La caravane marchande - Quête - Solo

 :: Le Continent Sacrifié :: La Berge aux Méduses Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : Précédent  1, 2
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Ashryn - Laethlion - III
Parchemins : 149


Vàsa allait tout donner. Il n’aurait le droit qu’à une seule chance. Son esprit avait gagné en dimension en acceptant ce qu’il était et à présent il était prêt. L’air ambiant se chargea une nouvelle fois d’énergie ensorcelante. Tout en fermant les yeux et ouvrant les bras Vàsa acceptait enfin. Son potentiel émergeait et prenait de l’essor. L’énergie ensorcelante ne cessait de s’accumuler autour de l’Ashryne. Ses pieds décollèrent du sol doucement, son corps s’élevant dans les airs. Des crépitements d’énergie prit forme autour de lui produisant ce bruit caractéristique de déchirement. Son corps entama un repli sur soi-même alors qu’il prenait de la hauteur s’élevant encore un peu pour se positionner à environ un mètre du sol. L’intensité de l’énergie ensorcelante commençait à surcharger l’espace environnant la source qui produisait cet essor continu. La saturation fut telle que l’air se modifia pour donner vision sur l’énergie. Une brume opaque se forma autour du corps de Vàsa qui était à présent replié en boule. Un mouvement d’air se constitua autour de l’épicentre que composait l’Ashryne. De larges volutes se mirent à tournoyer. Les arches et bancs autour de l’esplanade s’agitèrent de tremblement réagissant à une force qui les appelaient.  Un des bancs se mit en mouvement et fusa vers l’énorme bulle brumeuse qui c’était constituée autour de Vàsa. Le bloc de pierre se mit à graviter autour, rapidement rejoint par d’autre éléments entourant l’esplanade. Le vent se mit à souffler plus fort, l’air étant irrémédiablement aspirer dans ce mouvement cinétique créé artificiellement. Gwenaline était horrifiée par la tournure que prenait les choses. La surcharge était assez importante pour gêner sa respiration. Ses cheveux voletaient et claquaient au gré du souffle produit par tout ce mouvement. Aerin était quant à elle abasourdie par ce spectacle d’une incroyable intensité. Vargas luttait à présent pour rester en placer attiré irrémédiablement par une force invisible. Des bancs, des piliers et arbustes qui ornementaient le lieu étaient maintenant en mouvement tout autour de lui.
 
