Ennemis ou ... Amis ? [Avec: Scylla FentKräes]

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Edsere - Consciem - III
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La muraille de la Terre des Rescapés et la lumière embrasée du Rex, Odail Menor, protègent les citoyens de la ville des attaques des autres races. Mais où il existe de la lumière, il existe de l'ombre.  Et même la plus solide des murailles n'est pas un rempart suffisant contre les démons nés du cœur de ceux qui vivent derrière elle !

Solyane connaissait les turpitudes où certains hommes étaient capables de se fourvoyer, les insalubrités qui souillent murs et âmes lorsque les cœurs ne sont plus à l'espoir ou à la générosité. Le sien, mal reconstruit après avoir été réduit en miettes à l'âge de quatre ans, ne s'en étonnait plus. Jusqu'à ce qu'elle retrouve goût à la révolte, elle ne s'en émouvait même plus. Tout passait sur la carapace lisse et impénétrable qu'elle s'était construite.

Solyane savait aussi que même les Nobiles n'échappaient pas au vice, même s'ils s'arrangeaient pour que tout se passe dans l'ombre. L'ombre dans laquelle évoluent les moins regardant, ceux dont les yeux n'aiment que la lumière de l'or !
Et pire encore que ces Nobiles, venaient leurs enfants. Moins exposés aux responsabilités que leurs géniteurs, tout aussi imbus d'une autorité et d'un pouvoir qui ne sont pas encore leurs.

*
* *

Dans les combles vides d'une maison dont elle avait découvert l'accès un peu plus tôt dans la semaine et qu'elle occupait depuis, Solyane se réveilla. Des odeurs de pain frais montaient depuis la rue, s'infiltrant par la lucarne mal condamnée de sa cachette, accompagnant les pâles rayons du soleil du petit matin. Une nouvelle journée commençait mais, ayant passé la moitié de la nuit en « patrouille », elle n'avait aucune envie de sortir. L'idée de se rendormir était très tentante. L'avantage de n'avoir aucun travail était qu'elle pouvait se permettre une grasse matinée lorsqu'elle le désirait. Mais son ventre criait famine. Le plus gros inconvénient de ne pas avoir de quoi gagner sa vie : la faim. Ses dernières escapades dans les riches marchands s'engraissant sur le dos de leurs clients n'avaient pas été réjouissantes. Ces gros pourceaux avares étaient devenus méfiants et protégeaient mieux leurs biens.

Solyane se redressa en s'étirant longuement puis soupira. Tant pis, ce matin elle allait devoir déroger à son principe de ne plus voler d'honnêtes gens. Il ne lui restait plus assez de pièces dans sa bourse, elle refusait de toucher à la cagnotte qu'elle gardait en réserve et elle n'était pas d'humeur à aller jouer de la musique pour quelques piécettes.
Elle dissimula ses couvertures et l'oreiller qu'elle s'était fabriquée dans l'une des caisses défoncées oubliées dans ces combles par les propriétaires de la maison – ou leurs prédécesseurs, au choix – et récupéra sa précieuse cape. Elle la passa sur ses épaules, glissa ses boucles impétueuses et rabattit le capuchon sur sa tête.

Finalement prête, elle se glissa hors de sa cachette. Une fois qu'elle eut vérifié que la ruelle était vide, elle se laissa glisser le long de la gouttières jusqu'au sol. Nouveau coup d’œil à droite puis à gauche. Par réflexe, elle vérifia que sa dague était toujours coincée dans le grossier fourreau de cuir qu'elle avait trouvé pour son arme. Le fourreau était fait pour des lames plus petites. Mais elle s'était arrangé tant bien que mal pour qu'il convienne à présent à la sienne.

*
* *

La tourte au fromage et à la viande qu'elle avait escamoté sur l'étal de la boulangère était si conséquente, que Solyane avait même des restes pour son prochain repas. Elle venait justement de cacher son butin dans sa cachette qu'elle entendit des cris non loin. Une jeune fille appelait à l'aide d'une voix désespérée et suppliait quelqu'un d'arrêter. L'instinct de la jeune femme lui souffla qu'elle avait avoir de nouveau une occasion de combler son désir de justice.

Sans plus réfléchir, elle se réceptionna souplement dans la ruelle et courut à foulées régulières en se guidant aux cris de la pauvre donzelle. Elle n'en était plus très loin lorsqu'elle manqua d'être renversée par un damoiseau dont la vingtaine d'année était bien accusée. Avec ses habits aux reflets chamarrés et à la coupe impeccable, il passait difficilement inaperçu, pourtant il s'y efforçait. Ses cheveux cuivrés voltigeaient autour de son visage anguleux. Ses yeux gris jetaient de réguliers coups d’œil autour de lui et dans son dos.
Solyane ne s'attarda sur lui plus de quelques secondes. Juste le temps de maudire ce « fils à papa bien trop gâté ». Puis elle se remit à courir jusqu'à trouver la victime. Ce fut un peu plus difficile, maintenant qu'elle ne criait plus. Mais des rumeurs prirent bientôt le relais.

Dans l'une de ces ruelles étroites comme il en existait tant dans cette ville, Solyane découvrit une femme, à peine sortie de l'adolescence, recroquevillée sur elle-même, les vêtements déchirés. Elle comprit d'un seul coup d’œil ce qui venait de se passer. Elle-même avait été violée bien trop de fois pour ne pas lire tous les signes qui marquaient la peau, les cheveux, le visage, les mains et les vêtements de la pauvresse !
Elle s'approcha lentement d'elle, relevant un peu son capuchon pour que son visage ne soit plus dissimulé.

- Bonjour !

La jeune femme sursauta et, serrant bras et jambes contre son corps mince, se recula précipitemment en levant les yeux vers la nouvelle venue.

- Tu n'as rien à craindre ! La rassura Solyane d'une voix paisible quoi qu'un peu enrouée de ne pas avoir parlé depuis de très longues heures. Je suis là pour t'aider.
- M'aider ? Gémit l'autre.
- Oui ! Est-ce que tu connais le nom de celui qui t'as fait ça ?

