Ennemis ou ... Amis ? [Avec: Scylla FentKräes]

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Edsere - Consciem - III
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Ce qui était sûr c'est que le combat avait tourné court. Très très court ! En moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour le dire, la démone blonde avait défait à elle seule une bonne partie du groupe armé. Bien sûr, pour cela, elle s'était faite aider de... De quoi au juste ? Un autre démon ? Une invocation ? Un sort ? Quoi que cela puisse être, ça se tenait toujours là et ça lorgnait sur les amis de Solyane. Locke et Alicia semblaient dépassés par les évènements et, comme intimé par leur amie, ils n'avaient rien tenté. Du moins jusqu'à se retrouver expédier au sol et menacés par la présence des nouveaux arrivants. Ceux-ci semblaient bien décidés à ne laisser personne s'en sortir. Par chance, Solyane n'avait pas été la seule à s'équiper d'une arme, ce jour-là.

L'attention de la jolie brune se reporta sur des ennuis plus pressants. Elle faisait confiance à Locke pour prendre soin d'Alicia si besoin. Et si elle en avait l'occasion, elle irait s'excuser auprès d'eux plus tard pour les avoir entraînés dans une telle situation. Pour le moment, ils devraient se contenter de la regarder de loin essayer de s'en sortir comme elle pouvait.

Après avoir mis un terme plutôt impressionnant à l'affrontement, la blonde les toisait avec insistance et sévérité. Solyane n'était pas du genre à tourner autour du pot bien longtemps. Elle l'avait déjà prouvé un peu plus tôt en exprimant clairement son intention d'émasculer purement et simplement le petit noble ! Une intention qui s'était transformée en volonté de meurtre parce qu'il frayait avec des démons. Quoi que, n'étant pas démon lui-même, elle pourrait accepter de lui laisser la vie sauve pour peu qu'il réussisse à s'en montrer digne.

L'homme qui était à la tête du groupe hostile s'avança vers la blonde, apparemment décidé à ne pas se laisser impressionner par elle, lui cracha au visage avant de déclarer :

- Écoute-moi bien, Donzelle, parce que je le répéterai pas ! Quand on est fait pour porter des jupes et écarter les cuisses, on ferait mieux de pas la ramener.

Il semblait avoir oublié que cette « donzelle » là venait d'étaler un de ses hommes au sol d'un simple coup de poing. Ou alors faisait-il exprès de ne pas en tenir compte. D'ailleurs, l'autre se relevait en se tenant la mâchoire.

-  'Effé  'a moi, fef ! Tenta-t-il de baragouiner, crachant du sang.

Solyane jugea qu'il devait avoir la mâchoire fracturée.

- Vais 'ui fai' fa fête !

D'autres gardes sifflèrent de manières grasses et ponctuèrent ce qu'ils pensaient de cette idée à grands renforts de regards lubriques et gestes obscènes. Leur chef les ignora et continua sa tirade :

- Ce qu'on veut à ce morveux, ça regarde que nous, pigé ? Alors tu remballes tes mamelles, ton petit cul et ta monstruosité (il désigna d'un geste brusque la chose qui avait été panthère avant de redevenir vaguement humaine) et tu nous laisses faire notre boulot !

Solyane n'aimait pas les démon. En fait, elle les exécrait plus que tout. Mais si c'était à elle qu'avaient été destinés ces mots, l'homme n'aurait déjà plus de langue. Ou plus sûrement, il aurait déjà reçu un coup de dague dans l'aine. Elle savait que la question de leurs motivations lui étaient également destinée. Et elle sentait qu'à défaut de la blonde, elle aurait à faire à sa créature si elle s'avisait de partir avec celui que la démone était censée protéger.

- Je vous laisse jouer entre vous ! Lança-t-elle à l'intention de la démone et du belligérant. Moi je dois m'occuper de ce sale petit violeur pour rendre justice à la pauvre femme qu'il a laissé dans une ruelle après avoir abusé d'elle !

Le jeune noble, qu'on avait étrangement pas entendu jusque là, poussa alors un cri.

- NON ! Non, ce n'était pas moi !!

Solyane lui décocha un coup de pied dans le ventre.

- Toi, tu la fermes ! J'ai pas l'intention de voir d'autres que moi te régler ton compte ! Pas même la démone que t'as engagé pour protéger tes fesses !

Elle ignorait ce qu'avait bien pu faire ce type pour s'attirer d'autres foudres que les siennes et, de fait, elle n'en avait pas grand chose à faire. S'il était capable de s'associer avec des démons et de violer impunément des filles en plein jour, qui sait ce qu'il pouvait bien faire d'autres de ses loisirs. De fait, les deux gardes qui restaient en dehors de celui à la mâchoire brisée et celui qui avait été sonné, se rapprochèrent de leur chef et donc de Solyane, de la démone, et – principalement – du noble.

Oubliés de tous, Locke et Alicia se relevèrent. Solyane aurait voulu leur dire de déguerpir. En dehors de quelques vols, même audacieux, ils n'avaient jamais eu à affronter qui que ce soit. Locke savait un peu se battre parce qu'il avait déjà eu affaire à d'autres bandes, mais ce n'était qu'une douce plaisanterie face à des hommes comme ceux qui représentaient un danger ici en cet instant. Mais il ne semblait pas décidé à abandonner son amie à ces brutes. Solyane n'y avait prêté aucune attention, mais le comptoir était maintenant désert. Le tavernier avait suivi la seule fois possible de survie : la fuite. Quitte à abandonner son établissement pour quelques temps.

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Sam 11 Fév - 0:05
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Ashryn - Sylvar - IV
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Falka toisait attentivement Sora et gardait les oreilles grandes ouvertes – même si elle n’en avait pas à vrai dire. Elle savait ce qui allait se passer dans les prochaines minutes n’allait pas être joli. Quelle erreur n’avait pas fait là le chef de la bande en la gratifiant de tels propos. L’ombre scrutait toujours avec attention le visage impassible de la jeune femme. C’était invisible à ceux qui ne la connaissaient pas, mais Falka elle, voyait bien sa main tremblante de rage sur le manche de son épée, et la veine apparente qui battait sur sa tempe. Elle ne s’attendit pas cependant aux propos des autres facteurs engagés dans la situation. Ni aux propos que venait de tenir l’inconnue – celle qui était pas commode, car l’autre, après s’être à peine levée, semblait terriblement résignée à ne pas intervenir. Un violeur ? Voilà qui changeait la donne. Mais Sora ne tiqua pas immédiatement. Si elle avait parfaitement entendu, elle prenait chaque chose en son temps. Et passait avant la punition d’un quelconque tiers pour un acte terrible, de laver son honneur. Surtout quand il s’agissait d’attaquer sa posture de femme.

