Meurtre sur Scène [Quête solo - Solyane]

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Edsere - Consciem - III
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Solyane glissa le long d'un toit. Derrière elle, elle entendait les cris de celui qu'elle venait de laisser avec l'impossibilité de se reproduire à l'avenir. Bien sûr elle savait que les cris allaient attirer les curieux et sûrement la garde. Or, si elle avait bien fini par comprendre quelque chose c'était que sa conception de la justice était passablement différente de celle des autres. Selon la loi en vigueur chez les humains, il paraîtrait qu'émasculer quelqu'un était punissable. Solyane n'en avait jamais réellement saisi la raison. En attendant, elle avait au moins fait payer à se salaud son crime et si ce n'était pas la justice que recherchait les bonnes âmes, elle s'en trouvait néanmoins apaisée. Et peut être que la pauvre fille qui avait été violée le serait elle aussi. Si jamais elle acceptait de reparler à quelqu'un un jour. Solyane lui avait fait envoyer un mot pour la prévenir.

Maintenant que cette affaire était réglée, la jeune femme jugea qu'elle avait bien mérité un peu de repos. Elle retourna donc dans l'une des nombreuses cachettes qu'elle s'était déniché en ville tout au long des ans. Bien sûr, avec le pécule qu'elle avait amassé depuis quelques temps, elle aurait certainement pu se permettre de dormir dans la chambre d'une auberge modeste. Elle connaissait plusieurs enseignes où elle serait reconnue par le tenancier et qui lui permettrait de profiter d'un peu de confort et d'un bon repas en lui faisant un prix.
Mais, après sa vengeance justicière remarquée, elle préférait encore la discrétion et la sécurité de ses « nids » comme elle les appelait. Celui qu'elle choisit pour cette fois-là se trouvait au-dessus de la Grand-Rue. Non loin d'une esplanade où des groupes pouvaient occasionnellement se produire.

Elle retrouva avec plaisir les réserves qu'elle avait accumulé dans ce nid-là. Des vêtements, de la nourriture séchée, deux bourses au contenu maigre mais satisfaisant, des bottes intactes – elle les avait oubliées, celle là – et quelques rouleaux de vélin vierge. Il lui manquait de l'encre et des plumes pour écrire, mais elle n'en avait aucune utilité pour l'instant. Ce qu'elle préféra retrouver, en revanche, était sa lyre. Elle n'avait pas souvent l'occasion d'en jouer, détestant se donner en spectacle, mais elle aimait la musique. Elle songea que, maintenant qu'elle craignait beaucoup moins de sortir de la Terre des Rescapés, elle pourrait trouver plus facilement des coins de solitude et de calme où elle pourrait pratiquer à sa guise. Elle glissa donc l'instrument à l'intérieur de son sac.   Puis elle s'installa confortablement sur l'empilement de couverture qu'elle avait aménagé, mangea un morceau de viande séchée qu'elle fit passé avec l'eau de sa gourde. Il faudrait d'ailleurs qu'elle aille la remplir la prochaine fois qu'elle passerait près d'une fontaine ou d'un puits.

Elle entendit des cris et des pas marteler les pavés. En glissant un œil par le jour dans les planches du bâtiment abandonné, elle vit des gardes passer au pas de courses. Ils semblaient chercher quelque chose. Quelque chose ou... quelqu'un. Elle eut un sourire en coin en se disant que c'était peut-être bien elle qu'ils recherchaient ainsi. Elle se souvenait des paroles de sa victimes : « Tu ignores à qui tu t'en prends, sale garce ! ». Elle ignorait son identité, c'était un fait. La seule chose qu'elle avait eu besoin de savoir c'était qu'il avait violé une femme et que cela méritait une punition. Elle n'avait rien besoin de savoir d'autre.
Lorsque la nuit commença à tomber, Solyane se cala sur sa couche de fortune et s'endormit sans la moindre difficulté. Par habitude, néanmoins, elle garda sa dague à portée de main. On était jamais trop prudent. Mais la nuit se déroula sans le moindre soucis, comme elle s'y était attendu en optant pour une de ses cachettes.

