Vous avez parlé d'un intrus ? | Scylla & Leo[pard]

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Ashryn - Sylvar - IV
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Elle l'avait écouté attentivement, jusqu'à la fameuse question qui fâche. À partir de là, elle n'était plus vraiment attentive, et son regard s'était instantanément orienté vers le sol. Elle glissa mécaniquement sa main dans la poche interne de son manteau, tout en avançant vers le dit entrepôt donc l'elfe venait de parler. Quand ses doigts effleurèrent enfin le morceau de papier, elle les retira immédiatement, comme si elle s'était brûlé ou qu'elle avait touché quelque chose de piquant. Une foi devant la porte, Falka se tourna vers Sora. Et remarquant son regard vide et absent, elle ne chercha pas plus loin et pénétra en première dans les lieux.

« Ça va aller vite, je vais passer en premier. Ce n'est pas comme si l'ombre n'était pas mon élément. »

Elle entra donc, bien vite suivie des deux compères. Il faisait très sombre, et bien que la petite orbe créée par Leo éclairait quand même pas mal, elle ne pouvait baigner de son éclat les étages en bois accessibles par des échelles où étaient empilés des tas de caisses. Falka avait déjà disparu, et devait être en train d'explorer chaque recoin. Sora s'appuya contre un mur, et semblait beaucoup moins soucieuse et attentive que Leo à leur problème et ce pourquoi ils étaient ici.

Au bout d'une dizaine de minutes, Falka revint, sortant de nulle part. Elle crut bien manquer de faire sursauter l'elfe en débarquant ainsi sans prévenir des ombres.

« Quelques rats, des araignées... Et un petit malin. » Elle fit une rotation d'épaule sur ces mots, et se mit à interpeller l'obscurité. « Allez, sors de là ! Ils ne te feront rien, ils sont avec moi. »

De l'ombre sortit un petit garçon, qui ne devait pas avoir plus de huit ans. Il semblait terrifié. Et Falka n'y était sûrement pas pour rien, même si ça lui faisait mal de l'admettre.

« Allez files dehors avant que je prévienne quelqu'un. » finit-elle par dire à l'enfant qui ne se fit pas prier et qui retiendrait sûrement de ne pas rentrer n'importe où même si la porte est ouverte. L'ombre haussa les épaules. « Fausse piste. »

Elle n'eut pas le temps de faire un pas vers la sortie que Sora, adossée au mur juste à côté de la porte, releva le regard vers Leo.

« Je pense que ça va être difficile à croire vu la complexité du langage, mais j'ai appris l'elfique seule dans des livres, quand j'étais très jeune. J'avais du temps à disposition... J'ai dévoré la bibliothèque de mes parents deux ou trois fois entièrement en attendant leur retour. Je me suis penchée plus attentivement sur les livres qui enseignaient ce langage et je l'ai appris. Et au bout de 3 ans, c'était bon. J'avais autant assimilé cette langue mélodieuse que le fait que mes parents ne reviendraient pas. Alors je suis partie. Il m'a trouvé, et m'a sauvé la vie. »

Elle fit une légère pause ; elle détestait déballer sa vie comme ça. Elle avait l'impression qu'elle était en train de mendier de la pitié, alors que tout ça était bien loin derrière elle.

« Je suppose que si vous me posez cette question, c'est pour vous faire une idée plus précise de la personne que je suis. Je ne vois pas l'intérêt d'un inconnu à me demander de qui je suis proche. À moins de vouloir me nuire indirectement en passant par cette personne. »

Elle haussa les épaules.

« De fait, si vous prenez ça en compte pour vous rassurer à mon sujet, je doute que vous vous fassiez une meilleure idée, à moins de croire mes paroles. Parce que pour commencer, cet homme est un démon. »

Elle replanta son regard dans celui de Leo rien qu'une seconde, avant de retomber vers le sol. Elle croisa les bras avant de reprendre.

