Ennemis ou ... Amis ? [Avec: Scylla FentKräes]

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Edsere - Consciem - III
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Le moment du bain avait été un véritable délice, quoi que déstabilisant. Solyane n'avait l'habitude de se laver que dans des baquets sommaire pour une toilette rapide et minimaliste. Or, la servante lui avait effectivement apporté une kyrielle de produit. Comme la jeune fille était toute à fait charmante, Solyane avait accepté de bonne grâce de la laisser s'occuper d'elle. Elle lui avait même avoué n'avoir jamais utiliser un quelconque produit pour ses cheveux. Passée la surprise d'apprendre le statut social pauvre de l'invitée de son maître, la jeune servante s'était ensuite montrée extrêmement loquace. Solyane avait notamment appris que la famille de La Lande était très appréciée de ceux qui travaillaient pour et avec eux. Malheureusement leur succès ne leur avait pas apporté que des amis.  La belle brune s'était vite désintéressée des enjeux politiques et économiques qui régissaient l'univers des Nobiles. Tout cela était bien trop éloigné d'elle pour qu'elle daigne y prêter l'oreille.

Après le bain, la servante avait séché Solyane puis lui avait laissé le choix entre deux robes. La première était en deux partie. La sous-robe ivoire qui descendait jusqu'au sol était simple et droite avec les manches près du corps. Par dessus devant la robe principale, d'une couleur bleue pâle. Une fois enfilée comme un manteau elle se rabattait sur le devant en laissant un espace conséquent qui permettait de laisser voir la sous-robe. Les deux pans étaient maintenus ensemble par un ingénieux et élégant laçage au niveau du bustier. Le haut des manche, bouffant, était séparé du reste par d'autres lacets qui laissait ensuite retomber librement les longs pans de tissus qui composaient la manche.
La seconde robe présentée était elle aussi composée d'une sous robe fine et d'une robe principale. Pour autant, elle était totalement différente. La sous-robe de la seconde robe avait les manches évasées dont le bas touchaient le sol. Le corsage était extrêmement moulant et le jupon droit mais suffisamment ample pour ne pas entraver les mouvements des jambes.  La robe principale – de couleur « indigo » selon le terme employé par la servante – avait un décolleté si profond qu'il laissait à nu une large partie de la poitrine et du ventre. Les manches arrivaient à peine jusqu'au coude. La jupe ample et fluide traînait sur le sol. Solyane remarqua que là encore, un laçage permettait aux deux côtés du corsage de rester en place.

-  Laquelle préférez-vous porter, ce soir ? Questionna poliment la servante.

Solyane observait les deux robes, ébahie. Jamais encore elle n'avait porté quelque chose d'aussi luxueux. Elle n'était pas experte mais avait su identifier le satin des sous-robe et le velours de la seconde robe. Jamais encore de sa vie, elle n'avait porté de véritable robe. A peine une tunique assez longue pour pouvoir être considérée comme telle, serrée à la taille par un bout de tissus usé en guise de ceinture.

-  Laquelle me conseillez-vous ? Rétorqua-t-elle alors.
-  Eh bien, la bleue mettrait ferait ressortir à merveille vos cheveux, mais l'indigo mettraient votre teint de porcelaine et vos yeux en valeur !

C'était bien la première fois qu'on disait de Solyane qu'elle avait un teint de « porcelaine ».

-  Dans les deux cas, si vous me laissez en plus m'occuper de votre maquillage, vous serez absolument sublime !

Là, c'était problématique. Solyane avait toujours fait en sorte de cacher son corps et son visage pour éviter d'attirer l'attention des soudards qui ne pensaient qu'à se coller entre ses cuisses. Mais ici, elle ne risquait rien, non ? Les serviteurs devraient sûrement respectés qu'elle avait le statut « d'invitée ». Quant à Albéric... Elle lui réservait un chien de sa chienne s'il osait poser sa main sur elle à un endroit où il n'aurait même pas dû poser les yeux. Pour une fois, ne pouvait-elle se permettre la fantaisie de se montrer féminine et élégante ?

-  Va pour celle-là ! Se décida-t-elle finalement en désignant la robe indigo.  
-  Excellent choix ! Voulez-vous que je m'occupe du maquillage ou préférez-vous le faire vous-même ?
-  Si je devais m'en occupez moi-même, il faudrait que vous repassiez derrière pour éviter que je ne ressemble à un clown. Autant gagner du temps !

Sa remarque fit rire la jeune fille. Quelques minutes plus tard, Solyane se contemplait devant la psyché, face au résultat final. Elle en demeura bouche bée. Habillée, peignée, maquillée, elle était sidérante ! Elle n'avait jamais été vaniteuse mais en cet instant, elle ne pouvait que se trouver belle. Ses yeux était soulignés d'un trait de noir et une poudre orangé ombrait ses paupières. Son visage avait été unifié grâce à une poudre laiteuse, s'harmonisant avec la couleur de sa peau. Et enfin la teinte naturellement foncée de ses lèvres avait été magnifiée par un pigment pour les lèvres d'une teinte à peine plus soutenue. Sur sa peau pâle, le carmin de ses lèvres ressortait merveilleusement. Ses cheveux noirs avaient été coiffés de manière à retomber de manière savamment étudiée sur ses épaules et dans son dos. Elle fit alors pleuvoir un déluge de compliments qui fit rougir la jeune servante.

*
* *


Solyane fut introduite dans la salle à manger où on lui demanda de patienter l'arrivée du « jeune maître ». Impressionnée par la magnificence de la pièce, son regard tomba sur la cheminée. Là se tenait la démone aux longs cheveux blonds. Elle était elle-même vêtue de manière superbe, ce qui mettait en valeurs ses charmes. Décidant d'enterrer temporairement la hâche de guerre et d'en apprendre plus sur cette étrange créature, elle s'approcha d'elle. Les pantoufles à petits talons assortis à la robe qu'on lui avait donné étaient confortables mais elle sentait qu'il ne faudrait pas qu'elle fasse des kilomètres avec sans quoi elles risquaient de lâcher.

-  Je m'appelle Solyane. Solyane Gilsaïane. Se présenta-t-elle d'un ton neutre qui pouvait presque passer pour cordial.

Elle regarda autour d'elle. Elle ne voyait que la démone et elle.

-  Votre fille ne vous accompagne pas ?


