La caravane marchande - Quête - Solo

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Ashryn - Laethlion - III
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Son corps en appui sur l'oreiller moelleux, Vàsa mesurait la situation d'un air pensif. La lumière du soleil levant se déversait dans sa chambre au travers des grandes arches vitrées éclairant la pièce de la lueur matinale. Ils l'avaient échappé belle. Son joker avait marché. Quant au prix à payer eh bien...Celui-ci était bien plus extrême qu'il l'aurait cru. Le transfert tenté dans les circonstances qui avaient été les leurs avait amenées une réalisation de l'ensorcellement qui c'était répercutée sur tout son corps. D'un point de vue concret son ossature et quelques-uns de ces organes n'avaient pas résistés. Multiples fractures, perforation du poumon droit, muscle de la cuisse atrophiée...La liste se voulait longue. Connaissant les risques il n'avait pas vraiment eu le choix. Aerin n'avait pas subi de séquelles à première vue, Vàsa avait dû subir pour deux. Ce qui la faisait se sentir coupable même si elle ne pouvait pas connaître le secret des arcanes de cet ensorcellement particulier. Le transfert de masse dans l'espace n'était pas vraiment aisé et Vàsa l'avait réalisé dans les pires circonstances imaginables. Sans préparation, sans visibilité et avec quelqu'un. Si on se basait sur la technique cela donnait quelque chose de forcément désastreux. La masse avait été distendue et compressée face à la non maitrise et face au manque de puissance de l'Ashryne. Ce n'était pas une question de travail ou de mise en œuvre de l'ensorcellement. C'était une simple question de puissance et de maîtrise. Son manque était flagrant et cela avait failli lui couter la vie. Lorsqu'on propulse une masse via un transfert pour que celle-ci retrouve son intégrité de manière impeccable il faut dans un premier temps maitriser le point de compression et dans une deuxième temps le point d'expansion. Dans l'idée c'est un peu comme si vous réduisiez au maximum la densité et la taille d'un objet ou d'une matière vivante pour les faire se déplacer de manière quasi-instantané d'un point A à un point B et leur faire retrouver leur forme d'origine. Lorsque ces procédés n'étaient pas respectés cela donnait le résultat présent sur ce lit.
 
Deux semaines. La première semaine était passée alors que Vàsa se régénérait sous la supervision de Gwenaline. Cela avait durer jusqu'à empiéter sur une bonne partie de la deuxième semaine avant qu'il ne se réveille enfin. Le réveil avait été douloureux et difficile. Son corps avait subi un tel traumatisme que de la rééducation serait nécessaire. Gwenaline lui avait expliquer qu'il avait une chance inouïe car aucune des blessures qui lui avaient été infligées laisseraient des séquelles. Le fait du sang qui coulait dans ses veines n'y était pas non plus pour rien. Les Ashrynes avec des facultés de régénération hors normes ce qui leur permettaient parfois de damné le pion à la mort. Ça n'empêchait pas pour autant que le corps subisse ce qu'il devait subir. Les jours qui suivirent son réveil fut étrange, son corps continuait à se régénérer et plusieurs fois dans la journée Gwenaline lui servait des décoctions à base de plantes au gout immonde en plus de ces repas mixés eux aussi aux herbes dont les priorités étaient plus que douteuses. Le choix n'était guère à sa portée cela dit. Il devait assumer son erreur et même s’il ne le montrait pas il se détestait. Son impuissance et son manque de force avait mise en danger Aerin. Il c'était montré stupide et imprudent. Sa soif de découverte et d'aventure allaient peut-être avoir raison de lui. Son mental le fit aller dans une tourmente de remise en question. Incapable pour le moment de bouger de son lit, il se contentait de regarder au travers de la fenêtre, le regard perdu dans le vide. Durant sa phase de coma il avait en tout temps sentit Aerin près de lui et cette sensation lui était apparu comme un songe délicat et illusoire. Pensant que ce n'était qu'une chimère à son réveil il avait eu sa réponse en la voyant courbée, la tête reposant sur le lit au niveau de son torse. Elle avait alors levé la tête confrontée au mouvement léger de Vàsa et avait souri. Un sourire indescriptible. Outre le sourire sa tête faisait peur, les larmes avaient creusées de nombreux sillons visibles sur ses joues, les yeux rougis de fatigue et les traits à l'allure cadavériques la faisait passer pour quelqu'un d'autre. Pourtant ce sourire éclaira son visage et son regard se fit aussi intense que perçant. Elle avait alors saisi la main de son compagnon et avait chuchotée. « Chut. Ne dis rien. Je vais chercher Gwenaline. » Elle n'avait pas bougé tout de suite après ses mots savourant l'instant. Après quelques longues minutes silencieuses elle avait fini par se lever à contre cœur pour aller chercher celle qu'elle avait citée. Une fois Gwenaline arrivée au chevet de Vàsa, Aerin c'était mis dans un coin de la pièce et c'était assoupie presque instantanément. La Lië'Jas qui était amie avec Vàsa ne l'avait pas réprimandée elle lui avait fait simplement état de la situation. « Tu as de la chance Vàsa, ton corps va se remettre. Je ne te ferais pas état de comment tu te trouves puisque tu dois le sentir. Dis-toi seulement qu'il te faudra au minimum deux semaines encore pour être complétement rétablis, viendra ensuite la rééducation. Te connaissant je sais que tu vas t'affliger, mais ça ne sert à rien. Tu as fait ce que tu jugeais nécessaire et vous vous en êtes sortis. » Malgré ces paroles murement réfléchies, ça ne l'aidait pas à se sentir mieux de quelques manières que ce soit. Après un examen minutieux du corps de l'Ashryne, Gwenaline avait jugé que ça devrait aller. Comme s’il avait le choix. Elle était à présent assise à côté de son lit le fixant avec un sourire bienveillant. « Elle ne t'a pas quitté une seule seconde et a très peu dormit durant ton voyage intérieur. Tu vas devoir la remercier. » Détournant la tête Vàsa éprouvait ces mots alors que son esprit tentait péniblement d'analyser la situation. « Je sais que tu te poses mille et une question mais ce n'est pas encore le moment, tu viens à peine de te réveiller et tout viendra en temps et en heure. Pour le moment reposes toi. » Le fait d'ignorer ou il était et ce qu'il c'était passer le tourmentait pourtant comme l'avait fait remarquer son amie, ce n'était pas le moment. De toute évidence et à première vue Aerin avait fait ce qu'il fallait. Dans l'immédiat ce qui l'agitait était plus de savoir comment Vargas avait pu les retrouver si facilement. Et plus profondément il se sentait désœuvré face à sa propre faiblesse. Peut-être c'était-il montré trop arrogant et avait pris la décision de quitter les Tréfonds à la hâte. Il n'aimait guère le sentiment d'impuissance c'était quelque chose qui le rongeait. Non pas parce qu'il trouvait les gens faibles horrifiant plutôt parce qu'il maudissait sa propre faiblesse. Devenir fort demandait des efforts et une discipline à toute épreuve. S’il désirait être à l'abri de la traque et avoir le pouvoir de protéger ce qui était sien alors il devait devenir fort. Sa quête de force n'était pas dans une optique de pouvoir mais plutôt comme l'expression d'un besoin de préservation. Son désir se situait dans le besoin d'avoir de quoi mettre à l'abri les siens et sa personne. Au fil de sa réflexion ses pensées se tournèrent vers son père. Était-il devenu l'homme qu'il était dans le même esprit ? Peut-être bien que oui et pour la première fois il tenta de comprendre la froideur et la rudesse que pouvait exprimer l'homme qu'était son père. De quoi étions-nous capables pour protéger nos acquis et les défendre contre tous types de menaces ? Vivre au gré des choses était une philosophie mais pour Vàsa c'était un devoir de pouvoir forger les choses qui traversaient l'existence. Son éducation semblait déteindre finalement. Ses pensées se tournèrent vers son frère. Il se demanda si son frère savait et si c'était le cas comment avait pu réagit. Sa pensée était tiraillée entre deux extrêmes il aurait voulu parler à son frère savoir ce qu'il penserait de ses réflexions, d'un autre coté il ne voulait pas l'inquiéter. Finalement il ferma les yeux laissant ses pensées s'enrouler dans son esprit et s'endormit.

Les jours qui suivirent ne furent qu’une succession d’examen pratiqué par Gwenaline, des réveils le laissant un sentiment d’inconnu et de douleurs vivaces qui ne cessaient de signaler leurs présences. Pendant ces longues journées Vàsa se questionna sur son existence et le sens qu’il voulait donner à sa vie. Un jour Aerin aperçut un maigre sourire dessiné sur le visage de Vàsa, elle cligna des yeux pour être certaine de ce qu’elle voyait et s’approchant elle remarqua qu’il était perdu dans ses pensées. La question fusa incapable de la retenir. « Pourquoi tu souris ? » Durant quelques secondes l’interpellé resta figé avant de s’ébrouer et se tourner vers celle qui venait de le questionner. Ça pouvait être étrange de le voir sourire dans ces circonstances. Pourtant ce qui l’agitait en termes d’émotions et de sensations le faisait sourire. « La douleur que je ressens me donne la rage Aerin, au fond de moi j’ai une rage folle qui gronde. Une rage qui va devoir s’exprimer tôt ou tard. » L’Ashryne penchée sur le lit eut un frisson. Vàsa en colère…Elle n’osait pas l’imaginer.


