Autour d'une choppe d'hydromel [PV Kaëlyra]

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Lië'ja - Zorel - II
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Plus tôt dans la matinée, les jeunes Falhya furent enfin arrivés jusqu’au quartier dont ils feront maintenant part : leur échoppe leur fut présentée, et ils eurent à même le temps de commencer leur emménagement. Certes, il restait toujours quelques saletés à enlever dans les coins, des arrangements à mener ici et là, mais il en était d’un début suffisant. Ils étaient arrivés, tout se trouvait en ordre, seul cela comptait.

Le soleil ayant mené sa course, la journée n’en fut pas conclue pour autant ; les deux Lië'jas eurent bien espoir de fêter leur réussite. Non sans mal, quelques nouveaux visages les eurent guidés à l’auberge de ces lieux. Les rues et façades inconnues les menèrent nombre de fois à s’égarer, mais enfin, ils purent atteindre la porte du lieu convoité. De celle-ci s’échappaient quelques brides de lumières, des paroles fusant à tout va. Amusé d’un tel spectacle encore dissimulé, ce fut dans un entrain certain que Cirth poussa sur la poignée.

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Estë pénétra la première. Gênée de n’avoir nulle connaissance des lieux, elle se contenta d’un pas de côté pour laisser entrer son frère. Son regard se perdait de table en table, scrutant la pièce. Bruyant… Il y a de l’ambiance ce soir, je me croirais presque dans une taverne. Est-ce toujours ainsi par ici… ? Si oui, ils doivent gagner leur vie sans encombre. Est-ce qu’il y a une table de libre, au moins… ? Derrière celle-ci, peut-être. Elle adressa un sourire succinct à Cirth une fois qu’il fut à ses côtés. « Nous pourrions nous installer contre le mur. » proposa-t-elle discrètement en lançant un regard vers la table concernée, « Nous y serons tranquilles. »

L'interpellé valida telle proposition d’un hochement de tête, s’élançant tranquillement vers les tabourets. Sa sœur mis plus de temps à venir, car sentant quelques regards se poser sur eux, elle ne put s’empêcher de tourner parfois les yeux pour se rassurer. Quelques membres du groupe d’aventurier qui avait pris place non loin semblèrent bien regarder les Lië'jas lorsqu’ils furent entrés, mais n’était-ce pas une réaction des plus banales ? Une fois arrivée face à son frère déjà installée, Estë souleva consciencieusement sa cape pour éviter de l’abimer en s’asseyant. Non loin derrière elle se tenait un grand homme appartenant au groupe plus tôt mentionné ; elle se dut de lancer un petit regard en arrière pour jauger la distance qui les séparait. En s’en retournant vers son frère, posant les coudes sur la table dans son geste, elle tomba nez à nez avec un sourire serein. « Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda-t-elle une teinte de surprise dans la voix. Son frère, au rictus qui lui paraissait hébété, répondit sans la faire attendre.
« Où est donc passé ton sourire, Esty ? »

Surprise de plus belle, elle laissa ses iris fuir et ses joues s’empourprer d’un rouge fade ; ces paroles lui arrachèrent tout de même le sourire attendu, gravé au coin de ses lèvres. Il fut là un spectacle que seul son frère arrivait à obtenir sans difficulté, si peu qu’il couplait la bonne situation au mot magique "Esty". Alors qu’elle fut assise depuis peu, Estë se redressa. Elle se voulait provoquer son frère dans l’esprit joueur qui forgeait leur relation, comme toujours. « Je ne sourirais qu’une fois ma dose d’hydromel ingérée. » Affirma-t-elle alors même qu’elle combattait son rictus. « Attend-moi là, je vais en réclamer à la tenancière. » Et ainsi s’en alla-t-elle promptement en direction du comptoir, laissant son frère esseulé. Lui se contenta d’attendre en s’amusant du comportement de sa sœur, fort content que tout se soit déroulé sans le moindre accroc depuis leur départ.

