♪ RP MULTI ♪ - Les Festivités du Peuple de l'Eau

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Ashryn - Laethlion - III
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Les festivités du peuple de l'eau



Contexte

Les artisans s’affairaient, couraient d’un bout à l’autre du Berceau, complètement débordés. Certains portaient leur fatigue sur leur visage, d’autre une satisfaction sans pareille de faire partie de cette organisation qui remplirait aisément leurs bourses. Les peintres préparaient leurs ustensiles, les domestiques remplissaient les buffets à vive allure, tout s’enchaînait d’une rapidité presque inouïe. L’organisateur, les bras croisés sur le haut de la scène, fixait les préparatifs, une moue presque ennuyée sur le visage. Tout ceci ne le concernait ni de près ni de loin, pourtant la commanditaire de l’événement ne lui était pas inconnue. Levant les yeux au ciel, il demanda aux employés d’accélérer le pas. La demoiselle ne tarderait pas à arriver, et il aurait été fort mal convenu qu’il manque quelque chose lors de son inspection. Le stress lui forma une boule au ventre et il en vint même à se joindre à ce qu’il considérait comme la plèbe pour leur donner un coup de main. Bientôt, les tapis furent déroulés au sol, les plusieurs petits ateliers installés, et quand il eut fini, il tomba presque au sol, essoufflé, passant une main sur son front où roulaient quelques gouttes de sueurs. C’est à ce moment précis qu’un parfum floral parvint à ses narines, et il se redressa immédiatement.

« Votre Majesté, je.. je suis confus ! ». Replaçant sa chevelure brune, il s’inclina et posa un genou à terre. Les cordes vocales de la souveraine vibrèrent, formant un rire cristallin qui lui siait à merveilles, dans sa robe d’éclat. Secouant son éventail, elle invita son jeune ami à se relever. « Il n’y a pas de raison de l’être. ». Puis elle regarda autour d’elle, inspectant les lieux rapidement. Tout était comme elle l’avait demandé, aussi, elle ne voyait pas pourquoi elle s’acharnerait inutilement sur un homme qu’elle paierait grassement. Prenant son bras, elle afficha un sourire candide. « Faites-moi visiter, ne perdons pas plus de temps. Cela va bientôt commencer après tout. ». Avalant sa salive, l’organisateur guida la demoiselle dans les différents étalages à disposition des invités. Un immense buffet gratuit, de nombreuses boissons, plusieurs stands réservés aux artistes afin que ces derniers puissent montrer leur talent au monde entier… Ce n’était pas fabuleux, mais cela suffisait amplement pour des personnes qu’elle ne connaissait ni d’Adam ni d’Eve.

Elle resta silencieuse tout le long, replaçant ses cheveux de temps à autre, gratifiant les visiteurs d’un sourire qui se voulait chaleureux, mais qui s’avérait être empli d’hypocrisie. Donnait-elle cette réception pour son simple plaisir, ou pour se faire voir ? C’était la question qui taraudait le plus l’esprit de Lumeric. L’Elfe savait se faire entendre et était réputé pour ses nombreuses fêtes, mais jamais une femme de si haut rang ne l’avait interpellé. « Puis-je vous poser une question ma foi quelque peu indiscrète, ma Dame ? ». « Absolument, qu’y a-t-il ? ». Il hésita pendant quelques secondes avant de prendre son courage à deux mains. La Reine des Sirènes n’était pas connue pour sa générosité et encore moins pour son indulgence. Son seul amusement était la principale source de bon nombre de conflits.  « Pourquoi donner ce bal masqué maintenant ? Fêtez-vous un événement en particulier ? ». Tout d’abord, Yurela laissa planer un silence de plomb pendant quelques secondes, avant qu’un rire cristallin ne s’échappe à nouveau de l’entre ouverture de ses lèvres rosées. A ce moment, les violons commencèrent à danser, les notes sautillèrent, et elle alla s’installer sur un des fauteuils proche de l’eau, balançant ses hanches et sa robe au rythme de la musique. « Parce que je m’ennuyais, Messire. ».


Résumé

Bienvenue dans ce premier RP Multi !

Afin de savoir comment ça fonctionne, nous vous prions d'aller lire TRES ATTENTIVEMENT ce sujet.

Pour résumer son contexte, vous vous trouvez dans un bal masqué organisé par la souveraine des sirènes. Vous avez plusieurs activités à votre disposition comme bien entendu de la danse, de la musique, de la peinture, des buffets à volonté... HRP, c'est surtout un sujet pour fêter l'ouverture du forum, donc n'hésitez pas à participer !

Vous pouvez venir parler à Yurela (à vos risques et périls) et/ou Lumeric, l'organisateur officiel du bal. A votre arrivée, un masque vous est donné, vous êtes donc obligés de le porter pour participer au bal.
Ceux qui n'ont pas de costume ou de robe viendront dans leurs habits "normaux" et seront vus bizarrement mais quand on a pas d'argent on faita avec ce qu'on a héhé  
Ces RPs sont faits pour tous vous mettre en commun donc n'hésitez pas à aller discuter avec les gens que vous ne connaissez pas !

Les Vampires peuvent venir étant donné que le bal se déroule à la tombée de la nuit et un sortilège a été mis en place pour que les Hybrides ne restent pas bloqués en forme animale et les Nagas bloqués dans l'eau.


