Le Culte de la Berge - Vàsa X Fyn - Quête -

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Ashryn - Laethlion - III
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Les lueurs de l’aube se diffusaient timidement au gré des escarpements de la berge. La brise marine soufflait fort ce matin-là. La côte était calme et la température se faisait fraiche. Lorsqu’Aerin ouvrit les yeux elle bougonna face à la fraicheur qui caressait son corps. Elle remarqua tout de suite Vàsa s’activant à refaire vivre le foyer de leur feu. Le chargeant de bois qui commençait déjà à crépiter sous l’effet de la chaleur. « Bonjour Princesse. » La réponse s’apparentant à un grognement de son amie arracha à un sourire à Vàsa. Le froid couplé à l’humidité avait déposé une rosée tenace qui accentuait l’humidité ambiante. Ça ne dérangeait pas les Ashrynes. Le Mont des Souvenirs n’avait pas un climat des plus accueillants et c’était leurs foyers. Ils avaient donc une certaine habitude des basses températures. Sans oublier le fait qu’il faisait bien plus frais là-bas qu’ici. Aerin avait toujours préféré une vive chaleur malgré tout. Elle jeta un regard en biais à Vàsa. « Salut toi. » Tout deux prirent le temps de se réveiller doucement. Le soleil commençant sa lente course progressant à l’horizon de l’océan offrant un spectacle des plus beau. Dans le silence les deux Ashrynes prirent plaisir à observer la scène. Vàsa sortit quelques provisions de leurs sacs et commença à préparer de quoi se restaurer. Les fruits secs et autres denrées non périssables étaient leur quotidien. Bien qu’Aerin rallait, Vàsa se débrouillait toujours pour pouvoir donné un minimum de saveur faisant même parfois des arrangements douteux. Aerin ne savait pas quand il avait appris à cuisiner mais il la surprenait souvent en faisant une cuisine impeccable et elle ne se plaignait guère vu qu’elle appréciait manger. Après avoir escorté le convoi des caravaniers, Vàsa avait d’ailleurs dû doubler leurs rations afin de permettre à Aerin de manger à sa faim. Lorsqu’elle ne mangeait pas convenablement l’Ashryne avait tendance à être de mauvaise humeur. Et vu son caractère Vàsa préférait qu’elle ait le ventre plein. Alors qu’il mangeait tout en observant le soleil, Vàsa pensa aux Tréfonds et à son clan. Bientôt il y retournerait accompagné d’Aerin. Bientôt il ferait face à son père. Il avait décidé de s’inscrire au tournoi organisé par son peuple comme pour chercher une certaine légitimité. Ce n’était peut-être pas la meilleure des raisons néanmoins c’en était une. Surtout que Vargas avait émis l’hypothèse qu’ils n’en avaient pas fini avec eux. Chassant toutes ces pensées de son esprit il se mit à agir pour éviter de penser en entreprit de réunir leurs affaires. Aerin finissait de déjeuner elle aussi perdue dans ses pensées. Quelques minutes après elle donna un coup de main à son compagnon de route. Une fois que tout fut empaquetés et rangés, ils calfeutrèrent le brasier de leur feu au moyen du mélange de sable et de fine pierre qui les entourait. Partant sous l’azur éclairé par la lumière craintive du matin, ils se rendaient là où les attendaient leur destin.