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Ven 17 Mar - 13:05
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Ashryn - Sylvar - IV
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Sora avait toujours trouvé le feu attirant. L’élément la subjuguait de par sa puissance et son imprévisibilité. Elle aurait pu rester des heures devant la cheminée, le regard perdu dans les flammes orangées qui dansaient dans tous les sens. Comme hypnotisée, elle ne semblait pas vraiment là. Elle l’était physiquement, mais son âme était à des kilomètres de là. Elle divaguait grâce à ses souvenirs en des lieux qu’elle connaissait par cœur : c’était une jolie clairière au milieu d’une forêt où la terre était noire et infertile. Pourquoi ? Oh, elle le savait bien, mais elle était loin d’en être fière. Alors qu’elle commençait malgré à elle à plonger dans ses pensées obscures, c’est la jeune femme aux cheveux noirs qui la sauva in extremis du flot des souvenirs qui était en train de l’engloutir. Elle releva vers elle ses grandes pupilles bleues. Si elle écouta avec attention son nom et son prénom, prête à répondre du tac au tac avec le sien, elle écarquilla les yeux lorsqu’elle entendit la suite. Et ne put s’empêcher de le répéter à haute voix, ne comprenant pas.

« Ma fille ? »

Elle ne pouvait que parler de Falka, de qui pouvait-elle bien parler d’autre ? Sora n’avait qu’elle à ses côtés. Toutes les autres personnes qu’elles avaient croisé durant leurs péripéties – même si la liste se faisait de plus en plus longue, entre le noble, son père, son garde du corps, les dizaines d’hommes armés, les deux camarades de la jeune femme… – elle ne les connaissait ni d’Eve ni d’Adam.

« Vous parlez de Falka ? Ce n’est pas ma fille, même si le lien qui nous lie est étroit. Elle se fait juste discrète. Tenez, regardez. »

Et comme si elle sortait du mur sombre à peine éclairé par les flambeaux et le lustre, elle apparut devant la dite Solyane sans un mot, les mains croisées derrière le dos.

« Nous recommençons donc de zéro ? » questionna gentiment Sora en haussant un sourcil.

Elle n’attendit pas de réponse, elle se doutait que c’était l’intention de la jeune femme en se présentant à elle après toute l’animosité qu’elle avait démontré à son égard.

« Je m’appelle Scylla Fentkräes. Je vous donnerais bien mon espèce pour vous mettre en confiance vu que vous sembliez assez déroutée face à mes capacités magiques, mais je serais honnête : je ne saurais pas quoi vous répondre. J’ai longtemps cru être humaine, jusqu’à ce que je découvre mon affinité avec la magie. Du coup, je ne saurais vous dire réellement ce que je suis, navrée. »

Elle finit sa tirade sur un sourire un peu triste. Sa phrase n’était pas cet aspect rassurant qu’elle avait imaginé : bah, tant pis. Les présentations étaient faites.

« Mesdames. » les interrompit une servante avec un plateau sur le bras, sur lequel étaient posés une bouteille de vin excessivement décorée et quelques verres – sûrement en cristal vu leur clarté. « Monsieur se prépare, veuillez en attendant accepter une petite collation avec un vin aux fruits rouges des caves personnelles de Monsieur et quelques petits amuse-bouche. »

Sur ces mots, elle donna à Sora et Solyane un verre, et sembla légèrement contrite lorsque Falka refusa poliment celui qu’elle lui tendit. Elle remplit avec soin les deux coupes des jeunes femmes et leur souhaita une bonne dégustation.

« Vous savez quoi ma chère Solyane ? »

Avant même de terminer sa tirade et de lui donner sa réponse, elle fit un léger tour sur elle-même afin d’atteindre la table, et plus précisément, l’assiette en porcelaine sur laquelle étaient disposés des petits canapés. Elle l’attrapa avec souplesse et la proposa gentiment à la jeune femme aux cheveux noirs.

« Je vais vous parler franchement. » Et elle baissa d’un ton en regardant autour d’elle, de peur que qui ce soit d’autre – un majordome ou une servante – soit trop près et susceptible d’entendre. « Si j’ai l’air assez à l’aise dans ce genre d’univers et qu’un peu de luxe ne tue personne de temps à autre, je ne vous cache pas que toutes ces fioritures, ces gravures dorées, ces paroles cérémonieuses et solennelles, ces servantes qui vous suivent partout… Cela me révulse profondément et me donne plutôt envie de vomir. »

Elle espérait de par ses confidences, attirer la sympathie de la jeune femme. Sora était une femme étrange, qui faisait souvent très mauvaise impression. Mais les gens qui s’étaient donnés la peine de creuser un peu avaient découvert que cela en valait la peine.

753 mots.


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Mar 21 Mar - 16:59
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Edsere - Consciem - III
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Solyane se servit un des « amuse-bouche » présentés sur le plateau. Elle avait eu si souvent faim dans sa vie qu'elle était tout simplement incapable de refuser la moindre nourriture qu'elle n'avait ni à voler ni à payer. En ce qui concernait le vin, elle hésitait encore à le boire. Elle connaissait les effets de l'ivresse. Donc, par précaution, elle décida de commencer par manger.

Du coin de l’œil elle observa la dénommée « Falka ». Elle ne l'avait vue que lorsqu'elle s'était avancée. Elle la trouvait étrange, inquiétante. Et pourtant elle n'avait aucune raison de se défier d'elle. Jusqu'à présent elle n'avait pas fait mine de lui vouloir le moindre mal. Bien sûr, Solyane ne lui ferait pas confiance avant d'avoir de solides raisons de le faire. Finalement elle reporta son attention sur la blonde – Scylla de son prénom.

-  « Déroutée » n'est pas le bon mot. Déclara Solyane entre deux bouchée des canapés qu'elle avalait de bon cœur. J'ai été surprise puis... enragée.

Elle marqua une pause, portant enfin le verre de vin à ses lèvres. Une fois l'acidité du breuvage passée, elle le trouva tout à fait plaisant.

-  Je vous ai prise pour une Démone. Et je hais profondément les Démons depuis qu'ils ont massacré ma famille et mes amis avant de réduire la ferme où je suis née et j'ai grandi en cendres.

Elle reposa son verre sur l'un des guéridons, jugeant préférable de le finir tout doucement.

-  Et en ce qui concerne le luxe... J'ai passé ma vie à ne vivre qu'avec de rares piécettes en poche et de vols. Je suis... perdue ! Tout me sembles aussi irréel qu'un rêve. Un rêve particulièrement étrange.

