MINI EVENT | Après la pluie ne vient pas toujours le beau temps

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Ashryn - Sylvar - IV
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Une âme en peine, une autre en quête de vengeance



Contexte

« Madame, prenez une couverture ou vous allez attraper froid ! Vous aussi monsieur, ne vous en faites pas c’est gratuit ! »

Miusu courrait dans tous les sens. Brin de fillette qui semblait avoir toujours de l’énergie à revendre, elle s’activait depuis deux jours déjà, du lever du soleil jusqu’à son coucher, à aider les victimes du massacre de la Terre des Rescapés. Véritable petit Aetrayel, elle n’arrêtait pas une seconde, et en oubliait même de manger son repas tant elle cherchait à ne pas perdre une minute pour aider le maximum de personnes possibles. Elle venait justement de s’approcher d’un petit garçon qui sanglotait silencieusement devant un corps. Miusu approcha doucement, pour ne pas l’effrayer et lui posa une douce main sur l’épaule tout en posant de l’autre un petit mouchoir sur le visage de la femme au sol : pour peu qu’on puisse encore appeler ça un visage vu comment les Norphis l’avaient massacré, et c’était à se demander comment l’enfant avait reconnu sa mère. En y réfléchissant, Miusu remarqua le coloris orangé de leurs cheveux qui était si similaire.

« Ne pleure pas mon chéri. Nous allons faire une jolie tombe à ta maman, et comme ça, elle partira vers le ciel avec les Aetrayels qui s’occuperont d’elles. Elle sera heureuse. D’accord ? » L’enfant, qui avait toujours les mains sur son visage trempé de larmes, hocha difficilement la tête.

« Qui est cette gamine ? Je la vois partout depuis hier. » demanda la vieille à son amie. « Je crois qu’elle est d’ici et qu’elle aide les habitants du matin au soir très tard sans rechigner. Elle est adorable. » « Et où sont ses parents ? Ils doivent s’inquiéter si… » La vieille dame s’interrompit, alors que l’idée lui venait à l’esprit que ses parents avaient sûrement connaître le sort que tous finissaient par connaître. « Lacérés par la sale bestiole de plusieurs mètres de haut qui a détruit toute cette partie de la ville. Il parait que quand elle les a vu, elle est restée totalement silencieuse, les yeux écarquillés et qu’elle n’a plus bougé ni dit quoi que ce soit pendant une journée. Pauvre gosse. » « Moi j’te le dis, une gamine qui réagit comme ça alors qu’elle a ses deux parents morts sous le nez, c’est pas normal. Le cousin de mon grand-père avait connu un drame comme ça. Il paraissait prendre très bien l’horrible nouvelle. Quelques jours plus tard, il a perdu la tête et a tué sa femme et ses enfants d’une manière vachement sordide. Une histoire à glacer le sang. »

Les deux vieilles femmes continuaient de contempler la fillette qui allait de-ci de-là entre les maisons. Elles regardaient désormais d’un air soucieux sa gueule d’ange. Cette catastrophe, en plus d’avoir causé son lot de pertes matérielles comme Edseres, allait laissé des traces à n’en pas douter : des blessures profondes et une crainte décuplée dans le cœur de tous les témoins.

L’entrée de la Terre des Rescapés ne fait qu’annoncer l’entrée dans le quartier meurtri, n’étant plus qu’un sentier de maisons rasées, de gravas et de gens agenouillés en larmes. Les Edseres ont lancé un appel à l’aide et à la solidarité pour les assister dans la reconstruction. Le moindre geste sera le bienvenu selon les habitants. Cela peut aussi bien être de l’aide à déblayer les rues, à faire une tombe aux nombreuses victimes, à tenter d’aider les gens à retrouver des proches disparus, d’aider certaines familles à se reloger temporairement ailleurs… Tout acte de gentillesse sera effectivement accepté avec joie.

Mais certains Edseres ne comptent pas se contenter de l’aide des autres et oublier cette affaire aussi facilement. Là où certains se contentent de ne pas faire de tombes aux Norphis et aux Ulfurbes et de brûler leurs corps, d’autres voient plus grand et plus loin. Des groupuscules d’Edseres se sont rassemblés et vont mener des raids contre les troupes de Norphis et d'Ulfurbes qui ne sont pas encore rentrés chez eux et sont divisés en petits campements de repos sur la bordure de la Sylve aux Soupirs juste à côté de la mer.

Quelles que soient les solutions adoptées, il est évident que les Edseres ont besoin d’aide après une attaque d’une telle cruauté. Certains veulent la paix, d’autres cherchent à faire payer la dette du sang.


Explications

Bienvenue dans ce nouveau mini-event ! Ici, vous avez deux possibilités qui s'offrent à vous, vous pouvez même faire les deux si vous le souhaitez :
- Aider les victimes de l'attaque en participant à la reconstruction, au déblayage, à l'enterrement des dépouilles, etc...
- Rejoindre un groupe d'Edseres qui ont un désir de vengeance et s'attaquer à un des groupuscules d'Ulfurbes/Norphis qui ont des campements sur le bord de la Sylve aux Soupirs, près de l'océan Azuréen.

Ce RP se déroulant après le RP multi, l'issue générale de ce dernier n'est pas nécessaire à savoir pour participer, l'essentiel à retenir étant qu'un quartier entier de la Terre des Rescapés a été détruit par les Norphis, les Ulfurbes et le Mortemo.

Ce dernier est désormais à l'état de cadavre au milieu de la Grand-Rue, personne ne sait comment il est mort et qui lui a porté le coup fatal. Le temps est donc à la reconstruction et pour certains, à la vengeance. À vous de choisir votre camp ou de rejoindre les deux !


Extrait du sujet explicatif sur les Mini-Events a écrit:
Votre race n’est pas censée influer sur le Mini Event. Pour reprendre l’exemple précédent, un Ulfurbe peut très bien aller sauver la jeune fille des mains d’un autre Ulfurbe, ces derniers n’étant pas solidaires entre eux. Pour autant, vous devriez éviter de trop vous faire remarquer si vous êtes en territoire ennemi. Un Norphis venu aider un Edsere est possible, tant que vous ne clamez pas votre appartenance à votre race sur tous les toits. Prenez en compte lors de vos écrits.

Gains


1000 mots : 2 points de caractéristiques au choix.

1500 mots : 4 points de caractéristiques au choix OU Douleur mémorielle : ce pouvoir vous permet de faire remonter dans l’esprit de la personne que vous visez un souvenir extrêmement douleur, et de le mettre ainsi en position de faiblesse ou en proie à des émotions désagréables.

2500 mots : 6 points de caractéristiques au choix OU Un lancer de pièces d'or.

Bonus : Un point de caractéristique au choix en plus pour ceux qui ont participé au RP multi et participent à ce mini-event.


Récapitulatif

(Exemple) Machin : [gain choisi] détails

Vasa : [6pts] 2 Endurance 2 Vivacité 2 Habileté
Kaëlyra : [4pts] 2 Affinité magique 2 Puissance + 1bonus x2 [acolyte] Endurance
Iliana : [6pts] 1 Force 1 Vivacité 1 Habileté 1 Apparence 1 Affinité 1 Puissance
Solyane : [6pts] 2 Affinité 2 Force 2 Fermeté + 1bonus Fermeté
Celaena : [6pts] 2 Affinité 1 Endurance Aeronelle 3 Endurance +1bonus Endurance
Akantha : [6pts] 2 Fermeté 2 Contact Social 2 Adaptation + 1bonus Puissance
Akwa : [6pts] 3 Force 2 Fermeté 1 Force + 1bonus Résistance
Fyn : [4pts] 2 Habileté 1 Endurance 1 Vivacité + 1bonus Habileté
Anya : [6pts] 2 Endurance 2 Fermeté 1 Contact 1 Résistance
Scylla : [6pts] 2 Fermeté 1 Habileté 1 Apparence 1 Affinité 1 Endurance + 1bonus Adaptation
Elih : [6pts] 3 Apparence 2 Fermeté 1 Adaptation + 1bonus Puissance
Ara : [4pts] (Aco) 2 Fermeté 2 Adaptation 2 Apparence 2 Contact Social


Code par Sphénix pour Epicode.


WITH GREAT POWERS COMES GREAT BULLSHIT

Ven 19 Mai - 12:38
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Ashryn - Laethlion - III
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Après leur passage chez Gwenaline ils avaient poursuivit leur chemin et leur exploration du monde. Les nouvelles n'avaient pas été bonnes. Pour le moment ils continuaient à vivre dans une certaine clandestinité. L'important n'était pas tant qu'ils ne se fassent pas repérer, l'important résidait sur le fait de ne pas se faire attraper. Cela donnait à leur aventure un coté assez exotique. Velagan avait bien envoyé plusieurs missives pour prévenir Vàsa de l'évolution de la situation, celui-ci n'avait malheureusement pas encore trouver le moyen de lui répondre. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il trouve de quoi pouvoir contacter son frère en toute sécurité. En attendant c'était silence radio. Aerin et Vàsa c'étaient rapprochés au fil des jours mais ça ne les empêchait pas d'être dans une relation ambiguë explosive. Il était à noter que souvent on les prenait pour un couple ce qui faisait sourire Vàsa et gênait Aerin. Ayant prit la décision de quitté le continent Diapré, ils avaient du prendre le temps de mettre en application cette décision. Après deux jours a fureter dans la cité de Cerulea ils avaient finit par trouver le moyen de partir en utilisant les contacts de Gwenaline. Outre la difficulté du voyage ils avaient réussit à atteindre la Terre des Rescapés. En arrivant sur place on les prévenu directement que ce n'était pas forcément le bon moment. Quoiqu'il en soit c'était un peu tard pour rebrousser chemin. Les rumeurs déformées prirent forme lorsqu'ils aperçurent les premières traces de la destruction.  
L'énergie avait désertée Aerin qui observait silencieusement l'ampleur des dégâts. Tout un pan du quartier avait été balayé comme frappé par un poing géant. Les bâtiments étaient complétement détruits et la populace couraient dans tous les sens. Les gens hurlaient, pleuraient. Une scène quelque peu apocalyptique. Instinctivement face à l'horreur elle se rapprocha de son compagnon et lui jeta un regard dérobé. Le visage qu'elle vue était indéchiffrable et complétement fermé. Ils étaient là déambulant au milieu de ce carnage comme étrangers à tout cela parce qu'ils l'étaient quelque part. Aerin s'arrêta et saisit par le bras de l'Ashryne. Avant qu'elle n'ouvrit la bouche il lui offrit sa réponse. « Non. » Cela la figea net. Un simple mot qui était en cet instant si lourd de sens. Pourquoi ? Pourquoi cette réponse, elle ne comprenait définitivement pas l'attitude de cet homme. Avant que cela tourne au drame il se reprit sur un ton plus doux. « Ce n'est que je ne veux pas Aëlle mais que pouvons nous bien faire ? Regarde autour de toi, c'est le chaos. Les gens sont désorganisés et ce n'est pas avec notre aide qu'on va changer quelque chose. Regarde là bas. » Joignant le geste à la parole il lui désigna un groupe d'hommes et de femmes consolidant l'arche et les poutrelles qui la soutenaient et qui semblait abrités un hôpital de fortune. « D'ici une heure ou deux la structure va s'effondrer. Faire les choses dans la panique et le chaos amène toujours à plus de chaos et de panique. Ce qu'il faut à ces gens c'est du calme. Ils finiront par se remettre. Tu ne peux pas sauver tous le monde Aëlle. » Elle jugea la structure que lui avait désigné Vàsa et elle ne remarqua rien. Comment pouvait-il le savoir ? Subitement elle eut une idée. Une idée folle mais le jeu en valait la chandelle. Sa main relâcha le bras qu'elle tenait et elle courut rapidement vers le groupe qui s'agitait à consolider l'édifice. De là ou il se trouvait Vàsa n'entendait pas, ça ne l'empêcha pas de deviner ce qui lui fit lever les yeux en ciel. Comptant jusqu'à dix pour ne pas s'énerver, il lui aurait fallut au moins compter jusqu'à mille, il prit sur lui. La tâche s'annonçait compliquée. Aerin agita ses deux bras pour signaler à Vàsa de la rejoindre. Après une seconde d'hésitation il les rejoignirent. Un homme d'une cinquantaine d'année les traits tirés et la fatigue gravée sur le visage l'apostropha directement. « La demoiselle a dit que tu t'y connaissait en bâtiment, tu peux nous aider ? C'est le bazar ici. » Son regard pivota vers Aerin et il n'eut pas besoin de mot pour dire ce qu'il en pensait, son regard suffisait amplement. Elle mima un maigre désolé avec ses lèvres. « Réunissez tout ceux que vous pouvez nous avons seulement une heure ou deux avant que la structure s'effondre. » L'homme blanchit suite à la réponse de Vàsa. Son regard fit la navette plusieurs fois entre les malades sous l'arche et l'Ashryne. Voyant qu'il ne réagissait Vàsa l'attrapa par les épaules. « Maintenant. »

Il faisait face à six hommes et deux gamins. Tout en soupirant il jugea des gabarits de chacun. Cela s'annonçait compliqué, non seulement il allait falloir défaire les supports mis en place mais en plus il allait falloir fortifier le tout en un temps records. L'homme à la cinquantaine s'appelait Allan et de ce qu'avait compris Vàsa c'était un peu le chef improvisé. Les femmes étaient occupées à récupérer et panser les blessés dans cet abri de fortune. Prenant la mesure de la situation il remarqua l'impatience et la nervosité de ces individus qui lui faisaient face. Les émotions primaient toujours sur la logique pour la plupart des gens et c'était ce qui les bridaient. Et c'était parfois enrageant. Aerin aidait comme elle pouvait les femmes qui étaient déjà à pied d'œuvre. Après des minutes qui parurent interminables pour les personnes qui lui faisaient face, Vàsa avait décidé de la marche à suivre.  « Allan et les deux garçons vous allez trouver de longues poutrelles de bois, veillés à ce qu'elles soient un minimum abimées. Ca ne doit pas manquer dans les environs. » Les trois interpellés se mirent en action immédiatement, Allan jugeait de l'état du bois et les deux garçons ramenaient les poutrelles tant bien que mal. « Pour ceux qui restent vous allez vous séparer en deux groupes, l'un fortifiera le pilier le plus à droite et l'autre le plus à gauche. Utiliser les poutrelles et positionnez les en quinconce en vous servant du pilier de l'arche comme point central. Et vous avancerez comme ça jusqu'au milieu de l'arche. Pour ce qui est des poutres déjà fixées enlevez le une fois le renforcement de la structure faite. » Tous se mirent au travail. Malgré le décor et le fait que les circonstances étaient catastrophiques, les hommes étaient heureux car il se sentait utile. A plusieurs reprise la structure craqua mais elle tenue bon. Vàsa donnait les ordres et aidait parfois en mettant la main à la pate. Il reprit plusieurs fois le placement des poutrelles ou les choix d'Allan. En une heure ils avaient réussit à consolider les trois quart de la structure. L'heure suivante fut passée à terminer le maintien et à vérifier que tout allait bien. Abusant de l'Ashryne Allan l'embarqua vers d'autres point qui nécessitait à peu de choses prés les mêmes traitements. Le soleil poursuivait sa course dans le ciel alors que Vàsa en était à son troisième chantier et ça commençait à l'agacer un peu. Cependant il se voyait mal laisser ces personnes à leurs sorts. Ce n'était pas que ça pouvait le déranger ou non, il ne supportait simplement pas cette assistance constante. Il fallait forgé son destin à la force de ses mains et non se reposer sur les autres et ce quelle que soit les circonstances. Cela était aisé de se cacher derrière des excuses circonstancielles ce n'était pourtant que des excuses. Quoiqu'il en soit il dut faire deux chantiers de plus avant de rejoindre Aerin qui semblait dépassée par l'ampleur de la tâche. Les victimes de ce genre de catastrophes n'étaient pas belles à voir et elle avait vécue dans un palais doré durant la majeure partie de sa vie. Etre exposé ainsi à la vérité dénuée d'artifice lui faisait l'effet de chocs électriques à haute densité. Son visage avait blêmit et elle s'agitait comme elle pouvait. Penchée sur un garçon ayant les deux jambes écrasés elle chantonnait un chant doux cherchant certainement à apaiser le garçon. L'émotion était trop forte, des larmes coulaient sur ses joues face à l'impuissance qu'elle ressentait et l'horreur dont elle était témoin. Vàsa déposa délicatement ses mains sur les épaules de la jeune Ashryne. Il voulut lui dire de se faire remplacer mais se révisa. Se contentant de rester là et de la soutenir tout en écoutant son chant.  

