Confinement (Quête Solo - Solyane)

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Edsere - Consciem - III
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« Chère Solyane,

Je n'ai pas eu l'occasion de vous remercier comme il se devait pour l'aide que vous m'avez apporté après le meurtre de ma sœur. Je vous savais gré, de même façon, des visites que vous m'avez octroyé le temps de la rémission de ma blessure.

Pour rattraper mon manquement et mon impolitesse flagrante, je vous invite à Eleshyë. De votre propre confession, j'ai appris que vous n'aviez guère l'opportunité de quitter les Terres Edseres pour voyager. En voilà donc l'occasion et j'espère sincèrement que vous agréerez ma proposition.  Vous verrez qu'il fait bien mieux vivre par chez nous que sur le Continent Sacrifié

En espérant avoir le plaisir de vous revoir bientôt.

Telariel. »

Ecrits sur un morceau de parchemin fin et doux, ces mots d'un raffinement suranné s'inclinaient légèrement sur la droite. Cursive et superbe, l'écriture de Telariel dénotait d'une éducation poussée. D'ailleurs, Solyane n'était pas certaine d'avoir compris le sens de tous les mots utilisés par le Lië'ja. C'était déjà une chance qu'elle sache lire. Lorsque cette missive lui était parvenue, elle n'avait pas vraiment su qu'en faire. Refuser, accepter ? Elle se souvenait encore parfaitement bien de Telariel. Cela faisait à peine quelques semaines qu'il était reparti pour le Continent Diapré en compagnie de ses compagnons et du corps de sa sœur. Bien sûr, entre temps, bien des choses s'étaient passées et la Terre des Rescapés ne serait plus jamais vraiment la même. Et c'était peut-être bien les souvenirs de ce qu'elle avait récemment traversé qui l'avait décidée.

Si la vie sur le Continent Diapré y était réellement plus paisible que chez elle – et plusieurs personnes lui avait assuré que c'était globalement le cas, surtout à la capitale des Lië'jas – alors il pouvait s'agir là d'un lieu idéal pour se ressourcer et prendre quelques vacances. Et puisqu'elle était invitée, autant en profiter.

Elle fit laisser un message à Locke dans la taverne où il avait le plus de chance de se rendre pour lui dire qu'elle s'éloignait quelques temps de La Terre des Rescapés. Elle ne s'étendit pas longuement, se contentant d'expliquer qu'elle en avait besoin. Elle ne doutait pas qu'il puisse la comprendre étant donné ce qui leur était arrivé. Après cela, elle quitta la cité pour gagner le port le plus proche et trouva sans mal un bateau se chargeant de la traversée. Sur ce bateau, elle fit la connaissance de plusieurs Lië'jas rentrant chez eux. L'un d'eux, visiblement plus âgé que les autres, était l'un des « plus grands herboristes qui soit », pour reprendre les propos de la plus jeune du groupe, sa petite-fille. Le Lië'ja lui expliqua sa passion pour son métier les plantes médicinales. Bien entendu l'Edsere n'ignorait pas que c'était à leur race que la plupart des apothicaires devaient leur stocks.

Le soir, Solyane s'installait dans un coin, généralement accompagnée de la plus jeune Lië'ja – Elluriane – et se mettait à jouer de la lyre. Elle n'avait guère de pratique et les deux ou trois premiers soirs, il lui fallut chauffer ses doigts pendant quelques minutes avant de produire des mélodies acceptables. Mélomanes, les Lië'jas apprécièrent. L'une des Lië'jas improvisa même quelques chants de sa composition :

« Moi ce que j'aime dans les balades,
C'est qu'on peut se balader
On peut cueillir des salades
Et après on peut les manger.

Sur le bord de la rivière
On peut aller se promener
Mais c'est un petit peu galère
Si on glisse on peut se noyer

Les écureuils et les lapins
Les poneys et les cerfs
Font la ronde autour du sapin
Parce que la forêt c'est super. »


Les autres Lië'jas rirent de bon cœur et Solyane s'imagina qu'il s'agissait d'une blague tournée en chanson. Elle n'avait, pour sa part, que compris les paroles. Le sens de la plaisanterie lui échappait totalement. Et elle n'avait pas la tête à leur demander des explications. Premièrement parce qu'elle n'était pas sûre de comprendre l'humour Lië'ja et deuxièmement parce qu'elle n'était déjà pas foutue d'avoir le moindre sens de l'humour. Même pour des critères edseres. Il fallait dire que sa vie ne lui avait jamais donné l'occasion de vraiment rire. Donc, pour le moment, elle laissa les Lië'jas s'amuser et continua à égrener ses notes dans la nuit.

La traversée dura encore plusieurs jours. Elluriane s'amusait beaucoup à suivre Solyane dans la mâture et les gréements du navire. L'Edsere s'était toujours estimée vive et agile. Elle découvrit que ce n'était rien en regard de ce qu'étaient capables de faire les Lië'jas. Danaë, la grande sœur d'Elluriane, le lui prouva en la laissant complètement bouche-bée. Néanmoins, elle fut complimentée par les Lië'jas qui lui confièrent avoir rarement vu un Edsere pouvoir rivaliser un minimum avec eux.

-  A côté de vous je me sens pourtant incroyablement balourde ! s'exclama-t-elle.

Le vieil herboriste, Aleryon, secoua la tête.

-  Pas du tout, voyons. Évidemment, Danaë et Elluriane n'ont aucune difficulté à rivaliser avec toi, mais pour une Edsere tu es vraiment impressionnante. Tu peux me croire. On croirait presque que tu as un peu de sang Lië'ja en toi.
-  Ta musique aussi est jolie. Un peu... grinçante, mais jolie.
compléta Elluriane

Solyane eut un sourire incertain. Est-ce qu'il s'agissait d'un compliment ? En tous cas le ton tendait à indiquer que oui. Le choix des mots était seulement un peu étrange. Bah, pas de racisme ! Songea la jeune Edsere. Après tout, elle allait passer un temps encore indéterminé au milieu de leur race. Autant s'y faire tout de suite et éviter de prendre la mouche pour trois fois rien. Surtout s'il n'y avait pas lieu de s'énerver.

Les marins, eux, s'étaient fait à la présence de leurs passagers avec au mieux une certaine bienveillance, au pire, un désintérêt flagrant. Tant qu'ils étaient payés pour leur boulot, ils estimaient que les autres pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient. A condition que cela ne les gêne pas. Pour quelqu'un qui n'avait jamais pris la mer, Solyane s'était étonnée de ne ressentir aucun malaise comme elle savait que ça arrivait parfois. Au contraire, le tangage du bateau la berçait le soir avec plus d'efficacité que tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Le vent iodé lui donnait l'impression d'avoir des poumons complètement neufs. Même s'il avait la fâcheuse habitude d'emmêler ses longs cheveux noirs. Elluriane s'était rapidement proposée de tresser les cheveux de sa nouvelle amie lorsqu'elle avait entendue celle-ci pester contre les nœuds avec lesquelles elle bataillait régulièrement. Solyane portait rarement les cheveux attachés mais elle y avait vite trouver un intérêt très agréable.