Le sourire qu’affichait désormais son visage était terriblement mauvais. Et si Falka n’était pas dans son camp, elle aurait déguerpi vite fait. Les deux sbires restants s’étaient rapprochés de leur chef, qui lui-même avait fait un pas vers l’inconnue aux cheveux noirs, le client de Sora et cette dernière.

« Falka. Balaye-moi ce tas de bâtards galeux. »

L’ordre aussitôt énoncé fut très rapidement exécuté. Une énorme masse noire apparut sur la gauche et partit à toute vitesse s’étaler dans la tronche des concernés. Ils furent projetés dans les tables et au mur avec une énorme force. Falka pouvait se transformer en tout et n’importe quoi. Il ne lui était absolument pas difficile de se faire pousser temporairement une énorme queue semblable à celle d’un dragon en termes de gabarit et de puissance pour mettre une énorme trempe à quiconque en avait besoin. Le sang de Sora ne fit qu’un tour, et elle ne laissa pas le temps aux trois salopards de tenter quoi que ce soit, ni même de reprendre leurs esprits.

Elle s’élança d’un bond de la table qui se trouvait la plus proche d’elle et plongea sur celui qui semblait le plus groggy des trois. En une seconde, elle lui transperça le crâne et en deux autres elle retira sa lame de celui-ci pour s’attaquer au deuxième. Il était déjà moins sonné que l’autre mais pas assez pour éviter un coup de pied en plein visage. Ce qui le remit dans un état bien plus proche de l’inconscience. Sora en profita donc pour lui administrer le même sort qu’à son collègue. Elle s’approcha ainsi du dit chef du petit groupe – qui n’était désormais plus – et qui avait eu un peu plus de temps pour reprendre ses esprits. Elle ne lui accorda cependant aucun répit. Elle lui mit plusieurs coups de pied en pleine figure et des coups de poings pour le sonner. Pas assez pour le faire s’évanouir, mais suffisamment pour qu’il se tienne tranquille et ressente une certaine souffrance. Sora entreprit ensuite de lui planter son épée dans l’épaule. Elle l’y laissa, l’ayant placée à un endroit où il ne mourrait pas, mais qui était affreusement douloureux. Elle empoigna ensuite de sa main son visage, le collant au mur en utilisant son pouvoir qui lui permettait d’accroitre à sa force, et plaça l’un de ses pieds sur sa main dont l’épaule n’était pas transpercée d’une épée, et l’autre sur une partie surement très sensible pour un homme. Et qui devait beaucoup compter pour un imbécile de première aussi macho que celui-là.

« Bonjour mon tout beau, je suis ton pire cauchemar. Je voudrais te dire de bien graver mon visage dans ta mémoire, mais je crains que de un, ton souvenir ne te serve pas longtemps, et que de deux, ton cervelet de porc abruti soit trop petit pour conserver ne serait-ce qu’une si petite information. »

Elle décolla sa tête du mur pour mieux l’y frapper avec force.

« Ouvre grand tes écoutilles petite fiotte, avant que je ne les découpe. Je n’ai pas le temps de m’occuper de ton cas particulièrement bien que l’envie ne me manque pas. Alors je vais me contenter de faire de toi un légume, même si j’aurais franchement aimé t’ôter en premier la chose sûrement minuscule qui te fait visiblement penser comme une sombre merde que tu es supérieur au monde entier. Souviens-toi de ce jour comme de celui où une femme t’a montré sa domination, t’a écrasé comme un vulgaire et insignifiant insecte et a fait de ce dit jour, le dernier de ta misérable et pitoyable existence. »

Sur ces mots, avec un visage glacial et impassible, elle mit trois derniers coups de pieds dans le visage de l’homme et lui coupa les deux bras et les deux jambes. L’homme – tronc – tomba, raide mort, dans son propre sang. Falka s’approcha doucement de Sora, en gardant un œil derrière elle sur les deux individus qui n’avaient pas vraiment bougé depuis tout à l’heure. Elle posa une main chaleureuse sur son épaule.

« Tout va bien Sora ? »

« Je ne vois pas comment ça pourrait aller mieux. » répondit-elle d’une voix glaciale avec un sourire presque satisfait à faire peur, en essuyant négligemment la lame de son épée sur l’un des vêtements de sa dernière victime.

« Alors on va peut-être pouvoir reprendre le cours des choses là où nous l’avons laissé. »

La blonde acquiesça, reprenant son souffle et retrouvant son calme – qu’elle avait perdu à cause de sa colère froide et l’adrénaline du combat, même si pour le coup, il n’y avait pas vraiment eu de lutte – et se tourna vers son fameux client et la jeune femme aux cheveux noirs.

« Maintenant que je me suis occupée de laver un peu plus le monde de l’existence d’imbéciles notoires, je voudrais en savoir plus sur vos propos de tout à l’heure. »

Elle ne rangea pas pour autant sa lame, signifiant qu’elle attendait des explications et qu’elle n’avait pas peur de recommencer ce qu’elle venait de faire. Mais elle la tenait en position basse, signe qu’elle était prête à discuter.

« Cela vaut pour vous aussi, » lança-t-elle en désignant le rouquin. « Un violeur ? Je vais jusqu’au bout des boulots qu’on me donne mais j’ai des principes qui peuvent entraver la bonne fin du contrat. Ce genre d’actes innommables est dans la liste des potentiels obstacles. Alors ? Je vous écoute. »

1106 mots.



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Jeu 16 Fév - 13:42
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Edsere - Consciem - III
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Les yeux écarquillés, Solyane n'avait pu détourner son attention du déchaînement de violence de la démone aux cheveux blonds. Mais elle n'était plus que partiellement consciente de l'endroit où elle se trouvait et des raisons qui faisaient qu'elle s'y trouvait. Comme superposées aux images de ce massacre, elle revoyait celui qui avait coûté la vie à sa famille. Plus d'une décennie avait passée et elle était encore très jeune à l'époque, si bien que ses souvenirs restaient flous. Comme un vieux cauchemar que l'esprit ne peut jamais complètement oublier mais dont les détails s'estompent un peu.

Sa haine se réveilla, la faisant aussitôt revenir au présent. Chassant les réminescences du passé, Solyane reporta son attention pleine et entière sur ce qui se passait sous ses yeux. La menace immédiate des hommes armés était finalement neutralisée. D'un bref coup d’œil, Solyane remarqua que Locke et Alicia étaient indemnes. Choqués, mais indemnes. C'était toujours ça de pris. Elle espérait maintenant qu'ils allaient avoir la présence d'esprit de se faire discrets.

Maintenant que la tempête était passée – de même que le chaos de ses pensées – elle se releva, dague toujours en mains. Elle s'apprêtait à répondre à la démone, les yeux toujours brûlants d'une rage sourde de devoir discuter avec une créature de son espèce. Seulement elle fut interrompu par la voix tremblante mais indignée du jeune noble.

- Combien de fois devrais-je le dire ?! Je n'ai rien fait ! Ce sont des accusations mensongères !