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Dim 21 Mai - 16:11
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Ashryn - Laethlion - III
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Deux semaines plus tôt…

Je me sentie d’un coup écartelée et à la fois compressée. Cela me donna une sensation de nausée qui me saisissait les tripes et me donna envie de vomir. Durant un quart de seconde le paysage se brouilla et nous étions ailleurs. Je sentie immédiatement Vàsa relâcher sa prise et je roulai sur le sol. Que se passait il ? Je jetai un regard derrière moi pour voir si Vargas était toujours sur nos talons. Je fus stupéfaite de voir que le paysage chaotique avait changer pour devenir une ruelle difficilement éclairée par la lumière du soleil. Nous étions entre deux bâtiments assez hauts pour plonger la majeure partie de la ruelle dans l’ombre. J’étais perdue et hébétée. Vàsa nous avaient encore sortis d’une impasse. Tout en le cherchant du regard je pris conscience de la douleur dans mon bras. Et ça faisait terriblement mal. Les dents serrées je pris le temps de m’habituer à la pénombre et trouva enfin ce que je cherchais. Son corps était inerte, étendu au milieu de cette allée sombre. Mon cœur manqua un battement et l’espace du seconde je l’observa. De toute évidence il allait se relever là, maintenant. M’afficher son sourire mystérieux et me dire qu’on s’en était encore tiré, je lui dirais merci et il me dirait ce que nous devrions faire. Après quelques secondes qui semblèrent interminables, son corps n’avait toujours pas bougé. Je jurai et me releva non sans étouffé un cri de douleur. Mon bras ne me répondait plus normalement et la douleur était réellement atroce. Peu importait, je devais vérifier si Vàsa allait bien. En quelques enjambées je rejoignis son corps et fut stoppée nette. Déglutissant je plissai les yeux pour tenter de comprendre ce que je voyais. Je le savais, oui je le savais mais mon cerveau refusait d’assembler les pièces du puzzle. Mes genoux touchèrent le sol sans que je m’en rende compte et mon cœur se mit à battre la chamade. Non. Non pas ça. Je me mordis la lèvre inférieure aussi fort que je le pus pour ne pas hurler. Peut-être que je ne voyais pas bien. Seulement je voyais très bien. Vàsa était blême. De fines lignes de sang coulaient de ses oreilles et de son nez. Ses yeux étaient clos et sa bouche était ouverte dans un rictus qui déformait son beau visage. Sa cage thoracique semblait affaissée sur elle-même lui faisant perdre plusieurs tours de taille. Son bras droit était désarticulé et reposait à côté de lui jurant avec le reste de son corps. Alors que mon cerveau assemblait enfin les pièces du puzzle je vomis. Le flux de bile éjecté me brula la gorge et me laissa livide. Il fallait que je fasse quelque chose. Je devais réfléchir et trouver une solution. Tout de suite, maintenant. Sans que je m’en rende compte les larmes coulèrent sur mes joues. Un sentiment de panique commençait déjà à enfler au creux de mon être. Je devais déterminer s’il était encore là ou…Seulement la peur me tétanisait. S’il s’avérait qu’il était…Qu’allais-je faire ? J’étais en état de choc je le savais et je commençais à paniquer. Cela me vrillait l’estomac et je faillis vomir de nouveau. J’hoqueta plusieurs fois et ravala ma bile. Je devais savoir. Je pris son pouls et une vague de soulagement me submergea alors que je le sentais battre sur le pointe de mes doigts. Maintenant je devais trouver de l’aide. Je ne pouvais dire ce qui m’agitait. Ce que je ressentais me paraissaient si lointain que tout était sans saveur ni couleur. Fade. Prenant mon courage à deux mains je saisis le tissu au niveau de ses épaules et commença à tirer. La douleur de mon bras me fit serrer les dents au point d’en faire craquer les jointures de ma mâchoire. Après cinq tractions je sentis quelque chose cédé dans mon bras et j’hurla. La douleur m’avait poignardée de manière si forte que la tête me tournait. Je ne pouvais lâcher prise. Cela m’était impossible. J’usa de mon bras valide et me contorsionna comme je pu pour nous tirer hors de l’ombre. Tout en tirant Vàsa je perdit la notion du temps. La douleur continuait à pulser dans mon bras et ça ne m’aidait pas surtout que Vàsa inerte pesait son poids. Je ne savais pas si cela faisait des minutes ou des heures que je tirais le corps inconscient de Vàsa mais lorsque les rayons du soleil couchant me chatouillèrent enfin la peau je m’effondrai sur le sol. Après plusieurs goulées d’airs j’observa les alentours. Mon espoir se brisa alors que je prenais conscience que la rue sur laquelle débouchait l’allée était déserte. Toute la ville devait être occupée avec la catastrophe. La crise de nerfs explosa laissant fusée toute ces émotions contenues et je me mis à hurler. Vàsa allait mourir et si je m’en tirais je ne saurais dire comment j’allais vivre. J’hurla autant que je pus priant que quelqu’un m’entende. Le manque d’eau m’avait asséché la bouche et ma langue était devenue pâteuse. Ma gorge me brulait sous l’effet de mes hurlements répétés. Mon corps était au bord du gouffre et je continuais à le pousser. La douleur irradiait maintenant de partout. L’impression d’être une simple boule de douleur me rendait folle malgré tout je n’abandonnais pas. Quelqu’un devait m’entendre, on allait s’en sortir. Oui on allait s’en sortir.
Je n’étais plus capable de bouger et mes cris c’étaient transformés en chuchotement je luttais pour rester éveillée.  Le temps n’était plus qu’une notion étrangère ne me rendant plus compte de grand-chose. Nous allions mourir là, l’un à côté de l’autre et je commençais à l’accepter. Ce n’était plus qu’une question de temps. La douleur avait disparue pour ne laisser qu’une absence de sensation. Je ne priais plus et sans que je m’en aperçoive j’avais cessé d’émettre le moindre son. Je ne faisais plus qu’une chose au final je luttais pour avoir les yeux ouverts.

Je n’avais plus qu’une envie dormir. Il fallait que je dorme. Mes paupières étaient si lourdes. Mes yeux se fermèrent doucement. Je rouvris les yeux brutalement sans savoir combien de temps c’était écoulé. Vàsa devait être déjà mort et je l’avais laissé mourir. Tout était de ma faute. Moi aussi je méritais mon sort. Je ne voulais plus lutter. J’allais m’endormir au milieu d’un endroit que je ne connaissais pas ayant abandonnée la seule personne qui aurait mériter qu’on se batte pour elle. Cette fois je ferma les yeux. Et je me laissai aller. Oubliant le monde, oubliant ce que j’étais, qui j’étais. Me souvenant simplement de ce sourire énigmatique qui flottait dans les limbes de mon esprit.

Je flottais et je me sentais bien. C’était étrange. Un son lointain me parvenu mais je ne l’entendais pas vraiment. Ce son étrange était accompagné de sensations tout aussi lointaines. Soudainement je me sentis en feu. Un feu vivace qui me brulait de l’intérieur et puis il me consuma. Je me sentis brulée vive et tiraillée de partout.

Mes yeux s’ouvrirent brutalement et je vomis. J’étais si mal. J’avais si mal. Mes oreilles bourdonnaient et ma vision était tachetée de point blanc et noir. Ma tête semblait s’être trouvée entre un marteau et une enclume. J’entendais des voix et sentait des mouvements d’air autour de moi. Bientôt mon corps fut soulevé ce qui augmenta la douleur que je percevais pour la rendre indescriptible ce qui me propulsa dans l’inconscience.

Je me réveillai de nouveau. La douleur était passée d’insupportable à supportable. Elle n’avait pas disparue pour autant semblant ne plus vouloir me quitter. Je pris plusieurs minutes à réunir les flambeaux de ma conscience et découvrit que le paysage avait encore une fois changé. Devenais-je folle ? Complétement hébétée je me pinçai pour savoir si tout cela était réel. Vu la douleur ressentie le doute n’était pas vraiment permit. Je me trouvai dans une chambre à peine éclairée par la lueur des chandelles disposées çà et là dans la pièce. Je dû m’y reprendre à trois fois avant de sortir du lit et de tenir sur mes jambes. La pièce tournait mais après un moment de flottement les tournoiements se stoppèrent. Quelqu’un m’avait administré des soins. Je remarquai mon bras en écharpe. Je devais être encore amochée mais je n’en avais que peu de choses à fichtre. Je mis plusieurs minutes pour sortir de la pièce. Elle débouchait dans un grand couloir qui paraissait interminable. Un son déchirant brisa le silence, un hurlement qui m’horrifia au plus haut point. Vàsa. Prenant appui sur le mur je me hâtai de rejoindre la source du cri. Plus je m’approchais plus les hurlements se faisait entendre. Ils étaient si…Plus je les entendais et plus je pleurais. Je ne sais pas vraiment ce qui se passait. Les larmes coulaient sur mes joues sans pouvoir s’arrêter ça ne m’empêchait pas d’avancer un pas après l’autre. Guidée par ce son horrible je me figeai devant une porte aux lourds battants. J’étais si proche que les cris se répercutaient en moi et agissaient comme de multiples bouts de verre qui me déchiquetaient l’âme.  Car je savais d’où provenait ces cris. Je savais qui les poussait. Ils explosaient dans l’espace tout autour de moi comme un son accusateur. Tétanisée par la peur je fixais la poignée de la lourde porte sans pouvoir en approcher ma main. Les cris ne s’arrêtaient pas était produit par cet homme que j’avais laissé. Que j’avais abandonné. Celui qui criait était Vàsa !