Finalement les côtes du Continent Diapré furent en vue. Les Lië'jas s'en réjouirent, heureux de rentrer enfin chez eux. Solyane se laissa gagner par leur enthousiasme. Elle qui n'avait jamais été à l'aise en compagnie d'autres personnes trouvaient celle des Liëjas particulièrement agréable. Leur douceur, leur bienveillance et, surtout, la pétulance d'Elluriane étaient un vrai baume sur son esprit méfiant. A moins que ce ne soit tout simplement l'air du large qui la mettait vraiment de très bonne humeur. Lorsqu'ils débarquèrent, chacun régla son dû au capitaine du bateau et le groupe se mit en route jusqu'à Eleshyë.

-  Je peux te faire visiter la ville, si tu en as envie ? déclara Elluriane.

Mais Solyane était bien trop ébahie par la magnificence des lieux pour songer à lui répondre. Autour de l'arbre le plus gigantesque qu'elle n'avait jamais vu – et qu'elle ne verrait sûrement jamais – la ville avait été échafaudée avec une harmonie toute Lië'ja. Les édifices partaient à la conquête du ciel tout en restant solidement attachés à l'écorce de l'arbre titanesque. Graciles et aériens, les toits semblaient fragiles et éternels à la fois. Les ponts suspendus étaient propres à donner le vertige à quiconque, en dehors de ceux qui vivaient là. Mais d'un autre côtés, ils participaient à l'équilibre visuel de l'ensemble. Sans parler de leur utilité indubitable. Solyane tournait sur elle-même pour essayer d'enregistrer le plus de détails possible. Mais tout était simplement trop immense, ahurissant, pour qu'elle puisse percevoir toute la richesse de l'endroit.

-  On peut vite se perdre quand on ne connaît pas les lieux. Ajouta la petite Lië'ja.

Solyane n'avait aucun mal à la croire. Elle voyait d'ici quelques ruelles se faufiler entre les bâtiments. C'était un peu comme la Terre des Rescapés et toutes ses venelles, impasses et autres ruelles qui demeuraient un véritable labyrinthe pour les néophytes. Il devait falloir une vie entière passée ici pour connaître les moindres secrets d'Eleshyë comme elle-même connaissait ceux de la Terre des Rescapés. Enfin, comme elle les connaissait.... Maintenant qu'une bonne partie de la ville était à reconstruire, il y aurait sûrement des changements.

-  En fait je dois retrouver quelqu'un. Déclara Solyane. Il s'appelle Telariel Nëlandril. C'est lui qui m'a invitée à venir lui rendre visite.
-  Est-ce qu'il a un poste particulier en ville ? Parce que simplement avec son nom...
-  Inutile.
Déclara Aleryon. Moi je le connais. Je les ai souvent soigné, sa sœur Andrielle et lui ! De plus, on a parlé d'eux il n'y a pas longtemps.

Danaë eut alors un hoquet.

-  Oui ! Je me souviens de cette histoire ! Andrielle a été tuée par un Edsere alors qu'ils se trouvaient à la Terre des Rescapés ! Telariel, Anuhin et Glaen sont revenus avec son corps pour les funérailles !

Solyane se mordit les lèvres. Telariel n'avait à aucun moment prononcé le nom de sa sœur. C'était également la première fois qu'elle entendait prononcés les noms des amis du Lië'ja. Aleryon se tourna alors vers Solyane.

-  J'ai entendu dire que Telariel restait seul assez souvent depuis ce drame. Il aimait profondément sa sœur et sa mort l'a énormément bouleversé. Je m'étonne que tu le connaisses et, surtout, qu'il t'ait invitée.

Solyane sortit le parchemin, qu'elle avait apporté avec elle, et le tendit à Aleryon. Celui-ci le déplia et le lut rapidement.

-  Eh bien, voilà qui est étonnant de la part du Telariel que je connais. Tu as dû lui faire grande impression.
-  Je l'ai seulement aidé à venger sa sœur. Pour être exacte, j'ai attrapé et puni l'assassin en lieu et place du système légal ordinaire. C'est un peu moins moral mais bien plus rapide et efficace.


Si sa réponse, et ce qu'elle sous-entendait, laissa Aleryon dubitatif, il n'en laissa rien paraître et se contenta de proposer à Solyane de la guider jusqu'à la demeure de Telariel et de la défunte Anarielle. Mais, en chemin, il devait passer chez lui pour ranger ses affaires. Danaë, Elluriane et leurs parents les quittèrent pour regagner leur propre maison. La cadette voulut rester avec l'Edsere et son grand-père mais ses parents lui rappelèrent qu'elle avait d'autres choses à faire que de s'amuser. Solyane attendit donc patiemment qu'Aleryon en ait terminé pour le suivre.

Dans une rue étroite mais claire et passante, Aleryon frappa à la porte d'une maison aux murs d'un blanc éclatant. Celle-ci ne tarda pas à s'ouvrir laissant apparaître un Lië'ja aux cheveux noirs. L'un des amis de Telariel, se souvint Solyane.

-  Bonjour Glaen. Est-ce que Telariel est présent ? Cette jeune demoiselle qui m'accompagne a été invité par ses soins et...
-  L'Edsere qui a vengé Andrielle !
S'exclama le Lië'ja en ouvrant un peu plus grand. Je me souviens. Telariel m'a effectivement parlé de la missive qu'il t'a fait envoyer.

Solyane acquiesça. Glaen s'effaça pour laisser entrer les visiteurs.

-  Telariel s'est absenté pour un tout petit instant. Il ne devrait plus tarder.
-  Tu vis ici, désormais ?
demanda Aleryon.
-  Ce n'est que temporaire. Telariel n'est pas fait pour la solitude. Je préfère être là pour lui le temps que son cœur et son esprits soient en paix avec la perte de sa sœur.

Le regard du Lië'ja glissa jusqu'à Solyane.

-  Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes de sitôt. Peu de temps s'est écoulé depuis notre rencontre.
-  Bien assez pour moi. Certaines choses se sont passées et j'avais besoin de voir d'autres paysages ! De respirer un autre air.
-  J'imagine que l'histoire de l'attaque des Norphis et des Ulfurbes sur la Terre des Rescapés est parvenue jusqu'ici, déjà.
intervint le vieil herboriste.

Glaen hocha la tête. Il fit alors le lien entre cette histoire et ce que venait d'avouer l'Edsere. Elle aussi était en deuil. Et elle venait chercher un peu d'oubli et de réconfort auprès d'inconnus, d'une autre race même.

-  Je suis désolé. dit-il à Solyane avec beaucoup de sincérité. J'aurais dû y penser plus tôt.
-  Très honnêtement, je préfère ne pas en parler pour l'instant. Tout est encore trop frais.
-  Je comprends. Telariel est un peu dans le même état d'esprit. J'ignore si c'est auprès de lui que tu trouveras le réconfort que tu peux désirer.
-  J'ai besoin de penser à autre chose. Pas d'être réconfortée. Mais merci tout de même.


Comme l'avait annoncé Glaen, Telariel revint quelques minutes plus tard. Il fut extrêmement surpris de découvrir Aleryon et, surtout, Solyane chez lui. Néanmoins il se remit très vite de sa surprise et se réjouit de la voir.

Le séjour de Solyane dans la capitale Lië'ja se déroulait à merveille. Mais le soleil ne peut briller indéfiniment et bientôt de gros nuages gris vinrent troubler le ciel de sa sérénité. Comme si tout allait beaucoup trop bien jusqu'à présent, un événement malheureux ne tarda pas à frapper. Et comme par un effet de mimétisme, la tragédie prit des airs à celle qui avait déjà noué les chemins de Telariel et de Solyane. Ironie du sort, cruauté du destin ? Impossible à dire.