Soudain ce fut le silence. Un silence incroyable. Plus aucun déplacement d’air ne pouvait se produire créant ainsi une absence totale de son. Malgré le déferlement qui se produisait l’espace était enfermé dans un état éphémère de quiétude totale. Un calme saisissant. Puis l’énergie explosa. Le déplacement d’air généra un souffle à l’ampleur colossale balayant les arches qui entouraient l’esplanade. Le marbre se veina de multiples fêlures et tous les objets en lévitation furent projetés à une vitesse incroyable. Un bruit assourdissant explosa tout autour. La partie de l’esplanade la plus proche de l’épicentre éclata sous l’impact de l’énergie accumulée. La déflagration fut d’une violence inouïe. Le calme mit plusieurs minutes avant de se faire. Et tout redevenu silencieux comme pour marquer la fin du déchainement. Gwenaline et Aerin s’étaient agenouillées et avaient placés leurs mains sur les oreilles afin de se préserver du bruit. Lorsque le calme fut pleinement revenu elles ouvrirent les yeux et la première chose qu’elles virent fut la silhouette de Vargas. Il semblait avoir fait bloc de son corps. Agissant comme un bouclier tout ce qui se trouvait derrière lui semblait intact et n’avait aucune égratignure. Leurs tempes bourdonnaient et un sifflement aigu continuait à se faire entendre. Aerin se releva prestement et le regretta amèrement, la tête lui tourna quelque peu. Gwenaline prit le temps de se relever avec grâce et fermeté et observa l’ampleur des dégâts. L’esplanade était complétement détruite. Toutes les arches et bancs qui juxtaposaient les blocs de marbre avaient disparu. La végétation contenue dans des grands bacs de pierre taillée étaient éparpilles un peu de partout. Plusieurs débris jonchaient maintenant la façade de son domaine. Le marbre était fissuré de partout et à certains endroits une partie des blocs avait tout simplement été arrachée. Une ruine. Elle n’en revenait pas, qui plus est, elle se demandait comment Vàsa avait pu briser ses ensorcellements de protection et comment Vargas avait réussi à tenir face à ce déferlement de puissance brute. Le pire se situait dans le fait que Vàsa n’avait fait que faire exploser son ensorcellement sans aucun contrôle et de la manière la plus brutale qui soit. Si à un moment il arrivait à maitriser parfaitement la chose il deviendrait sûrement un combattant terrifiant. Quoique. À la vue de la vision qui se dressait devant elle, Vàsa était déjà terrifiant. Aerin une fois son tournis arrêté se déplaça rapidement vers l’épicentre de la destruction. Elle enjamba plusieurs blocs de marbre et de pierre avant d’arriver là où elle voulait. Là où se trouvait Vàsa l’esplanade c’était affaissée de plusieurs centimètres créant un petit cratère au centre duquel l’homme qu’elle cherchait du regard reposait. Il était étendu à même le sol qui fumait encore. Elle s’approcha doucement et vu qu’il était inconscient. Son souffle était léger et régulier. Son visage détendu. Elle avait pensé aux premiers abords qu’il était inconscient néanmoins ce n’était pas le cas. Il dormait paisiblement. Un rire nerveux monta dans sa gorge et incapable de le retenir elle se mit à rire à gorge déployée. C’était de la pure folie. Le marbre autour de son corps endormi avait noirci et lui, il dormait là comme si de rien n’était. Son rire ne s’arrêtait pas. Elle ria tellement que des larmes perlèrent aux coins de ses yeux. Vargas et Gwenaline l’avaient rejoint pendant qu’elle tentait tant bien que mal de se calmer. Il lui fallut plusieurs secondes pour se calmer et pouvoir parler. « Il dort. » En