Gains

Gain de participation : Un masque augmentant légèrement le Prestige

4 messages : 2 point de caractéristiques OU respirer sous l’eau OU set d’algues médicinales

8 messages : 4 points de caractéristiques OU
Coquillages Magiques:
 
OU emprise de l’eau


Récapitulatif

- Scylla Fentkräes : 8 messages (Le masque + 1Dv + 1Ifp + 1Fe + 1Pa)
- Alexis Gouez : 4  (Le masque + Respirer sous l'eau)
- Elih Marendir : 4 ([acolytex2] Le masque + 4Pa)
- Quevven Adraberith : 3  (Le masque)
- Lumi : 4 (Le masque + 1Pa + 1Ia)
- Iliana Vorganzig : 1 (Le masque +)
- Yaël Treska : 2 (Le masque +)
- Ara Océe : 4 (Le masque + 1Fe + 1Pa)

Code par Sphénix pour Epicode.



© Scylla
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Sam 4 Fév - 18:05
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Ashryn - Sylvar - IV
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Si elle avait fait l'effort de s'habiller convenablement, Sora, avec son corbeau perché sur l'épaule et sa robe noire accompagnée de son masque décoré de plumes couleur ébène, avait tout de même un air assez lugubre et menaçant. Une véritable disciple de la mort elle-même avec son fidèle serviteur sur l'épaule. Pas qu'on ne remarquait qu'elle dans cette foule, bien au contraire, elle s'y fondait très bien ; mais quiconque posait son regard dessus n'avait clairement pas envie d'approcher sa personne. Tant mieux ! Sora n'aimait pour ainsi dire pas spécialement les gens. Il y en avait toujours deux trois qui sortaient du lot, qu'elle chérissait plus que sa propre vie, mais en général, si elle pouvait éviter tout autre contact que celui avec Falka, elle le faisait.

Alors que pouvait-elle bien faire dans une réception pareille ? C'était justement la dite Falka – alias le corbeau perché sur son épaule – qui lui avait un peu forcé la main et avait trouvé les arguments capables de la persuader de venir en de tels lieux pour de tels événements. Dans un premier temps, elle lui avait parlé de la nourriture à foison et gratuite. Cela ne suffit pas à convaincre la jeune femme qui trouva cela complètement stupide. Elle aborda ensuite le sujet de la présence de la souveraine des Nagas, et donc, potentiellement, d'autre rois et reines. Sora lui rit au nez. S'habiller, se pomponner et faire du chemin pour échanger quelques politesses mielleuses dont elle avait horreur ? Plutôt se jeter dans le volcan des âmes égarées ! Elle abattit donc sa dernière carte : les invités. Et la possibilité de la présence de certaines personnes en particulier. Sur ces mots, la blonde bondit sur ses pieds, et elles se mirent en route le soir même.

Elle avait dans son sac sans fond, quelques robes de bonne facture, qui lui donnaient presque l'allure d'une véritable comtesse – presque en effet, puisqu'en matière de caractère, elle est bien sûr aussi douce, féminine et délicate qu'une enclume. Elle décida donc pour l'occasion de ressorti sa longue noire fendue, celle qui lui donnait donc plus l'aspect du bras droit de la faucheuse qu'autre chose, mais peu lui importait. Elle n'était pas là pour resplendir et attirer l'attention. Ni des puissants, ni des hommes, ni de qui que ce soit d'autre.

Perdue dans ses pensées depuis un moment déjà en regardant les allées et venues des divers convives qui parlaient, dansaient, rigolaient... Elle se décida enfin à bouger – étant restée là tout à fait immobile, fixant un point dans le vide, depuis environ une dizaine de minutes, ce qui la faisait passer pour quelqu'un de parfaitement normal et d'absolument pas perturbé – et se dirigea vers le buffet. Il était immense. Des amuses-gueules, des pièces de viandes énormes, des pommes de terres au fromage, des corbeilles de fruits colorées et gigantesques, des gâteaux de toutes sortes et de toutes tailles, des légumes cuits, marinés, crus, gratinés... Il y en avait pour tous les goûts, pour toutes les couleurs et toutes les saveurs, et sûrement bien assez pour tout le monde. Sora se contenta d'attraper des framboises et des myrtilles.

Le corbeau sur son épaule soupira – pour peu qu'un corbeau sache soupirer. Les fruits rouges : sa faiblesse. Avec une préférence pour les framboises en première position, et les myrtilles en deuxième. Mais Sora n'était pas du genre à se goinfrer.

« Je sais que tu as un appétit d'oiseau, » lui reprocha soudainement Falka, « alors ne fais pas semblant de rester ici parce que tu ne sais pas quoi faire dans ce genre de soirée. »

L'interpellée finit sa bouchée avant de lui répondre.

« Un appétit d'oiseau de la part d'un corbeau ? Pas mal Falka, pas mal. J'ai failli rire. Seulement failli. »

Le corbeau en question abandonna toute lutte. C'était inutile. Sora avait des facultés et un entraînement incroyables en matière de déroger d'un sujet de conversation qui la gênait. Celle-ci d'ailleurs, sans le faire exprès, n'était vraiment pas à ce que lui disait Falka. Son regard s'était posé sur une femme, assise au bord de l'eau sur un fauteuil. Il ne fallut pas plus que son apparence et sa prestance pour faire deviner à Sora que c'était elle, la reine de la soirée comme du peuple des ondins. Elle était d'une beauté magnétique, froide et mystérieuse.

