus qu'admirable de voir comment Eleshyë avait réussi à garder une beauté impressionnante tout en ne réduisant pas l'expansion territoriale du peuple l'habitant. J'avais commencé par trouver les centres d’intérêt, un marchand d'instrument de musique pour être exact. Le vieux Luth que m'avait offert Shamash n'était pas le plus resplendissant des instruments et cela ne ferait pas de mal de trouver de nouvelles cordes, les miennes commençaient à s'user. Néanmoins ma très petite bourse me rappela suffisamment à l'ordre pour que je résiste à la tentation de me priver d'un lit où me reposer juste pour avoir de quoi exercer mon art sans contrainte.

La soirée tomba rapidement sur la ville et c'est à ce moment précis que les ennuis commencèrent à s'amonceler. Alors que je me dirigeais vers l'Auberge près de la porte de la ville, je fus surprise d'entendre un groupe de garde elfe me demander de m'arrêter pour décliner mon identité. Pire encore, au moment même où l'un d'eux croisa mon unique œil sanglant, un cri d'alerte émana de sa gorge prévenant ses alliés qu'ils avaient trouvé "l'assassin". Quel assassin ? Je ne sais toujours pas, tous ce que je sais c'est que je n'ai jamais autant couru de ma vie. Le tout était de semer les gardes à l'intérieur des sombres ruelles de la ville et de sortir de la cité au plus vite. Néanmoins, à mon grand malheur, je fus plus qu'étonné de voir, une fois ma fuite réussi, les portes de la ville close avec plusieurs affiche prévenant les habitants de se réfugier chez eux et aux visiteurs de trouver une chambre au plus vite. Et comme si cela ne suffisait pas la même patrouille de garde me tomba une nouvelle fois dessus, à croire qu'il y avait une entité supérieure qui avait décidé de ruiner ma vie jusqu'à ce que celle-ci se termine.

Une nouvelle course poursuite qui dura beaucoup plus longtemps que la dernière, les Lie'Jäs connaissaient leur ville comme leurs poches et je ne connaissais que les alentours de la porte de la cité. Bienheureusement pour ma petite personne, les lourdes armures des gardes les ralentissaient et j'avais encore quelques ensorcellements sous la manche, au cas ou. Je n'eut pas à utiliser la magie, il n'était pas question de m'épuiser dans une situation pareil, et les gardes perdirent rapidement ma trace. Je me dépêchais autant que je le pouvais pour atteindre l'auberge la plus proche et, bien que celle que j'avais choisi se trouve bien trop près de la porte pour mon propre bien, j’espérais que l'état de crise que semblait subir la ville suffirait à vider les chambres, assez pour que j'ai de la place tout du moins.

Je découvrais lentement mon visage de tous les bandages qui étaient censé le protéger des rayons meurtrier de l'astre solaire. La nuit était tombé depuis longtemps déjà et peut-être cela m'aiderait à me fondre dans la masse. Toujours est-il que j'avais finalement atteint la fameuse auberge, encore tremblante et essoufflée des longues courses poursuite que j'avais dû effectuer.  Je poussais lentement la porte de la bâtisse, essayant de me calmer extérieurement et intérieurement, il ne fallait surtout pas paraître louche auprès de l'intégralité de l'auberge. Néanmoins, à ma grande surprise, il n'y avait pas âme qui vive. Plus exactement il y avait cette Esdere, probablement la tenancière, et cette étrange masse de muscle somnolente que je n'osais appeler un homme. Mon unique œil sanglant croisa les deux sphères à la couleur plus sombre que des charbons qui servait d'yeux au géant avant de se fixer sur la femme. Tout compte fait, ce fut plutôt idiot d'enlever les bandages. Montrer ouvertement des canines pointus et un œil dont la couleur ressemblait à celle du sang n'était pas ce qu'il y avait de plus amical. Le tout était de se reprendre et de ne pas céder à la panique, j'aimerais rester à bonne distance des deux étaux vieillis et cornus de l'homme. Me raclant la gorge, c'est d'une voix semi-essoufflé, semi-intimidé qui se présenta au deux inconnus.

