Prendre le large - Solo

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Ashryn - Laethlion - III
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Il était parfois plus difficile d’effleurer la vérité du bout des doigts plutôt que de faire semblant de l’ignorer. Aerin était perdue et profondément accablée. Qu’est ce qui lui avait pris ? Par le Marteau et l’Enclume ! Ça c’était passé de manière si étrange comme si d’un coup tout avait basculé. Elle avait abandonné Vàsa ne pouvant plus lui faire face. Fuyant la situation incapable de la gérer émotionnellement. Il était bien le seul homme qui pouvait l’ébranler de cette manière. Et quelque part juste pour ça elle le détestait. Pourquoi cela devait être lui ? Dans ce maelström émotionnel elle ne discernait plus vraiment ce qu’il en était. Elle était une Ashryne or la voilà réduite à fuir une situation qu’elle avait elle-même provoquée. Demain elle lui ferait face, c’était une certitude, elle lui dirait tout et clarifierait la situation. C’était impossible et elle ignorait complétement ce qu’il pouvait bien en penser. Il n’avait pas réagi, restant planté là alors qu’elle courait dans la direction opposée. Les questions pulsaient dans sa tête n’offrant aucune réponse puisqu’elles celles-ci semblaient hors d’atteinte.

Le ciel était dégagé offrant à la lune gibbeuse la possibilité de répandre sa lumière nébulaire sur la Cité. Elle ignorait ou elle allait se rendre. Vàsa devait surement l’attendre au port. Elle ne pouvait pas s’y rendre maintenant. La nécessité d’éclaircir ces idées et de faire le point était en cet instant plus important que tout le reste. Le retour aux Tréfonds allait irrémédiablement changer les choses ou leur donner un regard nouveau. Et par-dessus cela ils allaient tout deux devoir faire face à leurs clans. Elle avait quitté son foyer pour se donner une chance de vivre quelque chose de différent et de se renforcer. Maintenant elle ne savait plus vraiment. Et qu’est-ce que c’était enrageant. Elle aurait voulu pouvoir frapper jusqu’au matin afin d’extérioriser tout ça. Perdu dans ses pensées elle c’était arrêté au coin d’un croisement de deux rues. S’asseyant sur les marche d’une habitation, elle restait là à démêler une situation qui ne pouvait pas vraiment l’être. Tellement déranger par les événements elle ne sentit même pas l’homme s’approcher et l’aborder. Il lui parla mais elle ne répondit pas. Alors il s’approcha et entra dans son champ de vision. Elle aperçut deux bottes de cuir finement travaillée, remontant le regard pour voir la personne qui les avait chaussées elle tomba sur un blond bouclé à l’allure plutôt bien portante. Jeune et beau dans beaucoup de critères. « Demoiselle, je n’ai pas pu m’empêcher de vous apercevoir. Vous allez bien ? » Aerin secoua la tête tout en esquissant un sourire. « Vous êtes bienveillant mais c’est inutile de vous soucier de mon cas, je suis face à une situation impossible, ne perdez pas votre temps. » Pourquoi lui avait-elle dit ça ? Avait-elle tant besoin de parler que ça ? L’esprit embrumé par ces sentiments à la violence et à la férocité enivrantes, elle envisagea sa compagnie. Au moins pour…Faire passer le temps. « Je n’aime guère voir des femmes aussi jolies que vous être tourmentée. Peut-être est-il possible pour moi de vous aider. » Gentil, un peu trop même, il devait certainement avoir des intentions peu louables à son égard malgré tout Aerin ne tiqua pas. « Vous semblez réellement déterminer. Vous pouvez toujours vous associer à côté de moi. Je doute cependant que ces simples marches soient une habitude pour vous. » Le blond lui décocha un sourire charmeur et la surprenant s’installa sur les marches. Il s’assit en gardant une bonne distance et en n’étant pas trop loin non plus ni trop proche. Cet homme semblait roder aux charmes. Elle était surprise, ce qui ne l’empêcha pas de garder le silence. Si cet inconnu était déterminé à la charmer ou à tenter quelque chose avec elle, il allait devoir se montrer extrêmement vaillant et courageux. Bien qu’elle soit secouée Aerin n’était pas femme à se laisser duper ou abuser. Le blond n’ouvrit pas le bouche non plus, se contentant de rester là. Un silence s’installa. La brise légère de la nuit les balayait dans ce sifflement léger qui la caractérisait.  Soudain une silhouette émergea de l’ombre du bâtiment qui faisait face aux marches. Aerin leva la tête et hoqueta. Le blond quant à lui prit un air interrogateur. Aerin savait qu’il apparaitrait, elle n’était pas rentrée et tel le chevalier servant qu’il était, il viendrait à son secours. Seulement ce n’était pas un conte. Le blond comprit que cet homme et la rousse qui se tenait à ses côtés avaient un passif, son regard fit alors la navette entre l’un et l’autre. Vàsa jugea la situation avec son air inexpressif et indéchiffrable sur le visage. Impossible de savoir quoique ce soit. Ce qui ne faisait que rajouter de l’huile sur le feu pour Aerin. « Ne te voyant pas arriver je t’aie cherché, le bateau part dans quelques heures à peine. Nous devrions y aller.  Maintenant. » Un ton dénué d’inflexion, parfaitement neutre. Toutefois l’ordre qui avait tonné dans sa voix n’avait échappé à personne. Aerin sous le joug de ses émotions et à bout éclata de rire. Un rire sonore. « Oh Vàsa ! Quel homme tu fais. Seulement cette fois, ça sera non. Pars ne te gêne pas. J’ai d’autres projets pour le moment. » Vàsa ne tiqua pas. Il la fixait de ce regard inexpressif. L’émeraude de ses yeux brillant avec force sous le couvert de la lune. Les deux Ashrynes c’étaient levé pour se faire face. Une rue les séparait. Ironiquement en cet instant c’était bien plus qui les séparaient. Le blond se leva à son tour tout en gardant le silence. Vàsa ne lui accorda aucun regard. Les secondes s’égrenèrent et l’atmosphère devenue pesante. Aerin voulait qu’il réagisse, par le Loup et l’Acier pourquoi devait-il toujours faire comme ça ! « Dites Sir Blondinet auriez-vous l’envie de m’accompagner et de rendre ma soirée amusante ? » Après le silence la phrase d’Aerin se répercuta dans le silence de la nuit avec une certaine violence. C’était un défi. Un défi à l’égard de Vàsa. Soit il réagissait soit ça serait tant pis pour lui. L’inconnu blond fit un sourire amusé et effectua une petite révérence. « Je ne serais refusé l’invitation d’une si jolie femme très chère. » « Parfait dans ce cas allons-y. » Le blond offrit son bras à Aerin qui l’accepta. Malgré son air déterminé et le ton véloce qu’elle avait employé ses yeux étaient embués de larmes. Elle les retenait refusant de pleurer pour cet homme qui allait la laisser partir. Même si l’inconnu l’avait remarqué, il n’en tenu pas compte ni en exprima quelque chose. Alors que bras dessus, bras dessous ils avaient effectué quelques pas, le bras libre d’Aerin fut attraper par Vàsa. Elle tourna brusquement la tête redoutant cette proximité. Leurs regards se captèrent. Et le monde se mit à ralentir. Enfermés dans leur bulle, ils eurent un échange silencieux. Là où la parole pouvait être masquée et faire preuve de moults parades, les yeux de deux Ashrynes ne mentaient pas. Là où l’on pouvait au travers de la voix s’exprimer de milles façons, le regard n’offrait que la vérité nue. L’émeraude des yeux de Vàsa captura le regard gris acier d’Aerin. Et juste pour cette fois ils se parleraient à leur manière dans le silence qui résonnera dans leurs esprits.