Comme si ces mots lui avaient redonné le mordant propre à sa caste, il se releva à son tour et pointa un doigt péremptoire vers Solyane.

- Cette fille est une menteuse ! Elle n'a aucune preuve à apporter !

Solyane leva son bras armé en direction de la gorge du noble dont la morgue dégonfla un peu. Elle comprenait mal ce qu'un démon pouvait bien voir de mal à un viol, après tout ils ne vivaient que pour le mal.

- Je n'ai pas pour habitude de mentir sur ce genre de choses ! Il y a un peu plus d'une heure de ça je t'ai vu t'enfuir avec l'air coupable de ceux qui viennent de causer du tord à quelqu'un ! Étrangement, cette fuite suivait un cri et un appel à l'aide poussés par une voix féminine. Lorsque je suis arrivée jusqu'à celle qui avait appelé à l'aide, je l'ai trouvé échevelée et à moitié déshabillée. Elle t'a clairement désigné comme son violeur !

D'abord tremblante de colère, la voix de Solyane était devenue aussi dure et tranchante que la lame aiguisée qu'elle tenait en main. Aussi impitoyable que le couperet de la justice qu'elle comptait faire tomber sur ce noble.

- Je n'ai rien fait à cette fille ! Je fuyais parce qu'on a essayé de me tuer !

Il désigna les hommes armés, dont les cadavres offraient une preuve sinistre de ce qu'avait avancé Locke plus tôt : « Cette femme pue le danger ».

- Vous voyez ? On en veut à ma peau ! C'est pour ça que j'ai engagé cette mercenaire pour me protéger ! (il désigna la démone). Et elle n'hésitera pas à vous faire connaître le même sort que ces ordures si vous continuer à me menacer !

Un rictus amusé tordit les lèvres de Solyane.

- Moi j'ai l'impression qu'elle n'avait pas l'air très motivée à protéger quelqu'un qui bafoue jusqu'à ce qu'il y a de plus sacré chez la femme !
- Puisque je vous dis que ce n'est pas moi !

Le garde du corps – qui n'avait encore rien fait pour s'illustrer dans cette situation – s'approcha de son employeur.

- Je confirme ce qu'il dit ! Le fils de mon patron ne toucherait jamais à une femme !

A ces mots, le jeune noble se raidit soudain et une rougeur étrange colora ses oreilles avant de s'étendre sur ses joues. Il avait l'air particulièrement mal à l'aise. Comme si son garde du corps avait livré son plus grand secret. Que fallait-il donc comprendre par là ? Solyane n'en savait rien.

- Alors vous prétendez que cette jeune femme a menti ? Elle s'est violée toute seule peut-être ?

Le jeune noble grommela quelque chose et le garde du corps haussa les épaules d'un geste nonchalant.

- Si ce n'est elle, c'est vous ! Et nous sommes deux contre...

Du raffut dans la rue l'interrompit. Comme s'il craignait de voir surgir de nouveaux hommes armés, le garde du corps se précipita vers l'entrée du Chat Boîteux. Il jura et se rua ensuite vers le noble, bousculant Solyane au passage.

- Un de leur camarade s'est enfui. Il a dû aller chercher des renforts, qui que soient ces hommes ! On ne peut pas rester là !

Il agrippa le poignet du noble et le tira derrière lui. Il jeta un coup d’œil vers la belle blonde.

- Vous venez ?

Solyane avait maintenant le choix : refuser de laisser s'enfuir un violeur sans avoir pu faire justice, soit accepter ce qui lui avait été avancé et présumer qu'il n'était pour rien dans le viol qu'elle avait vu. Dans le premier cas, elle devait les suivre (elle ne se sentait pas de lancer sa dague dans le dos du noble. Ce n'était pas un art qu'elle maîtrisait suffisamment), dans le deuxième cas, soit elle les suivait soit elle menait son enquête pour en savoir plus.

Un coup d’œil à la démone et elle prit sa décision : elle emboîta le pas au noble et à son garde. Car en les suivant, elle pourrait peut-être trouver le moyen de se débarrasser dans le même temps d'un démon !



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Ven 17 Fév - 14:41
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Ashryn - Sylvar - IV
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Sora comprenait de moins en moins le pétrin dans lequel elle s'était fourrée. Il fallait qu'elle fasse le point. Malheureusement pour elle, le temps ne jouait pas en sa faveur. Tout pressait, et dès qu'elle eut fini de s'occuper de ceux qui l'avaient rabaissé sur son statut de femme, il était déjà temps de foutre le camp. Le garde du corps du noble, qui avait son poignet entre les doigts, lui avait indiqué de les suivre. Enfin non, il lui avait posé la question. Mais vu qu'elle était engagée, ce n'en était pas vraiment une, c'était plus un ordre implicite. Qu'elle n'avait d'ailleurs aucune envie de suivre. Mais il fallait qu'elle tire tout ça au clair. Elle se rua donc vers la sortie après un coup d'œil entendu avec Falka. Croyant être la dernière, elle regarda derrière elle et s'arrêta, en apercevant les deux personnes qui accompagnaient la femme aux cheveux noirs. Ils la regardaient avec de grands yeux et ne semblaient pas décidés à bouger. Cela ne faisait que confirmer ce que Sora avait pensé en les voyant pour la première fois. Ils n'étaient pas aussi téméraires et dangereux que celle qu'ils accompagnaient. Elle ne les encouragea pas à suivre et sortit rapidement.

Pour le moment, la rue était calme, mais cela ne durerait pas indéfiniment. Il fallait partir d'ici. Et rapidement. La blonde tourna vivement la tête à la recherche d'un échappatoire. Elle le trouva rapidement, quelques mètres plus loin. C'était une diligence avec deux chevaux. Elle mit deux doigts dans sa bouche pour siffler de manière à se faire entendre et fit signe à tout le petit groupe de la suivre. Falka, plus rapide que tous, grimpa sur le toit de la diligence et prépara les chevaux à partir. Le noble et son garde du corps montèrent à l'intérieur. Il ne restait plus que la jeune femme aux cheveux noirs. Sora grimpa à côté de sa compagne, prenant les rênes, et fit signe à la jeune femme :

« Montez sur le toit ! Je doute que vous souhaitiez partager la cabine du potentiel violeur et d'ici, on voit mieux ce qui se passe. »

Elle attendit qu'elle le fasse, puis ordonna aux chevaux de démarrer. Il fallait qu'ils partent vite, mais sans se faire remarquer. Elle décida de faire passer la carriole par de petites ruelles, assez larges pour faire passer le convoi mais pas trop fréquentées. Elle prit donc à gauche, sortant de l'avenue principale. Là, elle intima aux montures d'un coup de rênes d'accélérer la cadence. Les deux animaux semblaient rapides, ils ne poseraient donc aucun problème. Mais tout cela semblait trop beau pour être vrai.

