Mage Expert en Séduction - Quête - Vàsa X Solyane

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Ashryn - Laethlion - III
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Le temps était à l’orage. Une pluie battante tombait et le ciel se striait régulièrement d’éclair. Les nuages noirs qui couvraient le ciel laissait peu de place à la lumière laissant les ombres envahir la terre. La tempête avait surpris les deux Ashrynes qui avaient malgré tout continuer leur route. Emmitouflés dans des voilages épais ça ne les avait pas empêchés de se retrouver mouillés jusqu’aux os. Sous l’effet de l’orage, la Cité qu’ils rejoignaient avait une allure menaçante.  Les flashs de lumière éclairaient les toits pentus et donnait aux grandes tours percées de meurtrières un aspect lugubre. Bien qu’ils auraient pu se mettre à l’abri afin d’éviter la tempête ils se savaient un minimum prit par le temps. Pour rejoindre les Tréfonds, Vàsa et Aerin devaient passer par la grande cité de la Terre des Rescapés afin de trouver un navire qui les ramèneraient sur leur continent. Tous deux avaient une certaine inquiétude quant à retrouver leurs terres et leur clan. Toutefois c’était une étape indispensable. Vàsa n’avait pas encore fait part à Aerin de son inscription au tournoi. Il ignorait si son courrier était arrivé à temps. Si ce n’était pas le cas il aviserait. Les vêtements ruisselants ils entrèrent dans la Cité. On aurait pu croire que le temps aurait empêchés la vie de s’animer. Bien au contraire les rues étaient bondées même si la pluie battante tombait abondamment. Les artistes de rues et troubadours paraissaient même se jouer du temps continuant leur scène d’une manière parfaitement maitrisée. Les deux Ashrynes s’abritèrent rapidement sous le large porche d’une habitation afin de d’échanger quelques mots. « Aucun bateau ne quittera les côtes avec ce temps. Nous devrions nous poser quelque part en attendant que ça se calme. » Aerin soupira. « Je te suis. » Elle leva les yeux au ciel alors que celui-ci se zébrait d’un éclair. On aurait dit que quelque chose était à l’œuvre pour les prévenir ne pas rentrer. C’en était presque ironique. Sortant de leur abri temporaire, ils se mirent en quête d’un endroit où ils pourraient attendre et se réchauffer un peu. Les quelques commerces de rues luttaient pour maintenir leurs marchandises au sec. Les trombes d’eau qui tombaient paraissaient dotées d’une conscience propre qui voulaient tout engloutir. Ils ne se pressèrent pas maintenant qu’ils étaient trempés, que ce soit un peu plus ou un peu moins, ça n’avait guère d’importance. Au détour d’un croisement un mime offrait un spectacle finement exécuté mettant en scène sa difficulté de faire face au temps. Les deux Ashrynes s’arrêtèrent afin de rendre honneur à son courage. Le mime les salua dans une révérence gracieuse et agile. Le seul avantage que voyait Vàsa face à la tempête était qu’Aerin ne pouvait le trainer dans les magasins et autres commerces. Ce qui prenait parfois son amie quand la situation s’y prêtait. Juste pour cela il fit une prière silencieuse. Finalement débouchant sur une des artères principales de la cité, ils se mirent en quête de trouver une taverne. Leur choix se porta sur un établissement au bon paraître. De larges portes de bois étaient ouvertes pour donner l’accès à un grande cour qui donnait à son tour sur un bâtiment à deux étages percés de fenêtres. L’enseigne ensorcelée brillait d’une lueur accueillante et plusieurs éclats de voix et de cris se faisaient déjà entendre. Un homme à la large carrure et au visage balafré se tenait devant une porte qui symbolisait l’entrée dans l’établissement. Jetant un regard aux deux Ashrynes pendant quelques secondes il fit une moue d’approbation et ouvrit la porte. Différentes odeurs chatouillèrent immédiatement les narines de deux Ashrynes et une chaleur bienvenue se fit sentir. Entrant rapidement la porte claqua immédiatement derrière eux. La taverne était grande et de multiples tables jonchant la salle. Le comptoir courait tout autour du mur offrant un espace de boisson assez gigantesque. L’espace était d’ailleurs bondé. Tout en se découvrant un peu ils cherchèrent une table de libre. Un petit mange debout au fond de la salle semblait vide. S’installant ils s’imprégnèrent de l’ambiance qui régnait en ces lieux. Une énorme cheminée remplit à craquer de bois diffusait une chaleur agréable. Un orchestre jouait un air entrainant qui amenait certains à danser. Une bonne humeur maladive régnait. Plusieurs jouaient aux cartes et d’autres se contentaient de refaire le monde devant une bonne bière. Prenant la peine de se découvrir le visage et se mettre à l’aise, leurs cheveux ruisselant d’eau, ils furent touché par l’effet de la chaleur marquant bien l’humidité qui gonflait leurs vêtements. Cela étant ils finiraient bien par sécher. La serveuse habile comme tout se fraya un chemin au travers des tables et des mains baladeuses qui trainaient. Vàsa et Aerin commandèrent un grog bien chaud et la serveuse partit aussi vite qu’elle était apparue sans plus d’attention. Vu la charge de travail qu’elle semblait avoir les deux Ashrynes n’en tinrent pas compte. Elle revenue quelques secondes plus tard avec les boissons qu’elle disposa à la hâte sur la table avant de disparaitre une nouvelle fois. Le service était bien rapide. Ils allaient pouvoir souffler un peu en attendant que la tempête se calme.