« Il faut le voir pour le croire mais, il n'y a rien d'un démon. Physiquement si, et encore, c'est léger. Les oreilles et les canines à peine plus pointues que la normale. Mais quand on le regarde au fond des yeux, on ne s'attend pas à ce qu'il nous dépiaute dans la seconde qui suit. Parce qu'il ne fera tout simplement pas. Il a tué, je peux l'affirmer, mais jamais pour le plaisir. Quand il dégaine son épée et fait usage de ses flammes à la couleur si inhabituelle, on pourrait bien croire qu'il est bien à sa place dans sa race sanguinaire et démoniaque, mais là encore, les apparences sont trompeuses. »

Elle leva cette fois les yeux au plafond.

« Je vous ai dis que je m'appelais Sora, parce que c'est un peu devenu mon prénom à force, puisque personne ne m'appelle par le véritable. Et quitte à vous en déballer autant, autant aller jusqu'au bout. Mon vrai prénom, c'est Scylla. Et le nom que j'ai actuellement, Fentkräes, ce n'est pas le mien. Mais je crois que son propriétaire ne me tiendra pas rigueur de cet emprunt, parce que je doute même qu'il soit au courant de son propre nom de famille. »

Elle se détacha nonchalamment du mur, épousseta sa jupe et regarda à nouveau l'elfe.

« Il s'appelle Eddie Fentkräes. Et c'est un démon. Un démon qui m'a aidé bien davantage que jamais personne ne l'a fait dans ma vie. » Elle soupira. « Mais je me doute bien que ce nom ne vous dit rien, et que si vous n'arrivez pas à mettre de la crédibilité dans mes paroles, cela ne redorera pas l'image que vous avez de moi, puisque la seule image que vous avez de mes fréquentations sont une ombre spectrale qui ne sait même pas sa véritable nature, et un Démon a priori bon samaritain, ce qui sonne tout de même vachement faux, je vous l'accorde. »

969 mots


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Mer 3 Mai - 17:40
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Lië'jas - Vimine - I
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L'elfe posa la main sur le dos de l'enfant lorsqu'il accourut à la porte, récitant quelques mots à voix basse, inaudible pour qui que ce soit dans la pièce. Apeuré, ce geste l'avait comme rassuré, ne pouvant s'empêcher par curiosité de regarder derrière lui un jeune homme lui affiché un sourire apaisant. L'ombre avait donc raison, ce n'était rien qu'une fausse piste que l'on ne pouvait cependant pas négliger. Se frottant la tête d'une main et scrutant le sol, il essayait par tous les moyens de comprendre où pouvait se trouver une personne ou une chose qui avait échapper à une sécurité renforcée et qui se pavanait maintenant autour de ces gens sans les attirer. Un long soupir émana de sa bouche, il s'appuya alors contre le mur, élevant le bâton, la lumière se projetant vers Sora qui lui expliquait l'origine de sa maîtrise du langage elfique, langage que très peu ne peuvent parler. Il était aisé de voir que l'accent n'était pas le même, mais elle faisait preuve de tact. On apprends pas parce qu'on s'ennuie, on ne lis pas parce qu'on a que ça sous la main. Cela devait l'attirer d'une certaine façon et le jeune homme en était plutôt ravi au vu du sourire toujours affiché sur son visage pourtant affecté par la détresse qu'est en train de vivre cette Cité, tout du moins les gardes.

Mais au fur et à mesure de la discussion, ou du monologue de la femme, l'elfe ne savait pas encore qu'il allait tomber sur un obstacle de grande envergure. Il était déjà surpris du fait qu'elle étale facilement sa vie, d'une question est sorti une réponse relatant des faits et gestes qui lui sont reconnaissants et qu'elles n'oublieront pas, qui l'ont fait avancer. Plus encore, elle s'acharnait sur le fait qu'une autre personne encore, outre Falka, l'avait propulser alors qu'elle avait l'air de sombrer elle même. Où ? Il l'ignorait encore, cela restait du domaine privé, il ne souhaitait guère en savoir davantage. Il avait à plusieurs reprises voulut la couper dans son élan, mais il ne pouvait pas. Les mots étaient une force que l'on ne pouvait pas toujours contrôler. Et si cela se comparait à de petites vagues dans l'océan, on pouvait s'attendre a ce qu'on en voit une plus grande et une plus conséquente. Chose qui ne tarda pas lorsqu'elle donna la description d'un Démon. Peu de choses le surprenait et il avait insisté sur les apparences, qu'elles ne sont pas une preuve de quoi que ce soit. Mais l'usage de cette précision le conduisait à penser à Eddie, maintenant seul. Et il ne faisait nul doute que c'était lui l'objet de la conversation lorsqu'elle mentionna les flammes à couleur inhabituelle sur son arme. Un soupçon de peur envahit le jeune elfe, elle connaissait alors le petit démon ? Le monde est petit quand on y pense. Fallait-il donc se méfier ou au contraire en rire ? Entendre finalement son nom de la bouche de sa partenaire dans la Cité des Anges le glaça et il ne bougea plus durant quelques minutes, le sourire ayant complètement disparu laissant place à une surprise démesuré dans l'ombre.