Retiens moi…Ne me laisse pas partir.
Je ne peux pas tu le sais.
Pourquoi, pourquoi fais-tu preuve de tant de droitures, juste une fois laisses toi libre ! Profite pour une fois ! Use de ma propre faiblesse ça m’importe peu ! S’il te plait !
Tu sais que c’est impossible…Peu importe ce que je veux.
Alors qu’est-ce que tu veux Vàsa Nibelun ?
Quoique j’exprime ça ne fera qu’aggraver les choses…
S’il te plait ! Juste une fois parles !  Parle bon sang !
Tu vas regretter ce que tu fais, ne le fais pas.
Encore une fois tu essayes de t’en tirer avec tes belles paroles. Ça ne marchera pas ! Si tu veux que je reste avec toi ! ALORS DIS LE !
Tu sais déjà quelle est ma réponse.
Oui je le sais…La vérité c’est que tu ressembles bien plus à ton père que tu veux l’admettre ! Oui tu es comme lui et maintenant tu vas me lâcher, laisses moi !


La main qui tenait le bras d’Aerin se desserra et retomba mollement. Elle venait de lui asséner un coup violent. L’émeraude de ses yeux se fermèrent et une expression dure perça sur son visage. A sa guise si ce qu’elle voulait. Aerin de son côté était au bord de la crise. « Sir Blondinet j’espère que vous avez la bourse pleine car j’ai très envie de faire la fête et d’oublier certains soucis. » « Rassurez-vous gente dame j’ai tout ce qu’il faut. D’ailleurs je possède même un nom. » « Oh vous m’en voyez ravie et vous me le donnerez après m’avoir payé quelque chose à boire. » Tout en parlant ils avaient repris leur route laissant Vàsa là au milieu du pavé. Aerin était décidé à l’oublier lui, le monde et tout ce qui pouvait lui passer par la tête. Dévastée et submergée par des choses qu’elle se refusait à affronter elle suivit cet inconnu. Comme d’habitude il avait raison en son for intérieur elle savait qu’elle allait regretter. Néanmoins c’était le cadet de ses soucis de l’instant.

Ils s’arrêtèrent dans le premier débit de boisson qu’ils trouvèrent. Elle apprit alors qu’il se nommait Lukas Koller. Lukas lui expliqua qu’il était rentier de par sa fortune familiale et qu’il était apprécié et estimé. C’était surtout un homme à femme qui devait penser qu’avec sa seule belle gueule et sa richesse il pouvait emballer toutes les demoiselles qu’il voulait. Aerin fit comme si elle ne s’en rendait pas compte et but. Elle but jusqu’à plus soif, jusqu’à ne plus avoir de pensée distincte. Buvant jusqu’à tout oublier. Elle se confia à Lukas plus qu’elle ne l’aurait voulu. Enchainant les tavernes son esprit s’embruma d’un épais voile d’insouciance et de pensées qu’elles n’auraient pas dû avoir. Le pire c’est qu’elle ne pensait pas à celui qui dilapidait son argent pour elle. Son esprit rêvait de ce regard émeraude plein d’envie qui se poserait sur son corps nue. Elle perdit le compte des verres et perdit le fil de temps. Complétement farcie elle perdit la retenue qui était sienne et offrit à Lukas quelques confidences qu’ils auraient mieux valus taire. Dans le fond quelle importance ? Sa vie était un foutu foutoir. Tout avait volé en éclat ce soir. Si la tempête n’avait pas eu lieu et si…Qu’importait. Avec des « si » il était si aisé de refaire le monde. Tout ce qu’il lui fallait maintenant c’était un autre verre !

Lorsque ses yeux s’ouvrirent elle les referma aussitôt. Le mal de crane qu’elle sentit lui vrillait l’esprit avec une telle violence qu’elle dut prendre plusieurs minutes avant que le monde tourne à une allure supportable. Lorsqu’elle put un tant soit peu réfléchir la première chose qui la choqua fut qu’elle était nue. La deuxième fut qu’elle ne se souvenait de rien. Absolument rien. Oh, elle n’avait pas oublié Vàsa et les verres qu’elle avait prise avec Lukas toutefois après plus d’une dizaine de taverne sa mémoire lui faisait complétement défaut. Se relevant pour se retrouver assise les reflets rougeoyants éclairés par les lueurs de l’aube lui apparurent dans un premier temps comme assez joli. Puis peu à peu alors que son esprit luttait pour émerger des volutes qui l’embrumait elle se demanda ce qui avait pu se passer pendant la nuit. Pourquoi était-elle nue ? Et puis tout ce rouge. Son esprit mit en forme l’image qu’elle avait sous les yeux. Ce n’était pas les draps qui était une couleur rouge, c’était des draps blancs couvert de quelque chose de rouge. Par la Pierre ! C’était du sang. Elle eut un mouvement de recul. Il y en avait partout. Se relevant vivement son corps nus couvert de sang rayonna de rouge au gré de l’aube. Le mal martela son crâne et elle faillit tomber retrouvant son équilibre au dernier moment. Réunissant les éléments qu’elle percevait avec grand mal elle put déterminer qu’elle se trouvait dans une chambre. Richement décorée d’ailleurs ce qui voulait entre autres dire que ce n’était pas elle qui avait pu payer. Son sang n’était pas elle aucune blessure n’était là. Elle chercha l’origine de tout ce sang qui recouvrait le lit et ses pourtours. Qu’avait-il pu bien se passer. Elle fit quelques pas chancelants avant d’apercevoir le corps de Lukas qu’elle reconnut immédiatement à ses boucles blondes tachetées de sang. Son abdomen était ouvert sur toute sa longueur et sa double lame était enfoncé dans son cœur. Par l’Acier d’Alugin qu’est ce qui c’était passé ici et comment sa double lame c’était retrouvé plantée là. Sa tête sembla lui tourner plus encore que ce n’était déjà supportable. Vàsa…Il fallait qu’elle retrouve Vàsa au plus vite. Qu’allait-il penser ? Est-ce qu’elle avait couchée avec Lukas ? Un frisson lui parcourut l’échine à cette idée. Elle l’avait tuée ? Les questions explosaient sous son crâne sans qu’elle puisse trouver la moindre réponse. C’était le trou noir. Elle gardait son calme soit parce que son cerveau ne lui permettait pas de traiter assez vite les informations pour qu’elle panique soit parce qu’elle savait que ça ne servait à rien. Elle ignorait ou se situait la limite pour le coup. Ses affaires…Elle chercha ses vêtements à la hâte dans un premier temps, ensuite elle se mit à réunir toutes ces affaires dans un coin de la chambre que le sang avait épargné. Passa par la salle de bain pour voir si elle n’avait pas de marque particulière avant de se rince un minimum et s’habilla comme elle put. Elle dut s’y remettre à trois fois avant de pouvoir enfiler son pantalon correctement, ses mains tremblaient violemment. Les paroles de Vàsa lui disant qu’elle allait regretter ses actes tournaient au creux de son être sans s’arrêter. Elle avait tué cet homme. Non ce n’était pas son genre. Par le Sang des Eangreas ! Qu’avait-il pu bien se produire ? Son désir était d’oublier juste le temps d’une nuit. Et voilà ce qui se passait maintenant. Des larmes légères et sans saveur coulèrent sur ses joues. Elle était maudite. Son désir n’avait été d’aucune autre nature que l’oubli et elle avait oubliée. Se réveillant dans une chambre complétement nue tout en ignorait comment elle était arrivée ici et pourquoi elle se retrouvait nue. Etait-ce cela le prix pour l’oubli ? Sous le coup de l’émotion elle avait renié Vàsa et de la pire des manières. A présent elle se sentait minable et voulait disparaître. Elle secoua la tête lentement afin d’éviter à son cerveau de tambouriner plus fort contre son crâne. Elle n’avait pas le temps pour ça, elle devait impérativement trouver Vàsa et le plus vite possible. Peut-être même qu’il savait en ce moment même où elle se trouvait et qu’il franchira la porte d’une seconde à l’autre….  