Le lendemain, elle fut tirée de son sommeil par des notes de musiques légères et des vivats. Elle fut surprise en découvrant que le soleil était déjà haut dans le ciel. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas dormi autant. Elle s'étira et attrapa l'une de ses bourses. Elle avait envie d'un petit-déjeuner consistant. Elle se rendit donc dans une auberge toute proche et commanda de quoi se sustenter. Les notes de musiques lui parvenaient toujours. Il semblait que des elfes étaient arrivés en ville au petit matin et s'étaient lancés, en fin de matinée, dans une représentation très appréciée. Solyane se promit d'aller y faire un tour. Elle était de trop bonne humeur pour le moment pour retomber dans ses recherches de crimes à venger. Lorsqu'elle eut fini son petit-déjeuner, elle régla la note et sortit. La grand-rue était animée. Le soleil brillait, le concert des elfes rythmait les activités et des patrouilles régulières de la milice rassuraient les citoyens quant à leur sécurité.

Solyane se rendit jusqu'à la place où se produisaient les elfes. De près la musique était encore plus belle, sans les discussions des humains pour en couvrir toutes les nuances. Les gradins en bois qui entouraient la scène étaient déjà bien remplis mais Solyane n'eut aucun mal à se trouver une place. Malgré le grand soleil, elle avait bien sûr rabattu le capuchon de sa cape sur sa tête, comme à son habitude. Elle observa alors le quintet qui jouait. Deux elfes étaient assis sur des tabourets, leur mandoline posées sur leurs genoux. Leurs longs doigts agiles grattaient et pinçaient les cordes avec une précision née de l'habitude. Debout au milieu de ses deux-là, une elfes aux cheveux noirs ondulait au rythme des mouvements que ses longs bras déliées imposait à son instrument : une viole au bois sombre. L'archet glissait sur les cordes en accords poignants. Les deux derniers elfes, un homme et une femme, chantaient. Leurs voix s'unissaient avec un tel brio qu'ils semblaient être nés pour chanter ensemble. Peut être était-ce le cas tant leur ressemblance poussait à croire qu'ils étaient frère et sœur. Comme ils chantaient dans leur langue, Solyane ne comprenait pas un seul mots mais elle n'en était pas moins émue par la performance.

Cela faisait une bonne demi-heure que Solyane écoutait les elfes chanter, accompagnés par les trois musiciens. Ils avaient entonnés plusieurs chansons et elle avait du mal à se décider à partir. Après tout, elle n'avait rien de particulier à faire, ce jour-là. Et personne ne l'attendait. Alors pourquoi ne pourrait-elle pas écouter encore un peu de ce fantastique concert ? Soudain, la chanson s'arrêta et, quelques instants plus tard, les musiciens. La raison de ce brutal arrêt ? Un poignard qui venait de filer depuis les gradins pour se planter dans la tempe gauche de la femme elfe. Il fallut une fraction de seconde à son compagnon pour le réaliser et commencer à crier. Une Elfe venait d'être tuée dans la Terre des Rescapés. Un meurtre venait d'être commis sous une cinquantaine de regards interloqués. Solyane se leva et dégringola les gradins. Elle savait ce qui allait suivre. Comme de bien entendu, la foule se mit alors à hurler, à appeler à la garde et, surtout, à fuir. Ce fut une telle débandade qu'il était tout simplement impossible de dire qui allait où. Une situation parfaite pour permettre à l'assassin de s'enfuir en toute impunité.

Solyane ne fut qu'à ses réflexes de ne pas finir emportée par le mouvement de foule. Elle se réfugia sous les gradins. De là elle put observer le groupe d'elfes qui entourait la morte. Celle qui jouait de la viole était en larmes et berçait le corps de la malheureuse contre elle tandis que le sang se répandait. Deux des hommes – dont le chanteur – avaient disparus. Ils devaient certainement être à la recherche du responsable de ce crime infâme. Le troisième était à genoux près des deux femmes, tête baissée. Déjà des gardes arrivaient sur place pour savoir ce qui avait pu causer un tel soucis. Dés qu'il les vit, l'homme elfe se leva et les harangua.

-  Justice !!! Nous réclamons justice pour ce crime, Humains !

Solyane se demanda alors si elle devait s'en charger. Elle ne doutait pas que, cette fois, les force de l'ordre mettraient tout en œuvre pour attraper l'assassin de l'Elfe. Ne serait-ce que pour éviter un conflit avec sa race. Mais elle ne pouvait pas tourner le dos à ce cri et à cette volonté légitime. Quoi de plus normal que de demander la tête de l'assassin quand on voyait mourir si brutalement un être cher ? Qu'importe alors qu'elle fasse de l'ombre aux gardes, elle débusquerait la personne qui avait planté ce poignard dans la tête de l'Elfe et elle le leur ramènerait. Mort ou vif !