« Sora ! Devant ! » lança soudainement Falka, l'air presque effrayée.

Et en effet, à une centaine de mètres devant elles, se dressait une haie d'hommes. In extremis, la blonde ordonna aux chevaux de tourner. La diligence manqua de se mettre à rouler sur deux roues uniquement tant le virage fut sec, mais elle parvint à tenir. L'effort fut cependant vain, car après deux ou trois autres virages du même genre, les rangées d'hommes leur barrant les routes se trouvaient à toutes les issues.

« Bien ! » finit par dire Sora d'un ton ferme en stoppant le convoi. « Si c'est ce qu'ils veulent, ils vont l'avoir. De toutes façons, je suppose que nous n'avons pas le choix. »

D'un geste presque trop cérémonieux, elle sortit son épée de son fourreau et se mit debout sur le toit de la diligence. Elle tapa du talon deux fois.

« Restez tranquilles, et vous le garde du corps, faites votre boulot. On s'occupe du reste. »

La blonde lança un regard entendu à Falka, qui coinça les rênes et descendit, prête à en découdre face aux hommes qui arrivaient du quatre coin du carrefour dans lequel ils se trouvaient. C'était un allié de taille. Néanmoins, il semblait y en avoir pas loin d'une quinzaine - et le nombre, même pour un troupeau d'imbéciles, est dangereux - et plus elle aurait de compagnons, mieux ce serait. Elle reposa donc son attention sur la jeune femme aux cheveux noirs.

« Puis-je quérir votre aide ? Je pense qu'il dépend là de votre survie. Peut-être que vous ne souhaitez que ma mort et celle de mon client, le soi-disant violeur, mais dans l'immédiat, je pense que c'est juste une question de sauver sa peau. Je ne vous demande pas de m'apprécier, je sais que c'est quelque chose de difficile à faire. Mais plus on est, mieux c'est. »

Sur ces mots, elle bondit du toit de la diligence pour parvenir sur le sol aux côtés de Falka.

« Tu vas remonter sur le toit et t'en faire le maximum avec ton arc. Et s'ils se rapprochent trop, tu- »

« Hey maman, je sais me battre tu sais. T'en fais pas trop pour moi. »

Elle poussa un profond soupir. Capable de faire de l'humour, même dans les pires situations. Mais le temps des rires était écoulé, il fallait maintenant se concentrer. Sora prit une grande inspiration, face à la première des branches du carrefour. La rue n'était pas large. Il fallait juste espérer qu'elle ne se trouve pas en face d'une assemblée de mages ayant une affinité avec le feu...

Elle fit quelques mouvements des bras et des poignets avec l'épée en main, et un mur de glace surgit du sol. Il allait retenir provisoirement les hommes qui venait de là, car elle se doutait bien que ce n'était que temporaire, et qu'ils allaient finir par se faire la courte échelle ou faire le tour du pâté de maisons. Elle se précipita donc vers sa droite, où se trouvait la deuxième branche du carrefour. Elle faillit se faire surprendre, car de ce côté-là, les hommes étaient déjà au niveau de la diligence. Peu nombreux, elle pouvait s'en occuper à l'épée, ses adversaires n'ayant visiblement pas eu un enseignement et un entraînement aussi rigoureux que le sien. Mais la fatigue et le nombre l'emporterait à un moment ou un autre, si Falka ne faisait pas plus vite, ou si l'inconnue aux cheveux noirs ne lui venait pas en aide.

1023 mots.


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Dim 5 Mar - 21:28
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Edsere - Consciem - III
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Solyane avait suivit le mouvement pour plusieurs raisons :
D'une, elle avait beaucoup de mal à croire ce que le noble lui avait dit. A savoir qu'il n'avait pas violé la malheureuse qu'elle avait trouvé en larme dans la ruelle. Or, elle n'avait toujours pas l'intention de laisser qui que ce soit d'autre qu'elle régler cette question.
De deux, maintenant qu'elle avait une démone sous les bras, elle tenait une toute petite chance de venger sa famille (qu'importait si elle ne faisait pas partie du massacre, elle paierait pour les autres.)
Et, de trois, elle avait été emportée par le tumulte de l'action et avait cessé de réfléchir. Plus ou moins, en tous cas.

C'est comme ça qu'elle s'était retrouvée sur le toit de la diligence avec sa proie, son chien de garde et deux démones. En somme, quatre individus qu'elle n'aurait normalement pas dû fréquenter. Et pourtant... Avec une certaine culpabilité, elle songea à Locke et Alicia qu'elle avait abandonnée derrière elle sans la moindre explication. Elle aurait de sacrés explications à leur donner lorsqu'elle reviendrait. Si elle revenait. Cette idée la glaça. Avec deux démones, des hommes armés et un noble qu'elle avait plus qu'ouvertement menacée, comment espérer s'en tirer ? Elle maudit alors son sens de la justice si poussé. Si elle avait simplement accepter que cette pauvre fille se contente d'un peu de réconfort et que son violeur soit libre comme l'air, elle n'en serait certainement pas ici aujourd'hui. Malgré ça, maintenant qu'elle y était, difficile de faire autrement. Et puis il n'était pas non plus totalement exclus qu'on ait effectivement cherché à piéger le jeune noble. Si la pauvre fille faisait partie du complot, Solyane ne pouvait décemment pas tuer ni même émasculer le garçon

Solyane revint au moment présent. Il fallait qu'elle se concentre un peu, sinon elle finirait en rondelles avant même d'avoir pu ne serait-ce que commencer à comprendre le fond de vérité de toute cette foutue histoire !
Sortant sa dague de sa botte, elle bondit au sol. Elle était perturbée par la demande extrêmement courtoise de la démone. Depuis quand les démons s'enquéraient de savoir si un être humain pouvait les aider ? Décidément, plus elle en découvrait, moins les choses avaient de sens. Un violeur finalement peut être pas violeur, une démone courtoise... ? Dans tout ce bazar, au moins avait-elle pris le temps de noter le nom de la blonde « Sora ». En tous cas c'était comme ça que l'avait allée l'autre démone. Et visiblement, cette autre-là était la fille de la redoutable « Sora ». Un étrange duo, mais pourquoi pas après tout ? Il s'agissait de démons.

Ne perdant plus de temps à essayer de comprendre ceux qu'elle suivait sans vraiment l'avoir choisi, elle fila vers les hommes les plus proches. Oh, elle n'avait pas vraiment l'intention de se battre. Pas au sens traditionnel du terme, en tous cas. Solyane n'avait ni assez de force ni assez de connaissance pour ça. En revanche, elle connaissait la ruse – ou la rouerie, selon le point de vue. Au moment où l'un des hommes se jetait sur elle, levant haut son épée, elle se jeta au sol, roulant entre les jambes larges et arqués de l'homme et planta un vigoureux coup de dague dans l'aîne. Elle arracha son arme qui avait été à peine freinée par le pantalon du balourd. S'il y avait bien une partie de leur corps qu'ils ne pensaient jamais à caparaçonner c'était bien celle-là ! Son ennemi poussa un hurlement bestial et déchirant avant de s'écrouler en gémissant. Solyane, elle, était déjà plus loin. Elle profita de la confusion pour se dissimuler derrière une caisse. Tant pour reprendre son souffle que pour sortir une longue et fine corde à laquelle elle fit une boucle lâche à une extrémité et dont elle attacha solidement l'autre autour de la garde de sa dague. Une petite astuce apprise auprès de Locke. Restait maintenant le plus délicat : toucher.

