La Passation - Solo - Métier

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Ashryn - Laethlion - III
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A la lueur des bougies sa main écrivait sur le parchemin d’une écriture fine et soignée. L’ombre des énormes bibliothèques derrière lui dansaient au gré des flammes. Concentré sur ce qu’il faisait il ne vit pas tout de suite le Maitre d’Arme appuyé contre le battant de la porte. Bras croisé sur le torse, Vargas observait l’Ashryne d’un œil perçant. Les temps changent et s’accompagne de vieillissement.  Le temps était venu pour Vàsa d’entreprendre sa voie. Vargas avait toujours eu l’espoir que ce soit lui et celui-ci placé à l’époque en un enfant qui montrait une certaine paresse ne se révélait pas un choix des plus avisés. Pourtant cet enfant était devenu un homme et cet espoir c’était concrétisé. Le temps était venu de l’amener à faire un choix.

« Je sais que tu es là Vargas. Tu désires quelque chose ? » L’intéressé se détacha du montant de la porte et s’approcha doucement déversant son ombre sur le mur de roche. « On peut dire cela ainsi. » A l’énoncé du Maitre d’Arme Vàsa posa sa plume et fronça les sourcils. Il était rare que le Maitre d’Arme puisse avoir un objet de désir. « Tu as une tâche à me confier ? » Vargas resta pendant plusieurs minutes parfaitement silencieux tout en fixant Vàsa avec intensité. « Dis-moi Vàsa as-tu songé à ton avenir ? » Le choc produit par la question laissa l’Ashryne sans voix pendant quelques secondes. « Pas vraiment non. » L’avenir était un sujet vaste surtout pour Vàsa qui n’avait pas envie de réfléchir à la possible succession du clan ou encore à sa place au sein de quelques ordres que ce soit. C’était déjà bien trop tôt et bien au-delà de ces ambitions. Il n’aspirait pas à l’effort et diriger le clan demandait beaucoup d’effort. Son frère était bien plus à même de faire cela. Et même dans ces circonstances son Père avait encore son temps à faire. « Le temps passe Vàsa et un jour ou l’autre que ce soit ton frère ou toi, vous devrez assuré la pérennité de votre héritage. » Le Maitre d’Arme leva la main voyant Vàsa sur le point de l’interrompre. « Cela étant ce n’est pas seulement pour ça que je suis venu te voir. Nous avons une mission primordiale qui est de préparer les jeunes à devenir grand. J’ignore de quoi l’avenir est fait et même si beaucoup de choses ont changées avec le temps il arrivera forcément un moment ou le cycle se renouvèlera. En dehors du clan et toutes attaches je dois transmettre ma connaissance parce que c’est mon rôle Vàsa. » Si l’Ashryne n’avait pas été assis il en serait certainement tombé à la renverse. Les paroles du Maitre d’Arme bien que profonde dévoilaient quelque chose de bien plus profond. Sensibilisé aux traditions de sa Maison Vàsa n’ignorait pas le processus de transmission. Néanmoins il ne se serait jamais attendu à cela. Vargas était un homme que l’Ashryne considérait comme bien au-dessus du monde. Là où certains étaient les monstres qui nageaient dans l’océan, Vargas était la bête des profondeurs. « Je ne comprends pas. » Ce fut la seule réponse censée qu’il put formuler à voix haute. « Je pense que si Vàsa. Saches que tu es en droit de refuser toutefois réfléchis y bien. Je sais que tu doutes de ta capacité à endosser un tel rôle tout autant que je sais que tu te fies à mon jugement. C’est toi que j’ai choisis Vàsa. » Beaucoup ignorait le passé du Maitre d’Arme tout autant que la manière dont il avait acquis ces compétences et sa puissance de combat. Comment Vàsa pourrait-il un jour arriver à son niveau ? Cela lui paraissait tout bonnement inconcevable. Evidemment qu’il ne remettait pas en doute le jugement de Vargas c’était pourtant si impromptu. Réfléchissant à toute vitesse, les possibles vertigineux qu’il percevait lui donnaient le tournis. « Je n’ai qu’une question Vargas. Pourquoi moi ? » Le Maitre d’Arme esquissa un sourire à la question. La question que lui-même un jour avait posée. « Je vais te donner la réponse qui m’a été faite avant toi. La seule possibilité que tu aies de répondre à cette question et d’accepter mon offre. Alors, et seulement alors tu trouveras la réponse. » Le simple fait qu’il prévienne Vàsa que lui aussi avait posé la même question était une énorme donation. Le Maitre d’Arme ne parlait jamais de son passé à qui que ce soit, il doutait même que son Père est connaissance de tout son passé.  « Si tu acceptes jeune Nibelun va acheter un collier. Celui qui te plaira et rejoins moi à l’aurore dans la grande salle. » A la fin de sa déclaration il quitta la salle laissant Vàsa face à sa décision et ses réflexions. Quoiqu’il décide il respecterait son choix.