Longeant une partie de la berge ils finirent par trouver un petit hameau alors que la course du soleil était à mi-chemin de son zénith. Ce n’était pas vraiment un village imposant, plutôt quelques bâtisses montées là avec une énorme masure en son centre. Les habitants semblaient plutôt accueillants saluant les deux Ashrynes à leurs approches. Ils repondèrent à ces signes de mains ou de têtes. Même quelques sourires fendirent le visage de certain. Les rencontres qui se produisaient parfois se voulait différente. Bien que la plupart du temps certains habitants accueillaient les étrangers avec méfiance et indifférence, quelques petits villages se montraient hospitalier et bien veillant. Un des habitants indiqua le gros bâtiment central du village pour tout ce qui était question d’hébergement et d’achat. Celui-ci se révéla être un comptoir marchant en plus d’une auberge. Quelques provisions étaient disposées un peu de partout et malgré le que ce soit un peu sommaire ça suffisait aux deux Ashrynes. Ils s’installèrent à une des tables vides et commandèrent deux grogs. Le service fut assez rapide face au désert de l’établissement. Maintenant qu’ils étaient installés Aerin posa une question qui la taraudait depuis leurs départs du domaine de Gwenaline. « Je sais que tu as quelque chose en tête Vàsa. Tu as déjà planifié le reste de notre voyage, où allons-nous ? » Vàsa eut un léger sourire, Aerin commençait vraiment à bien le connaître. Peut-être même un peu trop bien.  « Même si nous avons pu voir Vargas j’ignore ce que nos parents respectifs ont en tête. Tu sais que nous allons accueillir une nouvelle édition du Tournoi ? » Elle hocha la tête positivement. « Je pense que nous devrions rentrer pour y assister après tout ça serait mal venu si certains héritiers du clan manquant pendant cet événement officiel. » Vàsa avait raison et ces mots sonnaient juste toutefois un autre fait sous-jacent était présent dans cette information. Tous deux allaient devoir faire face à leurs parents. Ne vous y trompez pas, Kargath et Deustan n’étaient pas des mauvais pères. Ils étaient simplement le Loup et le Corbeau.

 845 Mots - Post I




HAN !!!:
 

Jeu 25 Mai - 12:59
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Nanthun - Domum - II
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Fyn termina sa dernière amande avec un regret. D’ici à la prochaine ville, elle devrait se contenter du souvenir du croquant qui résonnait dans sa bouche à chaque mastication et du goût exquis glissant lentement dans son ventre. Rien que d’y penser, un serpent électrique lui chatouilla le dos. Elle rangea son petit sac désormais vide et souffla. C’était toujours le même cinéma. Un paquet qui durait quelques jours, et encore, puis la nostalgie de ce qui aurait dû durer plus longtemps. Quant à parler de retenue, autant lui demander d’arrêter de respirer. Pour s’occuper l’esprit, elle entreprit un toilettage minutieux de sa fourrure. L’eau de mer était incroyablement apaisante mais avait la fâcheuse tendance à laisser ses poils rêches et cassants. Et puis de petites algues profitaient souvent d’une baignade pour se loger dans les endroits qu’elle pensait pourtant hors d’atteinte. Le temps de retrouver le soyeux qu’elle voulait, il était déjà midi et elle décida alors de rentrer à l’auberge.

Le patron avait été très gentil avec elle et ils avaient conclus de partager les recettes du spectacle qu’elle avait fait la veille en l’échange de deux nuits gratuites. Elle avait sauté sur l’occasion, profitant de la proximité du hameau avec la Berge aux Méduses pour aller y piquer quelques têtes. De quoi détendre corps et esprit. En retrouvant les premières bâtisses, elle fut accueillie par le petit Tom, le fils d’un pêcheur du coin. En voyant son sourire où il manquait deux dents, elle ne put s’empêcher de rigoler.

-Salut Tom ! Vous avez déjà fini ?

Le petit arriva à son niveau et elle le prit dans ses bras. Comme elle, il arborait une touffe de cheveux rebelles couleur paille et deux ou trois taches de rousseurs sur les joues.

-Oui. Il faut encore tout faire sécher mais on devrait bien manger ce soir !

Il pointa du doigt le nez de Fyn.

-Ha ! T’es rouge comme une tomate !

Maintenant qu’il le disait, elle sentait effectivement son visage légèrement plus chaud qu’à l’ordinaire.

-J’ai dû trop trainer dehors, il faut croire.
-T’as pas l’habitude comme moi ! Bon, faut que je te laisse. Je dois aider Maman à étendre le linge. On se voit tout à l’heure ?
-Promis !