Elle secoua violemment la tête, faisant dégringoler quelques mèches blondes du fichu qu'elle avait noué autour de sa tête. La peur qui se lisait à présent dans son regard n'était plus seulement due à l'épreuve qu'elle venait de subir. Solyane en avait l'intime conviction. Elle se souvint alors du jeune noble qu'elle avait vu s'enfuir en courant.

- Est-ce que c'est ce jeune homme aux cheveux roux et habillé richement ? Demanda-t-elle.

Les mains de son interlocturice se crispèrent sur ses jupes. Elle ne répondit pas mais Solyane n'avait pas besoin d'une confirmation à la réponse qu'elle venait d'avoir. Ses traits se tordirent en une grimace de dégoûts.

- Est-ce qu'il a eu le temps d'aller jusqu'au bout ? Demanda-t-elle d'une voix dure. Ou est-ce que ce salopard s'est enfui avant lorsque tu as commencé à crier ?

Solyane crut qu'elle ne répondrait pas. Pourtant, d'une toute petite voix, la jeune femme souffla :

- Il s'est... fini en moi !

Le feu de la révolte répandit sa brutalité dans le corps de Solyane. Ce n'était pas la première fois qu'elle entendait dire qu'un homme riche venait se permettre des bassesses aussi ignobles que celle-ci et elle aurait même été étonnée que cette pratique n'existe pas. Mais aujourd'hui, c'était elle qui découvrait cette ignominie sans nom. Et pour cela, elle devait faire passer le message que toute la richesse du monde ne sauverait personne de sa colère. Elle retrouverait ce porc, même si elle fallait qu'elle use de patience et de ruses plus ou moins légales !

La justice était aveugle, disait-on. Eh bien, pas avec elle. La justice avait des yeux ! Des yeux d'améthyste, brûlant de haine pour ce genre de crime.





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Mer 1 Fév - 17:27
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Ashryn - Sylvar - IV
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« Tu as entendu ? »

Sora releva précipitamment la tête. Elle venait de la sortir de ses pensées, mais les mots de Falka était néanmoins parvenue jusqu'à ses oreilles. Pour cause, sa compagne était tout près de cette dernière, déguisée sous la forme d'un chat noir perché sur son épaule.

« Hm ? Non excuse-moi, je n'écoutais pas. Qu'est-ce qu'il y a ? »

Falka leva son museau vers le ciel, soucieuse.

« J'ai entendu une femme crier. »

Sora soupira, repliant une de ses jambes sous sa cuisse.

« Écoute Falka, j'aime déjà pas servir tous les fils des ducs et comtesses de je-ne-sais-qui, mais quand je le fais, je n'ai pas le temps de défendre la veuve et l'orphelin. Revoilà de toutes façons notre précieux client. »

Un jeune homme, aux cheveux d'un roux difficile à porter tant il était clinquant et ne passait pas inaperçu, accourait vers elles. Il semblait comme poursuivi par quelque chose ou quelqu'un. Ses pas étaient rapides, et son visage était étonnamment crispé. Il dépassa Sora comme s'il avait complètement ignoré sa présence mais lui adressa pourtant quelques mots, d'une voix qui se voulait tremblante et froide.

« On y va. Garde l'œil bien ouvert. »

Elle acquiesça en silence et marmonna quelque chose, que seule Falka put entendre.

« C'bien les gosses de riches ça... Ça te tutoie sans te connaître mais eux, il faut les gratifier d'une révérence en jurant fidélité à leur nom complet, même s'il s'appelle Arnold-Roderick Caravatii de la Haute Tour du Lac... »

Le chat noir pouffa et sauta de l'épaule de sa maîtresse pour retomber sur le chariot sur lequel cette dernière était assise. Le rouquin venait de monter sur l'un des deux chevaux qui traînait la carriole et n'avait pas attendu longtemps avant d'ordonner à sa monture de se mettre en route. L'homme qui était sur l'autre fit de même et Sora se réinstalla un peu mieux sur l'arrière du chariot, faisant bien attention à ce qui passait derrière, comme on lui avait demandé.

« Il s'est passé quelque chose et c'est certainement en rapport avec les cris que j'ai entendu » souffla Falka à la blonde.

Celle-ci fronça les sourcils, vérifiant d'un simple geste de la main que son épée était bien à sa place, dans son fourreau, lui-même attaché à sa ceinture.

« Nous ne nous en mêlerons qu'en cas de nécessité. Je suis engagée mais toujours pas encline à m'attirer des ennuis qui ne sont pas les miens. De toutes façons, nous allons certainement réentendre parler de ce que tu as entendu vu qu'on va s'arrêter dans un pâté de maison. »

Elle avait en effet vu juste. Le convoi se stoppa après avoir tourné et fait une courte ligne droite. L'homme aux cheveux roux descendit le premier, l'air toujours aussi inquiet et pressé, et rentra en premier dans ce qui semblait être une auberge. Il fut rapidement suivi de son second. Sora et Falka descendirent bien plus tranquillement.

« Je ne sais pas si c'est très judicieux de fuir quelque chose ou quelqu'un et de se réfugier trois maisons plus loin. Mais bon ! Je suppose que c'est pour ça qu'on est là. Change de forme Falka, je préfère, si ennuis il y a, que tu sois un atout dans ma manche dont l'adversaire n'aura pas la connaissance. »

L'interpellée s'exécuta. Ainsi, elle bondit sous forme de chat sur l'épaule de la jeune femme et disparut dans son col, se blottissant autour de son cou tel un collier, sous l'aspect d'un serpent. Sora remonta sa veste pour camoufler Falka sans pour autant l'étouffer et rentra dans l'auberge en jetant un dernier coup d'œil au-dessus de son épaule.

L'auberge ne payait pas de mine à l'extérieur, et la façade reflétait très bien l'intérieur. Le mobilier était simple, la salle était sombre. À vrai dire, l'employeur de Sora, paré comme un paon prêt à aller défiler devant toutes les comtesses à marier du comté, faisait tache dans un décor si miséreux. Mais elle n'en avait pour ainsi rien à faire. Elle n'était pas là pour le juger ou même remettre en question ses goûts vestimentaires – bien qu'ils étaient vraiment affreux – et elle se doutait du châtiment qui l'attendait si elle osait faire pareille chose.