un sens il avait laissé son empreinte. Gwenaline soupira à la remarque de son amie quant à Vargas il restait silencieux toutefois c’était devenu tellement habituelle que les deux femmes ne s’en souciaient plus. « Eh bien je suppose que votre œuvre est achevée Maitre Kaelan. » L’interpellé jeta un regard à la Lië’Jas et haussa les épaules. « Vous avez raison Dame Lymen quoiqu’il en soit sachez que je n’avais pas idée que cela se terminera comme ça. Et vous devez comprendre maintenant que même si je l’avais su je n’aurais pas pu l’empêcher. » Gwenaline prit un air faussement agacé. « J’ignore si vous serez accueilli de la même manière la prochaine fois que vous vous rendrez dans un de mes domaines. Il semble que vous ayez la fâcheuse tendance de causer des problèmes partout où vous allez Maitre Kaelan. » « Je joue mon rôle Dame Lymen, comme nous tous. »

Vàsa fut conduit dans sa chambre pendant qu’il dormait. Son transport jusqu’à la chambre ne le réveilla pas. L’Ashryne semblait dormir comme une buche toutefois après son coup d’éclat il était normal qu’il se retrouve dans cet état. Lors d’une utilisation intensive d’énergie ensorcelante le corps tombait souvent dans un sommeil extrêmement lourd pour amener une régénération de l’esprit et du corps. Vàsa aurait tout aussi bien pu être tuer pendant son sommeil qu’il ne s’en serait jamais rendu compte. Ça vous rendait inopérant le temps de la régénération spirituelle. Personne ne savait quand il allait se réveiller. Sachant que sa vie était hors de tout dangers ce n’était qu’un détail. Qu’il se repose, il l’avait tout de même mérité. Vargas, Aerin et Gwenaline se trouvaient maintenant dans un petit salon richement décoré et très cosy. Ils avaient dû traverser une partie du domaine pour trouver une salle indemne de l’échauffourée qui avait eu lieu sur l’esplanade. La plupart des dégâts c’étaient répercutés sur le versant Est. Gwenaline et Aerin c’étaient assise sur les larges fauteuils qui entourait une petite table en cristal aux gravures écliptiques. Le Maitre d’Arme avait préféré rester debout.« Maitre Kaelan de ce que j’ai compris tout à l’heure vous allez partir c’est exact ? » « Oui Demoiselle Sigurd, j’ai fait ce pourquoi j’étais venu. Je vais simplement avoir une dernière tâche à vous confier. Cependant avant de vous en faire part j’aimerais m’entretenir seul à seul avec Dame Lymen. Si vous voulez bien nous excuser. » Aerin haussa les sourcils de manière soucieuse. Etais ce en rapport avec les dégâts qu’avaient provoqué Vàsa ? C’était possible après tout, le chantier qui s’annonçait allait être assez important. Et les couts que cela allait nécessiter devaient se compter en centaine de pièce d’or. Quoiqu’il en soit, ce n’était pas ses affaires. Elle se leva salua Gwenaline et Vargas avant de sortir de la pièce et de refermer doucement derrière elle. Apercevant un petit banc d’appoint dans le couloir elle le rejoignit et fit le point sur la situation. Depuis qu’ils étaient partis, Vàsa et elle, il s’en était passé des choses. Ça ne faisait que quelques mois et elle avait déjà de nombreuses choses à raconter. Elle repensa à sa sœur et sa famille. Comment ça se passait là-bas ? Elle ne regrettait pas son choix d’être partie et n’avait aucun remords. Seulement la question du retour arriverait tôt ou tard et maintenant que Vargas les avait vus comment cela se passerait dorénavant ? Au final son questionnement l’emmena loin. Une sensation étrange l’habitait. Ne pouvant définir avec précision sa nature elle laissa courir et pensa qu’elle finirait bien pas se préciser.