Il sauta dans ses bras à nouveau et repartit à ses affaires. Fyn le regarda disparaître derrière une maison. Quand elle était arrivée, il s’était tout de suite proposer pour lui faire faire un tour de toutes les maisons, de ses habitants et de recoins secrets dans la Berge. Selon sa mère, il ne pouvait pas tenir en place plus de dix minutes au même endroit, ce qui rendaient les repas de famille un tantinet mouvementés. En un sens, Fyn se retrouvait dans le petit garçon. Toujours à vouloir occuper ses journées au maximum de peur de rater quelque chose d’important, quitte à parfois en faire trop. Elle soupira et reprit son chemin.

Le grand bâtiment central était là où elle avait élue temporairement domicile. Devant, un petit puits et un petit bonhomme vouté qui attisa tout de suite sa curiosité. Il portait une grande pelisse rapiécée agrémentée d’étoiles de mer séchées, de moules et d’une multitude d’algues de toute les couleurs. Pour toute chaussure, il n’avait que des bandages miteux. Pas d’autres bagages qu’un bâton de marche au sommet duquel trônait un calamar durci par le soleil. Fyn contourna le puits et s’approcha.

-Bonjour !

Il sursauta et releva la tête dans sa direction. Des cheveux poivre et sel clairsemés, une barbe de plusieurs jours et une drôle d’odeur d’embruns qui flottait autour de lui. Dans ses mains, un énorme coquillage torsadé. Il la détailla avec tellement d’intensité que Fyn se sentit mal à l’aise en quelques instants.

-Vous… Vous êtes une Nanthun, n’est-ce pas ?
-Oui ! Et vous un…
-Arrière ! Arrière fille de la terre et des vignes !

Il s’était relevé comme piqué par un démon et brandissait désormais son bâton vers les cieux. Puis il porta son coquillage à ses oreilles avant de reprendre.

-Oui… Oui tout est clair maintenant. Les vents salés m’ont porté leur message. Ta simple présence met en colère le Homard et la Mouette !
-Quoi ? Qu’est-ce que vous…
-Arrière, ai-je dit ! Je ne laisserai pas tes mains pleines du terreau de la misère s’approcher de moi ! Ici règnent en maître le sable et le sel. Retourne dans ta forêt parmi les tiens. Tu n’es pas la bienvenue ici, bâtarde de la nature !

Il avait craché sa dernière tirade avec une telle férocité qu’elle sentit la flèche de son amertume se planter directement dans son cœur. Des larmes lui piquèrent les yeux, autant de colère que de tristesse. Un habitant du village les rejoignit alors.

-Quoi s’est encore vous ? C’est pas bientôt fini d’enquiquiner votre monde, comme ça ? On va finir par vous fiche à la porte, si ça continue !
-Ce misérable mollusque bafoue la mer par sa simple présence. Et toi, tu oses prendre son parti et interférer une fois de plus avec un envoyé du Homard ?
-Je vais t’en faire un beau de homard, tu vas voir…
-Stop, arrêtez !

Fyn avait senti dès les premiers regards qu’ils n’en étaient pas à leur première rencontre. Trop d’animosité dans les corps. L'air piquait autour de l'inconnu à l'odeur singulière. Maintenant, qu'ils étaient arrêtés dans leur élan l'espace d'une respiration, elle doutait de pouvoir les empêcher d’en venir aux mains si c’était là leur volonté.