« Alors c'est elle... Il n'y a pas à dire, on devine tout de suite qui elle est vu comment elle en impose, et on a clairement pas envie de l'ennuyer. En tout cas moi, je ne vais pas m'y essayer. »

« J'enregistre. Tu ne diras certainement pas ça tous les jours, alors je vais garder ça soigneusement en mémoire et te le ressortir au moment opportun. »

La blonde n'émit aucun commentaire. Si elle avait toujours su faire attention à ses paroles, à les utiliser comme il fallait pour dissimuler ses véritables pensées ou faire passer tel ou tel message, il existait deux personnes au monde capable de déceler leur véritable sens. Et l'une de ces deux personnes était actuellement un corbeau sur son épaule. Heureusement qu'elle était là d'ailleurs, sinon Sora aurait été bien triste de participer à telle fête. Mais ça, elle le garda pour elle. Pas besoin de donner encore plus de matière à Falka, qu'elle pourrait réemployer plus tard contre elle.

898 mots 1er post:
 



WITH GREAT POWERS COMES GREAT BULLSHIT

Lun 6 Fév - 19:29
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« Hâte-toi, Kiez, nous ne saurions faite attendre la majestueuse et légendaire Yurela Océnis !
Alexis trépignait visiblement d'impatience à l'idée de pénétrer dans l'enceinte de l'événement mondain du moment. A moins qu'il ne s'agisse de son éternel ton ironique, toujours prompt à caricaturer les usages de la cour. La vérité se situait entre les deux, car si l'hybride aimait plaisanter de tout il était aussi vrai que les fêtes et autres petites sauteries, au cours desquelles tout le gratin aimer se retrouver, lui plaisaient beaucoup.
Parmi les invités poudrés et bien vêtus, entre les serveurs affairés et les musiciens, il se sentait à l'aise. Comme un poisson dans l'eau, si l'on peut dire : l'expression ne saurait être plus appropriée qu'en ce jour. Toute cette mise en scène ravissait le grand acteur qu'il était. A ses yeux, il s'agissait probablement une métaphore de la vie. Les puissants organisaient le bal, tandis que la plèbe s'amusait et jouissait du fruit de son propre travail. On louait alors la générosité du souverain, comme si tout ce qui était offert venait directement de lui. Tableau jouissif.
« Un moment, je ne suis pas encore prêt.
Répliqua Kiez d'un ton tranquille, tout en ajustant le nœud qu'il portait au cou. Contrairement au chat, le chien affichait un calme parfait face aux promesses de la soirée. Cela ne témoignait pas, toutefois, d'un quelconque dédain à l’égard des mondanités en général. Kiez aimait beaucoup les fêtes et, tout comme son ami, appréciait de se mêler aux gens du monde. Il était simplement de nature plus paisible et tenait la sobriété du comportement en haute estime.
« Comment crois-tu qu'elle sera ?
Repris le chat, tournant en rond dans le dos de son compère.
« Belle comme le jour ? Ou bien comme la lune ? Il se mit à s'exclamer très fort, comme s'il récitait de la poésie : Serons-nous contraints d'écrire des odes à sa gloire tant son aura, par sa force, nous aura écrasé ?
-Calme toi un peu.
Glissa Kiez, fronçant légèrement les sourcils. Tu es beaucoup trop énervé. Je n'ai pas spécialement envie qu'on nous remarque ce soir, alors essaie de te tenir.
-Allons Kiez, ce bal... sais-tu ce que ça veut dire ?
-Que nous allons passer une agréable soirée avec un bon buffet, aux frais de la princesse.

Tenta-t-il de couper, tout en levant la main d'un geste autoritaire. Le chat siffla d'agacement. Il s'imaginait sans doute déjà partir à la conquête des nobliaux, leur extorquer intérêt et fond, se faire passer pour l'un d'eux, peut-être. Alexis ne manquait jamais une occasion de faire du bénéfice et il avait cette terrible manie de prendre des risques là où ce n'était, bien souvent, pas nécessaire. Dans la moindre faille, il fallait qu'il s'engouffre. Il fallait imaginer le nombre d'opportunités qu'un bal pouvait représenter pour un petit escroc notoire : rien d'étonnant à ce qu'il perdre la boule, avant même la première danse.
Mais Kiez, sage et raisonnable, ne l'entendait pas de cette oreille. Il ne voulait pas s'afficher comme un paria devant toute la cour. Sa famille était respectable et il n'était pas question qu'il voit son nom salir par les frasques d'un associé aussi peu scrupuleux qu'enthousiaste. Grondant à demi ton, il fit volte face, de sorte à se trouver nez à nez avec le félin.
« Je te surveillerais, je t'avertis ! Son regard était dur, comme celui d'un dominant qui chercherait à s'imposer. Fais le malin et tu auras affaire à moi.
-Voyez-vous ça !

Répliqua alors le chat d'un ton provocateur. Les deux hybrides s'échangèrent un regard de glace, tout en grognant. Alexis alla même jusqu'à feuler, mais il fut contraint de renoncer lorsque Kiez montra les dents. Cette fois-ci, il avait perdu au petit jeu de la domination. Entre eux et pour ce soir, c'était le chien qui commandait.
« Bon, très bien. Soupira-t-il, blessé dans son orgueil. Mais tu n'es pas obligé de rester dans mon giron, si ma compagnie te déplaît.
-Que j'y sois ou non ne changera rien. Nous sommes des hybrides. Si l'un de nous se fait remarquer, l'autre sera regardé de travers aussi. C'est comme ça que ça marche.

Conclua-t-il, tout en boutonnant son élégante veste de costume.
« Maintenant que les choses sont claires, allons-y.