L'enquête n'était pas facile. Inutile d'interroger les personnes qui avaient été présente. Elle savait d'avance que, même si elle arrivait à les retrouver, elles lui répondraient qu'elles n'avaient rien vu. Elle devait donc agir autrement. Bien sûr, récupérer le poignard pour l'étudier aurait été une bonne idée mais l'arme était déjà en train entre les mains de la milice. Et elle se voyait mal leur demander de la laisser examiner l'objet et de l'emporter pour voir si un de ses contact ne pouvait pas la renseigner sur sa provenance. La question était donc de savoir comment s'y prendre, maintenant, pour découvrir l'identité de l'assassin.

Solyane tournait en rond. Fautes de pistes, elle s'était quand même résolue à poser des questions aux rares témoins du meurtre qu'elle avait pu retrouver. Quand ils ne niaient pas tout bonnement avoir été là-bas, soit ils n'avaient rien vu soit ils lui donnaient des descriptions toutes différentes les unes des autres. Elle avait essayé de recouper les descriptions pour essayer de trouver des points communs mais autant chercher à faire se ressembler un chien et un cheval ! Solyane se laissa tomber sur un banc avec un soupir. Elle commençait à se demander si elle arriverait à quelque chose lorsqu'elle perçut un cri au-dessus d'elle. Une femme s'apprêtait à vider le contenu de son seau d'aisance dans la ruelle.  Elle se leva pour s'éloigner, refusant de se prendre les relents d'excréments. A peine avait-elle fait un pas que le bruit d'un impact lui fit faire volte-face. Au sol, près du mur où il venait de laisser une marque significative, se trouvait un poignard fin. Avec un frisson glacé, la jeune femme réalisa que si elle ne s'était pas levée pour son confort olfactif, elle aurait été atteinte de plein fouet par cette arme. Comme l'Elfe... Elle regarda tout autour d'elle. Bien entendu elle ne vit personne. Le lanceur de couteau n'était pas assez fou pour se montrer. Elle ramassa en vitesse le poignard et fila. Elle ignorait s'il comptait récidiver rapidement mais elle jugea que le mieux qu'elle avait à faire pour le moment était de se cacher.

Assise dans un coin d'une taverne, une pinte de bière devant elle – elle avait bien besoin d'un petit remontant pour se remettre de ses émotions – elle réfléchissait. Que quelqu'un tue une Elfe, on pouvait mettre ça sur un crime raciste ou bien une motivation plus personnelle. Que quelqu'un tue une Elfe et cherche ensuite à tuer une Humaine.... Elle ne voyait qu'une seule explication possible : l'assassin avait découvert qu'elle essayait de le retrouver et il avait décidé de prendre une mesure préventive en l'éliminant. Mais c'était totalement ridicule !!! Elle n'avait rien, pas le moindre début de piste, aucun témoin, aucun moyen de remonter jusqu'à lui. Ou jusqu'à elle. Rien jusqu'à maintenant, en tous cas. Solyane sortit le poignard pour l'examiner. Comme toute arme de lancer il était long et fin. La pointe resserrée et aussi pointue que celle d'une aiguille et la lame parfaitement tranchante garantissait une pénétration maximale. Il n'était guère étonnant que l'Elfe soit morte sur le coup. Ce n'était pas une arme banale mais Solyane ne voyait rien qui puisse indiquer qu'il s'agisse d'une arme particulière pour autant. Comme il s'agissait de la seule piste qu'elle avait contre le tueur, elle entendait bien l'exploiter. Maintenant ce n'était plus seulement une question de justice, c'était devenu une affaire personnelle.
Une silhouette s'avança soudainement vers elle. Se sachant prise pour cible – c'était du moins ce que laissait envisager ce qui lui était arrivé un peu plus tôt – elle attrapa aussitôt sa dague. Elle aurait bien sûr pu se servir du poignard mais puisqu'il s'agissait de sa seule preuve, elle tenait à le garder intact et immaculé, pour l'instant. Elle fut surprise en reconnaissant l'Elfe qui chantait sur scène avec sa compagne (sœur ?) avant le crime. Et plus encore lorsqu'il s'assit en face d'elle.

-  J'ai entendu dire que tu cherchais l'assassin de ma sœur. déclara-t-il, confirmant son lien de parenté avec la morte.

Solyane se décida en un instant. Ses expériences passées hors de la Terre des Rescapés lui avait appris qu'on arrivait toujours mieux à atteindre son objectif quand on recevait un peu d'aide. Et elle savait pouvoir compter sur la motivation de cet Elfe pour retrouver le responsable du meurtre. Elle ressortit le poignard et le plaça sur la table.