La jeune Lië'ja eût atteint le comptoir sans tarder. Pouffant faiblement à la pensée des événements précédents, elle manqua d’attention, et cela un instant suffisant pour qu’un duo des membres de sa race en vienne à passer commande avant elle. Tous deux étaient d’un blond éclatant, contrastant avec la chevelure brune de la tenancière. Viennent-il de même fêter quelque évènement, ou sont-ils juste de passage ? Nullement pressée, Estë se contenta de patienter en laissant ses pensées virevolter, la peau de ses avant-bras appuyée sur le comptoir. Mais alors qu'elle attendait ainsi, il advenait une chose rare : elle souriait.

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Lun 8 Mai - 18:21
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Aetrayel - Avium - II
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Les deux anges franchirent les portes de la ville et se retrouvèrent bientôt sur un pont. Devant eux s'élevait l'arbre immense qui abritait la cité des elfes. Kaëlyra leva les yeux vers la cime de cet arbre, mais éblouie par le soleil, elle détourna rapidement son regard et se rapprocha de Bart'.

Plus tard, vers la fin de l'après midi, ils arrivèrent devant la porte d'une auberge. Kaëlyra allait pousser la porte lorsqu'elle remarqua la réticence de son compagnon.

- « Qu'es-ce qu'il y a ? » interrogea t-elle.

- « Je t'attends dehors » répondit il simplement.

Kaël n'insista pas. Pour elle aussi dans cette auberge il y aurait certainement trop de monde, et Bart' avait ses habitudes à l'extérieur. Elle se décida donc à entrer, posant sa main aux ongles cassés et plein de terre sur le bois de hêtre de la porte, qui s'ouvrit dans un dans un courant d'air.  Il y avait plusieurs personnes accoudées au comptoir, tenu par une femme brune, dont deux aux cheveux d'un blonds remarquable. Il y avait aussi un homme au manteau vert kaki, qui se tourna vaguement quand elle entra. Et une seconde femme, aux cheveux d'une couleur noisette, vêtue d'une cape.

Kaël' hésita un instant, se demandant ce qu'elle allait faire, un peu déconcertée par la présence d'autrui autours d'elle et par ce lieu nouveau et inconnu. Avec le vent, la porte se referma doucement derrière elle. Voyant son hésitation, la tenancière lui adressa un regard accompagné d'un léger sourire. Vaguement encouragée, Kaëlyra s'approcha un peu du comptoir. Elle remarqua la peau claire des bras de l'inconnue juste devant elle.

- « Bonjour » lança elle un peu au hasard, à la cantonade, avec courtoisie, mais peu de personnes y firent vraiment attention, peut-être parce qu'elle avait parlé trop doucement.

Une atmosphère rassurante régnait tout de même dans la pièce. Attendant que les autres personnes commandent leurs boissons, l'ange promena un regard autours d'elle. La pièce était remplie de monde, tranquillement installé devant leurs boissons ou leur nourriture. Deux personnes jouaient aux dés dans un coin. Une autre jouait avec un couteau, ses longs cheveux gris lui donnant un aspect sauvage, une pièce d'or posé à côté d'elle. Les tables de bois contribuaient à rendre l'endroit sympathique. Levant les yeux, elle vit que le plafond était également soutenu par de belles poutres de bois.

Jouant inconsciemment à arracher la peau qui entourait l'ongle de son pouce, elle cessa d'examiner les lieux en ramenant son regard sur les personnes qui attendaient. La femme aux cheveux bruns avait des oreilles pointues, les deux blonds également. Des elfes... Kaël les aimait bien. Ceux-ci aimaient la Nature, comme elle et Bart', généralement, et c'était souvent des personnes bienveillantes. Elle se sentait des affinités avec eux. Cette pensé la rasséréna. Elle ressentait du bien être finalement, à être ainsi entourée. Elle sourit inconsciemment.


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Sam 13 Mai - 18:36
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Lië'ja - Zorel - II
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L’ambiance chaleureuse persistait, animant sans cesse l’auberge malgré l’heure tardive. La Lië'ja jouait un rythme inconnu d’elle-même : elle tapotait le comptoir de ses doigts dans un rythme aléatoire, emportée par l’attente. Son regard mené par-dessus son épaule gauche, elle dévoilait son rictus furtif tout en rencontrant de nouveaux visages. Le groupe d’aventuriers ne cessait de s’agiter, les dés roulaient et les vagabonds vaquaient à leurs occupations. Il fut aussi une jeune Edsere légèrement souriante, au premier abord seule. Si Estë voulut s’attarder un peu sur cette nouvelle silhouette qui se trouvait maintenant à ses côtés, elle dut s’en retenir : le duo d'inconnus s’en était allé trouver une table, un verre de spiritueux en main. Après avoir brièvement répondu à la faible salutation de la nouvelle arrivante par un regard couplé d'un même « Bonjour. », je penche mon corps vers l’aubergiste, une de mes pairs brune au physique appréciable. Une fois son attention attirée, je me redresse ; le regard de l’Edsere que j’eus croisé la seconde plus tôt flotte toujours dans mon esprit, tel une image rémanente… Son visage me semble… apaisant ?