Le Lië'ja et l'Edsere cheminaient en direction des portes de la ville pour une promenade en forêt. Au fil des jours, ils avaient noué une véritable complicité. Telariel était toujours en plein deuil de sa sœur et Solyane repensait de temps en temps à la perte d'Alicia et des autres. Mais ils n'en parlaient jamais. Pas directement, en tous cas.
Lorsqu'ils se retrouvèrent devant l'une des entrées de la ville, les deux amis furent surpris de découvrir que les grandes portes de chênes étaient closes. Deux gardes tendus scrutaient tous ceux qui s'approchaient. Solyane vit un groupe de trois Lië'jas se faire refouler calmement mais fermement. Les trois demoiselles furent surprises mais décidèrent de ne pas insister. L'Edsere, elle, était bien décidée à comprendre. Entraînant Telariel derrière elle, elle s'avança jusqu'aux porte. Comme pour les trois Lië'jas, elle se fit arrêter.

-  Désolé, mais vous allez devoir faire demi-tour. Personne ne passe !

Le ton était poli, digne d'un Lië'ja qui ne faisait que son travail sans chercher à abuser du pouvoir et du rôle qui lui avait été donné. Telariel s'approcha à son tour.

-  Comment se fait-il qu'on ne puisse pas passer ? Pourquoi les portes sont-elles closes ?
-  L'ordre formel a été donné de ne laisser entrer ni sortir personne de la ville. Quelles que soient les raisons ou les demandes, aucune exception ne sera accordée.
-  Qu'est-ce qui a pu justifier une telle décision ?


Solyane laissait volontiers son ami gérer la conversation mais elle écoutait attentivement. Qu'est-ce qui pouvait pousser une race aussi douce et généreuse que les Lië'jas à se retrancher derrières leurs murs ? Nul doute que la raison devait être grave.

-  Je n'ai pas les détails de l'histoire. Je fais seulement ce qu'on me demande. Maintenant, s'il vous plaît, veuillez circuler.

Ne désirant pas fâcher le garde, les deux compères firent donc ce qui leur était demander. Néanmoins ils se posaient tous deux bien des questions. Telariel demanda alors à Solyane de le suivre vers d'autres accès de la ville. Il voulait voir si cette porte-ci était le seul accès à être bloqué où si toute la ville était effectivement fermée dans sa totalité. Mais partout où ils s'adressèrent, ils obtinrent la même information : La ville était close et personne n'avait l'autorisation d'entrer ou sortir jusqu'à nouvel ordre.

-  A ton avis, à quel point l'affaire peut-elle être grave pour qu'Eleshyë soit mise en quarantaine ? questionna Solyane.
-  A un point que je n'ose imaginer. avoua Telariel, soucieux. Allons voir Aleryon, il en saura peut-être plus que nous. Si c'est à cause d'une maladie quelconque, il en aura forcément eu des échos de par son métier.

Solyane approuva. En chemin, ils croisèrent d'autres Lië'jas et même quelques Nanthuns qui semblaient spéculer également sur les raisons des portes closes. L'un des Nanthuns, un homme aux attributs de cervidé, pestait contre cette privation de sa liberté. Mais aucun ne semblait avoir le moindre début d'explication.

A la boutique d'Aleryon, les discussions allaient également bon train. Si la quarantaine mise en place n'avait pas déjà fait le tour de la ville, ce n'était plus qu'une question de minutes avant que ce ne soit le cas. L'Herboriste salua Solyane et Telariel.

-  J'imagine que vous êtes au courant, vous aussi. Leur demanda-t-il.

Les deux amis hochèrent la tête.

-  On se demandait si tu avais pu entendre des détails supplémentaires quant au raisons de cette fermeture des portes ! demanda Telariel.
-  J'ai entendu des rumeurs, comme la plupart. De ce qu'on dit, les gardes de la ville ne laissent passer personne jusqu'à nouvel ordre.
-  Tu ne sais rien d'autre ? On se disait que s'il s'agissait d'une maladie tu aurais déjà eu des demandes particulières qui aurait pu te permettre d'en savoir plus.


Aleryon secoua la tête.

-  On m'a déjà posé la question à plusieurs reprises, depuis qu'on s'est rendu compte de la fermeture. S'il s'agit d'une maladie, je n'ai eu aucune information précise. Et s'il s'agit d'autre chose, je n'en sais rien non plus.

Un homme entra soudain, l'air terrifié. Il était accompagné d'une jeune Lië'ja toute aussi paniquée. Elle jetait de fréquents coups d’œil dans son dos, comme si elle craignait d'avoir été suivie. Tous ceux présents les regardèrent, intrigués. Aleryon, conscient du malaise général, sortit de derrière son comptoir pour s'approcher d'eux.

-  Est-ce que je peux vous aider ?

La Lié'ja sursauta tandis que son compagnon la serra contre elle. Ce fut lui qui prit la parole d'un ton mesuré et prudent. Il semblait être indécis quant à ce qu'il devait dire ou taire.

-  Vous savez que toutes les portes de la villes sont fermées et qu'ils interdisent à quiconque de passer ?
-  En effet, je crois que toute la ville ne parle plus que de ça.
-  Eh bien apparemment ce serait à cause d'un meurtrier en série !


La Lië'ja se blottit plus fortement contre lui, tremblante. L'annonce fut accueillie avec un silence incrédule. Solyane, que la notion de meurtrier choquait un peu moins que les autres, s'avança jusqu'au couple.

-  C'est une certitude ?

Le Lië'ja la regarda un instant avec un certain malaise, mais lui répondit finalement :

-  Des victimes de meurtres ont été découvertes à deux endroits différents dans l'un des quartiers de la ville. Il paraît qu'elles ont été tuées de la même manière. Et tout à l'heure, ma fiancée...

Il baissa les yeux vers la Lië'ja qu'il tenait contre lui.

-  A manqué d'être agressée par une silhouette ensanglantée et tenant une longue dague dans sa main !

Si tel était le cas, il n'était guère étonnant que cette pauvre petite créature gracile et fragile soit aussi retournée. Voilà bien longtemps que Solyane ne se laissait plus autant émouvoir par la simple vision fugace d'un homme ensanglanté.

-  Il avait des yeux de feu ! hoqueta la Lië'ja. Son corps puait la charogne et il souriait comme un dément !
-  Il avait des yeux de feu ? Des yeux rouges, vous voulez dire ?
questionna Solyane.

Si un Norphis s'était introduit dans la capitale Lië'ja, alors ceux-ci n'en avait pas fini d'avoir peur. Principalement si le Norphis en question était réellement fou et à la recherche du sang. La Lië'ja frémit mais secoua négativement la tête.

-  Je ne sais pas. J'ai vu le sang et je me suis mise à crier. Ça l'a fait partir aussi vite. Je ne suis pas sûre.

Telariel s'approcha de Solyane et la tira un peu à l'écart.