Solyane se releva de sa cachette et arma son bras, testant l'équilibre de sa dague dans sa main. Puis elle chercha une cible. Elle découvrit alors un grand type qui ne portait qu'une chemise. Elle se demanda pourquoi il ne s'était pas mieux protégé alors qu'il venait attaquer un groupe qui avait déjà fait ses preuves un peu plus tôt. Mais elle ne chercha pas à comprendre. Au vu de l'épée qu'il tenait et de son air féroce, il était là pour la même raison que les autres. Elle leva son bras, vérifia qu'aucun type ne la regardait et lança sa dague. La corde empêchait un lancer trop long mais la cible était suffisamment à portée. La jeune femme n'était pas puissante et son lancer s'en ressentait. Seulement elle avait pris le temps de bien viser et sa lame se ficha donc entre les omoplate de l'homme. Celui-ci rugit en se cambrant vers l'arrière. Solyane – qui avait passé son poignet dans la boucle qu'elle avait nouée – tira de toutes ses forces sur la corde. La dague résista un moment mais elle finit par ressortir, accompagnée d'une gerbe vermillon, et vola jusqu'à Solyane qui continuait de tirer sur la corde. Seulement cette astuce avait un prix : les autres hommes armés la repérèrent. Et puisqu'elle venait de gravement blesser deux des leurs, ils jugèrent plus prudent de s'y mettre à deux pour s'en prendre à elle. Solyane était dans une situation problématique.

Mais, étrangement, l'adrénaline et la peur s'unirent et eurent sur elle un extraordinaire effet boostant. Elle sauta à la gorge de l'un d'entre eux – sans vraiment réfléchir à ce qu'elle faisait. Pris au dépourvu, l'homme ne leva son arme que trop tard. Solyane était déjà accrochée à ses épaules et lui creva un œil de sa dague. Son cerveau enregistra vaguement cette information qu'il rangea dans la case « A méditer plus tard » avant de repasser à l'action. Elle récupéra sa lame (son esprit prosaïque lui rappelait là qu'elle n'en avait pas d'autre) et se laissa tomber au sol au moment où un autre voulut donner un grand coup d'épée dans une diagonale partant du haut vers le bas. Au lieu de Solyane, sa lame atteignit son camarade. A se demander s'ils avaient ne serait-ce qu'une étincelle d'intelligence mobilisée vers la situation actuelle !
Agissant par instinct, Solyane crapahuta derrière l'homme avant que celui-ci ne dégage son épée et le frappa de sa dague dans le flanc. Oh, bien sûr, elle ne tuait pas directement ses ennemis. Elle n'en avait pas la force et n'était guère armée pour ça. Mais chaque blessé serait un homme de moins à les poursuivre. Tout au moins, ce serait ce qu'elle se dirait lorsqu'elle aurait cessé de penser dans l'instant présent. Une part de son esprit enregistra que celui qu'elle avait frappé à l'aine avait cessé de hurler et baignait dans une marre de sang. Finalement, peut-être bien qu'elle allait avoir des morts sur la conscience, aujourd'hui.

Solyane s'éloigna des trois hommes. La dague qu'elle tenait en main était rouge du sang qu'elle avait fait coulé. L'adrénaline la poussait encore suffisamment pour qu'elle ne s'attarde pas trop sur les actes qu'elle venait de commettre. La peur ne l'avait pas lâchée non plus et l'aiguillait vers le reste du combat. Restait encore à savoir combien de temps encore son esprit et son corps arriveraient à tenir le coup !

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Lun 6 Mar - 16:48
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Ashryn - Sylvar - IV
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Sora tenait bon mais elle commençait autant à se lasser qu’à se fatiguer. Il semblait en arriver sans cesse. Elle coupait largement la gorge de l’un, perçait le bide de l’autre, assomait du manche de son épée un troisième, mais cela ne semblait pas suffisant. Elle était douée, ce n’était plus à prouver. Mais face au nombre, elle ne valait pas grand-chose à long-terme. Falka le comprit visiblement puisqu’elle sauta du haut du toit de la calèche pour retomber sur le pavé et mettre une énorme trempe avec son arc à un homme armé qui allait s’attaquer à Sora par derrière, alors qu’elle était déjà occupée avec trois personnes devant elle.

« Le nombre commence à nous dépasser. La seule solution, c’est la fuite Sora ! Je sais que tu n’aimes pas ça mais je ne vois pas d’autres possibilités. »

La blonde laissa planer un court silence, juste le temps de réfléchir et de transpercer le thorax de deux hommes.

« Bon, attrape les rênes alors, juste le temps de ramener la furie aux cheveux noirs, et je nous trace un chemin. »

Falka acquiesça d’un simple signe de tête, et après avoir balayé du manche de son arc pas mal d’hommes, elle grimpa de nouveau sur le chariot. Sora, de son côté, chercha à se frayer un chemin à l’aide de son épée jusqu’à la jeune femme qui se battait comme une diablesse de son côté. La blonde l’avait observé un moment du coin de l’œil. Elle avait un style de combat fourbe. Elle ne serait pas étonnée si elle lui avouait avoir déjà commis quelques assassinats. Elle en maîtrisait l’art en tout cas. Mais elle n’avait pas le temps de s’émerveiller devant les courbes de sa dague et ses techniques. Elle se fraya un chemin ensanglanté entre les hommes qui tombaient comme des mouches après le passage de son épée, et attrapa le poignet de la jeune femme dès qu’il fut à portée.

