[Quête] Un rire bien angoissant

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Norphis - Sitien - I
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« Minou sauves moi ! »
UN RIRE BIEN ANGOISSANT
La journée avait été encore bien remplie. Une nouvelle victime était tombée dans mes bras grâce à mes talents de comédienne. Ce nouveau sang frais ayant comblé mon appétit, je m’empressais de le noter dans un carnet spécial. Le chef étant abonné au absent, j’ai eu l’idée de consigner mes exploits pour au cas où il déciderait de faire une apparition. Il devrait lire tout d’un coup. A force, ce n’est pas un mais deux ou trois rang que je gagnerais. Cette idée était approuvée par mes parents, qui éprouvaient le même sentiment d’agacement que moi.

Bref, après lui avoir remit le précieux carnet, ma mère me félicita et me gratifia d’un baiser sur la joue. Mon père quand à lui d’un sourire. J’étais fière de ma prestation, jusqu’à ce que ma mère fasse remarquer que mon frère avait fait aussi bien que moi. Non que ça me dérange, au contraire, j’étais fière que notre famille se fasse reconnaître. L’inconvénient est que c’était mon petit frère et qu’on était tout deux au même point. Devinez donc qui s’élèveraient au rang supérieur en premier ? Non le dicton « les dames d’abord » ne fonctionnait pas chez nous. De plus, il était déjà choisi pour être le mari d’une autre famille. Mon mariage passerait donc après le sien. En clair, j’étais l’aînée mais passait après tout le monde car seule femme de la portée.

Je remontais donc dans mes appartements mettre une tenue moins luxueuse car je comptais ressortir, mais pour une toute autre mission que me repaitre de sang. Je descendis et embrassait mes parents, ma mère dit avec déceptions :

« - Tu va voir encore ton meilleur ami.
- Oui mère.
- Je n’aime pas ce ton comportement. Tu nous ne l’as jamais montré !
- Si je ne vous le montre pas c’est pour pas qu’il termine en repas.
- Tu m’inquiètes. Ce n’est pas un amant quand même ?! Tu es promise !
- Ne vous en faites pas mère ça ne risque pas.


»

Je filais avant que la situation ne s’envenime.  Je pris la direction de l’antre des brumes et m’enfonça dans la forêt. Je chassai une bonne vingtaine de mulots, souris et autres petits rongeurs en guise de repas pour Minou. En deux heures, j’arrivais à destination.

L’atmosphère était étrange. Un brouillard, aussi opaque qu’un mur, envahissait les lieux. La météo avait pourtant clémente durant la journée. Bon…tant pis. Je m’engageai dans cette purée de poix, utilisant mes sens pour me diriger.

L’ambiance était plus que lugubre. Même moi qui vivait dans un environnement sombre j’angoissais à l’idée d’être ici. Quelque chose clochais, mais je ne savais pas encore quoi.

Trop enfoncée dans le brouillard et ne parvenant plus à me repérer, j’appelais Minou. Le silence pesant fut ma seule réponse. Minou devait roupiller dans un coin et ne pas m’entendre. J’avançais donc tout en continuant de l’appeler, espérant qu’il finirait par m’entendre et me rejoindre.

Soudain, je sentis quelque chose passer à très grande vitesse. Je me retournais, mais je ne vis rien.

« Minou ? »

Le silence. J’avais peut être rêvé. Pourtant j’avais bien dormi. Le sang que j’avais bu tout à l’heure ? Il ne m’a pas paru empoisonné. Pourvu que je n’ai rien fait mettant ma santé en danger.

Je devenais complètement parano. Il fallait que je me calme. Je fermai les yeux et pris une grande inspiration, le temps de reprendre mon sang froid. Mais un bruit de pas me fit sortir de mes pensées. Du coin de l’œil, je cru voir quelque chose bouger. En me retournant, la chose avait disparu. Décidément, ces lieux devenaient vraiment étranges. Il valait mieux partir, je reviendrais demain si les choses étaient de nouveau clémentes.

Je commençai donc à faire demi-tour, mais à travers le brouillard je vis une ombre, assez petite, me faire face. L’ombre émit un son, des rires ou des pleurs ? Je ne réussi pas à faire la distinction. Je pensai donc que c’était un enfant perdu. Humain ou vampire, il fallait le ramener chez lui ou du moins le sortir de là. Je lui posais donc la question :

« ça va ? »

Mais l’ombre disparu en un éclair.

« « Hey ! Attends ! Je vais t’aider ! »

Je couru en direction de l’endroit où l’ombre était il y a quelques minutes. Je ne voyais strictement rien, mais j’entendis ses pas de courses et les suivaient. Je m’arrêtai lorsque je n’entendis plus rien. La course avait duré cinq minutes. J’étais légèrement essoufflée, mais encore bien.

