Plus fou que moi ? Vous me connaissez bien mal papy (quête solo)

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Edsere - Praesium - II
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Depuis que j'ai commencé à m'aventurer dans les terres reculées que très peu d'humains souhaitent ou peuvent s’avoir vantés d'avoir franchi, l'Antre des Brumes, à l'intérieur même du continent de Sibyllin, me semblait l'un des endroits les plus mystérieux. Les rumeurs, qui se racontaient souvent en grand nombre dans diverses tavernes ou divers lieux publics, racontaient des histoires s'apparentant à de la folie mais qui poussaient tout de même le commun des mortels à se questionner. Après tout, derrière chaque légende ou chaque rumeur se cache une parcelle de vérité ! La difficulté était de trouver ou de percevoir cette fameuse parcelle. Il était évident que pour moi, la trouver était beaucoup plus rapide et valorisant dans ma quête de devenir la personne que je devais devenir. J'étais en quête du pouvoir, d'armes, d'objets magiques, etc... Mais le pouvoir réside aussi dans les secrets ou la connaissance et regarder d'un peu plus prêt l'Antre des Brumes ne pouvait que m'aider à traverser mon périple de voyageur inexpérimenté. Malgré tout, il était clair que je n'étais pas très organisé ou même préparé face aux conditions et aux problèmes qu'ils allaient probablement survenir tôt ou tard. Les seules informations que je possédais, recueillies par ci et là, étaient probablement fausses ou basées sur d'autres rumeurs pouvant tout autant être fausses aussi de leur côté. De ce fait, j'avais choisi d'apporter avec moi seulement les éléments essentiels à ma survie en cas de problème. Ces éléments, consistaient à être, dans cette situation, ma torche, mon sac sans fond, mon anneau, un kit de soin, quelques vivres ainsi que de l'eau sans oublier mes armes mon armure complète pour résister au froid et aux possibles bêtes désirant la bataille. Je ne put m'empêcher de sourire alors que le climat se refroidissait peu à peu. J'étais, certes, quelques fois un peu stupide, mais j'avais tout de même user de ma tête dans le but de me préparer solidement à cette expédition. De toute façon, de base, je comptais seulement longer le territoire dans le but d'en apprendre plus et de m'informer, et non de me jeter directement dans la gueule du loup.

J'avais tort.

Au fur et à mesure que j’avançais proche de ma destination inconnue, je sentais le froid franchir de plus en plus mes couches de vêtements successives sous mon armure. Le froid devenait de plus en plus mordant et le vent, comparable a une tornade, se montrait calme, imprévisible et destructeur. Une sorte de brouillard de neige pesante était omniprésent et m'empêchait de distinguer correctement les... Attendez, il était si pesant que je n'arrivais pas à distinguer ce que je souhaitais distinguer. Cette petite pensée me fit rire de plus belle et me donna un léger regain d'énergie. Je m'attelai donc plus solidement dans ma tâche de lever une jambe après l’autre dans le but de m'enfoncer dans ce biome instable et vide de vie. L'avantage, c'était que cette épreuve était dangereuse. En quelque sorte, c'était un entrainement qui pouvait me coûter la vie donc je ne devais pas le négliger. Les conditions difficiles me permettaient de m'affronter et de voir mes réelles capacités. De plus, je ne vous le cacherai pas, l'effort physique pour avancer à travers cette tempête omniprésente nécessitait beaucoup d'énergie et, comme il est naturel pour un humain, beaucoup de chaleur liée à l'effort physique qui me permettait de me réchauffer convenablement pour être à l'aise. Le plus dur n'était donc pas ma température corporelle, mais bien l'environnement qui me semblait bien assez hostile, au niveau de la température et des obstacles physiques comme le sol, la neige, les crevasses ou même les précipices. Malheureusement, au fur et à mesure de ma marche, je n'avais plus vraiment de repère visuel, dû à la forte tempête fessant rage ainsi qu'au fait que je n'avais pas de carte ou de boussole. Je n'ai pas besoin de vous dire que sur le coup, je me sentais vraiment stupide de ne pas y avoir pensé dans l'espoir de ne pas me perdre. Je me contentais seulement d'avancé en ligne droite, mon large targe devant moi dans le but de me protéger des conditions extrêmes. Je me disais que mes traces seraient de toute façon effacée lors de mon retour et que je ne pourrais pas me tromper si je ne changeais pas vraiment de direction.

Parfois, il m'arrivait de m’abriter derrière ce qui semblait des ruines sombres.Je déposais alors mon bouclier sur le coin d'un muret pour passer ma main gantelée sur les murs, regorgeant probablement d'histoires et de secrets révélateurs. J'essayais d'imaginer autrefois la vie qu'il était possible de mener ici avant... Avant les nouvelles conditions environnementales ou même une catastrophe. Je n'étais peut-être pas un génie ou un conseiller, mais il était évident que de tragiques événements s'étaient passés ici. Seul un élément de grande ampleur, drastique et grave pouvait mettre fin à un endroit ou a une civilisation de ce genre. Je n'étais pas non plus voyant, mais je sentais que l'ambiance était restée très lourde malgré les années qui avaient passé. Heureusement que j'étais courageux, brave, et bonnement pas très raisonnable pour m'aventurer dans des ruines de genre.

Une fois de plus, sans raison, ou par pure habitude, je souris légèrement et je déposai mes armes en m'adossant sur ce qui semblait un ancien mur me couvrant du vent et de la neige. Je roula légèrement des épaules et des chevilles en levant successivement mes pieds avant de sortir une flasque d’alcool et d'en prendre une gorgée.

'' Ça ne peut pas me faire du mal, je prendrai de l'eau à mon prochain arrêt. ''

Encore une fois, je m’étira les bras ainsi que les triceps et les biceps. Dans ses conditions, il était primordial de faire circuler un maximum de sang dans l’organisme dans le but de bien oxygéner les muscles. Ainsi, il ne m’arriverait pas de crampe ou de fatigue m’empêchant d’aller de l’avant. Soudain, pendant un cours instant ou le vent ne tentait pas d’arracher ma cabane de fortune, j’entendis des paroles transportées par la tempête. Je me levai en m’empressant de ranger ma bouteille et je saisis ma lance adossée sur le muret non loin. Dans l’espoir de repéré d’où venait les voix, je tournai la tête dans plusieurs directions pour mieux le percevoir et, après quelques tentatives, qu’il venait exactement d’où je provenais. Il suivait probablement mes traces, mais qui cette personne pouvait bien être ? Je relâcha ma posture défensive, mais je garda le bouclier brandit en partie devant moi dans le but de me protéger. Peut-être que c’était simplement un aventurier tout comme moi, et si c’était le cas, il n’y avait pas d’obligation solennelle de se battre, ni pour l’honneur ou pour la gloire, dans ses lieux morts depuis bien des temps.
J’attendis bien une trentaine de secondes avant de voir un vieillard. Il n’avait pas l’air de savoir où il allait, ni pourquoi il se rendait à cette destination. Je fronçai les sourcils en attendant de voir sa réaction, mais celui-ci, comme si rien au monde ne pouvait l’affecter, malgré ma lance et mon glaive qui était parfaitement visible, se contenta de me sourire. J’en fis de même et je l’examinai de plus près. Celui-ci était clairement un humain, il n’y avait aucun doute là-dessus. On pouvait distinguer une sorte de sagesse à travers le temps qui avait marqué son visage par des rides et quelques cicatrices. Il prit de grandes respirations, probablement parce que l’air était plus facile à respirer ici, derrière les murs nous couvrant, qu’à l’extérieur. Il s’essuya ensuite le front de quelques gouttes de sueur et s’apprêta à me dire quelque chose, à quoi je prêtai l’oreille.

-The winter is coming. L’hiver vient. Le temps n’est plus. La sagesse n’est pas l’orée de toute chose. Je dois avancer, aller au-devant, cette tempête est les maux intérieurs même de la méprise des Dieux. La condamnation du peuple, le cataclysme des idéaux. Tant de mots, ma bouche est aussi sèche qu’un désert dans cette tempête.

Je fronçai d’avantage les sourcils et je tentai de distinguer ses étranges paroles. Cet homme avait certainement entendu des rumeurs, probablement plus fondées que les miennes, sur cet endroit. Ses paroles étaient, certes, insensées, mais je pouvais distinguer, par mon instinct, qu’il y avait une sorte de vérité à travers cette folie. Sans hésiter, je sortis ma bouteille d’alcool et je lui lançai. Étonnamment, celui-ci l’attrapa avec plus de dextérité que je ne l’aurais cru et il sentit l’étrange mélange se présentant à lui. Après plusieurs gorgés, et quelques minutes, celui-ci s’approcha et me tendis la bouteille en ricanant.

-Coriace, tu es mon garçon !

Je ne pue m’empêcher de sourire face à cette remarque et je lui dis de garder la bouteille, que c’était un maigre présent de ma part pour tous les ainés que je ne pouvais aider. L’étrange homme me remercia d’un signe de tête, comme il était courant de le faire dans la tradition humaine de la politesse, et continua son chemin comme si cette rencontre n’avait jamais eu lieu. Je tentai de lui demander dans quelle direction il allait mais celui-ci se contenta de chantonner à voix basse des paroles incompréhensibles au fur et à mesure que je commençais à le perdre des yeux par la fautes de la tempête. Je roulai une fois de plus mes épaules en m’époussetant des résidus de neige et je suivis les traces, s’effaçant rapidement alors que le grand-père était à quelques mètres devant moi seulement, dans le but de suivre cet étranger. Après tout, il allait dans la même direction que moi et il devait probablement plus en savoir que mes pieds vagabondant.
Après ce que je dirais une quinzaine de minutes, à tenter de braver la tempête qui devenait de plus en plus intense alors que nous approchions (je l’espère) du centre du binôme, l’homme sage ou fou, ses paroles de chanson était définitivement méconnaissable, tomba dans un trou, ou plutôt ce qui pouvait ressembler à un piège creuser artisanalement et camoufler par la neige. Je me penchai en sa direction pour remarquer que le trou n’était pas spécialement grand et profond. L’ouverture avait la taille d’un homme, voir un peu plus, et la profondeur s’apparentais à quelque chose entre deux et trois mètres. Je croisai le regard de l’homme pendant quelque instant pour s’assurer que tout allait bien. Celui-ci me fit un signe de tête et s’épousseta les genoux. Je me baissai dans le but de l’aider à remonter quand j’entendis soudain un bruit, s’apparentant à des cris ou à des rires démoniaques. Je tendis l’oreille dans cette direction pour confirmer qu’il s’agissait bien de quelque chose de ce genre, et avec le piège tendu ici, je me doutais bien qu’il ne s’agissait pas d’une visite de courtoisie. J’eus un léger frisson me voyageant à travers le corps et je serai les dents en tentant de trouver une solution. Certes, la force était probablement une solution, mais les démons avaient plus d’un tour dans leur sac et le vieux, coincé dans cette trappe, était une cible facile et il ne pouvait certainement pas venir à mon aide. Non, la force n’était pas une option, mais elle pouvait m’aider dans la ruse.

Sans hésiter, j’enleva rapidement mon bouclier accroché à mon bras et je le recouvris d’une grande couche de neige. Je pris bien soin de la garder stable et je la laissa sur l’embouchure du trou. Mon plan était simple, et je comptais bien me fier sur l’environnement pour résoudre mon problème. Après tout, les démons n’avaient pas de meilleures visions et il était impossible pour eux de trouver un petit trou recouvert de neige dans une telle tempête. Je fis signe au vieux de cesser de chanter ses chansons et de se tasser légèrement pour me laisser de la place. Je m’assura une fois de plus que le bouclier était bien en place et je sauta dans le trou.

Certes, moi et le vieux étions très serrés, ce n’étais pas les rapprochements que j’espérais avoir ni les informations que j’espérais, mais je n’avais pas eu d’autre idée. Je sauta et je déplaça mon targe dans le but qu’il recouvre entièrement le trou dans lequel nous étions plongé. Désormais, il fessait noir, très noir. L’obscurité était omniprésente. J’aimerais dire que le froid était tout autant présent, mais le fait d’être aussi près l’un de l’autre, moi et mon ''chanteur bouffon sage de route'', nous procurait de la chaleur corporelle. Après quelques instants, je sauta et je m’accrochai, à l’aide de mes deux mains, à la poignée de mon bouclier. Il était, bien-évidemment, solide et pouvait résister à bien des coups d’épée, mais j’avais peur qu’il succombe ou se déplace si quelqu’un le botta ou vice-versa. De cette façon, avec mon poids exerçant une sorte de pression vers le bas, le bouclier ne pouvait pas se déplacer dû au fait qu’il était largement supérieur à l’ouverture du trou.

Je resta ainsi environ une vingtaine de minutes. Je sentais mes bras littéralement en feu. Je pouvais percevoir mes veines et le sang s'y propulsant par les battements de mon cœur. C’était en quelque sorte un défi personnel et je ne voulais prendre le risque de sortir avant de m’assurer que les visiteurs étaient partis. Le temps finirait bien par faire son effet et je ne doutais pas qu’ils finiraient tous pas repartir d’où ils venaient. Je lâcha finalement ma position pour retomber aux côtés du vieux sage et je me reposa quelques minutes en haletant. Pas évident de rester immobile dans une telle position autant de temps ! Quelques minutes passèrent et, après avoir élaboré un plan qui consistait à faire la courte échelle, je poussa le bouclier, désormais très alourdi par la neige, avant de me hisser hors du trou pour ainsi retrouver la liberté. Après avoir vérifié que les alentours étaient sécuritaires, je hissa le vieillard pour qu’il retrouve de nouveau la liberté. Dans mon cas, je saisis mon bouclier et je soupira alors que j’entendis de nouveau le chant incompréhensible de la personne qui m’avait causé tant de soucis. Je commençais à me douter du fait que cette personne était douée de raison tandis qu’il s’apprêtait à continuer dans la direction d’où j’avais entendu les cris provenir. Je le saisis par le collet et je l’envoya dans la direction d’où nous venions à l’origine. Il se contenta de continuer d’avancer. D’un certain coté, je ne pouvais m’empêcher de penser que cette aventure aurait pu bien mal se terminer. Même moi, qui étais assez bonasse et qu’il ne se laissait pas submerger par les évènements extérieurs, pouvait sentir le danger que courait ses plaines et cette tempête. Malgré tout, une fois de plus, comme c’était en quelque sorte une partie de moi-même et de ma nature, je souris, tout simplement, en suivant le vieux devant moi, le bouclier brandit et les yeux plissés dans le but n’apercevoir l’éventuelle sortie qui se dresserait devant nous pour sortir de ce territoire probablement maudit.

-Rentrons papy, un bon bain chaud me ferait du bien et je commence à en avoir marre de tes chants racontant du charabia.

Il me sourit et se contenta de recommencer à chantonner en signe de réponse.

       
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Mer 15 Fév - 6:15
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