« Cet homme là vous a aidé vous dites ? » laissa échapper faiblement l'elfe. Les questions filaient à grande vitesse et se pensées se brouillaient, son esprit n'était plus aussi vif.Il s'obligea donc à s'asseoir devant ce choc et reprît peu à peu le fil de ses idées. « Un Démon qui n'en paraît pas un, une arme protégée des des flammes... Elles sont bleues. Eddie... » Ses yeux vinrent se poser alors sur Sora. D'un air sérieux, il s'avança vers elle, la lumière éclairant alors les deux intéressés, Falka étant en retrait dans l'obscurité que créait aussi cette boule lumineuse. « Tout porte à croire que vous y tenez temps. Après tout il vous a sauvé, et je reprends vos mots. » Prenant sa respiration, il reprit. « Aussi surprenantes sont vos paroles lorsqu'elles me sont parvenus, les miennes risque également de vous porter un coup... Il se trouve que je connais très bien Eddie. »

C'était comme se confier, comme si l'elfe libérait tout ce qu'il avait à dire ou à cacher à une personne qui finalement se retrouve être bien plus proche de de lui alors qu'elle n'était qu'une inconnue il y a de cela quelques temps.  La sensation était étrange et bizarre, le ressenti semblait désarmé le jeunot qui tentait de lire dans les yeux de cette femme.

« Adepte de la fainéantise, gros mangeur. Aucune résistance à la bêtise et aux coups tordus. Si c'est bien lui dont vous venez de parler. » Marquant une pause, il continua. « Votre vie n'a pas lieu d'être étalée ici sans que j'en fasse de même. J'ai eu une brève visite dans un Enfer brûlant, la chaleur vous dévorait la chair de votre corps. Être prisonnier d'un tel endroit me rendait nerveux, ne m'offrait qu'un couloir, celui de la mort. Il était à côté de moi, affrontant tout ce qu'il voyait d'un large sourire. A partir de ce moment là, nous avons sympathisé. Il est celui qui m'a ouvert le passage de ce second couloir, celui qui vous permettait de passer outre la mort. Nous nous sommes donc échappés, il connaissait bien le coin et nous sommes restés souvent ensemble... » Se tournant dos à elle, il reprît plus en détails. « C'est ce mot qui a fait que notre complicité devait se détacher... Un Elfe et un Démon côte à côte. Ça ne faisait pas bon ménage. Nous sommes d'accord sur le fait que les apparences sont trompeuses, il le prouve bien. Mais le monde n'est pas prêt à ça. Durant des années, nous avons vagabonder sur ces terres et plus le temps passait, plus il se détachait. Non pas par envie, mais par sécurité. Il devait se faire oublier, des siens notamment comme de ceux qui voulaient sa mort. » Se retournant dès lors d'un mouvement brusque, il la regarda avec attention et insistance. « C'est justement pourquoi il s'écarta du monde tel qu'il est. Le silence la distance sont synonyme de mauvaise augure, pour d'autres de morts. » Un sourire s'afficha à la lumière comme pour rassuré Sora. « Je l'ai toujours compris, je ne lui en ai jamais voulu. Je le revois de temps à autres, mais rarement. Simplement pour prendre des nouvelles... Aujourd'hui, cela fera un an. »