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HAN !!!:
 

Jeu 25 Mai - 15:42
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Edsere - Consciem - III
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La reconstruction de la Terre des Rescapés avançait à bon rythme. La tenacité des Edseres et leur entraide avaient permis à la plupart d'oublier un peu les cicatrices récentes pour fournir un véritable effort vers la guérison. Bien sûr, la cité portait encore les stigmates de l'attaque des Ulfurbes, des Norphis et du Mortemo. Et les pertes des proches resteraient des plaies à vif dans les cœurs. Mais déjà il était de nouveau question de l'avenir.

Depuis quelques temps, Solyane ne venait plus en ville que le temps de quelques missions ou simplement pour revenir saluer Locke. Le seul ami encore vivant aujourd'hui. Aujourd'hui c'était une mission qui la poussait à rentrer chez elle. Elle arriva en ville sous un véritable déluge. Sa cape en cuir n'avait pas été suffisante pour la protéger de l'ondée. Ses vêtements étaient trempées, ses bottes étaient crottées jusqu'au mollet à force d'avoir fait le chemin à pieds sur des sentiers boueux, ses cheveux collaient à son visage et à son cou et, surtout, elle n'y voyait pas à cent mètres. Sauf, bien sûr quand un éclair déchirait le ciel, illuminant vivement les paysages alentours.

La jeune Edsere soupira de soulagement en retrouvant les pavés de la cité. Evidemment, la route était encore grandement défoncée. Mais au moins, cela valait mieux que les sentes de terre que la pluie rendait difficilement praticable. Surtout lorsqu'on voyageait à pied, comme elle. Elle finit par se mettre à l'abri d'un auvent pour ressortir le parchemin qui lui avait été envoyé. Elle se demandait encore pourquoi on s'était spécifiquement adressé à elle. Elle n'était pas une mercenaire et les rares missions qu'elle avait pu accomplir ici n'étaient que des services payants rendus à des connaissances.

« Rendez-vous à la taverne « La Perle » dans trois jours. Je vous attendrais là-bas durant deux jours à dater du jour établi. Si vous ne vous présentez pas à moi, je serai dans une situation désespérée. J'ai réellement besoin de vous ! »

Le mélodrame n'avait jamais grandement séduit Solyane, mais si quelqu'un avait besoin de son aide à ce point, et le message lui avait été explicitement adressé, elle ne se sentait pas le droit de lui tourner le dos. Peut-être l'aurait-elle fait à une époque mais plus maintenant. « La perle » n'était pas une taverne où elle avait ses habitudes. Trop chère, trop propre, aux propriétaires trop honnêtes pour se laisser aller à accorder des services à des voleurs ou des petites frappes. Mais aujourd'hui elle n'avait pas le choix.