Post 1 : 903 mots !
Sam 27 Mai - 18:12
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Ashryn - Laethlion - III
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Les deux Ashrynes profitaient de ce moment de calme et de simplicité. La plupart du temps sur les routes ils avaient rarement un toit au-dessus de la tête. S’adaptant à leur environnement leur nuit était vécue avec un matériel sommaire et des conditions qui pouvaient être parfois difficiles. Ne s’en plaignant guère malgré leurs origines, Aerin et Vàsa appréciaient ses défis et la beauté que pouvait leur offrir la nature dans ces conditions. Plus encore ça ne les empêchait pas de savourer les moments ou un toit couvrait leurs têtes. Tous deux étaient perdus dans leur pensée redoutant le moment de leur voyage car il les conduirait inexorablement vers des explications que ni l’un ni l’autre ne souhaitait avoir. Plusieurs bruits percèrent le silence relatif qui régnait. Des éclats de voix. Quelques occupants de la bâtisse ou ils se trouvaient n’hésitèrent pas à sortir et les bruits au début faible prirent de l’ampleur. Aerin et Vàsa s’observèrent à l’écoute. Une altercation. Vàsa scruta son amie afin de savoir si elle allait ou non faire quelque chose de stupide. Contrairement à lui, Aerin avait le gout d’aider les gens qu’ils croisaient. Vàsa quant à lui désirait simplement éviter l’effort inutile. Elle lui sourit mue par une curiosité à la limite de la maladie et se leva pour aller voir ce qui pouvait bien se passer dehors. Vàsa soupira tout en secouant la tête et se leva à son tour. C’était toujours ainsi. Et ça avait tendance à l’agacer. Après les mois qu’ils avaient passés ensemble, l’Ashryne n’avait eu d’autres choix que de s’y faire sans quoi il aurait passé ces journées à retenir son amie.

La situation dehors était assez navrante. Un groupe c’était formé autour d’une jeune fille. Et à première vue ça allait dégénérer. Vàsa se positionna vers le mur de la bâtisse dans laquelle il se trouvait il y a quelques secondes et s’appuya nonchalamment contre celui-ci. Aerin s’approcha et joua des coudes pour percer le cercle qui entourait la jeune fille et un autre homme qui braillait et gesticulait. Vàsa fronça les sourcils à l’apparence de celle qui semblait être prise à partie. Son apparence n’était pas commune. Elle paraissait jeune, le regard brillant de beaucoup de choses. Deux grandes oreilles touffues, le poil vénitien aux reflets blond d’or et une large queue qui se balançait avec impatience. Une Nanthun. Cette race restait un mystère pour lui, le seul être de ce peuple qu’il avait pu rencontrer était un des Vahsins1 de Kargath. Une Nanthun loup qui avait un certain gout pour les jeunes hommes. Sans que qui que ce soit sache pourquoi elle avait fait une fixette sur le jeune Nibelun usant de toutes les occasions pour lui faire du rentre dedans. Usant de finesse cela amenait plus les gens à en rire qu’à en être mal à l’aise. Son surnom lui venait d’ailleurs de là. La première fois qu’elle avait reniflée avec insistance l’Ashryne elle lui avait fait part qu’il sentait une douce odeur vanillée mêlée à quelque chose de plus épicé. Sortant de ces pensées il se concentra sur la scène.
 
Aerin était arrivé à l’orée du cercle qui c’était formé. C’était pour le moins affligeant l’homme qui avait pris à partit la jeune Nanthun avait perdu la tête semblait-il. Elle jeta un regard derrière elle pour capter celui de Vàsa qui haussa les épaules. Qu’elle fasse comme elle voulait, ce n’était pas son problème. En réponse elle leva les yeux au ciel, qu’est-ce qu’il pouvait être énervant. Elle s’avança sans un mot et se plaça devant la Nanthun. « Je pense que c’est largement suffisant. Le spectacle est fini. Dispersez-vous. » Sa voix avait été calme et il avait été inutile de crier. Son regard gris acier avait parcouru l’assemblée avec en son sein une détermination à toute épreuve. Si quelqu’un voulait en venir aux mains elle le neutraliserait de manière immédiate et sans aucune sommation. L’homme qui semblait comme possédé se mit à crier plus fort tout en agitant les bras avec véhémence. Qu’elle bestiole avait pu le piquer. Aerin soupira et se déplaça rapidement se matérialisant presque devant lui comme par magie. Ça lui coupa la chique.  « Je pense qu’il serait bon pour toi de prendre la décision de partir et de laisser tout ce monde en paix. » L’homme fou murmura une réponse des plus étranges. « Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous faites, vous êtes des impurs et vous serez bientôt châtiés ! » Il s’exécuta quand même sans pour autant le faire avec tranquillité. Cette journée s’annonçait déjà haute en couleur.