Décompte : 1510 Mots.




HAN !!!:
 

Mar 23 Mai - 17:21
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Ashryn - Laethlion - III
Parchemins : 149


L’entretien de Gwenaline et de Vargas s’éternisant, Aerin avait perdu patience. Le soleil venait de se coucher et elle c’était rendue au chevet de Vàsa qui dormait toujours. Elle prit le soin d’observer ces traits avec attention. Jouant la voyeuse elle devait reconnaître qu’il avait un certain charme. Qu’est ce qui lui prenait ? La fatigue y étant certainement pour quelque chose elle secoua vivement la tête faisant danser sa tignasse rousse afin de chasser ces idées étranges. Les événements l’aillant relativement épuisée elle posa bientôt sa tête sur ses bras et s’endormit paisiblement. Sa nuit fut sans rêve et lorsqu’elle se réveilla elle mit quelques secondes à s’apercevoir que le lit était vide. Ou Vàsa avait-il pu bien aller ?  Malgré sa nuit de sommeil elle était bougonne ce matin-là. Errant dans les couloirs sans savoir où elle pourrait le retrouver elle se rendit dans le salon ou ils s’étaient réunis la veille. Poussant la porte elle tomba nez à nez avec Vàsa un plateau dans les bras. « Finalement je ne vais pas avoir besoin de te l’amener. » Gwenaline n’avait pas levée la tête du grimoire dans lequel elle semblait absorbée. Vargas était debout en appui contre le mur en face de la porte. Ne s’asseyait-il donc jamais ? Il la salua d’un simple hochement de tête ce qui la fit grogner. « J’apprécie ton attention mais la prochaine fois réveille moi quand tu te lèves et sinon commence par me dire bonjour. » « Mal dormie ? » « Non, simplement c’est le matin. » Les cheveux d’Aerin étaient en bataille et elle faisait la moue. Son visage n’avait aucune trace de fatigue. C’était simplement qu’elle n’était pas du matin. « Bonjour Princesse, je vous prie d’accepter mon humble petit déjeuner préparer non pas par mes mains maladroites mais par celle du Chef. Cela vous convient-il ? » Gwenaline étouffa un petit rire, Aerin jeta un regard noir à Vàsa et lui arracha le plateau des mains. Vargas fidèle à lui-même n’eut aucune réaction. 