Elle se contenta donc de garder ses pensées pour elle-même et s'installa deux tables plus loin que celle du jeune homme aux cheveux roux. Elle se disait que même en étant un garde du corps, elle était bien assez près de lui pour réagir. Mais elle aurait l'avantage de la surprise sur un éventuel assaillant si elle faisait semblant de ne pas être avec lui.

L'auberge était presque vide. Il y avait un groupe de trois personnes au fond de la salle, une table de quatre autres un peu plus près qui jouaient aux cartes et deux personnes au bar qui parlaient avec celui qui tenait l'établissement. Rien à signaler donc pour le moment.

« J'ai un mauvais pressentiment » susurra Falka à l'égard de Sora.

Pour seule réponse, la blonde étouffa un petit rire cristallin. Son épée était bien calée sur sa hanche, cachée par la table aux yeux de quiconque rentrerait dans l'auberge. Falka était là avec elle, tout aussi prête qu'elle à intervenir en cas de problème. Son employeur et son second discutaient autour d'une pinte, calmement et sans attirer l'attention. Il n'y avait donc, selon Sora, aucunement lieu de s'inquiéter.


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Mer 1 Fév - 21:03
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Edsere - Consciem - III
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Comment retrouver un homme dont elle ne connaissait ni le nom ni l'adresse ? Bien sûr, elle aurait pu retrouver sa trace en posant des questions à droite et à gauche. Mais Solyane n'avait jamais été à l'aise avec les autres. Elle n'aimait pas attirer l'attention sur elle. Et, surtout, elle savait que si elle commençait à poser des questions sur ce qui était visiblement un noble, elle s'attirerait des ennuis. Non, il fallait ruser. Elle connaissait son visage, c'était déjà ça. Et elle connaissait du monde qui pouvait se renseigner sans trop attirer l'attention.

Prendre contact avec Locke s'avéra très facile. Elle connaissait ses habitudes et ses lieux de prédilections. Elle lui avait souvent recommandé d'en changer régulièrement pour ne pas se faire attraper, mais pour une fois, elle était heureuse qu'il n'ait pas pensé à suivre ses conseils. Ce qui ne l'empêcherait pas de les réitérés à l'occasion.

- Tiens, tiens, tiens... Mais regardez qui voilà ! S'exclama le voleur en voyant apparaître Solyane.

Mariel, une qui faisait déjà partie de la bande de Locke lorsqu'il avait mis la main sur Solyane, presque neuf ans plus tôt, sourit à la nouvelle arrivante et lui adressa un signe de la main. En revanche, la deuxième tête de ce trio était totalement inconnue à la jeune femme. Elle fit signe à Locke de la rejoindre. Ce n'était pas qu'elle se méfiait du garçon inconnu mais elle n'avait réellement confiance que dans le chef de la petit troupe. Et encore « vraiment confiance » était peut-être beaucoup dire. Avec un haussement d'épaules à l'adresse des deux autres, Locke se leva de son banc et s'approcha de Solyane.

- Toi tu es en chasse ! Déclara Locke, retrouvant son sérieux.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Rétorqua Solyane, que la perspicacité de son ami perturbait encore.
- Je te connais, Sol' ! Tout ton corps hurle à l'envie d'égorger quelqu'un. Ou de passer à l'action.

Solyane soupira. Elle n'aimait pas être aussi transparente. Pourtant, Locke était peut-être la seule personne à qui elle permettait de passer outre ses barrières.

- Tu as deviné, je suis en chasse. Et le gibier est conséquent.
- C'est à dire ?
- Fils de Nobile, je dirais. En tous cas quelqu'un qui a les moyens de s'habiller de soie et de velours.

Locke siffla.

- Et ?
- Il a violé une fille dans une ruelle.
- Ah !

Rien de plus. Locke connaissait effectivement très bien Solyane. Il savait qu'il était strictement inutile de lui faire remarquer les complications que risqueraient d'engendrer une vengeance contre un personnage appartement au gratin de la ville. Tout comme il serait stupide de croire qu'elle accepterait d'oublier ses idées de vengeance.

- Donc tu es venue me trouver pour quoi, exactement ? Tu sais que je ne partage pas ton goût pour la justice à tord et à travers !
- Je sais. Mais toi et tes amis, vous êtes les meilleurs pour dénicher ce dont j'ai besoin.
- Précises, tu veux ?
- Des informations.

Locke haussa un sourcils. Il comprit la suite sans qu'elle est besoin de lui dire.
- Tu veux qu'on te guide jusqu'à ta cible parce que tu ne sais rien de lui, c'est ça ?
- Je sais à quoi il ressemble.
- Des gens habillés de soie et de velours, y en a un bon nombre !

Solyane fit la moue.

- Les cheveux couleurs cuivre, portés court, bouclés. Il est à peu près aussi grand que toi, mince, des yeux gris. La peau pâle de ceux qui passent plus de temps en intérieur qu'au soleil. Entre vingt-cinq et trente ans. Pas moins, difficilement plus ! Décrit-elle en ravivant en elle l'image du noble qu'elle avait vu s'enfuir.

Locke fit mine de réfléchir.

- Jamais vu, mais comme je ne m'arrête pas pour regarder les gens à qui je dérobe mon butin, généralement, ce n'est pas si étonnant que ça.
- Tu pourrais, oui ou non, le retrouver ? La dernière fois que je l'ai vu, il courrait en direction des faubourgs ouest, à l'angle de la rue de la boutique du Vieux Marcus et de l'apothicaire borgne. Pas loin de la taverne du Chat Boiteux !

Il bomba le torse.

- Tu te souviens à qui tu parles ? Si ton gars traîne dans ce quartier, alors je sais exactement qui aller voir. En plus, le patron du Chat Boiteux m'en doit une ou deux ! Laisse-moi une heure et je parie que je te ramène l'acte de naissance complet de ton violeur !