1 . Les Vashins est le nom communément attribué à la garde personnel du Clan Sigurd. 

767 Mots - Post II




HAN !!!:
 

Mar 30 Mai - 12:55
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Nanthun - Domum - II
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L’altercation avait attiré du monde. D’autres habitants du hameau s’étaient joints à eux mais l’homme à l’odeur singulière et son adversaire du moment étaient prisonniers dans une bulle excluant toute autre personne. Leurs corps étaient tendus comme des cordes à arc et leurs yeux perçants comme des couteaux. Ils étaient littéralement en train de s’écharper du regard. L’intervention de Fyn n’avait fait que les irriter d’avantage et elle avait désormais peur que le moindre mouvement ne soit pris comme un signal par l’un ou l’autre des hommes pour se sauter à la gorge. Et puis une étrange tempête de feu traversa soudainement le champ de vision de Fyn.

Une jeune femme se tenait devant elle. Elle intima à la foule de se disperser mais l’homme à l’odeur singulière ne l’entendait pas de cette oreille. Il pesta à nouveau, invoqua à nouveau le Homard et la Mouette jusqu’à ce qu’un coup de vent ne douche son ardeur. La femme s’était plantée juste à son niveau. L’effet fut immédiat. Il ne sut que bafouiller une ultime insulte et s’en fut. Le ton qu’il avait employé jeta une sueur froide dans le dos de Fyn. Ce n’était plus une simple menace mais l’énonciation d’un fait qui allait se produire sous peu. En le regardant partir, maugréer dans son coquillage et brandir son bâton au calamar, elle se demandait ce qu’il préparait comme mauvais coup.

L’autre homme se frotta la mâchoire et roula des épaules. Un regard vers la jeune femme rousse puis il repartit à son tour pour discuter avec les curieux qui s’étaient amassés autour d’eux. Deux ou trois mots portés par le vent et Fyn apprit qu’il n’en était pas à son coup d’essai avec l’homme à l’odeur singulière. Elle se tourna alors vers la femme rousse avec un grand soupir de soulagement.

-C’était moins une.

Elle tamponna son front en souriant. Ce genre d’atmosphère avait le chic pour la mettre dans tous ses états. Et encore, elle se jugeait plus courageuse que Domino.

-Merci en tout cas. A un moment j’ai vraiment cru qu’ils allaient se mettre à parler avec les poings !
-Faut faire attention avec lui, Fyn.

Elle sursauta et se tourna vivement. Quelques dizaines de centimètres plus bas, le petit Tom qui croquait dans une pâtisserie. Une odeur qui fit vrombir l’estomac de Fyn.

-Tiens, salut canaille ! T’as fini avec ta maman ?
-Oui. Je mangeais mon goûter quand on a entendu les voix alors on est venu voir. C’est encore Monsieur Poulpe ?

Il fallut un temps à Fyn pour comprendre de qui il parlait.

-Je crois, oui. Il fait ça souvent ?
-Je l’ai déjà entendu crier après maman parce qu’elle avait fait une soupe avec des algues un jour. Comme elle était pas contente elle lui a renversée sur la tête. Il lui a crié dessus aussi en agitant son bâton et le lendemain, il y avait plein d’algues dans le jardin à la place des légumes. Moi j’ai trouvé ça drôle mais maman elle était pas contente et elle m’a punie parce que j’ai rigolé.

Fyn jeta un coup d’œil vers la femme rousse puis pinça doucement les joues du petit Tom.

-T’inquiète pas on fera attention. Allez, file !

Le gamin croqua dans sa pâtisserie en hochant la tête. Fyn se redressa et souffla, les sourcils relevés.