Un contingent de Lië'Jas était arrivé sur place pour apporter de l'aide et des fournitures médicales. Le jeune garçon pour qui Aerin avait chanté était mort. Elle en était profondément choquée. Les deux étrangers étaient maintenant à l'écart prenant un pause et contemplant le chaos. Cet endroit allait avoir besoin de temps pour se remettre. Le monde était ainsi fait. Ni l'un ni l'autre n'avaient dit un mot depuis. Simplement assit l'un à coté de l'autre et attendant quelque chose dont ils ne connaissaient pas la nature. L'un des jeunes qui avait aider Vàsa sur les chantiers s'approcha d'eux et s'arrêta à leur niveau. Afin de pas déranger Aerin, l'Ashryne se leva et rejoignit le garçon. « Dis moi, mon garçon ? » Le jeune garçon se dandina sur place quelques secondes avant de répondre, las Vàsa ne le nota pas. « J'ai oublié de vous le dire tout à l'heure et j'étais pas sur que c'était vous mais... Un dénommé Vargas vous cherche. » Sa première réaction fut de lui faire répéter le nom qu'il avait entendu pour être certain que c'était bien ce qu'il avait entendu. Vargas ? Comment c'était possible ?! « Il est ici ? Tu l'as vu ? » Un frisson parcourut le dos de Vàsa. Le jeune garçon hocha la tête pour répondre aux questions qui venaient de lui être posées. Comment avait-il pu se retrouver ici ? Par le Marteau et l'Enclume c'était complétement fou. Aerin n'était pas un état et tous deux étaient fatigués. Pourtant ils devaient partir et maintenant. Il grogna un merci et se détourna du garçon pour rejoindre rapidement Aerin. « Prends tes affaires nous partons. » Aerin encore sous le choc resta un moment sans réaction puis au bout de quelques secondes elle interpella Vàsa. « Qu'est-ce qui se passe ? » Il ne lui donna qu'un nom en réponse. Un nom qui à lui seul signifiait tout. « Vargas. » C'était un cauchemar. Vàsa dut aider Aerin à réunir ses affaires à la hâte et ils pressèrent le pas. Ils avançaient plus lentement que l'aurait voulut l'Ashryne, Aerin n'était pas en état de fuir. Ne tiquant pas pour autant il fit au mieux pour la soulager et gardait un rythme qu'elle pouvait tenir. Tout deux étaient agités. Vargas était le bras armé de son père. Il ne comprenait pas comment c'était possible qu'il soit ici mais pour le moment ils devaient s'éloigner le plus loin possible. Au détour d'un axe jonché de débris ils virent deux groupes prêt à en découdre coupant l'axe en deux. C'était bien leur veine. Scrutant la foule du regard Vàsa s'arrêta sur un homme avec une large stature cependant il se figea sur son cache-œil. Leurs regards se captèrent. Par le Saint Bouclier il fallait que cela se passe comme çà ! L'espace d'une seconde le monde se mit à ralentir. Vargas commença sa course et au même moment Vàsa attrapa Aerin dans ses bras et fit la même chose que son homologue. Vargas allait les rattraper c'était un fait. La course ne durerait pas longtemps. L'Ashryne grogna, Aerin n'était pas forcément lourde mais la fatigue couplée à la vitesse de course maximum qu'il produisait allait d'ici quelques minutes le forcer à s'arrêter. Impossible de réfléchir, il courait simplement. Sautant par-dessus un débris, esquivant la seconde d'après un personne sur son passage. Alors qu'il tentait de trouver une solution Vargas gagnait du terrain. Comment cela avait-il pu se produire ? D'un coup la lumière se fit dans son esprit. La seule personne au courant de leur position potentielle était Gwenaline mais elle n'aurait pas dit un mot. Il ne restait que les passeurs. Par les cornes du Démon ! Ses jambes commençaient à lui faire mal, Aerin fixait les yeux ronds la silhouette de Vargas qui les rattrapait à vive allure. Ils étaient faits, plus aucunes options, plus aucunes échappatoires. A la vérité si, il ne restait qu'une seule solution. Vàsa jeta un regard à Aerin et tenta de lui dire quelque chose. C'était impossible, ses paumons lui brulaient et sa gorge étaient en feu. Tant pis pour la prise de risque. Sans réfléchir plus longtemps, il transféra. La douleur lui déchira les entrailles et il se sentit mourir, sa dernière pensée fut une prière pour que tout se passe bien et le néant happa sa conscience.  

Il entendu des pleures et des suppliques sans vraiment discerner quoique ce soit. Des éclats de voix et d'autres sons intelligibles encore. Vàsa se trouvait dans les abysses de sa conscience.  

Elle était à présent penchée sur son corps qui paraissait sans vie. Ils s'en étaient sortis mais pas sans séquelles. Il semblait que Vàsa soit tiré d'affaire pourtant il ne se réveillait toujours pas. Cela faisait tout de même une semaine. Et le temps devenait long. Elle n'avait pas quitté son chevet et avait remercié tout ce qu'elle pouvait remercier pour avoir permit à Gwenaline de les rejoindre à temps.

Aerin faisait les cents pas devant le lit qui accueillait Vàsa. Elle était épuisée n’avait pas vraiment dormit depuis qu’il était alité. Comparé à son état à lui ce n’était rien et Gwenaline avait beau la prier de se reposer elle s’entêtait à rester là. Elle tentait parfois de lui parler mais n’obtenait que le silence en guise de réponse. Elle aurait tant aimé qu’il lui réponde quelque chose même si c’était pour la traiter d’idiote. Les larmes coulaient sur ses joues malgré elle. Comment cela avait pu se passer au juste et pourquoi elle n’avait pratiquement rien eu ? Son bras avait été cassée et son épaule déboitée suite au transfert mais elle ne le dirait certainement jamais à Vàsa, elle savait que ça l’accablerait plus qu’autre chose. Elle n’avait rien pu faire. Voyant encore la silhouette de Vargas dans leur dos les rattrapant comme une vision cauchemardesque. Et encore une fois c’était Vàsa qui avait pris l’initiative pour la sauver. Ça faisait deux fois depuis qu’ils avaient quittés le Tréfond. Tout c’était passé si vite. Les événements qui avaient précédés la course poursuite n’aidaient en rien. Sa décision était prise. Elle devrait devenir indépendante et démontrer à Vàsa qu’elle pouvait elle aussi être en mesure d’agir. Son désir était puissant ne voulant plus être une simple spectatrice des événements. Il fallait qu’elle fasse quelque chose. Peu importait quoi, il fallait juste qu’elle devienne fort. Au moins pour seconder Vàsa dans sa quête de je ne sais quoi. Son regard se posa de nouveau sur lui alors qu’elle c’était arrêté de tourner en rond. Son visage pâle et en sueur permettait de lire la souffrance qui devait en cet instant vrillée son esprit. Il devait se réveiller et ensuite ils repartiraient, oui, il le fallait. Vargas n'était plus d'actualité pour l'instant mais sur le coup Aerin jugeait le prix de leur échappatoire trop durement payé. Et quelque part même si elle ne pouvait pas encore l'admettre elle savait que ce n'était que le début et qu'elle commençait à vraiment tenir à cet homme-là allongé sur ce lit... 


Décompte : 2570 Mots.
Gain demandé :   6 Pts de Caractéristiques. +2 Endurance+ 2 Vivacité + 2 Habileté.




HAN !!!:
 

Dim 21 Mai - 2:23
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Aetrayel - Avium - II
Parchemins : 84
Après cette bataille, il était heureux de voir que la paix était revenue sur la Terre des Rescapés, laquelle semblait d'autant plus bien nommée après ce qu'il s'était passé.

Kaëlyra et Barthelémy avaient vécut beaucoup de choses durant cette bataille. Ils avaient vu les humains menacés, comme maintes fois, mais c'était la première fois que Kaëlyra s'était retrouvée en situation de combattre depuis ce qui lui était arrivé, depuis ce combat dans lequel elle avait failli laisser sa vie et son âme, autrefois. Autrefois ? Pouvait on déjà dire autrefois ?

C'est ce qu'elle se demanda avec un frisson, à l'évocation de ce souvenir du passé, serrant ses bras nus autours d'elle même, atteinte par l'idée de ce qui avait failli advenir d'elle. Comme sentant sa fragilité, Bart' se rapprocha d'elle. Kaël était encore couverte de sang séché, et vêtue de son armure de cuir, mais elle avait rangé sa veste dans son sac « sans fond ». Elle était agenouillée sur les restes du champ de bataille, poussiéreuse; les mèches les plus courtes de ses cheveux, sur le devant, s'étaient en partie échappés de sa tresse, et maculaient son visage, désordonnées. Elle aurait rêvé d'un bon bain très chaud. Ce serrait pour plus tard.

Barthelémy était à peu près dans le même état physiquement, mais le grand guerrier n'était pas troublé comme son compagnon aetrayel plus jeune. Il n'avait jamais faibli face aux démons, ni perdu un combat pour protéger un humain. Brave et inébranlable, il restait aussi solide qu'un roc, aux côtés de sa soeur angélique. Il posa un instant un regard sérieux sur elle, ses pensées dansant en des lieux connus de lui seul. Se baissant et posant un genoux au sol pour être au niveau du petit aetrayel, il rabattit l'une de ses ailles sur l'épaule de Kaël, en un geste protecteur.

Sentant cette chaleur douce l’envelopper, Kaël tourna la tête pour échanger un regard avec lui, étonée, et se sentant comme si la force du grand Aetrayel venait l'investir et l'imprégner doucement. Barthelémy ne croisa son regard que brièvement; ses yeux étaient pleins d'une sagesse sans âge, un instant parés de douceur, l'instant d'après farouches. Comme une pierre, dure et pourtant en partie transparente, caressée de reflets par le soleil, belle et indéchiffrable.

Ils restèrent ainsi un petit moment, l'aile de Bart' rabattue autours de Kaël. Ils échangèrent à nouveau un regard, puis Bart' passa sa large main sur la tête de Kaëlyra, ébouriffant un peu ses cheveux, et se releva, tendant la main au  petit aetrayel pour l'aider à se relever. Elle saisit cette main avec gratitude, en sentant revenir un peu d'étincelles de lumière dans son cœur.

- « Lumen t'as remerciée, le monstre est mort, et les créatures de la nuit qui restaient ont fui pour la plupart » dit Barthelémy de sa voix grave.

Il ne dit rien de plus, mais la question informulée flottait entre eux. Que vas-tu faire à présent ?

Isolée par les ailes de l'Aetrayel, Kaëlyra n'avait pas eu conscience jusqu'à maintenant des gens autours d'eux. Prenant une inspiration, elle entendis soudain des pas dans son dos, puis regardant autours d'eux, elle vit passer diverses personnes, affairées, pressés, qui s'invectivaient entre elles; cela lui rappela l'activité fébrile d'une matinée  dans la ville. La plupart des corps des victimes avaient été ramassés et mis en un même lieu; les blessés également. Le chariot utilisé plus tôt pour faire barrage gisait toujours dans la rue, mais le plus frappant était le cadavre de l'immonde bête, le Mortemo, au milieu de la place.

Kaëlyra dégagea ses cheveux se son visage, et elle heurta au passage son nez toujours cassé, réveillant la douleur.

- « Laisse moi voir ça » dit Barthelémy avec gentillesse.

S'approchant d'elle, il posa ses mains sur le nez cassé : Kaël lui adressa un sourire douloureux par dessus l'arrête brisée. Bientôt elle sentit  la chaleur bienfaisante, celle qui réparait. Jamais son nez ne lui avait paru plus confortable. Elle sourit, à nouveau, d'un sourire plus heureux, le visage encore tout réchauffé. Après quoi elle tourna son épaule blessée vers Bart', et comprenant,  il mit en oeuvre de la guérir également...

Merci, Bart'» dit joyeusement Kaël, avec gratitude.

De rien »

Il sent sa voix grave et chaleureuse qui vient de son coeur, ses cordes vocales qui vibrent comme celles d'un instrument ancien, dispersant les notes ambrées; la force qui gronde à l'intérieur de lui. Comme si rester immobile plus longtemps lui était insupportable, il saisit brusquement Kaëlyra.

- « Il faut bouger maintenant, il y a des Edseres à aider »

Elle écoute cette voix qui est comme un grondement.

Déployant ses ailes, elle s'élance dans l'air vif, d'un bond, grisée par la sensation, puis battant des ailles, elle s'envole; Bart' déploie également des ailles puissantes, qui se mettent à battre, son coeur pulsant sourdement, et en quelques minutes, les deux Aetrayels rejoignent le lieu où il y a le plus d'affluence.