Sans le savoir, Solyane était entré de son plein gré dans le jeu de Scylla et commençait à se détendre.

-  Pour être tout à fait honnête avec vous... Scylla, je dois avouer que je vous verrai mieux à courir la campagne pour vous battre que de participer à la moindre mondanité. Vous maniez l'épée comme personne... Enfin, comme personne que j'ai eu l'occasion de voir. Quant à votre... compagne (elle se tourna vers la silhouette sombre) elle est aussi surprenante que redoutable.

Solyane reprit son verre de vin, en but une gorgée, et poursuivit avec une légère gêne. Ce qu'elle s'apprêtait  à faire, ce n'était pas souvent qu'elle le faisait et cela lui faisait un drôle d'effet. A moins que ce ne soit le vin qui était déjà à l’œuvre. Cela aurait également expliqué pourquoi elle se montrait soudainement si loquace.

-  Scylla, je vous dois des excuses. Si vous n'êtes réellement pas une Démone, je me suis montrée particulièrement dure avec vous.

Dans sa lancée, elle se tourna ensuite vers l'Ombre.

-  A vous aussi Falka. Excusez-moi !

Elle était encore perturbée par l'apparence de cette dernière, si bien que ses excuses furent plus succintes. Néanmoins, elles restèrent aussi sincères qu'elles pouvaient l'être étant donné les circonstances.

Les grandes portes de la salle à manger s'ouvrirent en grand et apparut alors le jeune noble. Vêtus d'un élégant costume composé d'un pantalon fauve et d'une veste couleur ivoire aux broderies dorées. Des cuissardes de cuirs bruns faisaient claquer leurs talonnettes sur les lames du parquet à chaque pas de leur propriétaire. La lavalière nouée à son cou était retenu par une broche ornée d'une topaze miroitante. Ses cheveux roux, impeccablement coiffés vers l'arrière, renvoyaient plusieurs nuances de reflets, du blond à l'auburn. Le majordome qui les avaient accueilli à leur arrivée le suivait, habillée de manière simple et sombre. Comme s'il était l'ombre de ce maître solaire qui entrait dans la pièce en véritable seigneur. Albéric de la Lande s'avança droit vers ses deux invitées.

-  Mesdames, veuillez excusez mon retard mais j'avais à faire. J'espère que mes gens se sont montrés aussi prévenants que je leur ai demandé de l'être.

Solyane, qui n'était décidément pas familière de ces façons d'être, hocha la tête et répondit d'un simple et direct :

-  Oui !

Mais parce qu'elle n'était pas complètement dénuée de courtoisie, elle rajouta tout de même un « merci », histoire de faire bonne mesure. Et elle crut s'en être bien sortie. Mais le majordome toussota derrière son poing ganté.

-  Mes excuses, Dame Gilsaïane, mais il serait impoli de s'adresser à notre jeune maître autrement que par « Messire » ou « Votre Grâce ». D'autant plus lorsqu'il vous fait l'honneur de vous inviter en sa demeure ! Bien évidemment, cela vaut également pour vous, Dame Fentkräes.

Soudain Solyane comprit ce que Scylla avait voulu dire par « ça me donne plutôt envie de vomir ». Cela dit, il était vrai qu'elle était invitée par ce noble alors que rien, absolument rien, ne l'aurait obligé à le faire. De fait, étant donné la façon dont elle s'était comportée envers lui il aurait été bien plus logique qu'il la fasse arrêter.

-  Laissez, laissez ! Fit Albéric avec un geste de la main. Ces dames m'ont protégé et sorti d'un affreux guêpier. Il serait inconvenant de les embêter pour quelques omissions. Je suis d'humeur magnanime, et plus important encore, j'ai grand faim ! Que l'on fasse servir le souper !

Il tendit alors les bras vers Scylla et Solyane d'une façon très étranges. Le majordome remarqua immédiatement l'hésitation de Solyane. Après tout, il s'agissait de son travail de veiller à tout.

-  Il vous faut placer votre bras sur celui de mon Maître, Dame Gilsaïane. La main positionnée au dessus de la sienne !

Maladroitement Solyane se plia à cette étrange lubie. Si jamais elle gagnait un jour suffisamment d'argent pour pouvoir inviter elle-même du monde à manger dans sa demeure, au diable ces manières précieuses et ridicules !

Il les conduisit finalement vers la grande table où il leur proposa de s'asseoir autour de lui. Des servants empressés vinrent tirer leurs chaises pour ensuite les glisser derrière elles. Là encore Solyane choisit de ne faire aucune remarque. Mais elle commençait à trouver ces manières lassantes ! Comme si elle était soudain devenue trop fragile pour faire quoi que ce soit d'elle-même !

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Mar 21 Mar - 22:23
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Ashryn - Sylvar - IV
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Sora était à l'aise avec ce genre de choses, elle en avait appris les rouages, les usages et tout ce qui allait avec, ça ne faisait aucun doute. Mais ça se voyait qu'elle n'aimait pas ça. Elle faisait des efforts surhumains pour bien se tenir. Falka le voyait bien en l'observant attentivement. Dans ses yeux dansaient une petite flamme qui symbolisait un intense désir de tout envoyer valser le plus rapidement possible. Si aucune règle ne l'en empêchait, si dans l'instant elle avait le contrôle sur tout, croyez bien que les assiettes de porcelaine seraient déjà en morceaux sur le sol et que Sora serait en train de se balancer sur le lustre en cristal comme sur une vulgaire balançoire – étrange chose que l'attirance de la blonde pour les lustres d'ailleurs, mais passons. Elle accepta sans rechigner le bras que lui tendit le noble et se laissa guider jusqu'à sa place à la tablée. Elle n'avait pas eu l'occasion de répondre à Solyane pour ses mots et ne comptait pas le faire là devant tout le monde de peur de l'incommoder – Sora était sûrement si orgueilleuse qu'elle pensait que les excuses étaient pour tous sans exceptions une chose affreusement honteuse et horrible à dire – aussi se contenta-t-elle de cette simple phrase pour reporter leur conversation personnelle à plus tard :

« Nous reprendrons plus au calme vos mots de tout à l'heure Solyane. Sachez néanmoins que je les accepte avec plaisir. »

Sur ces mots, elle leva son verre et but une gorgée de vin. Oh, elle n'était plus celle qu'on adoucissait en la saoulant. Si elle n'avait jamais réussi à s'accoutumer à l'alcool de sorte à ce que celui-ci ne lui fasse plus rien comme si elle était une éponge, elle avait appris ses limites et savait où se situait la mince frontière entre la Sora consciente et celle sans-gêne.

