♪ RP MULTI ♪ - Fruïan, la fête des récoltes

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Aetrayel - Avium - II
Parchemins : 84
Kaëlyra regarde la progression de Barthelémy depuis le sol. Elle le voit s'envoller et prendre l'ange inconnu délicatement dans ses bras; puis chargé de son fardeau, redescendre vers elle. Mais elle n'a pas le temps de le voir se poser : elle entend des cris. Elle se tourne dans la direction du cri; quelques mèches de ses cheveux sombres volent dans cet élan.

- « Lumen à terre ! Un soigneur de toute urgence ! »

Puis le bruit du fer contre le fer.

Non loin de là, elle voit un guerrier, et une guerrière étendue à terre. C'est l'homme qui a crié.
Sans réfléchir Kaëlyra s'envole jusqu'à lui. Elle se pose à ses côtés. Le guerrier l'attrape alors par les épaules et la secoue légèrement en la regardant dans les yeux.

***

Et soudainement je me sens beaucoup plus réveillée, comme si j'avais quitté cet autre monde dans lequel j'erre sans cesse, constamment, quoi que je fasse, à demi.

- « Tu dois sauver Lumen » me dit il. « Tu dois la soigner à tout prix. Sauve la et je te serais reconnaissant, je ne peux rien faire de plus pour elle. Je suis impuissant.»

Puis il me lâche et baisse les yeux vers le sol. Il tremble en serrant ses larges poings. Il se détourne de moi alors que j'aurais voulu le regarder dans les yeux pour lui répondre :

- « Je vais la sauver.»

Je tombe à genoux près de Lumen puisque tel est son nom.


***

Kaëlyra pose ses mains sur Lumen et prononce doucement :

-  « Lumen... »

La guerrière ne répond pas, mais Kaëlyra perçoit comme un écho sa souffrance, sa blessure. Ma chair est ouverte, mon sang coule, ce creux dans mon corps, je me sens partir. Le contact des mains de l'ange s'affermit sur la guerrière, et ses mains deviennent chaudes.

Lumen, tu vas guérir », murmure l'ange.

Sous l'effet de la chaleur, les vaisseaux se réparent, les fibres de la chair se remettent en contact les unes avec les autres, la plaie déjà recousue par le guerrier se referme. Kaëlyra sent une énergie qui passe à travers elle pour aller en Lumen. Il lui semble que cela dure longtemps; elle rabat ses ailles de façon protectrice au dessus de la guerrière blessée. Ça va mieux mais ce n'est pas terminé. Kaël déplace ses mains vers le centre, là où tout n'est pas encore refermé en profondeur. Puis, dans une grande chaleur, tout se referme, mais la guérison est toujours en action. Les mains de l'ange continuent d'être chaudes et l'énergie continue de circuler.

Enfin Lumen prend une grande inspiration, dans un râle, brusquement, et l'énergie cesse de circuler de l'ange à la femme. Lumen est toute chaude comme si elle venait de se faire bronzer par le soleil et Kaëlyra ressent une légère faiblesse. Elle reprend soudain conscience de son propre corps, du sang séché sur son visage autours de son nez cassé et de la douleur dans son front, les deux points où elle a reçu le choc plus tôt. Son bras endolori, le point de souffrance dans son épaule là où elle a reçu la flèche. Elle ressent un léger froid. Lumen lève ses mains et les poses sur son corps, là où elle avait eu la blessure. Les plumes de Kaëlyra frémissent légèrement et elle rabat ses ailes vers l'arrière. Ses mains sont toujours posées contre le corps de Lumen, elle sent le contact de la peau de la guerrière, chaleur contre chaleur. Kaëlyra tente de lui sourire :

- « Lumen, ça va ? » demande t-elle. « Vous êtes guérie. »

Kaël déplace sa main vers le poignet de la guerrière, et le caresse doucement de son pouce, en un geste amical ou fraternel, plein de l'amour d'un ange pour un humain.

664 Mots, P5

Spoiler:
 


Mer 17 Mai - 9:43
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Aetrayel - Avium - II
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L'avantage de l'inconscience c'était qu'on ne sentait plus rien et qu'il n'y avait plus de décisions à prendre. Il suffisait de se laisser aller aux ténèbres et tout disparaissait. Seulement, parfois, le confort de l'oubli était perturbé par une petite voix intérieure qui avait le sinistre ton de la vérité. Notamment le fait que s'il continuait à dormir alors tout disparaîtrait, effectivement. A commencer par les Edseres qu'il s'était promis de protéger. Les souvenirs de la créature qui avait attaqué la Terre des Rescapés lui revint en mémoire. En même temps que sa mémoire, c'est son corps et les douleurs qui allaient avec qui se réveillèrent.