« Bonjour ! Deux chopes d’hydromel, s’il vous plaît. » S’adressa sympathiquement Estë à la tenancière. Cette dernière hocha la tête pour affirmer l’avoir comprise, puis elle se baissa un instant pour s’accaparer le bien demandé. Sa cliente en profita pour jeter un coup d’œil en coin, croisant brièvement la silhouette de l’Edsere; la tenancière se fut bien vite redressée entre temps, prête à engager quelque conversation. « Je ne crois pas me souvenir de votre visage… Vous êtes de passage ? » Elle vidait partiellement le contenu de la bouteille dans la première choppe, alors pourquoi ne pas en profiter pour obtenir le premier ragot venu dans le même temps, hm ? Ce fut la pensée d’Estë en l’entendant, ce alors qu’elle avait maintenant les yeux plongés dans la boisson qui s’écoulait. A s’entendre penser cela, elle laissa échapper un haussement d’épaule accompagné d’un sursaut de rire : elle se trouva ridicule dans une critique aussi gratuite. Après tout, elle allait venir ici assez souvent dès maintenant, et n’était-ce pas une manière de se faire connaître un tant soit peu ? « Pas vraiment… » L’enchanteresse pencha la tête sur le côté, exprimant une infime gêne. Elle était bien peu habituée à se présenter de si bonne humeur à la première inconnue. « Nous nous sommes installés non loin avec mon frère, nous comptons monter un petit commerce. De l’enchantement. » Elle eût montré son frère dans son discours, le pointant à peine du bras. La tenancière eut le temps de remplir la seconde choppe ; amusée et surprise par ce qu’elle entendait, elle arborait un visage amical, soudain plus radieux. « Eh bien, j’espère vous voir souvent sous mon toit ! Appelez-moi Irwaen, je vous servirais sous ce nom comme je sers tout ce beau monde ! » Elle lui tendit les chopes, et sans attendre, Estë s’en empara tout en dévoilant à son tour leur nom. « Estë, Estë Falhya… Et Cirth, mon frère. »

Les remerciements faits, cela ajouté à quelques mots d’accueil et de bienvenue supplémentaires d’Irwaen qui se voulait portée à la discussion, Estë tourna les talons pour s’en retourner à leur table ; Irwaen s'occupa sans plus tarder de sa prochaine cliente. De tout ce temps, Cirth en eut profité pour admirer les fondations et s’intéresser aux visages inconnus sans quitter son siège. Mais... A mi-chemin seulement, l'image de l'Edsere fit de nouveau surface en l'esprit de la sœur. Estë tourna alors la tête sans cesser sa marche, tentant sans raison véritable d’apercevoir de nouveau la silhouette dont il était question.

Ce fut sans compter sur l'un des aventurier qui se leva dans l'angle mort de la jeune Lië'ja et qui, en cela, se risquait à devenir l'objet d'une collision fortuite.

Mots : 656


Ven 19 Mai - 1:05
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Aetrayel - Avium - II
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La porte s'ouvrit de nouveau, et un homme accompagné d'une femme entrèrent, la femme portant un bébé dans ses bras. L'aetrayel se retourne brièvement à leur entrée, puis reporte son attention vers le comptoir et les personnes qui s'y trouvent.