-  Tu penses qu'un Norphis est ici ?
- Qui sait ? Ça pourrait correspondre à des morts en séries s'il est à la recherche de sang. Ce dont des êtres abjects et meurtriers au possible ! Ils ne valent pas mieux que des Ulfurbes ! Si c'est bien ça, alors il va continuer ses massacres.
répondit la jeune femme avec une hargne difficilement contenue.
Elle ne s'était jamais soucié de l'existence des Norphis jusqu'à ce qu'ils débarquent à la Terre des Rescapés. Avant cette tragédie, seuls les Ulfurbes étaient l'objet de sa haine. Aujourd'hui, ils avaient de la compagnie sur le podium. Son ami comprit qu'elle était encore sous le coup des souvenirs de Fruïan. Il soupira.

-  Il n'y a pas grand chose que nous puissions faire. Nous ne sommes pas à la Terre des rescapés, tu ne peux pas te permettre de rendre la justice comme tu as l'habitude de le faire. la tempéra-t-il.

Solyane lui décocha un regard en coin avant de soupirer. Il n'avait pas tord. Elle connaissait pas la cité. Si elle commençait à se lancer seule dans une chasse au monstre, elle n'y gagnerait qu'à se perdre. De plus, elle ignorait comment réagirait les autorités locale. Elle ne connaissait pas leurs habitudes, leur fonctionnement. Et sans ces données, impossible de savoir comme se jouer d'elles. Bien sûr, elle pouvait toujours essayer de leur proposer son concours, mais elle sentait qu'ils lui riraient au nez plus sûrement qu'autre chose. « Merci, mais non merci ! ». Néanmoins, rester dans l'inactivité alors qu'une de ces abjectes créatures rôdait dans le coin lui tapait sur les nerfs.

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Merci à Ylan et Sora pour ce que vous m'avez fait <3

Je les aime, je suis accro...:
 
Lun 5 Juin - 20:17
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Edsere - Consciem - III
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Ce fut sur le chemin du retour jusqu'à sa demeure que Telariel lui donna une idée.

-  S'il s'agit véritablement d'un Norphis, alors les gardes doivent être déjà au courant et ils mettront les effectifs nécessaires à sa capture en action !
-  C'est ça !!!
-  Pardon ?
fit le Lië'ja avec une nette incompréhension
-  Tu m'as dit que je ne pouvais pas faire justice comme j'avais l'habitude de le faire. Tu as raison. Je ne connais pas la ville et je ne suis pas assez familière des faits et gestes de la garde pour savoir comment éviter de les gêner ou de me faire réprimander dans le cas d'une chasse solitaire!

Telariel fixait maintenant l'Edsere avec une certaine inquiétude. Il redoutait la conclusion de cette tirade.

-  Voilà pourquoi, si je veux rendre la justice, je ne dois pas faire comme j'en ai l'habitude. déclara Solyane avant de se tourner vers son ami avec un air ou la malice se mêlait à une farouche résolution. Il est temps que je me trouve des partenaires justiciers pour m'aider dans cette nouvelle quête !
-  Solyane, non ! C'est une mauvaise idée.
-  C'est une mauvaise idée de traquer un Norphis et l'empêcher de nuire à ton peuple ?
-  Ce n'est pas notre rôle !
-  Cela ne l'était pas non plus lorsque nous étions à la Terre des Rescapés ! Mais, à ce que je sache, tu ne t'es pas plaint lorsque j'ai commencé à traquer la meurtrière de ta sœur !


Ceci était ce que l'on appelait communément un « coup bas ». Solyane savait qu'elle portait sa pique sur un point encore très douloureux. Mais elle voulait le faire réagir et adhérer à sa cause.

-  Les victimes du Norphis ont, elles-aussi, des familles. Des pères, des mères, des frères, des sœurs, peut-être même des compagnons ou des enfants. Des gens en deuil d'un être cher. Est-ce qu'ils ne méritent pas la justice à laquelle tu as eu le droit pour Andrielle ?

Cette fois, elle avait amené le sujet avec beaucoup plus de douceur dans la voix. Après l'avoir choqué, elle voulait faire vibrer en lui cette corde sensible pour qu'il s'identifie aux familles endeuillées. Cela pourrait peut-être nuire à son objectivité dans l'affaire, mais s'il n'y avait que ça pour le convaincre de la suivre, alors elle se chargerait d'être objective pour deux. Sa technique fonctionna. Telariel soupira en cédant.

-  Je ne te suivrai que si Glaen est d'accord pour se joindre à nous. Il m'a reproché de m'être lancé à la poursuite de l'assassin de ma sœur sans lui. De plus c'est un excellent pisteur et il connaît la cité bien mieux que moi.
-  Plus on est de fou...
concéda Solyane.

Elle appréciait Glaen. C'était un Lië'ja discret et plein d'esprit. Il avait tout à fait sa place dans ses plans si le cœur lui disait de les suivre. Plutôt que de rentrer chez Telariel, ils allèrent donc trouver le meilleur ami de celui-ci. Il les écouta posément raconter l'idée de Solyane – l'Edsere assumait si bien ses idées qu'elle refusait de laisser Telariel en porter la paternité, surtout au cas où son ami s'insurgerait sur une telle démarche.

-  En sommes, tu veux nous entraîner dans une chasse à l'homme dans le dos de la garde pour pouvoir venger les victimes de meurtres ! résuma-t-il en s'adressant directement à Solyane.
-  Et éviter qu'il ne fasse de nouvelles victimes. J'ai eu l'occasion de voir les Norphis en action... J'ai vu les cadavres qu'ils laissaient derrière eux. Je connais leur soif de sang et leur bestialité. Je ne supporte pas l'idée que l'un d'eux continue à commettre ses crimes !
-  J'imagine que Telariel a déjà dû te dire que notre souveraine fera tout ce qui est nécessaire pour arrêter le criminel au plus vite. Qu'il s'agisse d'un Norphis ou de n'importe quelle autre race, d'ailleurs. Aucun traitement de faveur ne lui sera accordé, quand bien même il s'agirait d'un Lië'ja.
-  Je ne cherche pas à dénigrer le travail des gardes. Nous allons simplement leur apporter de l'aide. Sans en avoir reçu la permission, certes, et il n'y aura sûrement aucune reconnaissance officielle à la clé, mais plus il y aura de personnes à suivre la piste de cet assassin, alors plus vite les meurtres cesseront !


Glaen prit quelques instants pour réfléchir. Son air stoïque n'aidait pas à savoir ce qu'il pouvait bien pensé. Contrairement à Telariel, Glaen contrôlait parfaitement la moindre de ses émotions. Son visage était un masque lisse et impénétrable dont il ne permettait l'expressivité que lorsqu'il le voulait bien. Finalement il releva les yeux vers et regarda alternativement Telariel et Solyane.

-  C'est d'accord. Je marche avec vous. Mais tu dois bien comprendre, Solyane, que si les gardes de la ville nous surprennent à essayer de leur couper l'herbe sous le pied, ils pourraient très mal le prendre et nous accuser, au mieux de vouloir court-circuiter l'enquête, au pire, d'être des complices du meurtriers. Dans les deux cas, ta sentence risque d'être pire que celle de Telariel ou la mienne ! Tu es une étrangère, certains pourraient se dire que tu as aidé le meurtrier par racisme !

Solyane n'avait pas réfléchi à cet aspect de la question. Mais même en le faisant, sa détermination était inébranlable. Elle assura les deux Lië'ja qu'elle ne ferait marche arrière que si elle n'avait aucun autre choix et ferait tout pour éviter de froisser la garde d'Eleshyë.

