Autour d'une choppe d'hydromel [PV Kaëlyra]

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Lië'ja - Zorel - II
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La petite Kaëlyra s’en allant en quête de la Lië’ja fuyarde, Cirth se fut orienté d’un quart de tour en leur direction, comme intrigué par leur mouvement commun. Son corps s’en retournait ensuite au dénommé Bart ; il s’exprima dans un même temps. « Semble-t-il qu’elles le soient… ». Au moins, sa nouvelle connaissance se trouvait aussi perdu que lui dans la situation actuelle… Plutôt que de laisser quelque gêne s’instaurer, autant de suite la contrer : il en fit ainsi sans hésiter, de ce sourire simple qui ne semblait que rarement le quitter. « Venez, ne restons pas là. Nous nous sommes installés à cette table. ». Il déploya le bras pour spécifier le lieu de ses dires, puis sans s’attarder, il entreprit de mener la marche sans poser plus de questions. Le temps pour cela viendra une fois leurs jambes au repos. D’autre part, Cirth espérait que l’odeur de tabac que dégageait l’individu ait le temps de se dissiper sur leur trajet…

Les bras blancs d’Estë se furent de nouveau posés sur le bois du bar, Irwaen occupée non loin. Sa tête s’abaissa un moment ; ses cheveux libres pendirent dans le mouvement. Une forte inspiration du nez laissa place à une expiration plus douce, plus longue. Elle redressa le crâne, rehaussa ses épaules. Le souvenir de l’importance d’une telle soirée lui revint soudain… Mais une chose ne cessait de la triturer. Etait-ce lié à leur établissement ici, au sein des quartiers sud d’Eleshyë ? Y-avait-il une peur inavouée, refusée ? Ou… N’étaient-ce que ces individus à l’étrange aura ? Pourtant… Celle-ci n’est qu’apaisante. Est-ce là ce qui me dérange, me remonte ainsi contre moi-même ? Ces questions m’ennuient, me crispent…

L’appui qu’elle impose contre le bar se renforce : ses poings se resserrent l’un dans l’autre, ses épaules se rehaussent encore, mais sa tête se recroqueville entre elles. Elle réduit son flux sanguin. L’apport en sang de son encéphale diminue, le flot des pensées de même. Ses muscles se détendent mais elle force leur tension, comme pour s’épuiser. Elle augmente soudain le flux, et un tel apport la fait rougir. Ses épaules retombent et ses poings lâchent prise, sa tête encore tombante ; elle pousse un faible gémissement qu’elle tente de rendre inaudible. Sa respiration se saccade et son cœur s’emballe. Elle se fiche des conséquences. Peu importe… Peu importe. Elle vit l’instant présent. Elle vit ce soir.

« Estë ? » l’interpella Irwaen. En levant le regard, elle put apercevoir la tenancière face à elle, une mine quelque peu inquiète. Kaëlyra se tenait aussi à ses côtés, l’ayant retrouvée entre temps. « Tout va bien ? ». Irwaen ne put appuyer sa question par l’argument de la pâleur, car il en était de l’inverse pour le visage rouge qui lui faisait face. « Oui, oui… » la rassura Estë après avoir passé les doigts de sa main droite contre ses tempes, le dos à nouveau droit. « La fatigue me prend… Nous avons voué notre journée à l’emménagement. ». Elle dut laisser ses mains appuyées contre le bar, quelque peu exténuée par l’étrange plaisir procuré. Son cœur battait toujours avec force : elle pouvait sentir le sang la parcourir, sa chair pulser de toute part. Bien qu’encore intriguée, Irwaen laissa réapparaître son sourire sympathique. « Tous ces meubles à mouvoir, j’ai connu de telles journées. Je suppose que vous êtes revenue pour un remontant ? ». Portée par un bien-être prenant peu à peu place en elle, Estë ne put que pouffer faiblement face à telle remarque. « C’est cela ! Je vous reprendrais deux… Non, Trois chopes d’hydromel. » hésita-t-elle un instant en se souvenant du breuvage perdu qui arpentait sa jambe. La tenancière eut bien vite compris que de nouveaux visages se furent joint à sa cliente, voyant Cirth suivit et Estë accompagnée d’une adorable petite tête. Elle destina d’ailleurs un regard amical à cette dernière inconnue avant de s’éloigner, les bouteilles se trouvant plus distantes que la première fois. Les iris de la Falhya suivirent la tenancière un temps court ; ils conclurent cependant leur course sur Kaëlyra, Estë ayant de nouveau dirigé son visage vers cette jeune protégée. Apaisée comme rarement, les traits d’une brève rancœur effacés, elle lui offrit une moue bienveillante.