« Vous... Vous reste-t-il des chambres pour ce soir ? Cette affaire d'assassin m'a prise au dépourvu, je n'étais censé être que de passage dans la ville. »

La femme acquiesça d'un coup de tête et, comptant mes pièces se faisant de plus en plus rare, j'observais avec délice que j'avais de quoi me prendre à boire. Élevant la voix de nouveau, c'est avec un peu plus d'assurance que je m'exprimais.

« Je vous prendrais bien une choppe de bière au passage, s'il vous en reste bien sûr »

La femme leva un sourcil, avant de demander, amusée par la situation.

« N'êtes-vous pas un peu jeune pour boire de l'alcool jeune fille ? L'alcool n'est pas comme un jus de fruit ma petite. »

J'aurais pu me mettre en colère, comme je le faisais à chaque fois quand l'on me rétorquais ma jeune apparence, mais c'est avec humour que je préférais le prendre, annonçant alors, un petit rire s'ensuivant alors que je recoiffais machinalement mes cheveux à la couleur si particulière.

« Ne vous fiez pas aux apparence, j'aligne vingts hivers à mon actif et je suis plus que capable d'avaler une choppe sans m’effondrer sur le sol. Mais j'admire votre inquiétude à mon égard. »

La femme eut un sourire avant de disparaître derrière son comptoir. Je me tournais vers l'homme, ou plutôt le géant, avant de lui poser une simple question, juste pour faire en sorte de ne pas instaurer un horrible silence dans l'auberge qui semblait bien vide.

« Vous semblez bien malheureux, mon ami. Est-ce cet histoire d'assassin ? De ce que j'ai pu voir dehors, la garde de la ville ne semble pas encore prêt à l'attraper... »

La porte de l'auberge s'ouvrît lentement une nouvelle fois, m'interrompant en plein milieu de ma phrase, alors que je priais pour que ce ne soit pas un garde qui aurait la maladresse de reconnaître en moi un possible assassin.

1186 mots



Mar 13 Juin - 5:02
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Aetrayel - Avium - II
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De nouveau Eleshyë, la ville qui vivait sous la canopée d'arbres millénaires. Ses rues qui sont comme un bois habité, son atmosphère calme et pourtant fourmillante par endroit. En parcourant la ville, je m'étais rappelée mes différents souvenirs de ce lieu.Le jour ou Barthelémy et moi nous étions perdus dans la forêt qui l'entourait, avec un autre voyageur, et où un vieil homme nous avait secourus;  le jour où nous avons rencontré la Lië'ja Estë Falhya, l'enchanteresse, et son frère Cirth. Nous aimions bien la ville forêt des Lië'jas. Nous aurions pu y vivre, mais notre place était auprès des nôtres, aux Iles Azurées, ou auprès des Edseres sur la Terre des rescapés. Cependant, si nous avions dû vivre ailleurs, si nous n'avions pas été ce que nous étions, nous aurions certainement vécu  dans les profondeurs de la forêt d'Eleshyë.

Nous allions repartir, après quelques jours passés sur les lieux,quand nous avons trouvé les portes closes. Il semblait que nul  n'avait le droit de quitter la ville. Nous étions vêtus de nos vêtements de voyage, Barthelémy de son long manteau noir, moi de mon manteau brun, des manteaux prévus pour laisser passer nos ailes.Nous avions eu le temps de dépoussiérer tout cela, et nos sac à dos «sans fond» contenaient tout ce dont nous avions besoin pour retourner sur la Terre des Rescapés. Mais quand nous vîmes que les portes étaient fermées, toute l'énergie que nous avions rassemblée pour voyager retomba, et mes nerfs déjà un peu tendus à cause de la fatigue se tendirent encore davantage; je me sentais  désespérée et exténuée, cette situation inattendue achevait ce que le manque de repos avait déjà commencé. Mon euphorie cédait  la place à l'abattement; il très était rare que je sois dans un tel état, la Tempérance étant normalement une des qualités première de mon caractère.