La première étape était d'en savoir plus sur les actions du meurtrier. Cibler les heures où il avait perpétré ses crimes, son rayon d'action et, surtout, s'il avait laissé des indices derrière lui. Glaen se proposa pour chercher la moindre trace laissée par le meurtrier – il était beaucoup moins prompt que Solyane a affirmer qu'il s'agissait d'un Norphis – ce qu'approuvèrent Solyane et Telariel. Eux deux se chargèrent de recueillir de potentiels témoignages. Sur conseil des deux amis, Solyane laissa Telariel poser les questions. Sa présence devait être aussi discrète que possible. Elle avait également dû jurer à Telariel qu'elle ne s'occuperait pas elle-même de punir le coupable. Quand bien même il s'agirait bel et bien d'un Norphis. Les victimes de ses meurtres étaient des Lië'jas, c'était donc à la justice Lië'ja de faire son œuvre. Elle devrait sûrement prendre sur elle de ne pas porter le coup fatal à cette engeance du mal mais l'important était qu'il paie. Et que justice soit rendue.

Malheureusement, Norphis, Edsere, Lië'ja ou autre, le criminel était insaisissable. Personne, en dehors de la Lië'ja qui avait failli être agressée par le fameux tueur, ne semblait avoir vu quoi que ce soit. Quant à Glaen, il n'avait pas trouvé grand chose. L'assassin était discret et doué. Les trois compères n'avaient donc aucune piste à suivre. A la suggestion de Solyane ils se renseignèrent discrètement pour savoir si la garde avançaient mieux qu'eux. Ils comprirent rapidement que non. Que ce soit les recherches officielles ou les leurs, tous étaient bloqués. L'assassin s'était-il enfui, d'une manière ou d'une autre, malgré la fermeture des portes ? Glaen et Telariel en doutaient. Mais Solyane pensait qu'il s'agissait là d'une fierté typiquement raciale. Ils ne pouvaient pas imaginer que leur peuple ait laissé s'échapper un meurtrier en série.

Le lendemain, après une nuit difficile pour Solyane, les nouvelles étaient sinistres pour les habitants d'Eleshyë. Les meurtres étaient maintenant connus de tous et la garde n'avait pas réussi à garder le secret sur le fait que le meurtrier était toujours en cavale. Les paisibles Lië'jas étaient dans un émoi comme leur race en connaissait rarement. Qui avait donc bien pu s'en prendre si sauvagement à trois d'entre eux ? Qui pouvait bien échapper si efficacement aux recherches intensives de la garde ? Car oui, les recherches s'étaient intensifiées depuis la veille. La raison ? Un nouveau meurtre sanglant avait été découvert. Solyane, Telariel et Glaen s'étaient rapidement mis en œuvre pour recueillir autant d'indices que possible sans se faire attraper par les gardes. Cette fois ils eurent plus de chance. De fines traces de sang formaient une piste s'éloignant de la scène de crime. Qu'il s'agisse de celui de la victime ou de celui du meurtrier, c'était à coup sûr un indice important. Et surtout le seul qu'ils avaient. S'il fallait attendre une nouvelle imprudence de la part du meurtrier, il risquait de  y avoir une nouvelle victime avant qu'il ne soit arrêté. Il avait déjà trois victimes à son actif en deux jours à peine. S'il maintenait ce rythme, les choses allaient devenir rapidement ingérables.

Glaen guidait ses deux compagnons qui n'avaient pas voulu le laisser aller seul. Au cas où il tomberait sur le meurtrier. Norphis ou non, il avait déjà fait plusieurs victimes et il était hors de question – aussi bien pour Telariel que pour Solyane – que Glaen soit le prochain mort de la liste. Ils remontèrent aussi loin qu'ils le purent. Solyane sentit sa gorge se nouer lorsqu'ils réalisèrent que les gouttelettes de sang s'arrêtait devant la porte entrebâillée d'une maison. Ils entèrent avec toute la discrétion dont ils étaient capable. Si Solyane n'avait pas tout à fait la même grâce que les deux Lië'ja, elle s'en sortait tout à fait honorablement en se déplaçant dans un silence quasi parfait. Sa dague était déjà dans sa main et elle n'était pas la seule à s'être armée en prévision d'un combat. Glaen et Telariel paraissaient aussi tendus qu'elle. Il n'y avait aucun bruit dans la maison. Tout était silencieux, comme si elle était vide. Le meurtrier n'avait peut être fait que passer ici. Seulement, ils avisèrent dans un coin un seau d'eau rougie et du linge souillé de sang et des restes de bandes de gaze traînant sur le sol.

« Il est blessé ! » réalisa Solyane. « Il est blessé et il a essayé de se soigner ici. »

Soudain un « ploc » retentit. Le silence était si intense qu'ils sursautèrent tous les trois quand ce simple bruit leur parvint. Il s'agissait d'une goutte tombant sur le sol. Solyane peina à en localiser l'origine. Elle se déplaça dans la pièce, analysant le décor. Si le meurtrier se cachait, elle ne comptait pas se laisser prendre par surprise. Lorsqu'elle sentit une goutte tomber dans son cou, venant d'au-dessus d'elle, l'Edsere se figea aussitôt. La goutte glissa le long de sa peau. Très lentement, Solyane leva main non gantée et frotta le liquide de ses doigts. Le contact était poisseux et tiède. Elle commença alors à avoir une vague idée de ce que cela pouvait être. Elle en eut la confirmation lorsqu'elle vit la teinte vermillon de ses doigts. Solyane leva les yeux au-dessus d'elle. Des gouttes de sang suintaient du plancher qui séparait les deux étages. Telariel, qui s'était approché d'elle, suivit son regard. Glaen les imita. Aussitôt il se dirigea, toujours sans le moindre bruit, vers les escaliers. Solyane se secoua et, maintenant que la surprise était passée, entreprit de suivre Glaen. Telariel la retint un instant par le bras. Son expression était partagée entre une interrogation muette et de l'inquiétude. Sans prononcer le moindre mot, Solyane hocha la tête pour le rassurer – oui, elle allait bien, il en fallait beaucoup plus que ça pour lui faire perdre ses moyens – et lui fit signe de se mettre en route pour ne pas laisser Glaen tout seul. Si le meurtrier était encore à l'étage, alors le Lië'ja risquait une très mauvaise rencontre. Et la jeune femme doutait sérieusement que le sang dont elle avait écopé d'une goutte appartenait à celui qu'ils recherchaient. Il était bien plus probable qu'il avait fait une nouvelle victime.

Sans le moindre bruit, Solyane s'engagea dans l'escalier. Elle s'arrêta sur le palier en constatant que Glaen en avait fait de même. L'étage ne comportait que deux pièces : une grande chambre et une salle de bain attenante. Dans la chambre : le corps dénudé et éventré d'un Lië'ja étendu en travers du lit. Sur le sol, à peine recouverte d'un drap, une femme de la même race, le corps transpercé d'un long coutelas. Glaen s'approcha de la femme pour examiner l'arme qui lui sortait du dos tandis que Telariel s'avançait vers l'homme. Solyane choisit de suivre Glaen. Elle repoussa les cheveux blond du visage de la morte et eut un hoquet de stupeur. Au même moment, près de l'homme, Telariel eut une réaction similaire.

-  Solyane ! s'exclama-t-il.