Outre la parole, Leo était doué pour observer et restait attaché aux yeux magnifique de cette Sora. Il semblait y voir comme de l'espoir et une bonne nouvelle. Il ne savait pas cependant comment l’interpréter, celle-ci pouvait bouleverser totalement la personne en question. Il ignorait jusqu'à l'existence même d'un lien entre Falka et Eddie. « Je ne sais pas si je me trompes et veuillez me pardonnez si c'est le cas mais... Vos yeux semblent trahir comme une triste pensée, comme s'il comptait énormément pour vous. Je ne sais pas qui il est pour vous, à quoi il est rattaché » dit-il en levant et regardant sa main entouré d'un long bandage. Lui seul savait ce qui se trouvait en dessous, un lien éternel. Il reprit un ton sérieux, reprenant son bâton en main et plein de compassion, il lui lança. « Il m'avait parlé d'une petite amie. Je ne veux pas tirer de conclusion hâtive, mais qui que vous soyez pour lui, si cela reste important pour vous, allez le retrouver. Je me chargerez de la recherche de l'individu dans cette Cité avec Falka si vous le souhaitez. » ses paroles à l'égard de Sora, il se tourna vers Falka dont la silhouette était dessinée par le peu de luminosité créer par l'elfe. « Les centres d'intérêts de cette ville sont très convoités, que ce soit pour un simple visiteur ou pour quelqu'un de malveillant. Il serait sage de s'y rendre. Alors, que faîtes-vous ? »


1404 mots


Jeu 18 Mai - 18:37
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Ashryn - Sylvar - IV
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Il y avait maints moments dans la vie de Sora où le temps lui avait semblé s'arrêter juste pour lui mettre une gigantesque claque en pleine gueule. Cet instant dans la forêt à l'article de la mort, cet autre devant la fenêtre ouverte de la chambre de l'orphelinat, ou encore face à son propre cadavre dans les ruines de cet immense bâtiment. Et le moment d'aujourd'hui allait s'ajouter à cette liste, qui aurait dû, pour le bien de Sora, rester bien plus courte.

Elle commença à tiquer lorsque le Lië'ja reprit ses propres mots. Comme s'il les avait déjà assimilés, comme s'il parlait de quelque chose qui ne lui était absolument pas inconnu. Elle ne doutait pas de la capacité de mémorisation de ce Léo, il semblait avoir encore pas mal d'atouts dans sa manche. Mais tout cela lui semblait étrangement familier. Les derniers mots qu'il sortit avant de prendre une courte pause dans son discours finirent de confirmer son impression, et surtout, de l'achever.

''Je connais très bien Eddie.'' répéta instinctivement son esprit.

Sora, qui était pourtant quelqu'un capable de maîtriser ses émotions dans à peu près n'importe quelle situation, ne peut se retenir d'écarquiller les yeux et de laisser tomber ses bras mollement face aux paroles qui suivirent. Le Lië'ja était en train de lui décrire à la perfection l'Ulfurbe auquel elle était attaché depuis si longtemps. Celui après lequel elle courrait depuis des années. Falka remarqua immédiatement les changements physiques de Sora, la façon dont elle s'était immobilisé et les traits maintenant tendus de son visage. Elle la connaissait assez bien pour comprendre chacun de ses faits et gestes, et les interpréter en fonction de la situation. Même si elle ne pouvait ressentir pareilles émotions, elle comprenait très bien ce que les paroles de Léo faisaient actuellement à Sora.

''La prison ?'' Un certain événement revint alors soudainement dans l'esprit de l'ombre. ''Le registre des prisonniers. Eddie Fentkräes. Oh bordel, tout ce qu'il dit est vrai...''

Falka reporta davantage son attention sur Sora, qui écoutait comme hypnotisée les paroles de Léo. Elle avait l'air totalement absente, mais elle ne doutait pas une seule seconde que son cerveau était en train de graver chaque mot qu'elle entendait.

Pour peu qu'elle avait ce qu'on pouvait appeler un sourire – mais n'en était pas un en fait – le fait qu'il ne l'ai lui-même pas vu depuis un an jour pour jour jusqu'à aujourd'hui tira légèrement les extrémités des lèvres de Sora vers le bas. Mais elle continua de l'écouter, plus attentivement que jamais. Et la fin termina de l'anéantir. Elle savait que ce moment devait arriver. Avant même celui de le retrouver, qui serait pire encore, mais celui de la première piste solide. Mais elle ne s'attendait pas à tant. Ça faisait beaucoup d'un seul coup.