Après qu’Aerin est engloutit son petit déjeuner elle avait retrouvé un peu de gaieté, Vargas se détacha du mur et s’approcha. « Demoiselle Sigurd, Vàsa j’aimerais vous confier une dernière tâche. Le Maitre Caravanier Silvio Delchime cherche à protéger sa caravane lors de son passage dans les environs. J’aimerais que vous l’escortiez. » Aerin tenta de dire quelque chose alors qu’elle avait un petit pain fourré dans la bouche. Vu que c’était complétement incompréhensible elle avala et se reprit. « Pourquoi ? » Vàsa appréciait qu’Aerin est posé la question sinon il l’aurait fait de lui-même. « Parce que je vous le demande. » Une réponse sans équivoque. Ce genre de réponses signalait que Vargas n’avait pas envie de répondre ce qui ne laissait aucune autre alternative que de faire ce qu’il demandait. Vàsa assit sur l’accoudoir du fauteuil ou était installé Aerin posa sa main sur l’épaule de son amie afin de faire taire sa nouvelle question. Inutile de poser des questions. « Nous partirons une fois que nous aurons finit de manger et réunit nos affaires. » Après avoir dévorée quelques pains fourrés de plus Aerin suivit Vàsa pour préparer leurs affaires. Vu leur maigre possession se fut vite fait. Une fois sur les marches qui menaient à la large entrée de domaine de Gwenaline, ce fut assez étrange. Aerin versa une larme et de vives étreintes s’échangèrent. Enfin Vargas et Vàsa se firent face, l’espace d’une seconde Aerin et Gwenaline crurent qu’ils n’échangeraient aucun mot. A leur grande surprise se fut Vargas qui prit les devants et tendue la main vers Vàsa tout en saisissant son épaule. « Mon garçon n’oublie jamais qui tu es. Il te reste encore beaucoup à apprendre mais pour le moment tu dois faire ton chemin. Nos routes vont se recroiser. Silvio aura certainement un message pour toi. A présent soit fort et trace ton chemin. » Vàsa ne répondit rien se contentant de saisir la main qui lui était tendue. Le silence dura quelques secondes et pendant ces précieuses secondes le Maitre d’Arme eut loisir de voir la réponse de Vàsa au travers de son regard émeraude brillant. Les deux hommes se séparèrent et Vàsa prit dans ses bras Gwenaline dans une douce accolade. « Je ne te remercierais jamais assez, un jour je te rendrais la pareille Gwen. Tu peux compter sur moi, je n’ai qu’une parole. » Elle lui rendit son étreinte avec un sourire triste sur les lèvres. « Je sais Vàsa. Je sais. Maintenant filez avant que je ne veuille plus vous laisser partir. » Les dernières embrassades faites, les deux Ashrynes reprirent leur route avec quelque chose en plus. Après quelques enjambées Aerin revint brusquement en arrière se dirigea vers Vargas et lui fit une bise sur la joue en lui soufflant un mot à l’oreille. « Merci. » Elle repartie aussi vite qu’elle était venue. « Il semble que vous ayez encore du charme Maitre Kaelan. » Un demi sourire se dessina sur le visage habituellement si figé de Vargas. Ce qui fit écarquiller les yeux de Gwenaline. Lorsque les silhouettes de Vàsa et Aerin eurent quitter l’horizon, Gwenaline et Vargas revinrent dans le salon qu’ils avaient quittés quelques minutes plus tôt. Cette fois-ci le Maitre d’Arme s’installa sur la banquette. « Deustan ne vous a jamais demander de faire revenir ces enfants. » « Vous êtes très perspicace Dame Lymen. Vous avez raison il m’a demandé de veiller sur eux, ce qui n’a pas été chose facile comme vous l’avez constaté. » Gwenaline toujours debout se plaça en face de Vargas afin de pouvoir mieux lui parler. Elle prit la peine de s’assoir sur son fauteuil favori dont la couture paraissait plus terne que les autres. « Ils sont jeunes et la jeunesse doit se faire néanmoins je compatis. » « Comme je vous l’ai dit hier soir Dame Lymen, la Maison Nibelun vous ai redevable et sachez que je veillerais à ce qu’elle honore sa dette. De plus sachez que les Artisans sont déjà en route et seront là demain. » La Lië’Jas devait accorder à Vargas qu’il avait été rapide et précautionneux et surtout elle savait que les paroles qu’ils avaient échangées valaient beaucoup. Le Maitre d’Arme de la Maison Nibelun n’était pas homme à avoir des dettes. Et qu’il soit redevable était quelque chose d’extrêmement précieux. « Vous êtes très prévenant avec moi Maitre Kaelan. Si je devais suivre mon intuition je viendrais à me dire que vous voulez encore me demander quelque chose. » Vargas n’eut aucune réaction et c’était une des choses qui agaçait le plus Gwenaline. Cet homme ne révélait rien. Son fonds de commerce était l’information et elle était experte dans son domaine. Ça ne l’empêchait pas de ne rien pouvoir faire de cet homme aussi fermé qu’une huitre. « Peut-être bien. La vérité c’est que cette demande est d’ordre plus personnelle qu’officielle. Je vais devoir rentrer au Tréfond, j’imagine que vous vous doutez déjà de ce que ça implique n’est-ce pas ? » « Vous avez besoin que je sois vos yeux et vos oreilles et que je garde un œil sur eux. Je peux le comprendre et sachez que c’est ce que je faisais déjà. Bizarrement j’ai l’impression que ça ne vous suffit pas. » Vargas n’eut pas la peine de répondre à sa question voilée. « Mon rôle est d’assurer la sécurité de Vàsa mais aussi de la Demoiselle Sigurd. Pour cela je dois savoir exactement ce qu’ils font et surtout je dois pouvoir me rendre auprès d’eux quand c’est nécessaire. » Gwenaline eut un mouvement de recul. Impossible. Elle venait de comprendre ce que lui demandait le Maitre d’Arme. Elle se leva brusquement et se déporta un peu pour se mettre à faire les cent pas. « Vous rendez vous compte de ce que vous me demander ? Je veux bien admettre que j’ai des compétences irremplaçables et surtout unique mais de là à mettre en place ce que vous me demander…Même parmi les meilleurs je crains que ce soit impossible. » « Vous êtes la meilleure Dame Lymen. Ne vous diminuez pas. » Stoppant son mouvement le temps de lui jeter un regard en biais, elle prenait la mesure du machiavélisme de cet homme. « J’ai besoin de votre réponse avant de partir. » Un ton clair et mesuré. Gwenaline reprit ses cent pas. « Je vais vous répondre franchement Maitre Kaelan je ne crois pas que ça été déjà tenter. Tout ça n’est qu’une théorie. Je peux essayer mais je n’ai aucune garantie quant à la réussite. » « Cela me suffit Dame Lymen. Combien de temps vous faut-il selon vos estimations ? » « Vous me demandez ça alors que je viens vous dire que c’était pratiquement impossible. Je ne sais pas. Au minimum deux mois complet pour effectuer ne serais ce qu’un premier test. » Vargas hocha la tête et se leva. Tout serait en place d’ici là. Gwenaline était compétente et ferait tout ce qu’elle pourrait pour accéder à sa requête cela lui suffisait amplement.