Solyane ne se permettait jamais le moindre geste de tendresse, sauf dans de très très rares cas. C'en fut un. Elle prit la main de Locke et la serra entre les siennes. Ce qui équivalait, pour une personne plus normale à sauter au cou de quelqu'un pour déposer un baiser sonore sur sa joue.

- Merci !

S'il fut désarçonné par ce contact, il se reprit très vite. Avec un sourire enjôleur, il lui fit un clin d’œil.

- On se retrouve dans une heure devant Le Petit Poucet !

Solyane hocha la tête. Encore une fois, il s'agissait d'un bar miteux où Locke avait ses habitudes. Il fallait vraiment qu'elle lui dise d'éviter de conserver de telles habitudes. Un jour où l'autre son ami pourrait le regretter. Mais pour l'instant, cela la servait bien, alors elle se tût.

*
* *

Comme convenu, Solyane se rendit au Petit Poucet pour y rencontrer Locke. Il était déjà sur place, accompagné d'une jeune femme que Solyane connaissait : Alicia. Lorsqu'elle s'approcha d'eux, Alicia bondit sur ses pieds et prit Solyane dans ses bras. Celle-ci se raidit mais la laissa faire. De toute la bande qu'elle avait accompagné pendant quelques années, Alicia était la plus exubérante. A se demander ce qu'elle pouvait bien fabriquer avec une bande de monte-en-l'air !

- Quand Lockie m'a dit que tu avais besoin de notre aide, j'ai été heureuse de faire ce que je pouvais pour toi, ma belle !

Locke grimaça. Il détestait le moindre surnom, arguant que son nom était suffisamment court et percutant pour ne pas en avoir besoin.

- Vous avez trouvé quelque chose ? Demanda Solyane en se souvenant qu'Alicia avait effectivement beaucoup d'amis stratégiquement bien placés dans une bonne partie du quartier Ouest.

Alicia et elle s'assirent près de Locke qui se redressa.

- Comme je te le disais, le patron du Chat Boiteux est un ami à moi et il me doit quelques dettes. Avec Alicia qui a posé quelques questions à droite à gauche, on a très vite compris qu'on était sur la bonne piste ! Figure-toi qu'une petite troupe est arrivée au Chat Boiteux. Et l'un d'eux ressemblait au tableau que nous a dépeint de ton violeur.
- Il y est toujours ? Questionna Solyane, impatiente.
- Il y était quand on est partis, en tous cas. Mais, Sol', il faut que tu saches que ton gus est protégé ! Une femme, armée et puant le danger à un kilomètre à la ronde ! Et il y avait aussi un homme avec eux. Sûrement un autre garde du corps !

Solyane haussa les épaules. Elle ferait avec ce problème, mais elle ne manquerait certainement pas l'occasion de se venger.

- Merci, tous les deux.

Elle commença à se lever mais Locke l'attrapa par le poignet.

- Hey ! Tu crois quand même pas que je vais te laisser aller te faire trouer la peau ?
- Viens avec moi si ça t'amuse de jouer au chevalier servant et protecteur, mais justice doit être rendue !

Locke eut visiblement très envie de lui dire ce qu'il pensait de sa justice mais Solyane ne lui en laissa pas le temps. Elle se dégagea d'un geste brusque et quitta l'établissement miteux pour rejoindre celui, non moins miteux, où se terrait sa proie.

*
* *

Devant le Chat Boiteux, Solyane rajusta le capuchon de sa cape de manière à ce que son visage soit plongé dans l'ombre. Elle fit aussi glisser doucement la lame de sa dague dans son fourreau de manière à pouvoir la dégainer aussi rapidement que possible. La main sur la garde de son arme, elle s'apprêtait à entrer dans la taverne quand elle entendit des pas s'approcher d'elle. Elle se détendit en constatant qu'elle avait été suivie par Locke et Alicia.

- Je croyais que tu ne partageais pas mon goût pour la justice !
- Je partage encore moins ton idée suicidaire. Alors, ouais, pour une fois je vais jouer... Comment t'as dit déjà ? Chevalier quelque chose... Bref, Alicia et moi on a décidé qu'on allait pas te laisser te faire tuer !

Alicia acquiesça d'un mouvement si net que sa longue tresse brune ondula dans son dos. Ses yeux noisettes luisaient de détermination. Solyane soupira et, escortée par les deux autres, elle entra dans la taverne. Des trois, elle était la seule à avancer le visage dissimuler.

Lorsque le tavernier les vit entrer, il se tendit mais fit un signe à Locke. Un signe qui aurait pu passer pour un salut si les yeux du tenancier n'avaient pas ensuite dériver vers un groupe assis dans un coin !

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Jeu 2 Fév - 13:54
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Ashryn - Sylvar - IV
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Si Sora était habillée à la manière d'une femme plutôt aisée, elle n'avait rien de ces manières. Le dos contre l'un des accoudoirs de la chaise et les genoux sur le deuxième, elle n'était pas assise comme l'aurait été une comtesse ou une duchesse. Et elle n'en avait pour ainsi dire rien à fiche. Elle ne cherchait pas à ce que les gens la remarque pour sa beauté ou sa prestance, elle n'était pas de ce genre-là. Se pavaner comme un paon ? Sûrement pas. Sora savait quelle image elle renvoyait. Ce qu'elle suscitait chez les gens. De l'inquiétude et de la peur. Peut-être qu'ils la trouvaient laide, et bien grand bien leur fasse ! Cela n'atteignait en rien la blonde. La seule chose qu'elle cherchait à faire savoir, c'était qu'il ne fallait pas la chercher. Et si quelqu'un cherchait quand même à tenter le diable, elle pouvait alors se pavaner dans la seule situation où elle s'autorisait à le faire : le combat. Si elle n'attirait pas les gens, n'inspirait ni la sympathie ni la chaleur, elle n'en avait cure ; tant que l'image qu'elle renvoyait disait ''foutez-moi la paix ou ça va mal se passer'', elle était satisfaite.