Durant cette bataille, se souvient Kaël, ils ont également rencontré certaines personnes qui les ont marqués. L'Aetrayel blessé aux longs cheveux noirs, le guerrier blond dont elle ignore le nom, puis Lumen, et la personne qui a arraché la flèche qu'elle avait reçue dans l'épaule. Le souvenir de Lumen est plein de douceur, celui du guerrier blond lui revient par moments, l'ayant presque autant marquée que celui de Lumen.

Ils atterrissent au milleu des gens, qui lèvent les yeux et leur jettent un regard surpris. Des Aetrayels... Il y a également des Lië'jas un peu partout : Kaël et Bart' ne peuvent qu'être heureux de leur présence, car ce sont de bons médecins. Il y a un attroupement autours d'un homme blessé; et Bart' aide à le soulever, à deux avec un autre homme, ça se passe bien; ils le transportent avec les autres blessés, là ou quelqu'un pourra s'occuper de lui. Kaëlyra rejoint les rangs des soigneurs. Les blessés sont étendus sur lits de fortune, ou au sol, pour certains. L'atmosphère du lieu oscille entre la tension de la souffrance, et l'apaisement de la guérison. Il faut réconforter les personnes qui souffrent pour la peine d'avoir perdu un être cher, de la douleur de n'avoir pas pu sauver quelqu'un, du le trouble de n'avoir pas pu agir mieux.  Différentes personnes vont de lits en lits, apportant un peu d'eau et de nourriture à ceux qui se remettent, des gens vont et viennent, portant des couvertures. Barthelémy aide à porter les différents blessés jusqu'au lieu de soin; les deux Aetrayels s'activent, portant de l'eau, en faisant chauffer, guérissant, recousant, appliquant des onguents et des pansements.

Enfin, à un moment, Bart' se dirige vers Kaëlyra, une lueur féroce dans le regard. Il caresse inconsciemment le foureau de sa lame lorsqu'il dit :

- « Il reste des Norphis et des Ulfurbes à chasser loin de la Terre des Rescapés. »

Kaëlyra hésite un instant, puis répond paisiblement :

- « Je restes ici pour enterrer dignement ceux qui ont quitté ce monde. »

Il hoche la tête, puis tourne le dos brusquement. Kaël le regarde s'éloigner et baisser la tête pour ne pas se cogner contre le toit de l'habitacle construit pour les blessés. Puis il tourne et elle ne le voit plus. Elle ramène son regard sur ce qui l’entoure. Les soigneurs sont là, calmes, apaisants, utilisant leurs mains douces pour réparer délicatement ce qui peut l'être. Penchée au bord d'un lit dans lequel est étendu une femme, Kaël lui parle.

Vous allez mieux ? » demandes t-elle.

La femme tourne légèrement la tête.

- « J'ai perdu mon fils...» répond t-elle sourdement.

Elle se met alors à parler, de lui, de ce qu'elle n'a pas pu faire pour le sauver. Kaël l'écoute, elle connaît très bien ce sentiment.Une telle douleur transparaît de cette personne et dans sa voix, que l'aetrayel n'hésite plus et la prend dans ses bras, la serrant contre elle. La femme pleure, Kaëlyra fais de son mieux pour la consoler, utilisant ses dons d'Aetrayel pour l'apaiser en partie. La tête sur l'épaule de la dame, elle a le sentiment qu'elle ne peut faire quoi que ce soit, et dans le même temps, sent qu'elle déploie des ressources jusque là inconnues pour l'aider. Puis de nouveau la femme veut parler : elle se dégage et plante son regard dans celui de Kaël.

L'Aetrayel et l'Edsere restent ainsi longtemps à échanger. Ainsi s’alternent les moments de paroles et les larmes. Kaëlyra sait que même si elle quitte cet Edseres, elle ne la quitteras jamais vraiment, car lorsqu'un Aetrayel aide un Edseres, un lien se tisse entre les deux personnes, pour que l'Edseres puisse évoquer le souvenir de l'Aetrayel lorsque ça lui est nécessaire...

1554 Mots.

Gains demandés : 4 points de caractéristique : Affinité magique : 2, Puissance/Résistance :2, et points de caractéristique pour acolyte : Endurance : 2


Spoiler:
 

EDIT D'ELIH:
 


Dim 21 Mai - 15:17
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Norphis - Sitien - I
Parchemins : 36
« Choisir sa race ou sa vie »
APRÈS LA PLUIE NE VIENT PAS TOUJOURS LE BEAU TEMPS
Je dormais paisiblement quand un énorme bruit me réveilla en sursaut, faisant sursauter Minou également. Ce dernier se raidit et planta ses griffes à travers la couverture en plein dans ma jambe et hérissa ses poils tout en s’enflammant. Cela eu pour effet de m’arracher un cri de douleur. Lorsqu’il se rendit compte de sa bêtise, Minou se calma et sauta du lit pour se mettre à l’abri sous la table de chevet.
Dehors, des cris et des bruits d’explosion formaient un vacarme assourdissant. Curieuse de savoir ce qui pouvait bien provoquer ce bruit, j’avais entrouvert la fenêtre de ma chambre pour regarder ce qu’il se passait en bas. L’horreur se dessina alors sous mes yeux : nuit et jour se livrais bataille. Des créatures ailés à la beauté magnifique  accompagnés d’Edseres et autres créatures diurnes livraient bataille à ce que je reconnu être ma race et des Ulfurbes.


« Mais qu’est-ce qu’ils foutent ?!   »

De voir des Noctis s’enrager et livrer un tel combat, cela ne me surpris pas. Tout était bon pour se repaître et élargir notre royaume. Pour cela, chaque famille avait sa méthode. Pour ma part, c’était la ruse et la discrétion. Pour d’autres, c’était le « rentre dedans » et la boucherie. Mais que des Noctis, s’associent à d’autres créatures de la nuit pour livrer une guerre, cela me surpris car nous étions généralement solitaires vis-à-vis des autres races.

Je voulu en savoir plus, mais la peur me tétanisa. En effet, j’étais la seule Noctis dans une auberge edserienne. Si un Edsere me voyait sachant que les miens livrait un tel combat dehors, mon aventure pourrais se terminer plus vite que prévue. De plus, j’étais sans défense et le combat n’était pas le domaine dans lequel j’excellais. Mieux valait donc rester discrète. Je restai dans ma chambre, guettant le moindre signe de pas venant dans ma direction, prête à me cacher dans ce cas.

Après plusieurs heures, le calme revint. Un silence pesant s’installa alors. Je n’osai pas sortir tout de suite, de peur que l’un des deux camps prépare une embuscade à l’autre et que je me retrouve au milieu de tout ceci. Le silence durant, je fini par me décider à sortir d’ici. Mieux valais plier bagage au plus vite et naviguer vers notre prochaine destination avant de se faire tuer.

Mon baluchon prêt, je mis ma cape de laine et rabattit ma capuche afin de dissimuler mon visage et me attributs de Noctis. Je sortis à pas de loups de ma chambre, suivi de Minou.

L’auberge étais déserte, les occupants avaient filé à la hâte ayant pour certains laisser des affaires personnelles. Le vol était un déshonneur pour ma famille, mais une vengeance…Je profitai de l’absence de l’aubergiste pour chiper de la nourriture.

« Ca t’apprendra à me parler comme du poisson pourris, gros tas ! »

Totalement prête à quitter les lieux, je sortis de l’auberge. Pas une âme qui vive, ni de cadavre dans les rues. Rien, seul le vent murmurait des mots propres à son langage.

Soudain, des pas vinrent dans ma direction. Je pris une ruelle non éclairée et me dissimula dans l’ombre. Un groupe d’Edseres passa devant moi sans me voir. Ils étaient paniqués et préssé visiblement :

« - Vite ! Vite ! Si on arrive à temps, on pourra encore en sauver d’autres !
- D’autres ? Des Edseres ?  
»

Le groupe ne m’apporta pas la réponse et continua son chemin sans s’arrêter. Je sortis de l’ombre dès que je fus certaine de ne pas être vue par qui que ce soit.

Un sentiment désagréable s’établis alors en moi. Je savais qu’il fallait à tout prix que je parte d’ici pour sauver ma peau, mais d’un autres côté, mon devoir de Noctis me poussais à savoir pourquoi ma race agissait ainsi. Etais-ce un ordre de notre chef ? Un acte volontaire d’un groupe isolé ? Une mutinerie ? Je n’en savais strictement rien.

Je restai planté là de longues minutes, ne trouvant aucune solution à mon dilemme. Minou faisait le dos rond entre mes jambes et ronronnait pour me calmer. Le souvenir de mes parents emplit ma tête. Ils m’avaient toujours appris à être fidèle à notre chef, mais de me méfier s’il ordonnait une action totalement folle. Dans ce cas, on m’avait appris à suivre mon instinct. Or, dans la situation présente, je ne savais pas qui avait ordonné cette attaque. Cela n’avait rien de normal. Il fallait donc que je suive mon instinct. Et mon instinct me disait :

« Il faut que je sache ce qu’il se passe ! »

Je pris donc la direction du groupe d’Edseres, bien décidée à savoir qui était derrière tout ça et si je devais intervenir.

Arrivée à la Grande rue, je dus mettre ma main devant mon visage tellement l’odeur était forte. Une odeur de cadavre et de dans emplissait l’air. Je salivais contre mon gré. Pourtant, il fallait que je traverse cette rue. Un attroupement visible de là où je me situais était à l’autre bout de la rue.
Je marchai aussi vite que possible, tentant de rester normale. Mes mains tremblaient sous ma cape et des larmes coulaient le long de mes joues. J’avais mal, mal de devoir me retenir de boire une gorgée…non des litres de sang. L’odeur était délicieuse et m’invitais à me repaître, mais je devais résister, il en valait de ma survie.

Une main se posa alors sur mon épaule. Je me figeai sur place, n’osant regarder mon interlocuteur. Une voie masculine étonnamment douce me dit alors :

« Vous allez bien mademoiselle ? »

Visiblement, mon état maladif avait attiré son attention. Il n’avait pas l’air d’avoir remarquer ma nature. Je devais donc ruser pour lui échapper. J’articulai du mieux que je pu :
« - Je suis juste un peu malade.
- Oh, vous avez besoin d’un médecin ?
- Non merci ça va mieux. Mon déjeuner d’hier soir devait être un peu faisandé.
- Oh…bien…
»

L’Edsere me regarda bizarrement, il devait se douter  que je mentais. Pour effacer ses douter, je pensai à la chose la plus immonde que j’ai du avaler. Cela me déclencha un haut le cœur et je vomi à ses pieds. Ses doutes s’effacèrent aussitôt. Il recula pour ne pas se prendre un nouveau jet. Je me relevai et affichai un faible sourire :

« - Ah apparemment j’avais encore des restes.
- Je vois ça. Vous êtes sûr de ne pas vouloir de l’aide ?
- Non merci, j’ai renvoyé tout ce que j’avais alors ça devrait aller.
- D’accord. Faites signe si vous vous sentez de nouveau mal. J’irais chercher quelqu’un.
- Merci. Vous êtes bien aimable.
- Je vous en prie.
»

L’Edsere reparti à ses occupations. Je pu donc reprendre mon chemin, enjambant les cadavres et les débris.

Arrivé au groupe, un homme était debout sur une table, surplombant la foule et attirant tout les regards sur lui. Il vociférait des messages de propagandes contre les Noctis et les Ulfurbes et incitait la population à se venger. J’écoutais d’une manière neutre afin de ne pas déshonorer ma patrie et pour éviter tous soupçons à mon encontre.

Ayant amassé un nombre de personnes qu’il jugeait suffisante autour de lui, l’Edsere proposa à la foule de se partager en deux. Un groupe s’occuperait des victimes tandis que l’autre le suivrait dans une chasse aux assaillants. Je rejoins ce dernier car c’était la meilleure solution pour retrouver les miens et obtenir des informations.

Nous partîmes donc en direction d’une forêt nommée le Sylve aux soupirs. Au passage, nous contournâmes le cadavre d’une énorme bête.
« - Qu’est-ce ?
- Le Mortemo, c’est lui le responsable de la majeure partie des dégâts.
- Ah.
- Tu n’as pas participé à la bataille ?
- N…non. Le combat n’est pas mon fort. Je suis restée cachée dans l’auberge.
- Tu vas pourtant devoir combattre là.
- Un élan de courage.
- C’est bien. Tu dormais dans une auberge ? Tu n’es pas d’ici ?
- Non. Je suis une voyageuse.
- Intéressant…et tu viens d’où ?
- De…d’une petite île éloignée. Enfin…je crois.
- Comment ça ?
- Je n’ai jamais eu de chez moi. J’ai tout le temps voyagé.  Mes parents on périt dans un naufrage alors que j’étais jeune. Je vis de petits travaux et de cadeaux que l’ont veux bien me donner.
- Oh…navré.
- Ce n’est rien.  
»

Gêné, mon interlocuteur ne dit plus un mot, ce qui me détendit.

Arrivée devant la forêt, le chef de groupe nous divisa pour optimiser les recherches. Nous  établîmes un code, si on trouvait quelque chose. Un cri particulier.

Je m’enfonçai dans la forêt avec Minou. Hors de vue des Edsere, je pris une direction unique. Je suivais l’odeur du sang. Bientôt, je retrouvai le groupe de Noctis et d’Ulfubres qui se tapissait dans l’ombre.

A ma vue, ils se redressèrent et s’apprêtèrent à m’attaquer. Je leur fisse signe que je n’étais pas armée et enleva ma capuche pour leur montrer que j’étais des leurs. Ils se méfièrent mais m’autorisèrent à parler. Je leur expliquai alors que j’étais venu en paix afin d’apporter les connaissances à mon peuple concernant les autres mondes. Je leur montrai mon carnet en guise de preuve. Deux êtres, sûrement les chefs, le lurent attentivement avant de me le rendre. Visiblement, cela les satisfirent car ils baissèrent leur garde et m’invitèrent à s’asseoir avec eux. D’un ton très sérieux, je leurs demanda :

« Maintenant vous allez m’expliquez pourquoi vous avez attaqué et qui vous l’a ordonné. »


Ils m’expliquèrent alors leur histoire. A la fin de leur récit, je leur dit simplement :

« Vous vous êtes mis dans de beaux draps. »

J’errais à nouveau dans la forêt, torche à la main. Soudain, un membre du groupe m’aperçus et me rejoignit :

« -  Vous avez trouvez quelque chose ?
- Non rien. Et vous ?
- Non plus. Les chiens ils se sont bien planqués !
- Pas étonnant pour des créatures de la nuit.
- C’est vrai. Bien poursuivons les recherches.
»

L’Edsere reparti. Quand à moi, je repris la direction que j’avais choisie.