Décompte : 1515 Mots.




HAN !!!:
 

Mar 23 Mai - 21:40
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Ashryn - Laethlion - III
Parchemins : 149


A présent il devait rentrer et faire son rapport à Deustan. Le Maitre d’Arme avait appris à cacher ses émotions et à devenir aussi froid et insensible qu’une enclume. Ce n’était qu’une question d’apparence néamoins ça ne l’empêchait pas de ressentir des émotions. Vàsa était comme un fils à ses yeux tout autant qu’Aerin pourrait être sa nièce et tous deux s’en étaient bien sortis. Son cœur était rempli de fierté. Toutefois personne mise à part Deustan ne le saurait jamais. Il ne lui faudrait que deux ou trois jours maximums pour rentrer. Il était donc tant de se mettre en route. Vargas exigea que Gwendoline le tienne rigoureusement informé et ceci tous les jours. Elle n’avait pas eu besoin de confirmer le fait que peu importe comment on voyait les choses, il était client et Gwenaline Lymen honorait toujours ses contrats.

Aerin et Vàsa suivirent de nombreux escarpements et pointes dangereuses. Tous deux ne comprenaient pas comment Gwenaline avait pu construire et entretenir une propriété aussi immense sur les Berges. Cela dit dans l’immédiat leur problème était de retrouver le contact de Vargas. La carte que leur avait donné le Maitre d’Arme était sommaire et ne prenait que peu de détails en compte. Pourtant après avoir passé de nombreux escarpements ils débouchèrent dans une crique assez impressionnante. Non seulement elle dégageait une beauté à l’aspect intemporel mais plus encore elle était assez grande pour stationner un navire. D’ailleurs un navire trois mats était amarrer à un ponton de fortune qui semblait avoir été monté à la hâte. Vérifiant à nouveau la carte Vàsa semblait dire que c’était l’endroit qu’ils cherchaient. La descente fut assez édifiante, l’a pic de l’escarpement qui se présentait parfois devant eux les obligeaient à sautés sur des fines corniches à la limite de l’acceptable. Ils finirent tout de même par rejoindre le plus bas niveau de la crique. Le sable avait une allure resplendissante, le soleil éclairant les fines gouttes d’eau présentes dans celui-ci. Une colonne était déjà en formation sur la plage juste à côté du navire. Les bœufs de tractions s’impatientaient et les hommes s’activaient à charger les chariots qui avaient dues être déchargés et montés quelques heures plus tôt. Les dernières caisses semblaient sur le point d’être chargées. Les caravaniers les plus proches d’eux les désignèrent et semblaient tendus. Sans en tenir compte Vàsa s’avança dans la colonne, Aerin sur les talons. Un homme bedonnant les observa de loin une expression sévère sur le visage. Il sembla voir quelque chose et son expression changea pour devenir mielleuse. Dès lors il se mit à courir dans leur direction. Arrivant à leur niveau l’homme était plein de sueur et soufflait comme un buffle. Reprenant sa respiration tant bien que mal, il dut s’y reprendre à trois fois avant de pouvoir parler.  « Vous…Etes…De…La…Maison…Nibelun… » Vàsa le jugea du regard une seconde. Qu’est ce qui se passait au juste, pourquoi Vargas les avait ils envoyés ici ? « Je suis Vàsa Nibelun, Fils de Lisandra et de Deustan de la Maison Nibelun. Et voici Aerin Sigurd, Fille d’Eloënis et Kargath de la Maison Sigurd. » L’homme qui se tenait devant eux blêmit à l’énoncer de leur identité. Prenant un air particulièrement respectueux, il s’inclina dans une révérence maladroite et se releva doucement. « Veuillez me pardonner j’ignorais qui vous étiez. Maitre Kaelan ne m’avait pas donné de détails. Je suis honoré de vous recevoir au sein de ma caravane. Oh…Je ne me suis même pas présenté. Je suis Silvio Delchime, Maitre Caravanier et propriétaire de la Colonne d’Argent. » Ça devenait réellement étrange. Vàsa détestait ce genre de personnage dés plus nuisibles. Etant plus jeune il en avait vu défilé beaucoup devant le siège de son père. Tous cherchaient à s’attirer des faveurs qu’il n’aurait jamais. Malgré ça si Vargas avait fait cette requête c’était pour une bonne raison quel qu’elle soit. Aerin leva les yeux au ciel en écho à ses pensées. « Maitre Delchime, j’apprécie votre dévouement mais nous sommes ici pour assurer la sécurité de votre convoi. » Silvio tressaillit à l’énoncé de leur mission. « Pardon ? Que dites-vous ? Je…Oui eh bien…Dites-moi de quoi avez-vous besoin ? » « Il me faudrait deux de vos chevaux les plus rapides. » « Je vais immédiatement transmettre vos ordres. » Faisant une nouvelle révérence il tourna les talons. Aerin et Vàsa se jetèrent un regard lourd de sens. Après quelques pas, Silvia changea brutalement de cap et revint vers eux. « Pardonnez-moi Sir Nibelun, ça m’était complétement sortis de la tête. Je dois vous remettre une missive. » Il commença à fouiller de partout en bougonnant. Finalement il sortit un papier froissé et trempé de sueur de sa toge. Vàsa voulut grimacer, il n’en fit rien. Saisissant le papier du bout des doigts il fit un mouvement de tête pour congédié le messager. Après que Silvio se soit éloigné, Aerin éclata de rire. « Eh ben cette fois je suis vraiment surprise. » Vàsa grimaça de bon cœur. Il rangea le papier dans sa poche incapable de le lire sur le moment.

Le Maitre Caravanier pu fournir deux épalons brun aux Ashrynes. Les épalons bruns ne pouvaient pas transporter de lourdes charges par contre en termes de rapidité et d’endurance c’était les meilleurs chevaux possibles. Que ce Vàsa ou Aerin tous deux évitèrent un maximum de tomber sur Silvio. Juste avant de partir il fit une rapide mise au point. « Tu prends la tête Aerin. J’ai glaner quelques informations toutefois ça n’a rien donné de probant. De ce qu’on m’a dit c’est que le chemin est relativement sur et que tout devrait se passer sans heurt. Quoiqu’il en soit fait plusieurs rotations je vais prendre la tête, tu feras la rabatteuse. Au moindre souci utilises le Crie-au-Loin. » Aerin hocha la tête. Concentrée et sérieuse elle définit ses rotations. Cinq minutes par rotation. Tout devrait bien se passer. Alors qu’elle montait son cheval, Vàsa déjà sur le sien se mit à son niveau. « Sois prudente Aëlle. » Il effectua un claquement de langue et le cheval réagissant se mit à galoper pour rejoindre la tête du convoi. Un son de corne retentit et le convoi se mit en route.