-Eh bien il a pas l’air commode. C’est dommage je le trouvais plutôt original avec ses coquillages et son bâton.

Au loin, une grosse masse nuageuse avançait lentement dans leur direction à la place d’un ciel limpide quelques instants avant. Fyn renifla une légère flagrance de pluie et reporta ses yeux sur la femme.

-Je m’appelle Fyn au fait ! Je peux peut-être vous payer un verre pour vous remercier, vous en dites quoi ?

Post 2 : 627 mots !
Sam 3 Juin - 20:20
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Ashryn - Laethlion - III
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Vàsa toujours en retrait observait la foule se dispersée. Aerin avait gérée la situation comme elle le voulait, capricieuse quand il s’agissait de ce genre d’événements elle cherchait toujours un moyen de s’y mêler pour calmer les choses. A l’inverse Vàsa n’en avait que faire. Tout événements n’étaient que la somme d’une causalité. Les gens fuyaient toujours les causalités qu’ils provoquaient. Aerin observa la fille qui était maintenant à ses côtés. Pour une fois elle n’était pas obligée de fixer haut son regard, toutes les deux avaient à peu de choses près la même taille. Elle était mignonne et donnait l’impression de vouloir toujours être en mouvement. Les Nanthuns avaient cette façon bien à eux de se donner corps et vie. La Sigurd allait lui répondre, un enfant jaillissant de nulle part lui coupa l’herbe sous le pied. Aerin esquissa un sourire face aux faits que relatait le garnement. Alors que le garçon se gavait de pâtisserie et prenait la fuite un sifflement aigue le fit tourner la tête. Aerin suivit la direction du sifflement et remarqua Vàsa qui se rapprochait d’elles. Il jeta à la volée quelque chose aux reflets or que le garçon rattrapa tant bien que mal. Il écarquilla les yeux en voyant ce que c’était. « Ne rigole jamais des malheurs de ta mère mon garçon, maintenant va acheter de quoi préparer un bon repas. » Le garçon allait exploser de joie. Vàsa lui fit un clin d’œil. « Merci ! Merci ! J’y cours msieur ! » Une fois le garçon au loin, Aerin se tourna vers la Nanthun. « Je suis Aerin Sigurd. Et le grand costaud généreux là-bas c’est Vàsa. » Elle pointa du doigt Vàsa qui se rapprochait doucement. Lorsqu’il arriva au contact Aerin lui fit un regard suspicieux. « Alors comme ça tu offres bonne fortune ? Intéressant très cher. » La jeune femme le taquinait et il fallait connaître Vàsa pour savoir que ces occasions étaient relativement rares. Toutefois dès qu’il s’agissait d’enfant l’Ashryne y mettait toujours du cœur. « Ne dis pas de sottises. Je suis Vàsa Nibelun. » Aerin fit un sourire alors que Vàsa se présentait à la dénommée Fyn. « Elle s’est Fyn et elle nous paie à boire. Vu que tu jettes notre argent par les fenêtres j’imagine que tu es d’accords. » « Arrête avec ça tu veux. Nous y allons ? » Aerin et Vàsa se dirigèrent vers la bâtisse dont ils étaient sortis. Vàsa s’arrêta et observa pendant plusieurs secondes le ciel qui se couvrait au loin. Une tempête approchait. « Qu’est-ce qu’il y a ? » « Non rien. » Vàsa se détourna du paysage de la tempête et rejoignit les deux demoiselles qui l’attendaient. Dès qu’il fut à leur niveau, Aerin le scruta. « Tu as pensé à quelque chose non ? » « Rien de bien important, je t’assure. » Ils rentrèrent dans la bâtisse et s’installèrent à la table qu’ils avaient laissés. Invitant bien entendu la Nanthun à les rejoindre. Une fois installé à table les deux Ashrynes échangèrent un regard. Vàsa se leva tranquillement. « Je vais aller chercher nos boissons. Je suis désolé mais je crains que le choix soit rapidement fait. » L’établissement n’avait pas forcément un large choix de boissons. C’était soit un thé amer, soit un grog chaud ou encore le tort boyaux. Vàsa allait opter pour le thé. Cela se prêtait parfaitement à la situation. Il esquissa un léger signe de tête et se dirigea vers le comptoir afin de demander au tenancier de quoi faire. Attendant patiemment il guettait la Nanthun et l’Ashryne. Aerin curieuse comme à son habitude scrutait Fyn. « Qu’est-ce que vous faites dans ce coin relativement perdu ? Vous êtes de passage j’imagine. La question est peut-être directe à vrai dire. Vous n’êtes pas obligé de répondre. Je suis curieuse désolée. » En guise d’excuse elle se contenta d’hausser les épaules avec un petit sourire aux lèvres. Désireuse quand même d’avoir la réponse de Fyn.