Rangeant à nouveau le parchemin dans un étui de cuir épais et étanche puis rajusta sa capuche. Courbant l'échine, elle repartit sous l'averse en direction de la rue transversale où elle savait se trouver la taverne. Malgré la destruction partielle de la ville, elle avait encore suffisamment de repères pour retrouver son chemin presque à l'aveugle. Cette ville l'avait pratiquement vue naître. Elle en connaissait tous les secrets, les chemins dérobés, les impasses. Tout ce qu'il fallait savoir pour survivre quand il n'y avait personne d'autre que soi pour nous nourrir et nous protéger.
Solyane passa devant plusieurs boutiques fermées. Les propriétaires avaient peut-être été tués dans l'affrontement. Serrant les mâchoires pour éviter de trop repenser à ce sinistre souvenir, elle avança d'un pas plus vif. Il lui tardait d'arriver et de se mettre au chaud. Quand bien-même il lui faudrait alors débourser ce qu'elle considérait comme une fortune pour un simple broc de bière.

Finalement « La Perle » fut en vue. Et Solyane se rappela dans le même temps pourquoi aucun des petits voleurs qu'elle avait connu par le passé ne se risquaient jamais à aller fouiner là-bas pour débarrasser le couple de tenancier d'un surplus d'or et d'argent. Malins, ils avaient embauché trois gardes aussi hauts que musculeux. Leur air patibulaire dissuadait quiconque de s'amuser à resquiller. Il se disait également qu'ils étaient si efficaces qu'ils étaient capables de faire disparaître un intrus sans le moindre bruit. Lorsque Solyane s'approcha, il lui barra le chemin.

- On m'attend à l'intérieur ! Déclara-t-elle avec impatience.
- C'est pas une raison ! Tu colles pas à l'image de la maison, crottée et puante comme tu es !

Solyane sentit sa colère monter en flèche. Elle essaya de rester calme mais se tenait prête à réagir si l'autre essayait de lui mettre la main dessus.

- Tu ne vaux pas mieux que moi, et de toutes manières avec ce temps, me voilà lavée pour un mois. Maintenant laisse-moi passer, que je puisse aller me sécher !
- J'ai dit que...
- Ne demande pas à ton cerveau de faire un effort supplémentaire en essayant de te souvenir de ce que tu as dit. Tu me laisses passer sans histoire, j'entre, je retrouve la personne qui m'a donné rendez-vous, on paie ce qu'on consomme et on ressort ! Je suis peut-être crottée et puante, mais ayant mangé à la table d'un noble, j'ai plus de manière que tu n'en auras jamais.


Il s'apprêtait sûrement à dire quelque chose de très vilain, vu la grimace qu'il fit, mais avant même qu'il songe à empoigner Solyane pour lui faire regretter l'insulte, un homme arriva.

- Thane, laisse tomber ! Laisse la passer.

Rageur, la grande brute s'écarta et Solyane s'avança. Ce fut alors l'autre homme qui l'intercepta.

- Au moindre remous, même le plus minime, c'est Thane qui vient te chercher et qui aura alors l'autorisation de te mettre la correction qu'il s'apprêtait à te coller.
- Qu'il me touche et vous devrez vous trouver un nouveau videur ! Mais je ne suis pas là pour faire d'histoire ! J'ai un parchemin sur moi qui prouve qu'on m'attend ici ce soir.
- File !