Elle mit un petit temps à se décrisper après la fin des mots du Lië'ja. Elle avait remarqué son regard vers le bandage. Il y avait longtemps qu'elle n'était plus dupe et elle avait sa petite idée sur ce que cela pouvait cacher. C'était même un petit peu trop évident pour un Ulfurbe.

« Eddie n'a jamais passé de pacte à ma connaissance. S'il en a fait un avec vous selon ce que vous me racontez, c'est un pacte honnête et c'est qu'il a confiance en vous. »

Elle serra les poings et se mit à fixer intensément le sol. Puis respira un grand coup et releva les yeux. Parlant sans regarder quoi que ce soit réellement.

« Un goinfre, un idiot, un farceur, un paresseux... Je ne pense pas que vous pourrez apporter de description plus précise à Eddie pour confirmer que nous parlons bien du même. Le pire de tous les Ulfurbes si on se rapporte à leur code de bonne conduite. Qui sauve un Lië'ja.»

Elle se conforta à cette pensée dans l'idée qu'il était resté fidèle à lui-même. Et cela lui apporta un certain réconfort, bien que maigre. Elle ne se tourna pas vers Léo, mais c'est tout de même à lui qu'elle s'adressa directement cette fois-ci.

« Je vous remercie. Quoi que vous ayez fait pour lui. Je suis contente de savoir qu'il a côtoyé quelqu'un comme vous, qui me semble, à première vue en tout cas, juste et bienveillant. Qui ne s'est pas arrêté à sa nature d'Ulfurbe. »

Falka s'approcha silencieusement et posa doucement sa main sur l'épaule de Sora. Elle savait que dans ce genre de situation, la blonde pouvait tout aussi bien réagir de manière très violente en la repoussant et en se mettant à tout casser qu'en acceptant son geste. Pour le coup, ce fut la deuxième option. Et elle le fit savoir en posant elle-même sa main sur la sienne.

« Si ça peut vous rassurer, le lien qui nous lie est positif. Et ancien, très ancien. Il n'est pas lié par un pacte magique mais je crois qu'il est assez vieux et fort pour parler de quelque chose de similaire. Malheureusement, ne l'ayant pas revu des années et comme nous nous sommes quittés brusquement sans réelles explications l'un pour l'autre, je ne saurais pas vous dire. Même pas si je suis la petite amie dont il vous a parlé. »

Elle émit un temps de pause. Et se retint du commentaire qui disait que si ce n'était pas elle qui était désignée, elle en serait blessée. Elle s'était déjà sûrement suffisamment exposée.

« Quant à votre proposition... »

Elle pensa à l'endroit où il se trouvait. À comment elle le retrouverait. Et prit son courage à deux mains pour exprimer son choix, qu'elle lança cette fois en regardant dans les yeux le Lië'ja.

« Il aurait sûrement aimé que vous comme moi aidions l'un ou l'autre à aller au bout de sa quête. Alors nous allons continuer, ensemble. »

Elle se dirigea vers la porte.

« Venez, nous allons questionner les gardes de la ville pour savoir s'ils ont repéré quelqu'un de suspect. »

Et avant de sortir, elle termina, avec difficulté. Ses yeux étaient incapables de dissimuler l'insondable tristesse à laquelle elle était en proie actuellement.

« Et si vous le voulez bien, vous me parlerez de lui. Et comme c'est réciproque, si vous voulez que je vous dise quelque chose, je vous le dirais aussi. Les circonstances de notre rencontre, depuis quand je le connais... Ce que vous voulez, si vous êtes honnête avec moi, je ne vois pas de raison de ne pas l'être avec vous. Et je ne peux que faire confiance à quelqu'un en qui Eddie croit. »


1092 mots.