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HAN !!!:
 

Mar 30 Mai - 11:00
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Ashryn - Laethlion - III
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Les lueurs de l’aube se levaient péniblement à l’horizon offrant à la Cité une allure étrange au travers de l’ombre rebroussant chemin face à la lumière solaire. Vàsa n’avait pas dormit et n’avait pas non plus prit la mer avec le bateau qui aurait dû les emmener Aerin et lui sur le continent Diapré. Elle n’était jamais venue. Pendant plusieurs heures son hésitation à la suivre l’avait fait tourner comme un lion en cage. Résigné il avait simplement attendu. Maintenant il s’inquiétait. Ce n’était pas son genre de faire ainsi. Cette femme allait le rendre chèvre. Ses coups d’éclats et son tempérament mettaient ses nerfs à rude épreuve et l’éprouvaient mentalement. Toutefois son inquiétude se portait sur l’éventualité qui lui soit arrivée quelque chose. Sans savoir réellement pourquoi il sentait que quelque chose n’allait pas. Depuis le moment où elle était partie et maintenant un sentiment de malaise ne l’avait pas quitté. Au départ il avait pensé à une coupe émotionnelle de ces ressentis seulement il commençait à sérieusement en douter. Ne tenant plus en place il lui fallait agir. Le problème étant que retrouver quelqu’un dans cette ville était un défi de taille. C’était chercher une écharde dans une forêt. Il lui faudrait trouver un guide et revenir là où ils c’étaient séparés afin de pouvoir remonter sa piste. La journée allait être longue. Vraiment très longue. D’ici qu’il la retrouve Aerin n’avait qu’une chose à faire. Rester en vie.

 
Vàsa n’avait jamais franchi la porte. Ne pouvant rester plus longtemps sur place elle avait fini par sortir. L’esprit encore brouillé par le mal de crâne elle avait du mal à marcher aussi vite qu’elle le voulait. Elle prit le couloir et fonça jusqu’aux escaliers. Descendant les marches le plus rapidement possible, sa course se fit plus lente après avoir failli tomber à quelques reprises. Les questions ne cessaient de la tourmenter. Elle avait beau tenter de se souvenir elle ne faisait face qu’à des ténèbres sa mémoire refusant quelques efforts que ce soit. Approchant du hall de l’établissement dans lequel elle se trouvait elle chercha à se faire la plus discrète possible. Marquant un arrêt dans un vestibule attenant l’entrée elle attendue qu’un groupe de cinq personnes face son entrée pour se faufiler et sortir en douce. Une fois dehors le froid se fit sentir. Elle faillit vomir mais tenu bon. Elle devait rejoindre les docks le plus vite possible. Vàsa devait y être. A moins qu’il n’y soit pas. Elle avait trop de questions en tête sans réponses pour envisager ou était l’Ashryne. Il lui fallait ça pour tenir. Une destination. Resserrant la bride de son sac elle pressa le pas en direction du port en luttant contre son mal de crâne qui lui donnait de violentes nausées. Après quelques rues elle se rendu compte qu’elle était perdue. Par l’Enclume et le Marteau ! Elle grogna de frustration. Un repère c’est ce qu’il lui fallait. Le port bordait l’océan. Si elle prenait assez de hauteur elle devrait pouvoir au moins connaître la direction à suivre. Oui, elle allait trouver une direction à suivre, retrouver Vàsa et ensuite il lui dirait quoi faire. Elle sentit le mouvement d’air trop tard et même si elle l’avait sentie plus tôt elle n’aurait jamais pu réagir avec ces réflexes mis à mal. Quelque chose lui heurta violemment la tête, sa vision se brouilla et il ne resta plus que le noir.
 
Il y a une multitude de façon de faire. Seulement Vàsa voulait faire au plus rapide et partir de là les options étaient réduites. Quittant le port il se dirigea vers l’un des points touristiques de la Cité. Il ne savait pas exactement ce qu’Aerin avait fait ni où elle était allée, il fallait qu’il retrouve sa piste et qu’il la chasse. Incapable de le faire seul il trouva ce qu’il cherchait après quelques minutes à scruter les alentours de la place ou il se trouvait. Des garçons servaient souvent de guide il arrivait que certains dépouillent les touristes mal avisés mais face au temps qui était compté Vàsa n’allait pas faire le difficile. Il repérait un garçon d’une quinzaine d’années et l’embaucha. L’Ashryne ne lui expliqua pas grand-chose si ce n’est qu’il avait besoin de quelqu’un qui connaissait la Cité comme sa poche. Au départ le garçon enthousiaste avait vanté ses mérites et maintenant que c’était lui qui était conduit il se trouvait moins enjoué. Arrivé au carrefour de la veille l’Ashryne commença son jeu de piste. « Dis-moi à partir d’ici quel est la taverne la plus proche ? » Le jeune garçon fit une moue interrogative et se gratta le menton. « Si vous cherchez à vous désaltérer ce n’est pas le meilleur coin pour ça. Je connais un très bon établissement un peu plus loin. » « Réponds simplement à ma question. » Son ton sans équivoque provoqua une grimace chez le garçon. « Bah…Le plus proche est à quelques mètres plus loin. Il vous suffit de remonter les deux blocs de maisons juste là. » Il pointa du doigt la direction pour appuyer ses propos. « Mais comme je vous l’ai dit je connais mieux. » Alors qu’il parlait Vàsa c’était déjà mis en route. Le garçon hésita un moment avant de lui emboiter le pas. Quelque chose chez cet homme le titillait. Il avait eu de nombreux clients et vu de nombreuses personnes au cours de sa jeune vie. Commençant à douze ans le badinage de rue il avait fini par guider les touristes et faisait partie de ces jeunes qui n’hésitaient pas à les soulager de quelques possessions. L’homme qu’il suivait était très différent de ces clients habituels. Et ce qui était sûr c’est qu’il n’avait pas envie d’essayer de le voler. Ce qui le poussait était plus de la curiosité. Cet homme dégageait quelque chose. Il voulait savoir où il se rendait et pourquoi. Arrivé à la première taverne le garçon du attendre dehors pendant que Vàsa interrogeait le maitre des lieux. Vu l’heure matinale la taverne était pratiquement vide. Il ne restait que quelques buveurs dormant sur les tables. L’homme derrière le bar leva la tête alors qu’il essuyait un verre et haussa les sourcils. « Je peux vous aider en quelque chose ? » « Oui je cherche quelqu’un. »
 
Le garçon attendait dehors et ça s’éternisait. Brusquement il entendit des bruits étranges provenant de la taverne. Une des vitres vola en éclat. Quelqu’un venait d’être projeté au travers. Le jeune garçon écarquilla les yeux. Il ne savait pas du tout pourquoi ni ce qu’il en était. C’était simplement chouette. Vàsa sortit une seconde après alors que l’homme qui avait été projeté à travers la vitre gargouillait sur le sol. « Tu connais le Chaudron Baveur ? » « Ouep. » « Emmène-moi là-bas. » Le garçon avait le visage fendu d’un sourire. Ça allait être une sacrée journée !
 