Solyane n'insista pas et pénétra à l'intérieur de la taverne. Elle qui n'aimait pas vraiment les bains de foule, elle en fut pour ses frais avec le monde qui était présent. Elle se demanda ce que tant de personnes pouvaient bien venir faire dans un même endroit. Elle se dirigea aussitôt vers la cheminée dont la chaleur était bienvenue après la pluie glaçante. Elle trouva une patère en bois où elle accrocha sa cape détrempée. Il y en avait d'autres déjà accrochées. D'autres étaient sèches. Des chanceux étaient donc arrivés ici avant l'orage. Elle secoua ses longues mèches brunes humides. Sous les regards parfois insistants de certains, elle écouta le petit orchestre qui enchaînaient les mélodies guillerettes. Des danseurs s'agitaient sur une piste improvisées tandis que des protestations et des rires s'élevaient autour de tables de jeu. Ici, la chaleur ne venait pas seulement de la cheminée. Elle était également humaine.

Elle chercha alors du regard qui pouvait bien avoir l'air d'attendre, dans toute cette marée humaine. Elle espérait ne pas avoir raté la personne qui lui avait donné rendez-vous.

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Ven 26 Mai - 21:54
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Ashryn - Laethlion - III
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Aerin fixait Vàsa par-dessus les vapeurs que produisait la tasse qu’elle tenait entre les mains. En y réfléchissant bien peut être qu’elle éprouvait quelque chose d’impossible. Observant ses yeux émeraudes qui jugeaient les alentours, si définissables et qui pouvaient se montrer si captivant, elle soupesait ses sentiments. Au milieu de ce brouhaha et de cette foule, elle était seule. Cet homme faisait partie des choses inaccessibles. La proximité qu’ils avaient partagée serait bientôt réduite à néant et tout reprendrait son cours. Ça n’avait donc pas grande importance. Ce n’était qu’une illusion éphémère. Perdu dans ses réflexions elle s’apercevait qu’il se confiait rarement, vivant dans sa bulle et n’exprimant que peu de choses. Etant dans ce carcan de logique qui emprisonnant son épanouissement social et le poussait à tout compartimenter. Ce n’était pas plus mal quelque part car elle ne voulait pas savoir. Le problème d’avoir des réponses c’était qu’on ne pouvait plus se donner d’illusions. La vérité était toujours la vérité et ne changeait jamais de visage.

Au fil de ses pensées elle s’aperçut que cet endroit ne devait pas lui plaire. Son esprit jugeant les choses avec acuité, Vàsa devait être en proie à une agression permanente, mesurant ces gens qu’ils ne connaissaient pas, saisissant l’espace bondés avec une perception accentuée. Or il paraissait totalement dans son élément dégageant cette énergie tranquille et contenue. Toutefois rien d’autre ne filtrait. Il n’y avait que cette sensation qui demeurait laissant presque un gout d’inachevé. Le regard d’émeraude se braqua sur elle. Son verre était déjà vide et il n’en recommanderait certainement pas d’autres. Impossible de soutenir son regard elle tourna la tête vers une des fenêtres sur laquelle continuait de tapoter les gouttes de pluie. C’était étrange. Elle voulait que cette proximité s’arrête et à la fois continue. Elle laissa échapper un petit grognement et chassa ses pensées. Il était préférable de cesser de se torturer. Bientôt ils rejoindraient leurs Clans et tout risquerait de changer.

Lorsque Vàsa parla elle fit volteface et fronça les sourcils incapables de répéter ce qu’il venait de dire. Ouvrant la bouche pour répondre, elle se ravisa. « Tu peux répéter ? » Vàsa esquissa un léger sourire tout en prenant quand même la peine de répéter. « Désires-tu rester ici encore un ou deux jours Aëlle ? » C’était certainement ça le plus agaçant, il savait toujours poser les bonnes questions comme s’il percevait des choses qu’il n’était pas censé percevoir. Aerin soupira en guise de réponse. Elle-même ignorait si elle le voulait ou non. Quoiqu’il en soit, ce n’était pas vraiment d’actualité. « Si nous prenons encore le temps de trainer je crains fort que Vargas vienne nous chercher. » « Touché. » Une fois la pluie terminée ils embarqueraient.