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Ven 19 Mai - 21:05
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Lië'jas - Vimine - I
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« Non, il n'y en a jamais eu entre lui et moi. En ce qui concerne une autre personne ce n'est pas à exclure. »

Le poing serré, sa main droite entourée de bandage cachait bien des choses. S'en suivit quelques gouttes de sang qui s'échappèrent des extrémités de sa main suite à l'appui de sa paume refermée. Bien plus qu'un mal physique, il en allait d'un mal psychologique qui ne faisait que s'étendre et allait le suivre jusqu'à sa mort et bien plus encore. Sa grimace sur son visage témoignait de sa petite souffrance qu'il préférait pour l'instant gardée pour lui.
Continuant d'avancer, Leo remarquait de légers mouvements de panique autour de lui, des passants comme alertés. Dans le sens contraire, des gardes commençaient à arriver en nombre et n'hésitaient pas à bousculer un peu les citoyens de cette Cité pour se rendre au point de destination qu'on leur a semble-t-il donné. Ils venaient dans le dos du groupe, pour l'instant rien ne pouvait entrer en contact avec ce mystérieux incident survenu plus tôt dans cette grande ville mais ce n'était pas quelque chose qu'il fallait rejeter. Le Lië'ja décida alors de suivre leur piste comme seule piste potable pour le moment tout en écoutant ce qu'avait à lui dire Sora.
Perdu dans les mots qu'elles offraient à son égard, le jeunot sourit bêtement, l’œil pointé vers l'horizon avant de couper son discours.

«C'est plutôt moi qui l'est côtoyé. C'est moi qui voulait me sortir de ce pétrin, à out pris pour éviter de finir sur une table à trimer sous les coups de fouets et les rires des Ulfurbes, tout ça pour leur simple plaisir. Pourquoi devrait-il y avoir une quelconque justification pour tous ces crimes ? Il est préférable de le faire par envie. » lâcha-t-il d'un ton sarcastique. «La vérité c'est qu'il est apparu comme si la Nature me laissait le choix entre la mort dans des conditions impitoyables et horribles ou être tenté par l'aide d'un des leurs. »

La façon de s'exprimer laissait entendre sans relâche qu'il n'appréciait guère les Ulfurbes et leur façon de faire, eux comme leur culture et tout ce qui les entoure. Un séjour dans cet enfer brûlant et carbonisant était déjà un voyage de trop. Le peu de souvenirs qui remontaient à la surface le dirigeait vers une colère noire, colère qu'il essayait d'estomper avec le temps en marchant et en évitant de revenir sur le sujet qui l'avait toutefois marqué. Relâchant la pression qu'il devait lui montrer, il préféra expirer un bon coup tout en rehaussant la tête vers le ciel.

«Excusez le fait que je me sois emporté mais il n'est pas à mettre dans le même panier. Je ne sais pas à qui m'en remettre mais je suis content d'être sorti de là. Même si j'ai dû...»

Coupé dans son élan par une activité suspecte, il décida de suivre de près ce qui se produisait non loin d'ici, vers la grande Place. Elle venait de tout lui déballer bien avant sa déclaration inaboutie. Ne sachant pas ce qu'il se passait, sa marche fût accélérer jusqu'à l'un des gardes qu'il interrogea avec ferveur. Sa curiosité dépassait parfois le danger qui pouvait le guetter juste derrière.

« Excusez ma maladresse en ce moment inopportun mais, que se passe-t-il ici ? »

D'abord sans réponse, Leo pouvait constater le léger stress dont souffrait cet homme de la garde qui tenait fermement sa lance et qui n'avait de cesse de bouger ses doigts. Comme s'il refusait de répondre suite à une demande formelle, le jeune Lië'ja reformula sa demande en appuyant sur le fait qu'il devait trouver une personne ayant eu la capacité de traverser un portail en échappant à ses maîtres. Sa tête cachée dans le heaume se tourna alors vers la sienne. L'homme bégayait sans arrêt mais ses mots étaient malgré tout perceptible. «N-Nou-Nou... Voilà vo-votre homme...» Sa lance était pointée en avant, tout comme celle de ses congénères. Il décida alors d'avancer, malgré l'avertissement de quelques uns de ses camarades et poussa légèrement les lances afin de passer et d’atterrir au centre de la scène. Toutes personnes autour s'amusaient à parler à messe basse, considérant surement ce geste comme étant déplacé. Mais il en était de son devoir, tout comme celui des gardes, de mettre la main sur cet individu qui, finalement avait été trouvé par les Anges même.

«Merde... Un Lië'ja. »

Deux Liëja au même endroit, cela pouvait interpellé pas mal de monde, pourquoi ne pas les placer dans le même sac ? La facilité était de mise et le capitaine de la garde n'allait pas tarder à rappliquer avec sa clique. Des explications seront surement nécessaire. Fallait-il encore qu'il s'agisse réellement de cette personne qui semblait quelque peu paniquée par la situation. Tout semblait étrange, l'individu interpellé et les gardes eux mêmes étaient tous démunies face à cette situation, tous peureux de ce qui allait suivre. Qui avait peur de qui ? Il plaça alors sa main sur l'épaule de Sora et s'adressa à elle autant qu'à Falka.

« Laissez moi faire pour le début, sinon ça va vite mal tourné. Ici, ils sont assez irréfléchis et directs. Mais je ne vous interdis pas d'intervenir, qu'on soit d'accord. » puis regardant Sora dans les yeux d'un air sérieux, il finit par lui lancer ses quelques mots qu'elle seule pouvait comprendre.


(L'Archipel du Lagon Bleu)

968 mots


Sam 3 Juin - 17:58
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Ashryn - Sylvar - IV
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Sora fixa longuement le poing de Leo, sans rien ajouter. Que pouvait-elle bien dire ? Rien. Elle n'était pas à sa place. Ce n'était pas parce qu'elle avait côtoyé Eddie qu'elle avait une certaine légitimité à entrer dans la vie intime de ce Lië'ja qui n'avait rien demandé à la base. Ce qui sortit de la bouche de Leo par la suite la laissa cependant perplexe. Comme quoi… Tous les clichés sur ces races n'étaient pas utiles et sûrement pas véridiques. Qui croirait un jour la légende du Lië'ja qui va presque jusqu'à sympathiser par intérêt avec un Ulfurbe qui finit par lui sauver la peau du cul ? Personne. Les mœurs étaient bien trop fermées. Terrifiées seraient même un mot plus juste dans les circonstances actuelles.

Sora repoussa loin d'elle l'image de Fruïan. Elle avait tenté de se montrer forte. Mais sa hanche n'avait toujours pas cicatrisé. Et il fallait admettre qu'après tant de tueries pourtant, qu'elle avait elle-même orchestré, elle ne s'était jamais vraiment habitué à la vue de cadavres. Surtout pas en grand nombre et totalement éventrés comme des sacs de farine.

Elle remarqua le remue-ménage dans la rue, mais n'y fit que partiellement attention. Elle pensait à cent à l'heure. Elle ne savait trop quoi dire, sur quoi se baser. Il fallait avouer que c'était un certain choc. Elle ne savait même plus depuis combien de temps elle avait entendu parler d'Eddie. Et tomber comme ça, au hasard, sur quelqu'un qui l'avait côtoyé, et pas qu'un peu, c'était plutôt inattendu. Et effrayant. La personne pouvait aussi bien lui mentir. Sora avait appris grâce à Eddie que tout Ulfurbe n'est pas à jeter quand tout Aetrayel n'est pas un saint. Alors elle n'allait pas se fier à ce Lië'ja juste pour la bonne cause que c'en était un.

Elle fut encore plus perplexe de la phrase qu'il laissa en suspens. Bah… Elle voulait tant dire, cette foutue phrase. Tout ce que Sora avait dû faire. Tout ce qu'elle s'était convaincu de faire car c'était un soi-disant devoir quand ce n'était qu'une excuse.

Une main vint se poser sur son épaule et la tirer de ses pensées. Falka positionnée juste derrière elle, lui lança un regard affectueux et inquiet avant de devenir un corbeau noir sur son épaule, tandis qu'elles suivaient Leo. Sora soupira puis secoua la tête, signe que c'était bon, elle était sortie de ses pensées.

Il y avait un attroupement devant eux. Et au milieu, un semblable à Leo. Ce dernier s'empressa d'ailleurs de prier Sora et Falka de rester en-dehors de ça, temporairement en tout cas. La blonde n'appréciait guère d'être mise au second plan comme une enfant. Elle faisait semblant de ne pas être affectée par ce qu'il avait dit. Un lieu. Elle savait à coup sûr ce que cela signifiait. Mais elle avait dit qu'elle resterait pour terminer cette mission, alors c'est bien ce qu'elle comptait faire.