Durant un peu plus d’une heure Vàsa et le garçon qui s’appelait Joshua écumèrent plusieurs tavernes. L’Ashryne avait perdu le peu de patience qu’il avait au fil de la course du soleil. L’énergie calme et contenue qu’il dégageait à son habitude était devenue électrique, il ne perdait plus une minute et cherchait à savoir ce qui avait pu se passer. De ce que savait Vàsa pour l’instant Aerin accompagnée du blond de la veille avaient fait le tour de plusieurs établissements et avaient tous les deux bus autant que possible. Ce qui agaçait encore plus l’Ashryne. A chaque fois qu’ils arrivaient vers une taverne qu’indiquait Vàsa, Joshua faisait mine de l’attendre. Ça ne l’empêchait de s’approcher pour se glisser à l’une des fenêtres et de voir comment se passait les choses. L’homme qu’il guidait était un combattant comme il en avait rarement vu et ça l’impressionnait. Bon sang c’était incroyable. Pour une fois il était content de pouvoir enfin sortir de sa routine. Le garçon mimait la scène derrière sa fenêtre et émettait des commentaires sonores face au coups échangés. Après plus d’une dizaine de tavernes le mot semblait avoir été passé. Lorsqu’ils arrivèrent vers un nouvel établissement qui semblait plus distingués que les autres deux colosses étaient devant l’entrée et scrutaient l’Ashryne et le jeune garçon d’un air menaçant. Avant qu’ils n’arrivent au niveau de la porte l’un des deux colosses les invectiva. « On est fermé, va falloir revenir mon gars. » Vàsa s’arrêta. Ça commençait vraiment à l’agacer. Tout ce qu’il voulait était retrouver Aerin et partir. Il fallait toujours qu’elle réagisse dans l’excès et qu’elle l’entraine dans des situations folles. L’une de ses mains vint frotter ses tempes du bout du doigt. La colère menaçait d’exploser. « Je veux juste voir votre patron pour lui poser quelques questions. » « Pas possible. Alors maintenant casse toi. » Vàsa prit le temps de compter jusqu’à dix. Le colosse qu’il lui avait prié de quitter les lieux se fit plus violence pour se faire comprendre voyant que l’autre ne bougeait pas. Il s’avança de quelques pas. « Tu n’as pas compris ce que je viens de dire ? Débarrasse le plancher si tu ne veux pas qu’il t’arrive malheur. » Arrivé à la bonne allonge il n’eut pas le temps de réagir. Le coup partit et le frappa en plein en visage. Un craquement se fit entendre et le colosse fut projeté en arrière alors qu’une gerbe de sang jaillissait de son visage. L’autre voulut réagir or Vàsa était déjà au contact, un coup de coude le frappa au plexus le faisant plier sur lui-même. S’en suivit un uppercut parfaitement aligné qui le repoussa en arrière et le fit tomber au sol. Sans plus attendre Vàsa entra dans l’établissement. Joshua souriait à pleine dent et suivit l’Ashryne à l’intérieur. C’était trop bien, il allait pouvoir être aux premières loges.
 
Une fois à l’intérieur ils suivirent le couloir qui était devant eux et débouchèrent sur une alcôve très spacieuse et bien aménagée. De nombreux meubles finement ouvragés étaient disposés harmonieusement dans la pièce et s’y trouvait aussi un comité d’accueil d’une dizaine d’homme. Vàsa ne se montra pas plus impressionné que ça. Un homme petit et bourru s’avança afin de voir l’homme qui se révélait être derrière tout ce grabuge. « C’est toi qui passe partout et cogne tout ce qui passe ? Enfin tu me diras ça n’a pas grande importance parce que tu – » « Avez-vous une belle femme rousse accompagnée d’un homme blond passé dans votre établissement il y a quelques heures à peine ? » « Non mais tu prends pour qui au juste ? Tu crois que tu peux débarquer là où ça te chante, poser tes questions et faire ce que tu veux ? Détruisez-le. » La colère enflait. Pourquoi fallait-il que ça finisse toujours comme ça ? Son seul désir était de savoir où était son amie et au lieu de répondre à des questions simples il fallait que ça dégénère forcément. Etais-ce un code d’éthique chez les Edseres ? Du temps, ça lui prenait un temps fou pour retrouver sa trace simplement parce qu’elle avait fait comme elle voulait comme à son habitude. Quatre hommes, les plus proche de lui, l’encerclèrent. Il était fatigué et il commençait à avoir la rage. Aerin avait disparue et personne ne semblait en mesure de lui dire quoique ce soit. Au lieu de lui donner des réponses on tentait de le battre. Une brise légère commença à souffler dans la pièce. Tous avaient eu l’occasion de lui donner des réponses simples au lieu de ça il fallait forcément jouer les gros bras. Aerin était partie et l’avait laissé en plan et semblait être dans une situation inextricable. Toujours à faire comme elle voulait, toujours à faire ce qu’elle voulait sans tenir compte de ce que lui pouvait en penser. La brise s’intensifia faisant voleter les cheveux ébènes de l’Ashryne. Les hommes autour de lui se rendirent compte que quelque chose n’allait pas et commencèrent à hésiter. La brise devint vent et l’air vibra de colère. Le vent produisait un sifflement strident qui résonnait violemment dans la pièce fermée.  Les meubles commençaient à vibrer face au vent qui prenait une dimension tempétueuse. Les hommes qui étaient prêts à en découdre quelques secondes plus tôt cherchaient maintenant à se tenir debout par tous les moyens possibles. La brise devenue bourrasque de vent commençait à causer quelques dégâts autour d’eux. De petits objets étaient projetés contre les murs se fracassant avec violence. « Arrête ! Arrête ! C’est bon ! Je vais tout te dire ! » L’air ambiant retrouva son calme en quelques secondes. Le hurlement provenait du tenant de l’établissement qui au vu de son regard était tout éberlué. « Elle est passé oui avec le blond. Ils sont allés au Resdan. C’est une auberge de luxe à quelques pâtés de maison d’ici. » Vàsa avait déjà tourner le dos. Joshua le suivit une lueur effrayée dans le regard. Ce n’était pas seulement un homme qui savait se battre mais aussi un sorcelleur. Il les avait tous rossé. Cette journée était complétement dingue. Le jeune garçon se pinça en se disant qu’il rêvait, la douleur lui apprit que non. Se dirigeant vers le Resdan Vàsa prit la peine d’interroger Joshua à quelques reprises pour savoir s’il se dirigeait dans la bonne direction. La destination se profilant à l’horizon ils s’aperçurent rapidement que quelque chose c’était passé. Il y avait beaucoup de monde dont certains gardes. Des barricades de bois entourait l’entrée du Resdan. Une calèche était devant masquant la vue sur la plupart des choses qui se passaient. Vàsa eut à peine le temps d’entrevoir des brancardiers rentrés ce qui le fit se transférer aussitôt. Apparut comme par magie l’un des membres du personnel de l’auberge sursauta. L’Ashryne suivait déjà les brancardiers. Montant deux étages, il les suivit dans le long couloir qui débouchait dans la chambre. Du couloir, la porte entre-bâillée laissait entrevoir du sang. Beaucoup de sang. Bousculant les brancardiers il se propulsa dans la pièce. Son regard fit rapidement l’état des lieux. Le blond était mort. Son cœur loupa un battement et il passa dans les deux pièces adjacentes à la chambre. Aucune trace d’Aerin. Qu’est ce qui c’était passé bon sang ? « Vous là ! Qu’est-ce que vous faites là ? » Il ne jeta aucun regard sur le garde et rejoignit la fenêtre, l’ouvrit et sauta.