Quelque chose bougea devant moi, je levai la torche pour faire apparaître une ombre. C’était une biche qui broutait là avant que je ne l’interrompe. Elle s’enfui dans les fourrés. Je regardai autour de moi, m’assurant qu’il n’y est personne à proximité. Un sourire se dessina sur mon visage, j’avais faim et un dîner à ma portée. Je me précipitai à la poursuite de l’animal et, dès que je l’eu rattrapée, lui sauta à la gorge pour me repaître de son sang. Je complétai mon dîner avec la nourriture que j’avais volée à l’aubergiste. Bien sûr, Minou eu sa part.

Repus, la fatigue due à la digestion ne tarda pas à venir. J’allais m’assoupir, quand un bruit me fit rouvrir les yeux. C’était le signal, les Edseres avaient retrouvé les Noctis et les Ulfurbes. Bientôt, des cris de douleurs et de combats se firent entendre.

Je me levai et fit signe à Minou de me suivre. Je laissais le cadavre de la biche sur place. Si on le trouvait, les Edseres penseront que ce sera l’œuvre d’un Noctis ou d’un Ulfurbe. Si ces derniers le trouvaient, ils se douteront que le Noctis en question était moi.

Nous sortîmes de la forêt et, après de longues heures marche en direction de l’océan, nous trouvâmes une grotte assez profonde pour la journée. Je creusai un trou dans le sable et y fourra une grande quantité d’herbe pour me faire un matelas. Mon baluchon me servit d’oreiller et ma cape de couverture. Cela fut plus confortable que de dormir à même le sol. Minou s’allongea près de moi, me procurant une douce chaleur bienfaisante.

Le lendemain, je trouvai sur la plage une embarcation échouée. Elle était trop endommagée pour  l’utiliser immédiatement. Il fallait que je la répare. Mais comment la réparer sans outils ? Hors de question de retourner au village en acheter. Vu ce qu’il venait de se passer, les survivants devait être sur leur garde. Pas le choix, il fallait que je demande l’aide de mes pairs. Enfin…s’il en restait ?
Je retournai sur les lieux de leurs camps. Sur place, je fus tout d’abord déçue. Il y avait bien eu là un combat d’une violence inouïe car des grandes flaques de sang et de l’herbe brûlée jonchaient le sol et les arbres, mais aucune trace de corps. Ceux-ci avaient du être ramassés et leurs effets avec.
Cependant, je ne résolu pas à faire demi-tour aussi vite. J’éclairais l’herbe de ma torche et bientôt, un objet se mit à briller. En écartant les brins, je trouvais un petit couteau. L’équipe chargée de ramasser les corps avait du l’oublier là.

« Parfait ! »

Je parcouru donc la forêt en quête de matériel pour réparer la barque. Je pris de la sève en guise de colle et de grandes feuilles pour colmater les trous et les rendre imperméable. En taillant des branches et en les liants à de grandes feuilles grâce à de longs brins de plantes, je me fis des rames. Je savais que cette embarcation ne tiendrait pas jusqu’à la prochaine île, mais elle me permettrait de récupérer mon embarcation initiale au port du village. La réparation de la barque ayant pris du temps, j’entrepris cette initiative la nuit suivante.

Arrivée au port, j’eu de la chance. La population était en deuil et enterrais ses derniers morts. Je pouvais entendre les familles sangloter au passage des charrettes transportant les corps des victimes. Personne dons, ne surveillait les embarcations. Je pu récupérer la mienne sans soucis.
Cependant, je marquai un temps d’arrêt pour regarder le triste spectacle qui se déroulait devant moi. Même si c’était devenus mes ennemis, sans que j’y sois pour quoi que ce soit, il avait péris en défendant leur vie et ceux de leur famille. Ils méritaient qu’on leurs rende hommage et qu’on les traites avec le plus grand respect. C’était comme ça qu’on saluait les morts au combat dans ma famille et visiblement cela se passait de manière identique chez les autres races. J’en étais admirative.

Après avoir entendu la dernière prière pour que l’esprit des défunts reposent en paix, je poussai dans le plus grand des silences mon embarcation et entreprit mon voyage vers ma nouvelle destination. J’arrêtai mon embarcation un instant, hors de la vue des villageois, pour noter mes dernières aventure et cette conclusion :

« Ce continent semble être le lieux de rencontre entre toute les races. Malheureusement, les tensions entre nos peuples rendent ce continent hostile. A éviter donc. »


L’idée de voir nos peuples réunis en paix me traversa l’esprit. Etais-ce possible ? Sûrement pas tant que ma race n’aura pas atteints son but de conquérir le monde. Et leurs adversaires ne comptent pas se laisser faire.

Qui des créatures diurnes ou des créatures nocturnes avaient gagné le combat ? Je n’en savais rien. C’était ma race, mon peuple, ma patrie, mais cette guerre n’était certainement pas mon combat.

Fiche par Sánsa ; sur Never-Utopia



2520 mots

6 PC:
Force

■ Force physique : 3 +1

Dextérité

■ Vivacité : 3 +1
■ Habileté : 3 +1

Prestige

■ Apparence : 4 +1

Ensorcellement

■ Affinité magique : 3 +1
■ Puissance/Résistance : 3 +1
Dim 21 Mai - 19:25
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Edsere - Consciem - III
Parchemins : 1106
Solyane s'était assise dans un coin, buvait l'eau dans une écuelle que des âmes charitables lui avait donné en même temps qu'un morceau de pain. Il ne fallait pas compter manger grand chose. Quand bien même il y avait eu des tonnes de nourriture diverses avant l'attaque, il n'en restait quasiment rien. Tout ce qui n'avait pas été écrasé dans la bataille était partie avec les fuyards ou avaient fini remballés promptement et planqués dans les boutiques. Et pour peu que celles-ci se soient trouvé proches de la Grand-Rue, il ne devait pas en rester quoi que ce soit en état d'être distribué non plus. Solyane était lasse, son corps endolori. Son dos et ses côtes lui rappelaient brutalement le mauvais traitement qui avait été le leur pendant la dernière bataille. Elle était également épuisée. Non, « vidée » serait plus correct. Débarrassée de sa rage, libérée de la lutte pour sa survie, elle était désormais incapable de ressentir quoi que ce soit. Elle entendait des gens qui pleuraient, gémissaient, s'affolaient... Elle en voyait d'autres qui faisaient preuve de charité, de vaillance, de pugnacité... D'autres encore erraient comme des âmes en peine, posaient des questions pour savoir où était untel, unetelle ou même son petit chien. Des familles avaient été séparées, brisées, massacrées. Les corps couvraient le sol où que porte le regard. La ville était repeinte en rouge du sang des victimes, défenseurs, civils ou agresseurs. Et pourtant Solyane ne ressentait absolument rien. La seule chose qu'elle désirait était de s'allonger et dormir un peu. Beaucoup ! Oublier, partir aussi loin que possible de ces visions.

Elle songea alors que ce qu'elle ressentait actuellement ressemblait peu ou prou à ce qu'elle avait ressenti après sa première rencontre avec Scylla, lorsqu'elle avait été contrainte de tuer volontairement pour la première fois de sa vie. Mais elle avait l'impression qu'à l'époque elle était encore capable d'émotions après. Du dégoût d'elle-même, de la culpabilité, de la révolte... Des sentiments négatifs, mais des sentiments. Par une carcasse vide. Où était donc passé son âme, celle qui était censé lui communiquer un brin d'émotions, quelle que soit les circonstancs ? L'avait-elle perdue dans la ruelle dont elle sortait ? Était-elle partie avec Fyn, cette Nanthun Renarde, dernier être vivant à qui elle avait réussi à sourire et parler ? Depuis des Lië'jas étaient venus auprès d'elle, des Edseres également. Ils avaient soigné son corps, lui avait donné à boire et à manger, mais son âme, elle, n'était toujours pas revenue. A moins qu'elle n'ait été brisée. Combien de temps avant qu'elle ne puisse se réparer ? Se réparerait-elle jamais ?

Au bout d'un moment elle se leva. Pourquoi ? Bonne question. Elle n'avait rien à faire, ni aucune raison de faire quoi que ce soit. Alors pourquoi bougeait-elle ? Elle ne le savait pas vraiment elle-même. Elle n'avait seulement conscience que d'avoir besoin de se dégourdir les jambes. Elle se joignit au nombre des âmes en peine qui erraient le long de la grand-rue. On passait à côté d'elle, on s'agitait. Rien n'avait plus d'importance. Elle avait beau chercher une motivation de réagir, elle n'en trouvait aucune. Strictement aucune. Tous ces morts n'étaient pas les siens, tout ce chagrin lui était étranger.

Soudain elle se retrouva face à une haute silhouette étrange. Elle leva un peu les yeux pour savoir qui venait de se planter devant elle. Comme une automate, elle s'apprêta à dire qu'elle n'avait besoin de rien, qu'elle avait déjà eu à manger et à boire et qu'elle n'avait besoin d'aucune couverture. Elle remarqua alors qu'il ne s'agissait que de la Nanthun qu'elle avait déjà croisé plus tôt dans la bataille. Elles avaient été si vite séparées qu'elle l'avait pratiquement oubliée.
Elle était tâchée de sang des pieds à la tête, l'une de ses ailes était lacérée et l'un de ses bras était bandé de l'épaule jusqu'au poignet. Un autre bandage lui ceignait l'abdomen. Solyane ignorait ce qui avait pu lui arriver. La dernière fois qu'elle l'avait vue, elle affrontait un Norphis. La Nanthun lui sourit.

- Je suis contente de voir que tu vas bien. Lui dit-elle. Je suis vraiment désolée pour les tiens. La bataille a vraiment été affreuse !

Solyane se contenta d'un haussement d'épaule. Elle n'avait rien à répondre à une telle évidence. Et le spectacle était déjà suffisamment affreux sans qu'elle ait besoin d'en rajouter oralement. Elle imagina cependant quelque chose à dire. Mais en vain. Elle était si épuisée. Pourquoi se promenait-elle encore alors que s'allonger dans un coin et laisser le monde tourner sans elle serait quand même plus simple. La Nanthun la regarda, perplexe.

- Est-ce que ça va ?
- Non !


Ah ! Enfin un mot. Le premier depuis le dernier « merci » qu'elle avait dû forcer à ceux qui lui avait donné à manger. Son cerveau venait de retrouver un début de fonctionnement.

- Oui, c'est vrai, excuse-moi. Je... J'aurais dû me douter qu'on ne peut pas aller bien dans ce genre de situation. Tu... Tu veux un peu d'aide ? Tu as besoin de quelque chose ?
- Non, rien.


« Continue comme ça, Solyane et tu vas retrouver la possibilité de faire des phrases. »

La Nanthun ne semblait plus savoir quel comportement adopter avec elle. Solyane aurait pu la remercier de sa considération, lui dire qu'elle pouvait rester toute seule ou même qu'un peu de compagnie ne la dérangeait pas. Elle aurait pu dire tout et son contraire sans savoir si c'était ce qu'elle voulait ou non. La seule qu'elle parvint à faire fut de saisir la main de la Nanthun et de la serrer.

- Solyane. Je m'appelle Solyane.

La jeune reptilienne à qui elle faisait face laissa apercevoir sa surprise pendant un instant avant de sourire et serrer la main de l'Edsere entre les siennes.

- Mon nom est Dragomira. Excuse-moi de ne pas m'être présentée tout à l'heure. On avait plus important à faire.

Un simple hochement de tête fut la réponse de la jeune femme. Lier connaissance dans des conditions pareilles pouvaient se révéler particulièrement incongru, mais elle s'en moquait. Ici, ailleurs, maintenant ou plus tard, quelle différence ? La Nanthun lui était venue en aide spontanément à un moment où elle en avait besoin. C'était tout ce qui comptait. Des regards méfiants se tournèrent vers la reptilienne mais elle fit mine de rien remarquer. Personne, cependant, n'osa aller jusqu'à la provocation. Les cœurs étaient déjà trop lourds de conflits pour qu'on cherche à en générer de nouveaux avec ceux qui semblaient plus prompts à aider qu'à massacrer. Même si leur apparence perturbait.

Soudain le regard de Solyane fut capté par une gamine. Elle ne pouvait pas avoir plus d'une dizaine d'année. Elle s'affairait auprès des uns et des autres. Solyane l'avait déjà vue dans les rues de la ville. A moins qu'elle ne confonde avec une autre gamine qui faisait partie de l'entourage de Locke. C'était la première fois depuis la fin de l'affrontement qu'elle repensait à son ami. A l'évocation de ce nom, une étincelle jaillit en elle, rouvrant la vanne des sentiments et des émotions. Finalement elle n'était pas vidée, juste bloquée. Elle se tourna vers la Nanthun.

- Je dois retrouver mon ami !
- Je vais t'aider.


Dragomira n'avait rien de mieux à faire. Elle avait déjà essayé de proposer son aide à plusieurs personnes mais, en dehors des Lië'jas, personne n'en avait voulu. Un peu par défaut, elle s'était alors lancé à la recherche de visage connu. Elle avait brièvement aperçue Akantha pendant le combat et avait voulu voir comment elle allait. Mais le temps qu'elle en finisse avec le Vampire et les démons qui avaient suivi, elle avait de nouveau perdu la Norphis. Et c'était sur l'Edsere qu'elle avait aidé qu'elle venait de retomber. Elle ne s'y était pas attendue mais était heureuse de constater qu'elle allait relativement bien. Du moins, aussi bien que quelqu'un de traumatisé pouvait aller. Elle eut alors envie de faire quelque chose pour elle. De lui apprendre ce qu'Erwan lui avait appris, petite, pour ne plus laisser les mauvaise choses nous faire souffrir. Il lui faudrait peut-être plus de temps qu'il n'en avait fallu à son père adoptif ou même à Arslan, au vu de l'ampleur de cette catastrophe, mais elle était bien déterminée à voir un jour le sourire fleurir sur les lèvres de cette Edsere.