Rubeus grimaça et ouvrit péniblement les yeux. Son pieds lui faisait souffrir le martyre et l'une de ses ailes était engourdie suite à la fracture subie au dur atterrissage sur les toits. Il ne volait pas, il en était certain. Il n'était pas en état de le faire. Pourtant il sentait le déplacement d'air autour de lui et le battement caractéristique de deux ailes. Il remarqua alors qu'il était soutenu. Non, pas soutenu ! Porté ! Il était porté par quelqu'un ! La dernière fois qu'une telle chose lui était arrivé, il était tout petit et c'était par sa mère.

Il leva les yeux et découvrit un Aetrayel aux cheveux noirs et courts. Rubeus jeta un regard périphérique autour d'eux. Un peu plus loin, le monstre était toujours actif mais l'autre Aetrayel l'en éloignait. Il l'emmenait sûrement dans un lieu sécurisé. Rubeus referma les yeux un instant. Il continuait à souffrir mais au-moins il ne risquait plus de mourir. Il songea alors au pauvre Lumeni qu'il avait laissé seul sur un toit. Que serait-il advenu de lui s'il était mort ? Qui aurait été assez compréhensif pour ramener un Naga blessé chez lui ?

Soudain, l'Aetrayel obliqua le sol. Il allait donc déposer Rubeus. Ils étaient loin de l'endroit où Rubeus avait laissé Thorn mais il ne se sentait pas l'impolitesse d'exiger à son sauveur de faire demi-tour pour aller le chercher. A priori, le jeune Naga ne risquait pas grand chose. Pas plus que tout le reste de la population Edsere en tous cas. Une fois au sol, Rubeus remercia chaleureusement celui qui l'avait aidé et lui assura qu'il pouvait retourner s'occuper des autres. Les blessés ne devaient pas manquer dans les alentours du Mortemo et leur mission d'Aetrayel était de protéger les Edseres avant toute autre personne. Y compris lui.

- Je me débrouillerai, ça va aller ! insista-t-il avec une assurance qu'il était loin de ressentir réellement.

Mais il ne voulait pas que son sauveteur reste trop longtemps auprès de lui alors que d'autres personnes devaient avoir désespérément besoin des soins d'un Aetrayel. Tant de personnes blessées, gémissantes, mortes.... Son cœur se serra. Il y avait tant à faire et il y en aurait d'autant plus si personne ne trouvait de solution au problème du Mortemo. Lorsqu'il fut assuré que l'Aetrayel avait cédé, il sautilla pour avancer malgré la douleur déchirante qui lui lacérait la jambe gauche. Lorsqu'il ne put en supporter d'avantage, il se laissa tomber à genoux et soigna son pied. Il dépensa également un peu d'énergie pour son aile. Puis il fit disparaître celles-ci. Les soins sur son aile n'étaient pas idéaux mais il s'en occuperait plus tard. Des choses bien plus pressantes l'attendaient. A commencer par retrouver Lumeni.

Son sens de l'orientation aidant, ce ne fut pas très difficile. Le Naga s'était réveillé mais, faute de savoir où chercher, n'avait pas beaucoup bougé. Rubeus l'étreignit chaleureusement, heureux de le voir conscient et relativement indemne. Thorn accepta la démonstration d'affection de son ami sans trop grimacer mais finit par se libérer au bout de quelques secondes.

- Tu as vraiment une sale mine ! Qu'est-ce qui t'est arrivé ? demanda Thorn.
- J'ai eu une petite altercation avec le monstre là-bas.
- QUOI ?! On peut savoir ce qui t'a pris ? C'était de la folie !


Cette fois Thorntarodedhel n'avait pas faire d'effort pour essayer de comprendre ce qui pouvait pousser l'Aetrayel à de telles folies pour protéger un peuple aussi faible et ingrat que les Edseres. Son ami était couvert de sang, le bas de son pantalon était déchiré et son pied était nu. Des marques laissaient deviner qu'il avait été blessé là et s'était soigné à la va-vite. Une rage certaine monta en lui.

- Pourquoi, Rubeus ?! Pourquoi est-ce que ta vie serait moins importante que celle des bipèdes qui peuplent cette ville ? Ce n'est pas chez toi, ce n'est pas ta famille ou tes amis ! Tu ne leur dois rien ! Tu m'entends ? RIEN ! Ce ne sont des bougres d'ingrats, incapables de penser à autre chose que leur petites personnes ! Regarde ! Leur propre chef les a abandonné à leur sort ! Où sont-ils ceux qui devraient vraiment protéger les plus faibles ? Où sont-ils les dirigeants Edseres ? Loin !!! Parce qu'eux ils ont compris que tout ce combat ne vaut pas la peine ! Alors pourquoi toi, qui n'a rien en commun avec ces maudites créatures, tu devrais te battre pour elles ?

Si Rubeus fut décontenancé par autant de venimosité de la part de son calme, il ne le montra pas longtemps. Il comprenait les pensées abruptes de son ami tout comme il ne pouvait envisager un seul instant d'agir tel qu'il aurait voulu, lui, le faire.