Je me tournai vers Barthelémy, en levant la tête vers lui; nous échangeâmes un regard, je lus dans ses yeux énigmatiques de la compassion pour moi. La flamme sauvage qui y brûlait était adoucie. Je remarquai aussi que sa barbe noire repoussait, ainsi que ses cheveux, qui mesuraient à présent quelques centimètres. Mais j'étais épuisée, après une plusieurs nuits et jours passées sans me reposer, ou presque, et je me détournai, éreintée. Je regardai le sol en me demandant si j'allais m'y laisser tomber, mais rassemblant ce que j'avais de détermination et de force, je n'en fis rien. Nous nous mîmes en marches et nous fîmes le tour de la ville sans trouver d'autre sortie. Il était évident que nous ne pouvions quitter les lieux par aucun moyen. Alors que nous avions déployé nos ailes, et que nous nous apprêtions à nous envoler par dessus les portes, tout simplement, des gardes nous arrêtèrent et nous signifièrent que nous n'avions pas intérêt à faire cela. Ils ne nous en dirent pas davantage, mais leur expression était extrêmement résolue et froide. Des archers, nous dirent-ils, étaient prêts à nous viser en pleins vol, de traits empoisonnés, si nous tentions de nous évader. Barthelémy avait la capacité de se rendre invisible, aussi il aurait pu s'échapper tout de même. Mais me laisser seule prisonnière ? Nous nous résolûmes à accepter cette situation, provisoirement, en attendant d'avoir trouvé un moyen de nous évader. Nous aimions bien trop notre liberté pour supporter cela bien longtemps. Nous avons même été tentés, autant l'un que l'autre, de sortir de force, quitte à être criblés de flèches.

Cependant, mon état de fatigue ne pouvait être ignoré plus longtemps. Nous avions eu pour but au départ de nous reposer dans la forêt qui bordait la ville - cela nous ressemblait plus que de nous installer à l'auberge - mais étant donné les circonstances, nos plans devaient changer. Debout sur les pavés froids,à  la nuit tombante, j'étais prête à faire à nouveau le tour de la ville jusqu'à ce que j'aie trouvé par où sortir sans me faire remarquer. Mais j'étais si épuisée, je m'endormais tellement,  que Barthelémy me prit tout simplement dans ses bras, comme ce jour où je m'étais évanouie dans la neige, et me porta comme un enfant.

J'étais donc à demi inconsciente quand Barthélémy poussa la porte d'une auberge, en me tenant contre lui... Il me déposa sur un banc, à côté d'un carnet et d'un fusain oubliés. J'ouvris brièvement les yeux  cependant, et je vis à travers les cheveux qui me tombaient sur le visage, trois inconnus. Le premier, grand et large d'épaules comme Barthelémy, portait une barbe sombre, également comme lui. le second, petit et fin comme un enfant - plus grand cependant que moi, était vêtu de mauve ; le troisième était de taille moyenne, et possédait de longs cheveux blonds nattés.Je remarquai l'oeil rouge brillant de celle qui devait être à peine un peu plus grande que moi. Puis je refermai les paupières en écoutant les crépitements du feu dans la cheminée non loin de là. J'entendis la voix grave et modulée de Barthélémy :


- «Bonsoir... Les portes de la ville sont fermées, que se passe t-il ?»

Je perçus d'autres voix qui lui répondaient, mais dans mon demi sommeil, elles n'avaient aucun sens; mon esprit errait en d'autres lieux, mes pensées prenaient la forme d'un rêve.Puis je cessai tout à fait d'entendre quoi que ce soit, retournant à mon inconscience première.

891 Mots


Ven 16 Juin - 13:32
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