« Joignez-vous à nous mademoiselle... »

Il laissa sa phrase en suspens, attendant visiblement qu'elle complète. Ce qu'elle s'empêcha de faire d'un ton calme et tout à fait détaché.

« Falka monsieur. Merci mais je vais devoir refuser votre offre. »

Elle inclina légèrement la tête sur ses mots et se réappuya contre le mur, les mains dans le dos, observatrice de l'ombre. Elle était tout aussi bien là où elle se trouvait. Pas par souci de l'exclure, mais plutôt au cas où il y avait un problème qui nécessiterait une ombre qui soit capable de glisser rapidement sous les portes et revienne prestement munie d'une certaine épée. Certes, Sora avait sa dague. Mais rien ne valait sa bonne vieille et longue lame. Elle n'excellait qu'avec ce genre d'arme. Elle se sentit néanmoins obligée de justifier la non présence de Falka à table.

« Excusez-moi monsieur, premièrement car je suis incapable d'employer un quelconque messire ou autre titre de noblesse n'ayant point été élevée de cette manière-là. Croyez-bien que monsieur témoigne cependant de tout le respect que j'ai à votre égard, ne vous en faites pas. Deuxièmement, Falka de par son apparence quelques peu spéciale, ne mange pas. Je ne saurais vous dire si c'est par non envie ou incapacité, mais c'est un sujet que j'aimerais que vous n'abordiez pas avec elle. Je conçois que vous craignez une créature si étrange et peu commune, mais elle ne fera rien de mal, étant avec moi. Elle déteste cependant toutes interrogations concernant sa nature, qu'elle ne connait même pas vraiment elle-même. Mais tout cela n'est pas le sujet de notre venue. »

Elle était douée. Elle s'était elle-même rabaissée en parlant de sa pauvre vie misérable et de sa piteuse éducation pour que son incapacité à donner un titre de noblesse à quiconque passe mieux aux yeux du noble. Elle ne pouvait tout bonnement pas prononcer un messire sans que le ton devienne ironique, c'était un fait. Après avoir fait le point sur Falka, elle avait sa petite idée en tête pour lancer le débat. Il fallait bien que quelqu'un engage les festivités. Malheureusement, comme c'était Sora qui avait décidé de commencer, le mot ''festivités'' allait sûrement prendre un tout autre sens que celui qu'on peut donner à l'engagement de la conversation lors d'un festin. Elle jeta un œil attentif à ses couverts, faisant mine d'être subjuguée par le nombre qu'il y avait. Elle savait ça depuis bien longtemps et ce n'était qu'une façade : elle regardait plutôt si les couteaux étaient bien affûtés, sait-on jamais.

« J'aimerais, si ça ne vous dérange pas, que nous rentrions directement dans le vif du sujet qui a fait que nous nous retrouvons ici tous les trois à déguster un succulent repas. » commença-t-elle sans relever les yeux de son assiette, dans laquelle elle venait de commencer à dépiauter une pièce de viande bourrée d'os en s'y prenant le plus méticuleusement du monde avec ses couverts d'argent. « L'une a parlé d'un viol, l'autre dément rageusement qu'il n'a commis aucun acte de la sorte. Navrée de faire cartes sur table comme ça, mais ne vous lancer pas tout de suite les couteaux et fourchettes : ce ne sont que les balbutiements de l'enquête, nous n'avons aucun coupable. Mais ce dernier sera sévèrement puni quoi qu'il arrive. »

Sur ces mots, elle marqua une pause, après avoir insisté lourdement sur le ''sévèrement puni'', non pas en haussant la voix, mais en assénant un violent coup de couteau au morceau de viande dans son assiette en le disant. Elle afficha un sourire radieux après avoir enfin porté à sa bouche le premier morceau.

« Jugements à part, je doute que qui ce soit s'amuserait à créer la rumeur d'un viol inexistant. Je crois aussi que quelqu'un qui dément fermement être fautif ne l'est pas s'il ne fuit pas celui qui l'accuse alors que ce dernier l'a menacé de le priver de ses attributs masculins. »

Elle s'interrompit en haussant les épaules et en riant légèrement.

« Excusez-moi, je n'ai vraiment pas le chic pour aborder les sujets qui mettent en appétit lorsque nous sommes à table. »

Elle jeta un coup d’œil au majordome qui, comme elle le pensait, la fusillait du regard. Elle le lui rendit, les pupilles emplies de menace, puis reposa sur ceux qui partageaient le repas avec elle, des yeux rieurs tout à fait bienveillants.

« Je ne suis que le garde du corps de monsieur, et je n'ai, dans cette affaire, qu'un rôle de pion. Néanmoins, je suis loin d'être aussi inutile, stupide et désarmée que l'est la pièce d'échec. Aussi, je vous écoute désormais, en évitant de vous entre-tuer si possible. Je ne voudrais pas à avoir à vous séparer et passer sur la table en renversant cette soupe de crustacés qui me fait de l’œil, et encore moins les pommes de terres fourrées au fromage fondu. »

1131 mots.


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Mer 22 Mar - 0:18
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Edsere - Consciem - III
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Solyane, qui avait commencé à manger sans la moindre manière, arrachant la viande directement avec les dents – n'ayant jamais appris à se servir convenablement de couverts – s'arrêta après le discours de Scylla. Elle glissa un regard vers leur hôte qui s'était lui aussi arrêté de manger. Elle ne savait si son air dégoûté venait de leur rencontre fâcheuse ou de la sauvagerie avec laquelle Solyane engloutissait la cuisse du faisan. Finalement, avec un soupir, Albéric prit la parole.

-  Dame Fentkräes... Scylla, si vous préférez, sachez que je n'ai rien à voir avec ce dont m'a accusé Dame Solyane.

Son regard se posa sur Solyane, comme pour la mettre au défi de renouveler son accusation entre les murs de sa demeure, assise à sa table, nourrie de ses propres réserves.

-  Je n'irais pas jusqu'à remettre en question la véracité de ce viol dont il est question. Si Dame Solyane...
-  Juste Solyane, s'il vous plaît ! L'interrompit alors la jeune femme.