- Les Edseres ne sont pas tous comme leurs dirigeants. Il y a du bon en chacun des êtres vivants en ce monde ! Et mon devoir, le devoir de tout Aetrayel, de veiller à la protection des Edseres tout comme j'ai décidé de veiller sur toi. Lumeni, je ne te demande pas d'être d'accord avec ça et je ne te demanderai jamais de me suivre dans toutes mes décisions. Je veux simplement que tu sois en sécurité et que tu agisses selon ton désir.
- Je désire rentrer. M'accompagneras-tu pour t'assurer qu'il ne m'arrive rien en chemin ?


Rubeus eu un sourire triste.

- Tu me demandes un choix impossible, Lumeni. Mais le danger que courent les Edseres est plus grand que tout ce que tu pourrais risquer sur la route. Ma place est auprès d'eux. Quand bien même ils me sont moins chers personnellement que toi !

Sans laisser le temps au Naga de répondre, Rubeus se rendit jusqu'aux premiers blessés qu'il put croiser

1074 mots - Message 5/?:
 


Sam 20 Mai - 23:51
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Ashryn - Laethlion - III
Parchemins : 1462




Fruïan,
la fête des récoltes



Contexte

Ereza observait le peuple se débattre, tenter de s’extirper de ce cauchemar qui les traînait un peu plus chaque seconde dans un tourbillon de ténèbres. Elle aurait pu s’en délecter, c’est vrai, mais son cœur ne chantait aujourd’hui point ses propres louanges. On reconnaissait dans ses yeux une angoisse qu’elle tentait tant bien que mal de masquer derrière un sourire mesquin. Ses yeux parcouraient la scène, s’arrêtant sur Ilidia pendant quelques secondes parfois pour l’inviter à s’éclipser tant qu’elle le pouvait encore. La paysanne n’avait toujours pas une allure de guerrière à ses yeux, et ses grands airs s’évanouissaient devant un danger grandissant. Elle haussa vaguement les épaules. La Norphis les comprenait, sans les prendre en pitié : seul un fou s’en serait pris directement à un Mortemo. Et ces idiots, ces imbéciles, s’ils tentaient de fuir, n’y parvenaient pas. Ils s’emmêlaient les pinceaux, se bousculaient entre eux. C’était risible. Croisant les bras, la jeune femme remit ses pensées en ordre : elle ne pouvait pas se permettre de laisser leur attaque tomber à l’eau.

Puis un éclair de lucidité la parcourut. Ils devaient causer une catastrophe suffisante pour que les Edseres puissent tenter une vaine revanche. Toute cette agitation aurait bien raison d’Odaïl, qui, plongé dans son orgueil, ne ferait pas la différence entre une cité détruite et une vague attaque à son égo. Elle comptait sur son esprit étriqué pour faire le travail à sa place, lui faciliter la tâche. Aussi, elle ne s’inquiéta pas de voir deux Edseres courir à leur perte vers le groupe de mage au fond de la Sylve aux Soupirs. Le travail de la bête était déjà bien entamé. Une de celles qui avait foncé sur le Mortemo avait rapidement compris son erreur : elle la vit valdinguer dans la forêt, perlant de ce liquide rouge qui attisa immédiatement la faim de la Norphis. Se léchant les lèvres, elle prit cependant l’initiative de s’en aller avant que la fête se termine. Elle ne voulait pas être là pour ramasser ses congénères. Ereza se sentait bien au-dessus de tout ce remue-ménage, et elle ne s’attirerait les foudres de personne, encore moins de Vladden. Aussi, après avoir donné ses dernières directives et jeté un coup d’œil au carnage, elle quitta les lieux en sautant sur les toits, disparaissant lentement dans le paysage dévasté. Le continent sacrifié portait à présent bien son nom.

Pourtant, on ne pouvait nier la ténacité et la persévérance des Edseres lors de ce combat acharné. L’un de leurs protecteurs était parvenu à endommager un œil de la bête, tandis qu’un autre guerrier l’handicapait d’une patte entière. Etait-ce assez pour le maîtriser ? Un poison parcourait ses veines, alternant petit à petit le contrôle des Norphis sur cette entité de la nature. Puis le coup de grâce fut donné lors de l’attaque sur les mages. Ils perdirent l’équilibre, et même s’ils tentèrent de survivre à l’assaut, une lame dans leur abdomen, leur corps leur rappela rapidement que s’ils étaient éternels, ils n’étaient point immortels. Certains se mirent à sourire alors que le contrôle leur échappait, et une fois que l’un d’entre eux s’effondra de douleur, le Mortemo arrêta complètement de bouger, comme paralysé par ses propres nerfs. Son œil valide commença à s’agiter dans tous les sens, et ses pattes lâchèrent sous son colossal poids qu’elles n’arrivaient plus à soulever. Puis, d’un coup, d’un seul, il s’effondra sur lui-même, cadavre de chair putride. Les Norphis firent alors marche arrière et pour la plupart, tentèrent de s’enfuir. Ils n’étaient plus en position de force et cela ne servait à rien d’insister pour verser quelques gouttes de sang en plus. Certains furent rattrapés au chemin, d’autres attendus à la Sylve aux Soupirs, mais la cheffe de la garde, en convalescence, tenta d’ordonner un repli à ses propres troupes.