La soirée venait de démarrer. Les invités se réjouissaient d'une première danse, accompagné par un orchestre de musiciens talentueux. Au milieu de la foule, Alexis et Kiez déambulaient. Tous deux portaient le masque proposé à l'entrée. Mais il va sans dire qu'avec ou sans cet accessoire, il était facile de les repérer.
« Regarde moi ça, Kiez...
Soufflait le chat, observant les convives. Des parures d'or et de perles, des robes brodées : une cascade de couleurs et d'extravagance. Tout était magnifique.
« Ça te donne l'impression d'être important ?
Plaisanta le chien.
« Et comment ! Heh.
Alexis ne cachait pas son orgueil et ne complexait aucunement de savoir que son compagnon percevait ses émotions avec autant de justesse. Ce dernier peinait encore à se détendre. Il était encore aux aguets, soupçonneux à l'égard du monde entier.
« Je vais faire un tour au buffet.
Déclara soudain le chat. L'autre acquiesça sans rien dire, préférant rester un peu à l'écart pour le moment. Il avait l'impression de faire tache au milieu des humanoïdes au visage plat. Alexis, lui, était comme un poisson dans l'eau. Il se sentait légitime au même titre que n'importe qui. Tout ce qui l'intéressait pour le moment, c'était de savoir quelle quantité de nourriture il allait pouvoir ingurgiter.
Passant dans le dos d'une femme en noir, avec un corbeau pour tout accessoire, il capta quelques bribes de conversation. Son regard suivi mécaniquement le sujet de l'échange, à savoir la souveraine du peuple aquatique.
« Un être exceptionnel, assurément.
Commenta-t-il à la suite du corbeau, tout en attrapant un petit four. Ses yeux de chats allèrent alors chercher l'inconnue en noir. Elle semblait avoir redoublé d'effort pour assortir tenue et accessoires aux couleurs de la mort. Alexis lui trouvait fort peu d'allure, en dépit d'une robe superbement coupée. Mais cela n'avait aucune importance. Il avala sa bouchée, avant de s'emparer d'une coupe de champagne.
« Vous dansez, mademoiselle ?


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Mar 7 Fév - 20:06
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Ashryn - Laethlion - III
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Les mains dans les poches, le Vampire scrutait l’extérieur depuis sa fenêtre. Cette habitude ne semblait point le quitter malgré le nombre incalculable de fois où il eut entendu que cela ne lui causerait que du tort. D’ici, il pouvait observer le peuple vaquer à ses occupations, ses congénères ramener de nouvelles proies ou encore des transformés… Il plissa les yeux. Cela faisait un moment qu’aucun transformé ne s’était retrouvé face à lui. Il était devenu fréquent que ces derniers viennent quérir ses conseils afin de s’adapter à la société vampirique et apprendre les us et coutumes. Ses sourcils se froncèrent légèrement. Eal’ric n’était pas une bonne mère n’ayant pour but que d’enseigner à ses enfants. Il se fichait de ce que ces imbéciles pouvaient devenir. De grands opposants au Sanger ou des immondices sauvages.. Tout ceci ne le regardait point. Et venir le voir pour obtenir des conseils – mais surtout des grâces de sa fiancée – l’exaspérait. Malgré ses capacités, il n’en restait pas moins un être à part entière, mais n’était visiblement représenté que comme « celui qui fut transformé et finit en haut de l’échelle. ». Une grimace déforma son visage. L’échelle, il aurait désiré la briser en deux, la réduire en miettes. Et c’est précisément à ce moment que celle qui la maintenait bien droite pénétra la pièce.

Replaçant sa chevelure immaculée dans son dos, Hélène s’avança vers le jeune homme, un sourire jusqu’aux oreilles. Sans se retourner, il l’entendit légèrement glousser, et un soupir s’échappa de l’entre ouverture de ses lèvres. La vampire ne riait pas niaisement : si elle s’amusait, c’était qu’un combat venait d’être remporté, et haut la main. « Est-ce que je te dérange ? ». Elle plaça ses mains au niveau de son bassin. Eal’ric, quant à lui, croisa les bras, nonchalant. « Si cela te perturbait vraiment de m’interrompre dans mes activités quotidiennes, tu ne serais pas entrée sans frapper. Crache le morceau. ». Un rire cristallin fit à nouveau vibrer ses cordes vocales, résonnant dans la chambre. « Allons, tu n’es pas obligé d’être désagréable lorsque je viens t’annoncer une bonne nouvelle. ». Le temps ou le vampire se serait retourné et lui aurait accordé toute son attention était révolu. Il avait appris, au cours des années, qu’une nouvelle merveilleuse pour elle n’en serait qu’une atroce pour lui, et il se contenta d’avaler sa salive en attendant qu’elle se décide à dévoiler sa surprise.

Se plaçant devant lui, elle se pencha légèrement en avant et lui donna un petit coup sur le nez. « Nous allons à un bal, ce soir. ». Le jeune homme écarquilla les yeux. Ce genre de festivités était loin de lui plaire. Pourtant, il ne pouvait décliner l’offre. Alors il se contenta de hausser les épaules et de détourner son attention de la demoiselle. « Pourquoi ? Qui l’organise ? ». Son regard se durcit. « Et surtout, pourquoi ma présence est requise ? ». Lui qui n’avait jamais été convié aux nombreuses fêtes de la famille vampirique l’ayant accueillie, maintenant il se retrouvait au milieu de la foule ? C’était hautement improbable. De plus, il ne tenait pas véritablement à croiser son géniteur dans l’assemblée, lui qui l’exécrait au plus haut point. Elle suivit son déplacement, gracieuse. « Je t’emmène où je veux, où cas où tu aurais oublié. ». Puis, époussetant sa robe, elle poursuivit. « Cela se déroulera au Berceau des Merveilles et Yurela Océnis en sera l’hôte. ». La souveraine des Nagas.. Tout ceci ne lui disait définitivement rien de bon, mais il ne pouvait lutter contre les caprices de sa congénère.