Elle ne le serait donc pas aujourd'hui visiblement, car elle avait un flair pour les ennuis. À force de les attirer, elle savait les reconnaître quand ils passaient la porte. C'était en tout cas ce qu'elle pensait des trois personnes qui venaient d'entrer. Le groupuscule était composé de deux femmes et un homme. Ce dernier, un être défini par toutes les teintes de brun existantes, des cheveux aux vêtements en passant par la peau et les yeux, semblait être un rejeton assez insolent.

Sora aimait ce genre d'impression. Qu'il renvoie cette image de son propre gré ou contre ce dernier, cela ressemblait fort à de la provocation. Et face à ce genre de choses, il n'y avait que deux possibilités de réactions. La majeure partie du temps, les gens, peu téméraires et tenant à leur vie, ne cherchaient pas à lui adresser la parole. S'il le faisait, ils répondaient ni trop poliment, ni trop méchamment et cherchait le plus vite possible à mettre fin à la conversation. Et il y avait les autres, les plus ambitieux, qui ne voyaient là qu'un être à l'air rebelle et qui n'avaient qu'une envie : voir si le personnage en lui-même était semblable à l'image qu'il renvoyait ou si cela n'était qu'un mirage destiné à effrayer les plus peureux. Sora était des plus ambitieux. Mais pas des plus stupides. S'il arrivait quelque chose, elle était à deux contre trois – avec l'aide de Falka – mais avait un poids voire deux aux chevilles – le garde du corps de son client n'étant qu'un semblant de bras cassé, et le client lui-même, un noble, incapable donc de se défendre lui-même.

Sora s'attarda davantage sur les deux femmes. Elles étaient à vrai dire les deux faces d'une pièce de monnaie : complémentaires, et complètement à l'opposé l'une de l'autre. Là où de l'une d'elle – la plus grassouillette – émanait une joie de vivre et une douceur sans pareille, l'autre semblait être une beauté froide et menaçante. À vrai dire, elle ne voyait pas son visage, dissimulé par un capuchon. Mais en s'attardant sur ses formes voluptueuses, ses habits, la finesse de ses mains, la blonde sut que ce qui se cachait dans l'ombre de cette capuche devait être l'opposé de la laideur. Ou la nature était décidément très mal faite.

Les trois compères étaient là, dans l'entrée. Ils ne faisaient rien. Enfin, presque rien. Leurs regards avaient glissé vers la table du fond, où se tenaient deux hommes. Les deux hommes dont Sora avait la charge. Cet intérêt soudain pour celui qui lui assurerait son salaire ne l'enthousiasma guère et elle s'empressa, après un rapide passage de sa main sur sa cuisse pour vérifier l'emplacement de la dague et de l'épée, d'attirer tout l'attention sur elle.

« Et bien et bien, voilà des visages bien renfrognés et mystérieux pour une joyeuse petite auberge. Vous avez l'air perdus comme trois chatons abandonnés tout récemment par leur mère. Y aurait-il un éventuel souci qui serait la cause de vos grises mines ? »

La comparaison à de pauvres petits chatons inoffensifs n'était évidemment pas choisie par hasard. Sora n'utilisait jamais certaines expressions pour rien, sans y réfléchir. Elle espérait, sur celle-là, faire réagir le jeune homme à l'air insolent ou peut-être la mystérieuse encapuchonnée. Elle entendit le soupir discret dans son col de Falka, qui pensait sûrement encore une fois qu'elle en faisait trop et que ce serait bien fait pour elle si elle prenait une claque pour de tels propos. Mais Sora ne s'y attarda pas une seconde et, tout en se remettant droite sur sa chaise et en posant son coude sur la table pour y apposer son menton, elle poursuivit :

« Peut-être cherchez-vous quelque chose et avez-vous besoin d'aide ? »

Le sourire de Sora ne semblait pas vraiment insinuer la même chose que les mots qui sortaient de sa bouche. L'expression de son visage voulait plutôt dire qu'elle allait les aider, à décoller leur yeux de ce qu'ils ne devaient pas trop regarder, et s'il le fallait à l'aide de son épée.

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Lun 6 Fév - 16:33
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Edsere - Consciem - III
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L'ambiance du bar était plate, calme. Solyane avait plutôt tendance à éviter de chercher les ennuis, comme beaucoup d'autres. Elle savait aussi que s'il arrivait quoi que ce soit dans son établissement, le tenancier leur ferait payer chèrement. Quand bien même la qualité des lieux ne valait finalement pas grand chose. Locke perdrait un de ses repères et Alicia l'un de ses contacts. Ce qui, pour les gens comme eux, avait beaucoup de valeur. Et malgré ça, ils étaient là, avec elle, prêts à l'épauler dans la tâche qu'elle s'apprêtait à mener. Et quelle tâche : émasculer un noble ! Rien que ça ! Oh, on pouvait certainement la taxer de folle, elle n'en était pas moins déterminée à aller jusqu'au bout de son geste.

Solyane examina attentivement le groupe que leur avait désigné l'aubergiste. Son regard se porta d'abord sur la femme. Comme l'avait avertie Locke, il émanait d'elle une véritable sensation de danger. Et pas seulement à cause des armes qu'elle portait ostensiblement. Son attitude toute entière prévenait que si elle était armée, ce n'était pas seulement une prévention dissuasive. Non, elle savait véritablement s'en servir, pas besoin de la voir en combat pour cela.

« Une professionnelle. » comprit Solyane.

Pas une simple garde du corps, non. Une véritable tueuse. Ou, plus vraisemblablement, une mercenaire. C'était la première fois que Solyane en croisait une d'aussi près. Et au vu de sa position, elle devait très certainement être là pour protéger l'un des deux hommes qui se trouvaient derrière elle.

Le regard de Solyane passa à la silhouette la plus massive des trois. Lui aussi était armé et affichait un air patibulaire. Lui, c'était un garde du corps. Moins subtil dans son comportement que la femme mais également moins dangereux. La voilà, la mesure de « prévention dissuasive » qui devait empêcher toute personne de vouloir s'en prendre au groupe. La façade qui cachait la vraie menace.
Et, enfin, venait le troisième larron. Les yeux de Solyane s'étrécirent dans l'ombre du capuchon. Aucun doute, c'était bien la personne qu'elle recherchait. Le jeune noble qu'elle avait vu s'enfuir après avoir entendu le cri de la pauvre femme violée. Sa main se crispa sur la dague de ses doigts.