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Dim 21 Mai - 18:18
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Ashryn - Laethlion - III
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Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit. Les hurlements avaient duré jusqu’aux lueurs de l’aube et je n’avais jamais pu pousser cette porte. J’étais brisée.  La peur m’avait tenu en échec et après de nombreuses tentatives infructueuses je m’étais résignée. Recroquevillée contre le mur froid je fixais cette porte d’un regard vide. Cette image resterait gravée dans ma mémoire comme une supplique silencieuse que je porterais. Une cicatrice d’un vécu. La soif et la faim me tiraillaient. Incapable de bouger je m’étais contentée de rester là. A force je me mis à croire que tout cela n’était qu’un rêve, une illusion et que je finirais par me réveiller. Seulement je restais ici. Coincée dans les méandres de ce cauchemar. Je me rendais compte de ma faiblesse et de mes limites. Je l’avais abandonné. Et cette affirmation résonnait en moi encore et encore tel un flot incessant. Les lueurs légères de l’aube faisaient danser les ombres du couloir et donnait à cette porte une allure plus cauchemardesque encore. Je ne détournai pas les yeux. Continuant de la fixer sans sourciller. J’étais vide et ne vibrais plus d’aucune émotion ou substance. Il arrive parfois que votre esprit perde pieds face à des situations dont vous ne pouvait tolérer le poids et la dimension. Beaucoup disent que ça ne leur arrive jamais mais, cela vient parfois sans crier gare et ça vous brise. J’étais là sans l’être, ne pouvant ni dormir ni bouger. Je n’étais plus qu’une coquille vide.

 
Lorsque la porte s’ouvrant un frisson me parcourut l’échine. Gwenaline posa son regard sur moi et secoua piteusement la tête. Je ne compris pas forcément ce qu’elle dit incapable de bien des choses. Elle m’aida à me relever et je la suivis docilement. Elle paraissait lasse et avide de sommeil. Elle me soutenu jusqu’à la chambre dans laquelle je m’étais réveillée et m’installa sur le lit. S’asseyant sur le banc de la coiffeuse elle se prit la tête entre les mains et soupira péniblement. Relevant la tête sa mine contrite me toucha mais j’étais déjà prête à accueillir la nouvelle. « Ma chérie je sais que tu n’es pas en état que je te dise ce que j’ai à te dire. Pourtant, tu vas devoir m’écouter. » Je ne bronchai pas je le savais déjà. « Dans un premier temps saches que Vàsa va s’en tirer. » Les mots qu’elles venaient de prononcer mirent du temps à m’atteindre. J’hoquetai péniblement. Que venait-elle de dire ? « Aerin ? Ma chérie tu m’écoutes ? » Décidément je ne comprenais pas. Mon âme comme agitée par un soubresaut se mit à espérer. Mes deux mains se posèrent sur le lit pour me maintenir droite et malgré moi je sentis une nouvelle fois les larmes coulées sur ma joue. Il était vivant, il vivait. Un brin d’espoir renaissant ravivant les dernières cendres de mon âme en lambeaux. Je sursautai en sentant la main de Gwenaline se poser sur mon bras. Je ne l’avais pas vu se rapprocher. « Aerin, il faut que tu m’écoutes, tu entends ? » Je ne peux que hocher la tête en guise de réponse tout en la fixant au travers de ma vision embrouillée par mes larmes. Ne lâchant pas mon bras elle s’assit à mes coté sur le lit. Elle souffla légèrement avant de reprendre sur un ton doux ses explications. « Aerin, Vàsa a subi un véritable traumatisme. J’ai pu le sauver mais sa guérison complète va demander beaucoup de temps.  Le fait est que nous avons mis prés de cinq heures à vous retrouver. Lorsque j’ai appris que Vargas était sur place j’ai tenté de vous rejoindre le plus rapidement possible. Tu dois me croire ma chérie, j’ai fais le maximum. Vàsa a effectué un transfert. » Voyant mon expression surprise Gwenaline du s’apercevoir que je ne savais pas de quoi elle parlait. « Pour faire simple un transfert est un ensorcellement qui permet le déplacement de masse dans l’espace. Seulement il y a beaucoup de restrictions ce qu’à tenter Vàsa était courageux. Ta masse ajoutée à la sienne n’était pas gérable pour lui surtout sur la distance qu’il a voulue parcourir avec son transfert. » Semblant me laisser quelques secondes bienvenue pour comprendre ce qu’elle décrivait je ne voyais toujours pas ou elle voulait en venir. « J’ignore comment il a fait mais il a réussi à faire en sorte que la charge le touche lui et t’épargne un maximum. Dans ton cas tu as simplement eu une partie de l’ossature de ton bras fragilisée par des micros fractures. Il semble que tu es du forcer sur quelque chose ce qui a fini par briser ton os en trois parties. Ma servante t’a soignée au maximum de ses capacités mais ton bras va mettre quelques jours pour se ressouder complètement. Concernant Vàsa c’est plus complexe le fait de la charge qu’il a dû subir a réellement affecté son corps. » Tout d’un coup elle semblait vraiment exténuée, sa voix enrouée et cassée appuyait plus encore cette sensation de fatigue extrême qui semblait lui peser sur le corps et l’esprit. « Son poumon droit a été perforé parce qu’une partie de sa cage thoracique c’est fracturé. Sa jambe gauche a été touchée du talon jusqu’au genou. Son bras droit a été brisé sur plusieurs niveaux de l’avant-bras jusqu’à l’épaule. Une partie de sa mâchoire a été fracturée. Et il a perdu beaucoup de sang. Ce qui l’a sauvé est le fait que ni son crâne ni son cœur furent touchés. Nous aurions pu le remettre en état directement si son processus de guérison rapide lié à votre peuple n’était pas entré en action. Les dégâts étaient trop importants et son corps a gérer comme il le pouvait. » Je sentais que le pire restait à venir, il était tiré d’affaire mais comment allait-il en ressortir physiquement. Gwenaline venait de marquer une pause et son expression se fit plus grave encore. Je me préparai sans savoir réellement à quoi m’attendre. « Plusieurs fragments d’os avaient commencés à cicatriser avec les muscles ou la peau. La côte qui avait perforée le poumon avait entrepris un processus de fusion avec le tissu pulmonaire. » Au fil de son explication je commençais à comprendre malgré moi. Les processus de régénération rapide accentué par les potions et autres éléments médicinales qu’avait dû utiliser Gwenaline avait produit un tableau chaotique. « Avant de commencer à le soigner vraiment nous avons été obligés de lui remettre les os en place et ramener son corps dans son intégrité maximale pour que le processus de guérison s’opère correctement. » J’avais placé ma main devant la bouge instinctivement. Je comprenais tous ces hurlements et ses plaintes. Vàsa avait dû souffrir le martyr. Tout avait un coup finalement. Tout se payait d’une manière ou d’une autre. J’imaginais que l’idée d’avoir un pouvoir important amenait des sacrifices tout aussi importants. Il avait décidé encore une fois de prendre le poids du monde sur ses épaules. Désirant épargné les autres il ne semblait guère se soucier des conséquences pour lui. Aussi loin qu’elle se souvienne il ne disait rien mais agissait dans le secret tentant toujours de changer les choses pour rendre le quotidien de ces proches meilleurs. Personne ne disait rien et il ne l’évoquait jamais mais tout le monde le savait. Pourquoi agissait tout le temps comme ça bon sang ! « Aerin, ma chérie, tu dois comprendre que le traumatisme engendré par tout ça à plonger son esprit dans un coma profond et personne ne peut dire s’il se réveillera ou non. Nous allons devoir attendre. Je dois te prévenir aussi que j’ai envoyé une missive à Velagan. Peu importe ce que vous en pensez mais sa famille a le droit de savoir. Je ne sais pas ce qu’il fera des éléments que je lui aie transmis. Nous devons lui faire confiance. Maintenant il va falloir que tu te reposes. Si tu veux aller le voir cela dit il est dans la chambre d’à côté. » Que sa famille soit prévenue ou non n’avait plus grande importance. Ça ne me touchait plus vraiment. Qu’aurions-nous pu faire ? Vàsa était dans le coma. D’un point de vue concret j’ignorais ce que cela voulait dire mais j’osais espérer que ce n’est pas si important. Il allait se réveiller j’en étais certaine. Je ne pouvais pas dire pourquoi cette certitude m’habitait. Je le savais simplement, il ne laisserait pas son histoire se terminer comme ça. Je me levai et Gwenaline fit de même. Elle avait dû comprendre le besoin que j’avais de le voir. Nous étions sortis de la chambre et je faisais face encore une fois à une porte. Je ne pris pas la peine de réfléchir tel un automate j’ouvris la porte et le vu. Allongé l’air paisible sur son lit. Au fond de moi je sentis la digue lâchée. Mes émotions me submergèrent. Je m’approchai en deux enjambées et me laissa tomber contre son lit. Je me mis à pleurer encore et encore. Epuisant les larmes de mon corps. Prenant sa main dans la mienne, je sentis la froideur qu’il dégageait. Il était là quelque part et il fallait qu’il revienne. « Reviens moi vite Vanille, j’ai besoin de toi. » J’avais chuchotée au creux de son oreille des larmes silencieuses coulant sur mes joues. J’ignorais s’il m’avait entendu seulement cette fois je ne l’abandonnerais plus. Plus jamais.


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Lun 22 Mai - 9:35
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Ashryn - Laethlion - III
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« Ce qui peut amener la réalisation du destin est la volonté. C’est celle-ci qui amène les Hommes dans leurs retranchements et les poussent à la limite de leurs expressions. »
 

Deustan Nibelun – Recueil de Parole.
 