Ils échangèrent d'un regard. Elle n'avait pas besoin qu'il en dise plus. Elle avait reconnut la Lië'ja poignardée. C'était celle qui avait les avait alerté contre le tueur. L'autre victime devait donc être son fiancé, qui l'accompagnait lorsqu'ils l'avaient vue. S'agissait-il d'un regrettable hasard où ces personnes étaient-elles des victimes visées par le tueur ? Il serait impossible de le dire tant que le criminel ne serait pas arrêté. Mais que ce soit prémédité ou non, ces meurtres ajoutaient deux nouvelles victimes à son palmarès. Et il ne faudrait sûrement pas longtemps avant que la garde soit au courant. S'ils restaient trop longtemps, les soupçons retomberaient forcément sur eux trois. Glaen leur assura qu'il en avait suffisamment vu et qu'ils pouvaient partir. Ce qu'ils firent en veillant à ne pas se faire repérer. Glaen refusa de leur dire quoi que ce soit jusqu'à ce qu'ils soient tous les trois hors d'oreilles indiscrètes.

Ce fut dans la cuisine de Telariel, une fois la porte de la demeure de celui-ci verrouillée, qu'il daigna  enfin leur expliquer la raison de ce silence.

-  Le coutelas n'est pas de manufacture Lië'ja, j'en suis certain ! Ce qui veut dire que Solyane avait possiblement raison ! Il pourrait bien s'agir d'un Norphis.
-  Je ne crois pas !
contra Telariel. S'il s'était agit d'un Norphis affamé, ou plutôt assoiffé, il aurait dévoré ses victimes. Ou en tous cas il aurait essayé !
-  Il était pressé ! intervint Solyane. Mais il est aussi possible qu'il ne soit pas rendu fou par une soif de sang. Ce qui rend les choses encore pire.
-  Ou il est possible qu'il s'agisse d'une autre race. Bien des races sont les bienvenues dans l'enceinte de notre capitale. Même s'il ne s'agit pas d'un Lië'ja ou d'un Norphis, on pourrait avoir à faire à un Edsere, un Nanthun, ou même encore un Ulfurbe qui serait parvenu à cacher sa véritable nature jusqu'à aujourd'hui !
-  Il pourrait également s'agir d'un Lië'ja utilisant des armes étrangères.
déclara Glaen. Rien ne nous permet d'écarter la moindre possibilité. Pour le moment, vous avez entendu dire que l'homme avait un air dément, un regard ardent et nous savons qu'il utilisait au moins une arme qui n'était clairement pas d'origine Lië'ja. Autrement dit nous ne sommes pas plus avancés.

Solyane pestait intérieurement. Elle demeurait intimement persuadée qu'il s'agissait d'un Norphis. Bien sûr, un Nanthun aurait tout aussi bien pu faire preuve d'une même sauvagerie et aurait aussi pu avoir les yeux « ardents ». Un Ulfurbe ? Solyane doutait sérieusement que ces saletés soient assez malignes pour tromper la vigilance des Lië'jas. Donc, dans son esprit particulièrement sectaire, ne demeurait que les possibilités d'un Norphis ou d'un Nanthun. Les Lië'jas et les Edseres auraient eu du mal à avoir « des yeux ardents ». Si, toutefois, il ne s'agissait pas là de l'imagination malmenée par la peur de la Lië'ja maintenant morte.

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Ven 9 Juin - 22:17
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Edsere - Consciem - III
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Deux jours passèrent encore sans que ni les gardes, ni le groupe formé par Glaen, Telariel et Solyane n'en apprennent plus sur le coupable. Et maintenant il fallait en plus composer avec la panique générale suscitée par les citoyens qui étaient maintenant presque tous au courant des raisons de la fermeture des portes. Ce qui était tout sauf facile. Les gardes étaient harcelés, les marchands d'armes et d'armure dévalisés, une méfiance générale et néfaste s'était installée. Puisqu'aucune piste sérieuse ne pouvait pointer quelqu'un du doigts, alors n'importe qui pouvait devenir soudain le coupable idéal. L'assassin avait même gagné un surnom dans l'affaire : « La Goule d'Eleshyë ». Certains affirmaient d'ailleurs que ce surnom n'était autre que la nature même de l'insaisissable criminel.

Solyane devait bien avouer qu'elle ne connaissait rien aux Goules, ces créatures carnassières cauchemardesques, sinon qu'elles se nourrissaient des autres êtres. Or, elle était bien placée pour affirmer qu'au moins deux des cadavres n'avaient pas été « consommés ». Simplement étripés. Glaen, Telariel et elle tâchaient de se faire discrets mais déjà des rumeurs courraient au sujet d'un groupe qui chassait le tueur en marge de la garde. Les trois amis s'étaient glacés en entendant ces propos circuler, la veille, mais aucun nom n'était donné. Et s'il fallait en juger à d'autres rumeurs entendues depuis, d'autres groupes s'étaient eux aussi lancés à la chasse à la « Goule ». L'ordre avait été donné au peuple de ne pas se lancer dans de téméraires entreprises, exhortant chacun à se montrer prudent et de ne pas entraver le travail des gardes. Bien sûr, Solyane refusait toujours obstinément de baisser les bras. Telariel, pour une raison qui lui était propre, continuait à la soutenir et Glaen avec lui. Pourtant les indices étaient toujours aussi maigres, malgré l'apparition de deux cadavres supplémentaires. Des enfants, cette fois. Bientôt, on s'aperçut que, malgré les ordres officiels, des groupes chassaient effectivement le tueur en série. Dans l'un d'eux se trouvait la famille d'un des deux enfants morts.

Solyane comprenait et partageait le désir de vengeance et de justice de ces personnes. Elle savait ce que c'était de voir sa famille nous être arrachée de manière brutale, elle savait la peine et la douleur de savoir que des amis avaient été tués par des monstres. Et elle connaissait la révolte qu'on pouvait éprouver en sachant que quelqu'un s'en prenait au peuple auquel on appartenait. Et c'était parce qu'elle comprenait l'état d'esprit des Lië'jas qu'elle tenait plus que jamais à mettre la main sur le criminel, qu'il soit Norphis ou Nanthun. Lorsqu'elle s'était ouverte sur ses sentiments aux deux Lië'jas, sentant qu'ils avaient de plus en plus de mal à comprendre son implications dans les affaires d'une race qui n'était pas la sienne. Glaen avait simplement hoché la tête, n'en demandant pas plus. Telariel, lui, avait semblé étrangement ému. Il s'était contint, n'avait rien dit de spécial, mais Solyane avait relevé quelque chose dans le regard clair du Lië'ja qui n'était pas là avant son explication.

Les trois compères s'accrochaient donc à ce qu'ils avaient, quitte à suivre la moindre rumeur dont ils entendaient parlé. La plupart n'étant que des émanations d'esprits apeurés, c'était un travail aussi long que décourageant. Mais faut de mieux et obstinée comme l'était Solyane, ils s'acharnaient. Bien entendu, avec tous les volontaires qui s'étaient donné le mot pour mettre un terme à la barbarie qui avait lieu dans la cité, ils croisèrent plusieurs d'entre eux. Instinctivement, Solyane se méfia de la plupart. Une petite voix lui soufflait que le criminel pouvait très bien se faire passer pour l'un des traqueurs afin de se construire fausse couverture. Seulement, aucun ne se détachait plus que les autres. Tous les visages qu'elle étudia silencieusement montraient la même résolution à en finir avec l'assassin. Pas le moindre signe de mutation trahissant un Nanthun, pas la moindre trace de folie laissant présager la faim d'un Norphis. Des Lië'jas, un ou deux Edseres – victime de beaucoup de regards en coin comme elle-même.