Elle écarta légèrement Leo, sans le bousculer, et s'accroupit devant le fameux suspect.

« Salut. Tu es un Lië'ja n'est-ce pas ? Qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Excusez-moi mademoiselle, voudriez-vous bien recul- »

« Non. Je suis avec ce monsieur ici présent, » dit-elle simplement avec un grand sourire, en désignant Leo, « engagée pour trouver un intrus. Alors je fais le travail jusqu'au bout. Je vous remercie. »

Malgré cette interruption, le Lië'ja ne semblait pas plus enclin à répondre.

« Hm ? Réticent à donner une réponse ? Le silence est preuve de culpabilité. »

Difficile de décrire l'émotion qui était alors visible sur le visage du suspect. Déboussolé ? Perdu ? Méprisant ? Sora ne savait pas. Mais elle lui donna suffisamment de temps pour préparer un sale coup. Elle ne le vit que trop tard.

Il avait glissé sa main dans sa poche et c'est un rayon du soleil réfléchi sur l'objet qui le fit remarquer à Sora, mais pas assez vite. Le Lië'ja se vaporisa en un quart de seconde. Il disparut totalement sans laisser de traces.

« Comment est-ce que- ? »

La blonde fixa ses mains. Elle n'eut pas le temps de rester stupéfaite, un dialogue derrière elle parvint jusqu'à ses oreilles, et il ne lui plaisait guère. Un garde s'était tourné vers Leo.

« Vous êtes un Lië'ja vous aussi n'est-ce pas ? Est-ce que par hasard vous auriez quelque chose à faire avec- »

« Non. Aucun lien entre ces deux-là. Ce n'est pas parce que vous voyez un Ulfurbe et un Norphis dans le même coin alors qu'ils ont commis un massacre ensemble il y a des jours qu'ils sont forcément les meilleurs amis du monde. Vous allez devoir retrouver, tout comme nous, ce Lië'ja. En faisant usage de moins de préjugés, et de plus de jugeote. »

Sur ces mots, Sora empoigna le poignet du Lië'ja brun – particulièrement attentive au fait de ne pas attraper celui avec le bandage – et le tira loin de l'attroupement. Une fois à quelques rues, elle s'arrêta mais ne le lâcha pas pour autant. Elle planta son regard dans le sien.

« J'ai envie de te croire tu sais. On va même aller jusqu'à se tutoyer si tu veux. Je trouve ça plus facile. Mais ce que tu as dit ne me plaît guère. Veille à ce que je ne découvre pas que tu as été plus nocif à Eddie que tu ne me le dis, je pourrais faire de ta vie un enfer milles fois pire que ce que tu as vécu avec lui et ce dont il t'a sorti. Et il ne sera pas là pour t'en extirper cette fois. C'est un avertissement. »

Elle laissa finalement tomber son poignet.

« Dans le cas où tu ne mens pas, j'adorerais savoir pour quelles raisons étonnantes cet idiot est allé se fourrer dans l'archipel du lagon bleu. »

Elle soupira, croisa les bras, et haussa les épaules.

« Il semblerait cependant que faire confiance à Eddie semble avoir été un de tes tout derniers choix. Comme si les Ulfurbes avant lui et même encore aujourd'hui outre lui-même te révulse au plus haut point. Comme si son existence ne t'avait pas fait changé d'avis au sujet du monde et de ses préjugés. Ceux dont j'ai moi-même usé contre toi en te rencontrant. Et qui vont peut-être nous servir encore s'il s'avère que cet intrus Lië'ja est peut-être, qui sait, un tortionnaire sociopathe ? »

Elle ne voulait pas être méchante ou quoi que ce soit, elle voulait juste savoir. Même s'il fallait avouer que les précédentes paroles de Leo l'avaient un peu refroidi. Elle espérait juste qu'outre s'être servi de lui en quelques sortes, il ne lui avait rien fait à tort.


1117 mots.


WITH GREAT POWERS COMES GREAT BULLSHIT

Mer 7 Juin - 23:04
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