Cela faisait un mois que Vàsa était réveillé et maintenant le temps était à la réhabilitation de son corps. La première chose avait été de vérifier si ses blessures n’avaient pas laissé de séquelles. Un examen minutieux qui avait duré toute une après-midi avait permis d’écarter tout soupçon de conséquence corporelle irréversible. C’était une bonne nouvelle en soit. Le corps de l’Ashryne avait réussi à se remettre et à préserver son intégrité et son fonctionnement biologique. A présent le plus dur était à venir avec la rééducation. Vàsa allait devoir retravailler chacun de ses mouvements. Du plus basique au plus compliqué. Actuellement même tenir une cuillère lui demandait un effort important.  Dès qu’il saisissait un objet ses mains et ses bras étaient agité de tremblement. Dans la même mesure il arrivait à se mettre debout sans pouvoir faire quelques pas. Son corps ne lui répondait plus et même s’il ne le montrait pas il enrageait intérieurement. Durant toutes ces semaines écoulées Aerin avait pris soin de Vàsa au travers d’attention quotidienne. Ça ne les avait pas empêchés de laisser leurs cœurs fermés. Aucunes paroles n’avaient été échangées sur ce qui c’était passer. Ils se contentaient de parler de leurs souvenirs et des éléments ennuyants du jour. Ce n’était pas tant qu’ils n’étaient pas prêts ou ne le désiraient pas. Mais qu’auraient-ils pu dire ? Les deux Ashrynes se préparaient mentalement à la suite prenant des décisions que se voulaient résolues et absolues. Par ailleurs ni l’un ni l’autre n’avaient réellement besoin de mettre des mots sur ce qui était arrivé. Ils se percevaient dans une certaine mesure. Des regards échangés et des œillades discrètes suffisaient à tous les mots du monde. Car ceux-ci pesaient lourds et marquait leur esprit. C’était suffisant pour le moment.
 
Au fond de lui Vàsa se préparait. Même si son corps n’était plus opérationnel pour le moment, son mental quant à lui ne se tarissait pas et s’aiguisait. Sa volonté devenait agressive et dévorante. Un mois à rester alité, un mois à demeurer dépendant des autres. Evidemment il ne regrettait pas son choix. Là n’était pas la question. En revanche la faiblesse de son corps était indigeste. Son ensorcellement n’était pas maîtrisé c’était à présent incontestable. Il n’aurait pourtant pas imaginé que ce simple transfert aurait eu de telles conséquences. Son esprit n’était pas tourné vers le passé et la brutalité dont il avait été marqué. Sa focalisation se tournait vers l’avenir. Que voulait-il vraiment ? Le cheminement de son enfance ne l’avait pas préparé à cette question. Tout du moins il n’avait jamais vraiment pris la peine de s’y intéresser. Le monde suivait sa trame et sa course. Vàsa n’était pas du tout familier avec ces notions de quêtes et d’aventures. Pour lui la découverte était suffisante. Aujourd’hui c’était différent. Un désir sauvage se dessinait. Un désir ardent et brulant qui le consumerait. Il n’était plus question de faire dans la demi-mesure. Son vouloir se dessinait comme une lame aiguisée et transperçant ce qui serait présenté devant lui. Comme un marteau qui allait marteler le monde. Son monde. Il arrivait ce moment ou tout ce que vous croyez acquis vole en éclat et vous avez le choix entre transcender vos limites pour les repousser ou rester statique. Vàsa avait fait son choix. Hors de question de rester là et de rester sur cette sensation terrible remplie d’amertume qui l’habitait. Il ferait tout ce qu’il faudrait pour ne plus jamais éprouvé de prés ou de loin cette sensation dont il connaissait maintenant le gout. Aerin suivait le même procédé de pensée. Elle aussi ne voulait plus revivre ces événements. Il ne s’agissait pas de pouvoir ou de force, d’entrainement ou de ce genre de choses. C’était plus comme une expansion de la conscience qui se voulait dominante sur l’environnement. Il fallait marteler son esprit pour que celui-ci n’en vienne à ne plus jamais plier. Tous deux étaient à présent dans une optique nouvelle. Plus question de fuir ou de vivre aux dépends de sa propre capacité. Il fallait maintenant faire plus. Se dépasser et amener son esprit à un tout autre niveau. La mise en œuvre de cette nouvelle résolution commença lors de la semaine qui suivit. Gwenaline entreprit de faire travailler Vàsa. Tous les jours durant des heures ils travaillaient ces mouvements. La première partie du corps qu’ils travaillèrent était la partie basse. Plier, replier les jambes et amener doucement celle-ci à forcer. C’était douloureux mais Vàsa ne se plaignait pas, endurant la chose pour amener son corps à se souvenir. Ses muscles luttaient et reprenaient doucement vie tout en réapprenant leurs usages. Bien que Vàsa en voulait plus et en faire plus, Gwenaline le ménagea et il devait bien accepter cela. L’évidence que ça serait long et fastidieux ne lui était pas étrangère toutefois il désirait régler cela au plus vite. Devant quand même prendre son mal en patience il continua à suivre les recommandations de Gwenaline et à supporter leurs séances de travail. Au bout d’une semaine il put enfin se déplacer. Ses jambes ne lui répondaient pas toujours et courir lui était impossible. Néanmoins le fait de pouvoir se déplacer sans assistance de la part de qui que ce soit était déjà en soit une victoire. Aerin n’était jamais bien loin gardant un œil sur lui au cas où. Elle prenait la peine de se faire discrète, même si elle comme Vàsa n’étaient pas vraiment dupe. Il appréciait quand même et elle aussi. Gwenaline fit travailler les jambes de Vàsa dans leur intégralité quatre jours de plus afin que celui-ci retrouve une partie de ses appuis. Se rendant compte que son corps mettrait plus de temps qu’il le pensait à retrouver son plein potentiel. Une idée se fit dans son esprit. Une idée qui lui coutait beaucoup et qui était certainement l’une des idées les plus folles qui l’ait eu. Quoiqu’il en soit c’était soit ça, soit il resterait ici un temps qu’il ne pouvait se permettre. La vérité était parfois des plus étranges et pour le coup il se mit à sourire face aux perspectives qui germaient dans son esprit. C’était un sourire sans joie. Car quoiqu’il advienne s’il mettait son plan à exécution cela allait devenir rapidement explosif. Avait-il réellement le choix ? La réponse était non. La logique n’a qu’un seul absolu. Celui d’arriver à la solution la plus efficace qui soit. Et peu importait les conséquences.
 
Gwenaline, Aerin et Vàsa étaient maintenant réunit dans la chambre du convalescent. La pièce paraissait presque trop petite pour accueillir toutes ces personnes et l’ambiance était étrange. L’Ashryne avait réuni tout le monde pour leurs faire part de son plan. Il ignorait comme celui-ci serait accueilli mais ferait ce qu’il avait à faire. Assis les jambes reposant sur le matelas il toisait son hôte et son amie. « Gwenaline, combien de temps penses-tu qu’il soit nécessaire pour que je retrouve ma capacité à cent pour cent ? » L’interpellée savait que viendrait cette question et tout en repoussant celle-ci d’un geste de la main, elle lui répondu de la seule manière possible. « Un certain temps à priori. Je ne peux pas te donner d’échéance concrète Vàsa, tu le sais déjà. » Il hocha la tête et se prépara à dire ce pourquoi ils les avaient réunis. « J’ai envoyé une missive à Velagan car je désire que Vargas vienne pour prendre en charge ma rééducation. » Un silence de plomb s’installa dans la pièce. Personne n’osait bouger. Il était fou. Il avait perdu la tête. Gwenaline s’ébroua prit de stupeur. « Tu es fou ! » « Non, il a raison. » Aerin venait de parler et tous les regards se tournèrent vers elle. Vàsa eut un sourire voilé. Gwenaline fit la navette entre les deux Ashrynes. « Vous avez tous les deux perdu la tête, vous rendez vous compte que c’est à cause de lui si vous êtes là ? » « Non Gwen, c’est parce que nous sommes faibles. Et nous ne pourrons pas fuir toute notre existence. Afin de devenir plus fort nous devons accepter cette faiblesse. » Un nouveau silence appesantit encore l’ambiance qui était devenue lourde. Gwenaline scruta ces deux êtres et elle comprit qu’elle ne pourrait les résonner. Leurs regards avaient changé et étaient empreint d’une résolution sans faille. D’une volonté qui ne permettrait aucun refus et aucune négociation. Vàsa et Aerin avait le regard brulant et animés par un besoin. Un besoin que Gwenaline ne pourrait pas combattre. Ils faisaient preuve d’un courage exemplaire. Toutefois la ligne était ténue entre courage et folie. Si Vargas acceptait de venir et ce n’était pas encore fait, pourrait-il vraiment prendre en charge Vàsa ? Gwenaline n’avait entendu que des rumeurs sur cet homme. Bien qu’elle l’eût croisée plusieurs fois elle n’avait su le discerner. Elle en était arrivée à se demander si ce qu’elle avait pu entendre était fondé. Face à l’estime que semblait lui porter les deux personnes présentes et qui le connaissait certainement mieux qu’elle, peut être que tous ces exploits dont elle avait entendu les palabres avaient une note de vérité. « Comme vous voudrez. Je ne crois pas que je puisse vous faire changer d’avis de toute façon. » Les dés étaient jetés.