Elle écarta le bras légèrement pour avoir une meilleure prise sur son arme. Dans le mouvement, sa cape se souleva et laissa apparaître la dague dans son fourreau.
Les quelques buveurs présents se hâtèrent de finir leurs consomations et déguerpirent sitôt après avoir payé. Et ce fut encore un miracle qu'ils se fussent souvenus de payer son dû au tenancier. Celui-ci affichait un air à la frontière entre la suspicion et l'inquiétude.

Solyane, néanmoins, ne fit pas encore mine de bouger. Elle évaluait ses chances d'atteindre sa cible. La femme qui venait de les interpeler représentait une complication qu'elle n'avait pas vraiment prévue. Dans son dos, Locke s'agita. Si l'insulte de la femme blonde avait été clairement perceptible, il ne répliqua pourtant pas. On ne vivait pas dans la rue sans gagner un certain bon sens et les principes de bases de la prudence. Malheureusement pour lui, Solyane ne pouvait se permettre autant de prudence. Ils avaient l'air de trois idiots à rester planter là. Et s'il fallait passer à l'action, elle aurait plus de chance à courte distance. Voilà pourquoi elle s'avança jusqu'à la femme blonde. Sans relever son capuchon – il y avait longtemps qu'elle n'avait plus montré son visage à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas depuis au moins quelques années – elle se planta droite devant elle.

- Je cherche effectivement quelque chose, et la seule aide que vous pourriez m'apporter serait de bien vouloir me laisser aller jusqu'au bout de la mission qui est la mienne !

Elle s'était exprimé d'une voix calme mais froide et détachée. Elle ne se faisait aucune illusion quant à la réponse de son interlocutrice, mais l'important était au moins qu'elle parvienne à toucher le noble. Elle dit deux pas sur le côté où était assis sa proie. Elle conserva toutefois une distance, comme si elle avait simplement voulu mieux voir le jeune homme.

- J'ai un très sérieux compte à régler avec cet individu. Je n'en veux pas à sa vie mais à ses bourses. Je repartirai de là en ayant rendu justice pour ce qu'il a fait et vous... Eh bien j'imagine qu'on pourra tout de même estimer que vous avez protégé sa vie. A défaut de son intégrité !

Du coin de l'oeil elle vit Locke se plaquer une main sur le visage, visiblement effaré de son audace. Alicia faisait une moue étrange, comme si elle s'efforçait de se retenir de rire tout en dissimulant mal la peur que lui inspirait la femme à qui Solyane venait de balancer la vérité comme d'autre jetait des sacs de farines sur leurs épaules.



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Mar 7 Fév - 19:31
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Ashryn - Sylvar - IV
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Sora s'était pour une fois montré terriblement conciliante aux yeux de Falka. Elle avait été extrêmement compréhensive et douce, comparée à d''autres fois où elle avait été réellement infecte et avait tant provoqué ses potentiels adversaires qu'au bout de dix mots ou cinq petites minutes, tous s'étaient déjà mis la lame sous la gorge. Elle avait donc, exceptionnellement, fait preuve d'une grande gentillesse et patience. Cela rassura Falka. Malheureusement, ce ne fut que temporaire, car c'était ceux en face qui semblaient avoir le sang un peu chaud. Et quiconque avait l'air de l'avoir plus en ébullition que Sora la faisait généralement démarrer au quart de tour.

La femme encapuchonnée, qu'elle devina comme étant la plus téméraire et la plus à craindre des trois du groupe, souleva légèrement son énorme manteau pour lui montrer le manche de sa dague, et confirma ainsi que c'était elle qui allait lui donner du fil à retordre. Elle ne fit qu'appuyer son impression en lui disant tout bonnement sans même chercher à dissimuler ses véritables intentions, que la seule aide qu'elle pourrait lui fournir serait de dégager, car elle en voulait en effet à la personne qu'elle semblait protéger. Sora n'apprécia pas du tout la menace ni le ton employé. Il lui semblait pourtant avoir fait preuve de patience et de courtoisie.

Enfin, seulement aux yeux des abrutis qui n'auraient pas vu l'ironie pointer sous ses propos de tout à l'heure avec les chatons. Car il est vrai qu'elle ne déguisait qu'à moitié ce qu'elle disait. Et pour cause : elle n'avait pas peur de crier ses opinions sur tous les toits. Il était bon d'avoir des principes, mais il n'était jamais utile de les crier sur tous les toits si on était incapables d'être à la hauteur de ces derniers pour les défendre corps et âme. Sora pouvait donc exposer ses opinions comme elle le voulait : elle savait très bien qu'elle pouvait convaincre avec autre chose que sa langue. Ce qu'elle s'empressa de faire dès l'instant où l'inconnue eut fermé son caquet sur la dernière syllabe qu'elle prononça.

La blonde se leva tranquillement, faisant face de toute sa hauteur à l'encapuchonnée. Elle ne fit pas de geste brusque, ne cherchant pas à ce que tout le monde se saute à la gorge tout de suite. Les yeux de Sora étaient plantés dans l'ombre de la capuche : ils cherchaient un regard à mitrailler. Cette voix, sa voix fut aussi glaciale que le marbre. Et pas l'ombre d'une pointe d'une ironie. Elle était tout à fait sérieuse.

« Je vois, il me semblait avoir été courtoise pourtant. Mais dans ce vaste monde, tout le monde n'est pas éduqué, ni à la prudence, ni aux bonnes manières. Mais si vous continuez, vous n'aurez pas le temps de les apprendre, car votre espérance de vie va relativement diminuer. C'est là l'aide que je peux vous apporter si le ton reste le même. »

La jeune femme posa à son tour sa main sur le manche de son épée, mettant ainsi le fourreau et la lame sous leur nez.