« Désolée princesse, vous vous débrouillez remarquablement bien, mais il semblerait qu’on se soit un peu emportées ! Il y en a trop pour nous toutes seules ! Allez, venez ! »

Elle ne lui demandait pas vraiment son avis à vrai dire. Elle rua dans les brancards jusqu’à la carriole, la poussa à grimper dessus tout en tentant de ne pas se faire submerger par les attaquants. Puis ils s’écartèrent tous soudainement. Oh, ils n’avaient pas décidés de reculer. C’était Sora qui les y avait forcé. Elle avança en se frayant encore un chemin avec son épée, mais allait plus vite. Car elle était désormais seule et rester au milieu d’un tas d’adversaires comme ça, c’était prendre le risque de recevoir un coup dans un angle mort. Elle avança jusque devant l’attelage de chevaux, et là, ses pieds décollèrent légèrement du sol. Elle espérait de par ce petit tour effrayer et inquiéter les ennemis, et ainsi que les dissuader d’attaquer. Mais elle n’allait pas s’arrêter là. Elle se concentra et lança soudainement les paumes en avant. Visuellement, il semblait ne rien s’être passé. Pourtant, les hommes qui se trouvaient sur la trajectoire de ses mains venaient d’être balayés comme des insectes. Elle avait fait usage de l’air afin de le concentrer et de le balancer comme une onde de choc, afin de frayer un chemin. Il ne fallait pas perdre davantage de temps. Elle grimpa rapidement sur un des chevaux qui tiraient le chariot et lui signifia le départ d’un coup de talon. Les deux hennirent, puis partirent au galop. Falka, bien que concentrée à tenir les rênes, avait remarqué la veine marquée sur la tempe de la blonde, ses mains tremblantes et ses yeux fatigués. Elle avait dépensé beaucoup d’énergie, elle le savait. Il fallait se sortir de ce bourbier, et rapidement.

« Où allons-nous Sora ? » cria-t-elle à la jeune femme.

Elle ne fit même pas mine de réfléchir.

« En-dehors de la ville ! Il faut se barrer de ce dédale infernal où ils peuvent nous coincer à tout moment ! »

Falka fit claquer les rênes, intimant aux chevaux de donner le meilleur d’eux-mêmes. Par on ne sait quel miracle, le cortège infernal réussit à sortir de la ville. Mais il ne ralentit pas immédiatement la cadence. L’ombre qui dirigeait cherchait un endroit où ils allaient pouvoir se poser cinq secondes. Elle jeta son dévolu sur un petit bosquet. Ils s’y enfoncèrent et arrêtèrent enfin le convoi.

« Pause ! Temps mort ! » lança Falka à tout le petit groupe en lâchant les rênes et en sautant à terre. « Tout le monde descend ! »

« Nous ne sommes pas assez loin Falka. Il faut encore nous éloigner. Ils vont sûrement lancer des groupes en-dehors de la ville et fouiller les alentours. On ne peut pas rester là. » dit Sora après être descendue du cheval. Elle était encore en train de reprendre son souffle, preuve qu’elle commençait à abuser de ses capacités. Le noble et son garde du corps venaient de les rejoindre, et écoutaient attentivement.

« Pour commencer, nous allons laisser la calèche ici : trop voyant. Il y a deux chevaux, et Falka peut devenir une monture. Je la prends, vous et votre garde du corps, vous en prenez un pour deux et il en reste un pour la demoiselle. Reste à savoir où aller. En lieu sûr évidemment. »

Le rouquin, bien que tremblant, s’immisça dans la conversation :

« Mon père a une demeure pas si loin que ça mais tout de même assez éloignée de la ville. Elle est un peu esseulée. »

Sora hésita cinq secondes avant d’acquiescer. Certes, elle craignait moins que la jeune femme aux cheveux noirs, car elle n’avait encore rien tenté contre lui et avait juste remis en cause son engagement envers sa personne. Mais il leur fallait un endroit sécurisé.

« Pour moi, c’est d’accord. » répondit-elle calmement, alors que son cœur battait à nouveau de manière régulière. « Et toi ? Pas d’objection ? »

Elle s’attendait à se faire envoyer sur les roses comme il se devait, par la téméraire femme aux cheveux noirs. Mais il semblait tout de même bon de lui demander son avis. Après tout, ils étaient désormais tous dans le même merdier.

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Jeu 16 Mar - 19:07
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Edsere - Consciem - III
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Les bras et les jambes en coton, Solyane s'était adossée contre la diligence le temps et prit quelques secondes pour faire le point sur sa situation. Premièrement, elle se retrouvait pour la toute première fois de sa vie hors de l'enceinte protectrice de la ville. Rien que cela aurait dû avoir de quoi l'effrayer. Deuxièmement, elle y était en compagnie d'un homme qu'elle s'était juré de punir et deux êtres qui avaient juré de protéger le dit-homme. Troisièmement, l'un de ces êtres n'étaient autre qu'une démone. Pire encore, une démone qui était accompagnée de sa fille. Ce qui faisait donc, en réalité, deux démones. Et quatrièmement, elle avait tué des hommes. Bon, techniquement ils n'étaient que blessés lorsqu'elle leur avait porté ses coups. Mais il serait stupide d'imaginer qu'ils y survivent.

Solyane se passa les mains sur le visage. Qu'allait-elle faire, maintenant ? Que devait-elle faire ? S'obstiner à vouloir faire payer le jeune noble, alors qu'elle avait perdu le moindre avantage qu'elle aurait pu avoir – si elle avait jamais eu un seul ? Non, ce serait un pur suicide. Elle n'était pas une combattante, pas vraiment, contrairement à la démone et au garde du corps. Elle se ferait laminée en quelques secondes. Et ce sans que la démone ait besoin de faire étalage de toute sa magie !
Retourner en ville semblait également être proscrit. Ces hommes ne la laisseraient pas en paix avec ce qu'elle avait fait à certains d'entre eux ! Quant à vagabonder dans la campagne environnante ? Certainement pas ! Elle n'était pas psychologiquement prête à faire face à ce qui avait été tout son univers les cinq premières années de sa vie.

Il ne restait donc qu'une seule et unique option. La plus déplaisante, mais celle qui pourrait éventuellement lui garantir à la fois de rester en vie (en considérant que le jeune noble accepte de fermer les yeux sur ses menaces) et de pouvoir s'occuper. Elle tourna donc le visage et croisa le regard de la démone. C'était la première fois qu'elle avait l'occasion de vraiment la regarder.

-  Pour le moment je ne vois aucun autre choix que de vous suivre. Déclara-t-elle.

Son ton était encore sec, mais la haine qu'elle avait clairement affichée dans la taverne s'était très légèrement atténuée. Cette démone l'intriguait autant qu'elle la rebutait, même si elle n'avait jamais voulu éprouver d'autre sentiments que la colère, le dégoût ou le désir de vengeance une fois confrontée à cette engeance infâme ! Pour chasser ces pensées troublantes de son esprit, elle se tourna vers le jeune noble.

-  Ecoutez, j'assume ce que j'ai dit à la taverne, mais je sais aussi lorsqu'il est temps de remettre certaines choses en question. Vous prétendez être victime d'un complot... Et il y a en ville une bonne quantité d'hommes prêts à vous faire la peau. Comme je l'ai dit, je ne vois pas quel autre choix j'ai que de vous aider, pour l'instant.