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HAN !!!:
 

Lun 22 Mai - 11:31
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Ashryn - Laethlion - III
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Vargas avait rejoint le domaine de Gwenaline en deux jours. Répondant positivement à l’invitation qu’il avait reçu, l’attente c’était faite dans une ambiance tendue. Vàsa admettait qu’aucun autre que lui ne pourrait être adéquat dans cette situation. Cela lui faisait du mal à admettre mais Vargas était simplement Vargas. Peu connaissaient ses réelles compétences. La seule chose d’admise c’est qu’il n’avait jamais perdu. Et qu’il était loyale à la maison Nibelun. Au-delà de ça de nombreuses rumeurs couraient sur cet homme qui était secret. Participant à l’éducation au combat des jeunes fils de Deustan ceux-ci en avaient appris beaucoup mais pas assez semblait-il. A présent il se trouvait dans les jardins du domaine au centre d’une large esplanade de marbre entourée d’arche de pierre blanche. Le soleil haut perché dans le ciel éclairait l’esplanade pour la rendre pratiquement immaculée. Les blocs de marbre parfaitement alignés offraient une surface plane sans aucune aspérité et donnait l’impression d’augmenter sa grande surface naturelle pour lui donner des reflets infiniment plus grands. En d’autres circonstances ils auraient profité de cet espace et apprécié le jeu d’ombre et de lumière que faisait naitre les arches sur le marbre. Dans l’instant tous étaient focalisés sur Vargas qui se tenait devant eux. Gwenaline était un peu en retrait, tous ses sens concentrés sur les deux hommes qui se faisaient face. Aerin était aux cotés de Vàsa pour affronter la tempête qui se préparait. Il était arrivé avait poser pied à terre et c’était planter devant eux sans un mot. Son visage ne laissait rien filtré et comme à son habitude il était emplit de cette énergie tranquille et contenue. Son œil valide scrutait Vàsa et semblait le juger. « Tu es certain que c’est ce que tu veux mon garçon ? » La question fusa sur ce ton dénué d’inflexion quelconque. Cette question paraissait anodine mais elle ne l’était pas. Vargas prendrait pour comptant la réponse du jeune Nibelun. Et une fois sa réponse donnée il n’aurait plus de retour arrière possible. Vargas ne perdrait pas de temps en des explications inutiles, ce qui était fait était fait. Le moment venu il lui dirait pourquoi. Pour l’instant ce qui primait était la résolution de Vàsa. « Oui. » Son mot claqua dans l’esplanade avec franchise. Le Maitre d’Arme se tourna vers Aerin et fronça les sourcils. « Quant à toi jeune fille Sigurd il semble que tu partages sa résolution. » Sa réponse se lisait sur son visage. En dernier lieu faisant face à Gwenaline, Vargas allait assoir son autorité. « Dame Lymen sachez que Deustan de la Maison Nibelun vous ait à présent redevable. Cependant quoiqu’il se passe vous ne devrez pas agir. Je suis ici sous l’autorité des deux maisons que représentent vos deux convives. Si vous veniez à interférer vous auriez quelques problèmes. Sommes-nous bien d’accord ? » Un silence de plusieurs secondes s’étira avant que Gwenaline réponde. Elle était coincée et elle le savait. Ses accords avec les Sigurd et les Nibelun étaient très clairs. Elle soupira. « Nous sommes bien d’accord Maitre Kaelan. J’ai fait aménager vos quartiers avec vos affaires et mes servants ont l’ordre de se tenir à votre entière disposition. » Son ton était poli mais en aucun cas sympathique. Cet homme était dangereux c’était quelque chose dont elle était certaine et son instinct lui dictait deux choses. Ne jamais lui faire confiance et ne jamais sans faire un ennemi. « Merci pour votre attention Dame Lymen. Maintenant que tout est clarifié Demoiselle Aerin, allez chercher votre arme. » Tous le monde se figea. On eut presque l’impression que le soleil stoppa sa course. Plus personne ne bougeait. Les secondes passant Vargas fut obligé de réitérer sa demande. « Je vous ai demandé d’aller chercher votre arme Demoiselle Aerin. Ne me faites pas perdre mon temps inutilement. »  C’était un ordre. Gwenaline c’était levé et arborait une mine choquée. Vàsa serrant les poings n’y comprenait plus rien. Quant à Aerin elle fit ce qui était demandée tout en serrant la mâchoire. Attrapant sa double lame posée avec leurs affaires proche d’une des arches entourant l’esplanade elle fit volteface et observa le Maitre d’Arme d’un regard haineux. « Qu’est-ce que tu fais Vargas ? Ce n’est pas – » Le coupant net dans son élan, Vargas lui répondu du tac au tac. « Tu n’as rien à demander Vàsa. Ne m’interrompt plus et cesse de geindre. Je suis ici parce que tu n’avais pas le choix et parce que tu t’es mis en danger, et pas seulement que toi. Tu ne t’es pas interroger sur mes intentions et n’a fait aucun cas de la considération qui est mienne ou de celle de ta famille. Maintenant fais silence ou je te ferais taire. » Sa voix avait claqué et même si elle ne trahissait aucune émotion, Vàsa en était perturbé. Peut-être avait il fait fausse route depuis le début. Il se tut non pas parce qu’il le voulait mais parce qu’il savait que Vargas était un homme de parole. Si nécessaire il le rendrait muet. La tension n’avait fait qu’augmenter rendait l’air presque solide. Aerin, sa double lame en main, avait suivi l’échange entre les deux hommes sans pour autant pouvoir en tirer quelque chose. Son regard n'avait pas quitté Vargas tout autant que le sien était verrouillée sur elle. Et d’un coup Vargas bougea. Avec vitesse et fluidité il se propulsa contre Aerin abaissant légèrement son centre de gravité il frappa du plat de la main le plexus de la jeune Ashryne qui fut propulsée en arrière. Lâchant son arme face à l’impact elle en eut le souffle coupé et roula plusieurs fois sur l’esplanade. L’action c’était déroulé en moins d’une seconde. Gwenaline n’en revenait pas. Le Maitre d’Arme avait été si rapide qu’elle ne l’avait pas vu bouger. Elle se mit à courir en direction d’Aerin qui peinait à se relever. « Ne bougez pas. » L’ordre la stoppa net et elle regarda avec horreur celui qui venait de le prononcer. Vàsa quant à lui se savait impuissant et la colère commençait à grandir au creux de son être. Il tenait difficilement debout alors se battre... Voilà la mesure de ce qu’il était en cet instant. Aerin c’était relevée et tout aussi colérique que son compagnon elle ramassa son arme et se tenait déjà prête à encaisser un second assaut. Bougeant de nouveau Vargas attaqua de côté, Aerin était prête tout du moins c’est ce qu’elle pensait. C’était bien trop rapide pour elle. Le Maitre d’Arme frappa un coup au niveau des mains qui tenait son arme et elle est n’eut d’autres choix que de la laissée tomber sur le sol ce qui produisit un bruit étouffé par le marbre. Ecarquillant les yeux face à son incapacité d’agir elle vue la paume de Vargas heurtée son menton ce qui l’a fit une nouvelle fois partir en arrière. Ses pieds se décollèrent du sol et ton son corps s’arqua pour l’entrainer irrémédiablement vers la chute. Sa mâchoire avait claquée si fort sous l’impact qu’elle en avait la tête qui tournait. N’arrivant pas à se réceptionner correctement elle se fit rouler pour réduire au maximum les dégâts de la chute. C’était un spectacle complétement indécent. Aerin n’avait clairement aucune chance de faire quoi que ce soit. C’était tout bonnement impossible. Elle se releva pourtant et attrapa une nouvelle fois son arme. Il ne lui laissa pas le temps de se remettre en garde. Fusant une nouvelle fois vers elle il se retrouva nez à nez avec elle, leurs visages se touchant presque, son poing cueillit l’épaule de la jeune fille qui perdit son appui son bassin effectuant un mouvement de rotation arrière. D’un geste humiliant Vargas utilisa sa main pour effectuer une poussée légère sur le front de son adversaire ce qui finit de lui faire perdre l’équilibre. Elle voulut frapper. C’était impossible. Le Maitre d’Arme c’était habilement positionné et avait amené Aerin à tomber dans son angle mort. Son fessier heurta le sol avec brutalité et Vargas c’était déjà écarté. « Ça suffit ils ont compris Maitre Kaelan, cessez cela ! » C’en était trop pour Gwenaline qui ne pouvait supporter plus longtemps ce spectacle. Elle fixait celui qu’elle venait d’interpeller. Son regard dénotait une lueur de pitié. Vargas ne lui jeta pas un seul regard. « Dame Lymen je pensais que nous étions tombées d’accord. C’est vous qui avez effectuer le processus de guérison, de ce point de vue vous devriez savoir plus que quiconque ce qu’il en est. Je ne suis pas ici pour me jouer d’eux mais pour enseigner. Ce sont deux imbéciles qui ont tentés quelque chose de stupide. Si vous ne les aviez pas trouvés à temps ils seraient morts. » Le dernier mot qu’il avait prononcé se répercuta dans tous le domaine comme un écho solennel dénotant un caractère inéluctable. Gwenaline n’en fut que plus réduite, il avait raison, tellement raison. Elle n’était pas adepte de la méthode brute surtout pas transcrite de cette manière. Un frisson lui parcourut le dos car de toute évidence ce que faisait Vargas était un mal nécessaire. « A présent je ne tolérerais plus aucune intervention de votre part Dame Lymen, si vous n’êtes pas capable de supporter ce qui va suivre alors enfermez-vous dans vos appartements et n’y sortez plus parce que je commence à peine et croyez-moi je vais leur faire vivre un véritable enfer. Le pire reste encore à venir. »