« Tu ferais mieux de te préparer, nous partons bientôt. Surtout, ne me fais pas faux bond. ». Sans discuter, il alla chercher son costume noble dès qu’elle eut quitté la pièce. Malgré leur lien, ils ne partageaient aucune intimité, et c’était bien quelque chose qu’elle ne pourrait jamais forcer, malgré tous les avantages de sa situation. Nouant sa cravate rapidement, il se coiffa d’un coup de main tout aussi brusque et sans réfléchir, quitta les souterrains interdits en compagnie de la jeune femme. Le navire les guida alors jusqu’à leur destination, et au moment où ils arrivèrent au bal, Eal’ric s’éclipsa pour s’éloigner d’Hélène, attrapant son masque au passage. Ici, personne ne le connaissait. A vrai dire, en dehors des murs qui le cloisonnaient habituellement, il n’existait pas. Se faufilant dans la foule, il poursuivit sa route jusqu’à être sûr de ne plus être visible de loin. Et, s’éloignant progressivement pour s’adosser contre un arbre, il donna un coup de coude dans une demoiselle, qu’il rattrapa de justesse. « Excusez-moi. J’étais dans mes pensées et je n’ai pas fait attention où je marchais. Vous n’avez rien? ». Il planta son regard dans le sien. Peut-être qu’au final, ce ne serait pas une si mauvaise soirée..
807mots

Résumé:
 



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Mer 8 Fév - 15:07
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« Bon. A l'entrée, on va te donner un masque, il faut pas l'enlever.
- Oui, j'ai compris Veven, c'est pas parce que tu as deux cent ans de plus que moi que t'es en droit de me faire encore ce genre de réflexions, tu sais.
Elle arbora une moue agacée.
- Deux cent cinquante, très chère. Et pour ta gouverne, je veux juste pas que tu commences la soirée par faire des conneries. C'est un bal masqué, donc tu gardes ton masque et tu fais pas chier, compris?

Nous nous préparions pour la fête de la reine des sirènes. Ce n'était pas notre premier grand bal, mais personnellement, j'étais toujours impatient à l'idée de savourer, ne serait-ce que pour quelques heures, les délices de la vie mondaine. Pour ma part, ça se résumait à boire du bon vin, manger des mets fins, avec l'espoir de se taper une petite noble bien belle vers deux heures du matin. En ce qui concernait Mèche, elle y était habituée depuis son enfance. Sa mère organisait souvent ce genre d'événements et, en quelques décennies, Mèche a eu tout le loisir de profiter de ce qu'elle appelle aujourd'hui des « frivolités » ou des « conneries », selon les humeurs.
Elle se prépara dans sa chambre, pendant que moi j'enfilai mon costume. J'agrippai un manteau noir, orné par des plumes de corbeaux en guise d'épaulettes. Au bout d'une dizaines de minutes, elle sortit. Sa robe bleue de Prusse lui donnait un certain charme. Ses cheveux quant à eux étaient relevés en... un espèce de gros nœud en cheveux, (j'crois que ça s'appelle un chignon), lui donnant un côté sophistiqué auquel je ne me ferai jamais tant elle avait l'air belle. Mèche avait l'habitude de s'habiller de cette façon, pour les grandes occasions.
Nous sortîmes de l'auberge. Les talons de Mèche s'écrasaient contre les pavés, une légère brise nocturne se faufila entre les allées. J'appréhendai un peu la soirée, en vérité. J'ai toujours été habitué à être seul, sans vraiment vouloir me lier avec qui que ce soit. Dans l'écrasante majorité des cas, je me contentais de manger à l'abri des regards, ou bien discutais que très peu avec les invités. Mèche était habituée à bien plus, et, pour tout vous dire, elle aimait beaucoup parler. Un peu trop, je dirais, la plupart du temps. Mais généralement, elle traînait des heures de plus à la fête, alors que j'étais déjà rentré depuis un bon bout de temps. J'avais le maigre espoir, comme pour chaque événement mondain, d'avoir des discussions passionnées avec d'autres, d'échanger des histoires d'aventures, du temps où j'étudiais les dragons, ou discuter des origines de la magie. La plupart du temps, mes conversations se résumaient juste à parler de la pluie et du beau temps, ou bien à parler d'argent. Rares étaient les situations où je pouvais étaler un semblant de culture, puisque la plupart des nobliaux ne portaient que très peu d'intérêt aux aventures d'un elfe comme moi.

« Oh, j'ai failli oublier. Je te rappelle que la reine des sirènes c'est pas ta pote, donc évite d'aller lui faire la bise, comme tu l'avais fait, y'a cinquante ans, avec l'ambassadeur des hybrides à la Terre des Rescapés.
- Roh, tu continues à me faire la morale. J'ai compris, j'suis pas débile. Et puis c'est pas ma faute, je voulais me montrer sympathique avec l'ambassadeur ! J'ai compris la connerie quand les dix gardes me sont tombés dessus. T'inquiète, je ferai attention à mes manières.