Avec la chaleur produite par la masse et l’imposante cheminée leurs vêtements étaient maintenant secs. Leurs cheveux un peu moins. Ça viendrait. Soudain Aerin eut une étrange sensation. Une pression se faisait sur sa nuque de plus en plus forte. Se contorsionnant elle chercha à déterminer l’origine. Vàsa observa en silence et pendant plusieurs minutes Aerin se tourna pour observer un coin de la taverne. Son petit ménage dura un moment jusqu’à se désintéresser totalement de Vàsa en lui tournait le dos.  Ce n’était pas dans ses habitudes mais il ne tiqua pas pour autant. Leur voyage avait été éprouvant afin de rentrer le plus rapidement possible ils avaient marché pendant trois jours en dormant peu. Pensant pouvoir se reposer à bords du navire qui les feraient changer de continent ils avaient été surpris par la pluie. La tempête avait été plus rapide que l’avait prédit Vàsa ce qui avait eu pour conséquence de les faire patauger dans la boue pendant toute une après-midi. Heureusement pour eux une fois arrivés aux abords de la Cité des Hommes, la pluie abondante avait purger leurs vêtements de toute trace de gadoue. Heureusement qu’Aerin avait son sac leurs permettant d’avoir mis la plupart de leurs affaires au sec. Aerin ne se retournant pas Vàsa suivit son regard et tomba sur un groupe assez étrange. Un homme était installé sur une large banquette dans un espace qui semblait avoir été créer pour les habitués. Entouré de femmes il semblait le plus heureux des hommes et surtout relativement fier.

Il détailla les deux personnes installées sur le mange-debout. Une jolie rousse, le visage aux traits gracieux et fins et le corps agréable par ses formes voluptueuses qu’on devinait sous la laine qui la couvrait. La bouche de la demoiselle semblait appétissante d’où il se trouvait, c’était une cible de choix. Lorsqu’il posa son regard sur l’homme qui l’accompagnait leurs regards se croisèrent. Des yeux émeraudes et les traits fins. Une chevelure ébène teintée de rouge. Grand et large d’épaule. Cela allait être amusant. Ce n’était pas tant qu’il aimait les femmes, c’était plus le plaisir indicible de voir les hommes se faire rejeter et apparaître si faible. Ils faisaient un trop joli couple pour les laisser tranquille, il allait jouer avec eux et faire plier cet homme qui avait cette allure arrogante.

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HAN !!!:
 

Sam 27 Mai - 0:20
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Edsere - Consciem - III
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Cela faisait quelques minutes maintenant que Solyane attendait et cherchait le moindre indice lui permettant de reconnaître la personne qui avait pu lui donner rendez-vous. C'était tout de même frustrant de ne pas connaître la personne qui voulait faire avec elle. Personne n'était venu l'aborder non plus. Soit cette personne n'était pas encore arrivée, soit Solyane avait manqué le rendez-vous et usé la patience de l'expéditeur du billet. Si tel était le cas, alors elle avait fait le chemin jusqu'à la Terre des Rescapés pour rien.

Avec un rictus sardonique, la jeune femme se demanda depuis quand elle revenait chez elle « pour rien ». La cité était peut-être détruite, la perte de ses camarades voleurs formait peut être encore une cicatrice vive dans son âme, mais elle n'en demeurait pas moins native de ces terres qui avaient également porté les pas de sa mère tout au long de la vie de celle-ci. Et peut-être même celle de ses ancêtres. Enfin, d'une partie de ses ancêtres. Ou peut-être même de la totalité de ses ancêtres. Qui pouvait savoir à quelle race appartenait ce père qu'elle méprisait avant de devenir un Ulfurbe ?

Au long de ses péripéties, elle avait pu parfaire sa culture sur les autres races. Même sur celles qu'elle haïssaient du plus profond de son être : Norphis et Ulfurbes. Elle savait donc, depuis quelques temps, que tous les Ulfurbes ne naissaient pas ainsi. Certains le devenaient après leur mort s'ils s'étaient montrés particulièrement mauvais au long de leur vie. L'Ulfurbe Baltrigon n'était donc peut être un pas un « pur race », mais cette idée ne changeait rien au profond dégoût que Solyane avait de son géniteur. Quand bien même il avait possiblement été Edseres (ou autre chose) avant, il s'était alors agi d'un être foncièrement mauvais.