Alors que Kaëlyra pensait que personne n'avait entendu sa salutation, la Lië'jas brune croise un instant son regard et la salue d'un « Bonjour » avant de reporter son attention sur l'aubergiste. Elle se penche vers celle-ci, puis la conversation s'engage entre les deux personnes. Intimidée et immobile au même endroit, Kaëlyra attend, son regard errant sur les personnes qui l'entourent et sur les murs lambrissés de bois derrière la tenancière, qui supportent quelques étagères où sont posées des bouteilles ainsi qu'un tout petit tableau peint et que quelques autres objets. Les sens en éveil, l'aetrayel ne peut s'empêcher de se sentir alerte, à vif, parce qu'il y a tout ce monde autours de lui, et pourtant il est légèrement détendu. Ses mains sont légèrement moites, et il continue d'arracher distraitement sa propre peau.

- « Vous êtes de passage ? » demande l'aubergiste à la Lië'jas.

- « Pas vraiment... »

Les mèches de cheveux de Kaëlyra, plus courtes sur le devant, masquent son visage en partie, ce qui est heureux, car elle n'aime pas vraiment qu'on voie son visage. Cachée derrières les mèches sombres et douces, elle se sent mieux, moins visible, plus protégée.  Elle regarde la Lië'jas et l'écoute parler, la voyant à travers l'ombre de ses mèches de cheveux. Elle se sent étonnement présente, alors que parfois, elle est à demi ailleurs. Il semble que son cœur bat un peu plus vite ou plus fort que d'habitude, peut-être parce qu'elle est entre quatre murs et entourée de tous ces inconnus.

- « Nous nous sommes installés non loin avec mon frère, nous comptons monter un petit commerce. De l’enchantement. » dit la Leï'jas.  Puis elle désigne vaguement quelqu'un dans la pièce.
Involontairement, Kaëlyra se tourne légèrement dans la direction indiquée, et distingue rapidement un homme assis seul à une table, contre un mur. Peut-être es-ce lui ? A cette annonce, la tenancière devient encore plus souriante, prononce des paroles d’accueil et de bienvenue, et donne son nom : Irwaen. Puis elle tend à sa cliente des choppes remplies d'hydromel. Kaëlyra a un peu froid, surtout aux extrémités, elle pense qu'il serait temps de sortir son manteau et se demande ce que fait Bart' dehors. Elle jette un coup d’œil sur les fenêtre et voit que le soir tombe de plus en plus, bientôt ce sera la nuit...  Elle se dit qu'il ne faudrait pas s'attarder, mais au contraire il faudrait savoir où es-ce qu'ils vont se reposer, à présent que le soleil s'est éclipsé...

- « Estë, Estë Falhya… Et Cirth, mon frère. » Se présente la Lië'jas en prenant l'hydromel. Kaëlyra entend vaguement des paroles de remerciements, et l'aubergiste, Irwaen, ajoute encore quelques mots d'un ton dynamique et chaleureux, mais l'aetrayel est occupé à chercher son manteau dans son sac à dos « sans fond » puis à l'enfiler. Le contact rugueux est agréable. C'est un peu étrange de remettre son manteau alors qu'elle vient d'entrer dans l'auberge, mais la marche lui avait donné chaud, tandis que l'immobilité lui donne froid. Une fois son manteau enfilé, Kaël se sent beaucoup mieux; elle remet son sac à dos.

Dans le même temps, la Lië'jas tourne les talons et s'apprête à retourner à sa table. Elle passe tout près de  Kaëlyra pour rejoindre son frère. A nouveau immobile, l'aetrayel  reste un instant indécis : il serait temps de s'approcher du comptoir, mais il ressent fortement sa solitude et hésite à se diriger vers la porte pour aller chercher son compagnon. La tenancière s'étant éloignée un peu de son comptoir, elle y reviens, et commence à s'activer, à nettoyer; dans le dos de Kaël, le mari et la femme ont posé le bébé à terre depuis un moment,  et le tiennent par les mains, lui faisant faire quelque pas. Au moment où Irwaen jette à l'aetrayel un regard décidé, accompagné d'un sourire, et s'apprête à l’interpeller, puisqu'elle est sa prochaine cliente, pour lui demander probablement ce qu'elle veut boire, Kaël se retourne, sourit aux parents, jette un regard sur l'enfant qui est magnifique, et s'excusant, elle se dirige vers la porte pour aller voir ce que fait Barthelémy. Elle jette un dernier regard sur la pièce, et voit La Liëj'as brune, Estë puisqu'elle a appris que tel est son nom, qui vient de se faire bousculer par un inconnu, ce qui fait qu'une certaine quantité d'hydromel se renverse.