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Lun 22 Mai - 13:17
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Ashryn - Laethlion - III
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Personne ne c’était inquiété du temps écoulé. Aerin avait le visage tuméfié et le corps couvert de contusions et de bleus. Luttant pour rester debout elle faisait face. Après un nombre incalculable de chute elle c’était rendue à l’évidence qu’utiliser son arme n’avait aucune incidence. Passant au combat à mains nues elle c’était là aussi rendue à l’évidence que ça ne changeait pas grand-chose. Vargas qui ne montrait aucun signe de fatigue ni quelque signe que ce soit chargea de nouveau. Feinte à droite, pas sur le côté, abaissement du centre de gravité et coup porté à gauche sur son abdomen. La douleur la fit plié légèrement le corps et la paume de la main du Maitre d’Arme s’abattue sur son genou ce qui l’a mis au sol. A force de prendre ces coups elle c’était aperçu que cet homme n’utilisait pas sa force réelle, il la ménageait. Ça ne la rendait que plus enragée. Coute que coute elle se relevait encore et encore. Elle n'abandonnerait plus jamais qu’elle qu’en soit l’issue qu’il lui en coute. Sa vision commençait à se brouiller et c’était tout son corps qui était douloureux. Ces tentatives de mettre en application des stratégies avaient toutes été démontés une à une par Vargas. Dès qu’elle se positionnait debout dans une danse parfaitement exécutée il arrivait à son niveau et frappait pour la mettre au sol. Le pire c’est qu’à aucun moment il n’avait fait usage de ses pieds. Aerin ne pouvait imaginer ce qui se serait produit si cela avait été le cas. Vàsa et Gwenaline étaient de simples spectateurs. Incapable d’agir directement ils avaient simplement observé en silence. La Lië’Jas avait rejoint un banc et le corps raide elle resta là observant d’un œil concentré le combat à sens unique qui se déroulait devant elle. Vàsa était resté debout malgré la douleur qui commençait à se faire ressentir au niveau de ses jambes. Si Aerin se relevait alors lui tiendrait debout. Le soleil était maintenant couchant il se perdait à l’horizon dans une demi-sphère aux teintes multiples se situant entre le jaune et l’orange. Tous savaient que si Vargas voulait continuer durant la nuit il le ferait. La mesure de cet homme ne pouvait être décrite. Gwenaline commençait à sincèrement croire toutes ces histoires qu’on racontait au sujet de ce Vargas. Si tout était vrai alors elle plaignait les deux jeunes Ashrynes qui avaient trouvés refuge chez elle. Maintenant que le Maitre d’Arme était là ce refuge n’en serait plus un. Cet endroit serait la pierre angulaire d’un changement de grande envergure qui changerait Aerin et Vàsa dans le plus profond de leur être. Gwenaline Lymen n’était pas Lië’Jas à avoir peur. Elle avait toujours su s’en tirer toutefois en voyant cet homme à l’œuvre pour la première fois elle sut que si un jour il se mettait en chasse elle n’aurait plus aucun moyen de fuir. Le frisson qui la parcourut alors la fit trésailler. Aerin fut projetée au sol. Encore. Elle peinait réellement à se relever mettant plusieurs minutes pour se relever à présent. Une fois debout un coup la cueillit au niveau du menton, elle vacilla et une pression sur le côté la fit de nouveau tomber. « Si vous voulez que cela s’arrête restez à terre Demoiselle Aerin. » Après le silence qui avait duré une bonne partie de l’après-midi les mots du Maitre d’Arme explosèrent dans l’espace. Semblant se ricocher et prendre une dimension incroyable. Aerin lui offrit la réponse la plus concrète possible en essayant déjà de se relever. Après de longues minutes elle parvenu à se mettre debout, Vargas la remit à terre immédiatement. « Vous n’avez pas l’air de comprendre Demoiselle Aerin, si vous continuez à vous relever je vais finir par vous tuer. » Crachotant du sang en appui sur ses bras Aerin prenait la mesure de ses paroles. Vargas n’était pas du genre à plaisanter. Si elle demeurait au sol il gagnerait et une fois de plus elle abandonnerait. Même si personne ne lui ferait savoir elle aurait perdu. Et elle ne pourrait plus jamais se relever. La réflexion n’était pas de mise surtout que son cerveau embrumé n’était pas vraiment apte à réfléchir. Elle lui offrit la seule réponse qu’elle pouvait donner et entama son redressement. Vargas prit pour la première fois une position de combat et arma sa jambe. Aerin c’était assise et se mettait en position pour se relever. Le temps se figea alors qu’Aerin entama sa course pour se relever. Vàsa tentait tant bien que mal de courir pour s’interposer mais face à la capacité limitée de ses jambes il arriverait trop tard. Gwenaline c’était levée et s’approchait d’un pas déterminé. Pas question de s’interposer car elle ignorait si Vargas retiendrait son coup pour elle. A la vérité elle était certaine qu’il frapperait. Trop tard. Aerin plia ses genoux se préparant pour une dernière impulsion et fut pleinement debout. Le sourire qu’aperçurent Vàsa et Gwenaline les stoppèrent net dans leur progression. C’était un sourire des plus étrange il ne dénotait aucune gaieté, il était simplement là pour faire un genre de pied de nez à son adversaire. Celui-ci réagit promptement. Sa jambe fusa si vite qu’Aerin ne la vit pas bouger. L’impact toucha son plexus et la projeta en arrière avec une violence inouïe. Incapable de se retenir elle voyait la silhouette de Vargas s’éloigner à vive allure. Et à peine eut elle le temps de sentir l’impact que les ténèbres happèrent sa conscience.

Lorsqu’elle se réveilla elle se sentait extrêmement bien. Le matin était passé de quelques heures à peine. Quelque chose clochait. Ouvrant les yeux elle remarqua que sa vision était parfaitement claire.  Incapable de comprendre elle se demanda si elle était morte. Vu qu’elle aperçut Vàsa dans la pièce, peut-être pas. Il l’observait avec son masque indéchiffrable. « Comment te sens-tu ? » « Un peu trop bien…Non ? » Vàsa relâcha un soupir qu’il retenait sans s’en rendre compte. « Attends qu’est ce qui s’est passé au juste ? » « Vargas a utilisé un Cristal de Jouvence. » Aerin était si choquée qu’elle en resta muette. Ces cristaux en plus d’être extrêmement rare coutaient une véritable fortune. Pourquoi avait il fait cela ? Ça n’avait aucun sens. Les cristaux de Jouvence avaient beaucoup d’applications et permettaient la réalisation de beaucoup de choses. Leur principale utilisation restait cependant la guérison. Leur pouvoir guérisseur était incroyable et ne connaissait pratiquement aucune limite. C’est ce qui les rendaient tant prisés. A vrai dire beaucoup de personnes tueraient pour en posséder. Le Maitre d’Arme en avait utilisé un comme ça d’une manière quelque peu non conventionnelle. La seule raison valable qui venait à l’esprit d’Aerin était que cela allait être encore plus difficile demain mais même dans ces circonstances quel était l’intérêt d’utiliser ce genre de relique. Vàsa soupira. « J’ignore ce qui le motive Aëlle, s’il l’a fait c’est parce qu’il a ses raisons et te torturer à ce sujet ne changera rien. J’espère que tu ne regrettes pas notre choix cela dit. » Non, bien sûr que non. Elle ne regrettait pas. Et elle n’avait pas besoin de le dire. Toutefois la totalité de cette histoire prenait un chemin dont elle ne pouvait absolument rien voir des possibles. « Tu sais pourquoi il a fait ça Vanille ? Enfin qu’est ce qui le motive ? » « Vargas est un homme à part je ne peux rien dire sur ce qui le motive ni pourquoi il t’a traité de la sorte. En revanche je suis persuadé d’une chose. Il va nous rendre plus puissant. Quoiqu’il en coute. » Encore une fois elle voyait sur le visage de son compagnon cette nouvelle volonté implacable. Là ou autrefois il ne se saurait pas soucié des perspectives d’avenir, ici il était différent. Un changement s’opérait et même si elle ne pouvait définir la nature de ce changement elle était quand même confiante. Pour ce qui était de la question Vargas malgré la proximité qu’avait entretenu Vàsa avec lui il semblait plus perplexe qu’autre chose. Encore un point d’interrogation qui se dessinait. Vàsa était à présent certain que son choix avait été le bon. Malgré ces méthodes pour le moins extrêmes Vargas ferait en sorte de les préparer à faire face.