Soudain le regard de la jeune femme fut attirée par un homme assis à une large table. Parfaitement à son aise, entourée de femmes qui ne semblaient s'intéresser qu'à lui, et se comportant comme un seigneur en son domaine, il affichait une décontraction pleine de suffisance. Typiquement le genre d'hommes qui énervait la belle Edsere. Alors que son attention était auparavant tourné vers un coin de la taverne, ses yeux passèrent sur la foule et s'arrêtèrent sur Solyane. Il sembla alors un instant partagé entre elle et une autre femme, une mignonne rouquine, puis se décida. Lorsqu'il se leva, les autres femmes protestèrent mais il les ignora.

Alors que l'homme s'approchait droit vers Solyane, celle-ci se raidit. Elle savait que d'ordinaire, dans ce genre de situation, son réflexe était de s'écarter ou de mettre la main sur la dague accrochée à sa ceinture. Mais cette fois, elle ne songea à aucun moment à ce défendre. L'homme qu'elle avait de prime abord trouvé suffisant et vaniteux était en réalité très séduisant. Quoi que minces, ses lèvres dessinaient une ligne tout à fait charmante sous un nez droit. Ses yeux hypnotiques caressaient les courbes de la superbe brune. Celle-ci n'en éprouvait aucune gêne, au contraire. Une partie d'elle s'insurgea contre la flatterie qu'elle éprouvait. Mais c'était plus fort qu'elle. Elle ne put s'empêcher de s'approcher en retour de l'homme.

- Eh bien, eh bien. Es-tu seule en ce lieu, ma toute belle ? demanda l'homme en prenant la main non gantée de Solyane entre l'une des sienne et en y déposant un baise-main élégant.
- Certes, messire, mais vous êtes là, désormais !
- Très juste. Je suis là ! Que dirais-tu de venir te joindre à mes amies et moi. Tu pourras ainsi te réchauffer en meilleure compagnie.
- Ce serait avec joie, messire !


Comment pouvait-elle débiter de pareilles bêtises ?! Depuis quand acceptait-elle l'invitation d'un homme tel que lui ? C'était ahurissant. Et pourtant, elle réagissait comme si tout cela était parfaitement naturel. Juste, comme si, car une partie de son esprit soupçonnait fortement que ça ne l'était pas. Comment réagir ? Que pouvait-elle donc bien faire ?

Lorsqu'il lui tendit un bras pour qu'elle le prenne, son corps réagit sans la moindre hésitation et elle le lui prit.

- Si tu me le permets, j'aimerais aller inviter une autre compagne de jeu avant de regagner la table.

Solyane hocha la tête sans répondre. Elle le suivit aussi docilement qu'un chien suivait son maître alors qu'il se dirigeait vers la jolie rouquine et l'homme qui l'accompagnait.