Vàsa et Joshua se faisait face dans une petite ruelle adjacente au Resdan. Il tenait le garçon par les épaules. « Dis-moi Joshua, il est impératif que je retrouve quelqu’un. Pour cela tu dois me mener à celui qui à la main mise sur le quartier tu comprends ? » Le garçon hocha la tête. Cet homme était fou, tout simplement fou. « Je peux vous y conduire mais Leonard ne vous fera pas de cadeau. » « Ne te soucie pas de moi, guides moi jusqu’à lui. Maintenant. » Joshua sentait que l’homme qui lui faisait face allait tout faire pour retrouver cette personne. Au creux du regard d’émeraude qui le scrutait se dessinait une bête, une bête sauvage qui le fit frissonner. Malgré tout Leonard Rain n’était pas un homme à prendre à la légère…

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Jeu 1 Juin - 23:22
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Ashryn - Laethlion - III
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Joshua conduisit Vàsa au travers de la ville. Après avoir traversé différents quartiers ils se retrouvèrent au sein d’une portion de la cité qui reflétait une certaine pauvreté. Après avoir passés devant quelques bâtiments abandonnés Joshua s’arrêta devant des marches de pierre qui descendaient vers une petite porte située sous le niveau de la rue. Vàsa sans plus attendre s’engagea dans l’escalier et emprunta la porte. A son ouverture elle grinça et craqua, à se demander si elle n’allait pas tomber en morceau. Donnant sur une salle pratiquement vide et poussiéreuse, l’Ashryne fronça les sourcils. Joshua lui indique une trappe dans un coin de la pièce qui était savamment cachée par des voilures déchirées. La trappe s’ouvrait sur un nouvel escalier que Vàsa s’empressa une nouvelle fois d’emprunter. Après avoir découvert l’état de la chambre et le cadavre du blond qui avait profité de son amie, ses émotions avaient pris une tournure à laquelle il ne s’attendait pas. Sa volonté était à présent le reflet d’une détermination absolue. Quoiqu’il se passe il allait retrouver Aerin, coute que coute. Son énergie vibrait de férocité et à chaque fois qu’il entrait dans une pièce, il remplissait l’espace. L’iris de ses yeux émeraudes paraissaient avides. Son regard empreint d’une violence contenue faisait froid dans le dos. Il remonta le couloir qui c’était présenté devant lui, éclairé par des torches fixées au mur. La lumière donna bientôt la vision sur une arche qui semblait délimiter la fin du couloir. Après être passé dessous, Vàsa se retrouva dans une pièce pour le moins pleine. Une douzaine d’hommes se trouvaient là. La pièce était assez étrange. Tout en longueur un comptoir courait sur le côté droit, le côté gauche était bordé d’étagères remplit de tout un tas de choses. Au milieu plusieurs tables éparpillés couraient sur toute la longueur jusqu’à arriver devant une estrade au centre duquel se remarquait une espèce de trône. Ce trône était une large chaise de bois qui semblait avoir vécue. Assit dessus un homme d’une trentaine d’années avec de l’allure et armée jusqu’au dent fixait l’Ashryne et le jeune garçon qui venait de pénétrer chez lui. La douzaine d’hommes qui étaient dans la pièce stoppèrent toute activité pour fixer eux aussi ces deux invités. Vàsa s’arrêta à l’autre bout de la pièce et Joshua mal à l’aise baissait les yeux. « On dirait que nous avons des invités. Tu sais que tout le monde te cherche j’imagine après tout la pagaille que tu as mis. Et je dois te féliciter parce que tu n’as pas chômé en un quart de matinée. Joshua qui est avec toi à du te conduire ici. Et je suppose qu’il ne sait pas qui tu es, cher héritier du clan Nibelun. J’en arrive à me poser deux questions. La première est de savoir ce que quelqu’un de ton rang vient faire ici et la deuxième c’est pourquoi.  Je t’avoue que tes réponses vont déterminer comment tu vas ressortir d’ici. » La personne assise sur le trône c’était exprimé avec un ton désinvolte. Comme si tout était acquis et du. Vàsa ne voulait pas forcément en arriver aux mains et cet homme, ce dénommé Leonard semblait être trop bien informé. « Je pense que tu as l’information que je cherche. Une jeune femme rousse. J’imagine que tu sais déjà de qui je parle. Dis-moi ou elle se trouve et tu me verras plus. » « C’est que tu es marrant toi. Oui je sais de qui tu parles, cela dit tu comptes me payer comment ? Surtout que vu ton rang je pourrais te faire payer le prix fort. » Vàsa serra la mâchoire encore une fois il était retardé et on le menait en bateau. Ce genre d’individu n’était pas une mince affaire et même si l’Ashryne ne voulait pas se battre sa colère embrouillait son esprit. « Tu sais qui je suis alors réfléchis bien avant de faire ton offre. » Leonard se mit à rire et plusieurs de ses hommes le suivirent dans un rire sonore. « Je dois admettre que tu as des couilles à te pointer ici et poser tes conditions. Tu me plais. Cela dit tu dois comprendre que j’ai une réputation à tenir. Supposons que je te donne l’information que tu cherches sans rien te demander, le prochain péquin dans ton genre va demander la même chose. Toi et moi on sait comment ça fonctionne. J’ai l’impression qu’on se retrouve un peu coincé, enfin que tu te retrouves coincé. Tu as une proposition pour régler la situation ? » Vàsa était acculé. Il n’avait pratiquement aucune option. Il détestait ce genre d’individu. Cependant en cet instant il détestait encore plus Aerin. Ses iris brillèrent de détermination. La colère et l’impatience le consumaient et depuis qu’il avait vu l’état de la chambre ses émotions menaçaient d’exploser à tout moment. Respirant à plein poumon son choix était fait.