Le lendemain matin alors que tous dormaient au sein de la Maison, au cœur de la grande salle Vàsa et Vargas se faisaient face. « Avant que tu me fasses part de ta décision je dois t’expliquer ce que signifie être Maitre d’Arme. Ce n’est pas un titre à prendre à la légère. Il y a un rôle d’enseignement mais pas seulement. Le véritable rôle se situe dans l’héritage que nous transmettons. La science et la force du combat ne sont que des outils, ce qu’il est impératif de faire valoir est la sagesse de leurs utilisations. Ce n’est pas une tâche aisée et les difficultés qu’il en coutent seront difficile à traverser. Acceptes-tu quand même ? » Vàsa avait murement réfléchit sa décision. « J’accepte l’honneur que tu me fais Vargas. » « As-tu pris le médaillon ? » « Oui je l’ai. » Le Maitre d’Arme hocha la tête en signe d’approbation. « Vàsa Nibelun, fils de Deustan et de Lisandra Nibelun, jures tu d’accomplir la tâche qui t’est confiée quoi qu’il t’en coute ? » « Je le jure. » « Jure-tu de poursuivre la transmission et l’héritage comme nos traditions le veulent ? » « Je le jure. » « Jures-tu de garder secret ce qui te sera confié et d’emporter ce secret dans ta tombe ? » « Je le jure. » « Jures-tu de suivre mon enseignement et de prendre ma suite ? » « Je le jure. » « Par quatre fois tu as juré Vàsa Nibelun ta parole est à présent marteler sur l’Enclume et gravée dans la Pierre. Qu’elle demeure à jamais et pour l’éternité. »

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HAN !!!:
 

Mar 6 Juin - 23:35
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Ashryn - Laethlion - III
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Durant une semaine Vargas fit courir Vàsa trente kilomètres dès le matin. Quel que soit le temps ou le terrain ils couraient. Tantôt sur l’escarpement rêche et enneigé du Mont des Souvenirs, tantôt au travers des rues sinueuses de Synkaalia. Vàsa ne se plaignit pas une seule fois, il tentait tant bien que mal de suivre le Maitre d’Arme. D’ailleurs l’Ashryne était subjugué par la facilité de course de son mentor. En pente ou à plat Vargas semblait être en osmose avec son environnement déployant sa course avec une aisance naturelle qui était assez incroyable. Le reste de la journée Vàsa devait effectuer de rudes étirements qui poussait son corps à un point de rupture toujours plus loin. Le Maitre d’Arme parlait peu, se contentant de reprendre son protégé lorsqu’il n’effectuait pas le mouvement correctement. Au-delà de ces échanges les deux hommes étaient concentrés dans leurs tâches respectives. L’enseignement observant et l’élève exécutant les tâches confiées. Le brutal changement de rythme avait épuisé Vàsa qui au bout de quelques jours était courbaturé et contusionné de partout. Malgré la douleur et la fatigue, Vàsa continuait du mieux qu’il le pouvait. Vargas s’adaptait en toutes circonstances. Sans un mot il ralentissait sa course pour la calquer sur celle de Vàsa. Ou encore il lui accordait plus de temps de repos entre les séances d’étirements. A la fin de la semaine Vargas prévenu le jeune Nibelun que son entrainement allait prendre une autre forme. Le rendez-vous fut donné dans la salle d’arme dès le lendemain matin sans pour autant coupé à leur habituelle promenade matinale.