Un des combattants s’approcha avec appréhension du cadavre, posant sa main sur son immonde fourrure parcourue de sang. Le sien ne fit qu’un tour, et il retourna près des siens et de la commandante presque inconsciente malgré les soins qui lui avaient été apportées. Dans un soupir de souffrance, elle tenta de remercier l’Ange et l’Edsere qui lui étaient venus en aide, mais sa voix était faible. « Dame Lumen. ». Il sembla hésiter. Pouvait-il faire un rapport dans cet état ? Elle lui fit signe de poursuivre. Il toussa avant de reprendre, comme pour se donner du courage. « La bête était déjà morte avant d’arriver sur nos terres. ». Il baissa les yeux, sa voix se fit plus grave. « C’était de la nécromancie. Nous nous battions contre une créature défunte. ». Les Lië’jas encore présents sentirent leurs muscles se tendre. Ils détestaient qu’on puisse se servir de la Nature pour parvenir à ses fins, encore plus en la manipulant de la sorte. Et une apparition laissa le monde ahuri. « C’est une catastrophe… ». La voix douce de la Lignum s’éleva dans les airs, alors que son peuple s’inclinait devant sa présence. Posant ses mains sur ses lèvres, elle sentit les larmes monter jusqu’à ses yeux. Tant de cadavres jonchaient la Grand-Rue, et elle n’était plus. Ses congénères étaient morts au combat, et en parcourant le champ de bataille, elle distingua tant de fleurs mortuaires que son corps s’en retourna. Secouant la tête, elle se reprit. En tant que souveraine, elle ne devait pas laisser ses émotions prendre le dessus. « Emmenez-moi voir Odaïl. ». Elle n'en revenait pas qu'il soit resté en dehors du combat. Elle s’arrêta devant la commandante de la garde, blessée, puis s’adressa aux combattants restants. « Vous avez été glorieux, et aujourd’hui, la victoire n’est peut-être pas nôtre, mais sachez que cet affront ne restera point impuni. ». Elle était convaincante, prestigieuse, charismatique. Tous buvaient ses paroles, sans exception. « Une revanche ne vous rendra pas vos familles, j’en suis consciente. On ne combat point la violence par la violence mais n’ayez crainte. ». Elle remonta ensuite sur son cheval et tapa sur son étrier pour le faire partir au galop. Il n’y avait plus de temps à perdre.



Résumé

Et bonjour à tous pour le dernier post administratif du RP Multi !

Grâce à vos nombreuses actions, nous avons limité les dégâts. Je tiens à dire que j'ai lancé des dés pour déterminer l'issue de ce RP Multi donc moi-même, à la fin, je n'étais pas sûre de ce qui arriverait, ce fut très sympa pour ma part !

Lumen est donc sauvée, guérie, mais encore en convalescence. Vous apprenez que le Mortemo était contrôlé par nécromancie, juste avant que Merilda n'arrive, souveraine des Lië'jas. C'est une figure importante, aussi je vous demanderais de la respecter. Elle n'est pas arrivée en tenue de combat, cet événement étant censé être une fête.

Le combat se termine, la Grand-Rue est complètement détruite et personne n'a vu une seule trace d'Odaïl, que Mérilda court voir après avoir tenté de rassurer la population. Quelques médecins Lië'jas venus avec elle en renfort cherchent les blessés pour leur venir en aide.

Je vous laisse conclure vos posts comme vous le désirez, j'espère vraiment que ce petit bouleversement vous a plu  



Rappel des Gains

Gain de participation : Un sac de provisions aux vertus apaisantes

4 messages : 2 point de caractéristiques OU un lancer de pièces de bronze

8 messages : 4 points de caractéristiques OU un nouvel acolyte OU un lancer de pièces d’argent


Code par Sphénix pour Epicode.



© Scylla
So, what if I'm addicted ?:
 
Raptor Jéselih:
 
Dim 21 Mai - 9:24
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Edsere - Consciem - III
Parchemins : 1107
La tête de Solyane bourdonnait mais elle trouva malgré tout la force de se redresser partiellement. Elle écarquillant en découvrant la renarde tenter de lui sauver la mise. Le petit animal la tirait pour essayer de l'emmener en sécurité. Le Norphis qui avait tant voulu lui faire la peau se tenait l'entre-jambe en hurlant, pestant et grognant. Du sang s'en échappait. Solyane eut un bref rire. Nul doute que cette blessure particulièrement handicapante, il la devait à la renarde. Néanmoins il tentait encore de combattre.

Ni une, ni deux, Solyane se redressa et planta sa dague dans le coup du Norphis.

-  Va donc faire un tour en Enfer, sale monstre !