« Joshua sort d’ici. » Alors que les mots franchissaient sa bouche, Leonard se leva brusquement et ses hommes réagirent. Vàsa n’avait plus beaucoup de réserve et pour le coup la plupart des personnes ici présentes étaient habitués au combat. La seule différence qu’il y avait était qu’il était dans un état de rage folle. Abaissant son centre de gravité tout en prenant un maximum d’appui sur ses pieds il se stabilisa. Ecartant les bras au maximum il se prépara. Cinq secondes. Deux hommes étaient presque au contact le reste suivait. Quatre secondes. Leonard aboyait ses ordres et arborait un rictus de contrariété qui déformait ses traits. Trois secondes. Les deux hommes étaient pratiquement à portée, ils dégainèrent des sabres qui brillèrent sous la flamme des torches. Deux secondes. Joshua abasourdi engagea sa course pour sortir de la pièce qui allait devenir un champ de bataille. Une seconde. Les deux hommes armés élevaient leurs armes prêtes à frapper. L’Ashryne rabattu ses bras avec vitesse faisant claquer ses mains. La vague télékinésique explosa dans l’espace confiné. Une partie des tables et des chaises furent propulsées en arrière. Les deux hommes devant lui se retrouvèrent expulsés en arrière avec violence sous le mouvement des objets que contenaient la pièce. Plusieurs objets percutèrent les hommes qui étaient autour de lui. Dans un fracas sonore quatre hommes se retrouvèrent touchés sévèrement les rendant inapte au combat. L’Ashryne dégaina. Son cimeterre se mit à danser. Prolongement de son corps, prolongement de sa vie. Arme à la main il sauta par-dessus une table renversée et sa lame décrivit un large arc de cercle. S’enfonçant dans la chair, elle fit deux touches. La première touche se fit à la gorge d’un des hommes qui fut tranchée nette produisant un flot de sang qui s’écoula immédiatement. Les deux mains de blessé saisirent sa gorge et il s’écoula. La deuxième touche fit une large entaille dans le torse d’un autre homme de Leonard. Baissant son corps d’un rapide pliement de genoux, l’épée siffla au-dessus de sa tête coupant une mèche de cheveux lors de son passage. Son cimeterre s’éleva embrochant l’homme qui avait failli lui trancher la tête au niveau du cœur. Retirant sa lame avec rapidité il se relevait alors que le corps sans vie devant lui s’effondrait. Il ne restait plus que cinq hommes dont Leonard. Regroupés ils c’étaient rendus compte que chargés l’Ashryne à l’aveugle ne servait à rien. Vàsa restait concentré, il respirait à rythme rapide et se préparait déjà pour le prochain assaut. Ils se guettaient mutuellement. Leonard avait perdu sa suffisance et mesurait la situation. Reprenant le contrôle de sa respiration après plusieurs secondes, Vàsa évalua les options. Les groupe était en formation serré ne laissant que peu d’espace entre eux. Cela allait se jouer à quelques secondes. Inspirant profondément il se lança. Alors qu’il avançait vers eux, Vàsa fit tomber l’étagère la plus proche du groupe, détournant l’attention de la plupart sauf de Leonard qui se mit à crier. Dans une impulsion sur sa jambe droite, l’Ashryne se projeta en avant. Son cimeterre effectua un large mouvement devant lui. La lame trancha dans le vif, deux hommes s’écroulèrent. Il para un coup d’épée avec difficulté retenant de justesse la lame au niveau de son biceps qui s’enfonça de quelques centimètres dans le muscle. Les deux lames sifflèrent alors que le cimeterre poussait sur l’épée au contact et lorsque l’arme de l’Ashryne fut arrivée au niveau de la garde l’épée de son adversaire il plia légèrement le poignet et s’enfonça dans le crâne de celui qui tenait l’épée. Plus que Leonard et un de ses hommes. Tous deux avaient reculés et fixait l’Ashryne avec un air effrayé. « Attends ! On peut s’arranger, je vais te dire ou elle se trouve, pas besoin d’en arriver là. » Vàsa utilisa son pouvoir télékinésique pour envoyer une fiole dans le visage de l’homme de Leonard et enchaîna sur un rapide moulinet de la main ce qui trancha net la tête de l’homme qui se tenait à coté de Leonard. La tête roula sur le sol et alors que le corps décapité tombait sur le sol, Leonard se mit à glapir et à reculer devant l’Ashryne qui avançait son arme pointée vers lui. Leonard sentit le mur contre son dos et fut obligé de s’arrêter. Il avait blêmi. « Ou est-elle ?! » Vàsa avait hurlé. La pointe de son cimeterre se posa sur la gorge de l’homme qui lui faisait face, faisant apparaître une mince trainée de sang. « Je…Elle…Sur un bateau ! Elle est sur un bateau de contrebandiers. C’est le Rosier. Ils ont déjà quitté le port tu... » Vàsa relâcha pendant une seconde la pression de son arme sur son cou. Soudainement les pièces du puzzle s’emboitèrent. « C’est toi n’est-ce pas ? » Le visage de Leonard se liquéfia. Ne pipant mot, Vàsa eut sa réponse. Il baissa la pointe de son cimeterre et recula d’un pas. Non seulement cet homme c’était attaqué à sa Maison mais plus encore il avait atteint Aerin. L’Ashryne tapa du talon sur la garde d’une épée qui se trouvait sur le sol et alors que la lame s’éleva il l’attrapa au vol. Son regard se porta sur Leonard. Sans un mot il s’avança brutalement et enfonça l’épée dans sa cage thoracique. Poussant la lame jusqu’à sa garde avec toute sa force elle troua le mur et cloua le corps de Leonard au mur. Sa bouche crachota du sang et son visage se figea dans une grimace d’horreur. Il savait ou se trouvait Aerin maintenant, cela dit ça allait être relativement difficile de la rejoindre. Prenant la décision d’aviser le moment venu, il tourna les talons et commença sa remontée vers la surface. Traversant la pièce dont le sol était à présent couvert de sang, l’Ashryne dut enjamber plusieurs corps avant de rejoindre l’entrée. Joshua était là le visage livide. Le garçon fixait Vàsa comme si une deuxième tête lui avait poussée. Le corps tremblotant et son regard faisant la navette entre l’Ashryne et le carnage, il restait là figé devant cette démonstration de violence. « Tu sais où se trouve ce fameux bateau ? » Joshua resta un moment coi. Finalement il s’ébroua et hocha la tête. « Tu peux me conduire ? S’il te plait Joshua. » Le garçon se détourna et se mit à marcher droit devant lui pour rejoindre l’escalier tel un automate. Vàsa ignorait comment se sentait le garçon après ce spectacle et il n’en avait cure. Son attention était pleinement tournée vers son amie. Ils remontèrent les deux escaliers et entamèrent leurs traversé de la ville. Vàsa songea à l’ironie du fait qu’il avait remonté une piste qui le conduisait de l’endroit où il se trouvait à l’origine. Aerin n’avait jamais été loin finalement.

Quelques minutes après le départ du garçon et de l’Ashryne un pan du mur coulissa. Plusieurs hommes riaient et se vantaient de leurs prises de ce début de journée. Lorsqu’ils virent l’état de la pièce toutes émotions positives les déserta. Se ruant dans l’espace ils paraissaient abasourdis. Qui avait pu commettre un tel carnage. Surtout que tous savaient ce qu’il en coutait de s’attaquer à eux. Le plus imposant d’entre eux fixait Leonard d’un œil vide. Ça ne l’attristait pas le moins du monde. Après tout ça lui laissait le champ libre. En revanche celui qui avait fait ça allait devoir payer. « Floyd va à la pêche aux informations, je veux savoir qui a fait ça et je veux savoir où il est. Fais ce qu’il faut. » Peu importe qui avait fait ça, il allait durement payé. Le dénommé Floyd se hâta de repartir par l’entrée dont il était sorti il y a quelques minutes.

Suite au meurtre du blond qui avait accompagné Aerin la veille et qui paraissait avoir une certaine position au sein de la Cité, celle-ci grouillait de garde et ils cherchaient deux profils. Le premier était un homme aux cheveux noirs, assez grand avec une cicatrice sur le visage. Le deuxième était une femme pulpeuse, rousse et assez jolie. En entendant les descriptions et voyant que différents barrages avaient été mise en place pour filtrer le flux des passants et trouver les suspects de l’affaire, Vàsa congédia Joshua non sans lui avoir demander de lui indiquer le chemin pour arriver au Port et de lui avoir fait une description sommaire du bateau sur lequel était retenue Aerin. Malgré l’état du garçon il avait conseillé à l’Ashryne de passer par les toits. C’était plus simple à dire qu’à faire. La cité avait une densité extrêmement importante de bâtiment et il semblait aisé d’utiliser les toits pour s’y déplacer. Le problème se trouvait dans certains espacements entre plusieurs bâtisses. S’il décidait d’emprunter cette voie il allait soit devoir transférer, ce que son état ne lui permettait que trop peu, soit devoir apprendre à voler, ce qui était peu envisageable. Les options étaient extrêmement réduites et rejoindre le Port allait demander de passer à travers une grosse portion de la Cité. Il décida quand même de passer par les toits. Alors qu’il avançait de toitures en toitures, à plusieurs reprises il dut faire des détours pour pouvoir rejoindre des espacements qui lui permettaient un passage sans risque. Au vu de la fatigue accumulée ce ne fut pas sans difficulté. Certains toits étaient tellement en pente qu’il y glissait et les prises d’accroches étaient rare. Il se fit des frayeurs sur différents sauts se rattrapant de justesse. Heureusement pour lui il se fit peu remarquer. Quelques badauds virent ses pieds suspendus dans le vide mais n’en fit aucun état jugeant que ce n’était pas important. Sûrement des gamins qui jouaient. Vàsa avait poussé son corps et l’adrénaline maintenant la douleur à distance. L’Ashryne savait que lorsque son taux baisserait il allait être dans un sale état. Dans l’instant il poussait ses limites une fois qu’Aerin serait en sécurité et sauve alors et seulement alors il ferait face à son état. En attendant il n’avait pas le choix. Voyant les contours du Port se dessiné il franchit les deux pâtés de maisons restants. Perché sur le toit d’une bâtisse de trois étages il observa la situation. Les Gardes étaient présents en grand nombre. Il chercha le navire qu’avait décrit Joshua. Le navire n’était pas amarré. Scrutant l’horizon de l’océan il mit plusieurs minutes à trouver le bateau. Celui-ci avait quitté le port il y a peu. Il n’était pas encore hors d’atteinte. La chance semblait être de son côté. La véritable problématique était de trouver un moyen de monter à son bord. Et pour le coup Vàsa se rendait compte que ça serait extrêmement difficile. Il allait devoir démontrer son intelligence car s’il ne le faisait Aerin finirait par lui filer entre les doigts.