- « Excusez moi » dit l'inconnu, d'un ton vaguement insolent.


Mer 24 Mai - 13:07
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Lië'ja - Zorel - II
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Ne se trouve-t-elle plus au comptoir… ? Où donc est-ell--… Estë dut soudain faire quelque geste maladroit pour se porter en arrière, et sous la surprise du choc, ses épaules se crispèrent ; un jet d’hydromel jaillit des chopes dans le mouvement. Si une part du breuvage tâcha simplement le sol, une autre vint se déposer sur la jambe droite de la Lië’ja pour imbiber le tissu la recouvrant. « Excusez-moi » furent les seules paroles de l’obstacle de chair, quelque peu nonchalant. Qu’aurait-elle pu répondre à cela ? Éviter la querelle... « Ce n’est rien… ». Lui enfoncer l’une des chopes dans le crâne aurait été perdre le peu d’alcool restant, et de toute manière, les mœurs ne privilégiaient pas un tel acte. Son regard d’abord quelque peu perdu dans l’étude des dégâts, Estë en arriva à croiser de nouveau celui de celle qui la taraudait tant. Ce fait la fit encore plus froisser les sourcils qu’elle ne l’eût à cause de l’imprévu. Cette Edsere… Elle tourna brusquement la tête, reprenant la direction de son frère qui, lui, était resté assis en voyant que l’inconnu s’était contenté de partir plus loin sans mener de représailles. Les pas de la jeune femme s’accéléraient soudain : une pulsion lui trottait en tête.

Etait-ce seulement l’énervement apporté par cette collision impromptue qui la poussait à ainsi se presser ? Dès lors qu’elle fut arrivée à la table qu’ils avaient décidés d’occuper, Estë y déposa les chopes avec fermeté. Son visage n’arborait plus le moindre sourire, ayant retrouvé l’intégralité de son sérieux contrarié. « Il y a toujours des rustres à ces heures… ». A peine Cirth eut-il le temps de développer sa parole qu’elle s’empara de suite de l’une des chopes pour en boire une gorgée, ce sans prendre le temps de s’asseoir. Son frère qui plus tôt montrait quelque compassion pour l’accident ne put maintenant que s’en trouver amusé. « Détends-toi donc, tes épaules en atteindraient presque tes pommettes ! » crut-il malin de plaisanter. Sa sœur n’apporta cependant que peu de valeur à ses paroles, se contentant de déposer le récipient vide sur la table. Elle ne lui répondit que d’une simple interjection proche du grommellement ; puis sans prévenir, elle se retourna, prête à partir. « Où vas-tu ? ». Elle avait déjà fait un pas, lui répondant sans mettre fin à sa course. « Faire connaissance. ». Cirth entreprit de se lever de crainte que sa sœur n’aille chercher quelque embrouille, mais lorsqu’il la vit dépasser le groupuscule au sein duquel s’était rassit le rustre, il se ravisa. Intrigué, il la suivit alors du regard…

Les enjambées se firent grandes, le pas assuré. Estë dépassa le groupe d’aventurier plus tôt cité, et bientôt, le couple qui accompagnait leur enfant. Elle dut bien poser un instant son regard sur l’enfant, ne lui prêtant que peu d’attention malgré tout… Elle nota tout de même que digne représentant des Lië-jas qu’il était, il avait déjà la capacité de marcher sans problème aucun malgré son jeune âge. Certainement viennent-ils souper ici. Un repas à l’auberge, en famille… Son pas ralentit, et inconsciemment, son visage se fit moins tendu. Pour autant, ce fut sans tarder qu’elle arriva jusqu’à sa destination une fois le comptoir longé.

La voilà se tenant là, devant cette inconnue. N’était-ce que la bousculade qui avait déclenché en elle ce déclic, qui l’avait poussée à agir, suivre ses pensées ? Ou alors, ne serait-ce là qu’une manière de dégager une part de sa frustration ? « Vous… ». Elle hésita un temps, ses joues se teignant d’un rouge infime. Que dire… ? Sa posture droite ne se brisait pas malgré la taille de celle qui lui faisait face : seuls ses iris se laissaient tomber vers la silhouette. « Vous me regardez... Depuis tout à l'heure. ». L’hydromel continuait de couler le long de sa jambe ; son regard se forçait dans celui de l’inconnue.

Enfin… Ce soir n’est pas à la discorde. Sans le moindre sourire, le visage ferme, Estë s’exclama une dernière fois, sèche. « Vous buvez ? Si oui, je vous invite. ». Étrangement, ces mots parurent dépourvus de toute hésitation ; bien sûr, il n'en était rien. De mes paroles directes, brutales, je lui propose cela ainsi… N’est-ce pas là une bonne chose, alors que je pourrais simplement me délester du poids qui me noue lagorge ? Non… Il n’est pas. Ou plutôt, il n’est plus. Je me demande… Droite, ses doigts crispés se détendant peu à peu, la Lië’ja attendait maintenant sa réponse.


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Dim 28 Mai - 14:10
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Aetrayel - Avium - II
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Alors qu'elle pensait n'avoir jeté qu'un bref regard en arrière et ne s'être arrêtée qu'un instant, voilà que Kaëlyra croise à nouveau le regard de la Lië'jas. Celle ci fronce les sourcils et l'aetrayel se détourne, en se demandant si c'est la collision qui provoque ce froncement de sourcils, ou bien si c'est elle même qui est la cible de l'agacement de la Lië'jas, parce qu'elle a vu l'incident.

Sans attendre de voir ce que fera l'inconnue, Kaëlyra tend la main vers la poignée de la porte et l'ouvre dans un nouveau courant d'air froid. Le ciel est d'un beau bleu nuit à présent. L'aetrayel sort et retrouve Barthelémy, adossé contre le mur de l'auberge. Non loin de là, des lampions oranges sont allumés, éclairant légèrement la rue, et les quelques passants se pressent avec gaieté pour rentrer chez eux ou passer une bonne soirée.

Bart' a allumé un cigare à la vanille - chose qu'il lui arrive de faire, assez rarement - et Kaël voit la petite lumière orangée brillante qui luit dans la nuit, et la fumée qui s'étire paresseusement, accompagnée de l'odeur du tabac.

- « Qu'es-ce que tu fais ? » demandes Kaëlyra. Son nez se fronce de dégoût ainsi que ses sourcils, même si dans la pénombre Bart' ne le voit peut-être pas. « Viens avec moi, s'il te plait » le prie t-elle.

- « J'arrive dans une minute. » Répond Bart'.

- « D'accord. »

Kaëlyra appuie son mot d'un signe de tête probablement intutile dans l'obscurité, puis elle s'éloigne et pousse à nouveau la porte de l'auberge. De nouveau les conversations animées, la lumière, et il fait un peu plus chaud que dehors.

A nouveau, la porte se referme dans son dos, emportée par l'élan qu'elle lui a imprimé. L'aetrayel voit la Lië'jas qui parle avec l'homme qu'elle avait aperçu plus tôt dans un coin, son frère, donc. Après quoi l'inconnue se dirige rapidement vers elle. Kaëlyra la regarde venir avec incertitude, son coeur s'emballant légèrement. Allons, que fait elle ? Est elle en train de venir me voir, ou vas t-elle ailleurs ?

Puis l'inconnue arrive juste devant l'aetrayel et se plante devant lui. Pour le coup, il sent son coeur s'emballer vraiment, sous l'effet de la surprise et d'une autre émotion... Comme s'il était un animal sauvage qui vient de se trouver face à face avec un humain. C'est inattendu, et le temps semble suspendu de même que son souffle, tout est possible en ce bref instant avant qu'il ne s'enfuie.

- « Vous... » Commence l'inconnue. Puis elle semble hésiter. Silencieuse et immobile, Kaël la regarde à travers les quelques mèches de cheveux qui barrent son visage, les yeux levés vers elle. « Vous me regardez... Depuis tout à l'heure. » Reprend elle.

Le cœur de Kaël est affolé, et ses yeux reflètent sa surprise à ces mots.

- « Comment... ? Je... Je ne vous ai regardée qu'un instant. » Se défend elle, quelque peu maladroitement.

Les regards de L'aetrayel et de la Lië'jas semblent s'affronter un instant, et Kaël se demande si la personne en face d'elle lit la sincérité dans le sien, ainsi que dans sa voix. Estë... Estë, c'est bien son nom ? Semble hésiter à nouveau, puis elle demande brutalement  :

- « Vous buvez ? Si oui, je vous invite. » Au moment où l'inconnue dit ces mots, une rougeur légère vient colorer son visage, qui semble par ailleurs un peu impatient et tendu.

De nouveau, la surprise poignarde l'aetrayel, qui ne s'attendait pas plus à cette phrase qu'à la précédente. Il fait un léger mouvement, et ses mèches de cheveux viennent dissimuler davantage son visage et ses émotions. Toujours autant étonnement présent, il apprécie le fait d'être dans son épais manteau. Il sent la présence de la porte dans son dos, laquelle peut s'ouvrir à tout instant. L'inconnue est là qui attend sa réponse, il faut trouver des mots à lui offrir.

En étant incapable, je hoche simplement la tête. A ce moment, la porte s'ouvre dans mon dos; je me retourne. Barthelémy entre et survole la situation d'un regard, nous voyant face à face toutes les deux. Il tend la main à la Lië'jas :

- « Bonjour... » dit-il.


Mer 31 Mai - 17:50
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Lië'ja - Zorel - II
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Quelques courtes paroles défensives couplées d’une approbation muette, voilà quelle fut la réaction de l’Edsere. Face à ce visage qui se voulait de plus en plus renfermé et dissimulé, Estë se voyait envahie d’un sentiment d’interrogation grandissant couplé à la satisfaction de l’acquiescement. N’est-ce là que de la timidité ? Certainement m’y suis-je prise brutalement, mais peu importe. Là n’est pas une soirée dédiée à de tels sentiments, et je n’arrive toujours pas à comprendre… Le temps ne fut cependant pas à la pensée, car la porte contre laquelle reposait l’inconnue ne tarda à s’ouvrir. De celle-ci s’échappa alors un nouvel être, plus grand que la Lië’ja elle-même ; son regard les balayait, l’une, puis l’autre. Les iris de l’enchanteresse n’eurent que trop peu de temps pour se concentrer sur la petite silhouette : l’imposant corps qui lui faisait maintenant face captait son regard, ce surtout du geste qu’il mena envers elle. Une main tendue, suivie d’une salutation. Cela lui étant présenté, le visage d’Estë fit preuve d’une plus grande assurance que celui de celle qu’elle eut abordée plus tôt ; ou plutôt, elle ne laissa pas transparaître son étonnement. Qui… ? Pourquoi me saluer, moi ? Son regard se dirigea brièvement vers la première inconnue, comme pour soutirer quelque réponse de son esprit, ce avant d’aller se plonger dans celui de l’homme lui faisant face. Le temps de ces actions, il y eut un silence. Elle me regarde, s’en va proche d’une entrée… Je m’en approche, elle semble gênée, ou frustrée, puis il apparait… Est-ce cela ? Ces Edseres... Elle laissa pendre son bras gauche le long de son corps par précaution, sa dague non loin. Sans aucun sourire, l’air méfiant, elle empoigna la main tendue. Elle se fit entendre d’une voix sèche. « Bonjour. »

« Veuillez excuser l’attitude de ma sœur… » Le cœur d’Estë manqua de cesser à l’entente de la voix, ses épaules de crispant soudain. « Elle ne laisse aucune chance aux nouveaux visages ! ». Il s’était faufilée silencieusement à ses côtés sans que la concernée ne l’entende venir. Sa voix se fut amicale et son visage marqué d’un sourire digne d’un hôte envers des invités, se voulant en réalité quelque peu moqueur envers sa sœur. Celle-ci lâcha d’ailleurs brutalement la main de l’inconnu, pestant en se tournant dans la direction de son ennemi mortel, son frère. « Cirth ! Tu… ». En réalité, elle se contenta d’une expiration énervée ; elle pesta plus en son esprit qu’elle ne le fit paraître de sa voix. L’instant d’après, se retenant de dire plus, elle se décala seulement d’un pas et croisa les bras, détournant son regard quelque peu refrogné vers la salle animée.

« Mais j’oublie… Cirth Falhya, et vous devez déjà connaître ma sœur, Estë. » Les yeux de la susnommée revinrent vers le couple d’inconnus sans qu’elle ne tourne son corps en leur direction. Elle semblait avoir dès lors commencé à oublier le mauvais coup de son frère, certainement des plus habituels. Alors que Cirth tendait à son tour la main vers l’homme se trouvant de peu à sa hauteur, Estë hésita un instant, son attention rivée sur la plus petite du groupuscule. Attendant à peine que les présentations soient faites, elle tourna les talons en brisant sa position. « Je vais vous prendre à boire. ». Elle n’eut pas non plus attendu de savoir qui buvait quoi, ni seulement si le nouvel arrivant en avait l'intention ; elle se contentait de la première approbation dont à peine deux membres du groupe étaient avertis. Même Cirth laissa place à l’étonnement, un étonnement que les traits de son visage laissèrent transparaître comme ravi. « Ah ? Vous comptez vous joindre à nous ? ».

Mots : 622


Jeu 1 Juin - 17:07
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Aetrayel - Avium - II
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Le regard de la Lië'jas se posa sur Kaëlyra, interrogateur, puis revint se plonger dans celui du grand Aetrayel. Dans les prunelles de l'inconnue aux iris noisette, Bart' lut une âme vaste, profonde, ferme, réfléchie; celle d'un stratège.  Il y eut un silence, puis la Lië'jas tendit la main en retour. Barthelémy la serra donc, en ayant un air avenant et amical, quoi que la férocité dansait comme toujours dans ses yeux verts mordorés. Il ne se troubla pas de la voix sèche de la jeune femme lorsqu'elle lui rendit son « Bonjour »

Veuillez excusez l'attitude de ma sœur... Elle ne laisse aucune chance aux nouveaux visages ! » Une autre voix,  soudaine, qui rompit l'étrange moment et les réflexions de chacun. Kaëlyra n'avait pas vu venir l'inconnu. Un Lië'jas, à peine plus un peu plus grand que Bart', fin, qui leur souriait d'un sourire de chat, ambivalent, à la fois affable et un brin moqueur. La Lië'ja lâcha la main de l'Aetrayel en s'exclamant d'un ton furieux à l'adresse du nouvel arrivant, comme si les mots s'étaient échappés malgré elle de ses lèvres,  puis elle se décala d'un pas en croisant fermement les bras, rivant son regard ailleurs, comme fermée.

Mais j'oublie... Cirth Falhya, et vous devez déjà connaître ma soeur, Estë. » A ces mots le regard d'Estë revint sur Kaël et Bart', tandis que Cirth tendais la main à l'Aetrayel. Bart' serra brutalement cette main, avec un sourire à son tour, laissant briller un instant ses canines semblables à des crocs, en se présentant succinctement :

- « Bart'. »

Puis, tendant la main, il ébouriffa brusquement les cheveux de Kaëlyra :

- « Et voici ma protégée. »

Ne pouvant dissimuler son affection, Kaël failli se blottir contre la main de Bart', comme l'eût fait un chat, mais l'Aetrayel avait déjà enlevé sa large paume. Le petit aetrayel laissa alors errer un sourire sur ses lèvres, réconfortée par la présence de son protecteur. Kaëlyra avait pour coutume de se faire appeler sous un autre nom parmi les Edseres, mais une impression la poussa à agir différemment cette fois là. Elle se présenta à son tour, donnant son nom complet :

- « Je m'appelle Kaëlyra Leen Kaelle. »

- « Je vais vous prendre à boire » dit soudainement Estë.

L'attention de Kaëlyra se reporta alors sur elle. S'étant un peu rapprochée de Barthelémy, elle avait jusque là regardé le frère et la soeur en face d'eux, un peu timide et ne sachant quoi dire, en remuant légèrement.

- « Ah ? Vous comptez vous joindre à nous ? » Interrogea le Lië'jas avec un étonnement presque ravi.

- « Je ne suis pas au courant », dit Bart' avec amusement, de sa voix grave.

La Lië'jas ayant tourné les talons, seuls restaient les deux aetrayels et son frère. Hésitant un instant, Kaël s'échappa soudain :

- « Je viens avec vous ! » mais Estë ne l'avait probablement pas entendue. Se faufilant à travers les personnes qui peuplaient la salle, elle s'élança sur les pas de la Lië'ja...



508 Mots.

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Sam 3 Juin - 16:07
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