Après quoi Solyane revint vers la renarde. Bien sûr, elle aussi avait entendu le vacarme produit parce qui ne pouvait qu'être un monstre absolument immonde. Mais déjà le brouhaha se calmait, comme si quelqu'un avait coupé le son. Enfin, un dernier mugissement, râle d'agonie, s'éleva dans les airs suivis d'un tel choc que le bruit de pierres écrasées manqua d'assourdir la jeune Edsere. Un tremblement de terre secoua très brièvement la ville. Le calme qui suivit fut glaçant. Comme si plus rien n'osait bouger ou respirer.

N'ayant pas été directement témoin du plus gros de la scène, Solyane décida de se motiver à aller voir de plus près ce qui s'était passé. Et puis, si tout était terminé, elle devait savoir ce qu'il était advenu de ceux qu'elle avait croisé. Scylla, Falka, tous les autres... Et surtout elle devait s'assurer que Locke, Alicia et tous les gamins qu'elle connaissait allaient bien. Mais auparavant, elle prit quelques instants pour s'occuper de la courageuse petite Renarde qui avait pris sur elle pour tenter de la sauver.

Elle s'agenouilla devant l'animal et le prit dans ses bras. Agenouillée, posée sur ses cuisses et calée dans l'un de ses bras, elle entreprit de lui caresser longuement la tête et le dos en lui parlant d'une voix douce. Elle se doutait que l'animal devait être terrorisé.

-  Tout est fini, maintenant. Tu n'as plus de raison d'avoir peur. Le danger est passé. Tu as vraiment été extrêmement courageuse, ma jolie.

Elle continua ainsi quelques minutes, le temps qu'elle jugea nécessaire pour apaiser un tant soit peu les nerfs mis à rude épreuve de la renarde. Le courage dont cette petite créature avait fait preuve aurait pu servir de leçon à bien des Edseres grands et musclés qu'elle connaissait. Un Lië'ja passa dans la ruelle et lui demanda si elle avait besoin d'aide ou de soins. Il lui expliqua rapidement que Merilda, sa souveraine, était ici pour aider les Edseres et parler à Odaïl qui ne s'était pas montré pendant le combat. Solyane grimaça. Bien sûr que ce crétin pompeux et imbu de lui-même ne s'était pas montré ! Trop vaniteux pour accorder la moindre importance à la vie de ses sujets !

-  Je vais bien... Enfin, aussi bien que possible. Mais je n'ai rien de grave.

Elle n'avait rien contre les Lië'ja. Eux, au moins, s'étaient battus à leurs côtés. Aussi avait-elle fait en sorte d'utiliser un ton cordial avec lui. Elle reposa la renarde sur le sol, la laissant libre de rentrer chez elle.

-  Tu n'as plus rien à craindre, maintenant ! Allez, rentre donc chez toi retrouver les tiens ! ajouta-t-elle d'une voix toujours pleine de douceur.

Elle passa une dernière fois la main dans le pelage roux de la renarde et se leva. Il était temps pour elle d'en savoir plus sur ce qui s'était passé. Mais elle ne tarda pas à découvrir l'horreur de ce qu'elle avait raté. Certes, il y avait eu les bruits, des tremblements, des débris... Mais la plus grande partie de ses combats s'était déroulé dans les ruelles, loin du lieu principal du combat. Jamais de sa vie, elle n'avait vu autant de cadavre. La puanteur de la mort régnait en maîtresse absolue. Norphis, Lië'jas, Edseres et Ulfurbes, couchés sur les pavés, indifféremment à leurs races. La Mort, elle, ne faisait aucune distinction.

Cadavre entre les cadavre, l'énormité de la bête qui était responsable à elle seule de la destruction d'une bonne partie de la ville. Un Mortemo. Solyane n'en avait jamais qu'entendu parler. Aujourd'hui, elle avait l'occasion d'en voir un véritable. Et elle bénit alors le fait de ne pas l'avoir croisé de son vivant.

725 mots - Message 9/9:
 

Les gains désirés::
 





Merci à Ylan et Sora pour ce que vous m'avez fait <3

Je les aime, je suis accro...:
 
Dim 21 Mai - 12:13
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Astre - Cometa - III
Parchemins : 918
Un peu revigorée par l’embuscade qu’elles venaient de faire, Celaena frappait une deuxième fois dans abdomen du Norphis, s’assurant de bien l’éventrer pour qu’il évite de cette relève. Un sourire carnassier peignait le visage parfait mais souillé de l’Astre. Taralis Qui avait visé l'un des mages avait presque visé juste, cependant la flèche allait se planter dans l’épaule du Norphis qui poussait un grognement de douleur en ce jetant dans la direction de l’Esderes. Aeronelle eut tout juste le temps de tirer son coutelas et de le planter dans l’estomac de la dame – de constitution vraiment fragile – tombait raide morte sur la gamine. Elles roulaient au sol et la rouquine était retenue par terre par le poids du cadavre. Des larmes de peur et d’inconfort perlaient au coin des yeux verts de Taralis. La gamine était loin d’être habituée à ce genre d’action et elle venait de tuer un être ‘’vivant’’ humanoïde pour la toute première fois. D’une certaine manière, cette pensée la révulsait et la remplissait d’une confiance aveuglante, c’était un sentiment déstabilisant. ‘’ Cela… ‘’ Murmurait la gamine avec une voix tremblante. Le ton employé par Taralis ramenait immédiatement l’Astre au moment présent qui tournait la tête vers elle. Tout en rejetant le corps inerte de son Norphis, elle se précipitait vers la gamine pour arracher avec une violence inouïe le cadavre de sur Aeronelle.