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HAN !!!:
 

Lun 5 Juin - 12:03
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Ashryn - Laethlion - III
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Aerin sortait des miasmes de sa conscience avec difficulté. A plusieurs reprises elle tenta d’ouvrir ses yeux sans grand succès. Prenant le temps d’être pleinement fonctionnelle mentalement, ses yeux s’ouvrirent. Encore une fois elle se réveillait dans un endroit qu’elle ne connaissait pas. Durant plusieurs minutes elle ne sut plus ce qui c’était passé avant que les derniers événements lui reviennent en mémoire. La chambre, le blondinet et le coup sur la tête. Elle observa autour d’elle, des tonneaux et différentes caisses jonchaient l’espace. Aucune fenêtre et juste une porte lui faisant face. La pièce était vide d’individu. Ses mains étaient enchaînées. Que se passe-t-il encore ? Rapidement elle sentit le mouvement de la houle. Par le Marteau et l’Enclume elle était sur un bateau. Etait-il déjà sur l’océan ? Depuis combien de temps était-elle inconsciente ? Encore des questions sans réponses. Elle tira sur ses chaines et dut constater avec frustration qu’elles étaient solidement attachées. Peut-être y avait-il une autre solution. Vàsa…Il devait forcément être à sa recherche. Ignorant tout de la situation elle se prit d’un espoir fou. Un espoir qui tenait sa combativité.
 
Du haut de son toit l’Ashryne cherchait un moyen de pouvoir rejoindre le bateau rapidement et les options étaient pour le moins obtuses. Mettant ses sens en éveil il se concentra. Il lui fallait un moyen rapide de rejoindre le navire, la distance trop lointaine ne lui permettait pas un transfert surtout avec les Gardes éparpillés sur les docks. Soudain il aperçut l’énorme grue de débarquement de marchandises. Afin que les bateaux puissent être à quai sans risque le ponton de déchargement était bas. La grue faisait plusieurs mètres de haut et déchargeait des marchandises d’un cinq mats. C’était sa seule chance. Une chance qui allait se jouer à rien du tout et qui était empreint d’une folie sans borne. Cela allait se jouer à peu de choses et il n’aurait qu’une seule chance. En un sens c’était l’option la moins risquée. Après avoir fait le tour du toit il trouvait l’échelle de service qui permettait d’accéder au toit en cas de nécessité, il descendit du bâtiment et se mit à couvert de la pénombre qui dispersait la hauteur de la bâtisse. Quarante mètres. C’était la distance qu’il allait devoir couvrir pour atteindre la grue. L’espace était vide au moment où il s’engagerait pour atteindre la grue il n’y aurait plus de retour arrière possible. C’était un coup de poker extrêmement risqué. Soit le destin l’accompagnerait soit il le conduirait à sa chute. Après tout ce qu’il avait fait durant la matinée les Gardes le mettraient de manière immédiate aux arrêts s’ils ne le tuaient pas avant. Sans parler des affres diplomatiques que ça produirait. Prenant appui il allait s’élancer quand un mouvement sur sa droite attira son attention. Un groupe d’homme émergeait d’une ruelle. Ils ressemblaient étrangement à ceux qui étaient avec Leonard. Ces hommes étaient du même acabit et dégageait ce même air de vaurien. Le destin semblait vouloir lui compliquer la tâche. Ils n’étaient pas là par hasard. Bon sang. Leur présence excita un minimum les Gardes qui se firent plus vigilent. Plusieurs d’entre eux commencèrent à se déporter vers le groupe qui venait de faire son apparition. Les marins et le personnel des docks observaient la situation l’air méfiant sachant que ça n’annonçait rien de bon. Les Gardes et le groupe d’hommes se retrouvèrent au milieu du quai de chargement. Vàsa pesta contre le destin. C’était la pire situation imaginable. Attendant il se fit attentif. Celui qui semblait être le plus haut gradé des Gardes invectiva l’homme au plus gros gabarit du groupe. « Dis-moi Lashrin qu’est-ce que toi et ta bande de rigolos viennent faire ici ? » « Oh rien mon capitaine, on vient juste prendre l’air marin. A ce que je sache ce n’est pas interdit. » « Ce n’est pas le moment pour faire le plaisantin. » Les deux hommes se faisaient face, l’un souriant d’un sourire faux et l’autre l’observant les yeux froncés. « Pour tout vous dire j’aurais certainement des informations à partager, parce qu’en tant qu’honnête citoyen de notre charmante Cité je me soucis du sort de chacun. » « Ça ne fait que me donner des raisons de plus de t’embarquer. » Le sourire du colosse disparut. « L’homme que vous cherchez est dans le coin, ou tout du moins il ne va pas tarder à faire son apparition. » Le Capitaine haussa un sourcil interrogateur. « Et comment tu peux le savoir ? » « Viens gamin ! » Joshua émergea du groupe l’air penaud et faiblard. « Je…Oui…Il cherche la femme rousse et il doit passer par le port pour… » La main de Lashrin s’appuya sur l’épaule du garçon. Fallait qu’il ferme son clapet. Trop en dire n’était pas bon pour les affaires. Le Capitaine jugea le garçon un instant et inspira profondément. « Et tu es venu avec tout ce beau monde juste pour me dire ça ? » « Nous on se balade comme je vous l’ai dit, je voulais juste me rendre utile. » Joshua regarda sur le côté tenu fermement par le colosse dans son dos. Le choix ne lui avait pas été permis il avait du tout balancer. Et c’est là qu’il le vit. Partiellement dissimulé dans l’ombre. Il eut un hoquet de stupeur. Pris dans une tourmente émotionnelle, le garçon se mit à parler d’abords doucement puis de plus en plus fort. « Il les a tous tué. Je suis sûr qu’il est là. C’est un démon. » Il sentit la poigne de Lashrin appuyé sur son épaule. « Tu divagues gamin. » Le Capitaine réagissant en même temps allait aussi de son commentaire. « Qu’est-ce que tu racontes petit ? » Sans soucier de qui que ce soit Joshua continua. « Vous ne l’avez pas vu à l’œuvre, moi si. Il va sortir de l’ombre et nous faire face, je vous le dis c’est un démon ! » Les hommes autour de lui s’agitaient. Cela pouvait être les divagations d’un gamin un peu trop secoué mais bizarrement son ton était sincère et l’expression de son visage parlait d’elle-même. Le groupe concentré sur le garçon ne le vit pas tout de suite. Ce ne fut que lorsqu’il était à quelques mètres d’eux qu’ils le remarquèrent. Chevelure noire, grand, une cicatrice sur le visage. Pendant une seconde tout le monde resta pétrifié. Par le sang des damnés ! Il était là. Le temps sembla ralentir et tous se mirent en mouvement, convergeant vers lui. Vàsa se mit alors à courir. Fixant son objectif derrière le groupe il tenta le tout pour le tout. Se transférant il disparut du champ de visions de ses poursuivants. Ceux-ci se mirent à ralentir et le cherchèrent. Qu’est ce qui c’était passé, il était là il y a une seconde. « Là-bas ! » Vàsa n’était plus qu’à quelques mètres de la grue. Ses poumons lui brulaient et il soufflait comme un bœuf. Le groupe se mit une nouvelle fois en mouvement pour le poursuivre. L’Ashryne atteignant la grue fit volteface en attrapant le gros cordage de la machine. Sortant son cimeterre il se prépara. Ses poursuivants étaient presque à son contact. Il attendu que le mouvement de grue soit dans le bon axe et trancha le cordage. Cet homme était tout simplement fou. Le mou fut aspiré par la poulie qui crissait sous l’effet du roulement rapide. Vàsa ferma les yeux. La corde se tendit avec violence le soulevant de terre comme s’il ne pesait rien. Propulsé dans les airs il remonta toute la hauteur de la grue en comptant les secondes. Au dernier moment il lâcha le cordage, les caisses s’écrasèrent sur le ponton déversant moultes marchandises sur le bois. Quant à lui il était dans les airs. La force produit par la grue avait projeté Vàsa vers le large. Ses poursuivants paraissaient complétement estomaqués. Alors que le port s’éloignait rapidement il atteint sa hauteur maximale et entama se redescente. S’il heurtait l’eau de cette hauteur et avec cette vitesse cela serait rude. Se positionnant pour offrir le maximum de résistance à l’air pour se ralentir un minimum il évalua la distance qui le séparait du bateau. Il ne lui manquait plus qu’une petite impulsion et il y serait. Dans un dernier effort il produisit une violente bourrasque pour le pousser de quelques mètres et bousculé en avant il jugea qu’il devait être dans le bon axe et à la bonne distance. Le bateau se rapprochait rapidement. Commençant à ralentir sa chute par un vent de contre face il se prépara à l’impact.