Durant une heure rien ne se passa. Aerin effectuait ses rotations et revenait toujours avec le même message. Rien à signaler. Vàsa commençait à se questionner sur les motivations de Vargas. Que pouvait-il bien espérer de cette mission qui paraissait réellement sans aucun intérêt. Incapable de trouver la réponse, il cessa de réfléchir et scruta l’horizon avec concentration pour tenter d’y discerner quelque chose. Les paysages défilaient, la caravane avançait à un bon rythme. En créant la file du convoi Vàsa avait veillé à ce que Silvio se retrouve aussi loin que possible d’Aerin et de lui. La missive était restée dans sa poche il prendrait le temps de la lire plus tard. Perdu dans le fil de ses pensées il releva vivement la tête à l’entente du son de corne. Prenant la sienne il souffla trois fois marquant l’arrêt général du convoi. Que se passait il ? Poussant son cheval il fit claquer plusieurs fois sa langue. L’épalon prit de la vitesse, les chariots défilaient de plus en plus rapidement. Aerin fit la même chose en partant de la fin du convoi. Arrivant au niveau du centre de celui-ci ils virent que plusieurs hommes essayaient de prendre d’assaut l’un des chariots. Le problème étant que ce n’était pas des combattants. Vàsa et Aerin se regardèrent. L’Ashryne hurla « Touche pour neutraliser. » Aerin hocha la tête. Une fois pied à terre ils se rendirent compte que c’était une bande de pêcheurs qui tentait de faire du grabuge. Au nombre de sept armés avec de manière dérisoire ils tentaient de prendre la caravane d’assaut. Silvio arriva en courant et sans crier gare il se mit à gesticuler et hurler. « Tuer ces bandits ! Cette vermine ne mérite que la mort ! » « C’est vous la vermine qui volé sans scrupules. » Vàsa perdit patience devant le ridicule de la situation. « SILENCE ! » Son hurlement porta loin et tout le monde s’arrêta pour braquer leurs regards sur lui. « Quelqu’un peut-il m’expliquer ce qu’il se passe ? » Cette scène était irréelle. Les pêcheurs se regroupèrent sur le côté du convoi alors que plusieurs caravaniers s’approchaient pour se réunir derrière Silvio qui était en tête. L’un des pêcheurs, un vieux monsieur qui paraissait bien trop âgé pour ça s’avança vers Vàsa. « Ils nous ont volés ! Ils ont volé le précieux ! » « Calmez-vous et soyez plus clair. Venez en aux faits. » Le vieil homme se gratta la barbe et jeta un regard haineux à Silvio. « Ils ont fait escale dans notre petit village, il ne se situe pas loin. Nous avons commercé et puis ils se sont intéressés à notre idole. Ça peut paraitre bizarre mais c’est une vieille canne à pêche que nous possédons au village depuis sa fondation. Elle nous apporte des pêches de qualité. Et ces vermines nous l’ont volé avant de partir. Depuis nos poissons ont quittés nos rivages. » Silvio agitait ces mains nerveusement. « Ne l’écoutez pas Sir, cet homme est fou. Nous n’aurions jamais osé faire une telle chose. » Vàsa serra les mâchoires. En cet instant il maudissait Vargas de les avoir conduit à cette situation totalement risible. C’en était tellement ridicule. « Maitre Delchime je ne vous poserais qu’une seule fois la question. Soyez certains de me répondre le plus honnêtement possible. » Le regard émeraude de l’Ashryne était concentré uniquement sur le Maitre Caravanier qui d’un coup était fortement mal à l’aise, dansant d’un pied sur l’autre il baissait les yeux de manière honteuse. Il savait déjà la teneur de la question qu’allait poser Vàsa. « Avez-vous en votre possession cette canne pêche ? » Silvio laissa les secondes s’écouler sans répondre commençant à suer sous le soleil de plomb qui régnait. L’air marin n’arrangeait rien. « Répondez-moi. » « Oui Sir, nous la possédons. » Dépitée Silvio jeta un rictus haineux à l’égard du vieux pêcheur. Cela ne fit qu’attiser la propre haine de Vàsa qui commençait à vraiment perdre les dernières miettes de l’estime qu’il pouvait porter au Maitre Caravanier. « Apportez-la-moi. Tout de suite. » Son ordre avait claqué. Les caravaniers regardèrent tour à tour Silvio puis Vàsa. Finalement l’un d’eux se décida à aller chercher l’objet à l’origine de toute cette agitation. Arrivant plusieurs minutes après un paquet dans les mains qui ressemblait fortement à une canne à pêche, il le tendu à Vàsa qui se dépêcha de le saisir pour en défaire le voilage qui le tenait empaqueté. La canne à pêche étincela sous la lumière du soleil. Une vielle canne à pêche