Des rires vinrent de tout part. Je ne pu distinguer l’endroit exact d’où venait ces rires. Je commençais à avoir peur. Soudain, je distinguai l’ombre se matérialiser à moins d’un mètre devant moi. Soulagée de la voir mais agacé qu’elle me fasse tournée en bourrique, je m’avançai vers elle en tapant des pieds et les poings serrés :

« - Sale petit sacripant ! Tu vas voir !
- Hi hi ! Iliana…
»

Je me stoppai net. Comment connaissait-il mon nom ? J’étais pourtant assez discrète dans mon clan. Le peu d’enfant que je connaissais était ceux de ma famille et de quelques amis de mes parents, mais aucun n’avait cette voix là. Je demandais, paniquée :

« Qu…qui es-tu ? »

L’ombre commença à s’avancer vers moi. Plus elle se rapprochait, plus je vis que ce n’était pas humanoïde ni animal. Je n’avais jamais rien vu de tel. C’était indescriptible.

Je fis demi-tour et commença à courir. Il fallait que je sorte de là avant d’y laisser ma vie. Je ne voyais strictement rien mais je savais que la chose me poursuivais, je le sentais. Dans ma course, je percutai violement quelque chose du pied ce qui me fit m’étaler de tout mon long sur le sol de pierre.  Le côté de ma tête frotta le sol et ma besace déversa son contenu. Un miaulement aigu suivi d’un grognement me ramena à la réalité. Je me relevai, la figure douloureuse en sang, découvrant ce qui m’avait fait chuter. C’était Minou, il me faisait dos et son pelage brillait. Visiblement, lui aussi avait repérer la créature et il savait qu’elle était nuisible. Je fus si soulagée de le voir :

« Minou ! Enfin t’es là ! Et tu vas bien ! »

Mais Minou ne me regarda pas et grognait toujours dans la direction opposée. Je ne pouvais pas le toucher car la chaleur des flammes de son pelage risquaient de me brûler. Je regardai dans sa direction et vit l’ombre apparaître. Je hurlai :

« Minou dépêche toi il faut qu’on sorte de là ! Allez grouille ! »

Minou me regarda, j’étais effrayée. Je savais que si on ne sortait pas de là on allait y rester. Il passa alors devant moi et me montra la direction. Son pelage brillant permettait d’y voir un peu plus clair à travers ce brouillard.

Enfin, nous sortîmes de la brume et nous enfonçâmes dans la forêt. Mais nous continuâmes de courir car trop effrayé que la créature nous poursuive. Nous nous arrêtâmes enfin, certain d’être à l’abri. J’étais essoufflée, j’avais couru trop longtemps. La tête me tournait et mes poumons avaient du mal à inspirer de l’air. Je m’adossai à un arbre et me laissa glisser au sol, le temps de reprendre mon souffle.

Des bruits en hauteur attirèrent mon attention. Je relevai la tête et vis des félandres perchés en haut des arbres. Il y en avait des centaines et tout autant au sol. Tous regardaient en direction de l’épais brouillard de l’antre des brumes et grognait d’une manière menaçante.

« Ils ont étés expulsés par cette chose »
pensais-je.

Je sentis de petits coups de langues sur mon visage. C’était Minou, visiblement calmé et inquiet de mon état. Je le caressai et lui dit calmement :

« Je crois que je te dois un grand merci »

Minou ronronna de plaisir et de soulagement.

Reposée, je me relevai et sorti le peu de proies qu’il me restait. Je les distribuais aux quelques félandres qui m’entouraient dont Minou. Je repartis ensuite chez moi. Minou ne me suivant pas, je compris qu’il allait rester avec sa meute pour surveiller le monstre. Je lui dis alors :

« Viens me voir quand l’endroit sera sûr. »

Minou acquiesça d’un miaulement.

En rentrant, ma mère sortit de ses gonds en voyant mon visage. Je fus privée de sortir seule, telle une enfant. J’eu envie de riposter, mais après ce que je venais de vivre, je n’avais moi non plus envie de sortir seule à nouveau.

Néanmoins, cette aventure ne fut pas veine. Des courageux se portèrent volontaires pour aller enquêter sur place car il ne fallait pas que la bête arrive ici. De plus, cela réduisait notre terrain de chasse, ce qui était inconcevable pour nous.

On me soigna puis je remontai dans ma chambre. L’aube se levait mais je peinais à trouver le sommeil. Je priais pour que Minou aille bien et qu’il m’apporte une bonne nouvelle.


Fiche par Sánsa ; sur Never-Utopia



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Mer 17 Mai - 19:15
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