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Dim 4 Juin - 21:04
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Aetrayel - Avium - II
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Cependant, à peine l'aetrayel eût commencé à suivre Estë qu'il le regretta, et s'arrêta songeur. Pourquoi avoir voulu aller avec cette inconnue ? Sans trop bien savoir pourquoi, il se remit néanmoins en marche, déconcerté et en proie à un sentiment mystérieux, comme s'il avait fait une erreur ou comme si quelque chose n'allait pas. Il aurait volontiers fait demi tour, mais il continua de marcher jusqu'à ce qu'il eût rejoint Estë au comptoir. Cependant, à peine arrivé auprès de la Lië'ja, il dut se baisser au sol; car un collier de perles en bois, orné d'une croix, qu'il portait toujours autours du cou, venait de s'ouvrir ou de se rompre; toutes les perles rebondirent sur le sol avec un bruit léger, doux, et Kaëlyra se dépêcha de les ramasser toutes. Un inconnu failli bien écraser sa main durant cette opération, et le bébé, dont les parents s'étaient installés à une table, se promenait dans la salle, sous leur regard attentif; il passa à un moment non loin de Kaël, et l'aetrayel croisa son regard, bleu, enchanté de tout ce qui l’entourait. Enfin Kaël eût achevé de récupérer les perles; elle se redressa, et tournant inconsciemment le dos à Estë pour être du côté de la lumière et bien voir ce qu'elle faisait, elle entreprit de réparer avec agilité le collier de bois. Enfin, ayant fait un nœud solide, elle remis le bijou autours de son cou, contre sa peau, là où il était invisible.

Cherchant dans la salle, elle croisa le regard de Barthelémy, assis à une table dans un coin, et elle tenta de lui transmettre en un regard tout ce qu'elle n'aurait pas dit par des mots. Le visage de Kaëlyra avait un air un peu contrit, songea Bart', et en même temps, le regard qu'elle lui avait adressé était plein de complicité envers lui. Il lui sourit presque imperceptiblement en retour, comme pour la rassurer.

« Estë ? » demanda la tenancière. « Tout va bien ? » « Oui, oui » répondit la Lië'ja, en passant la main sur ses tempes.  « La fatigue me prend.... Nous avons voué notre journée à l'aménagement. » Silencieuse, Kaëlyra regardait les deux inconnues plus grandes qu'elle; sa tête arrivait à peine au niveau du comptoir. La tenancière souriait :« Tous ces meubles à mouvoir, j'ai connu de telles journées. Je suppose que vous êtes revenue pour un remontant ? » Curieusement, la Lië'ja pouffa de rire à cette question, et Kaëlyra se sentit un peu surprise, se demandant pourquoi Estë était amusée. « C'est cela ! Je vous reprendrais deux... Non, trois choppes d'hydromel. »

La tenancière sourit amicalement à Kaëlyra, et Kaël la regarda gravement, d'en bas, ses cheveux cachant en partie son visage. Elle hésita et esquissa un petit sourire, avant de détourner son regard.

Une minute passa, puis Estë se tourna vers l'aetrayel en lui adressant une moue bienveillante. Inexplicablement  - peut-être à cause de son don de prédire l'avenir... ou le présent... qui sait ? - l'aetrayel se sentait un peu bizarre, comme s'il avait des fourmis (sensation de picotement) il avait aussi une impression étrange, comme si son sang était glacé dans ses veines, tandis qu'il sentait son cœur battre, et il entrelaça ses mains en un geste familier, presque comme s'il croisait les bras, reprenant conscience de la rumeur des conversations, et de tous les bruits de la salle. Ses grands yeux croisèrent un instant ceux noisette d'Estë, puis il baissa ses paupières, et remuant ses pieds, regarda vers le sol.

Kaël se sentait gênée, elle se demandait bien ce qui avait pu la rapprocher de cette étrange inconnue. Elle se sentait devenir muette. Ça lui arrivait quelques fois. Elle eût l'idée d'écrire ou de dessiner. Relevant les yeux, incertaine, un peu éperdue, et de la douceur, presque un sourire dans son regard, elle croisa à nouveau les prunelles d'Estë.

Puis la femme qui s'occupait de la taverne revint, tenant quelques bouteilles, et Kaëlyra la regarda poser les bouteilles, sortir des choppes, et commencer à en remplir une. L'aetrayel pris alors conscience qu'il n'avait pas envie de boire de l'hydromel, et il hésita un instant. Juste au moment où la tenancière allait remplir une deuxième choppe, il l'arrêta d'une voix douce : « S'il vous plait.... Pas d’hydromel pour moi... Pour nous. » corrigea Kaël, en pensant à Barthelémy, espérant que son interlocutrice comprendrait.