Aerin ignorait combien de temps c’était écoulé. Aucun de ces ravisseurs n’étaient venu la voir. Certaine d’être sur un bateau elle tentait tant bien que mal d’essayer de comprendre. La douleur de son crâne c’était calmée et bien qu’en état de réfléchir un minimum, l’alcool présent encore dans son corps, la fatigue et le coup qu’elle avait reçue sur le crâne limitait grandement ses actions. Elle avait bien tenté de tirer sur ses chaînes mais la structure d’attache était renforcée à plusieurs endroits. Sa destination était inconnue et elle commençait sérieusement à perdre espoir en l’intervention de Vàsa. Retrouvé un bateau un sein de l’océan était chose quasi impossible. La flotte des Nibelun étaient importantes mais pas à ce point. Assise sur le plancher de bois elle méditait ces actions. Tout ça c’était passé à cause d’un simple baiser. Une ridicule baiser qui l’avait amenée à prendre des décisions à la hâte. Vàsa était le sentier de sa propre perdition. Elle n’arrivait pas à se contrôler avec lui ni à se maitriser émotionnellement. Ce n’était pas pour autant qu’elle voulût se séparer de lui. Ils allaient rentrer la nuit même. Il arrivait parfois de se retrouver catapulter dans les affres du destin et alors notre route prenait un tournant des plus inattendu. Un bruit venant de la porte lui fit lever la tête. Une clé fit cliqueter le mécanisme de l’ouverture et la porte s’ouvrit doucement. Deux hommes entrèrent dans la pièce. Ces hommes ne portaient aucun uniforme et à première vue ne faisait pas dans la légalité. Aux aguets elle se préparait à toute éventualité. « Salut poupée, tu es réveillée et c’est bien. On va te détacher pour te conduire sur le pont. Ne fais de bêtise sans quoi ça se passera mal. » Poupée ? Sérieusement ? Aerin ne répondit pas. Elle voulait en apprendre plus sur sa situation. Se laissant détacher elle se releva doucement une fois libre. L’un des deux hommes se rinça l’œil mais elle ne tiqua pas. Elle les suivit sur le pont. Ils traversèrent les couches des marins et empruntèrent une échelle de bois qui donnait l’accès au ponton du navire. Elle plissa les yeux face à la lumière qui l’aveuglait. S’habituant à la luminosité elle observa autour d’elle. Une frégate à trois mats. Les voiles dépliées poussaient le navire à vive allure. Les marins étaient au nombre d’une quinzaine et tous s’activaient pour tenir leur vaisseau en bonne marche. Son regard passa deux fois sur la silhouette étendue contre la balustrade. Elle cligna des yeux plusieurs fois avant d’être certaine de ce qu’elle voyait. Vàsa ! Elle courut jusqu’à lui. Arrivé dans sa proximité elle eut un hoquet de stupeur. S’agenouillant à côté de lui elle écarta les mèches qui étaient sur son visage. Son visage était livide et suait à grosses gouttes. Son bras gauche reposait mollement sur le sol et l’autre était entaillé. Qu’est-ce qu’il était arrivé ? Etais ce à cause d’elle ? Il toussa doucement. L’émeraude de ses yeux se posa sur le visage d’Aerin et il esquissa un léger sourire. « Salut toi. J’en aurais des choses à te dire mais je crains que je ne sois pas dans les meilleures dispositions pour le faire. » « Chut ne dis rien Vàsa. » « Ils vont nous conduire sur le continent Diapré. » La voix de Vàsa était faiblarde et il était vraiment dans un sale état elle avait de multiples questions à lui poser pourtant ce ne fut qu’un seul mot qui sortit de sa bouche. « Désolé… » Vàsa se mit à sourire de nouveau et ferma les yeux. Son visage se détendit. Il c’était endormi. Les yeux d’Aerin perlèrent en silence et elle le sera contre elle. Une ombre les recouvra et elle tourna la tête pour voir un homme penché sur eux. « Ton ami en tient une sacrée couche. Non seulement il est tombé du ciel mais en plus il nous a proposé un sacré marché. Vous êtes tous les deux des drôles de numéros. » Aerin haussa les épaules, que pouvait-elle dire. Vàsa tomber du ciel ? Ça ne lui paraissait pas si fou venant de lui. « Par contre je préfère te prévenir que ce soit toi ou ton ami, vous n’allez pas pouvoir remettre les pieds à la Cité avant un moment. » Ça lui importait peu. Après tout elle n’avait plus envie de retourner là-bas. Elle ignorait ce qu’avait fait Vàsa malgré tout elle ne doutait pas un instant qu’il avait dû retourner la ville pour la retrouver.
 
Vàsa dormit durant deux jours. Lorsqu’il se réveilla il engloutit un repas qui fit railler les marins. Aerin n’était plus prisonnière et malgré les commentaires salaces des marins elle appréciait la vie sur la frégate. Elle ne participait pas aux tâches, vu que le Capitaine et Vàsa avaient semble-t-il passer un accord. Vàsa raconta alors à Aerin ce qu’il c’était passé, de son côté c’était le trou noir. Elle se souvenait de peu de choses concernant la nuit qui avait conduit à tout ce ramdam. Elle ne mentionna pas le fait de s’être réveillée nue et Vàsa ne posa pas plus de questions que ça jugeant que c’était inutile ou peut-être qu’il ne voulait pas savoir. Vu l’agitation qui avait précédé leur départ il était à présent évident que si les deux Ashrynes remettaient en pieds dans la Cité ils seraient immédiatement arrêtés. Une fois rentrés chez eux ils allaient devoir faire face à leurs clans et mentionner l’incident. Ça n’allait pas être de tout repos. Toutefois Vàsa avait sa théorie. Le Marché Noir était réputé par son réseau de prostitution et plusieurs races rêvaient encore d’asservir les Edseres. Aerin avait été pris pour une Edsere, le blondinet bien qu’ayant des attentions louables avait été un dommage collatéral. Le groupe que représentait Leonard avait dut organiser son kidnapping et son implication dans le meurtre. C’était un plan bien rodé et parfaitement orchestré. La victime se retrouvait coincée et déjà sur l’océan sans possibilité de revenir en arrière. La frégate qui les amenait à bon port était dirigés par un groupe de contrebandier qui avait été payé pour effectuer le transport d’Aerin alors considérée comme prisonnière. C’était la théorie la plus juste et la plus logique. Si elle s’avérait exact Vàsa allait faire en sorte de régler ses comptes. Le temps viendrait ou il retournerait à la Cité et poserait les choses comme elles doivent l’être.
 
Un murmure dans la ville courait. Un jeune garçon colportait la rumeur d’un diable aux mèches rouges qui serait à l’origine de l’assassinat de plusieurs hommes. Ce n’était qu’un murmure, qu’une rumeur. Elle courait dans la Cité comme une sombre promesse. La promesse qu’un jour il reviendrait.

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Lun 5 Juin - 16:17
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