Elles cherchèrent donc Locke. Solyane fit une description aussi claire qu'elle le put de manière à ce que Dragomira et elles puissent se séparer. Elle lui avait aussi, et surtout, donné le nom (ou plutôt le surnom) de Locke pour qu'elle puisse aussi l'appeler. Mais au final ce fut bien elle, Solyane, qui lui mit la main dessus.
C'est près du groupe de ceux qui avaient tenté de fuir sur des chariots qu'elle le retrouva. Non pas dans le rôle de l'aide médicale ou des distributeurs d'eau et de nourriture mais bien dans celui des blessés. L'une de ses jambes avait été sévèrement entaillée mais déjà les médecins Lië'ja s'activaient autour de lui. Il semblait donc hors de danger. Solyane accourut vers lui.

- Locke !!
- Sol !!


Le soulagement qui se peignit sur ses traits fut si intense qu'il donna l'impression d'être sur le point de pleurer. Il tendit une main vers elle et, lorsqu'elle fut près de lui, la prit carrément dans ses bras. Ignorant les protestations de ceux qui s'occupaient de le soigner, il la serra fort contre son corps.

- Par toutes les Divinités, tu vas bien ! J'avais tellement peur qu'il ne soit arrivé malheur. J'ai demandé mille fois à tous ceux que je croisais si on t'avais vue et si tu allais bien. Mais personne n'était capable de me répondre. J'ai supplié, j'ai tempêté, j'ai hurlé... Je voulais partir moi-même à ta recherche mais je n'en étais même plus capable ! Je.... Je n'aurais pas supporté de te perdre !

Solyane le laissa faire et alla même jusqu'à lui rendre son étreinte. Elle ne savait pas trop si elle devait être émue ou dégoûtée par les propos de Locke et ce qu'ils sous-entendaient peut-être. Elle trouva un compromis en se disant qu'il devait encore la voir comme une petite-sœur et qu'il était alors normal de ne pas vouloir perdre quelqu'un qu'on aimait comme sa propre famille. Elle ne pouvait, ne voulait, pas imaginer qu'il put en aller autrement. Non, si quelqu'un était fait pour partager la vie de Locke, c'était Alicia, pas elle. Finalement elle se dégagea doucement des bras de Locke et lui demanda :

- Tu as eu des nouvelles des autres ?

Le regard de Locke se baissa. Il lui raconta alors que dans ses recherches désespérées pour la retrouver, il avait croisé les cadavres de plusieurs des enfants qu'il avait extrait à la rue pour essayer d'en fait quelque chose. Même parmi les plus ancien, que Solyane avait pu fréquenter quelques temps en se joignant à la troupe de Locke, beaucoup étaient morts. Elle encaissa la nouvelle en cillant mais n'eut pas de réactions plus visibles. Locke, lui, laissa alors libre court à ses larmes. Elle en fut désolée pour lui mais ne chercha pas à lui dire quoi que ce soit. Elle n'avait pas de mots pour le soulager et n'était pas de ceux qui distribuaient des paroles creuses en pensant que c'était ce que l'autre avait besoin d'entendre. Elle lui prit la main, la pressa, et déclara :

- Et Alicia ?
- Je ne sais pas.
- Je vais aller la chercher. La connaissant, elle doit être en train d'aider tout le monde.


Locke hocha la tête. Il la retint un moment par la main avant de la laisser partir. Solyane s'éloigna. Elle vit alors Dragomira arriver vers elle.

- Je l'ai retrouvé. déclara Solyane. Merci pour ton aide.
- J'ai croisé un petit garçon Edsere qui m'a demandé si je connaissais ton ami. Apparemment il tenait à ce que je lui dise quelque chose.
- Quoi donc ?
- C'est au sujet d'une certaine Alicia et....


Solyane interrompit Dragomira pour lui demander si elle avait vu Alicia. Dragomira, elle, compris que cette fille devait également être importante pour l'Edsere.

- Je vais te montrer...

Elle ne savait pas vraiment ce qu'il y avait de plus « doux » entre le lui annoncer et la laisser faire la découverte par elle-même. Elle savait simplement que, de toutes manières, si l'Edsere réagissait comme elle, elle demanderait quoi qu'il en soit à voir le corps. Pour être sûre, pour ne plus laisser place au doute insidieux et terrible. La vérité serait douloureuse. Très douloureuse. Mais lorsque la douleur finirait par s'estomper, il ne resterait plus que la certitude.
Solyane, de son côté, repoussait encore justement les doutes qui commençaient à l'assaillir. Lorsqu'elle avait parcourut les rues, elle s'était justement dit que ces morts n'étaient pas les siens, qu'elle n'avait pas de raisons de s'inquiéter en cherchant dans le lot des visages familiers. Dragomira venait de balayer ces pensées aussi égoïstes que confortables. De toute la bande, Alicia était réellement celle qui pouvait le plus se rapprocher d'une amie, quand bien même Solyane ne s'était jamais considérée assez intime avec elle pour réellement la considérer comme telle. Elle refusait de croire qu'elle avait perdu cette amie qui n'en était pas vraiment une. Pas maintenant !

Et pourtant... Lorsque Dragomira l'amena à destination, le corps allongé contre une maison, bras croisés sur la poitrine et à moitié recouverte d'un tissu quelconque, ce fut bien la brune et douce Alicia que Solyane découvrit. Pendant un instant elle crut se vider à nouveau de tout ce qu'elle pouvait ressentir et retrouver ce vide glacial mais pas si gênant, en fait. Si on lui avait laissé le choix, elle aurait peut être préféré ça à la souffrance qui vint lui mordre le cœur pour y faire couler un acide qui n'en finirait plus de la torturer. L'absence laissée par un être cher, arraché bien trop tôt et trop rudement, elle connaissait cela depuis longtemps. Elle ne voulait plus le revivre. Voilà pourquoi elle s'était juré de ne plus jamais s'attacher à personne ! Mais la vie lui avait fait croiser la route de bien des personnes marquantes. La seule façon de ne plus jamais connaître le deuil était encore de mourir. Mais Solyane ne parvenait même pas à s'y résoudre. Lâcheté ou courage, les divinités seules savaient. Sûrement un peu des deux.

Solyane tomba à genoux près du corps de sa camarade et dégagea délicatement son visage. Elle avait voulu avoir un dernier geste tendre pour la défunte, lui dire un dernier au-revoir. Elle méritait bien quelques mots, quelque chose. Mais en se retrouvant si proche d'elle, en sentant sa peau glacée sous ses doigts, en découvrant les lèvres bleuies, Solyane se retrouva soudainement projetée des années plus tôt, lorsqu'elle s'était retrouvée seule, orpheline, errant sur les routes après le massacre de son domicile et des siens. Voilà que tout recommençait, mais avec d'autant plus de puissance qu'elle était déjà passé par là et, surtout, qu'elle était maintenant assez âgée pour comprendre toute l'ampleur de ce que signifiait la mort de quelqu'un. Solyane se mit alors à hurler, les joues baignées de larmes et se prit la tête entre les mains. Se balançant d'avant en arrière, elle n'était plus réceptive à rien, déchirée de l'intérieur par la cruauté de son passé et l'irrémédiabilité de son présent.

Témoin de ce brutal éclat, Dragomira s'agenouilla près de Solyane et la prit contre elle. Oh comme elle savait ce que l'Edsere ressentait à cet instant. Elle qui avait découvert le cadavre de son père adoptif, oublié de tous. Elle comprenait parfaitement les cris et les larmes de cette jeune femme qui voyait partir pour toujours quelqu'un de précieux. Elle ne dit rien, ne fit rien d'autre que d'être là. C'était exactement ce qu'avait fait Arslan avec elle. C'était avec des gestes et de la patience qu'il avait soigné son cœur brisé et non des mots. De toutes manières, avec les cris déchirants que poussaient Solyane, il lui était impossible qu'elle l'entende.

Soudain elle perçut des pas s'approchant. Dragomira releva les yeux. Elle découvrit alors un Aetrayel devant elle. Elle en avait vu plusieurs s'activer dans la cité. Il était grand, sûrement aussi grand qu'elle. Et lui aussi était ailé, pourtant ses ailes à lui étaient couvertes de plumes d'un blanc éclatant. Il s'agenouilla près du duo enlacé. Si la longueur de sa chevelure noire avait de quoi surprendre Dragomira, ce n'était rien à côté de la couleur de ses prunelles. Un rouge intense. Est-ce qu'un Aetrayel pouvait devenir un Norphis ? Et si oui, gardait-il ses propriétés d'Aetrayel ? La Nanthun ouvrit la bouche mais l'Aetrayel secoua la tête.

- Tout va bien ! Je vais la calmer.

Il posa ses mains aux longs doigts fins autour de la tête de Solyane et ferma les yeux. Dragomira lâcha l'Edsere en plissant les yeux tandis qu'une vive et agréable lumière se répandaient des mains de l'être ailé. Bientôt ce fut Solyane et l'Aetrayel qui furent englobés dans la lumière avant que celle-ci ne disparaisse. Lorsque Dragomira put les regarder à nouveau, Solyane était non seulement calme mais également presque sereine. L'Aetrayel la regardait tendrement.

- Les choses finiront par s'arranger. lui dit-il avec gentillesse. Je sais que ce sera dur, au début, et que les raisons de baisser les bras seront nombreuses. Mais si tu t'accroches, tu deviendras plus forte et tu pourras honorer à ta guise la mémoire de ton amie perdue.

L'Aetrayel se releva et se tourna vers Dragomira.

- Merci de t'être occupée d'elle, mais j'ai bien peur qu'elle ait encore besoin de compagnie et de soutien. Les choses ne vont pas être simples. Elles ne le sont pour personne, en ce moment, mais si nous nous entraidons, alors tout finira par aller mieux !

Solyane regarda l'Aetrayel partir. Elle se sentait beaucoup mieux, à présent. Elle sentait qu'il avait partagé avec elle toutes les bonnes choses que son cœur d'Aetrayel pouvait contenir. A commencer par la charité envers elle-même, afin qu'elle cesse de se blâmer pour tout ce qu'elle n'avait pas pu empêcher et tout ce qu'elle avait été obligée de faire pour survivre jusqu'à aujourd'hui. Mais surtout faire preuve de charité envers les autres qui avaient, eux aussi, besoin d'aide et de compréhension. C'est peut-être à cause de la charité qu'il avait éveillé en elle que Solyane ne chercha pas à rejoindre l'un des groupes prêts à se venger des Norphis et des Ulfurbes. Car sans cela, nul doute qu'elle aurait été la première à prendre les armes contre ces monstres. Elle qui avait passé sa vie à rêver de vengeance n'avait, aujourd'hui, plus goût à la traque et au sang.

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Merci à Ylan et Sora pour ce que vous m'avez fait <3

Je les aime, je suis accro...:
 
Dim 21 Mai - 21:02
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Astre - Cometa - III
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Après la pluie ne vient pas toujours le beau temps

Fruïan, la fête des récoltes - qui était censé être un évènement de regroupement pour les Esderes - avait été un désastre. Ladite fête avait rapidement tourné au massacre après l’arrivée surprise des Ulfurbes et de Norphis qui s’était attaqué directement à la ville Esderes sous l’ordre de leur reine. Il ne fallait pas non plus oublier le Cadavre ambulant qu’il avait apporté avec eux, un Mortemo qu’ils avaient réussi à contrôler grâce à de la nécromancie. Il y avait eu beaucoup de perte durant et même après ce malheureux évènement qui resterait longtemps gravé dans l’esprit des gens. Cependant, ce qui était le plus frustrant dans tout ceci, avait été l’inactivité du roi Esderes, il semblait n’avoir fait aucune démarche pour leur venir en aide, que ce soit pendant ou même après. Ou était donc le puissant roi des Esderes ? Pourquoi n’avait-il pas par apporter son aide ? Quelle avait été l’urgence qui l’avait retenu loin de son peuple ? Avait-il lui-même été attaqué à son château ? Il y avait tellement de possibilité que s’en était tout simplement frustrant. Même encore en ce moment, durant les réparations de la grand-rue, il n’était toujours pas là, la reine elfique – avec tout le respect qu’on lui devait – avait été bien plus présente que le roi.

Celaena posait ses yeux sombres sur l’Esderes qui l’accompagnait. La gamine aux traits clairs aidait à son tour la populace en difficulté. Même si Taralis avait toujours été du style solitaire – dû à une éducation vécut dans les bois – elle avait toujours gardé bon cœur. L’Astre ne pouvait pas dire, qu’elle n’était pas fière de sa fille adoptive. Malgré tout ce qui lui était arrivé, les évènements qui avaient été difficiles, sa gamine semblait garder la tête haute et regarder droit devant, mais en même temps c’était peut-être ce qui lui faisait la plus peur. Tout comme cette enfant Miusu, elle se tuait presque à la tâche. Tout le monde avait entendu parler de la fillette qui avait perdu ses parents et qui malgré tout faisait tout son possible pour garder la tête haute. Celaena n’avait pas besoin d’utiliser son pouvoir de lire la pensée pour savoir que c’était simplement une manière détournée de sa protégée et de survivre à l’horreur de la situation.

L’Astre laissait échapper un soupir, s’approchant enfin Aeronelle qui était occupée à aider déblayer des débris proches d’une maison. On recherchait encore des survivants ou des corps pour ceux à qui il manquait un membre familial. Tout en gardant le silence, elle recommence à déblayer la pille de débris. ‘’ Tu crois… Je… ‘’ Commençait Taralis avant de se taire, visiblement incertaine de ce qu’elle voulait dire. Cela tournait son regard sur elle, observant la nuque de la gamine. Même si Taralis avait 17 étés, Cela ne voyait que l’enfant qui avait manqué d’amour. Physiquement parlant, l’Esderes n’avait pas 17 ans, son corps encore frêle et délicat n’avait toujours pas été touchée par la puberté et bien souvent apportait la confusion à ceux qui connaissait son âge réel. Pourtant, quel que soit l’âge de la jeune femme, parce qu’Aeronelle était bien une jeune adolescente, elle restait toujours une enfant qui avait besoin d’amour et d’attention aux yeux de l’Astre. La grande blonde n’avait pas besoin de savoir lire dans les penser magiquement pour savoir ce que voulait dire la gamine et en moins de deux elle franchissait la distance qui les séparait pour l’attraper par le bras et la tourner vers elle.