Elle ajouta pour sa conscience que si, une fois la lumière faite sur cette histoire, il s'avérait qu'il avait bel et bien violer la jeune femme de la ruelle, alors ils se reverraient. Mais pour l'instant, il était plus prudent de garder cette réflexion pour elle. Le noble eut une moue qui indiquait clairement qu'il n'avait aucune confiance en elle – ce qui était parfaitement réciproque – et il sembla hésiter entre l'acceptation de sa présence et l'envie d'ordonner qu'elle soit tuée ou abandonnée. Puis son regard tomba sur les mains ensanglantées. Solyane remarqua alors qu'elle tenait toujours sa dague. La vue du sang lui remua les entrailles mais elle lutta. Ce n'était pas le moment de faiblir. Plus tard, pas maintenant.

-  Soit, vous pouvez nous accompagner. Décréta alors le jeune homme.
-  Jeune Maître, intervint le garde du corps, elle vous a menacé ! Elle n'est pas digne de vous escorter et...
-  Suffit ! Le coupa son « jeune maître ». Elle s'est battue pour moi contre ces agresseurs.

Solyane eut alors envie de lui répondre que ce n'était pas pour lui qu'elle s'était battue. Quoi qu'en y réfléchissant... si, d'une certaine manière. Décidément, elle avait fait beaucoup de choses qui étaient totalement hors de ses habitudes depuis un moment !

-  Par conséquent, je décrète que nous irons tous dans la résidence secondaire de mon père ! L'air de la mer m'a toujours fait le plus grand bien !

La jeune femme haussa un sourcil. La mer ? Voilà quelque chose qu'elle n'avait jamais vu de sa vie et qu'elle était curieuse de connaître. Le garde du corps s'inclina mais au regard qu'il jeta sur elle, Solyane comprit qu'il ne relâcherait pas sa vigilance.

*
* *

« Résidence secondaire ». Sur le chemin le jeune noble – Albéric de La Lande, fils du Nobile Anker de La Lande – leur avait décrit cette résidence comme « confortable mais pas trop tapageuse ». Maintenant que Solyane se retrouvait face à la bâtisse, elle se demanda alors ce qu'Albéric pouvait considérer comme « tapageur ». La résidence se rapprochait plus d'un manoir que d'une simple maison !
L'entrée se trouvait dans une partie légèrement en renfoncement entre un bâtiment cubique et une tourelle au toit pointu. Derrière la tourelle se trouvait une seconde aile, de forme carrée aussi. Les murs étaient en pierres apparentes et les toits d'ardoises anthracites. De hautes et étroites fenêtres aux volets blancs perçaient les façade. Le bois de la double porte d'entrée avait été peint dans un bleu clair.
La résidence était entourée d'un immense jardin aux buissons impeccablement taillés et entretenus. Des myriades de fleurs marquaient toute cette verdures de leurs couleurs éclatantes. En guise de délimitation de ce terrain impressionnant autant que de protection face à l'extérieur, un haut mur de pierre, d'une couleur similaire à celle du manoir, entourait la propriété. Ils avaient du franchir une lourde porte de bois, manœuvrée par les gardes du mur, pour pénétrer sur les terre du Nobile. Ils avaient salué le fils de leur employeur avec un respect sincère.

A l'intérieur du bâtiment Solyane renonça à détailler ce qui l'entourait. Il y avait tout simplement bien trop de merveilles à contempler. Elle qui avait passé sa vie dans une ferme, puis dans un bordel et enfin dans la rue, un tel luxe était toute à la fois ébahissant qu'étouffant. Un homme de haute stature et impeccablement habillé se présenta à eux.

-  Jeune Maître, je suis enchanté de vous voir. Mais nous n'avions pas été prévenu de votre visite. Je crains que rien ne soit prêt pour...
-  Peu importe, Léon. Je suis là sur un coup de tête. Cet homme et ces femmes sont mes invités.

Le garde du corps – dont Solyane avait fini par apprendre qu'il se nommait Maxence – jeta un regard mauvais à la jeune femme. Visiblement le terme « invitée » la concernant lui restait en travers de la gorge.

-  Vous veillerez à ce qu'ils ne manquent de rien et à ce que personne n'entre ou sorte de la propriété sans mon accord préalable !

Si une telle demande avait de quoi surprendre celui qui devait être le majordome des lieux, il n'en laissa rien paraître. Et c'est ainsi qu'en quelque minutes, chacun fut convié à suivre une servante ou un servite jusqu'à la chambre qui serait la leur jusqu'à la fin de leur séjour ici. Profondément perturbée de se voir traiter avec un tel respect, Solyane se retrouva au milieu d'une pièce immense où trônait le plus grand lit qu'elle n'ait jamais vu de sa vie. L'adolescente qui l'avait guidée jusqu'ici dut comprendre que « l'invitée » dont elle avait la charge n'avait pas la plus petite idée de ce qu'elle devait faire maintenant.

-  Cette porte vous mènera à la salle de bain attenante à la chambre. Vous y trouverez une grande bassine en cuivre. Si vous désirez prendre un bain, vous n'avez qu'à me le signalez et je veillerai à ce que vous soient apportés l'eau, le savon et tout le nécéssaire à l'entretien de votre peau et de vos cheveux. Je pense même pouvoir trouver des produits de cosmétique et une robe à votre taille d'ici ce soir.
-  Une... Une robe ? Bredouilla Solyane qui n'avait retenu qu'un mot sur trois du discours.
-  Pour le dîner, Mademoiselle ! Il serait plus séant de vous y présenter dans une tenue plus... formelle. Bien sûr, vos vêtements vous seront restitués sitôt qu'ils auront été lavés et séchés.

Solyane baissa sur les vêtements qu'elle portait. Et soudain elle trouva un intérêt tout particulier pour ce bain que lui avait proposé la jeune fille.


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Jeu 16 Mar - 20:54
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Ashryn - Sylvar - IV
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Elle semblait pensive. De temps à autre, elle changeait de côté. Parfois, elle demeurait sur le flanc, un bras en dehors de la baignoire, puis pendant un autre moment, elle était sur le ventre, les coudes sur le bord du bassin. Elle finissait toujours sur le dos, la tête levée vers le plafond. Ça devait bien faire – au moins – une bonne heure – si ce n'est plus – qu'elle pataugeait dans l'eau. N'en déplaise à sa compagne sombre, qui avait fini par débouler dans la salle de bains. Elles se connaissaient trop pour éprouver ne serait-ce qu'un semblant de gêne. Autant Falka dans le rôle de la voyeuse que Sora dans celle de l'épiée. Cela n'affectait aucunement l'une ou l'autre. Le spectre soupira et s'adossa au mur. La blonde n'avait même pas tourné son regard vers elle lorsqu'elle était entrée : elle continuait à fixer le plafond. « Tu es en train d'y prendre goût, c'est ça ? Tu commences à affectionner les rideaux de satin, les petites dorures sur chaque morceau de tissu ou coin de meuble ? Les longues tirades avec des mots de bien trop de syllabes finies par un titre de noblesse piteux ? Permets-moi d'en douter. »