Nous entrâmes, une dizaines de minutes plus tard, à l'intérieur du bâtiment. Un homme à l'air sérieux et très bien habillé nous donna à tous les deux un masque. Le mien était intégral, noir et doré, et ne laissait aucunement dévoiler ne serait-ce qu'une parcelle de mon visage, tandis que celui de Mèche se posait sur le nez, et était bleu écume et argenté. La grande salle se dévoila à nous, imposante. Les convives présentes pouvaient être considérées comme un échantillon de la population de la totalité de Langzyliah. Les masques trahissaient difficilement la race de certains, sauf s'ils avaient au préalable caché leurs oreilles pointues, ou, plus difficilement, leurs ailes ou attributs animaux. Des rires éclatèrent sous les effluves d'alcool, la musique était agréable, nous étions sûrs de passer quelques heures agréables. D'un hochement de tête, nous décidâmes, avec Mèche, de nous séparer. Je me dirigeai vers le buffet alors que ma demi-sœur se perdait déjà au milieu des convives.

748 mots. Résumé:
 
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Mer 8 Fév - 20:50
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Ashryn - Sylvar - IV
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La jeune femme demeurait en admiration sur la reine des nagas. Elle était d'une beauté magnétique et glaciale. Si Sora aimait à provoquer n'importe qui, elle n'était tout de même pas sotte et savait que cette femme serait le genre de personnes avec qui il ne faudrait même pas tenter une petite blague. Elle devait sans nul doute avoir des pouvoirs au delà de l'imaginable, et avait sûrement de ce fait, la capacité de réduire Sora à l'état de vulgaire huître avant même qu'elle ait eu le temps de s'incliner pour la saluer. Mais la blonde n'était pas la seule à la contempler. Un des convives venait d'ajouter sa participation à la conversation entre elle et Falka. Visiblement, elle n'était pas la seule à qui l'organisatrice de la fête faisait une sévère impression.

Et c'est en se tournant vers le nouvel arrivant que Sora eut le vague sentiment que tout le monde ici cherchait visiblement à la surprendre. En effet, la personne qui se tenait devant elle, bien qu'elle porta un masque et avait une allure tout à fait humanoïde, avait un visage des plus étranges. La blonde aurait mis sa main à couper que ce qu'elle avait devant elle n'était rien d'autre qu'un hybride. Mais elle ne la fixa pas éternellement, de peur de paraître malpolie. Il la sortit de toutes façons de ses pensées en lui demandait si elle dansait ce soir. Bien que la jeune femme ne côtoyait pas souvent ce genre de réception, elle savait danser – grand merci à quelques festivités passées dont elle n'aimait pourtant pas ressasser les souvenirs pour certaines raisons – et n'avait pas réellement d'avis sur le sujet. Elle ne détestait pas la danse, mais n'en était pas une grande adepte non plus. C'était plutôt un moyen comme un autre de sympathiser avec quelqu'un ou de passer le temps, plutôt que de le faire face au buffet en passant pour une goinfre – enfin, pour peu qu'une femme mangeant des framboises et des myrtilles une par une ait l'air d'une gloutonne.

« Et pourquoi n'inviteriez-vous pas l'organisatrice de cette somptueuse soirée plutôt ? » demanda-t-elle doucement à son nouvel interlocuteur. « Elle a tout aussi assurément que vous l'avez dit, beaucoup plus de prestance, de grâce et de charme que n'importe quelle autre femme participant à ce bal. »

« Oh, il faudrait que tu viennes plus souvent à des fêtes de ce genre. Ce n'est pas souvent que je t'entends te rabaisser ainsi. »

Elle s'interrompit pour déguster une framboise, sans même relever le commentaire de l'oiseau perché sur son épaule.

« Si vous n'y allez pas parce qu'elle vous intimide, je ne peux que comprendre. Elle au moins, n'a sûrement pas besoin d'un corbeau grotesque à la langue bien trop pendue sur son épaule pour avoir l'air un tant soi peu crédible. Je vous présente donc Falka. »

L'interpellée acquiesça d'un mouvement du bec. Si elle adorait remettre Sora à sa place dès qu'elle en avait l'occasion, elle était beaucoup moins bavarde avec les étrangers. La blonde venait de terminer le dernier fruit rouge qu'elle avait dans la main. Elle attrapa une serviette sur le buffet pour s'essuyer tranquillement les mains puis, après l'avoir soigneusement reposé sur la table, prit une petite distance avec ce qui lui semblait être un hybride pour faire une légère révérence.

« Mais si vous souhaitez ne vous contenter que de moi, je ne vois aucune raison de m'y opposer. Et je vais donc reprendre de ce pas le cours des politesses de base que j'ai beaucoup trop vite négligé. Je me nomme Scylla Fentkräes. »

Elle se remit droite, et tout en tendant sa main comme pour lui indiquer qu'elle n'attendait que son signal pour danser, lui demanda :

« Et vous ? »

Il n'y avait après tout, aucune loi ou norme qui indiquait qu'il était malpoli de converser avec son partenaire de danse tout en valsant. Ça rendait même la chose bien plus agréable.