Leurs regards respectifs se croisaient et la blonde remarquait immédiatement les larmes qui perlaient au coin des yeux de Taralis. Elle était à deux doigts de craquer sous la pression. Depuis qu’elles s’étaient réveillé la veille, elles n’avaient pas arrêté de durement travaillées, combien de corps avaient-elles découverts ? Combien en étaient ressortis vivants ? Aucun… Tout en réaffirmait sa poigne sur le bras de la gamine, elle l’attire à elle, soulevant son petit corps pour le presser contre elle. Instinctivement, la petite passe ces bras autour du cou de Celaena et venait cacher son visage dans le cou de la femme. La scène était quelque peu surréaliste, droit debout en plein centre d’une pile de débris, la blonde berçait dans des mouvements doux de gauche à droit une enfant. Malgré le visage enfoui dans le cou de sa mère, si on était moindre attentif, on pouvait légèrement entendre des sanglots étouffés. ‘’ Chut… Ça va finir par passer… Aussi douloureux que ce soi…’’ Murmurait Cela dans une voix terriblement calme. Avec précaution, Cela finissait par descendre sur le plancher des vaches et s’éloigner un peu pour trouver un coin un peu plus paisible ou réconforter sa fille.

Une fois a l’écart des regards indiscrets, Celaena prenait place sur ce qui pouvait servir de banc et serrait encore plus la petite contre elle. C’était la première fois qu’elle la voyait réellement pleurer pour se débarrasser des sentiments néfastes. Elle venait caresser sa chevelure rousse, caressant parfois la nuque de la petite. Elle sifflotait tout bas avant de laisser des mots sortir de sa bouche. ‘' Brille petite étoile, dans la nuit qui se dévoile, tout là-haut au firmament, tu scintilles comme un diamant, brille petite étoile, Vieille sur ceux qui dorment en bas… ‘' Elle ignorait si elle chantait pour Taralis, elle-même ou même pour une quelconque divinité de la protection. Étrangement, cette situation de perte humaine, de bâtiments détruit ne l’affectait pas comme elle l’aurait cru, en fait elle se sentait complètement froide face à tout ceci, mais le fait que Taralis y soit affecté la rendait mal à l’aise et frustrée. ‘’ Tu veux peut-être rentrer immédiatement à la maison. ‘’ Demandait calmement et délicatement L’Astre. La petite secouait rapidement la tête en se redressant. Son visage rougi par les larmes semblait refuser de quitter la ville. Plus d’une fois elle essayait de parler, mais ses paroles étaient coupées par les sanglots, elle finissait donc par abandonner l’idée de prononcer des mots.

Cela venait attraper son visage à deux mains, venant écraser les larmes contre ses pouces. ‘’ Je veux… Les venger… ‘’ Déclarait finalement Taralis. Le visage de l’Astre se fermait un peu, elle ne voulait en aucun cas qu’Aeronelle aillait courir la sylve aux murmures la rage au ventre et les armes en mains. ‘’ J’avais déjà l’intention d’y aller, mais je ne veux pas que tu viennes… ‘’ Déclarait doucement mais fermement Cela. ‘’ Mais… ‘’ ‘’ Il en est hors de question, tu n’es pas prête à… Tuer à nouveau… ‘’ Il y eut un silence après cette déclaration et finalement Taralis acceptait docilement l’ordre de sa mère. ‘’ Je continuerais à donner mon aide ici en attendant ton retour… Mais assures-toi de revenir… ‘’ Murmurait-elle faiblement la crainte dans l’estomac. Cela venait approcher son visage de celui de la petite, appuyant son front contre celui de la rouquine. Elles fermaient les yeux toutes les deux, profitant de ce petit moment pour se détendre un peu. ‘’ Je reviendrais toujours Aeronelle Taralis, toujours… ‘’ Déclarait fermement l’Astre. Il y avait une telle détermination dans son regard que Taralis oubliait la peur et hochait la tête en soupirant. ‘’ D’accord, je vais aider Miusu dans sa tâche et offrir un peu mon aide ici et là… ‘’ Celaena souriait tendrement venant cette fois-ci déposer un baiser sur le front de la gamine qui se callait un peu plus contre le corps de la blonde.

***

Une heure plus tard, l’Astre était habillée, amurée et équipé de tout son matériel nécessaire pour une chasse. Elle avait fait une promesse à Taralis et elle avait bien l’intention de se rendre utile et de toute façon, elle savait qu’elle serait bien plus utile dans des combats qu’à aider ici en ville. Pas que l’idée d’offrir une aide manuelle la répugnait, mais elle savait qu’elle n’était pas à sa place. Tout en s’approchant du groupe d’hommes et de femmes qui s’étaient eux-mêmes présent pour l’embuscade, Cela semblait reconnaître quelques visages qu’elle avait entrevus durant l’attaque précédente. Par respect pour certains qui avait combattu farouchement, elle offrait un hochement de tête respectueux. ‘’ Je viens me joindre à vous pour cette embuscade. Ils nous ont offert une dette de sang, à nous de leur rendre l’appareille. ‘’ Déclarait froidement la blonde. ‘’ J’aime entendre ceci ! Nous quittons sous peu pour arriver ce soir quand le soleil va être presque couché, ça va nous offrir un avantage contre ces connards. ‘’ Déclarait l’homme. L’Astre hochait la tête, se détournait pour aller rejoindre Taralis et affuter ses armes quand un visage familier traversait son champ de vision. Cette réalisation lui rappelait Ilidia, qu’elle n’avait pas eu la chance de revoir depuis qu’elles avaient été séparées. Les choses avaient tellement vite dérapé qu’elles s’étaient perdu de vue, mais elle savait qu’elle ferait tout son possible pour la retrouver et discuter avec elle. Il n’y avait pas qu’elle que Celaena voulait revoir, mais aussi Elih. Il y avait eu quelque chose de très spéciale entre elles et elle ressentait le besoin de la revoir et de la savoir en sécurité.

C’était l’homme qui lui avait porté assistance durant l’un des combats. D’un pas déterminé, elle rejoignait l’homme qui était tout simplement adossé contre un mur. Visiblement, il l’attendait. Il se plantait à un pied de lui, croisant les bras sur sa poitrine en laissant entendre la cotte de mailles grincer un peu. Une expression froide accrochée au visage, elle attendait des explications. ‘’ Je suis content de voir que vous avez remarqué ma présence, madame…’’ Sa voix était un peu arrogante, mais avec un mélange de doux et de froid, elle y détectait un certain respect mélanger à de la peur. ‘’ Et je peux demander qui vous êtes . ‘’ Retournait-elle rapidement. L’homme à la longue chevelure grise blanche laisse un sourire mi-moqueur s’étirer sur ces lèvres avant de s’exprimer. ‘’ Certains me surnomment Celui qui marche dans l’ombre, mais pour les intimes c’est Letho. ‘’ De plus près, elle détectait les longues oreilles qui ressemblaient à celle des Lië'jas, une vilaine cicatrice marquait sa joue droite et son regard gris acier était perçant et fixé sur elle. Presque aucune autre expression ne marquait son visage neutre. ‘’ Rassuré-moi, vous n’étiez pas entrain de me suivre. J’espère que non…’’ Terminait-elle plus bas. ‘’ Peut-être, je dois avouer qu’il y avait bien longtemps que je n’avais pas été intrigué par une créature de votre espère et de quelle espèce êtes-vous ? ‘’ Demandait-il poliment. ‘’ De celle qui garde ses secrets… ‘’ Grognait l’Astre. L’homme levait les mains devant lui, montrant qu’il ne voulait aucun problème avant de répliquer. ‘’ C’est que… Je dois avouer que votre race m’est un peu familière, j’ai déjà côtoyé quelqu’un comme vous. ‘’ Reprenait Letho loin de se décourager devant l’impatience.

Rapidement, l’attention de la femme était prise par celle de l’homme, exactement ce qu’il désirait. Ce qu’elle ignorait, s’était que Letho n’était pas créature à proprement parler de ce monde. Il était une entité particulière et assez rare. Mais ceci, presque personne ne le savait, seul son maître actuel et lui-même. L’homme souriait un peu plus, ainsi donc, il ne s'était pas trompé, cette femme était bien une Astre. Quand il l’avait croisé, il avait eu un pressentiment qu’elle était comme son créateur, une enfant des étoiles. Pourtant, il n’y avait pas que ceci, il avait déjà vu cette femme, en peinture. Il ne se souvenait plus très bien ou il l’avait vu, mais il se souvenait d’avoir visité un autre Norphis en compagnie de son maître et ce dernier avait peint une bien étrange scène. Celle d’une femme à la beauté saisissante, revêtant une armure argentée. Elle était dans une ville sous le clair de la lune. La ressemblance était épatante. Dès qu’il avait posé les yeux sur cette toile, il avait su qu’elle n’était pas humaine, mais son maître n’avait pas apprécié cette représentation et avait abandonné l’homme. Ce qui l’avait surtout surpris, c’était que son maître avait complètement ravagé le manoir, mais il n’avait pas une seule fois touché à la peinture.

Letho doutait que cette femme ait un rapport avec son maitre et qu’elle pourrait peut-être lui être utile, peut-être même serait-elle capable de le libérer ? ‘’ En fait, je voulais vous offrir mon aide pour la chasse aux Norphis et aux Ulfurbes que vous allez faire. Je pourrais vous être utile. ‘’ Celaena gardait le silence, incertaine de vouloir lui faire confiance. Il continuait donc. ‘’ Je vous rassure que je suis quelqu’un de loyal, mes armes seront à votre service et rien ne vous arrivera en ma présence. ‘’ Un autre silence s’installait entre eux et une nouvelle fois il était tenté de la convaincre, mais elle l’arrêtait immédiatement. ‘’ D’accord, retrouvez-moi ici dans une heure. ‘’ Il hochait simplement la tête pendant qu’elle s’éloignait sans dire un mot de plus.

***

Bien camouflé dans les buissons qui entouraient le campement des ennemis, Celaena était accompagnée du groupe d’Esderes et de Lië'jas qui avait clamé vengeance. Ils venaient à peine d’arrivé se et observaient tranquillement le groupe qu’ils allaient combattre. L’Astre ressentait un certain inconfort à ce caché, elle n’était pas habituée à utiliser la voie de la subtilité et pourtant, elle semblait avoir une certaine prédisposition. ‘’ Détendez-vous ma dame, vous vous en sortez très bien… ‘’ Murmurait au même moment la voix basée de Letho. Elle tournait légèrement la tête vers lui pour l’observer un peu. Tout au contraire d’elle, Letho s’en sortait très bien pour ce qui était de passer inaperçu, il était dans son élément. ‘’ Nous y allons quand vous le voulez ma dame. ‘’ Lui murmurait Letho. Elle hochait la tête voyant les autres se mettre à bouger et elle en faisait de même et quand le signal se faisait entendre, ils sautèrent tous sur un ennemi en question. Celaena tirait brusquement sa nouvelle épée courte, tranchant la main de Norphis. Un Ulfurbe se jetait sur elle, mais il était intercepté par Letho qui lui offrait un coup de pied dans le ventre qui le rejetait plus loin. Celaena relevait l’épée et tranchait la gorge de son ennemi avant de se jeter sur l’Ulfurbe qui se relevait. Letho s’occupait d’un autre Norphis, l’éloignant de l’Astre pendant qu’elle tranchait avec une expression haineuse l’homme. Heureusement ou malheureusement, les ennemis ne semblaient pas s’attendre à avoir de la visite, du moins ce groupe-ci. Il se pouvait fort bien qu’il y soit d’autre petit groupe comme celui-ci.

Tout en prenant une nouvelle cible, l’Astre se frayait un chemin entre les différentes races présentes, suivi de très près par Letho qui tenait respectablement sa promesse de la protéger. Elle jouait avec le feu, mais elle appréciait cette sensation d’adrénaline brûlante qui coulait dans ses veines, elle se sentait si vivante qu’elle aurait pu faire ceci toute la nuit. Cependant, malgré le plaisir qu’elle ressentait de tuer ces bâtards qui s’en étaient pris à plus faibles qu’eux, elle savait que Taralis l’attendait en ville. Cette seule pensée calmait l’esprit de l’astre, sans oublier qu’elle c’était promis de retrouver Elih et Ilidia, avec un peu de chance, peut-être que les deux femmes seraient ensemble. Une fois le mini-massacre fait, Celaena se tournait vers Letho, l’observant un instant. ‘’ Merci, vous avez tenez votre parole… ‘’ ‘’ Je vous l’avais dit, je suis quelqu’un de loyal… Puis-je vous demander une petite faveur maintenant ? ‘’ Demandait-il simplement. L’Astre plissait les yeux, mais hochait la tête, elle lui devait bien ceci. ‘’ Essayez… ‘’ Déclara-t-elle en nettoyant son épée courte. ‘’ Quel est votre nom ? ‘’ Elle l’observait un instant avant de hoche la tête, quel mal y avait-il à lui donner son nom ? ‘’ Celaena Syrkos… ‘’ ‘’ Enchanté Celaena, et j’espère réellement que nos chemins se recroiserons... ''




2 643 Mots
+6 points de caractéristiques (Celaena + 2 Affinité magique + 1 Endurance) (Taralis 3 points(x2= 6points)+3 endurance +3 résistance.)
Bonus : +1 Endurance Celaena
Codage par Libella sur Graphiorum



From chaos a star is born

I have to be rent and pulled apart and live according to the demons and the imagination in me. I'm restless.
Things are calling me away. My hair is being pulled by the stars again.”



Mer 24 Mai - 1:43
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Norphis - Abund - II
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Les cris des pauvres victimes baignant dans leur sang et suppliant aux assaillants de leur laisser la vie sauve n'était pas ce qui me dérangeait le plus dans cette attaque. Ce qui me dérangeait était que ma propre race commence à mener des assauts odieux contre une race si faible, plus particulièrement durant une fête censé être joyeuse et rempli de bonne humeur, dont le but premier était de célébrer les récoltes, le signe du prolongement de la vie. Je continuais à marcher dans les flaques de sang, à travers tous les cadavres, essayant de repérer les potentiels civils qui serait blessé et dans l'incapacité de se déplacer. Les médecins Lie'Jas était dans l'impossibilité de s'occuper de tous le monde et plusieurs blessé mourrait de leur blessure alors qu'ils étaient à deux doigts de s'en sortir. Je bouillonnais intérieurement, tandis que je traînais un énième blessée près de la zone où tous les médecins se concentrait. Je bouillonnais contre les Norphis et les Ulfurbes pour leur lâcheté, je bouillonnais contre les Lie'Jas qui était arrivé trop tard, je bouillonnais même contre les Esderes, trop faible pour se défendre. Je maudissais tellement de personne que ce soit Odaïl pour qui son peuple n'était qu'une pièce d’Échec sur le plateau de la guerre ou bien même Vladden qui était la première raison pour laquelle les Norphis était si détesté. Vouloir faire prospérer son peuple était une chose, vouloir étendre son territoire à tous Langzyliah en était une autre. Mais autant énervé que je sois, la seule chose que je n'allais pas être capable de faire quoi que ce soit. Je n'avais aucune valeur politique je faisais parties des pions les moins importants du plateau. Je ne faisais même pas partie d'une famille officiellement. J'étais juste la petite protégé du Lamia des Aisos, j'étais l'enfant qui avait fuit ses responsabilités en voulant découvrir le monde. Mais dans l'état je n'aurais jamais pu assumer pleinement mon statut. Toute fier Norphis que j'étais, j'étais surtout une femme, et dans ce monde à la moral douteuse le destin de beaucoup de femme était juste d'enfanter la prochaine génération. Encore pire, j'étais une enfant, et je n'étais même pas sur d'avoir juste l'âge d'enfanter. J'avais encore moins de valeur que la plupart des femmes. Mais malgré ma faible valeur politique, j'avais envie que les choses change. J'avais envie de faire parti de ceux qui allait changer le monde un jour. Pas dans le sens guerrier du sens, je voulais être reconnu que ce soit pour ma musique ou mes idées. Mais cela devait attendre, j'avais des Esdere à sauver de leur funeste et sanglant destin.