Du sang maculait le devant de la gamine, mais Celaena comprenait immédiatement que ce n’était pas celui de sa fille. Elle lui tendait une main et l’aidait à ce relevé en la planquant contre elle, loin d’être inquiète des autres Norphiss qui prenaient la fuite. Elle sentait qu’elle aurait été du genre à partir à leur poursuite, mais elle savait que Taralis avait besoin d’elle et une autre présence attirait son attention. Le Mortemo était maintenant inerte au sol, visiblement mort. Quelques humains curieux encerclaient la bête, pendant que des gardes portaient assistance à leur cheffe Lumen. Celaena jetait un rapide coup d’œil à la femme qui les avait accompagnées et lui offrait un signe de tête en respect et une nouvelle fois un sentiment de familiarité la frappait. Elle ne l’avait pas réalisée avant maintenant, mais elle avait déjà croisé cette femme, au berceau des merveilles. C’était cette même femme qui l’attirait et l’intimidait à la fois dans un respect incontrôlable. Elle lui offre un hochement de tête reconnaissance et de remerciement. Les mots n’avaient pas leur place dans ce genre d’évènements, mais les gestes oui et cette Elih avait sa reconnaissance éternelle. Décidément, le destin faisait les choses bien étrangement. Cette femme l’avait aidé pour la deuxième fois…

Tout en revenant vers la grand-rue, l’attention de l’Astre – lui faisant presque oublier Elih - et de l’Esderes était attirée par la prestance qu’une femme à la beauté envoutante. La souveraine était une beauté délicate, mais vertigineuse, tout chez elle dégageait une force envoutante et bien réelle et quand les Lië'jas donnaient leur respect à leur reine, l’Astre n’hésitait pas un seul instant en pencher la tête dans un signe de respect et en faire de même avec Aeronelle qui n’avait pas réagi à cause de l’évènement de plutôt. ‘’ Il est rare de pouvoir voir un souverain ou une souveraine… ‘’ Murmurait Taralis elle-même fascinait par la femme. ‘’ C’est un honneur de pouvoir croiser leur chemin, sache que chaque homme ou chaque femme qui se retrouve à cette place on du faire d’énormes sacrifices, certain a eu le poste plus facilement que d'autres, mais ils ont tous durement travailler à leur manière… ‘’ Déclarait Celaena avec le plus grand des respects. Même si l’Astre ne respectait pas toujours ceux qui avaient ‘’trichés’’ en travaillant dans le dos de tout le monde. Elle sous-entendait la manipulation et la trahison, elle gardait toujours un certain respect, parce que malgré la manière qu’ils avaient réussi leurs coups, ils avaient fait preuve d’une très grande ambition et avait dû faire beaucoup de sacrifice, parce que malheureusement, pouvoir rimait avec sacrifice.

Maintenant que le plus gros danger était éloigné, Celaena réalisait à quel point elle était épuisée. Après le départ de la souveraine, l’astre conduisait Taralis en lieu sûre et lui ordonnait de prendre un peu de repos, parce qu’elles étaient loin d’avoir terminé, déjà dans la ville les Esderes se divisaient, certains voulaient pourchasser les Norphis pour leur vengeance pendant que les autres voulaient prendre soin des blessées et commencer à reconstruire un peu la ville. Celaena savait exactement qu’elle serait son choix, son sang bouillonnait encore de combattre ces monstres et de venger ceux tombés au combat…



763 mots - 10 posts:
 






From chaos a star is born

I have to be rent and pulled apart and live according to the demons and the imagination in me. I'm restless.
Things are calling me away. My hair is being pulled by the stars again.”



Dim 21 Mai - 16:16
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Norphis - Abund - II
Parchemins : 440
Tous se passa beaucoup trop vite. Alors que j'essayais de réfléchir à un moyen de mettre la bête à terre celle-ci commença à vaciller sur ses appuies. Et, même si je ne l'avais jamais vraiment fait, je commençais à reconnaître ce qui lui arrivait. J'avais vu de nombreux Norphis essayer de se créer une petite armée de mort-vivant sans grand succès et maintenant je pouvais observer le fait qu'ils avaient réussi à relever d'entre les morts mais aussi à maîtriser une bête de siège pareil. C'était assez effrayant pour la suite des conflits de savoir que Vladden avait la possibilité de maîtriser de tel créature. La créature s'était violemment effondré sur le sol, sa chair putride commençant à se désagréger à vu d’œil. Ceux qui maîtrisaient la créature avait probablement perdu le contrôle de la créature. Il restait à savoir pourquoi, même si j'avais une petite idée. L'arrière-garde des Norphis n'était pas protégé et c'était probable que ceux qui avait donné la vie à la créature se soient fait brutalement tué.