La jeune femme ne répondit pas immédiatement. Elle demeurait bloquée sur les dessins du plafond. Elle les regardait fixement sans vraiment les regarder pour ainsi dire. Finalement, elle finit par réagir. Et avant de formuler sa phrase, son visage, bien que muni d'un sourire, afficha une mine aussi mélancolique que désespérément songeuse. « Pour finir dans une telle baraque avec autant de serviteurs, il n'y a pas vingt mille solutions. Il faudrait abandonner mon mode de vie, dans tous les cas de figures. » Son regard retomba mollement sur la surface de l'eau du bain. « Tu me vois moi, dans une grande maison, vautrée dans mon luxe avec mon mari bedonnant et richissime, et mon tas d'héritiers tous plus coincés que les autres avec un langage dégoulinant d'hypocrisie ? Adorables devant moi et prêts dans mon dos à employer n'importe quel assassin pour me tuer ? » Falka haussa les épaules. « La question n'est pas tant est-ce que c'est possible. Mais est-ce que cela te plairait. Est-ce que cela pourrait potentiellement être un objectif de ta vie. »

La jeune femme leva doucement sa main, et se mit à effleurer pensivement du bout des doigts l'eau, créant d'infimes ondes. « Ça ne me ressemblerait pas. » « Ça n'est pas la réponse que j'attendais. » La blonde ne répondit pas. « De plus, je trouve ton image un peu trop catégorique. Pourquoi ton mari serait forcément bedonnant ? Qui a dit que les enfants étaient obligatoires ? Même si les chiens font pas des chats, tu es beaucoup trop redoutable pour qu'ils parviennent à engager un homme assez compétent pour te porter le coup fatal. Qui sait même s'ils auront envie de te tuer. » « Parce que si je te disais que j'ai déjà eu un enfant, tu me croirais ? » Falka manqua de s'étouffer, et il était sûr que si à ce moment précis, elle avait été en train d'avaler une gorgée de quelque chose, elle l'aurait recraché immédiatement.

« Ce ton était horriblement trop sérieux pour être drôle. Tu te fous de moi ? » « Oui. » mentit Sora. « Maintenant retrouve ton souffle, et après, passe moi une serviette. » « Désolée votre majesté, mais il n'y a pas vos initiales en lettres d'or cousues dessus. Je veillerais à ce que cela soit réparé au plus vite. Ne me fouettez pas humble maîtresse, je vous en conjure ! » Falka adressa un grand sourire à la blonde en lui tendant la serviette, tandis que celle-ci lui lançait un regard sévère mais rieur. Signe que la blague avait quand même atteint sa cible. « Tais-toi idiote. » lança-t-elle en attrapant la serviette et en se mettant debout dans la baignoire.

L'ombre se surprit à scruter le corps de Sora. Si ce n'était pas autant une tête de mule doublé d'un bourrin obstiné et d'une honnêteté bien trop prononcée pour être appréciable, la blonde aurait pu faire chavirer bien des cœurs. Elle n'était pas de ses femmes pulpeuses qui peuplent les cabarets, elle avait une poitrine et des fesses tout à fait raisonnables. À la limite entre le mignon qui tend vers le plus petit, et le sexy, vers le plus gros. Mais comme tous les goûts étaient dans la nature, le jugement de Falka était sûrement aussi erroné que personnel. De toutes façons, même si l'un de ces hommes passait outre les façades multiples de Sora, il se heurterait à un obstacle qu'il serait incapable de surmonter : un cœur avec une place déjà prise. Falka fut sortie de ses pensées par un petit sifflement. La blonde venait d'utiliser son contrôle de l'air avec quelques habiles mouvements du poignet afin d'accélérer le séchage de ses cheveux. Elle avait enroulé sa serviette autour de sa taille et venait de passer la porte vers la chambre. Falka lui emboîta le pas.

« Bien, » commença-t-elle en toisant d'un œil attentif les différentes robes que la servante lui avait disposé sur le lit. « Je vais prendre ma dague sur ma cuisse au cas où. Tu veux participer au repas ? » L'ombre écarquilla légèrement les yeux, un peu déstabilisée par la question soudaine qu'on venait de lui adresser. « Pourquoi tu me demandes ça ? » La blonde dégagea tranquillement ses cheveux d'un côté de son cou, ôta sa serviette, et commença à enfiler la robe qui lui semblait la plus jolie et la plus appropriée pour l'occasion. « Et bien, je sais que tu ne manges pas. Et que si la situation dérape, tu peux être un allié dans l'ombre prêt à surgir. Mais je te laisse le choix. Tu fais ce que tu veux après tout. » Falka, qui la connaissait par cœur, voyait bien là le geste de la jeune femme à son égard. C'était bien trop évident pour elle, qui avait été traitée comme tout et n'importe quoi mais certainement pas un être humain depuis des années avant leur rencontre. Elle haussa les épaules en regardant Sora placer soigneusement en haut de sa cuisse la petite sangle avec le fourreau de la dague et la dague elle-même.

« Ils m'ont vu arriver avec toi de toutes façons, y'a plus trop d'effet de surprise. Je préfère venir avec toi. Je sais que toi et ce genre de cérémonies... Il vaut mieux quelqu'un pour te surveiller et te redresser si tu t'égares. Et pour t'aider s'il y a bagarre. » Après avoir soigneusement caché derrière sa longue robe noire fendue la lame, la blonde releva la tête et lui sourit. « Merci Maman ! » Falka ne put réprimer un soupir. « Bon on y va. Et ce soir, je suis évidemment Scylla Fentkräes et rien d'autre. » « Bien comtesse Fentkräes, je tâcherais de me rappeller du sobriquet de madame. » Elle donna une pichenette sur l'épaule à l'ombre, et les deux échangèrent un sourire complice avant de passer la porte. Elles firent à peine quelques pas qu'elles retrouvèrent la servante qu'on leur avait attitré qui les guida jusqu'à la salle à manger. Et quelle salle à manger ! Une de ces tables ridicules qui fait quatorze kilomètres de long alors qu'au maximum dix personnes vont manger dessus. Au fond de la longue salle se trouvait une imposante cheminée, devant laquelle se trouvait le siège du chef de tablée.

« Le maître de maison n'est pas encore prêt, allez-vous réchauffer devant la cheminée, il ne devrait pas tarder. » La blonde acquiesça et s'approcha tranquillement du feu. Elle y allait doucement, comme pour tester sa démarche, et Falka l'avait bien remarqué. Ce n'était pas comme si Sora était mal à l'aise avec les habits somptueux, les manoirs de riches nobles ou les repas mondains avec des manières outre-mesure, non loin de là. Elle avait des connaissances en la matière et savait se tenir. Le problème demeurait son caractère, qui faisait obstruction à toute possibilité de finir une soirée convenablement, le problème de fond étant tout simple : tout cela la faisait profondément chier.

1375 mots.


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Ven 17 Mar - 2:48
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