Le majordome ouvrit alors la bouche. Sûrement pour faire savoir qu'on interrompait pas un homme riche lorsqu'il disait quelque chose. Mais Solyane ne s'en soucia pas le moins du monde.

-  Navrée, mais tout comme Scylla, je ne suis pas du genre à connaître les bonnes manières. Et je... Je n'ai rien d'une « dame ». Alors je vous demande, aussi poliment que je puisse le faire, de bien vouloir utiliser seulement mon nom.
-  Soit ! Concéda Albéric. Je disais donc que si Solyane, ici présente, déclare avoir découvert la victime d'un viol, il est très probable que ce soit effectivement ce qui est arrivé à cette fille. Seulement, je maintiens qu'il y a erreur sur la personne ! Tout ceux qui me connaissent vous le dirons, je ne ferais jamais le moindre mal à une femme. Et pour être tout à fait franc...

Il marqua une pause et sembla trouver soudain un intérêt fascinant au blanc du faisant qu'il s'était fait servir.

-  Je ne toucherais même jamais une femme ! De cette manière-là, tout du moins ! Je ne suis pas... ce genre d'homme !

Solyane mit quelques secondes à comprendre. Elle n'était peut-être pas très au fait des règles qui régissaient la vie des nobles, en revanche, elle avait passé cinq ans dans un bordel. Elle savait donc que l'amour et la sexualité pouvaient prendre parfois des affinités bien différentes.

-  Oh ! Fit-elle en guise de seul commentaire.

Elle avait du mal à douter qu'il lui ai dit la vérité. Ce n'était pas le genre d'aveu qu'on faisait simplement pour tromper une telle accusation.

-  Messire, fit-elle.

L'utilisation de ce titre faisait office d'excuses à ses yeux car elle avait déjà prise sur elle de présenter une fois des excuses en bonne et dûe forme ce soir-là. Sa fierté en souffrirait beaucoup trop pour qu'elle recommence.

-  Je l'ignorais mais il y avait effectivement une jeune fille qui venait d'être violée à deux rues seulement de l'endroit où je vous ai croisé en train de fuir. Je vous ai décrit à elle et sa réaction a été celle qu'elle aurait eu si je lui avais parlé de son agresseur. Si ce n'est vous qui l'avez violée, alors je ne comprends pas pourquoi elle a réagi comme ça.

-  Je ne me souviens pas vous avoir vue avant votre arrivée à l'auberge.
-  C'était une heure avant que je ne vienne vous trouver à l'auberge du Chat Boiteux.

Les yeux d'Albéric s'écarquillèrent soudain.

-  Une heure avant ? Alors je crois que je comprends. Je ne me souviens d'aucune fille mais si vous m'avez bel et bien vu fuir à cet instant, c'est à cause de l'homme qui a essayé de me tuer. Sûrement un complice de ceux qui ont ensuite débarqué dans l'auberge !

L'argument se tenait, si on partait du principe qu'effectivement des hommes avaient tenté de tuer le jeune noble et sa troupe.

-  Pourquoi auraient-il attendu une heure avant de retenter leur chance et pourquoi cherchaient-ils à vous tuer ?

Albéric haussa les épaules.

-  Je n'ai aucune réponse à ces deux questions ! Si ce n'est que ce n'est pas la première fois qu'on attente à ma vie depuis quelques temps. Et l'enquête officielle que mon père a fait lancée a fini par être abandonnée faute de coupable ou de pistes solides. Voilà la raison pour laquelle la mercenaire Scylla Fentkräes a été engagée pour assurer ma protection et en terminer, si elle le peut, avec le responsable de toute cette histoire ! Quant à l'auberge du Chat Boiteux, nous y étions justement pour rencontrer quelqu'un qui pouvait m'aider à en découvrir plus sur le commanditaire de ces tentatives d'assassinats. Au lieu de cela, c'est vous et vos deux amis qui êtes arrivés. Suivis par de nouveaux assassins.

Il se tourna vers Scylla.

-  Loin de moi l'idée de vous considérer comme une pièce aussi simple qu'un pion. Au contraire, si mon père m'a conseiller de faire appel à vos service c'est parce qu'il a entendu parlé de vos talents. Je suis parfaitement au fait, tout du moins autant que possible, des mains entre lesquelles je remets ma sécurité et, par extension, ma vie !

Plus Solyane écoutait Albéric parler, moins elle arrivait à croire que quelqu'un d'aussi respectueux puisse s'abaisser à quelque chose d'aussi grossier et brutal qu'un viol. Mais dans ce cas, pourquoi cette fille avait-elle semblé accuser le jeune homme ? Pourquoi avait-elle réagi ainsi lorsqu'elle le lui avait décrit ? Solyane ne comprenait pas.

-  Vous souvenez-vous avoir entendu une femme crier ? Demanda soudain Solyane. Juste avant que je ne vous ai croisé en train de fuir, j'ai été alertée par le cri d'une femme.

Albéric réfléchit un instant puis hocha soudain la tête.

-  Oui. C'est justement quand je me suis approché pour voir ce qui se passait que j'ai vu ces assassins essayer de s'approcher de moi ! J'ai abandonné l'idée de savoir ce qui était arrivé à la malheureuse et je me suis empressé de rejoindre mon garde du corps et Dame Scylla ! Pourquoi cette question ?

Cette révélation apportait un éclairage différent à la scène. Et cela pouvait peut-être expliqué pourquoi la mystérieuse femme avait insisté sur le fait qu'il s'était fini en elle.

-  Se pourrait-il qu'il s'agisse d'un piège ?

Son regard se posa d'abord sur le jeune noble, puis sur Scylla. Elle signifiait ainsi que cette question était posée à tous.

-  La jeune femme qui crie et les assassins postés tout près. Puis le rendez-vous au Chat Boiteux où débarquent soudain de nouveaux assassins. En ce qui me concerne, je vous y ai retrouvé parce que je connais le patron et qu'il me devait un service. C'est lui qui m'a fait savoir que vous vous trouviez dans son établissement.

Un mensonge mais elle ne voulait pas impliquer Locke et Alicia dans ses démêlés avec Albéric. De fait, le jeune noble sembla troublé à l'idée qu'on ait cherché à le piéger pour ensuite le tuer. Il tourna les yeux vers Scylla pour connaître son avis sur la question.

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Mer 22 Mar - 1:19
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Ashryn - Sylvar - IV
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Sora écoutait attentivement ce qui se disait, avec la plus grande des attentions et des concentrations dont elle pouvait faire preuve. Il fallait admettre que beaucoup d'éléments étaient en train d'être ajoutés au chapitre de cette affaire, autant de la part de son client que de Solyane. Tant d'éléments dont elle n'avait pas connaissance et qu'elle devait assimiler dans la seconde pour attraper le suivant au vol. Elle tentait en même temps de mettre de l'ordre dans toutes ces informations, mais la tâche s'avérait de fait plutôt difficile. Elle tenta de s'y atteler une fois qu'ils eurent fini de dialoguer, mais elle se rendit compte que le silence lui était destiné : Solyane venait de poser une question à elle comme au noble et ce dernier, après avoir donné son avis, attendait sa réponse, toute comme la brune.

« C'est que ça fait beaucoup de choses à ordonner... L'hypothèse d'un piège ne me semble pas exclue. En fait, elle est même plutôt plausible. Dans la perspective bien sûr où vous dites la vérité quant à cette jeune fille. »

La blonde marqua un court temps de pause, pour réfléchir à tout ce qui venait d'être dit. Elle en profita pour jeter un discret regard au-dessus de son épaule : Falka n'était plus à sa place. Personne ne l'avait sûrement remarqué vu qu'il était aisé de rapidement la prendre pour partie du décor, surtout dans une salle sombre, mais cela n'était pas anodin. Sora reprit la conversation, tout en revérifiant doucement que sa dague était à sa place.

« Est-ce que la femme pourrait jouer un rôle ? Celle qui était placée comme a priori violée alors que nous ne savons pas vraiment si c'est le cas ? Qui nous dit qu'elle n'était pas avec les assassins, qu'elle faisait l'appât ? »

Elle but une gorgée du délicieux vin qui se trouvait dans sa coupe avant de reprendre, ayant la gorge un peu sèche.

« La personne qui vous en veut, si elle a utilisé cette femme comme appât, doit savoir que vous seriez prêt à accourir pour aider la veuve et l'orphelin. Elle connaît votre bonne nature, enfin, toujours dans l'hypothèse que vous n'êtes finalement pas un violeur qui cache bien son jeu. Peut-être que le coup de fait serait un doublé ? Un double réussi du coup. Dans le sens où vous risquiez d'être surpris à sortir de cette ruelle en fuite, non pas parce que vous avez commis un méfait mais parce que dans cette ruelle se trouvaient des gens qui en voulaient à votre vie. Mais quiconque voit la scène d'un autre point de vue, celui de Solyane justement, croit parfaitement à un violeur qui fuit l'endroit où il a commis son acte abominable. Peut-être se sont-ils dits que s'ils vous rataient, cette option permettrait peut-être à quelqu'un d'autre le sale boulot qu'ils avaient à faire à leur place ? »

Elle s'appuya sur le dossier de sa chaise, et leva les yeux vers le plafond avant de continuer sa phrase. Un corbeau noir la fixait intensément, perché sur le lustre.

« Ce qu'a failli faire Solyane. Elle vous aurait éliminé au titre du crime qu'elle croyait que vous aviez commis. Et vos adversaires auraient tué leurs cibles sans même se salir les mains. Vous pouvez être sûr que dans ce cas-là, on aurait jamais retrouvé ceux qui vous en voulaient. »

Un bruit sourd se fit entendre derrière l'immense porte en bois. Falka avait donc bien donné un signal. Elle avait déjà disparu à nouveau, et il était certain de ce qu'elle allait faire.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » questionna le majordome, à tout le monde comme à personne.

Il s'approcha de la porte pour l'ouvrir afin de connaître la réponse à sa question et Sora se tint prête à bondir. Elle n'eut pas tort de se préparer, car à peine eut-on entendu le début du grincement de la porte que l'air siffla. Sora bondit sur Albéric qu'elle fit plonger au sol, lui empêchant ainsi de voir sa tête transpercée par un joli poignard qui partit se cogner contre le mur en pierres de la cheminée avant de tomber dans le feu.

Un groupuscule de personnes venait d'entrer. Ils étaient six, le visage partiellement dissimulé, et étaient surtout tous armés.

« Mais ?! Comment ? La garde ! »

Sora trouva la réponse à sa question lorsqu'elle vit la paume de la main d'un des inconnus encore éclairée d'une lueur verdâtre, alors qu'une odeur qu'elle connaissait venait de parvenir jusqu'à ses narines. Elle fit un simple signe de la main à Albéric pour lui ordonner de reculer et se dressa devant le groupe nouvellement arrivé.

« Un mage avec des pouvoirs de druide. Pourquoi se fatiguer à tuer toute la garde avec des armes qui laissent des races quand on peut simplement l'endormir ou l'empoisonner ? »

« Ta perspicacité ne te mènera nulle part blondinette si tu ne t'écartes pas. Tu sais ce que je veux. »

Elle haussa les épaules comme seule réponse. Celui qui lui avait adressé la parole bondit alors seul sur elle, mais elle ne trembla pas d'un pouce. La panthère noire qui venait de droite fut plus rapide à l'atteindre lui. Elle le rua au sol et lâcha du même coup le sac qu'elle tenait dans sa gueule. Sora profita du court moment d'incompréhension des autres pour attraper sa lame ainsi que l'autre dont elle disposait, et l'envoya sur la table devant Solyane, tout en lui lançant un regard entendu. Falka reprit rapidement une forme humanoïde, et lâcha le gus qu'elle avait sonné pour se placer derrière Sora.

« Bien, » reprit-elle en reportant son attention sur les six brigands. « Je ne compte pas m'écarter, alors qui va venir me régler mon compte le premier ? »


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Sam 29 Avr - 18:35
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Edsere - Consciem - III
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Solyane avait écouté Scylla sans afficher d'émotions particulières. Pas même quand elle mit en doute sa sincérité sur l'affaire. Il lui en faudrait plus que cela pour perdre son calme et elle ne pouvait, de toutes manières, pas la blâmer. Elle n'avait aucune raison de la croire sur paroles. Mais, dehors de cela, elle se concentrait surtout sur son point de vue sur la situation. Ses mots faisaient écho à ce qu'elle avait elle-même commencé à se dire et sonnaient juste. Si leurs hypothèses s'avéraient, alors on avait cherché à se servir d'elle. Pas volontairement, peut-être, mais tout de même. Et Solyane avait horreur de ça.