métallique dont le fil de pêche rongé par le temps pendouillait à moitié détruit. Tout en examinant l’objet il remarqua que quelque chose d’étrange irradia de la canne. Une énergie ensorcelante. C’était un objet enchanté. « Est-ce bien la canne qui vous a été subtilisé vieil homme ? » « Oui c’est exactement elle ! » Vàsa se tourna vers Silvio qui avait laisser tomber son masque de bienveillance pour n’avoir plus qu’une expression de mépris gravée sur le visage. « Avez-vous volé cet objet ? » « Que pouvait-il bien faire de cette relique ? Elle pourrait bien être utile à d’autres. Leur village est misérable, ils n’ont qu’à s’installer ailleurs. » La réponse que lui offrit Silvio était réellement méprisable. Gardant son contrôle Vàsa, tourna ses talons et alla rendre la canne à pêche à son propriétaire légitime. Le vieil homme en fut heureux et offrit un sourire franc à l’Ashryne. « Dites, quel est votre nom ? » « Je suis Vàsa de la Maison Nibelun. » « Je ne l’oublierais pas. » Les pêcheurs saluèrent l’honnêteté et la droiture de cet homme qui leur avait rendu leurs biens et ils repartirent rejoindre leur village. Silvio écumant de rage se contenu jusqu’à que Vàsa soit sur le point de monté à cheval. « Je connais ton père ! » La phrase claqua dans le vent. Aerin soupira. C’était la pire phrase que pouvait dire le Maitre Caravanier. Vàsa c’était figé. Doucement il se tourna pour faire face à son détracteur. « Vous osez invoquer mon Père en ces lieux ? Vous me faites pitié Silvio Delchime. Vous dites connaître mon père toutefois vous ignorez comment les lois s’appliquent au sein de notre Maison. Vous ignorez ce que nous sommes. Et vous vous permettez après ce que vous avez fait d’invoquer ma lignée ? Etes-vous fou ? » Tout en parlant Vàsa avait avancer en direction du Maitre Caravanier. Tout le monde était figé ne souhaitant pas attirer l’attention de l’Ashryne dont les yeux brillaient d’une résolution mortelle. Silvio s’aperçut rapidement de son erreur et commença à se recroqueviller sur lui-même. « Répondez moi Maitre Caravanier, savez ce que nous faisons à ceux qui volent notre Maison ? » Il était tout simplement incapable de répondre, devenu blanc comme un linge il redoutait la réponse qu’allait lui faire l’Ashryne. « Nous leurs coupons les mains. Devrions nous appliquer les lois de mon Père ? DITES-MOI ! » Silvio c’était liquéfié sur place, la couleur de son visage passant du blanc au vert. Il éleva les bras devant lui tout en réclamant la pitié. Vàsa serra les mâchoires et compta jusqu’à dix. Cet homme ne méritait même pas de subir les lois de son clan. Il observa le page personnel du Maitre Caravanier et le désigna. « Toi, apporte-moi la jonction de transfert. » A l’entente de ces mots Silvio écarquilla les yeux. La jonction de transfert était une clause particulière qui assurait la continuité du guidage en cas de mort du Maitre Caravanier. « Non… » « Moi, Vàsa Nibelun décrète le Maitre Caravanier comme mort aux yeux du Clan Nibelun. Que celui qui s’oppose à ma décision fasse valoir son droit et ce maintenant. » Seule le son produit par la brise marine se fit entendre. Désignant l’un des seconds du Maitre Caravanier il effectua le transfert. Personne ne le contesta et tout le monde était pour le moins abasourdi. Silvio Delchime était à présent un banni. Un paria. Il l’avait mérité de bien des manières et Vàsa avait la certitude que ce n’était pas ses propres hommes qui s’en plaindraient. La caravane pouvant repartir puisque l’incident était clos, Vàsa donna le signal du départ. Malgré les suppliques de Silvio, celui-ci fut abandonné sur place. Le reste du chemin se déroula sans incident et on parlait déjà de Vàsa Nibelun, l’homme qui avait défait un Maitre Caravanier voleur pour rendre à de pauvres gens leur bien le plus précieux. Arrivé à leur destination Vàsa régla les derniers détails du transfert et de la désignation. Après avoir quitté le convoi il se souvenu du mot qu’il avait gardé tout ce temps. Le retirant de sa poche il le déplia et le lut. Aerin curieuse tendue la main pour le lire à son tour. Il n’y avait qu’une phrase griffonnée à la hâte. Défais le Maitre Caravanier Silvio Delchime. La note était signée Vargas Kaelan.

Décompte : 2533 Mots. 




HAN !!!:
 

Mer 24 Mai - 0:49
Revenir en haut Aller en bas
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Langzyliah :: Le Continent Sacrifié :: La Berge aux Méduses-
Sauter vers: