A combattants impétueux, marchés fructueux [PV Ylith]

 :: Le Continent Diapré :: Eleshyë Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Lië'ja - Zorel - II
Parchemins : 53
Le battant de la porte claqua, laissant apparaître Estë au sein de la petite boutique qu’elle-même et son frère possédaient. La jeune Lië’ja soupira tandis que la porte grinçait un court instant, le temps de se refermer derrière elle. Une escapade matinale sans encombre, sans azel, sans… Elle tentait encore d’oublier les évènements qui eurent prit place des jours plus tôt, mais perdre de telles mémoires était peu aisé. Malgré cela, elle ne faisait mine de rien, les lèvres sérieuses, le regard appuyé : son frère, qui se tenait de l’autre côté du comptoir, se demandait alors si l’excursion de sa sœur lui avait seulement fait quelque bien. « Pas de nouveau client ? ». Elle prononçait ses mots en arrangeant sa queue de cheval qui, depuis le début de la matinée, avait déjà laissé s’échapper quelques mèches. Ses pas la guidaient en même temps vers son frère, derrière le comptoir. « Il est encore tôt, mais ça ne saurait tarder. ». Les yeux noisette de Cirth se furent retirés du livre qu’il dévorait tranquillement depuis lors ; il offrait à sa sœur un sourire. Celle-ci lui répondit d’un simple mouvement de lèvres, maintenant à ses côtés.

Un grand évènement approchait : un tournoi organisé par le peuple des Ashrynes. Celui-ci devait se tenir en Synkaalia sous le mont des soupirs non loin d’Eleshyë, et il allait sans dire que la cité sylvestre accueillait déjà nombre d’aventuriers en provenance d’autres continents. Ceux-ci avaient certes pour objectif de se rendre au sein de la ville souterraine, mais Eleshyë profitait tout de même de leur passage. Hier même, quelques vagabonds se furent présentés à la boutique d’enchantement des Falhya, parfois simplement intrigués par les services offerts, parfois demandant que leur équipement y soit sujet. Si Estë n’arborait aucun sourire en cette fin de matinée, elle dissimulait bien tout l’engouement que lui apportait une telle clientèle. Entre temps, son regard se perdit sur le comptoir tandis qu’elle se tenait droite, toujours aux côtés de son frère qui s’était remis à sa lecture. Quelques livres propres à l’enchantement qui trainaient ici et là, s’ils n’étaient rangés sur les étagères au mur à la droite de l’entrée. Non loin du livre lu par Cirth se trouvaient un encrier, une plume, quelques parchemins vierges plus ou moins bien enroulés ; Il y avait aussi un espace inoccupé qui dévoilait le bois sombre du bar, comme toujours. Au bout d’un temps silencieux, les pas d’Estë se firent entendre : elle s’enfonçait dans l’arrière-boutique.  

Si l’échoppe qu’ils tenaient possédait une pièce dédiée uniquement à leur repos et vie commune, le magasin en lui-même se trouvait être une unique salle divisée par le comptoir lui-même. Derrière celui-ci se trouvait directement le lieu de leur travail visible aux yeux des clients : des tables longeaient les murs de l’arrière-boutique, recouvertes de moult objets, outils et ingrédients que tous ne sauraient reconnaître. L'on pouvait par exemple voir un étau réalisé à l’aide de ceintures de cuir s’y trouvant spécifiquement dédiées, ou encore de nombreuses plantes jonchant sur les tables si elles n’étaient accrochées aux murs, pour la plupart peu rares et cueillies dans les environs. De nouveaux des parchemins, des livres, des bocaux… A noter que la majorité des grimoires qu’ils possédaient eurent appartenu à leurs parents, ou à leur maître, Evrund. En cela, les deux enchanteurs n’eurent pas trop à user de leurs dépenses, et fort heureusement ; de tels ouvrages pouvaient aisément se dévoiler onéreux. Plutôt que de s’emparer de l’un de ces écrits comme son frère, Estë se mit à déplacer les objets disposés ici et là pour ranger un désordre à peine existant, ce qui n’était finalement qu’une manière de passer le temps. Un moment passa, puis enfin, elle tourna la tête en direction de l’entrée, ce tout comme son frère redressa la sienne. Le battant de la porte s’était de nouveau fait entendre.

« Bienvenue ! Comment pouvons-nous vous servir ? ». Cirth dévoilait un sourire amical, s'étant contenté de la formulation qu'il supposait la plus appropriée pour la période marquée par l'évènement à venir. Deux grimoires en main, Estë ne vit de suite le visage de leur nouveau client : la lumière que laissait entrer la porte grande ouverte ne lui permettait d'en reconnaître que la silhouette, à contre-jour.


Mots : 719


Mar 30 Mai - 15:59
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Naga - Fulmine - II
Parchemins : 137
Après avoir accosté le Continent Diapré dans un petit village portuaire, traversé la Steppe du Phénix et arpenté l'épaisse forêt d'Elyshyë, Ylith, Kal'Mah et Khyn avait enfin pénétré la séculaire cité des Lië'Jas. A son zénith, le soleil transperçait les vertes cimes de ses rayons, créant ici et là de magnifiques rais de lumière éblouissante. Ébahis par la quiétude majestueuse et l'écrasante beauté des lieux, ils avançaient en silence dans les rues de bois, leurs yeux courant dans tous les sens. Tant de chose à voir... Le regard ne connaissait pas le moindre répit. L'on aurait dit que la Nature s'était altérée d'elle-même pour offrir une ville au peuple qui se considérait comme ses enfants. Alors qu'ils arpentaient cette gigantesque merveille, Ylith réalisait que les Lië'Jas étaient aux forêts ce que les Nagas étaient aux océans. Des fils, des protecteurs, des gardiens. Un peuple appréciable en conséquences, bien qu'un peu trop mou, il fallait bien le reconnaître... Fier de leur neutralité, ils se complaisaient dans une passivité douteuse... Ils étaient vraiment semblables aux sirènes et tritons au final. Mais peut-être était-ce inhérent à la réalité du monde ? De tous les lieux qu'elle avait visité, la jeune femme avait remarqué que leurs habitants s'en contentaient sans jamais chercher à étendre leur pouvoir. Les Ulfurbes eux-mêmes semblaient se satisfaire de leur chaotiques cités de tourelles, de fumée et de pierres noires. Les Edsere, eux, rampaient dans leur propre faiblesse et attendait paisiblement l'extinction de leur race... Soudain, Elyshyë lui parut moins belle. Les massifs fleuris et les arbres délicats qui bordaient les chemins semblèrent se putréfier au fur et à mesure que la pensée de la femme-serpent s'élaborait. Le monde était engluée dans un mortel ennui, privé de tout véritable changement à cause de ses habitants, trop effrayés pour agir. Une indolence suprême s'était emparé de Langzyliah, et lui empoisonnait le cœur. Petit à petit, le monde lui-même se décharnait, terrassé par une inaction corruptrice. Comme frappée par cette aveuglante vision d'une lucidité troublante, la jeune femme s'arrêta de marcher. Elle était encore trop faible pour espérer avoir un quelconque impact mais... Elle pouvait devenir un héraut du changement. Secouer un peu toutes ces races ennuyeuses. Un indescriptible sourire naquit sur les lèvres d'Ylith, qui se remit à serpenter sur les passerelles exquises de la tristement tranquille cité des Lië'Jas.

- Je crains que la chasse ne soit pas fructueuse ici, soupira Khyn en savourant une gorgée d'un alcool particulièrement doux.
- N'es-tu donc pas motivée par toutes ces beautés élancées aux oreilles en pointe ? Le taquina la femme-serpent avec une lueur de malice dans le regard.
- La motivation n'est pas la question. Mais il est vrai que la nudité d'une Lië'Ja ne m'est pas inconnue. Mais elles sont particulièrement difficiles à séduire... Tout d'abord elles sont cette affreuse capacité innée qui leur permet de déceler les mensonges. Et crois moi, c'est particulièrement handicapant, même pour un prédateur tel que moi.
- Ainsi, sans duperie tu n'es pas capable d'amener une femme dans ton lit ? S'esclaffa la jeune Naga.
Non sans avoir dardé un regard noir sur sa compagne, le lubrique Ulfurbe ignora sa remarque et continua :
- Mais en plus, la plupart d'entre elles ont cette espèce de prude sagesse qui rend la tâche particulièrement difficile.
- Et si je te lançais un défi ?
Khyn haussa un sourcil au-dessus de sa chope. Constatant qu'elle avait su piquer la curiosité de son ami et amant, Ylith souffla avec un léger sourire :
- Deux.
- En même temps ?
La femme à écailles acquiesça en se reculant sur son siège. Qu'allait-il faire ? Khyn détestait l'échec, mais il aimait tout particulièrement ce genre de défi, qui l'amenait à se dépasser plus que jamais. Certains étaient capable de soulever des montagnes pour protéger un être cher, lui était capable de les renverser simplement pour satisfaire ses besoins les plus inavoués. Sans prendre la peine de répondre, le jeune Ulfurbe se leva de sa chaise et vida sa chope d'un trait. Remettant de l'ordre dans ses cheveux, il s'arma de son air le plus charmeur et quitta la taverne. Kal'Mah quant à lui était consigné à la chambre que la jeune femme avait payé en arrivant. Au vu de son apparence monstrueuse, cela était plus sage de le soustraire à la vue du plus grand nombre de personnes possibles. Pour sa propre sécurité. Ylith eu un léger pincement au cœur en pensant à son fils ainsi "prisonnier". Elle irait le rejoindre sous peu, mais elle avait une course importante à faire avant. Son regard traîna jusqu'au lourd bouclier qui reposait contre le pied de la table.

Ylith poussa doucement la porte de la petite échoppe. Une boutique d'enchantement à croire la devanture ; exactement ce que la jeune femme cherchait. A peine était-elle entrée qu'un premier Lië'Ja la salua. Derrière le comptoir, il tenait un épais volume entre les mains. La seconde personne de l'échoppe, issue de la même race - et sans doute de la même famille - la regardait avec une certaine froideur professionnelle. A n'en pas douter ils étaient tous deux les gérants du petit commerce.
- Bonjour. Et bien si je ne m'abuse, vous proposez des services d'enchantement... J'aimerais savoir combien cela me coûterait de faire enchanter ce bouclier-ci.
Illustrant ses propos, la jeune Naga déposa son égide au sol, juste-devant elle. Circulaire, elle était faite d'un bois épais, solidifié par un arceau d'acier. Sur la plaque de métal central, était représenté le crâne agressif d'une femme à la chevelures d'aspics venimeux. L'objet, bien que récemment acquis, avait déjà vu de nombreux combats, et était déjà cabossé et usé. Elle pourrait passer chez un forgeron après de toute façon, la priorité était d'insuffler quelque magie dans le bois et l'acier...
- J'avoue ne pas avoir idée du prix, mais j'ai un plutôt joli nombre de pièces d'or dans ma bourse. Précisa la jeune femme. Quant à l'enchantement que je souhaiterais... et bien je préfère laisser le hasard décider. Quels sont donc les enchantements que vous proposez ?

1010 mots.



Ven 2 Juin - 15:57
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Lië'ja - Zorel - II
Parchemins : 53
La porte se trouva bientôt close, laissant se dessiner les traits d’un corps aussi curieux que le furent ses déplacements sinueux. Est-ce… L’esprit d’Estë se permit le luxe de l’hésitation ; sans tarder cependant, elle en revint à la rationalité. Une Naga… Depuis combien d’années n’en ai-je vu les écailles ? Les circonstances justifient telle présence, mais cela fait si longtemps… Elle tentait de conserver un air indifférent, ne prêtant finalement que peu d'attention à la silhouette de la nouvelle venue : ses pas la guidèrent simplement au bout de la table qu’elle longeait, ses doigts y déposèrent les écrits qu’ils supportaient. Elle tournait alors le dos à la cliente pour disposer l’un des livres aux côtés de quelques autres, le suivant du second. Attentive, elle tendait l’oreille dans un même temps.

La vue d’une telle cliente intrigua Cirth tout autant que la demande qu’elle eut formulée : bien peu. Après tout, nombre de peuplades se retrouvaient pour un tel évènement… L’apparence de quelques clients des jours précédents en fut tout aussi marquante. L’imposante rondache qu’on lui présenta lui soutira cependant un étonnement tout autre. Il était sur celui-ci un étrange symbole, ou plutôt, un visage colérique hérissé de reptiles écaillés. Un ornement des plus adapté à l’armement Naga... Le Lië’ja se dut de froncer quelque peu les sourcils face à tel ouvrage, mais la parole de sa cliente se trouvait être plus importante. Pour éviter de laisser son regard se perdre en celui-ci, il entreprit de le lever de nouveau vers le visage de l’inconnue. Au passage... Il dut soudain s’avouer que l’orgueilleuse poitrine ici dévoilée l’offusquait quelque peu. « Eh bien… ». Les questionnements de la Naga évoqués, il dévoila quelque hésitation. Ses coudes se posèrent sur le comptoir et ses doigts fins s’entrelacèrent, dissimulant quelque peu ses lèvres en trahissant sa réflexion. « Un bouclier… ». Pour nos deux commerçants, l’habitude était plus à l’enchantement de gantelets, de pièces d’armures diverses ou armes d’acier.

« Estë ? ». Cirth eut tourné le corps sans quitter son tabouret. Il avait clos son ouvrage avant cela. « Peux-tu te renseigner ? ». Et ces mots dits, sa sœur s’exécuta dans un hochement de tête. Plusieurs enchantements venaient déjà à l’esprit des Falhya, mais loin d’eux l’idée de proposer quelque service qu’un bouclier se risquerait à rejeter. Non que l’objet soit animé d’une volonté propre, car il n’en serait finalement plus que de multiples matériaux de mère Nature parcourus de magie, mais l’usage en étant fait pouvait influencer la dissipation du flux insufflé. Une armure d’invisibilité avait un contact tel avec la chair que les flux s’en trouvaient rarement dispersés, mais une rondache se voulant entre l’arme et l’armure… Finalement, nous savons déjà que les boucliers en reviennent à l’usage d’un gant, avec quelques variantes… Nous avons déjà cherché par le passé après tout. Il ne me demande cela qu’afin d’être certain que nous proposions tout sans le moindre oubli. Aussi dit-il que la confiance du client s’en trouvera d’autant plus grande que les paroles d’un sage se trouvent couplées aux écrits… Mais quelle importance ? Estë s’était emparée d’un nouveau grimoire en soufflant légèrement, le feuilletant alors que son frère s’en retournait vers la Naga et sa rondache, toujours aussi accueillant. Dans le même geste, il entreprit de se lever. Les bouts de ses doigts se posèrent sur le bar tandis qu’il se tenait droit, explicitant leurs services. « Nous pourrions dès lors vous proposer une barrière mineure, capable de se développer temporairement comme extension de votre rondache. Un accroissement de vos réflexes dans son maniement est aussi une possibilité, si vous ne désirez autrement que votre force de frappe se voit accrue… ». Ses mains quittèrent le bois. « Pour le prix, nous ne comptons pas vider votre bourse : il en sera de cent pièces de bronze seulement. ». Il se permit un rire à peine audible de pair à ses paroles. Malgré leurs années d’apprentissage, les deux Falhya manquaient encore de pratique et de reconnaissance professionnelle pour instaurer des coûts plus imposants. « L’invisibilité… ». Tandis que son frère parlait, Estë se fut approchée du comptoir, disposant sur celui-ci le grimoire qu’elle ne quittait pas de son regard. Sans s’en rendre compte, elle eut coupé le chemin à Cirth qui comptait se rendre de l’autre côté, ce pour se préparer à investiguer l’objet de leur cliente tandis qu’elle aurait dut lui répondre. Ses iris noisettes se levèrent lentement des pages ouvertes jusqu’à la Naga. « L’invisibilité est un autre-- ». Ses joues se teintèrent d’un rouge fade. L’espace d’un instant, elle douta des mastodontes nus qu’elle crut voir, craignant que son esprit ne lui joue quelque tour. Ses yeux s’en retournèrent soudain au livre, et si une de ses mains se posa sur le bois sombre du bar, l’autre arpentait une page pour mimer la lecture. Elle reprit d’une voix sèche. « … Un autre choix à votre disponibilité. L’effet ne portera que sur votre bouclier, mais ce pourra toujours être… Déstabilisant. ». La jeune Lië’ja déglutit dans un faible bruit. Cirth eut décidé de ne pas se déplacer le temps que sa sœur le complète, bien trop amusé par sa réaction qu’il admirait en coin. Elle continuait de lire pour elle-même un passage concernant l’enchantement sus-cité le temps de ravaler sa gêne.


Mots : 888


Sam 3 Juin - 18:59
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Naga - Fulmine - II
Parchemins : 137
- 100 pièces de bronze, seulement ? Et bien, au moins je ne peux pas vous reprocher d'essayer de m'entourlouper, laissa échapper Ylith, les yeux ronds.
La femme-serpent avait été particulièrement surprise par le prix, au point de presque oublier les différentes propositions énumérées par l'enchanteur Lië'Ja. Comment était-ce possible que des services magiques soient si bon marché ? Peut-être était-ce lié à la localisation même de la boutique, Eleshyë étant reconnu comme l'un des lieux où la Magie était la plus utilisée mais surtout la mieux comprise et maniée. Ou peut-être un tel prix était tout simplement révélateur de la qualité des services proposés... Ylith fronça les sourcils un court instant, en proie à un débat intérieur. Non, finalement elle resterait ici. Certes, il ne devait sans doute pas s'agir des meilleurs enchanteurs du continent, mais l'honnêteté presque naïve dont avait fait part le gérant avait particulièrement plu à la jeune femme. Elle pouvait au moins leur donner une chance, après tout - cela ne lui coûterait pas grand chose. C'est à cet instant que la seconde occupante des lieux se retourna pour faire face à sa cliente, un épais volume entre les mains. Aussitôt, la Naga comprit qu'un lien de parenté unissait les deux Lië'Jas. Au vu de la longévité exceptionnelle des membres de cette race, et des visages lisses, presque intemporels, que tous arboraient, la jeune Naga était bien en peine de déterminer le lien en question. Un frère et sa sœur ? Un père et sa fille ? Peut-être l'inverse ? Interrompant sa lecture, l'enchanteresse leva lentement les yeux. Ses joues se rosirent lorsqu'elle entraperçut l'imposante poitrine que la femme-serpent n'avait pas pris la peine de dissimuler. Une gène évidente s'imprima sur ses traits, et Ylith éclata de rire en réaction.
- Toutes mes excuses, je passe tant de temps à vagabonder loin de la civilisation que j'en oublie les plus élémentaires règles de décence. Règles élémentaires mais purement ridicules si vous voulez mon avis, ajouta-t-elle en levant les yeux au ciel.
La Naga plongea la main dans son sac sans fond, pour en tirer une ample chemise de lin, taillée pour aller à une femme un peu plus corpulente qu'elle. Plutôt confortable, le vêtement lui permettait de conserver une importante liberté de mouvement tout en dissimulant les globes de chairs qui choquaient tant les puritains.
- Je ne comprendrais jamais pourquoi les gens tiennent tant à s'enfermer dans des bandes de tissus et de cuir quand il fait aussi bon dehors. Je vois bien l'utilité de se vêtir quand il fait froid ou quand il pleut mais là... Enfin bref. Lâcha Ylith, marquant une courte pause. Une barrière magique, une augmentation des réflexes ou de la force. Ou l'invisibilité... Quatre propositions particulièrement intéressantes, j'en conviens. Mais je suis bien incapable de décider seule.
Alors qu'elle finissait sa phrase, la Naga s'empara de la bourse qui contenait tout son or, pour en sortir un petit disque d'argent, ainsi qu'un dé à six faces, sculpté dans un os. Sans-doute n'était-il pas parfaitement équilibré, mais il devait l'être assez pour qu'une part de hasard entre tout de même en jeu...
- Si je fais cinq ou six, je relance. Les autres chiffres correspondent à vos propositions, suivant l'ordre selon lequel vous les avez proposées.
Ylith s'avança vers le comptoir, avant de demander si elle pouvait l'utiliser pour lancer sans dé. Une demande purement formelle, puisqu'elle le jeta avant même d'obtenir la réponse des deux enchanteurs. L'osselet roula et tournoya pendant quelques secondes, avant de finalement s'arrêter, pointant fièrement la face gagnante vers le plafond. Un Deux. La femme-serpent acquiesça calmement. Elle acceptait le choix des dés tout comme elle avait été obligée d'accepter la rondache comme prix à l'un des multiple jeux de hasard de Basinshear... Des souvenirs de frustration envahirent son esprit tandis qu'elle se rappelait des autres lots, bien plus intéressants... Bah, tant pis.
- Et bien, ce sera l'augmentation des réflexes... Maintenant j'ai besoin de savoir comment l'enchantement fonctionne. Est-il permanent ? Ou ai-je besoin de l'activer par un moyen particulier ?

677 mots.





Jeu 8 Juin - 18:21
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Lië'ja - Zorel - II
Parchemins : 53
Cirth ne put que s’armer d’un sourire en coin lorsqu’il entendit telle justification à cette absence de pudeur. Autant pouvait-il comprendre ces pensées qu’il ne saurait les accepter au sein même d’Eleshyë… Tout homme comme toute femme, quelle que soit sa race, se doit de dissimuler aux yeux imprudents les apparats que lui eurent offert mère Nature ; car ceux-ci sont destinés à l’âme sœur, et nulle autre. Mais tous ne doivent visiblement pas se restreindre à de telles normes… Son esprit passa bien vite la question, car il s’agissait après tout d’une cliente. Il ne fut là aucune amie avec laquelle tergiverser d’un tel sujet, si peu qu’il en eu l’envie. Estë se permit de juger les paroles de la naga d’un esprit moins ouvert que son frère. Silencieuse, elle ne tarda aucunement à généraliser tel affront pour renforcer l’image tribale des Naga qu’elle put avoir. Ceux et celles qu’elle eut déjà rencontrés ne l’eurent pas ainsi marquée, mais l’instant présent et la surprise l’emportèrent. Une fois l’inconnue habillée d’une chemise, elle se permit de redresser le regard, les affaires reprenant ; ses joues eurent vite repris leur pâleur, son visage armé d’un sérieux appuyé se voulant toute gêne effacer.

Le grimoire clos, frères et sœur se tenaient toujours droits tandis que leur clientèle se fut approchée en présentant un dé. Estë croisa les bras face à tel acte, quelque peu vexée que l’importance de leur art ne soit rapportée qu’à un simple jeu de hasard. L’invisibilité ou la barrière mineure ne sont-ils pas des enchantements dont le choix se présentait ici évident ? « Faîtes comme bon vous semble ! » Souria Cirth tandis que les dés roulaient déjà sur le comptoir. Certains aventuriers devaient apprécier le danger qu’offrait l’imprévu… Car après tout, n’était-ce pas cela, l’aventure ?

Deux. Estë estima le numéro d’un regard dédaigneux, ses bras toujours croisés l’un dans l’autre. Ses iris noisette s’apposèrent ensuite sur la Naga qui, elle, sembla accepter tel choix avec une plus grande légèreté. Les réflexes… Etait-elle déçue ? La Lië’ja haussa à peine les épaules, uniquement concernée par le travail qu’elle allait devoir produire. « Estë ? ». Son frère l’eut de nouveau interpelée en déployant un bras vers l’arrière-boutique ; l’habitude lui fit dès lors savoir de quoi il en retournait. Elle acquiesça sereinement, ses pas la menant ensuite à leur atelier. L’entrain qu’offrait la tâche ainsi enclenchée lui ôta toute médisance du crâne.

« Pour un tel enchantement… ». Cirth se fut retourné vers la cliente, ses mains jointes sur le bois du bar tandis qu’il répondait amicalement à la question soulevée. « Vous pouvez le considérer permanent, si tant est que vous portez votre bouclier. Il vous viendra instinctivement de le mouvoir en situation de combat ; il risquera de vous sembler animé d’une volonté propre, mais il n’en sera autre que de votre réaction accrue. Vous vous y ferez sans tarder. ». Ces précisions apportées, il jeta un regard en arrière. Sa sœur eut vite fait d’écarter les affaires de l’atelier qu’elle eut plus tôt rangées pour laisser une place à l’imposante rondache ; elle revenait déjà vers eux. « Nous allons devoir commencer, le tournoi de Synkaliaa presse nos commandes... Avez-vous d’autres questions ? ». Le temps que son frère énonce ces mots, Estë s’en fut trouvée aux côtés de leur cliente, prête à s’emparer de l’objet de son futur travail. « Permettez ? » offrit-elle avec politesse en tendant les bras vers le bouclier, son regard désormais calme plongé dans celui de la Naga. Elle s’efforça en cela de ne pas le croiser de nouveau à cette poitrine qui, même recouverte, revigorerait un embarras perturbateur pour son labeur.


Mots : 615


Mar 13 Juin - 14:34
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Naga - Fulmine - II
Parchemins : 137
Sans effort aucun, Ylith souleva le lourd bouclier pour le déposer délicatement dans les bras frêles de l'enchanteresse Lië'Ja. S'assurant que cette dernière n'avait pas trop de difficulté à supporter le poids de l'égide, la jeune Naga continua de le soutenir quelques instants avant de le relâcher complètement.
- Permanent, hein ? C'est idéal. J'imagine que cela ne fonctionne pas seulement lorsque je le porte au bras... Voyez vous, je prévois de le porter dans dos, via un systèmes de crochets et de lanières de cuir que j'ai fixé dans le dos de mon armure. Ce serait particulièrement intéressant si l'enchantement me permettaient de déplacer tout mon torse pour encaisser un coup autrement mortel... J'ai particulière hâte de le tester, ajouta-t-elle une lueur impatiente dans le regard.
Alors qu'elle regardait Estë s'éloigner pour se mettre au travail, dans un silence tout à fait professionnel, Ylith reporta son attention sur Cirth. Elle avait du temps à tuer de toute façon, alors pourquoi ne pas en profiter pour discuter un peu ? Elle venait d'arriver dans la sylvestre cité d'Eleshyë et ne connaissaient pas vraiment ses habitants et ses monuments.
- Le Tournoi de Synkaalia hein... Je dois avouer que c'est l'une des raisons de ma présence dans votre échoppe. Et sur ce continent de manière plus générale. Et vous, n'aimeriez vous pas y participer ? Après tout il s'agit plus de sport et de spectacle que de véritables batailles, j'ai cru comprendre que les combats à mort y étaient proscrits. Ce qui est un peu dommage de mon point de vue,
la mort est un merveilleux stimulants, ainsi qu'un moyen parfait de pimenter un événement. A condition qu'elle soit encadrée bien entendu,
ajouta précipitamment la jeune femme, qui craignait que son interlocuteur ne la prenne pour une dangereuse tueuse en série - ce qui n'était peut-être pas si loin de la vérité...
Peu désireuse d'attendre "debout" le retour de son égide, Ylith laissait courir son regard sur l'échoppe à la recherche d'un siège. Ou d'un objet qui pouvait s'y substituer... Elle laissa échapper un petit soupir triomphant en dénichant un vieux tabouret abandonné dans un coin de la boutique, sous une pile de vieux bouquins. Soulevant les ouvrages avec précaution, elle les plaça sur une étagère pas trop encombrée puis tira le tabouret jusqu'au comptoir.
- Pardonnez mon manque de savoir-vivre, mais je voyage tellement en ce moment, je suis épuisé. Ne vous en faites pas, je rangerais ces livres à leur place en partant. Ou même maintenant si vous me le demandez. Combien de temps prendra le processus d'enchantement ? Si cela est trop long, je reviendras plus tard... à moins que votre conversation soit suffisamment intéressante pour tuer mon ennui.
Ses coudes sur le comptoir, Ylith posa son menton sur ses mains jointes. Un petit air amusé illuminait ses traits lorsqu'elle darda un regard curieux sur le Lië'Ja aux cheveux châtains. Voyant qu'il réfléchissait, la jeune femme prit les devants :
- Peut-être pourriez vous me parler un peu des curiosité de votre noble Cité ? Je ne compte pas y passer des semaines, mais s'il y a des choses intéressantes à faire, voir ou savoir, je suis intéressée.

529 mots.



Mer 21 Juin - 14:12
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Lië'ja - Zorel - II
Parchemins : 53
Contrairement à la Naga qui n’eut aucune difficulté à soulever son bouclier, Estë perçu l’objet comme aussi lourd qu’un rocher. La cliente eut heureusement la présence d’esprit de le lui offrir avec une grande douceur, mais s’il n’en avait été le cas, des réparations auraient été à mener pour le plancher… L’enchanteresse entreprit de s’éloigner dans une cadence pénible, se demandant comment un bras, s’il n’en était d’un dos, pouvait supporter tel poids en combat. Cirth s’intéressa autrement plus aux paroles du monticule de muscles que sa sœur silencieuse ; il répondit alors à son premier questionnement brièvement. « Où que vous le portiez, tant que vous êtes consciente de l’enchantement, il devrait fonctionner. ». Il omit de lui présenter quelque hésitation, car l’idée que l’objet puisse être utilisé ainsi ne lui avait pas traversé l’esprit : peut-être celui-ci se dévoilerait moins puissant si l’objet devait se trouver dans un angle mort du porteur. Le savoir sans pratique pouvait se montrer ardu…

Les mots qui suivirent n’étonnèrent que peu le Lië’ja. Cette Naga, de sa carrure presque bestiale, comptait participer au tournoi de Synkaalia. Cependant, qu’elle demande si les Falhya comptaient eux-mêmes participer leur arracha un rictus entre l’amusement et l’étonnement, ce tant l’idée leur semblait ridicule. Estë manqua de pouffer en imaginant son frère frapper quiconque, déposant entre temps la rondache sur l’établi destiné à la gravure. Lui dans une arène, ah, voilà qui serait risible ! Sentant bien que sa sœur se moquait de lui intérieurement, Cirth jeta un regard succinct en arrière avant d’en revenir à sa cliente. Celle-ci entreprenait de déranger leur désordre pour s’installer, cela après avoir prononcé ce qui semblait être une courte apologie des combats à mort… Une appétence non des plus surprenantes compte tenu de ceux qui venaient frapper à l'enseigne des Falhya. « Nous ne nous y rendrons qu’à raison professionnelle, ni moi ni ma sœur ne sommes taillés pour le combat... » ajusta Cirth avant que la Naga ne s’excuse de ses manières. Il répondit à cela d’un infime hochement de tête, couplant à ce geste un simple « Ne vous en inquiétez pas. » précédant la demande qui suivit. Après tout, rien n’était encore véritablement à sa place, et au moins les grimoires ne furent-ils pas jetés à terre sans la moindre vergogne.

Soudain, l’impatiente écaillée engagea la conversation d’une approche aussi verbale que physique. Déjà assise, elle surprit Cirth dans ses réflexions en s’accoudant au comptoir. Voilà qu’il devait la tenir en place à force d’éloquence… Et Estë, dans son coin, avait entamé le glyphe dans son silence aux limites du sacré. Il se réinstalla alors sur son tabouret, l’échine suffisamment droite pour ne pas se trouver nez à nez avec l’inconnue ; cela plus dans une notion de respect qu’autre chose, car le visage qu’elle présentait fut des plus finement taillés en comparaison à son corps robuste. Il n’était donc là aucune notion de dégoût, si peu qu’il ne fut de l’inverse... De tels iris ainsi verdoyants couplés à ces fentes reptiliennes, démentir leur charme si distinctif serait bien vilain.

« Si vous me demandez de vous vanter Eleshyë, votre enchantement sera bientôt terminé ! ». Le Lië’ja commença à agiter tranquillement les mains, s’exprimant non sans un certain engouement. « Je vous aurais bien proposé de profiter d’une balade esseulée par les différentes places et pontons, mais vous n’aurez certainement pas le temps de tout découvrir si vous errez ainsi, au risque de vous perdre… Quoi qu’il en soit, vous devez impérativement vouer une de vos journése aux jardins de Cerulea, ne serait-ce que pour profiter de l’air éthéré qui les parcoure ! Leur charme est somptueux, vous ne pourrez les manquer. Ah, mais vous devrez monter pour les trouver, alors n’hésitez pas à demander votre chemin pour trouver la bonne route. ». Il sourit chaleureusement. Rares sont les Lië’jas qui se refuseraient à guider quiconque en direction de Cerulea : tous y sont bienvenus, si tant est qu’ils n’en perturbent pas la paix. « Peut-être y croiserez-vous la Lignum, notre souveraine ! Ses habitudes la portent souvent à s’y perdre, si elle ne descend parcourir les places... Vous trouverez d’ailleurs son palais non loin de Cerulea, à la cime de l’arbre. Sa splendeur vaut que vous lui offriez un coup d’œil. ». Un instant, il se mit à réfléchir quant à ce qu’il pouvait ajouter. Nombreuses étaient les vertus d’Eleshyë qu’il se voulait partager, mais avec sa sœur qui continuait d’appuyer sur l’échoppe pour graver les arçons, il crut vulgaire de la laisser sans la moindre attention. « Tu n’as pas besoin que je te prépare les ingrédients ? » proposa-t-il en se retournant vers Estë. L’interpelée ne bougea pas d’une once. Elle fit seulement profiter la salle de sa voix sèche et franche : « Non. ».

Comprenant qu’il l’avait plus dérangée qu’autre chose, Cirth se tourna de nouveau vers sa cliente avec des rides qui firent comprendre toute l’habitude de la situation. « Enfin… Avez-vous au moins trouvé l’auberge ? Méluzine la gère avec ferveur, une Edsere comme vous n’en avez jamais vue. ». Il toussota à peine une fois qu’il eut conclu, comme pour tenter d’effacer l’évènement précédent.


Mots : 867


Lun 26 Juin - 16:35
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Langzyliah :: Le Continent Diapré :: Eleshyë-
Sauter vers: