Ne réveillez pas le loup qui dort - Quête [PV Scylla]

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« On va tomber, Mèche, on va putain de tomber dans le vide ! »
« Ferme-la ferme-la FERME-LA. Arrête de chialer comme un gamin de six ans ! Si tu tombes j'm'en fous je te rattrappe pas ! Tu. Te. Démerdes. En fait, non, tu sais quoi ? J'espère que t'arriveras à pas passer de l'autre côté histoire que les démons te bouffent la cervelle ! Quoique, après réflexion, y'a tellement peu à bouffer qu'il vaut mieux qu'ils se jettent sur la cellulite de ton cul ! »
« Mais arrête, t'es ridicule ! Avance avant que les planches de bois se cassent, j'ai vraiment peur de tomber dans le vide ! »
« T'avais qu'à apprendre des sorts de lévitation, plutôt que de mouiller tes ennemis ! A moins de combattre une flamme, c'est pas franchement utile, j'te f'rais remarquer ! »
« Depuis quand tu critique mon contrôle de l'eau, toi ? Tu te crois intéressante avec tes téléportations foireuses ? »
« Oh, désolée ! J'ai blessé ton ego ? Alors, vas-y, viens, jette-moi des cailloux, j't'attends ! »

Vous savez, on s'aime beaucoup, avec Mèche, malgré les apparences. On a vécu tellement d'aventures ensemble qu'il nous parait impossible de nous séparer, un jour. Là, c'était la fois où on s'est retrouvés à la Forteresse Maudite. Alors, ouais, je sais, ça peut paraître complètement con de se pointer à un endroit où on est sûr à 99% de mourir, surtout que cette forteresse elle a franchement pas un nom de porte-bonheur.
Nous traversâmes finalement le pont, sans trop d'égratignures. Il commença à pleuvoir au moment où nos pieds se posèrent sur la terre ferme. Tout ce qu'on voulait, c'était rentrer chez nous.
Mais laissez moi raconter plutôt l'histoire du début, si vous le voulez bien.

Les quelques flammes sur notre chemin dansaient au rythme d'une valse morne et insipide, ébranlées par la brise hivernale, épaulées par les imposantes bâtisses en pierre qui se contentaient d'oppresser les voyageurs, leur simple présence leur intimant de ne pas rester trop longtemps en ces lieux. Là, une femme âgée au nez crochu nous jaugea du regard. C'était la première figure un tant soit peu vivante que nous avions croisée jusqu'ici. Elle était toute habillée de noir, ses cheveux blancs et sales étaient en partie cachés par un voile sombre. En ces lieux, les couleurs semblaient si ternes que je ne peux pas vous dire si c'était du noir ou du bleu très foncé. Lorsque l'on pénètre dans l'Antre des Brumes, tout semble désaturé, comme si de la magie résiduelle s'était mélangée à l'atmosphère pour ne laisser passer aucune couleur.
Je vous avoue que l'Antre des Brumes n'était pas le meilleur endroit pour se promener ou faire les magasins. On s'est retrouvés, avec Mèche, sur le continent sibyllin, parce que j'avais besoin de plantes qui ne poussent que sur ce continent, et même si les elfes sont franchement pas les bienvenus chez les démons – à cause de notre teint, je présume – j'étais prêt à courir le risque pour quelques plantes en échange de pièces sonnantes et trébuchantes. Mèche m'a suivi, comme d'habitude, parce que, je cite "ça risque d'être trop chanmé".  Ne me demandez pas ce que chanmé veut dire, j'en sais fichtre rien. Ce qui est sûr, c'est que je pensais Mèche un poil plus sophistiquée. Le vocabulaire elfe est déjà assez fourni comme ça, pas la peine de rajouter d'autres mots ou de faire des mélanges bâtards, non?
Bref. Je cherchais donc mes plantes. Je savais pas vraiment où les trouver, on a donc déambulé dans les rues de l'Antre, même si on voulait surtout se barrer de cet endroit au plus vite. Inutile de vous dire que le silence, en ces lieux, était assourdissant. Les rares cris de corbeaux nous faisaient systématiquement sursauter, et je n'avais pas vraiment de gourde – mis à part Mèche – avec moi pour utiliser mon emprise sur l'eau. Et je ne pense pas que déformer les environs avec des sorts de terre aurait fait plaisir à tout ce beau monde.
Au bout de quelques heures, épuisés et désespérés, nous nous sommes arrêtés dans une sorte de boutique d'objets magiques. Une clochette indiqua notre arrivée. Un homme à la peau mate, aux cheveux poivre et sel et à la barbe grise et hirsute nous accueillit d'un sourire carnassier.

« BONJOUR. Ahem. Je veux dire... Bonjour, mes chers clients ! »
éructa l'homme, d'une voix grave et rauque.

Ce type était louche, et il avait l'air à la fois maladroit et complètement débile. Lui non plus n'avait pas une gueule de porte-bonheur, 'faut dire. A croire que c'est une caractéristique inhérente à la région : les démons sont méchants donc ils ont pas une gueule avenante, et on se trouvait sur le territoire des démons, donc il y avait forcément des noms qui rappelaient que les démons étaient méchants.

« Je... » hasardé-je, avant que Mèche me coupe la parole.
« Nous sommes ici pour vous acheter de l'Immortelle, si vous en avez. Il parait qu'elle ne pousse que sur le continent sybillin, et mon frère en a besoin pour ses expériences alchimiques » enchaîna Mèche, suivi d'un grand sourire.
« Voilà. C'est ça. » m'empressai-je d'ajouter.
« Oh, je vois. Des voyageurs, c'est ça ? J'ai de l'Immortelle dans la réserve. Je reviens. »

Quelques minutes plus tard, l'homme revint avec une petite bourse en cuir et deux verres d'eau.

« Voilà, désolé pour l'attente, voici votre Immortelle. Ça vous coûtera trente pièces de bronze. Et tenez, j'ai jugé bon de vous apporter de l'eau, vous devez être assoiffés ! » dit-il en nous tendant les deux verres à moitié rempli.
Evidemment, nous étions assoiffés. Inutile de vous dire que nous nous sommes, à cet instant, jetés sur la précieuse boisson. Et... Inutile de vous dire que, à l'instant d'après, nous nous sommes retrouvés dans une cellule froide, une forte odeur de pisse flottant dans l'air. Voilà. C'est comme ça que tout à commencé.
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Jeu 16 Fév - 1:00
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Ashryn - Sylvar - IV
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« Je commence à comprendre ce que ressentait l'autre démon là... »

Le regard assassin de Sora fit comprendre à Falka qu'il valait mieux pour elle qu'elle ne continue pas sa phrase. Ce qu'elle ne fit d'ailleurs pas. Il était dangereux de chercher la blonde en temps normal, et cela l'était d'autant plus lorsque l'espace entre elles ne pouvait pas être élargi. En effet, les deux compagnes se trouvaient bien serrées entre trois murs et des barreaux de fer. Mais comment avaient-elles atterri là ? Oh la réponse était très simple.

« Si on avait pas cherché le personnage en question à l'endroit où c'est franchement pas conseillé de le faire, on serait peut-être pas tombés dans la même mouise que lui... Après, on est sûrement bien plus intelligentes que lui et c'est moi qui te le dis, je ne vais pas moisir un an entier ici. Je peux me casser quand je veux de toutes façons. »

« Dis-le plus fort surtout. » siffla Sora entre ses dents en regardant du coin de l'œil le garde qui était en charge de surveiller les cellules.

Elle n'étaient pas vraiment dans le pétrin. Enfin, pas tant que ça. Sora, tout comme Falka, avaient la capacité de se fondre dans les ombres et de passer de l'une à l'autre comme si c'était des portails. Les prisons étant généralement des lieux sombres, il y avait largement de quoi passer de l'intérieur de la cellule à l'extérieur sans aucun problème. Le souci se trouvait plutôt après. L'évasion de la geôle n'était pas le véritable obstacle. C'était sortir du bastion tout entier des Démons qui allait plutôt être ennuyeux. Pas que l'endroit était infesté de créatures sanguinaires extrêmement puissantes et dangereuses mais... Si en fait, c'était le cas. Et s'évader de la cellule pour se faire déchiqueter dans le couloir n'était clairement pas ce que voulait Sora.