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Jeu 1 Juin - 14:27
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Ashryn - Laethlion - III
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Aerin suivit l’homme qu’elle ne cessait de fixer au gré de son déplacement. A y regarder de plus près toute les femmes présentes dans la taverne lui faisait les yeux doux et montraient une certaine captivation à son égard. Laissant les femmes qui l’entouraient à sa table il se déplaça pour aller d’abords rejoindre une femme seule. Vàsa observait la situation avec méfiance. Une femme à la chevelure corbeau, toute élancée dégageant une aura sauvage et naturelle. Ils échangèrent quelques mots avant qu’elle se mettre à le suivre tel un laquais obéissant. C’était étrange et pour le coup ça dépassait le simple cadre de la séduction. Quelque chose était à l’œuvre et quelque chose de peu recommandable. Ce que redoutait l’Ashryne se produit. L’homme empruntait la direction de leur table. Il le sentit arrivé dans son dos s’arrêtant à leur niveau son ombre était projeté sur la table. « Si vous permettez j’aimerais – » « Si je puis vous faire part d’un conseil, mesurez ce que vous allez demander. » L’homme eut une moue pincée face au conseil que venait de lui prodiguer l’Ashryne. Pour qui se prenait il ? Quelque part tant mieux, il allait subir une humiliation plus cuisante. « Je souhaitais simplement demander à votre amie si elle désirait se voir offrir un verre. » Aerin fit un large sourire. « Oui bien sûr. » Vàsa ne tiqua pas, restant assis sur son tabouret. Sa respiration était mesurée et afin de ne pas causer de problème il se retenu de réagir de manière inconsidérée. Aerin n’était pas ce genre de femme et plus encore elle était prête à en découdre avec quiconque l’inviterait de la sorte. Ce qui dérangeait Vàsa n’était pas tant qu’elle se fasse offrir gracieusement de quoi boire, c’était plus le fait que ça n’avait que peu de normalité. Ce qui se passait en cet instant n’était pas dans la loi de la logique et le pire qu’il puisse advenir c’est que de l’ensorcellement soit en cause. Aerin se leva paraissant avoir oublié complétement Vàsa. Avant qu’elle rejoigne l’homme qui l’avait invité Vàsa lui attrapa le bras. Elle ne le regarda même pas. Voyant que parler ne servirait à rien il relâcha son étreinte. Prenant une profonde inspiration il compta jusqu’à dix alors que l’homme suivit des deux femmes retournait vers son fief. 
 
Il lui fallait agir avec un minimum de discernement et surtout il ne fallait pas qu’il s’expose. Une fois les verres servis, l’homme leva son verre en scrutant l’Ashryne un sourire malsain sur le visage. Ses deux bras entouraient les deux femmes par les épaules et il profitait de la proximité de leurs corps pour faire glisser ses doigts au creux de la naissance de leurs seins. Les iris émeraudes de Vàsa se mirent à vibrer de violence. Au creux de ses prunelles se dessinait une promesse. Une promesse de mort. Il allait tuer cet homme. Cet être faisait quelque chose que Vàsa détestait par-dessus tout. L’homme en question vit ce à quoi pensait l’Ashryne et son sourire ne s’étira que plus encore. Coupant le contact visuel, l’Ashryne se dirigea vers le fond de l’auberge. Ce que ne comprenait pas cet homme c’est que l’envie et la jalousie pouvaient faire ressortir les plus bas instincts des Hommes. Les gardes qui assuraient la sécurité étaient au nombre de cinq. Deux à l’extérieur et trois à l’intérieur. Il fallait donc un groupe équivalent. Il trouva ce qu’il cherchait avec une table de dix gaillards assez costaux. « Je vous dérange Messieurs mais je me dois de vous faire part de quelque chose qui sera certainement vous intéresser. »
 
Les dix gaillards se levèrent tous d’un coup. « Qu’est-ce que tu dis ?! Tu en es sur ?! » Vàsa hocha la tête. « Et il est ou ce boursemolle ? » Vàsa cacha son sourire. Ça devrait marcher. Pointant du doigts la table de celui qui avait accaparé les deux femmes, les dix gaillards commencèrent leur traversée de la salle. 

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Sam 3 Juin - 13:19
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Edsere - Consciem - III
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Solyane ne s'expliquait en rien son comportement. Tout ce qu'elle faisait, ce qu'elle disait, lui sonnait creux, faux et forcé. A bien y réfléchir, ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait. Mais la dernière fois, il ne s'était agi que d'un rêve. Un stupide rêve rendu particulièrement réaliste par une quelconque bizarrerie magique de la Sylve des Soupirs. Elle tiqua soudain. Bien sûr !! Cela ne pouvait être que ça ! Un sort lui avait été jeté. D'une manière ou d'une autre. Maintenant qu'elle en était consciente, elle se concentra pour lutter contre ses effets. Elle avait pris conscience depuis quelques temps que la magie des autres agissaient peu ou mal sur elle. On lui avait expliqué qu'il en allait de même pour beaucoup d'Edseres. C'était une capacité naturelle que seuls les plus puissants, ou ceux qui avaient suffisamment d'expérience dans les combats contre les êtres magiques, parvenaient à contrôler. Solyane ne savait pas si elle « contrôlait » ce don dont elle n'avait pris connaissance que tout récemment pour quelque chose qu'elle avait en elle depuis sa naissance. Elle ignorait tout du processus de ce mécanisme de défense inné mais elle était certaine que si elle n'était pas totalement abrutie par les effets du sort comme ce devait être le cas pour la plupart des femmes qui l'entouraient, c'était bien grâce à cela.