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WITH GREAT POWERS COMES GREAT BULLSHIT

Jeu 9 Fév - 20:54
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Norphis - Abund - II
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« Est-il envisageable que je vous demande la permission de sortir et qu'elle me soit accordée ? » Alors qu'il relève le yeux je lis pour la première fois de la surprise dans son regard « Et bien, je constate que mademoiselle commence à prendre ses aises. » Tout en parlant il se penche, ouvrant l'un des tiroirs de son bureau avant d'en retirer une liste. « Si je me fis à ce que j'ai ici, les seules réceptions… Hum non, la seule enfaîte est celle organisée par Yurela. Envie de rencontrer quelques membres de cette race peut-être ? » Légèrement gênée je détourne les yeux, me tordant les mains nerveusement. Comment lui dire que ce n'est que par pure vanité et afin de me remémorer les soirées auquel je participais alors que j'étais humaine que je souhaite me rendre là-bas. « Tes raisons ne regardent que toi, je sais pertinemment pourquoi tu veux t'y rendre et je n'irais pas à l'encontre de cela. D'autant plus que cela te fera le plus grand bien de côtoyer d'autres personnes que nous. » « Merci. Est-ce que… Ais-je une obligation quelconque à respecter ? » Replaçant la feuille dans le tiroir il se détourne de moi, regardant à l'extérieur. « Non, pas pour l'instant. Contente toi de passer une bonne soirée et essaye de faire des rencontres. Cela te serviras tôt ou tard. » Me penchant légèrement sur le côté je tente en vain de discerner son visage. Ses paroles ont un double sens, j'en suis persuadée néanmoins, et comme à chaque fois qu'il s'exprime ainsi je ne parviens pas à leur donner une signification. « Ta robe est dans l'armoire de ta chambre, une fois que tu seras prête fait le savoir à Ramia elle te conduira sur les lieux de la fête. Pour ce qui est de rentrer et bien… Tu verra directement avec elle je suppose. » J'acquiesce en souriant, le remerciant dans le même temps avant de quitter la pièce.

« Quand désirez-vous que nous repartions ? » Perdu dans mes pensées je ne prête pas immédiatement attention aux paroles de la jeune femme, si bien qu'elle doit par deux fois répéter sa question avant que je ne l'entende. « Eh bien je ne sais pas vraiment… Je pense une fois que tout cela ne m'amusera plus. Ou bien quand les festivités seront terminé. » Je jette un coup d'oeil au soleil se couchant au loin. Sa simple présence suffit à ressentir une sensation de malaise « Quoi qu'il en soit nous serons partis avant que le soleil ne se soit levé rassure toi. » Avec un dernier regard dans sa direction je descend de la diligence ajustant rapidement ma robe et mon corset, usant de la vitre afin de m'assurer que je suis bien présentable. Enfilant le masque m'ayant été fournis je me dirige vers le lieu des festivités. Depuis ma transformation c'est la première fois que je reviens sur le continent sacrifié… Vais-je revoir des connaissances ? Je ne pense pas. Enfin, il serait plus juste de dire que je n'espère pas. Ce n'est pas le genre de ma famille de se présenter dans ce genre de cérémonie néanmoins je ne suis à l'abri de rien. D'autant plus qu'à leurs yeux je dois être celle ayant décidé de profiter de l'anniversaire de sa sœur pour disparaître de la circulation.

Saisissant un verre au buffet je tente de chasser cette idée de mon esprit, en vain. Avec un soupir je glisse dans la foule. Revenir ici aussi tôt était une erreur. Je le savais pertinemment mais non, il a fallu que ma vanité prenne le dessus et que je fasse passer mes envies, déraisonnables soit dit au passage, en priorité. Buvant une gorgée je regarde les gens devant moi. Les chances que je tombe sur un membre de ma famille sont faibles et pourtant belles et bien présentes. Et avoir conscience de cela va me gâcher le plaisir de cette soirée. Avec un soupir je lève les yeux au ciel , secouant la tête dans le même temps. Non, il s'agit des premières festivités auxquels je peux participer depuis ma renaissance, je ne compte pas m'enfuir comme ça.

Un brusque coup d'épaule me fait sortir de mes pensées et manque de me faire tomber par terre. Me rattrapant de justesse à la personne à l'origine de ma chute, je lui jette un regard noir. « Perdue dans vos pensées ? Et vous ne pensiez pas que dans un tel endroit faire un tant soit peu attention à ce qui vous entoure pourrait-être une bonne idée ? » époussetant rapidement ma robe je croise mes bras plantant mon regard dans le sien. « Enfin, vous vous êtes excusé, je suppose donc que par politesse je me dois de vous dire que ce n'est pas grave et que je n'ai rien. »
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Ven 10 Fév - 0:04
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Alexis vit le regard de la femme masquée se poser sur lui. Pendant les courtes secondes au cours desquelles elle l'observa, il lui sembla déceler quelque chose comme de la surprise. Ce genre de regard que l'on a lorsque l'on découvre quelque chose de nouveau et que cela nous étonne. Mais, ayant l'habitude de susciter des réactions de ce genre, Alexis ne s'en formalisa pas du tout. Il était toujours, au contraire, assez content de trancher avec le commun des mortels... tout du moins, dans un contexte comme celui-ci.
La jeune femme lui demanda alors en retour, d'une petite voix, pourquoi il n'avait jeté son dévolu sur l'organisatrice de la soirée, plutôt qu'elle. Le chat ne put réprimer un léger sourire empreint de malice, visiblement amusé par le côté inattendu d'une telle réponse. C'est alors que le corbeau se mit à parler, reportant sa propre réplique à plus tard.
Si on en croyait ses mots, la jeune femme n'était pas d'un naturel à se rabaisser. Mais cela n'étonnait pas Alexis : après tout, Yurela Océnis était d'une beauté largement supérieure au commun des mortels. Lui même se sentait impressionné en sa présence et pourtant, il ne manquait pas d'audace, ni d'assurance. Elle n'avait pas besoin de parler pour soumettre les gens du peuple : il lui suffisait de rester bien tranquillement assise, le regard posé sur la foule. Son extraordinaire prestance faisait le reste.
« Je l'aurais bien volontiers invité, mais voyez-vous, mon compagnon m'a expressément demandé de me tenir tranquille, ce soir. Dit-il alors d'un ton espiègle. Il veut sans doute éviter de voir la garde postée tout autour de notre chambre à l'auberge, demain matin.
Son ton trahissait évidemment une plaisanterie.
« Je devrais donc me contenter d'une danse sage, avec les jeunes femmes présentes ici. Il ajouta aussitôt : Ce qui me réjouit tout autant, croyez le bien.
La conversation se poursuivit ensuite pour en arriver aux présentations d'usage.
« Falka... Fit le chat, après elle. Hé bien, je suis ravi.
Alexis avait d'abord pensé qu'il s'agissait d'un hybride, mais maintenant qu'il la voyait de plus près, il n'en était plus sûr. Son aspect était plus sombre et vaporeux qu'un véritable corbeau. Tout du moins, c'est ce qui lui semblait. Quoiqu'il en soit, l'hybride assorti ces politesses d'une petite inclination de la tête. Assurément, il maîtrisait toute la gestuelle du parfait gentleman.
Ce fut alors au tour de la demoiselle de se présenter, puis, elle lui tendit la main afin de lui indiquer qu'elle était prête. Alexis s'en saisit donc avec toute la douceur dont un demi félin sait faire preuve.
« Alexis Gouez.
Il n'ajouta rien de plus, plantant simplement ses prunelles bleu dans les yeux de Scylla, comme pour lui indiquer qu'il était ravi. Puis, l'emmenant se fondre dans le ballet des autres danseurs, ils entamèrent une valse paisible. Alexis aimait danser tout autant qu'il aimait parler avec des femmes. C'était un séducteur dans l'âme. Pour autant, il ne cherchait pas spécifiquement à accumuler les conquêtes. Cela lui faisait simplement plaisir de faire la cour le temps d'une danse, sans autre arrière pensée que de passer un bon moment.
« Vous dansez bien mademoiselle Fentkräes. Dit-il alors. C'est un vaste monde, que celui dans lequel nous vivons. Vous et moi ne reverrons probablement jamais le tiers de personnes présentes, ce soir. Mais si d'aventure, je devais vous recroiser, sauriez-vous me dire dans quel contexte cela a-t-il le plus de chances de se produire ?
La question semblait naïve, mais elle recelait plusieurs niveaux d’interprétation et appelait une infinité de réponses. Mais c'était avec ce genre de phrase qu'Alexis parvenait au mieux à cerner ses interlocuteurs, même si dans ce cas précis, l'hybride n'avait pas la moindre arrière pensée. Pas d'arnaque, pas de mensonge ou autre agenda : juste une simple danse et une conversation.

Kiez avait laissé Alexis faire sa vie de son côté. Après avoir déambulé pendant un moment parmi les convives, il en vint à la conclusion qu'il ne pouvait décemment rester sans rien faire. Le chien n'était pas encore tout à fait à l'aise. Quelques minutes de plus lui permettraient sans doute de s'imprégner un peu mieux de l'ambiance et de se détendre. D'ici là, il prit le parti de tester le buffet. Avec un verre dans les mains et un peu de nourriture de côté, il aurait certainement l'air moins désœuvré. Le chien ne voulait pas ressembler à ces pauvres gens en rang d'oignon, sur le côté de la piste, qui ne savent que faire et paraissent encombrés d'avoir des mains.
Bien arrivé à destination, Kiez s'empara d'une flûte d'un de ces vins blanc pétillant qui font si distingués. Il se tourna ensuite en direction de la foule, pour commencer à détailler l'assemblée. Alexis était en train de danser. L’apercevant, le chien soupira : il n'avait pas traîné. Socialiser semblait naturel chez lui. Pour Kiez, les choses n'était pas toujours aussi simple, bien qu'il soit généralement à l'aise en la matière. Mais certains contextes le rendaient un peu nerveux et l'inhibaient. En outre, il ne pouvait s'empêcher de jeter de petits coups d’œils furtifs à la souveraine en présence, persuadé qu'elle lisait dans le cœur de chacun des invités. Il craignait qu'elle et, à fortiori, tout le monde, ne réalise combien il était intimidé.
Réalisant alors la bêtise de telles pensées, le chien vida à demi la flûte de champagne qu'il tenait fébrilement. L'abaissant, il vit s'approcher l'un des invités. Un individu androgyne au masque noir et or. Voyant que ce dernier se servait à côté de lui, il en profita pour engager la conversation.
« Si vous aimez le vin, celui-ci est très bon.
Dit-il d'un ton aimable en désignant les flûtes de champagne d'un signe de tête. Bien sûr, ce n'était pas transcendant comme phrase d'accroche, mais après tout, il n'allait pas directement s'engager sur une dissertation philosophique avec un inconnu. Ou une inconnue : il n'était pas sûr de lui. Pas plus qu'il n'allait laisser échapper une petite phrase mystérieuse qui résulterait d'un long monologue intérieur suivi d'une chaîne de déduction plus pertinentes qu'elles ne devraient l'être. Non, rien de tout cela : Kiez parlait simplement du vin.

1030 mots POST 2:
 
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Ven 10 Fév - 23:13
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