Après s’être rafraichit au sein des sources chaudes qu’abritaient la Maison du Clan, Vàsa rejoignit la salle d’arme et attendit l’arrivé de Vargas. Il ne tarda pas et à la surprise de l’Ashryne il n’était pas seul. Un homme aux teints halé et à la fine moustache soignée l’accompagnait. Sans faire les présentations Vargas rejoignit son élève qui attendait pendant que l’homme s’installa plus loin pour les observer. « Ne lui prête pas attention pour le moment. » Vàsa ne répondit rien sachant que le Maitre d’Arme ne laissait rien au hasard, le moment venu il saurait ce qu’il en était. La salle d’arme du clan était haute de plafond, l’arche creusée dans la pierre produisait une large coupole qui couvrait la pièce spacieuse. Des tapis en plume d’oie couvrait la majorité de la salle et sur tout son pourtour se trouvait des râteliers d’arme. Dans le fond de la pièce plusieurs équipements permettaient de soulever de la fonte et de s’entrainer au maniement de l’arme. « Tu as des bases Vàsa toutefois tu as énormément de lacunes. Comme je te l’ai dit la force et la tactique sont importantes mais la réelle mesure d’un combattant se fait dans sa proportion et sa sagesse à utiliser ces outils. Ton problème c’est que tu penses trop Vàsa. L’essence même d’un combat se doit être d’une fluidité irréprochable. Plus tu passes de temps à penser, plus tu en perds à frapper. Face à un adversaire la différence est difficilement mesurable, face à plusieurs adversaires elle pèse. Sans parler de la rapidité d’exécution et ta perception générale. Tu dois devenir le prolongement de ta pensée Vàsa. Pour apprendre tu vas devoir oublier le monde. » Le Maitre d’Arme tendit au jeune Nibelun un foulard. « Noue le toi sur les yeux. » Vàsa s’exécuta sans protester. Il ignorait encore ce qu’avait voulu dire Vargas, il allait apprendre. Une fois dans le noir il entendit du mouvement puis un son produit par le râtelier d’arme. Son mentor était armé. Soudainement les sons disparurent. Ne voyant plus rien, n’entendant plus rien, il se prit un coup de bâton dans les côtes. La force du coup était faible et heureusement. Une certaine panique naquit. Coupé de ses sens l’Ashryne luttait batifolant des bras comme un idiot. Les coups se mirent à pleuvoir. Assaillit de toute part il encaissait non sans douleur. C’était inconcevable. Comment pouvait-il parer ou même esquiver. Vargas ne lui avait donné que des bribes d’informations. Un coup frappa sur sa main le faisant reculer d’un pas. Les sensations provenaient la plupart du temps de ces sens ici aucunes sensations n’émergeaient à partir de ce moment il était impensable d’amener son esprit à anticiper. Bien qu’il ne capte plus aucun son, la voix de Vargas résonna quand même, il ignorait si elle provenait de son esprit et du Maitre d’Arme qui tournait autour de lui. « Arrête de penser Vàsa ! Cesse de réfléchir, de chercher à comprendre, tu ne peux pas. Fais appel à ton instinct. » Un coup le toucha à la tempe ce qui le fit tituber pendant quelques secondes. Arrêter de penser ? Comment…Les coups continuaient de pleuvoir sans une seule seconde pour souffler. Vàsa ignorait depuis combien de temps ça durait. Son corps était douloureux de partout à présent. Son esprit commençait à se résigner face à la difficulté de l’exercice. C’était tout bonnement impossible. Dans un ultime effort il laissa son esprit s’abandonner. Les ténèbres enserrent sa réflexion et il ne resta plus rien. C’était son dernier acte. Il abandonnait.