Quelques heures plus tard, une nouvelle victime était découverte. L'un des gardes chargés d'arrêter le criminels. Il ne fallut qu'une journée pour que toutes les forces en œuvre redoublent d'effort. Les gardes ne faisaient même plus cas des milices civiles qui s'affichaient désormais ouvertement. Le meurtrier ne cherchait ni à se faire discret ni à éviter le conflit avec l'autorité. Sans compter que cela faisait déjà une semaine qu'il agissait sans le moindre cas de conscience et avec une rapidité proprement effrayante. « La Goule d'Eleshyë » serait livrée, morte ou vive – mais plus sûrement morte si c'était une milice qui lui mettait la main dessus – aux autorités de la cité et viendrait ensuite le temps du deuil pour tous.
Solyane avait rapidement craint que de se voir ainsi traqué de tous les côtés ne pousse le criminel à tuer plus encore. En se sentant menacé ainsi, sa dangerosité augmenterait et les victimes ne feraient que pleuvoir. Elle ne s'était pas trompée. Non, là où elle s'était trompée c'était en imaginant qu'il ne visait que les Lië'jas. De son point de vue, le criminel avait tout intérêt à faire porter le chapeau sur les autres races et n'avait donc aucune raison de les tuer.

Elle découvrit à quel point elle avait eu tord le lendemain soir.
Exceptionnellement, elle avait décidé de passer la soirée avec Elluriane et Danaë. Les deux Lië'jas s'étaient réjoui de pouvoir passer un peu de temps avec l'Edsere qu'elles appréciaient beaucoup. Les circonstances n'étaient guère propices pour s'amuser mais Telariel avait approuvé l'idée en arguant que Solyane avait besoin de se changer un peu les idées. Elle avait cédé et devait bien avouer, à présent, que cela lui faisait effectivement du bien de penser un peu autre chose qu'à son enquête. Quand bien même ses idées et ses questions ne quittaient jamais réellement son esprit.
Danaë s'était éclipsée pour suivre l'élu de son cœur, laissant sa sœur et leur amie seules pour profiter du reste de la soirée. Elluriane avait tenu à aller voir la représentation d'un groupe de musique qui se produisait en hommage aux victimes. Lorsqu'elles quittèrent le spectacle, la nuit était tombée depuis longtemps. Elluriane était ravie, quoi qu'épuisée. Solyane, elle, était plongée dans ses réflexions. L'hommage aux victimes avait été poignant et ravivé en elle les interrogations qu'elle nourrissait quant à l'assassin. Contrairement à Glaen et Telariel, elle refusait d'imaginer qu'il puisse s'agir d'une autre race qu'un Norphis ou un Nanthun. Ce qu'elle ne comprenait pas, dans l'optique où il s'agissait d'un Nanthun, c'était la raison pour laquelle il s'attaquait ainsi aux Lië'jas. Pour le peu qu'elle savait depuis qu'elle vivait dans les murs de la cité, les deux races vivaient en bonne entente. Soudain, Elluriane poussa un cri et Solyane manqua de lui rentrer dedans.

-  Elluriane, que se passe... ?

Solyane n'acheva pas sa question. En face d'elle se tenaient une créature immonde. Entre un loup et un Edsere. Solyane comprit qu'il devait s'agir d'un Nanthun. Mais c'était comme si la transformation avait raté et que quelque chose l'avait bloqué à un stade ou toutes les parties de son corps étaient déformées, prises entre les caractéristiques animales et celles de l'humanoïde. Une gueule à demi-allongée, mal formée, d'où pendait une langue courte mais épaisse, des yeux différents, au regard fou. Le visage était à moitié poilu, bouffi, tiré. Et il en allait de même pour tout le reste de son corps. Ses mains étaient différentes l'une de l'autre, dans leur aspect comme dans leur longueur. Ses jambes étaient encore plus ou moins semblables mais l'une était couverte d'une toison épaisse et l'autre complètement nue. Un moignon de queue battait l'air. La vision était terrorisante. La créature braqua son regard sur eux et chercha à s'exprimer. Elluriane et Solyane eurent alors le droit à un mélange dérangeant entre des paroles incompréhensibles et des grognements ratés. Il tendit ses membres difformes vers elles. Sans réfléchir, Solyane saisit son éventail de métal et sa dague puis se plaça en position agressive entre Elluriane et l'immonde créature. Elle était effrayée mais n'avait nullement l'intention de laisser ce Nanthun mal dégrossi s'en prendre à sa jeune amie. Le Nanthun tituba, essayant encore de parler. Cette fois il articula suffisamment pour que des mots sortent de son espèce de gueule :

-  Aidez... aidez...

Le reste se perdit dans un marasme de sons écœurant. Il tituba encore vers elles. Elluriane s'accrocha à Solyane et la tira vers l'arrière. L'horreur et le dégoût tiraient les traits de son joli visage. Solyane espérait qu'elle n'avait pas l'air aussi terrifiée qu'elle.  Elle devait se montrer plus forte et rassurante si elle voulait être crédible dans son rôle de protectrice.

-  Aidez... aidez... moi... gémit encore l'être immonde.

Cette fois il s'effondra en gémissant. De grosses larmes glissaient de ses yeux et roulaient sur son visage constellé de plaques de poil éparses. Il tremblait. Solyane était maintenant partagée entre le dégoût et une certaine pitié. Quoi que ce soit cette créature, elle doutait qu'il s'agisse là du meurtrier que tout le monde recherchais. Un homme surgit soudain et s'avança vers l'être hybride. Il s'agenouilla devant lui et lui parla doucement avant de se tourner vers Solyane et Elluriane.

-  Ce Nanthun est victime d'une transformation ratée. déclara-t-il avec calme. Ne vous inquiétez pas, il ne vous fera aucun mal. Il est simplement perdu...

Il se redressa.

-  Quel dommage... Un loup. Un prédateur magnifique. Si seulement il avait mieux accepté le renouveau que je lui ai proposé. S'il n'avait pas changé d'avis au dernier moment, quel magnifique pièce à ajouter à ma collection !

Solyane sentit son sang se glacer. Elle ne comprenait pas vraiment ce que racontait cet homme en dehors d'une chose : d'une manière ou d'une autre il était responsable de l'état du pauvre hère qui se traînait à terre. L'homme se tourna alors vers Solyane et Elluriane. Il les détailla un moment. Finalement il pointa la jeune Lië'ja du doigt et déclara d'un ton sec :

-  Toi, tu peux t'en aller. Je ne sens qu'une proie, en toi. Une petite proie fragile qui ne vaut pas la peine que je dépense ma précieuse énergie.

Son regard se posa alors sur Solyane et se fit gourmand.

-  Toi, en revanche... Une prédatrice dans toute sa splendeur. Sublime, farouche, protectrice... Une louve, sûrement. Ou une lionne. Je n'ai pas encore de beaux spécimens femelles. Ces Lië'jas sont beaucoup trop fragiles, trop doux... Quel idiot je suis ! C'est bien sûr chez les Edseres que j'aurais dû frapper. Quel panel formidable j'aurais alors eu à ma disposition !!