667 Mots - Post III 




HAN !!!:
 

Ven 9 Juin - 22:19
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Nanthun - Domum - II
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-Hein ? Qui ça ?

Fyn laissa trainer son regard à la recherche du « grand costaud là-bas » sans voir que la personne en question s’approchait d’elle. Son nez se plissa quand elle le vit enfin devant elle.

-Ah c’est vous ! Je croyais… Enfin je m’imaginais autre chose, ha !

Elle laissa échapper un éclat de rire en le détaillant d’avantage. Grand, oui, costaud, elle n’aurait pas été jusque-là. En croisant son regard couleur herbe des prés, elle frissonna malgré elle. Quelque chose sur son visage la déstabilisa sans qu’elle puisse mettre le doigt dessus. Une sorte d’impression fugace de masque et de dérision qui se dissipa sitôt qu’elle se rappela qu’il avait malgré tout lancé une pièce au petit Tom juste avant. Elle fustigea son jugement trop hâtif pour se concentrer plutôt sur la discussion qui avait lieu entre lui et Aerin. C’était plus distrayant de les regarder s’échanger de petites piques en toute amitié. En se fiant à leur ton et la façon dont leurs corps se comportaient, Fyn comprit qu’ils devaient se connaître depuis un certain temps.

Dans l’auberge, l’odeur du poisson frit et des fruits de mer fit aussitôt réagir son estomac. Comme elle n’avait rien avalé depuis son petit sac d’amandes dans la matinée, il réclamait son dû à grand renfort de vrombissements sonores. En passant à côté du patron de l’auberge, un monsieur tout sec et recourbé comme un saule pleureur, elle lui adressa un sourire radieux avec un grand geste de la main. Il avait toujours l'air triste et dans sa bulle alors elle profitait de la moindre occasion pour lui arracher une réaction quelconque. Quand elle le vit lever les yeux et esquisser un sourire, elle se sentit toute légère. A leur table, elle soupira se massa la nuque en s’adressant à Vasa.

-Moi je vais prendre un grog avec un plateau de méduse à manger !

Ce n’était pas tant la méduse – qui lui donnait l’impression de mâcher une gélatine épaisse et sans goût – que l’accompagnement qui l’intéressait. Des petites rondelles de concombres avec une petite sauce blanche salée à la texture fondante et crémeuse. Rien qu’à l’idée de croquer dedans, elle en salivait d’avance. La question d’Aerin la tira de ce débordement mental.

-Ah non pas du tout, c’est pas grave. Moi aussi je suis une curieuse alors je comprends tout à fait.

Elle se cala plus confortablement sur son tabouret pour répondre.

-Donc oui, je suis juste de passage. J’ai une maison à Elyshyë mais je passe beaucoup de temps sur les routes parce que j’adore voyager. Et ce genre d’endroit est typiquement le genre que je préfère. Il s’y passe pas grand-chose mais les gens sont super gentils et il y a plein de trucs à apprendre sur eux et sur leur façon de vivre.

Elle tira de sa poche une grosse coquille nacrée attachée à un long fil de chanvre.

-Comme ça par exemple. On me l’a offert hier soir après ma prestation. Apparemment c’est pour toujours avoir la mer près du cœur. C’est trop bien !