Mouvement léger et instinct dévorant. Coup porté à l’épaule. Déplaçant son buste de quelques centimètres en arrière le coup ne toucha pas. Coup porté sur le genou. Vàsa prit appui sur la jambe gauche et jeta la droite en arrière, le coup ne toucha pas. Son esprit était vide, ou plutôt focalisé. Pur instinct dévoilé, l’Ashryne faisait face sans savoir comment. Vargas tentait maintenant de toucher Vàsa qui esquiva à chaque mouvement. De l’extérieur cela donnait un spectacle des plus étranges. Une danse à la beauté hypnotique. Le bâton volait dans l’espace autour de Vàsa son corps s’adaptant au mouvement de celui-ci. La fluidité de cette danse était incroyable. Aucun mouvement superflu, aucunes oscillations des ondes. Le mouvement était parfait. Ils continuèrent durant plusieurs heures Vargas désireux que le jeune Nibelun s’imprègne de cette sensation.

Arrivé en milieu de journée, Vargas stoppa l’exercice. Malgré la réussite de Vàsa, celui-ci se sentait étrange sans parler des multiples contusions qu’il découvrit en enlevant son bandeau. Il pointa du doigt son oreille signalant qu’il voulait retrouver un minimum d’oui. Vargas esquissa un sourire et le son revenu. « Comment te sens tu ? » Vàsa réfléchit une seconde à la question de son mentor. Elle pouvait paraitre anodine mais elle ne l’était pas. Il prit une profonde inspiration et mesura sa réponse. « Je ne saurais te répondre avec précision. Qu’est-ce que c’était ? » Vargas hocha la tête face à la réponse de l’apprenti. « Nous sommes en mesure de ressentir les choses Vàsa, ton instinct est un outil dont la mesure dépendra de ce que tu en feras. Tu as abandonné et tu as grandis. La victoire n’est pas toujours dans l’esprit de gagner ou de perdre, elle se situe parfois dans une expérimentation de la défaite. Tu t’es résigné et en faisant cela tu as ouvert ton instinct tu as tendu la main à ton esprit. Tous les jours tu vas devoir travailler cette sensation et te familiariser avec. Ton instinct te permettra de ressentir le monde avec plus d’attention que n’importe qui. » Vàsa avait déjà entendu parler de cet effet lié à son peuple. Il l’avait déjà expérimenté mais jamais dans cette mesure. C’était assez fou. « Prends une heure de repos, mange, panse tes blessures et ensuite nous recommencerons. »

Vàsa avait appris la méditation. Les bienfaits de celle-ci étaient réellement non-négligeable. En une demi-heure son corps et son esprit étaient parfaitement détendus et reposés. Au gré de ces méditations Vàsa arrivait à outrepasser sa réflexion et à développer son instinct. Surtout qu’il lui fallait du temps pour emmagasiné toutes les informations et enseignements que lui donnait Vargas. Il lui apprenait plus que simplement combattre. La première chose qu’il lui apprenait était la maitrise de soi. Repoussant sans cesse les limites de sa perception ou de sa croyance il poussait Vàsa à devenir autre chose. Vàsa le sentait. Son esprit s’aiguisait et gagnait en portée. Sa perception du combat évoluait et il commençait à se dire qu’il ignorait tout. L’homme qui les avait observés le matin n’avait pas prononcé un mot et Vargas ne semblait pas décidé à le présenter, pourtant cet homme rappelait quelqu’un à l’Ashryne toutefois il n’arrivait pas le remettre. Après avoir mangé, médité et appliqué les onguents sur ses contusions Vàsa reprit l’exercice avec Vargas. Durant le reste de la journée ils continuèrent cette danse unique. Plus ça allait plus Vàsa découvrait son instinct il ne réagissait plus dans la même mesure se contentant simplement d’être. Son environnement n’était plus limité et il percevait des choses dont il ne pouvait expliquer la nature. C’était simplement un fait. Son environnement lui murmurait les choses et lui agissait en conséquence. Vargas avait accéléré ses mouvements sans pour autant que ça gêne Vàsa. La vitesse d’exécution qui augmentait faisait s’enfoncer plus en profondeur Vàsa. Il oubliait tout, oubliait le monde, oubliait qui il était. Plus il s’enfonçait dans son instinct et plus le monde disparaissait. Il n’était plus qu’une boule de sensations, sans émotions, juste une force agissant contre une autre.

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HAN !!!:
 

Jeu 8 Juin - 11:06
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