« Tu crois... Que c'est cette prison-là ? » questionna l'ombre à côté d'elle d'une voix qui se voulait presque mélancolique.

La blonde se leva, et laissa planer un court silence avant d'émettre une réponse. Appuyée sur les barreaux, elle tournait le dos à Falka, et ne lui laissa ainsi pas l'occasion de voir la petite lueur de tristesse qui passa au fond de ses pupilles.

« Je n'en ai aucune idée. Je doute qu'il se soit fait emprisonner par les siens, ça ne me semble franchement pas logique... Surtout quand on le connaît. Enfin si remarque, ça se tient du coup. »

Elle marqua un temps de pause et baissa le regard. Sa voix se fit plus douce, mais également plus basse : elle ne voulait en aucun cas que le garde l'entende.

« Tu parles d'un Démon. Plus bienveillant qu'un foutu Ange, laisse-moi rire. Il aurait pu être enfermé ici, pour trahison envers son peuple. Parce qu'il ne respecte en rien les valeurs d'un Démon, un comme le veut la tradition en tout cas. »

''C'est pour ça qu'il lui plaît.'' pensa Falka. ''C'est la raison, la chose qui le rend spécial. Ou tout du moins, une des nombreuses raisons. Ma pauvre Sora, tu as l'air d'avoir jeté ton dévolu sur l'être le plus étrange et hors du commun du monde... Mais je t'aiderais à le retrouver va. Et je lui botterais le cul si ça peut te rendre heureuse.''

Elle n'y avait pas fait attention, mais la blonde était revenue s'asseoir près d'elle, contre le mur. Elle avait l'air pensive, les yeux dans le vague. Brillait cependant au fond de ses pupilles la flamme de la détermination. Falka le savait, Sora avait deux dons merveilleux : elle était butée et obstinée comme une tête de mule, et personne ne l'égalait pour ce qui était de son talent à se créer un masque, une façade. Mais l'ombre avait appris à passer au travers, à force de la côtoyer.

« On va sortir d'ici, t'en fais pas. On a notre temps. Je vais me reposer un peu avant si tu permets. »

La jeune femme s'appuya davantage sur le mur et, plaçant ses bras en croix derrière sa tête, ferma les yeux. L'ombre allait choisir une forme adaptée pour faire de même, mais des bruits soudains en provenance du corridor titillèrent sa curiosité.

« Très bien, repose-toi bien alors. » lança-t-elle tranquillement. « Moi, je vais discuter avec nos nouveaux voisins de cellule. »

Sora ne prit même la peine de rouvrir un œil.

« Wow. Ils ont une tronche qui donnerait tout à penser, sauf que c'est des prisonniers. » murmura Falka à la blonde, qui semblait en avoir profondément rien à fiche.

Si elle paraissait totalement indifférente, elle ne demeurait pas moins attentive, même les yeux fermés. Elle sut, en écoutant les paroles de Falka, que celles-ci venait de changer de cellule grâce à son changement de forme.

« Salut vous ! J'm'ennuyais dans la cellule d'à côté avec ma compagne un peu grognon alors je me suis dite que ça vous dérangerait pas que je vienne taper la discut', si ? Je suis Falka, une... Je sais pas trop à vrai dire. Disons un spectre. Mais je suis sympa hein, je peux vous botter le cul, mais je le ferais pas si vous l'êtes aussi. »

Assise en tailleur devant la jeune femme et le jeune homme aux cheveux roux, Falka leur souriait. Et croyez-moi, même si elle faisait de son mieux, il n'y a absolument rien de rassurant à l'apparition soudaine d'un genre d'ombre humanoïde avec un sourire comme le sien qui veut juste ''taper la discut''.

« Et vous c'est comment ? Qu'est-ce que vous avez bien pu faire de mal avec vos gueules d'ange pour vous retrouver dans un trou à rats comme celui-là ? »

Falka apprenait vite et bien, à parler bien trop franchement avec un manque de tact évident. Il fallait dire qu'elle était à bonne école pour ça et que l'influence de Sora était inévitable : son côté un peu brut de décoffrage collait légèrement à la peau.

1001 nuits mots


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Dim 5 Mar - 0:02
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