Contre tout attente les jours qui suivirent le Maitre d’Arme se focalisa sur Vàsa et sa rééducation. Du matin et soir il le poussait dans des exercices toujours plus complexes. Personne ne fit allusion de ce qui c’était passer avec Aerin la veille. Elle avait fait preuve de courage et n’avait pas abandonnée. Surtout elle n’avait pas plié face à une situation dont elle ne pouvait pas sortir victorieuse. Et quelque part la manœuvre avait renforcée sa volonté pour que celle-ci se polisse et devienne parfaitement rigide. Les techniques de combat étaient importantes mais ce n’étaient pas elles qui menaient à la victoire. Le mental et la force de l’esprit amenaient à la victoire. D’après Vargas renforcer d’abords son corps et son esprit avant d’apprendre à se battre était nécessaire pour permettre l’exploration de son plein potentiel en combat. Pendant qu’il s’occupait de Vàsa, le Maitre d’Arme avait demandée à Aerin de courir. Lorsqu’elle lui avait demandée jusqu’à quand, il lui avait simplement répondu de courir dès les premières lueurs de l’aube et jusqu’à que celles-ci disparaisse à l’horizon. Elle aurait mieux fait de se taire…

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Mar 23 Mai - 9:23
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Ashryn - Laethlion - III
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Le corps de Vàsa avait retrouvé sa pleine mobilité sous la tutelle de Vargas. Durant une semaine il l’avait fait travailler d’arrache pieds pour renforcer ses muscles au travers de mouvement régulier, de repos et d’un régime particulier. D’ailleurs ses demandes en matière de cuisine avaient rendu fou le chef du domaine de Gwenaline qui avait dû rivaliser d’ingéniosité pour mettre en pratique le régime strict que demandait le Maitre d’Arme. Sans parler du cout que ça avait engendré. Bien qu’une compensation financière eût été offerte à Gwenaline, celle-ci avait refusée. Elle pouvait se le permettre de toute façon et c’était sa manière de participer. Ses efforts couplés aux directives de Vargas avaient permis à Vàsa de reprendre le contrôle sur son corps. Bien qu’il restât encore quelques détails à peaufiner il pouvait agir et cela le soulageait pour beaucoup. A présent l’Ashryne devait se focaliser sur son devenir. Vàsa avait hâte d’agir à présent, durant deux mois il avait pris son mal en patience. Attendant patiemment que son corps daigne enfin retrouver ses possibilités de mouvement normal il appréciait de retrouver sa liberté de mouvement et d’action. C’était mérité après deux mois de soin et de réhabilitation. A présent il était temps de tester cela. Il voulait en découdre, il voulait ressentir quelque chose. Se sentir en mouvement pour retrouver les sensations que pouvaient lui procurer son corps. Aerin et Gwenaline se montraient légèrement impatiente de voir ce qui allait suivre. C’était quelque chose de réellement intéressant. Dès l’aube Vargas et Vàsa c’était rejoints sur l’esplanade. Ils allaient se battre. Vargas était légèrement plus petit que Vàsa ce qui procurait à celui-ci l’avantage de l’allonge mais personne non plus ne voyait Vargas perdre. C’était plus une question de savoir comment allait s’en sortir Vàsa. Etirant son corps l’Ashryne fixait le Maitre d’Arme qui attendait patiemment appuyé contre un poteau de l’arche la plus proche. Les deux femmes c’étaient installées elles n’attendaient plus que le début des hostilités. « Cela fait longtemps Vàsa, désires-tu que je te ménage mon garçon ? » Une voix sans inflexion particulière mais des mots avec une connotation singulière. « Comme si tu permettrais ça. » Vargas ne répondit pas. Ce n’était pas nécessaire. Une fois les étirements terminés, Vàsa se positionna au centre de l’esplanade rapidement rejoint par Vargas. Pendant quelques secondes le temps se figea les deux hommes se préparant. La différence de taille de ce combat comparé à celui d’Aerin était que le Maitre d’Arme avait déjà enseigné à Vàsa. Gwenaline et Aerin retenaient leurs souffles. Ils prirent tous deux une position de combat. Calmant les battements de son cœur Vàsa prit le temps de mettre tous ces sens en éveil. Etre maitre de l’environnement avant toutes choses. Vargas bougea, se propulsant vers son adversaire il fit une feinte à droite et frappa avec un crochet du gauche, Vàsa se baissa de justesse. La puissance du crochet fit voleter les cheveux ébènes de l’Ashryne. Tentant une percée directe il frappa avec un coup droit en direction du Maitre d’Arme qui se déporta légèrement dans un mouvement agile du bassin. Un uppercut fusa en réponse, déportant sa tête en arrière Vàsa esquiva le coup de justesse. Enchainant tout de suite avec un coup de poing marteau Vargas mit à mal Vàsa utilisant sa taille contre lui. Bien qu’esquivant le coup son centre de gravité déjà fortement abaissé lui fit toucher le sol. Cette fois Vargas ne lui laisserais pas le temps de se relever, d’un rapide coup de pied il visa la tête de son adversaire. Réagissant encore une fois de justesse il se laissait tomber complétement sur le sol avant de rouler sur le côté. En deux enjambées Vargas le cueillait déjà, nouveau coup que Vàsa esquiva avec ces avant-bras placés en croix. Sa jambe se tendue cherchant à toucher le genou du Maitre d’Arme qui éleva la jambe visée en arrière pour esquiver. La rabattant tout de suite il toucha enfin Vàsa avec un coup dans l’abdomen. La force du coup le fit trainer sur le marbre sur trois mètres. Il se releva rapidement malgré la douleur et fit face. Vargas le fixait les sourcils froncés. « Je peux savoir ce que tu fais ? Qu’est-ce que je t’ai réellement appris mon garçon ? Aurais tu oublié d’où tu viens ? » Cette fois Vargas accéléra son mouvement. Plus rapide qu’il ne l’était Vàsa esquivait tant bien que mal. Les coups pleuvaient de plus en plus vite et sa garde commençait à céder. Nouvelle touche, le poing du Maitre d’Arme cueillit le menton de son adversaire ce qui fit tomber celui-ci. Le menton était sensible. Si l’angle du coup était travaillé ça pouvait vous assommer pendant quelques secondes. En l’occurrence Vàsa au sol avait la tête qui tournait et ses membres ne réagissaient plus à ses ordres. Vargas ne chercha pas pour autant à le finir. « Tu es faible mon garçon. Que comptes tu faire en ce monde si ce n’est faire état de ta faiblesse ? Que croyais tu qu’il allait se passer au juste ? Tu es parti l’esprit vaillant mais regardes toi aujourd’hui. Comment peux-tu être le fils de la Pierre ? » Les paroles de Vargas firent mouche, Vàsa serra les dents et se releva tant bien que mal, luttant au maximum. Et il attaqua. Accélérant sa vitesse lui aussi, l’échange avec le Maitre d’Arme se fit flou pour Gwenaline et Aerin. On ne voyait que deux corps tentant de prendre l’avantage sur l’autre au travers de trainées corporelles illusoires. La masse indistincte se brisa brutalement alors que Vàsa était éjecté en arrière du sang coulant de sa bouche. Immédiatement la danse reprit. Vargas le toucha encore. Plus brutalement. Son adversaire vola à travers l’esplanade avant de rouler plusieurs fois par terre. « Comment oses tu penser que tu as une chance ? Tu as tenté quelque chose qui était hors de ta portée et tu t’es blessé mortellement tu aurais pu tout aussi bien entrainé Demoiselle Sigurd avec toi ! Pourquoi tu ne t’es pas arrêté Vàsa ?! Tu te pensais fort mais tu ne l’es pas. Tu as voulu agir comme si tu maitrisais la situation mais tu ne maitrise rien. Tu penses qu’elle s’en est sortie indemne ? » Vàsa était encore en train de se remettre du coup que lui avait porté Vargas et fut encore plus durement touché par les paroles qu’ils venaient de prononcer. Aerin avait été blessée ? Comment cela ? Il jeta un regard vers la personne concernée qui avait une mine contrite. « Ne faites pas ça Maitre Kaelan. » « La vérité mon garçon c’est que tu as réduit son bras en charpie et que tu aurais pu tout simplement la tuer. » « NON ! » Aerin savait que si Vàsa l’apprenait il s’en voudrait pour toujours. Il était bien plus soucieux des autres qu’il le montrait et elle ne l’avait compris que depuis peu. Vargas voulait le pousser à bout et ça se voyait mais ses méthodes étaient tellement brutales. Le regard des deux compagnons de route se captèrent. Que pouvaient ils dire ? C’était la vérité tout simplement. Aerin aurait préférée qu’il n’en sache jamais rien. Gwenaline restait en retrait même si encore une fois elle condamnait les méthodes du Maitre d’Arme elle s’apercevait que c’était réellement nécessaire pour Vàsa et aussi pour Aerin. « Tu montres tu digne mon garçon ? Qui es-tu ? Que veux-tu ? Comment peux-tu présumer protéger les tiens alors que tu n’y arrives pas pour toi-même ? » Vàsa menaçait d’exploser, un maelström émotionnel commençant à grossir en lui. Des images émergèrent brutalement des miasmes de sa conscience. – Aerin hurlant dans la nuit pour le sauver. – Que se passait-il ? Il perdait le contrôle. – Aerin pleurant encore et encore. – Les émotions se faisaient de plus en plus vivaces voulant dévorer ce qu’il était. – Aerin trainant son corps au creux des ombres. – Vargas attendait. Il fallait que Vàsa explose, il fallait qu’il se brise mentalement pour pouvoir explorer son potentiel. « Tu as oublié tant de choses mon garçon. Tu me juges responsable alors que tu es seul responsable. Tu as échoué lamentablement laissant ton frère derrière toi. Laissant ta famille derrière toi. Et tu as tout simplement faillit tuer Aerin Sigurd. Tu n’es digne de rien. Comment pourrais-tu me battre ? » Vàsa sous le coup du tumulte émotionnel qui faisait rage en lui percevait les mots de Vargas avec une intensité folle. Ces paroles ricochaient en lui et résonnaient ne le rendant que plus hébété et en proie à des émotions qui formaient une bulle au creux de son être menaçant d’exploser. Les flashs continuaient de défiler. – Lui allongé sur la table de soin. – Non pas ça. – Aerin blessée et agonisante. Seule. – La bulle enflait encore, ces émotions vibrant d’une intensité à laquelle il ne pouvait faire face. Dans un vain effort il tenta de se ressaisir. C’était impossible. Sa tête se tournant vers Aerin il l’a vu pleurer silencieusement. Vargas avait raison tout était de sa faute. Il le savait déjà. Brutalement la digue rompue, ses émotions s’appropriant son esprit pour le dévorer…