Il n'était pas nombreux à avoir un pouls suffisant pour survire plus de quelques minutes et ceux qui avait ce pouls ne s'en sortirai pas sans séquelle. Je passais à côté de la bête, qu'un médecin Lie'ja avait nommé "Mortemo", alors que des guerriers survivants rouaient le cadavre décomposé de la créature de coup d'épée et de pied. L'un d'eux m'invita à faire de même mais je déclinais l'offre d'un geste de la main. Je m'éloignais volontairement des centres des opérations de secours, je n'avais pas envie que l'on sache tout de suite que j'étais Norphis par peur de me faire tuer. Et même si je savais pertinemment que ça allais s'apprendre un moment où un autre, plus j'étais éloigné du gros des guerriers, plus j'aurais de chance de survivre. Je commençais à voir la porte de la ville au loin, et plus précisément des petits regroupement de guerrier. N'avaient-ils pas eu assez de violence pour la soirée ? Se devaient-ils de perpétuer le massacre ? Et qu’espéraient-ils accomplir en tuant des Norphis à par provoquer une autre représailles , entraînant une autre représailles, entraînant une énième représailles. Mais, aller les convaincre ne serait que perdre mon temps. Ils étaient aveuglés par la haine et n'allais surement pas s'arrêter selon les recommandations d'une enfant, Norphis qui plus est. Je détachais mon regard de l'assemblée guerrière qui semblait être sur le point de partir pour me concentrer sur les blessés. Ils étaient nombreux à avoir déjà péri et c'était à la limite du ridicule que se concentrer sur cette partie du champ de bataille mais personne d'autre ne semblait s'en occuper. C'était compréhensible ils n'étaient pas nombreux à pouvoir supporter une telle vision d'horreur, pas nombreux non plus à avoir le temps d'en faire quoi que ce soit. L'urgence était de soigner ceux qui pouvait l'être et non pas d'errer dans l’hypothétique découverte d'un corps sans vie qui n'avait pas encore rendu l'âme. Et dans cette marrée de corps, qu'ils soient Norphis, Esderes ou même Ulfurbes, il n'y avait pas âme qui ose manifester le fait qu'elle soit vivante. Même si les gémissements de certains me mettait sur la voie. Il fallait maintenant savoir d'où venait tous ces gémissements et surtout savoir s'ils avaient une once de chance de s'en sortir. Non pas que je ne sois pas empathique envers tous le monde mais il était clair que nous ne pouvions consacré nos ressources à tous le monde, les condamnées seront enterrés, les blessés sauvables seront sauvés.
Je repérais enfin la provenance des gémissements, il y avait un homme coincé sous un stand de marchandise effondré, un cadavre de Norphis empalé sur le bois de celui-ci. La mort était douloureuse, mais c'était encore plus douloureux de savoir que le Norphis était encore vivant. Il essayait vainement de se décrocher du bois l'empalant pour se ruer sur l'homme mais se figea quand il me vit m'approcher. J’émettais un petit rire avant de claquer des doigts pour attirer son attention. Il tourna son regard vers moi quand, à part le sang recouvrant son visage, la première chose que je vis fut des larmes rouler sur ses joues. Était-il entrain de pleurer ? Il l'avait voulu, c'était lui qui avait attaqué les Esderes après tout. Je m’apprêtais à l'achever quand il commença à parler

« Non ! Je vous en prie ! Ne faites pas ça, je vous en conjure ! »

Entonnement loquace pour quelqu'un qui s'est fa... Je n'ai rien dit, il venait de recracher une gerbe de sang sur le sol. Je souriais, oui je souriais en plein milieu d'un charnier, avant de lui répondre.

« Tu l'as cherché, tu n'avais qu'a pas attaquer les Esderes. Tu dois te blâmer ta propre mort, tu as eut le culot de suivre une offensive aussi ridiculement mal préparé. Vous vous êtes faits réduire à néant en même pas une nuitée alors que vous étiez censé les prendre par surprise. La prochaine fois faites dans l'assassinat vous auriez peut-être un peu plus de chance, Monstre »

L'homme en dessous des décombres me décocha un regard sévère tandis qu'il essayait de s'extirper de tous le bois qui le recouvrait. Tous dans son visage semblait dire "Achève ce fils de chien et sors moi de la, bon sang de bois", mais je patientais. L'Esdere n'avait pas l'air dans un état critique, et le pire qui devait lui être arrivé soit que sa colonne vertébrale soit brisé, mais vu comme il se débattait, ce n'était pas le cas du tout. Je reportais mon attention sur le Norphis qui rassemblait ses forces pour constituer une phrase correcte.

« Vous... Vous ne comprenez pas... Je n'avais pas le choix ! Il est difficile d’élever un foyer quand vous n'êtes pas encore un Indes. J'ai une femme et une enfant à nourrir ! Quand on m'a proposé de devenir mercenaire, je n'ai pas eut le choix ! Je ne savais pas que l'on devait attaquer des Esderes, je l'ai appris peu avant ! »

Sa version de l'histoire me posait un cas de conscience, si je le tuais, je pouvais être responsable de la mort d'une femme et de sa fille. Si je l'aidais et qu'il avait menti, j'avais aidé un monstre à s'en sortir. Je continuais à poser des questions dans l'espoir de pouvoir me décider.

« Si vous l'aviez appris avant le début de l'attaque, pourquoi ne pas avoir essayé de s'enfuir ? »

Il voulu rire mais c'est une autre gerbe de sang qui apparu à la place. Il perdait du sang trop rapidement, et je doutais qu'il puisse remarcher un jour. Le plus simple était d'abréger ses souffrances mais je voulais en savoir plus, aussi sadique cela soit.

« Vous êtes marrantes tiens, quand on vous place un couteau sous la gorge et que l'on vous dit que le premier déserteur servira de repas au Mortemo une fois l'attaque réussie, vous n'avez pas d'autres choix que de suivre et d’espérer trouver un moyen de s'échapper plus tard. Sauf que comme vous pouvez le voir, je n'ai pas eut cette occasion. »


Je réfléchissais, comment lui annoncer qu'il allait mourir sans le prendre en traître ? Il n'y en avais pas, et il vaudrait bien que tous cela sois rapide et précis, je m'apprêtais à finir sa vie de ma rapière quand une scène particulièrement drôle se déroula devant moi.

« Alors, Mademoiselle, allez-vous m'aider ? Je vous en supplie ! »

« Vous n'allez pas quand même aider un Norphis ? Surtout cet enflure ! »

C'était l'homme sous les décombres qui venait de parler, et il avait l'air remonté contre le Norphis. Ils avaient l'air de se connaitre aussi.

« Si t'étais pas aussi con Albert, on en serait pas...

Il cracha une nouvelle fois du sang

...pas la tous les deux ! »

Mais qu'est-ce qu'il se passait ici ?

« Je te signale, Frédéric, que quand ton frère arrive en pleine attaque Norphis après dix longues années disparu pour ensuite me dire qu'il est devenu Norphis lui-même, je vais pas lui déballer le tapis rouge ! »

Cette scène était désagréablement familière mais elle restait très drôle à apercevoir. Un peu d'humour dans un charnier, il n'y a rien de tel. Ils avaient l'air d'être de la même famille.

« J'essayais de t'avertir ! Tu va pas me mettre sur le dos le fait de vouloir te sauver ! Et toi la seule réaction que tu as c'est de te jeter du deuxième étage en m'emportant avec toi ! Enflure ! »

Bon ce n'est pas comme si j'avais tous mon temps devant moi.

« Me traite pas d'enflure ! Papa à toujours dit que c'était toi l'enflure !

« Commence pas avec Papa, je te signale que Maman....


Pendant au moins deux bonnes minutes, un mourant et un blessé était entrain de s'insulter à tout va sous mon œil amusé. Mais cela n'avait que trop duré, il était temps d'en finir.

... C'est toi le plus gros enfoiré Albert ! »

« Au moment où je sors de la-dessous je te jure je te fait bouffer tes coui... »


« Fermez-la ! »


Aussi jeune fille "innocente" que je sois j'avais grandi dans une auberge où bagarre de client et engueulade était monnaie courante, je pouvais déblatérer des insultes pendant des heures et des heures mais la simplicité et l'efficacité était mon credo.

« Toi ! Le Norphis ! Je suis désolée mais je peux rien faire pour toi »

Ma rapière plongea dans sa gorge avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit, alors que son frère eut un rire graveleux.

« Ah ! Bien fait saloperie de suceur de sa... »

« Je t'ai dit de la fermer ! »


« Mais... »

« Ferme ta saloperie de gueule où je te jure je te fait bouffer le sol sur trois kilomètres avant de t'enterrer vivant ! Compris ?! »

C'était parfaitement ce dont j'avais besoin. J'avais besoin de me relâcher. La pression des combats avait été intense et il fallait à tout prix que je pense à autre chose et insulter quelqu'un de tous les noms était la parfaite thérapie.

« Compris Mademoiselle, si vous pouviez juste me sortir de... »

« Qu'est-ce que je vais dire ? »

« Que je dois me tai... »

« QUE TU DOIS TE TAIRE OUI ! Donc qu'est-ce que tu fais ?! »

« Je.... Je me t... »

« EXACTEMENT ! Tu te tais ! »

C'était un suprême délice que de faire cela. Je continuais à l'insulter de tous les noms jusqu'à ce que je le sorte de sous les décombres et même après cela, pendant que je l'accompagnais jusqu'à un endroit un peu plus sécurisé. J'observais avec étonnement que les médecins avait mis en pratique un rythme d'usine et ils étaient de plus en plus rapide. Parfait. Malheureusement je ne pouvais pas me permettre de rester dans la Terre des Rescapés plus longtemps. Une organisation, bien qu’extrêmement chaotique, était entrain de se mettre en place et il ne tarderait pas à mettre en place une réelle garde pour protéger l'entrée de la Terre des Rescapés. Je me faufilais donc à travers de ce qui restait du champ de bataille avant de m'approcher de la porte. Le groupe de guerrier de tout à l'heure avait décampé et il n'y avait que quelque garde encore désordonné qui achevait des Norphis qui n'avait pas eut la bonne idée de se cacher comme beaucoup d'autres de mes congénères avait put le faire. Un des gardes se tourna vers moi avant de me dire.

« Ma petite, qu'est-ce que tu fais la ? Tu devrais rentrer chez tes parents et surtout changer de vêtements ! On te prendrai pour une Norphis comme ça. »


Apparemment il n'était pas familier avec le fait que les Norphis pouvaient aussi avoir une apparence enfantine. Je me contentais alors de répondre.

« Je m'en vais justement rejoindre mes parents, ce sont des fermiers, ils vivent en dehors de la Terre des Rescapés. Merci pour le conseil à propos des vêtements mais c'était pour me cacher des Norphis que j'ai fait ça, je me changerai une fois chez moi ! Que vos prochains jours soient meilleurs ! »

Il hésita quelques secondes avant de dire.

« Attends ! Petite ? Tourne toi vers m... Oh et puis laisse tomber ! Passe une bonne soirée malgré tous cela, et reste forte ! »

Je continuais ma route sans me faire arrêter, et j'en ai été extrêmement contente. Il allait falloir que je passe à l'auberge un autre jour. Pour le moment je ne savais pas encore où me diriger, peut-être vers le Continent Diapré, j'avais entendu parler d'une arène qui accueillait des combattants dans la ville de Synkaalia. Je n'étais pas franchement enjoué par tous les combats mais c'était surtout le cadre plus conviviale qui m'attira. Et puis les Ashrynes n'était pas réputé pour leur racisme donc c'était une bonne occasion de faire de connaissances avec ces êtres dont je ne connaissais pas grand chose. Néanmoins le voyage allait être long, et j’espérais secrètement pouvoir croiser quelqu'un comme Dragomira sur le chemin, pour rendre celui ci plus beau encore. Peut être devrais-je songer à me reposer aussi, cela devait bien faire un jour entier que je n'avais pas dormi. Enfin ! J'aviserais de par moi-même, comme j'avais l'habitude de le faire. Le paysage se fit plus rafraîchissant, au lieu d'un carnage j'avais de moi une magnifique nature verdoyante, bercé à la lumière de la lune. Cela m'inspira et je sortais mon Luth de mon sac sans fond avant de commencer à jouer un air que je connaissais parfaitement. Ce n'était pas prudent avec tous les Norphis qui traînaient dans les environs mais j'en avais que trop envie. C'était, après tout, la seconde raison pour laquelle j'étais venu à la Terre des Rescapés : La Musique de Fruïan.

2562 mots : Gains : 6 PC+1 PC (Bonus Fruïan) : +2 Fermeté Psychique, +1 Puissance, +2 Adaptation, +2 Contact Social
Mer 24 Mai - 5:21
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Edsere - Praesium - II
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Le noir, le silence et le doux réconfort qu’apportait le sommeil étaient incroyablement réjouissants. Chez les Edseres, le sommeil était une partie très importante de la récupération. Sur ce point, je ne faisais aucunement exception. La bataille avec le Mortemo et les nombreux vampires m’avait définitivement poussé à bout. À ma connaissance, il était rare que j’accédais au sommet de mes capacités physique que j’étais en mesure de sombrer si loin dans ma folie. Pour en revenir au présent, quelque chose de particulier me fit sortir de mon sommeil profond. Au départ, je me contentai de faire une grimace de douleur en sentant une pointe ronde me rentrer dans les côtes en me disant qu’elle cesserait tôt ou tard. À mon plus grand désarroi, la chose me tâtonna encore à plusieurs reprises. Elle finit par me faire ouvrir les yeux tout en me tirant de mon sommeil réparateur. Malgré la noirceur s’imposant de plus en plus et la lumière du jour s’éclipsant pour laisser place à la lumière de plusieurs feux ici et là, j’eus au départ de la difficulté à regarder et à reprendre conscience des événements autour de moi. Ma vue était encore trouble et je penchai la tête sur les deux côtés pour remarquer qu’il n’y avait que ce qui me semblait comme des cadavres autour de moi. La sensation de tâtonnement reprit de nouveau et après une dizaine de secondes ma vue s’éclaircit. Je remarquai alors une femme avec un bâton me regardant les yeux grands ouverts. Je la regardai en plissant des yeux, toujours en me questionnant sur ma situation actuelle et sur les événements qui s’étaient déroulés

- Seigneur Dieu ! En voilà une surprise, vous êtes encore parmi les vivants ou vous êtes une sale bête ?