Lorsque Scylla leva les yeux vers le plafond, la jeune femme suivit son regard. La présence du corbeau l'étonna et elle se demanda à quel moment Falka – puisqu'il devait s'agir d'elle – était venue se poser là-haut. Elle ne l'avait absolument pas entendue bouger. Elle l'avait brièvement vue se transformer pendant leur combat dans la Terre des Rescapés. Mais à ce moment-là, elle ne lui avait pas prêté une réelle attention. De fait, elle n'avait guère le temps de le faire maintenant non plus si elle ne voulait pas perdre le fil de la conversation.

De même qu'elle n'avait pas cherché à réagir aux mises en doutes, elle ne chercha pas à corriger les propos de Scylla : elle n'avait pas eu l'intention de tuer le noble. C'était à ses organes reproducteurs qu'elle avait cherché à s'en prendre. Couper la mercenaire pour rappeler ce fait lui sembla inutile et potentiellement dangereux.

Elle était plongée si profondément dans ses réflexions et ses hypothèses qu'elle manqua les premiers signes du danger qui n'avaient pas échappé à Scylla et à sa compagne Ombre. Bien sûr, elle n'avait ni leur formation ni leur expérience mais elle aurait normalement dû être plus prudente. Était-ce l'ambiance surannée de la demeure, le confort d'un luxe auquel elle n'était pas habituée, la robe qui lui donnait l'impression d'être une personne totalement différente ? Toujours était-il qu'elle avait baissé sa garde et elle aurait très bien pu en payer le prix sans la réactivité de Scylla et Falka.

Elle sursauta en voyant Scylla se lever et se jeter sur Albéric. Lorsque le majordome appela à la garde, Solyane était finalement debout à son tour. Par réflexe elle porta la main à sa hanche et jura entre ses dents. Elle avait oublié de reprendre sa dague avant de descendre dîner. Elle maudit aussi la longueur de la robe qui allait inévitablement entraver ses mouvements. Elle vit les intrus faire irruptions et s'empara d'un chandelier. Une arme improvisée comme une autre. Mais c'était sans compter sur la prévoyance de la grande blonde qui fit glisser une lame vers elle. Solyane la prit mais réalisa un petit soucis : Il s'agissait d'une épée. Une lame longue qui avait un poids supérieur à toutes les armes qu'avaient pu manier la jeune femme jusqu'à présent.

« Mais qu'est-ce que je vais faire de ça ?! »

La garde était magnifiquement ouvragée, ornée d'arabesques de métal entrelacées et de trois sublimes roses finement ciselées. Des ronces de métal s'enroulaient autour de la garde et de la poignée. Solyane en prit bonne note pour ne pas prendre le risque de se griffer en combattant avec. Des bourgeons écarlates parsemaient également la garde et trouvait un écho avec une perle rouge sur le pommeau de l'épée. Le fourreau était d'un vermillon agrémenté de motifs en argents dont un écusson gravé d'une rose. C'était une véritable œuvre d'art et Solyane espérait que la lame était aussi résistante que la garde avait l'air délicate. Elle sortit la lame de son fourreau. La couleur rouge et les motifs s'y retrouvaient. Solyane n'y connaissait pas grand chose en arme mais si elle était bien sûr d'une chose c'est qu'elle n'avait jamais vu un tel ouvrage et qu'elle n'aurait jamais assez d'une vie pour pouvoir s'en payer une.

Elle se tourna vers les intrus que Scylla affrontait simplement par sa présence et celle de Falka. Si elle devait en croire les paroles de la mercenaire, elle avait à faire à un magicien. Elle avait vaguement entendu parlé de la magie, mais elle avait toujours pensé seuls les Elfes, ces êtres étranges et fascinants qui commerçaient parfois avec les Humains. Pour le (très) peu qu'elle en savait, les humains ne pouvaient pas faire appel à ces forces ésotériques. Solyane saisit la poignée de l'épée à deux mains. Elle les avaient si menues que même une épée à une main pouvait faire office d'épée à deux mains pour elle. Lorsqu'elle voulut soulever la lame, elle fut surprise par son poids et la pointe de la lame tomba sur le parquet, rebondissant avec un choc sourd. Un bruit qui rompit la tension qui s'était installée. Les cinq intrus qui accompagnaient le magicien bondirent. Trois se dirigèrent aussitôt vers Sora et Falka et deux autres décidèrent de régler son compte à Solyane. Deux gardes surgirent dans la pièce et voulurent achever celui qui restait et qui avait été attaqué par Falka.

Solyane ne perdit pas de temps, elle banda ses muscles et pivota sur elle-même pour fendre l'air d'un grand coup latéral. Les deux autres pilèrent pour éviter le tranchant de la lame. Déséquilibrée par le poids et l'élan de l'épée, Solyane tituba sur le côté. La chance fut de son côté car elle évita un autre poignard – semblable à celui qui aurait dû se planter dans la tête d'Albéric un peu plus tôt – fusa en manquant de peu sa poitrine. Son pied accrocha la traîne de sa robe qui la fit glisser. Jurant comme un charretier (l'école de la rue dans toute sa splendeur), elle donna un nouveau coup d'épée au niveau de la taille avant de se rattraper.

« Satanée robe ! C'est joli, tout ce tissu, mais c'est tout sauf pratique ! »

Ses deux assaillants comprirent qu'elle n'avait aucune maîtrise de son arme car ils devinrent beaucoup plus pressants dans leurs attaques. Solyane réussit à en blesser un à la cuisse en frappant d'estoc. Mais ils l'acculèrent jusqu'à la table. Rusée, Solyane se glissa dessous. Ce qui lui donna quelques secondes pour changer le style de sa tenue et la raccourcir drastiquement en passant le tissu au fil de l'épée. Aucun doute, l'épée était affûtée.

- Sors donc de là, maudite ! grommela une voix d'homme.

Elle ne répondit pas. S'ils la voulaient, ils allaient devoir venir la chercher. Ce que fit le plus mince et chétif des deux. Solyane sourit. C'était bien ce qu'elle espérait : dans cet espace restreint, elle allait pouvoir passer à du corps à corps. Elle n'était pas une grande combattante mais au moins se débrouillait-elle un peu mieux dans ce genre d'affrontement qu'à l'épée. L'intrus se jeta sur elle. Elle lui réserva un accueil comme elle les aimait : à deux pieds droit dans le ventre. Elle était pieds nus depuis qu'elle avait laissé ses mules sous la table pendant le repas. L'impact fut douloureux pour elle aussi mais l'autre en avait perdu le souffle. Solyane se jeta sur lui comme une sauvage. Elle le plaqua au sol et attrapa l'épée qu'elle pressa en travers de la gorge de son attaquant.