Plus il parlait, plus Solyane sentait l'effroi grandir en elle. Lentement, très lentement, les pièces du puzzle commençaient à se mettre en place. Pourtant, elle peinait encore à saisir le plan d'ensemble. Il s'approcha d'elle et lui tendit la main, un air encourageant sur le visage.

-  Très chère, j'aimerais beaucoup vous compter parmi mes... compagnons de jeu. Il n'y a qu'une seule condition à remplir. Il va vous falloir abandonner votre nature actuelle pour devenir l'une des nôtre. Je suis sûr que vous serez une Nanthun absolument superbe. Je vous en prie, laissez-vous faire.
-  Et si je refuse ?
le défia la jeune Edsere.

Elle n'avait aucune preuve, pourtant elle sentait confusément qu'elle était sur la bonne voie. L'homme secoua la tête.

-  Je ne vous recommande pas de me dire « non ». Je suis quelqu'un de très susceptible, vous savez ?
-  C'est pour ça que vous avez tué tous les Lië'jas à qui vous avez fait votre proposition ?


Il lui fallait être sûre aussi avait-elle décidé de tenter un coup de bluff. S'il ne s'agissait pas là du meurtrier qu'ils cherchaient tous depuis une semaine, tant pis. Dans le cas contraire, elle allait lui faire payer tout le sang qu'il avait versé. Le plus dur serait de s'abstenir de tuer cet homme. Celui-ci eut l'air surpris. Solyane garda son air accusateur. Il éclata alors de rire.

-  Et vive d'esprit, qui plus est ! Par la Nature Toute Puissante, pourquoi n'ai-je pas croiser votre chemin plus tôt, Exquise Beauté ? Il semblerait que vous sachiez qui je suis.
-  Celui que l'on appelle « La Goule d'Eleshyë » et que toute la cité cherche pour multiples meurtres. Celui que mes amis et moi avons juré d'arrêté.
-  Oh, voyez-vous ça ? Et comment comptes-tu faire, petite ? Tu es une Edsere, n'est-ce pas ? Tu ne possèdes aucun pouvoir. Pas tant que tu n'auras pas rejoins la noble race des Nanthuns, en tous cas.


Sans qu'elle l'ait vu venir, l'homme bondit sur Solyane et la fit tomber au sol. La maintenant à terre de tout son poids.

-  Soumets-toi et je ferais de toi l'une des plus merveilleuses créatures que ce monde n'a jamais porté. Accepte et tu deviendras plus puissante, rapide et belle que tout ce que tu pourrais rêver. Refuse et tu mourras.
-  Je ne pactiserai jamais avec un monstre comme toi !
-  Tu ne sais pas ce que tu rates.


Il leva une dague effilée. Elle ressemblait en tous points à celle qui était restée plantée dans le dos de la Lië'ja. Voilà la preuve formelle qu'il manquait à Solyane pour être certaine qu'il s'agissait bien du tueur que tous recherchaient. Elle chercha à se dégager mais son ennemi était beaucoup plus fort qu'elle.

-  Laisse-là tranquille ! s'écria Elluriane.

Elle s'élança contre l'homme mais celui-ci la balaya d'un revers de bras. Solyane en profita pour sortir sa dague et la planter dans le bras de l'homme. Celui-ci s'écarta en hurlant. Son regard vira alors au doré – le fameux regard ardent décrit par la pauvre Lië'ja. Vif comme jamais Solyane n'avait vu quelqu'un l'être, il décocha à la jeune femme un tel coup de poing au visage qu'elle décolla du sol et en fut sonnée pour le compte. Juste avant de perdre connaissance, elle entendit un cri, des bruits indistincts puis un bruit de course. Et ce fut les ténèbres douces et accueillantes de l'inconscience qui la cueillirent.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle était allongée dans un lit confortable. L'air était doux et parfumé. Sa joue était endolorie mais c'était plus une gêne qu'une vraie douleur. Elle tourna la tête pour regarder autour d'elle. Elle reconnut alors la chambre où elle était installée : c'était celle où elle dormait depuis qu'elle était hébergée chez Telariel. Dans son esprit, les souvenirs étaient encore flous. Pour le moment son cerveau semblait plus décidé à profiter du calme que de savoir pourquoi exactement elle se trouvait là dans un tel état. Elle avait visiblement perdu connaissance, d'où le trou dans sa mémoire, mais ne chercha pas à brusquer sa mémoire. Elle n'avait pas envie d'ajouter un mal de tête à la douleur de sa joue. La porte de la chambre s'ouvrit soudain et Aleryon apparut.

-  Ah ! Solyane, tu es réveillée. Comment est-ce que tu te sens ?
-  Ma mémoire est encore vague sur ce qui m'est arrivé exactement, mais... Je crois que je me sens pas trop mal.
-  Tant mieux. Donc tu ne te souviens pas de ce qui s'est passé hier soir ?


L'association d'Aleryon et de la mention « veille au soir » ramena à Solyane l'image de la fête avec Elluriane. Le reste s'assembla alors. Le retour, la créature difforme, le Nanthun à l'apparence humanoïde, l'attaque.

-  Le meurtrier !!! Celui que tout le monde cherche... Commença Solyane.
-  Ne t'inquiètes pas, il ne fera plus jamais de mal à quelqu'un. Mais il s'en est fallu de peu que tu ne deviennes sa victime à ton tour.

Solyane toucha sa joue douloureuse. Elle avait été assommée. Pourtant elle avait déjà pris des coups. Rares étaient les fois où elle avait si facilement perdu connaissance. Aleryon se pencha sur elle pour examiner sa joue. La jeune femme songea qu'elle devait avoir un sacré hématome.

-  Bon, ta joue va restée marquée quelques temps mais rien de grave. Heureusement que Telariel est passé par là au bon moment ! Sans cela, tu serais très certainement morte à l'heure qu'il est.

Solyane songea que le passage de Telariel semblait un peu trop opportun pour une coïncidence, mais puisque cela lui avait sauvé la vie, elle n'allait pas chercher à savoir s'il la suivait et si oui, pour quelle raison. Elle se contenterait de le remercier en lui promettant sûrement qu'une situation comme celle-là ne devrait pas se reproduire.

-  Et le meurtrier ?
-  Mort. Notre ami Telariel ne semble pas avoir pris le temps de viser ailleurs qu'en plein cœur lorsqu'il a vu qu'il était sur le point de te tuer. Ou plutôt, il n'a pas pris le temps de savoir qui était l'homme qui te menaçait. Lorsqu'il a compris qu'il s'agissait de celui que tout le monde voulait voir traîné devant la justice, il était déjà trop tard.
-  Je vois. Qu'en ont pensé les gardes ?
-  Ils ne sont pas très contents, mais la paix commence à revenir dans Eleshyë depuis qu'on sait que l'assassin est hors d'état de nuire. Et je crois que cela, plus que le fait d'avoir arrêter un dangereux criminel, soulage grandement les autorités.


En effet, les Lië'jas, se sachant de nouveau en sécurité, avaient repris la vie qu'ils menaient depuis toujours. Il faudrait encore un peu de temps pour oublier et panser les plaies, mais les douleurs s'apaiseraient sous la frondaison du géant sylvestre et la douceur de vivre achèverait de donner aux souvenirs la patine de l'acceptation.

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Sam 17 Juin - 23:05
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