La femme ne se gêna aucunement et m’ouvrit la bouche en cherchant des canines. Voyant visiblement que ma dentition était normale, celle-ci approcha ses doigts de mon cou pour tâter mon pouls. Je la regardai faire, encore plus ou moins conscient des évènements qui m’entouraient. Après un certain moment, nos yeux se croisèrent et je déglutis difficilement. Ma gorge était aussi sèche qu’un désert et je ressentais des picotements à travers mon corps.

- Où suis-je ? Pourquoi quand et comment ?

La femme me jeta un coup d’œil de nouveau. Malgré mon état plutôt semi-conscient, sortant encore du monde de l’inconscience, j’interprétai ce coup d’œil comme étant anxieux avec une légère tristesse. La femme détourna la tête et pointa au loin un énorme cadavre d’une bête à fourrure noir. Je plissai des yeux à mesure que ma vue redevint normale. Soudain, tel un coup au visage ou un flash incroyable, tous les souvenirs récents de la fête des Edseres ainsi que de la suite, aussi catastrophique soit-elle, des évènements me revinrent en tête. Le goûter, Fyn, la blonde, la danse, les vampires, la bête, la mort, le sommeil. Je relevai mon haut du corps en un bond et je grimaçai de douleur en me penchant légèrement vers l’avant tout en appuyant sur ma blessure de l’épaule droite avec ma main gauche. Après quelques secondes, j’enlevai ma main en regardant la blessure que je m’étais fait auparavant. Apparemment, celle-ci s’était aggravée et le sang coulait de nouveau de celle-ci. Je regardai ma main devant mes yeux, complètement couverte de sang, avant de regarder le Mortemo au loin. Peu à peu, la situation se concrétisa dans mon esprit. Après la bataille, je m’étais évanoui parmi les cadavres. Je ne savais pas exactement combien de temps j’avais dormi, mais il ne faisait plus jour et la nuit commençait à tomber. Je calculai rapidement le temps d’origine sur l’heure actuelle pour en conclure que j’avais dormi quelques heures seulement. Une main se posa doucement sur mon épaule valide, rompant le cours de mes pensées. Toujours concentré sur ma blessure qui me faisait souffrir, je ne pris pas la peine de tourner la tête pour reconnaitre la personne, allié ou ennemis. Par contre, j’entendis la même voix chaleureuse m’ayant tiré de mon sommeil.

- Venez avec moi, je vous croyais mort avant de vous entendre ronfler. Vous auriez pu trouver un meilleur endroit pour la suite que des cadavres !
'' Elle regarda mon épaule en se mordant la lèvre'' Bha dit-donc ! Vous êtes presque en un morceau.

Sa remarque me fit rigoler, ressaisissant l’emprise de la douleur sur mon corps. Par réflexe, je me mordis la lèvre inférieure dans l’espoir de transférer la douleur de place. La femme m’aida par la suite à me relever tranquillement, au même rythme que mes grimaces se succédant. De nouveau debout, je regardai autour de moi pour remarquer une fois de plus l’horreur et l’abomination du paysage nous entourant. Définitivement, de sombres et graves projets se cachaient derrière ce genre d’attentat. La femme m’ayant aidé commença alors à se diriger vers un petit groupe d’humain, en marchant maladroitement entre les nombreux cadavres jonchant la rue. Je regardai rapidement mes vêtements pour me rendre compte qu’ils étaient tâchés de sang. De plus, une mèche de cheveux me tomba sur le visage. Je remarquai que celle-ci était rouge, et contrairement à leur habituel blond, ceux-ci était crouté en un morceau de sang que je qualifierais de plutôt nauséabond. Je soupirai et je tentai de la souffler de mon visage à l’aide de ma bouche.

Tout en grimaçant de douleur, je saisis mon épée de ma main droite. Étant donné que ma main gauche avait déjà mon targe et empêchait mon sang de se vider sur le sol, il ne me restait plus qu’une main pour transporter mon épée. Je commençai alors à suivre ce qui me semblait être une guérisseuse en jetant des regards plus ou moins certains autours de moi ainsi que dans l’obscurité du sang et des cadavres étendus ici et là sur le sol. Ils n’avaient visiblement pas la même chance que moi de s’en servir comme lit, mais plutôt comme leur tombeau. Je traînai mon épée sur le sol, tentant de m’approcher plus rapidement de la femme. Après avoir traversé une trentaine de mètres et probablement éventrer une trentaine de cadavres parce que je n’avais pas eu la force de lever mon épée lors de mon passage, j’arrivai enfin au petit groupe me regardant de haut en bas. Deux d’entre eux grimacèrent, ayant visiblement pitié de mon état sanglant et de mon odeur s’apparentant au début de la décomposition de mes colocataires de sieste. La femme me montra alors du doigt une petite table ou m’allonger. Je suivis ses instructions et je m’allongeai sur la table, laissant mon épée tomber contre le côté de celle-ci. Rapidement, les personnes que je ne saurais identifier s’agitèrent et s’échangèrent des seaux d’eau rempli. Ils le passèrent rapidement au-dessus du feu dans le but de la réchauffer. Je déglutis difficilement, toujours parce que j’avais la gorge sèche. De plus, j’avais une petite idée de ce qu’il s’apprêtait à faire. Je me doutais bien que la femme, commençant d’ailleurs à sortir son arsenal, s’apprêtât à recoudre ma blessure. L’eau bouillit, elle, devait servir pour enlever un maximum de crasse et éloigner les infections de ma plaie. Sans même me prévenir, un homme arriva et me vida le contenu bouillant sur le haut du torse ainsi que sur le visage. Je plissai des yeux en serrant les poings sous cette chute d’eau brûlante. L’homme profita de ma courte cécité pour me vider un autre seau d’eau, mais cette fois-ci sur ma blessure. Un cri de douleur s’échappa de ma gorge et je tentai vainement de me redresser avec le peu d’énergie qu’il me restait. Je me contentai de fermer les yeux en commençant à respirer plus bruyamment et plus rapidement.

Je sentis alors une main douce se poser sur ma joue encore chaude suite à ma courte douche bouillante, une voix douce et apaisante me glissa des mots rassurants à l’oreille avant de m’insérer un morceau de tissu dans ma bouche. Il ne m’en fallut pas d’avantage pour comprendre qu’aucun ange ne viendrait me guérir de ses soins apaisants et que j’étais aux prises avec la médecine traditionnelle douloureuse et sanglante des Edseres. Je tentai de reprendre le contrôle de ma respiration nasale en me disant que cette opération, aussi douloureuse soit-elle, elle beaucoup moins catastrophique que la mort ou pire encore, la transformation en Norphis.
La suite des évènements se passa dans la plus grande et pire façon de procéder qu’il soit. Le simple fait de sentir des aiguilles chaudes me transpercer la peau avec des fils dans le but de me recoudre me fatiguait. La douleur m’arrachait littéralement l’énergie qu’il me restait alors que j’essayais de me débattre face à mes alliées tentant de me soigner. Sentir des aiguilles vous traverser le corps à plusieurs reprises, et profondément, n’avait rien  d’agréable. Tout comme l’extraction de petits bouts de chairs morts à l’intérieur de ma blessure. La femme termina enfin son travail en brûlant par ici et là la blessure avec un fer brûlant dans le but de la refermer parfaitement. Cette brûlure, après tout ce que j’avais enduré, apparu comme le soulagement, la délivrance de cette torture. Les deux hommes me retenant me lâchèrent finalement et je crachai le morceau de tissu à ma droite, restant allonger sur la table en prenant de grande bouché d’air. La femme se pencha par-dessus ma tête et me regarda en me disant :

- La vache, rester conscient avec une opération de ce genre, tomber dans les pommes auraient été moins pénible pour nos oreilles et notre conscience. J’espère que vous êtes conscient que ce n’était pas de la torture, mais des soins…


Je me redressai à l’aide de mes coudes et je m’essuyai le mélange de sueur et d’eau chaude sur mon front.

- Pardon d’avoir été aussi difficile à traiter, je crois que c’est la fatigue. Je dois avouer que je n’ai pas l’habitude de subir ce genre de traitement.

Je toussotai légèrement en souriant de nouveau. Maintenant, la douleur était encore présente mais beaucoup moins handicapante. Un des hommes barbus me tapota l’épaule valide en me souriant timidement. Son regard exprimait une certaine joie et celui-ci m’avoua qu’il était heureux de me voir debout et non aux côtés des morts, qui l’attristait au plus haut point. Je hochai la tête en cessant de sourire, pour prendre un air plus désolé. Je ressentais un certain poids sur mes épaules. Je me demandais si j’avais bien agi. Peut-être que j’aurais pu faire mieux, ou agir davantage en bien pour les citoyens. Après tout, je doutais de plus en plus que mes qualités et mes valeurs chevaleresques avaient été bonnes dans le contexte. La mort était quelque chose d’omniprésent, mais le fait de voir autant de mes frères et de ma race morte me troublait. J’avais l’impression de portée le poids du monde et de ses pertes sur mes épaules, alors que relativement, je n’étais pas le seul dans cette histoire et qu’il y avait des acteurs et des enjeux beaucoup plus puissants et important que ce que mon épée et ma détermination me permettaient de trancher. J’avais l’impression de ne pas avoir accompli mon devoir. Une certaine part de moi savait qu’il y avait quelque chose d’important, probablement que j’avais manqué ou que je n’avais pas accompli, qui était d’une importance capitale. Mon regard continua à se plonger dans le vide alors que je tentais de me repasser mes souvenirs récents avec une plus grande attention dans le but de trouver ou de repérer ce qui me semblait étrange important. L’étrange impression d’avoir un mot sur le bout de la langue, mais de ne pas le trouver m’assaillis. Celui-ci s’accompagna par la suite d’un mal de tête, probablement causé par la fatigue, alors que mon regard se déplaça en direction de ma guérisseuse.

- Et Lumen ? La commandante ? Elle va bien ? Quels sont ses ordres pour la suite ? Et la reine ? Les Norphis ?

La femme soupira de nouveau et se gratta les tempes en fronçant les sourcils. Elle me raconta par la suite ce qui c'était passé pendant que je reposais dans l’inconscience. Elle et son équipe avaient soigner plusieurs vies et elle n’avait que très peu de nouvelles en lien avec Lumen, Odail, etc… Elle savait seulement que le peuple était davantage en sécurité et qu’un groupe était parti en direction des vampires. Cette révélation me poussa légèrement à réfléchir. Je me doutais bien que l’idée de la vengeance et de la colère fût bien plus tentante, surtout après avoir vu autant de perte humaine, mais le fait d’attaquer systématiquement la fuite des bêtes sanguinaires pouvait se montrer dangereuse. Les paroles du vieux dragon que j’avais croisé plus-tôt me revinrent aussi à l’esprit. La guerre pouvait être considérée comme un jeu pour certain, forgeant le peuple sans même qu’il le remarque. Je me doutais bien qu’il y avait un plan derrière mascarade, ou éventuellement un piège. Mais, ce qui était certain, c’est qu’un plan sombre se dressait devant nous. Il y avait là probablement l’œuvre d’un stratège, ou d’un fou, pour avoir les moyens et la force de relevé un Mortemo d’entre les morts et de blesser la commandante sans que celle-ci soit en mesure de riposter. Toujours en réflexion, je saluai chaleureusement les soigneurs et je jetai un rapide coup d’œil à la table de sang ensanglanté avant de me diriger en direction de la ville. Je pris la peine de serrer mon épée dans son fourreau, même si une douleur se fit ressentir, avant d’accélérer légèrement le pas. Une partie de moi désirait chercher des preuves et d’informer dans le but d’en savoir d’avantage et de régler ce problème d’une façon la plus pure possible. Mais la fatigue, omniprésente et pesante sur ma conscience, me criait d’aller me reposer et de me détendre. Ce cri de désespoir était poussé aussi par mon corps, ne désirant que s’allonger et reprendre l’entièreté de ses forces dans une taverne auprès d’alcool et de boisson. L’idée de boire me fit sourire, alors que je m’approchais de plus en plus d’une zone sécuritaire, même après une si grande et si malheureuse journée,je me disais que ma nature Edsere ne changerait jamais.


(…)


Après ce qui me semblait être une éternité, j’arrivai enfin dans une taverne et je saluai le chef qui était une connaissance. Celui-ci me regarda, ahuri, mais compris rapidement d’où je venais et pourquoi j’étais amoché. Après tout, les rumeurs se promenaient rapidement et j’étais persuadé que mon ami savait pertinemment ce qui c’était passé. Je déposai mes objets dans le coin de ses appartements et j’échangeai quelques paroles avec lui pour lui faire comprendre mon besoin impératif de me reposer. Celui-ci accepta sans broncher, moyennement finançant une certaine somme pour l’utilisation d’une pièce de sa taverne. Je rentrai dans la pièce louée et j’enlevai le reste de mes vêtements intacts, pour de pas dire complètement fichu et en bordel, avant de me diriger vers le bain en bois. Je le remplis rapidement d’eau avant de me dénuder et de plonger dans celui. Je fermai les yeux, savourant la chaleur raisonnable et réconfortante qui relaxait mes muscles. Je penchai la tête en tentant de tirer une conclusion des évènements qui s’étaient passés. Malheureusement, ma colère intérieure criait toujours autant vengeance alors que ma raison me poussait à trouver la clé à cette énigme. C’est sur ce même débat intérieur que ma conscience commença à se retirer peu à peu. Je sortis alors de mon bain, en grimaçant, avant de me coucher pour de bon sur le lit, en espérant une bonne nuit de sommeil.

''Sacrée journée de merde’'

2600 mots et récompense:
 


Mer 24 Mai - 7:15
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