- Remue ne serait-ce que le petit doigt et tu es mort !

Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant que son attaquant était en réalité une attaquante. La cagoule qu'elle avait passé pour dissimuler son visage avait glissée, libérant une masse de cheveux blonds et un visage délicat. Pas étonnant qu'il lui ait parut aussi chétif ! Mais ce n'était pas la plus grosse surprise. Car cette femme n'était nulle autre que celle qu'elle avait vu dans la ruelle. La femme qui avait accusée Albéric de la Lande de l'avoir violée.

- Toi ?!

Cette seconde de surprise lui fit perdre son avantage. Peu émue par la présence de l'épée contre son cou, l'inconnue jeta Solyane au sol. Glissant sur le parquet, la voleuse sortit de son abri et se redressa. Son adversaire la suivit. Elles se tenaient face à face. Solyane avec son épée d'un côté et l'autre, armée de couteaux de jet (c'était donc à elle qu'ils devaient la première attaque sur Albéric et le lancer qui visait la poitrine de Solyane) de l'autre.

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Sam 29 Avr - 23:23
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Ashryn - Sylvar - IV
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Le petit groupe de malfaiteurs chercha à se séparer en deux pour s'occuper séparément des cas respectifs des deux obstacles qui leur barrait la route. Malheureusement pour eux, la garde arriva avant et s'occupa d'un de leurs compagnons. Aussi seulement deux partirent en direction de Solyane, tandis que Sora et Falka eurent bien vite attiré l'attention des trois derniers.

« Trois rien que pour nous deux ? Et bien, vous manquez autant de dignité et d'honneur que vous vous croyez en terrain conquis. »

Elle réceptionna le premier des trois abrutis qui se jeta sur elle sans réfléchir. Elle esquiva son attaque sans aucun mal et vint lui planter son épée dans le ventre. Elle comprit cependant, trop tard, que cet acte n'avait rien de stupide et était tout à fait prémédité. En cas de duel avec une lame, Sora avait généralement l'avantage, de par ses connaissances sur le sujet. Elle savait distinguer la plupart des coups, trouver les angles morts, anticiper. Le problème était qu'elle ne pouvait prévoir quelque chose qui était hors de son champ de vision. Un combat à deux permettait alors que l'un fasse l’appât sur lequel se concentre alors l'adversaire, pendant que l'autre prépare la véritable offensive juste derrière. Heureusement pour elle, Sora n'était pas non plus seule dans cette lutte. Falka arrêta de sa main la lame du deuxième sbire, qui fut bien surpris de voir son épée arrêtée.

Falka, dont la constitution de son propre corps lui était toujours inconnue, avait testé beaucoup de choses. Parmi celles-ci, les réactions qu'avaient son corps aux objets matériels coupants. Il s'avéra après de nombreux essais, à coups de flèche, de dague et d'épée, que cela ne l'atteignait en aucun pas et qu'elle pouvait autant les laisser passer à travers elle comme un fantôme que les arrêter sans ressentir quoi que ce soit.

Profitant de la stupeur de son adversaire, elle lui asséna une bonne droite et laissa une courbe de l'épée de Sora parfaitement calculée finir le boulot. Elles avaient déjà réglé leur compte à deux sur trois des hommes. Elles relevèrent donc en même temps les yeux vers le dernier. Et à voir la lueur émaner de ses mains, Sora se rappela qu'il y avait un mage parmi eux, et que c'était généralement les plus difficiles à gérer. Sur ces pensées, elle eut le réflexe de faire un bond sur le côté, pour éviter un genre de boule de feu verte que lui lança l'homme.

« Excusez-moi, » lança t-elle avec une certaine nonchalance, « mais le problème est que nous allons devoir garder l'un de vous en vie pour le faire parler. Et vous m'avez l'air d'être le chef alors je pense que vous êtes tous désignés. Pourriez-vous vous laisser faire ? Notre rapport n'en sera que plus agréable. »

Il lui sourit de manière assez mauvaise, et ne répondit pas. Ou plutôt si, mais pas avec des mots. Une autre boule de feu verte fonça droit sur Sora. Celle-ci l'esquiva sans aucun mal.

« Comme vous voudrez. » finit-elle par dire en haussant les épaules, comme lassée.

Elle tourna à peine la tête vers Falka, et lui fit un rapide signe de la main en désignant le mage. Falka, comme seule réponse, fit un pas en arrière. Même si lui les avait attaqué en supériorité numérique, Sora avait sa fierté. Et l'adrénaline et le défi étaient comme un carburant pour elle.

Le mage lança plusieurs boules cette fois. Sora se protégea instinctivement en levant un mur de terre. Elle leva la main juste au-dessus de sa fortification et lança à son tour des pics de glace. Le mage les esquiva sans problème, et reprit l'offensive. Il s'approchait de la muraille en bombardant toujours de la même façon pour faire croire qu'il demeurait à distance. Puis, quand il fut juste derrière, détruisit d'un geste la paroi créée par la blonde et attrapa à la gorge celle-ci. Prise par surprise, elle ne put éviter que la grosse main du mage n'atteigne son cou. Elle se débattait légèrement mais sentait ses forces la quitter. Ce mage avait endormi les gardes. Sa magie devait reposer sur le sommeil et les facultés d’affaiblir autrui de plusieurs façons. Sora n'eut pas le temps de se sentir davantage vidée de son énergie. Le mage tomba soudainement, inconscient. Une commode venait de le frapper dans l'arrière de la tête. Sora se massa le cou et tourna instinctivement son regard vers Falka, qui rabaissait ses mains.

« Un jour, ton jeu de l'appât qui veut faire un duel par fierté va te coûter cher. »

« Je ne fais jamais ça voyons. Je sais que tu vas toujours intervenir. C'est plus une diversion pour faire croire à l'ennemi qu'il a le dessus. »

Elle soupira. La blonde quant à elle, leva ses mains au-dessus du corps inconscient du mage et fit sortir du sol un bloc de roche qu'elle fit grossir autour de lui jusqu'à l'avoir emprisonné du cou aux genoux. Ainsi, il se tiendrait tranquille.

« On va attendre qu'il se réveille... Et lui poser quelques questions. »


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Dim 7 Mai - 17:06
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