« Je peux aussi vous chatouiller avec une arme du même genre, mais au moment où j'aurais fait un bon en arrière ou sur le côté, vous ne m'atteindrez pas avec votre cure-dent. Mais moi avec le mien si. Et peut-être qu'à ce moment-là je serais déjà derrière vous. Ou sur le cadavre d'un de vos amis, je ne sais pas encore. Ça va dépendre de votre témérité et de vos prochaines paroles. Et après, ça dépendra de votre vitesse. À déguerpir d'ici ou à essayer de m'atteindre en premier. »

Sora fronça encore les sourcils, si cela était encore possible vu combien son visage était déjà l'expression même d'une colère froide et sourde qui ne demandait qu'à exploser et à tout dévaster sur son passage. Elle ne semblait pas anxieuse. Elle était au contraire très calme, et plutôt menaçante.

« Moi aussi ce sont les bourses de ce monsieur qui m'intéresse. Mais vu votre ton ironique, je doute que nous parlions des mêmes. Néanmoins, étant ici dans le but de faire en sorte que monsieur passe la journée en un seul morceau, je ne risque de ne plus voir la couleur de la bourse que j'espère si vous touchez aux autres. À moins de circonstances franchement atténuantes que je vous conseille de me donner dans ce cas le plus rapidement possible, je vous propose de jauger la situation. Essayez d'estimer par exemple la distance entre vous et la porte. Elle va vous paraître affreusement longue en cas de bévue. Et à titre de comparaison, la vitesse à laquelle je peux dégainer, terriblement courte. »

Sur ces mots, Sora disparut sous la table. Littéralement. Elle s'enfonça dans le sol comme s'il y avait un trou. Et une minute plus tard, se retrouva derrière quelques tables plus loin. Falka était prête. Il fallait mieux.

« Alors ? Une circonstance atténuante ou un concours du plus rapide ? »

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Mar 7 Fév - 22:18
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Edsere - Consciem - III
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La situation devenait de plus en plus perturbante. Evidemment, Solyane ne s'attendait pas à ce que la femme armée se montre coopérative. Et elle savait que dans un duel, ses chances de survie étaient très très minces. Bon, d'accord, pratiquement inexistantes en fait. Seulement était-il humainement possible de faire ce que venait de faire cette femme ? Pas à sa connaissance. Cela ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose : Cette femme n'était pas humaine. Rien ne la distinguait d'un être humain, au premier abord, c'était un fait. Sauf cette disparition dans le sol pour réapparaître plus loin.

Cette fois, Solyane sortit sa dague et se tint prête. Elle oublia alors complètement le noble. Elle aurait bien tout le loisir, plus tard, de le retrouver pour lui faire payer. Pour le moment, seule cette femme retenait tout son intérêt. Car si elle n'était pas humaine, ça ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose : cette femme était un démon ! Et aux yeux de Solyane il n'existait rien de pire au monde. Seule contre un démon avec, pour toute arme, une simple dague ! Dérisoire, n'est-ce pas ? Et pourtant dans le cerveau de Solyane il n'existait plus rien d'autre qu'une rage brûlante alimentée par les souvenirs épars de son enfance brisée.

- Alicia ! Locke ! Vous restez en dehors de ça ! Cracha-t-elle.

Elle repoussa son capuchon, dévoilant son visage et la masse de ses longs cheveux noirs. Elle savait qu'elle ressemblait à sa mère et elle ignorait si cette femme démon était présente le jour où cette horde s'était abattue sur sa ferme pour ravager les lieux et ceux qui y vivaient. Mais si c'était le cas, elle voulait que la démone sache qui elle était. Ses yeux d'améthystes brûlaient d'une haine sans mesure et le calme qu'elle affichait jusque là c'était évaporé.

Nul doute qu'elle aurait sûrement sauté en direction de la démone à cet instant, oubliant toute notion de survie ou de bon sens. Comme relaté précédemment, elle n'était plus en état d'aligner deux pensées cohérentes. Pas même pour son propre bien.
Seulement, elle ne sauta pas sur la démone. De même qu'elle l'oublia un peu lorsqu'un événement survint. Une troupe armée et visiblement hostile survint à ce moment-là ! Ils expédièrent au sol Locke et Alicia qui étaient sur leur chemin puis s'avancèrent en direction manifeste de la table où étaient assis le jeune noble et son garde du corps.

Solyane était perdue. Décidément, l'univers entier semblait vouloir compromettre son besoin de justice. Remarque si le petit parvenu s'associait avec des démons pour assurer sa protection, elle avait d'autant plus de raisons de vouloir s'en prendre à lui. Finalement, peut-être bien qu'elle le tuerait après lui avoir tranché les bijoux de famille.

- Le voilà ! Chopez-le ! S'exclama celui qui devait être le chef de la troupe.

Il avait tendu le bras vers le jeune noble. Solyane s'en mordrait certainement les doigts, mais il était tout simplement hors de question de laisser quelqu'un d'autre qu'elle lui régler son compte. Et, une fois n'était pas coutume, elle prit la décision de le sauver (pour mieux le tuer plus tard, évidemment). Le garde du corps, comprenant qu'il lui fallait quand même faire quelque chose pour mériter son salaire, bondit sur ses pieds et s'élança contre les individus. Solyane laissa également tomber la poursuite de la démone – si elle était payée pour protéger le jeune noble, elles se reverraient bien assez vite. Elle s'élança, vive et agile en direction du rouquin, sa dague toujours en main.

- Toi ! Tu me suis ! Pour le moment je t'accorde un sursis, mais je te promets que tu devras payer pour ce que tu as fait !

S'attendait-elle vraiment à ce qu'il la suive avec une proposition pareille ? On aurait sérieusement pu se poser la question. Le jeune noble la regarda, partagé entre une peur bien compréhensible et une incompréhension totale.

- De quoi est-ce que vous parlez ?
- Fais pas l'innocent ! En attendant, tu me suis où je les laisse...

Elle n'eut pas le temps de poursuivre avant qu'une main ne s'abatte sur sa cape et ne la tire vers l'arrière. Sans même prendre la peine de regarder qui venait de l'agripper, elle fit tourner sa dague dans sa main et donna un grand coup vers l'arrière, tordant son bras pour être sûre d'atteindre sa cible. Elle toucha quelqu'un. Elle se retourna sitôt sa cape relâchée. C'était l'un des nouveaux arrivants. Elle avait entaillé sérieusement la chair de son bras.

- Espèce de petite traînée !! Eructa-t-il après avoir crié de douleur.


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Mer 8 Fév - 16:09
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Ashryn - Sylvar - IV
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Sora ne comprenait plus rien. Absolument plus rien. La femme, qui semblait être entrée dans un semblant de rage folle, avait dégainé et ôté son capuchon. Elle dévoila ainsi son visage de porcelaine, qui devait sûrement être très beau quand il n'était pas crispé comme ici par de violentes émotions. Elle allait bondir, telle une chatte en furie. Mais elle ne le fit finalement pas, interrompue dans son élan. Sora eut néanmoins le temps de voir que ce n'était pas sur elle qu'elle avait prévu de se jeter, c'est pourquoi elle descendit de sa table pour se reposer ses pieds sur la terre ferme et se tenir prête : elle ne permettrait pas qu'il arrive que ce soit à la personne qui lui assurait son salaire. Quant à l'élément perturbateur, ou plutôt les, puisqu'un groupuscule de ce qui semblaient être des gardes venait de pénétrer dans l'auberge, semblaient tout aussi énervés que la jeune femme aux cheveux noirs.

Celui qui avait l'air d'être le chef pointa du doigt l'homme aux cheveux roux qui se trouvait dans le coin de la salle. Décidément ! Avait-elle accepté de protéger les arrières d'un homme recherché par le monde entier ? Quoi qu'il en soit, la situation se compliquait de seconde en seconde. Le chef de la garde venait d'attraper la mystérieuse jeune femme qui lui avait sérieusement entaillé le bras, et les sbires de l'homme, après avoir écarté de leur chemin en rentrant les deux accompagnateurs de la brune, semblaient bien déterminés à ne pas laisser Sora ni qui que ce soit sortir de l'auberge. Le temps de reporter son attention sur son client qu'un détail lui avait échappé : l'inconnue aux cheveux noirs s'était approchée de lui et lui avait proposé de filer avec elle. Alors qu'elle voulait le massacrer juste avant ? Tout cela était terriblement louche. Et Sora n'avait pas l'intention d'attendre que ça se passe : ça aurait été bien étrange de sa part.

Sans laisser à qui que ce soit le temps de poser son attention sur elle – ce qui l'arrangeait d'ailleurs – elle disparut encore une fois dans l'ombre dans la table. Elle réapparut juste derrière le premier garde, dans l'ombre de la table la plus proche de lui, et lui asséna un énorme coup de poing dans la figure. Si cela n'avait été que de sa part, il ne serait sûrement pas tombé sonné. Mais Sora avait plusieurs tours dans son sac : parmi ceux-là se trouvait sa capacité à accroître sa force physique sur commande. Si elle avait donc l'air d'une frêle jeune femme, elle pouvait frapper comme un homme de deux mètres avec des gantelets de fer. Il fallait néanmoins qu'elle se mesure, ses poings n'étant pour leur part, pas en métal.

Le deuxième garde ne perdit pas une seconde pour lui sauter dessus. Il était proche pour qu'elle ait le temps de dégainer son épée, elle fit donc sans. Elle n'eut même pas besoin de faire le moindre geste d'ailleurs : quelqu'un d'autre s'en chargea pour elle. Le garde, qui s'était jeté sur elle sans réfléchir, venait de pousser un cri d'horreur. Il y avait de quoi, puisqu'au lieu d'aller de l'avant et de tomber sur une jeune femme désarmée, il venait de tomber en arrière sous le poids d'un lourd animal. Il lui semblait devenir fou, étant maintenant mis à terre par ce qui ressemblait bien à une énorme panthère noire. Plus étrange encore, il ne savait pas d'où elle venait, elle semblait sortie de nulle part, comme une illusion. Sora profita du moment de confusion du garde pour prendre une chaise et lui briser sur le crâne : il s'évanouit instantanément.

Elle put ainsi reporter toute son attention aux sujets les plus importants. Vérifiant que le noble était bien à sa place – tremblant et tétanisé toujours au même endroit dans la salle – elle s'approcha du dos du chef de la garde, dégainant son épée. Elle fit un pas de côté rapide et souple pour passer sur les flancs de ce dernier et de l'inconnue aux cheveux noirs, se plaçant ainsi entre ces deux-là et le noble et son garde du corps, qui était dans son dos. Derrière le chef, Falka reprit forme humanoïde pour garder un œil sur les deux compagnons de la femme au capuchon : ils n'avaient pas l'air bien méchants mais les apparences étaient souvent trompeuses alors prendre une précaution n'était jamais une erreur ou une perte de temps.

« Ne tentez rien de stupide. Au mieux, elle vous taille un bras, au pire je vous décapite. »

Sora fronça les sourcils. Elle tenait sa lame d'une main de fer, ne tremblant absolument pas. Elle n'avait pas peur, elle était habituée de ce genre de situations. Mais elle était particulièrement énervée par le fait qu'elle ne comprenait rien.

« Aurais-je raté la mise à prix de la tête de ce jeune homme ? Ou a-t-il un quelconque intérêt fabuleux dont on ne m'aurait pas informé ? Je trouve que beaucoup trop de gens lui porte soudainement bien trop d'attention. Et cela m'ennuie fortement, vu le rôle que j'occupe temporairement à son sujet. »

Elle laissa un court silence, et reprit d'une voix tout aussi rude. Elle parlait aussi bien à l'homme qu'à la femme aux cheveux noirs.

« Alors ? Qu'est-ce que vous lui voulez à ce bougre ? Et pas de sous-entendus ou d'excuses ! Des explications qui tiennent la route ! »

909 mots.


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Ven 10 Fév - 23:21
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