-  Je le cherche mais lui aussi semble me chercher ! Il a essayé de me tuer il y a moins d'une heure.

L'elfe plissa ses beaux yeux bleus. Comme s'il réfléchissait à ce qu'il allait faire de cette information. Il prit le poignard entre ses mains.

-  J'aurais toutes les raisons de croire que tu es la coupable idéale, avec cette arme.
-  Si j'étais bien la meurtrière de ta sœur, il faudrait que je sois d'une stupidité incroyable pour te montrer l'arme utilisée pour mon crime. Et quelqu'un d'aussi stupide ne réussirait jamais un tel tir.
-  Ça se tient.


Ils laissèrent planer un instant de silence pendant lequel Solyane but une gorgée de bière. Finalement l'Elfe reprit la parole.

- Que comptes-tu faire de lui lorsque tu lui auras mis la main dessus ?
-  Le tuer. Ou te laisser le tuer si tu marches avec moi !


S'il fut surpris par la brutalité de la proposition, il n'en laissa rien paraître. Solyane avait décidé de jouer franc-jeu avec l'Elfe. Soit ils faisaient équipe, soit ils continuaient à mener leurs recherches chacun de leur côté. Et alors ce serait au premier qui mettrait la main sur lui.

-  La garde de la ville est déjà à sa recherche. Déclara l'Elfe.
-  Je sais. On verra bien de quelles mains le couperet de la justice tombera sur sa tête. De celles de la garde, policée et réglementée, ou des miennes, expéditive et sans fioritures. La prison ou la mort !

Elle se tut et but une nouvelle gorgée de bière. L'Elfe releva les yeux et plongea son regard dans celui de Solyane.

-  La mort ! Mais de mes mains !

Solyane lui tendit la main. Elle ne voyait aucun inconvénient à laisser l'Elfe rendre justice à sa place. Comprenant qu'ils avaient un accord, l'Elfe lui serra la main.

C'est ainsi que Telariel et Solyane se mirent en route vers la boutique d'un forgeron d'arme. Solyane opta pour le moins connu et le moins scrupuleux de l'identité de ses clients. Typiquement le genre d'homme qu'une personne souhaitant faire faire des armes discrètement venait voir. L'homme était grognon et il fallut bien des arguments pour parvenir à lui faire délier la langue. Il ne connaissait pas l'arme – elle n'était pas son œuvre – en revanche il savait qui avait pu la forger.
L'Elfe et l'Humaine étaient en chemin lorsqu'elle remarqua qu'ils étaient suivis. Bien entendu Telariel repéra l'individu louche presque plus vite qu'elle.

-  Il y a une chance sur deux que ce soit la personne que nous recherchons. déclara Solyane à mi-voix à l'intention de son compagnon.

Celui-ci hocha brièvement la tête. Ils bifurquèrent tous les deux dans une ruelle, puis dans une autre. L'individu les suivait toujours. Solyane était tendue, la dague déjà dans la main. Mais elle s'efforçait de maintenir le même rythme. Telariel semblait plus impassible mais elle devinait la crispation de ses doigts. S'il s'agissait bel et bien de l'assassin, il était sans nul doute impatient de lui régler son compte.
Finalement ils arrivèrent dans un cul de sac. Telariel en fut surpris mais Solyane non. C'était le but qu'elle avait cherché à atteindre : une impasse suffisamment écartée de la Grand Rue et de l'attention des gardes. Elle se retourna d'un bloc, repoussa sa cape et pointa sa dague vers celui ou celle qui les suivait.

-  Fini de jouer. Dis-nous qui tu es et ce que tu nous veux !

Sentant Telariel se tendre à côté d'elle, elle espéra qu'il s'agissait bien de l'assassin qu'ils recherchaient. Mais face à eux se révéla alors une jeune femme que Solyane aurait reconnue entre mille. La dague de l'Elfe était déjà dans sa main. Solyane le retint in extremis.

-  Non !! Attends. Alicia, qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi est-ce que tu nous as suivi ?
-  Eh bien peut-être parce que je t'ai vue courir d'un bout à l'autre de la ville depuis ce midi et que tu as l'air d'être encore plongée dans les ennuis jusqu'au cou. Sans parler de cet Elfe qui t'accompagne, subitement !


Solyane constata que sa camarade semblait contrariée mais elle ne parvenait pas à en deviner la raison. Mais elle n'avait pas le temps de s'expliquer. A tout instant l'assassin pouvait débarquer ou alors chercher à la prendre une nouvelle fois pour cible. Car elle doutait qu'il soit du genre à renoncer à sa victime tant qu'elle ne serait pas morte.

-  Écoute, Alicia, on en reparlera plus tard, d'accord ? Cet Elfe et moi sommes à la recherche de quelqu'un et c'est assez pressant ! Je t'expliquerai tout quand j'aurais un peu plus de temps pour ça !

Elle rangea sa dague et voulut quitter la ruelle mais Alicia la retint par le bras.

-  Tu sais ce qu'en penserait Locke s'il savait ?

Solyane ne voyait pas le rapport avec son ami. Mais elle n'eut pas le temps de réagir. Telariel bondit sur elle et Alicia en criant « Attention ». Solyane, qui n'avait rien vu ni entendu, ne comprit pas tout de suite ce qui s'était passé. Mais elle s'en douta en entendant Telariel grogner de douleur. Un poignard, au manche similaire à celui que la jeune femme avait pu observer sur le poignard qu'elle avait ramassé, était planté dans le flanc de l'Elfe. Cette fois la jeune femme aperçut une ombre fugitive en haut des toits.

-  Alicia, occupe-toi de lui ! s'écria Solyane en s'élançant.

Elle attrapa une gouttière, grimpa aussi vite qu'elle le put et atteignit les toits avec une rapidité conférée par l'habitude. Là ! Elle le vit s'échapper à quelques mètres devant elle. Il se déplaçait rapidement mais pas assez. Solyane, bien décidée à en finir, le suivit. Non seulement elle devait bien ça à Telariel et sa sœur tuée, mais elle ne pourrait plus être en sécurité tant que ce maudit assassin serait dans la nature.
Elle le rattrapa non sans mal. Il semblait décidé à l'attirer mais elle accepta de jouer le jeu et de prendre des risques. Fait exprès ou non, il posa le pied sur une ardoise mal fixé et dérapa. Solyane bondit et l'attrapa par le col avant qu'il ne tombe au sol. Le retenant au bord du toit où elle avait atterrit au prix d'écorchures douloureuse, elle cracha :

-  Tu t'es bien amusé mais maintenant c'est fini ! Qui t'envoie ?

L'assassin ne pesait pas lourd, ce qui étonna Solyane. En le sentant se débattre pour se libérer, elle le ramena sur le toit et lui planta le poignard qui aurait dû la tuer dans la main du criminel. Le cri était si aigu que cette fois elle n'eut plus aucun doute. Néanmoins, elle confirma de manière irrévocable ce qu'elle venait de deviner en arrachant la cape qui masquait l'identité du tueur. Ou plutôt de la tueuse. Peu encline à la pitié depuis qu'elle se savait visée, Solyane bloqua la jeune femme et réitéra sa question. Puis encore une fois en appuyant un peu plus sur le poignard fiché dans la main de son adversaire.

-  Tu... Tu as fâché la mauvaise personne ! cracha la criminelle. La prochaine fois qu'il te viendra l'idée de blesser un marchand possédant or et relations sans chercher à l'achever, songe à ce qu'il risque de t'en coûter.

Solyane songea alors à l'homme qu'elle avait émasculer la veille. D'accord, elle avait peut-être été un peu vite en disant que l'identité de sa victime n'était pas importante. Mais elle savait très bien que même si elle avait su que l'homme était important, ça ne l'aurait aucunement empêcher de le laisser vivre avec ses bijoux de famille en moins.

-  Et l'Elfe alors ? Pourquoi l'avoir tuée ? Elle n'avait rien fait à cet homme, que je sache ?

La femme eut un rictus.

-  Secret professionnel !
-  Tu vas voir où tu vas pouvoir te le carrer ton secret professionnel.


Elle retira le poignard de sa main pour le lui planter dans le ventre.

-  Pour l'Elfe que tu as assassiné, pour moi et pour tous ceux dont le sang souillent ta conscience!

Elle remonta la lame dans un coup sec en direction du cœur. Une part d'elle se réjouissait d'avoir libéré la ville d'un assassin. L'autre était plus simplement soulagée de s'en être sortie saine et sauve. Elle laissa tomber le corps au sol et se laissa chuter dans la ruelle à sa suite. Puis elle la traîna jusqu'à un coin où elle dissimula sa victime. Il était maintenant temps d'aller dire à Telariel, s'il avait survécu à sa blessure, que sa sœur était vengée.

3623 mots.





Merci à Ylan et Sora pour ce que vous m'avez fait <3

Je les aime, je suis accro...:
 
Sam 6 Mai - 13:44
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