Fyn déposa le coquillage sur la table et chercha à nouveau le regard du tenancier. Comme elle ne le trouvait pas, elle se dit qu’il était déjà en train de s’occuper de leur commande, alors elle reporta son attention sur Aerin.

-Et vous deux ? Vous êtes aussi en voyage ? J’espère que l’autre monsieur vous a pas trop fait peur parce que à part lui, les autres gens sont vraiment biens ici !

Post 3 : 583 mots !
Lun 12 Juin - 22:35
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Ashryn - Laethlion - III
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L’Ashryne eut un franc sourire face à la réponse de Fyn. Elle pétillait la vie et son énergie semblait bousculer l’espace autour d’elle. La Nanthun faisait penser à un feu follet avide de dévorer les découvertes du monde. Elle l’observa sortir un collier fait main, fil de chanvre qui tenait une grosse coque nacrée. C’était joli. Aerin n’était pas forcément fana des accessoires peu importe leurs provenances. Bien que sa famille soit la meilleure en orfèvrerie ça ne l’avait jamais attiré au grand dam de son père. « Si tu permets. » La rousse saisissant le coquillage prit la peine de le juger au toucher et au poids. Pour un être comme Fyn cela lui irait parfaitement bien. Reposant le coquillage sur la table elle jugea important de préciser une chose. « Si cela peut te rassurer, nous ne sommes pas du genre à juger. Chaque lieu à son propre fonctionnement si on ne s’y sent pas à l’aise ce que quelque part on le comprend pas. » Appuyant sa remarque d’un clin d’œil, elle tourna son regard vers le petit comptoir cherchant Vàsa des yeux. Elle fit volteface suite à la question de Fyn. « Eh bien euh… » Forcément elle avait posé la question et forcément elle allait devoir y répondre elle aussi. Vàsa arriva dans son dos et déposa un plateau avec la commande. Un petit plateau de fruit de mer siégeait à présent sur la table. « Nous sommes des Ashrynes qui rentrons chez nous. Nous avons rendu visite à une amie qui a une demeure non loin d’ici et maintenant nous allons rejoindre la Cité des Rescapés pour prendre le bateau jusqu’au continent Diapré. » C’était Vàsa qui avait répondu à la place d’Aerin. Malgré tout il veillait toujours, non pas qu’il ne faisait pas confiance à sa compagnonne, c’était simplement dans sa nature. Aerin haussa les épaules puis se mit à se dandiner sur son tabouret. Vàsa s’installa autour de la table et fixa Aerin du regard. « Demandes lui. » Aerin fit la moue. « Je peux toucher ta queue ? » Vàsa éclata d’un rire sonore. En réponse la rousse qui l’accompagnait lui fit les gros yeux. « Quoi ?! Je suis curieuse ! Contrairement à Monsieur je n’ai jamais rencontré de Nanthun et je suis… » Elle rougie s’apercevant que Fyn était juste là à côté d’eux. « Je suis désolée je me suis montrée peut-être un peu trop… » Aerin soupira en laissant sa phrase en suspens. Vàsa avait une mine souriante se moquant gentiment de la rousse qui l’accompagnait. Parfois elle était pleinement innocente faisant s’éclipser toutes les questions et les orages des temps à venir. En attendant la réponse de Fyn Aerin regardait le sol, légèrement honteuse. Vàsa gardait cette mine ironique sur les traits de son visage.

Soudainement la porte de la bâtisse s’ouvra à la volée. Un homme qui peinait à reprendre son souffle lança un avertissement. « Une grosse tempête approche ! Je n’ai jamais vu ça ! » Il y eut un flottement pendant quelques secondes avant que tout le monde se mettent à bouger. Ils sortirent des planches pour barricader la bâtisse et colmater les ouvertures. Vu l’expression de panique qui déformait le visage de l’annonceur cela devait être une sacrée tempête.

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HAN !!!:
 

Mer 14 Juin - 11:14
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