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HAN !!!:
 

Mar 23 Mai - 11:53
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Ashryn - Laethlion - III
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C’était un souvenir. Un souvenir d’enfance. Deustan Nibelun se tenait sur son fauteuil de chef de clan et faisait face à son fils. « Dis Père, qu’est-ce que signifie être un Fils de la Pierre ? » Un sourire aimant étira la bouche de Deustan qui observait son fils d’un regard attentionné. « Approche mon Fils. » Vàsa alors petit s’approcha et grimpa sur les genoux de son père. « Nous sommes ainsi nommés parce que ce sont nos ancêtres qui ont creusés au travers du Mont des Souvenirs. Ils ont fait plier la montagne à leur volonté Vàsa. Notre héritage et notre lignage est important car c’est ce qui nous permet de revendiquer ce que nous sommes. Tu ne dois jamais oublier d’où tu viens mon Fils. » Le jeune garçon qu’était alors Vàsa paraissait songeur. « Dis-moi ce qui te tracasse. » « Eh bien…Pourquoi avons-nous creuser la montagne, cela ne lui a pas fait du mal ? » Deustan se mit à sourire de plus bel. « Nous crois-tu aussi brutal mon Fils ? Ce que tu dois comprendre Vàsa c’est que nous sommes en symbiose avec la pierre. Tu ne peux faire plier la nature à ta volonté car celle-ci te le fera toujours payer. Tu dois travailler avec elle. Tu sais que je m’absente parfois durant une journée entière, que penses-tu que je fais ? » Plaçant sa main sous son menton le jeune garçon sembla fournir un effort de réflexion assez poussée. « Je ne sais pas Père. » « Je réalise les rites de nos ancêtres afin de rester harmonieux et fidèle à ce que nous sommes. Je me rends alors vers le Gouffre et je remercie le Mont des Souvenirs pour ces bienfaits. Je sais que tu ne comprends pas encore mon Fils mais un jour viendra où ce sera ton tour. Tu devras honorer tes ancêtres et faire honneur à ton clan Vàsa. Car les Fils de la Pierre n’abandonnent jamais et font honneur à ce qu’ils sont. Lorsque le moment viendra souviens toi de cette conversation, tu comprendras à ce moment-là. »

Vàsa était debout et semblait parfaitement maitre de lui-même. Vargas le fixait à quelques pas de là. Sans identifier quoi Aerin et Gwenaline sentait que quelque chose avait changé. L’esprit clair et parfaitement concentré Vàsa était réellement prêt cette fois-ci. « Gwenaline protèges Aerin s’il te plait. » Sa voix était maitrisée et calme. Il irradiait à présent de la même façon que Vargas. Une énergie calme et contenue. Gwenaline se leva et psalmodiât quelques mots dans un langage inconnu. Cette fois ci ça allait être différent. Aerin était très attentive d’aussi loin qu’elle se souvienne elle n’avait jamais vu Vàsa dans cet état. Aucune colère n’émanait de lui. A vrai dire il n’émanait rien du tout comme si tout ce qu’il incarnait était contenu prêt à exploser au moindre signal. L’air autour de Vàsa commença à se charger d’énergie. Ses cheveux à la couleur noire s’agitèrent face aux soubresauts de l’air produit artificiellement. Vargas se mit en position de combat, ce n’était pas sa forme de combat habituelle. Ses appuis avaient changé et il paraissait plus sur la défensive que sur l’offensive. L’air se satura d’énergie ensorcelante autour de Vàsa ce qui produisit des petits crépitements tout autour de lui. L’espace d’une seconde il y eut un flottement et Vàsa entra en action. Sans crier gare il se transféra juste derrière Vargas et frappa les deux mains jointes en coup de massue. Anticipant le Maitre d’Arme bloqua avec ces deux bras juste au-dessus de son crâne. La violence du choc fit se fendre le marbre et Vargas ploya légèrement le genou. Nouveau transfert. Vàsa se trouvait un peu plus loin maintenant préparant son nouvel assaut. Vargas ne lui en laissant pas le temps, se déplaçant à une vitesse ahurissante il arriva au niveau de son adversaire et arma son bras pour frapper. Un des bancs qui jonchaient les côtés de l’esplanade entra soudainement dans le champ de vision de Vargas l’esquivant par un pas sur le côté, Vàsa eut le temps de transférer à nouveau. Ces transferts rapides lui coutaient beaucoup. Son corps lui signalait qu’il devait ralentir la cadence. Sans quoi il finirait par se retrouver encore une fois aux portes de la Mort. Ça n’arriverait pas cette fois. Que voulait-il ? Ce n’était pas la Force. La Force ne peut être pleinement exploitée sans contrôle et une force à l’état brute n’amène à rien de bon. Il voulait quelque chose mais quoi. Qu’est-ce qu’il le poussait ? L’expérimentation ? Oui mais l’enjeu n’était pas assez important. Ce n’était pas ça. Quittant son foyer soi-disant pour échapper à son destin ne l’avait-il pas fait pour une autre raison ? Une raison qu’il ne voulait pas entendre. Son frère était fort et avait su le montrer au travers de ses actes. Lui qu’avait il fait de sa vie ? S’interroger. Avait-il pour autant fait quelque chose de ses propres mains, avait-il façonné son Monde comme lui avait enseigné son Père ? Non. Il avait fui sa lâcheté. Il était parti pour ne pas affronter son incapacité à être celui qu’il admirait. Et rien que pour cela il en était venu à détester son père. S’il était parti c’est parce qu’il avait peur d’être inadéquat. De ne pas pouvoir protéger sa Maison. Sa famille. Ses proches. Les paroles de son père lui revinrent en mémoire. Tu deviendras un véritable Fils de la Pierre lorsque par ton pouvoir tu pourras protéger tout ton clan et les gens qui en dépendent. Tu deviendras alors la Pierre qui soutiendra leur monde. Ce qu’il désirait au fond de lui était ce pouvoir-là. La puissance ne pouvait être au service d’un seul individu. La puissance était au service de ceux qui amenait la force et le respect. Vàsa devait obtenir la puissance nécessaire pour protéger ceux qui comptaient sur lui, ceux qui était à l’origine de Son Foyer et qui par leurs actes entretenaient Sa Maison. Plusieurs pensées s’emboitèrent. L’Ashryne se souvint de ce que son père attendait de lui. Il était Vàsa Nibelun. Il était un Fils de la Pierre. Prends garde à toi celui qui ne respecte pas la Pierre car celle-ci t’offre les bienfaits de la Terre mais peut aussi te reprendre ce qu’elle t’a donnée. Devenir puissant pour que tous soient libres de leurs choix. Préserver l’unité et la flamme. Sa volonté se devait d’aller dans ce sens car il était naturel, car c’était ce qu’il voulait. La réalisation de sa volonté serait longue et fastidieuse. La route serait semée d’obstacle. Aucune importance à présent il savait ce pourquoi il était de ce monde, ce pourquoi il devait se battre et plus encore il connaissait déjà le chemin à suivre. Il ne devait plus avoir peur quel que soit le chemin ou la destination, il était un Guerrier, un Combattant qui ne se battait plus pour lui-même. Il ne devait plus faire les choses dans la demi-mesure, ne plus se contraindre mais amené son esprit à un relâchement totale. Restreindre sa propre lumière était imbécile et gage de sa propre faiblesse. Il fallait qu’il irradie et amène les autres à irradier eux-aussi. Faire face quoiqu’il en coute jusqu’à tomber pour toujours. Ne plus jamais flancher et tenir bon quoiqu’il en coute envers et contre tout. Ne pas vivre pour exister mais, exister pour vivre. Qui était-il ? Il était le Fils de Deustan et de Lisandra Nibelun, Fils de la Pierre sur laquelle reposait sa Maison et son Foyer. Sa sensibilité ne devait pas être subit, elle devait être à son service et l’amener dans la réalisation. Il était libre de choisir en tout temps et durant tout ce temps il c’était contenté de vivre au travers d’une réalité biaisée. A présent il était libre, celui qu’il incarnait avait le désir et la volonté de devenir autre chose. Tel le diamant brut il subissait son propre taillage. Le véritable don n’était pas dans le fait de se laisser aller au gré du tumulte de l’existence. Le véritable don était la maitrise et de par cette maitrise il fallait chevaucher le tumulte. Saisir son destin et le forger de ses mains. Son potentiel devait exploser. Le temps était venu maintenant. Il savait et désirait. Le désir devait le consumer et amener sa volonté au sommet de son monde. L’environnement pouvait être maitriser si l’on se maitrisait soi-même. Tous les enseignements prodigués par Vargas et son Père prenaient le sens qui leur étaient dues. Maintenant il connaissait sa place et n’hésiterais plus à être ce qu’il est. Pour être libre il se devait d’être complétement exempt de chaîne. Le destin une fois accepté ne pouvait qu’amener la transcendance. Prends garde à toi, celui qui désire briser la pierre en deux car tu t’apercevras que quel que soit la force que tu emplois tu ne peux faire face. Tes bras se briseront avant que tu n’érafles la pierre. Tu seras fou avant de comprendre pourquoi tu ne peux briser la pierre. Car la pierre ne subsiste que pour devenir la base de quelque chose de plus grand.

Décompte : 1525 Mots.




HAN !!!:
 

Mar 23 Mai - 14:53
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