Les Norphis s'enfuir un par un et beaucoup des combattants se mirent à les poursuivre. D'autres Norphis était toujours entrain de se battre mais ils se firent rapidement exécuter. Je regardais aux alentours, maintenant que j'étais dans la Terre des Rescapés il me suffirait de retrouver le chemin vers l'auberge de ma Mère pour me renseigner sur sa présence, et surtout savoir si l'auberge avait résisté au passage des Norphis et de la créature. Néanmoins, il ne serait pas sage que je commence à me diriger vers les petites rues, il y aurait surement des battues d'effectué sous peu et je ne préfère pas me faire attraper par l'une de celle-ci.

L'idéal serait que je m'enfuis en même temps que les autres Norphis pour ensuite me séparer de leur groupe mais si je quittais la Terre des Rescapés maintenant je ne serais pas capable d'y revenir avant un long moment. Mais d'un autre côté si les gens apprennent que je suis une Norphis, je me ferais exécuter sur le champ. La solution la plus sage serait de m'enfuir, de laisser les Esdere se débrouiller avec leurs blessés et leurs morts. Mais mon cœur me dictait de faire le contraire, d'aider les Esderes à soigner leur blessé, à rassurer les survivants et à tuer les dernières poches d'assaut Norphis.

Je restais planter la encore de longue minutes avant de finalement me décider, j'aiderais les habitants à se sortir de cette situation et si ma nature venait à être révélé, je m'enfuirais le plus vite possible. C'était risqué mais au moins mon cœur serait satisfait. Je commençais donc à me diriger vers l'avant de l'ex-champ de bataille, l'endroit où il y aurait sans doute le plus de mort et de blessé pour participer à l'effort de reconstruction suite à l'attaque de ma propre race avait perpétré.

7/??, 508 mots:
 



Dim 21 Mai - 17:58
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Edsere - Praesium - II
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Tout se passa ensuite très rapidement. Je regardai la pointe de mon épée, ensanglanté par le sang de la bête en réfléchissant à une nouvelle tactique pour essayer de descendre le monstre. Je n’ai eu à peine le temps d’y réfléchir que la bête se cabra, s’agitant de plus en plus avant de tomber sur le sol dans un lourd et long râle d’agonie. Dans mon cas, je reculai de plusieurs pas par mesure de sécurité et sous le choc, je plantai mon épée au sol afin de me retenir de la chute. Je jetai un coup d’œil en direction de la bête pour me rendre compte que celle-ci avait bel et bien finit par rendre l’âme. Je la regardai quelques secondes avant de me relever tant bien que mal, pris soudain d’une fatigue assez importante. Je me dirigeai alors en direction de Lumen. Celle-ci était en piteux état et avait beaucoup de difficulté à rester consciente, mais sa détermination et son sens du devoir remarquable la poussait à commander dans cet état. Je croisai aussi le regard de l’Aetrayel l’ayant sauvé et je lui souris en hochant la tête. Sans lui, Lumen n’aurait probablement pas été en mesure de respirer encore parmi les vivants. La commandante tenta alors de nous remercier, tant bien que mal, à travers un souffle lui semblant douloureux. Cette pensée, même dans son état, me réchauffa le cœur et je me penchai légèrement, la main sur la poitrine, en signe de reconnaissance. J’écoutai ensuite le rapport du messager, racontant son bilan face à la situation et à la mort du Mortemo. Ma stupéfaction, probablement plus puissante que mes collèges Edsere,elle fût puissante à un point que je ne prêtai aucune attention à la suite des événements. Tous ces morts, toutes pertes par la faute du Mortemo n’étaient alors qu’un piège ? Mon propre combat avait été futile à ce point ?