L'homme les serrait contre lui, la jolie rousse et elle. De temps à autres, il lançait des regards ouvertement provocateurs en direction de celui à qui il avait « volé » la compagnie de la rouquine. Solyane avait également pris le temps de l'observer. Ses longs cheveux noirs veinés de mèches rouges, ses yeux d'émeraude, son corps grand et mince, son air dur. La jeune femme sentait qu'il n'était pas le genre de personnes qu'on provoquait impunément. Le retour de bâton risquait d'être sévère. Mais celui qui les tenaient sous sa coupe, la rouquine et elle, semblait beaucoup trop vaniteux pour s'en rendre compte par lui-même. Luttant pour reprendre le contrôle de son corps, Solyane faisait appel à toute la rage et le dégoût que lui inspiraient le contact des doigts de l'homme sur sa gorge. Par chance, le corset de cuir lacé qu'elle avait passé ce jour-là lui montait jusqu'à mi-cou et le nœud qui le fermait était solide. Ce n'était pas avec des manières si indolentes que ce paon prétentieux en viendrait à bout. D'ici à ce qu'il se décide et parvienne à la dénuder, elle espérait avoir réussi à rassembler suffisamment de volonté pour se défaire de son emprise.

Mais pour le moment, l'homme était plus concentré sur la rousse. La présence de ce « rival » exacerbait sa testostérone et le dominateur en lui tenait à soumettre psychologiquement l'autre. Il se pencha donc pour déposer des baisers sur le front, l'arête du nez et les lèvres de la jeune femme. Solyane le regarda faire sans bouger. Pourtant elle brûlait d'envie de planter sa dague en travers des parties intimes de l'homme, comme elle l'avait déjà si souvent fait avec des violeurs. Mais son corps ne lui obéissait toujours pas. Seul son esprit demeurait maintenant totalement libre et clair. La lutte n'était pas finie. Elle ne put s'empêcher de se demander si celle qu'embrassait insolemment cet abruti se rendait compte de ce qui lui arrivait. Pour un peu, elle aurait voulu que ce soit sur ses lèvres à elle qu'il dépose les siennes. Pour essayer de les lui mordre jusqu'au sang !

Il était en train de baisser la tête pour fourrer sa tête dans l'échancrure du corsage de la belle rousse lorsque des pas lourds se firent entendre. Solyane tourna la tête (seul mouvement qu'elle parvint à réussir) vers la source de ce bruit. Elle remarqua alors dix marmules aux bras aussi gros que ses cuisses qui s'approchaient avec un air féroce. Elle ignorait ce qu'ils voulaient, mais ils avaient clairement l'air en colère. Pourquoi ? Bonne question. Contre qui ? Encore une ! La seule chose de certaine c'était que c'était vers leur table qu'ils convergeaient. Enfin, vers la table de l'homme et de ses victimes. Car Solyane doutait de plus en plus que chacune des femmes présentes ait été volontaire pour s’asseoir avec ce bellâtre manipulateur !
L'homme, qui avait fini par frotter son nez contre les seins de la rouquine, releva la tête, dévisagea le groupe qui se tenait campé autour de la table et de manière à empêcher quiconque d'intervenir ou de s'enfuir.

- Messieurs, ces demoiselles sont à moi et je ne permettrai à aucune de vos sales pattes de se poser sur mon harem. Si vos bourses se font trop lourdes, allez donc rendre visite à un bordel ! lança le fat d'un ton profondément condescendant.

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Sam 10 Juin - 12:18
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