729 Mots.


Lun 5 Juin - 9:34
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Lië'ja - Zorel - II
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Ils furent là des paroles surprenantes. N’était-ce pas elle qui eut plus tôt acquiescé ? Fut-elle de ces prudes, l’esprit clos aux quelques plaisirs que savait offrir la boisson ? Estë devait s’avouer des moins réceptrice à tels dévergondages, aussi infimes soient-ils, mais au moins se permettait-elle celui du breuvage en présence de son frère ; toute sa confiance était placée en lui. Sa résistance à l’alcool eut toujours été des plus hautes comparé à sa jeune sœur, ainsi la présence de Cirth relevait finalement de l’obligation. Elle relevait sans cesse… De l’obligation. Le sourcil redressé par l’étonnement qu’eurent prodigué les mots de Kaëlyra, la Lië’ja ne put finalement qu’affirmer à la tenancière de cesser son action, qu’elle ne se contente de remplir qu’une unique chope. « Une seule suffira. Je me suis méprise, ils ne boiront pas. ». Irwaen eut à peine haussé les épaules, et de ses gestes emplis de vie, elle se ravisa pour déposer la bouteille de verre sur le comptoir. Son visage se fit complice envers l’Aetrayel, comme il en aurait été pour un enfant ; elle disposait la chope au plus près d’Estë dans un même temps. « Tenez, ça vous remettra sur pieds. Et vous, si votre gosier en venait à s’assécher, vous savez où me trouver ! ». L’enchanteresse se fit réticente à l’idée qu’elle et son frère seraient seuls à boire dans l’attablée. Elle n’avait cependant nulle envie de forcer quiconque à boire, et jamais elle n’aurait la motivation pour tel acte. Elle-même n’appréciait l’effet saoulant de l’alcool qu’en de très rares occasions, et encore, elle ne le trouvait utile autrement que comme moyen de passer un moment insolite auprès de son frère. Les lendemains se furent tous vus armés d’une humeur des plus hargneuses, à cela s’ajoutant les histoires dérangeantes dont son frère put se délecter la veille. Dans une certaine mesure, peut-être aimait-elle la gêne provoquée, sans jamais ne se l’avouer... Au moins pouvait-elle compter ces-dits soirs sur quelques doigts de sa main droite uniquement. Elle prononça un faible remerciement, sortant une dizaine pièces de sa bourse pour payer l’hydromel emporté plus tôt. La perte de temps qu’eurent provoqués les imprévus commençait à l’accabler : la Lië’ja ne tarda à s’éloigner du comptoir, faisant signe à Kaëlyra de la suivre d’un simple mouvement de tête. Le sang pulsait maintenant harmonieusement ; le sérieux lui étant inhérent pinçait de nouveau ses lèvres.

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Plus tôt, tandis que les deux jeunes femmes patientaient encore au comptoir, Cirth invitait Bart à s’asseoir. Il s’installa à son tour sur le tabouret qui l’eut plus tôt accueilli ; sa position lui offrait une vue étendue sur la pièce. Bart croisait le regard de Kaëlyra l’instant d’après, comme si une discussion se fut instaurée entre ces deux complices, puis tue... Alors qu’il tournait le visage en direction de son nouveau compagnon de beuverie, Cirth sentait l’une de ses mèches au blond terne frotter contre sa nuque. Son esprit eut le temps de s’emplir de moult questions, mais comment les mener au sein d’une telle situation ? Les jambes croisées, il joignit les mains sur celles-ci. « Bart, c’est cela ? », entreprit-il. De sourire il ne manquait pas, mais son regard trahissait son interrogation. « Vous me semblez connaître ma sœur d’autant qu’il en pour moi envers votre jeune protégée, cependant… ». Relever le menton un bref instant lui permit de mettre en évidence la direction des deux femmes concernées. « Les pas d’Estë sont rarement de ceux qui se perdent jusqu’à une inconnue. Comme Kaëlyra ne m’évoque que peu des discussions que je peux avoir avec ma sœur, vous comprendrez que la question me taraude… Qui est-elle ? ». De cela, l’espoir était que de sombres mémoires ressurgissent, mémoires auxquelles Cirth n’eut encore que peu accès. De l’étrange comportement des deux présences féminines, il supposait sans grande conviction qu’il pouvait exister un lien entre Kaëlyra et la période de disparition d’Estë ; peut-être cette jeune femme fut-elle de ses connaissances lorsqu’elle cherchait un remède contre la maladie ? Une aura un tant soit peu plus grave se dégageait de l’expression qu’offrait Cirth, affirmant l’importance de sa question. Il restait encore quelque temps avant qu’Estë et Kaëlyra ne rejoignent la table, ce qu’elles vinrent à peine d’entreprendre.


Mots : 713


Jeu 8 Juin - 19:24
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