Je regardai le sol, toujours sous le choc sans savoir comment réagir. Une figure importante fit alors son apparition à travers la grande allée. Après avoir entendu ses douces paroles et l’avoir regardé plus en détail, je conclus que c’était la reine Mérilda. Tout comme mes proches, je plantai mon épée dans le sol en plaçant un genou à terre, en signe de respect pour cette autorité. Les paroles de la reine portaient un triste message. Ce message nous ouvrait les yeux face à la dure réalité qu’avait été une fête amusante se transformant en carnage. Son court discours, par la suite, apporta un bref moment d’espoir se comparant à des rayons de soleil réchauffant votre corps. Je regardai le sol, toujours ensanglanté en tentant d’interpréter le sens de ses paroles. La vengeance n’était certainement pas la clé pour régler cet événement, mais celui-ci ne resterait certainement pas impuni de cette façon. La reine s’enfuyait ensuite au galop en direction de la rencontre de notre Roi. Au fond de moi, j’espérais que notre roi soit en mesure de trouver une solution par la force suite à les événements. Incroyablement fatigué, sans énergie une colère monta en moi au fur et à mesure que la suite des événements remontait à mon esprit. La colère agissait comme un stimulant, malgré mon état de fatigue de plus en plus important, je sentis une source d’énergie nouvelle m’envahir. Je me levai ensuite d’un bond et je me dirigeai rapidement en direction du Mortemo. Alors que je traversais ici et là des cadavres sanglants, une soudaine douleur au crâne et au cœur me prirent d’attaque. Je tombai soudainement sur le sol et je m’allongeai tant bien que mal sur le dos à travers les cadavres d’Edsere tombés au combat. Je serai les dents, en tentant de supporter la douleur tout en respirant par courte saccade. Je souris timidement, en me disant que j’avais peut-être abusé et que j’étais peut-être allé trop loin. Après quelques minutes ainsi, la douleur s’atténua pour laisser place au calme et à la fatigue. Je sentis mes muscles se détendre, le battement de mon cœur revenir finalement à la normale suite à ses efforts et ma vue commença à se troubler peu à peu. Je souris de nouveau, en me disant que la suite des évènements risquait d’être bien intéressante, mais qu’il était temps pour l’instant de prendre un peu de repos dans l’inconscience et le sommeil. Ma respiration reprit son court normal et je sombrai dans un sommeil réparateur en ronflant légèrement.

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Dim 21 Mai - 19:10
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Nanthun - Domum - II
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Cette fois il ne bouge plus. Un couteau fiché directement dans le cou, un ultime sursaut et son souffle se tarit. Elle laisse pendre sa langue. L’hideux ronflement de tout à l’heure s’est tut lui aussi, remplacé par un calme gluant. La mélodie qui se joue est plus pesante qu’une chape de plomb. Elle remarque à peine qu’elle se trouve désormais dans les bras de l’humaine. Ce qu’elle lui dit, elle n’en retient que de la douceur. Ses mains qui caressent son pelage appliquent un cataplasme invisible sur la peur qui lui ronge les entrailles. Une inspiration après l’autre, elle chasse les relents putrides collés dans ses poumons. Elle aurait voulu que ça dure toujours. Mais l’humaine se lève. Un de ses congénères lui a parlé. Elle la dépose par terre. Ses pattes ne la soutiennent pas. Quand elle la voit partir, elle tente un gémissement mais sa voix déraille. Elle n’a même plus la force de produire le moindre son.

Lentement, elle se traine le plus loin possible du monstre mort. Dans les fagots, elle sent en elle quelque chose qui s’enfuit. Un lien qui se rompt, une porte qui s’ouvre, une griffe qui relâche. Elle inspire à nouveau et revient à elle.

Fyn ouvrit les yeux à la troisième expiration. Son esprit demeura vide de tout durant trois secondes. Trois secondes durant lesquelles s’imprima sur le fond de ses yeux le visage tordu du norphis un peu plus loin. Elle sentit les larmes lui monter aux joues. Tout son corps refusait de se mouvoir. Sa langue remua et elle sentit aussitôt le goût du sang et d’autres humeurs immondes. Sous le coup d’une convulsion de son estomac elle roula sur le côté mais ne parvint à rien faire sortir. Elle demeura là, face aux fagots, sans pouvoir faire autre chose que hoqueter. Prisonnière d’une cage invisible, elle fouilla péniblement à la recherche d’informations sur ce qu’il s’était passé.

Le visage du joueur de vièle lui revint en tête, l’odeur de la soupe d’algue, le tambour rythmé juste avant les cris autour d’elle, puis la panique. Des yeux rouges dans sa direction. C’était tout. Le reste était une succession de flashs distordus, privés de couleur, mais chargés d’odeurs très fortes et de sons discordants. Tout respirait la violence. Quand un coup de vent lui balaya la peau, elle comprit qu’elle était nue. Elle devait s’être transformée, c’était la seule explication. Cela lui arrivait parfois sans qu’elle le désire vraiment, mais pas au point de n’en garder que de vagues images. Comme son cerveau lui refusait l’accès au passé, elle se tourna vers le maintenant. Allongée dans la peau, tâchée de sang, nue. Des râles d’agonies autour, des bruits de pas pressés, des appels à l’aide. Elle leva la tête mais une violente douleur la cloua immédiatement au sol. Elle en aurait hurlé de frustration mais la force lui manquait.

Après dix minutes de respiration intensive, elle rassembla ce qu’il lui restait d’énergie pour s’assoir. La tête lui tournait affreusement. Et à côté, le norphis la regardait toujours à travers le voile de ses yeux morts. A quatre pattes, elle rampa jusqu’à la lisière de la rue. Ses mains s’agrippèrent sur un rebord mais ses bras n’allèrent pas jusqu’à la soulever. Une dame accourut. Elle l’avait vu, aurait voulu dire quelque chose, mais elle ne put que tomber dans ses bras.

Et puis ses dernières forces, celles qui retenaient ses larmes, l’abandonnèrent aussi.

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Dim 21 Mai - 19:29
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