[Quête Solo ] Brume et Soleil

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Aetrayel - Avium - II
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Blessée et ne pouvant s'envoler, cela faisait des heures que Kaëlyra Leen Kaelle errait seule dans le brouillard.  Partout où ses yeux pouvaient regarder, les minuscules gouttelettes d'eau qui se prenaient dans ses cils  avaient crée un nuage blanc qui semblait n'avoir pas de fin; elle avançait dans cet univers en aveugle. Dans ce brouillard prégnant ne  perçait pas un rayon de soleil.

Il lui semblait que cela faisait une éternité qu'elle avait quitté l'Astre.  Ce brouillard, sans lui, ressemblait au néant. Comment avancer sans le soleil, sans sa clarté ? Ce n'était pas seulement ses yeux qui avaient besoin de lumière pour voir, mais son cœur et son âme.

Ce brouillard ne la rendait pas seulement aveugle, c'était comme s'il sapait ses forces, annihilait sa pensée, tuait son espérance. De façon progressive, infime et muette, elle se sentait étouffer peu à peu, mourir de l'intérieur, privée de cette lumière et cette chaleur dont elle avait besoin pour vivre. Cela ne faisait que quelques heures qu'elle errait, mais c'était comme si cela faisait des jours.  Plus le temps passait,  plus il lui semblait que son âme devenait diaphane, plus le rire vacillait dans sa certitude et devenait une lueur plus infime. Le silence, brisé par les bruit de rocaille sur le sol sous ses pieds,  régnait en elle; les mots qui lui étaient si chers la désertaient. Elle ne croyait plus qu'elle pouvait l'être, elle même, rayonnante.  

Le désespoir l'engourdissait. La dernière fois qu'elle avait vu l'astre n'était pas si lointaine, mais dans cette brume si épaisse elle peinait à se rappeler la chaleur de ses rayons, et son cœur souffrait. Il semblait à Kaëlyra qu'elle était perdue depuis si longtemps... A tel point qu'elle en venait à douter des choses les plus évidentes,  à tel point que sa pensée, ce qu'il en restait, prenait une forme étrange. Te reverrais-je bientôt, toi mon soleil ?

Les ailes abîmées, elle avançait malgré tout, sans rien voir, en trébuchant, sans savoir où cela allait la mener, et cela lui rappelait son passé. Refusant de s'y arrêter, ses pensées refluaient vers d'autres points, puis s'arrêtaient inertes. Comment avait elle pu s'égarer ainsi, se retrouver dans une telle situation ?

Si elle ne pouvait s’envoler, peut-être devrait elle essayer de revenir en arrière. Difficile de s'orienter dans cet environnement. Si seulement elle avait eu une boussole. Ou si ses ailles n'étaient pas abîmées,  ou s'il y avait eu un arbre , elle aurait pu tenter de grimper au sommet,  et voir tout cela d'en haut, échapper au brouillard et retrouver sa route. Enfin... tenter de retourner sur ses pas était certainement la meilleure solution.

Les pieds douloureux à force d'avoir tant marché en aveugle sur ce sol inégal, c'est ce qu'elle fit, avec l'espoir vague qu'elle allait dans le bon sens, et qu'elle ait plus de chance de retrouver son chemin ainsi, ou de tomber sur quelqu'un qui pourrait l'aider à quitter ce lieu.

Combien de temps s'écoula depuis le moment où elle prit cette décision jusqu'à celui où elle aperçut la première lueur ? Elle venait juste de marcher dans une flaque d'eau froide, ses pieds étaient trempés lorsqu'elle la vit : une lumière lointaine, brouillée, légère, qui bougeait. Quelqu'un avançait il avec une lanterne ? Elle appela : personne ne répondit. La personne était elle sourde ? Ou n'avait elle seulement pas entendu ? Surprise mais assimilant cette lueur à un espoir, Kaëlyra alla dans cette direction, et soudain elle vit une deuxième lumière, puis une troisième; elles vacillaient comme des flammes, atténuées par la brume. Cela rappela à l'ange une procession. Elle approchait peut-être d'un village. Malgré ces lueurs, elle y voyait de moins en moins, mais elle se sentait à moitié sauvé : elle n'avait qu'à les suivre pour atteindre le village probablement. Le cœur un peu réchauffé, elle continua d’avancer dans leur direction.

Le brouillard semblait être moins épais, plus elle avançait, plus il se dissipait et se divisait en chapes de brume, elle apercevait à nouveau son environnement par bribes: quelques arbres fins de temps à autre, de hautes herbes, et des flaques d'eau de plus en plus fréquentes, comme si elle approchait d'une zone marécageuse ou inondée récemment par la pluie.

Une des lueurs s'arrêta soudain - peut-être la personne était elle fatiguée de marcher ? Et Kaëlyra hâta le pas, dans l'espoir de la rattraper, remarquant au passage que le brouillard se dissipait décidément de plus en plus... Le sol était moins rocailleux à présent, et s'ornait de plus en plus de végétation. Enfin elle distingua mieux la lumière et vit qu'il s'agissait bel et bien de flammes qui se peignaient dans la brume et les ténèbres du soir qui avançait...  Enfin elle put le voir : Un petit félin dont la fourrures était en flammes, comme si sa fourrure et les flammes ne faisaient  qu'une, sans qu'il n'en ressente aucune douleur. Il s'était arrêté près d'un arbre, peut-être pour faire ses griffes et il la regardait à présent, le feu ondoyant paisiblement sur lui, dans l'eau calme de ses yeux verts, et dans le noir de sa pupille verticale.

Un félandre... Kaëlyra tendis la main vers lui, se demandant si elle allait se brûler à son feu, ou si les flammes ne lui feraient rien à elle non plus.  L'animal s'écarta en reculant, sauvage, au lieu de venir se blottir contre sa main comme elle s'y attendais ou l'espérait. Soudain, dans un bruissement, dans les buissons proches, elle en vit bouger un second, puis un troisième. Une famille. Un gros mâle foncé, sur lequel errait seulement paresseusement quelques flammes, se mit à feuler vers l'ange. Un peu partout autours d'elle elle voyait briller le feu de ces animaux, dans la végétation sombre; la nuit s'installait doucement. Plusieurs félandres l'observaient d'un air menaçant, feulant et crachant, de petites étincelles sortant de leur gueules.  L'ange les observait également avec fascination, heureuse de voir du feu après tout ce brouillard, mais elle comprenait qu'elle était tombée sur leur territoire, et qu'elle n'avait pas intérêt à rester ici longtemps, si elle ne voulait pas qu'ils utilisent leurs flammes contre elle pour défendre leurs petits, s'ils se sentaient menacés. Avec ses ailles blessées et ses pieds endoloris, elle ne pourrait s'échapper facilement.

Kaël s'éloigna donc doucement d'eux pour ne pas les alarmer davantage; quelques uns des animaux continuaient de feuler après elle, de l'observer comme pour vérifier si elle quittait bien les lieux. Elle continuait de marcher de temps à autres dans des flaques d'eau, le territoire était complètement détrempé. Enfin elle arriva à une étendue d'eau plus large. Si elle traversait, là du moins les jolis félandres ne la suivraient pas, et loin du brouillard qu'elle avait enfin quitté elle avait une chance de retrouver son chemin...

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Mar 16 Mai - 17:38
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